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  • [Entretien] Aurélie Trouvé : « Pas d’autre alternative que la nationalisation d’Arcelor »

    [Entretien] Aurélie Trouvé : « Pas d’autre alternative que la nationalisation d’Arcelor »

    Ce jeudi, l’ordre du jour de l’Assemblée nationale est consacré à la France insoumise, qui porte huit textes : une résolution sur le Mercosur, l’égalité d’accès au service public postal en Outre-mer, la nationalisation d’ArcelorMittal, la défiscalisation des pensions alimentaires perçues, la gratuité totale des parkings des établissements publics de santé, une résolution pour faire respecter le droit international à Gaza, l’exonération des apprentis de la CSG et enfin l’abrogation de la retraite à 64 ans. Le texte sur ArcelorMittal, soutenu par la CGT, sera particulièrement scruté.

    La Marseillaise : Comment abordez-vous cette niche parlementaire durant laquelle vous défendrez la nationalisation d’ArcelorMittal

    Aurélie Trouvé : De manière combative, optimiste et déterminée. Il y aura 500 travailleurs d’ArcelorMittal devant l’Assemblée, c’est quand même leur outil de production mais aussi notre souveraineté industrielle qui est en jeu. Il n’y a pas d’autre alternative, ce qui fait que cette nationalisation est légale. Personne n’a avancé une autre solution, à part d’espérer peut-être un jour qu’ArcelorMittal accepte d’investir, aucun élément probant permet de le penser. La stratégie de la famille Mittal, depuis qu’elle a récupéré Arcelor en 2008 est d’étouffer la production européenne, le principal concurrent de leur propre production en Inde, au Brésil et aux États-Unis.

    Le PDG d’ArcelorMittal France estime que la nationalisation « ne changera en rien les problèmes structurels ». Que répondez-vous

    A.T. : Cela ne peut pas expliquer tout le désinvestissement parce que les difficultés elles sont partout, pas seulement en Europe. Par ailleurs, il y a des perspectives de demandes importantes. ArcelorMittal a fortement diminué sa dette et augmenté sa trésorerie. La productivité en Europe qui est à peu près équivalente à celle des États-Unis. Il n’y a aucune raison qu’ArcelorMittal sous-investisse à ce point-là en Europe alors qu’il investit bien davantage dans les autres pays.

    Cette nationalisation est estimée à 3 milliards d’euros ?

    A.T. : Ce montant de 3 milliards d’euros n’a pas été démenti en commission des Finances, puisque même M. Ferracci, l’ancien ministre de l’Industrie, a dit qu’il se reposait sur l’Institut de La Boétie qui a chiffré cette nationalisation à 4,4 milliards. Je lui ai répondu qu’effectivement, j’avais participé à ce chiffrage. Sauf qu’ici, évidemment, on est plutôt sur 2/3 de la production qu’on avait chiffrée, puisqu’ArcelorMittal France, c’est 2/3 de la production française. Donc c’est tout à fait cohérent avec les chiffres de La Boétie. Ces trois milliards, ce n’est rien à côté du coût de la suppression de 15 000 emplois directs et 80 000 indirects. Ce n’est rien à côté de la perte d’un actif aussi stratégique que l’acier car tout est fait d’acier quasiment autour de nous. Cette perte signifierait une dépendance énorme à tout risque, à toute rupture d’approvisionnement, à toute envolée des prix des marchés internationaux. C’est une dépendance aux pays tiers qui est inacceptable pour l’économie française, et qui serait catastrophique.

    En commission des Finances, les macronistes et la droite ont voté contre ce texte, l’extrême droite s’est abstenue, ce qui a permis son adoption. Ces stratégies ont changé ?

    A.T. : Pour les macronistes, non. Ils continuent à s’y opposer avec leurs arguments dogmatiques qui ont mené à la situation économique qu’on connaît en France, c’est-à-dire une chute des investissements productifs, de la balance commerciale et une productivité du travail en berne. Que les macronistes continuent dans leur logique mortifère pour la production française, soit. Là, par contre, les masques tombent pour le RN parce qu’ils se sont abstenus en commission des Finances. Comme ils n’osent pas voter contre, ils ont décidé de nous empêcher de voter, tout simplement. Ils ont déposé 285 amendements sur les 335, pour ce qui concerne RN et UDR. C’est une vengeance en jouant avec la vie des salariés d’ArcelorMittal. En réalité, je pense qu’ils sont très gênés par ce texte. Parce qu’il se trouve que, par exemple, Frédéric Weber, qui est député RN, a défendu la nationalisation de Florange il y a 10 ans, alors qu’il était à la CFDT d’ArcelorMittal. La question est de savoir s’ils sont définitivement sur la ligne Bardella, qui est « vive les grands patrons, vive la grande finance, quitte à brader notre production française », ou pas. Donc, ils nous empêchent de voter, ce qui est une façon de trancher.

    Quels autres textes pourraient obtenir une majorité ?

    A.T. : La résolution sur le Mercosur peut être adoptée car c’est une manière de s’opposer fermement à la position actuelle du président de la République, qui est en train de trahir le monde agricole et l’économie française. Le président de la FNSEA a lui-même parlé d’une rupture du contrat avec l’agriculture française. Le texte sur les colis aux Outre-mer, pourrait trouver une majorité car c’est une anomalie hallucinante. C’est-à-dire que nos concitoyens d’Outre-mer payent des colis à des prix faramineux, la mission de service public postal ne s’y applique pas, c’est une discrimination honteuse. Et cela risque d’empirer vu que le gouvernement a décidé de couper encore dans les budgets de La Poste.

  • L’Après prend les devants et s’engage avec David Fournier à Avignon

    L’Après prend les devants et s’engage avec David Fournier à Avignon

    Deux mois après leur appel au rassemblement à gauche pour les élections municipales de mars, l’Après (Alliance pour une République écologique et sociale) rallie le candidat socialiste David Fournier.

    Une décision qui « n’est pas sortie du chapeau », assure Frédérique Boyer, cofondatrice de l’Après 84, qui évoque des discussions « de plusieurs mois » avec plusieurs candidats. Elle estime « que c’est le seul qui répond à un désir d’union » et insiste sur le fait qu’ils rejoignent « David Fournier et pas le Parti socialiste ». Yves-Marie Cardine, co-référent de l’Après 84, parle d’une « étape importante », d’un « moment charnière » ou encore d’un ralliement qui n’est « pas un accord d’appareil ». Notamment face à « l’extrême droite qui menace la vie commune », poursuit-il.

    Tandis que David Fournier se réjouit d’une décision qui entre « dans la volonté commune du rassemblement des forces de gauche », tout en annonçant fièrement que plusieurs autres organisations politiques allaient également se joindre à eux, dans les prochaines semaines. Il tiendra son premier grand meeting le vendredi 5 décembre à la salle polyvalente de Montfavet.

    Tout en évoquant la volonté « de rassembler le plus largement possible » car « Avignon mérite une équipe de gauche engagée », l’actuel adjoint à l’administration générale insiste particulièrement sur des aspects programmatiques « en direction des plus faibles et des plus fragiles pour une meilleure justice sociale ». Yves-Marie Cardine ajoute : « On n’est fort que s’il y a un programme clair et solide », avant de présenter les « 10 mesures emblématiques de l’Après ». Parmi lesquelles on retrouve la sécurité sociale de l’alimentation, des cantines bio locales plus poussées, des assemblées de quartier décisionnelles, un moratoire sur les projets climaticides et les bureaux trop nombreux, ou encore la pédagogie, la tranquillité publique et la sécurité. Une manière de répondre au candidat Place publique, Benoît Belvalette, qui estimait que la question du leadership prenait le dessus sur le programme.

    « On a la dynamique »

    Ce ralliement ne réduit toutefois pas le nombre de candidats à gauche en Cité des Papes, avec toujours en lice Joël Peyre (PRG), Paul-Roger Gontard (la Convention), Mathilde Louvain (la France insoumise) et donc Benoît Belvalette (Place publique). « Mais à gauche, la dynamique est de notre côté », lance Maryline Croyet, secrétaire de la section PS d’Avignon, avant que le candidat ajoute avoir « la dynamique tout court ». Il précise que les liens avec les autres candidats « ne sont pas rompus », avec des discussions encore « en fin de semaine dernière et en cette fin de semaine ». Mais aussi avec Farid Faryssy, ancien co-chef de file des insoumis pour les municipales, qui a annoncé quitter LFI après
    la nomination de Mathilde Louvain comme tête de liste.

  • Le Préfet du Var dévoile le dispositif de mise à l’abri hivernale

    Le Préfet du Var dévoile le dispositif de mise à l’abri hivernale

    Ces deux dernières semaines, le froid a fait son retour dans le Var. Localement, le mercure est parfois descendu sous les 0°C et quelques flocons sont tombés à très basse altitude, tandis que les reliefs du Haut-Var ont légèrement blanchi. Une première offensive hivernale qui rappelle que le soleil et la chaleur ne sont pas un apanage annuel. Et qui, surtout, marque le début d’une période particulièrement difficile pour les personnes précaires et sans-abri. En France, depuis le début de l’année, 614 d’entre elles sont décédées.

    C’est pourquoi comme chaque année, la préfecture du Var met en place son dispositif de mise à l’abri hivernal. Piloté par la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) sous l’autorité du préfet, avec le soutien des associations de terrain et du Siao 115, celui-ci est en place depuis le 1er novembre.

    Un plan à deux niveaux

    Un dispositif complémentaire aux 955 places d’hébergement d’urgence mises à disposition toute l’année par les services de l’État et les associations, et qui doit permettre « d’offrir un accueil pour toute personne qui demande à être à l’abri en cas de températures ressenties négatives », affirme la préfecture. Deux niveaux d’alerte sont ainsi établis : le niveau 1 pour les températures comprises entre -1°C et -4°C, et le niveau 2 pour les températures inférieures ou égales à -5°C.

    Le niveau 1 implique l’ouverture de deux accueils de nuit (7 places en file active sur l’agglomération de Hyères et 10 places à destination des femmes seules à Toulon), de 5 salles paroissiales et associatives (44 places) en plus des 8 places déjà ouvertes sans condition climatique sur les agglomérations de Hyères et Saint-Raphaël, des huit accueils de jour avec des extensions horaires, mais aussi des mises à l’abri hôtelières complémentaires au sein de 11 établissements partenaires, et la mise en place d’un tiers-lieu alimentaire pour les familles à la rue ou hébergées à l’hôtel. Le niveau 2 consiste en un renforcement de l’alerte, via l’intensification des maraudes effectuées par les équipes mobiles et les bénévoles. Au total, ce dispositif permet d’accueillir 955 personnes par jour.

    Pour encadrer ce dispositif, le Siao-115 du Var mobilise ses équipes sur le terrain et dans les centres d’appels et informe la DDETS du Var en temps réel de l’évolution des demandes. Un médecin est disponible sur Toulon pour coordonner le parcours de soins des personnes vivant à la rue, avec des interventions du Smur dans le cadre de la régulation médicale du centre 15 suite à un signalement au 15, 18 ou 112. Si une personne refuse la mise à l’abri alors qu’elle semble en danger, il appartient aux agents d’user de toute leur persuasion et, en cas d’échec, de prévenir le Service d’aide médicale urgente (Samu) qui activera les moyens de secours adaptés. La préfecture invite à multiplier les dons matériels (vêtements, nourriture, kits d’hygiène…) et pécuniaires auprès des associations, et à appeler le 115 en cas de repérage d’une personne sans-abri en difficulté ou en danger.

  • Loi littoral : la polémique continue sur la propriété Fliche

    Loi littoral : la polémique continue sur la propriété Fliche

    « Depuis quelques jours, les engins de chantier sont entrés sur la propriété Fliche et des algécos sont en place », alarme l’océanographe Dominique Calmet, à la tête de l’Association de protection de l’environnement (APE), qui veille scrupuleusement à l’application de la loi sur cette commune varoise. Selon lui, l’alerte concerne, ici, le lancement des travaux, « alors que le dernier permis de construire délivré en 2024 fait toujours l’objet d’un recours contentieux en annulation devant le tribunal administratif de Toulon ».

    Un équilibre difficile

    Il pointe également « la destruction des ruines, dont la surface ne doit pas être comptabilisée pour établir celle d’une éventuelle reconstruction », qui a eu lieu le samedi 15 novembre. L’association dénonce en outre des marchés liés à cette nouvelle phase de travaux, signés par le maire de Saint-Mandrier « sans la moindre présentation à une commission communale », pour un montant de 3,7 millions d’euros. Ces marchés ont été approuvés lors d’une délibération du conseil municipal du 29 septembre, qui portait sur l’augmentation du coût global de l’opération. Pour mémoire, le projet, plusieurs fois retoqué, concerne la construction d’un centre aéré. « Mais ne respecte toujours pas la loi littoral », s’insurge l’association.

    La commune de Saint-Mandrier incarne un bon exemple des enjeux et des conflits liés à l’application de cette loi, qui a pour objectif de concilier protection de l’environnement et aménagement équilibré.

    « Le projet n’est donc pas purgé de tout recours », insiste Dominique Calmet. Le président de l’APE fustige donc le choix de la municipalité de « passer en force et de dépenser l’argent public sur un chantier qui pourrait être stoppé net par la justice ».

    Joint par téléphone mercredi matin, le maire (LR) Gilles Vincent dément catégoriquement l’empressement dénoncé. « On a une décision de justice du tribunal administratif qui nous permet de commencer les travaux. » Il poursuit, agacé : « Mais bon, ça suffit maintenant. Ce sont des gens qui se sont présentés aux élections municipales. Donc ils nous attaquent sur tout. »

    Pour lui, il ne s’agit que d’acharnement, puisque « le tribunal a considéré que le permis de construire est valide et donc qu’il n’y a aucune raison d’empêcher la municipalité de commencer les travaux ». En face, l’APE continue de reprocher la non-conformité du projet avec la loi littoral et annonce faire appel de la décision si nécessaire.

  • La grève pour les salaires à Aubagne débouche sur un rendez-vous

    La grève pour les salaires à Aubagne débouche sur un rendez-vous

    Il est un peu plus de 11h et les salariés de l’Association régionale d’aide aux infirmes moteurs, cérébraux et aux polyhandicapés (Araimc) en grève pénètrent, en silence, dans l’Espace des Libertés où se tient la journée de l’association. Après les avoir accueillis par une brève allocution, Augustin Moyolo, le directeur général de cette association qui gère 4 établissements dans le secteur médico-social, Saint-Thys, les Violettes, Decanis à Marseille, et la Gauthière à Aubagne, leur demande si quelqu’un veut prendre la parole. Les salariés alors, toujours en silence, lui tournent le dos et s’en vont… Ambiance.

    Depuis 10h du matin, les grévistes et les délégués syndicaux (DS) de la CGT se sont massés devant l’Espace des Libertés. Sophia Meberki, DS aux Violettes, a lancé : « Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous faisons grève, c’est à cause du mépris de la direction. » Dans la foule, les pancartes brandies donnent le ton : « Ma pancarte est pourrie, mon salaire aussi ! ». « L’engagement on l’a, la reconnaissance on l’attend ! ».

    Grève très suivie

    aux Violettes

    Une des principales revendications de la CGT porte en effet sur les salaires. « On était prêts à une revalorisation même minimale, avec par exemple plus 7 euros pour les plus bas salaires », expose Sophia Meberki. « La direction nous dit qu’elle n’a pas d’argent, mais dans le même temps elle a acheté un nouveau siège social à Gémenos à plus d’un million d’euros… », épingle-t-elle. En milieu de matinée, Bernard Cresta, DS CGT central, annonce « 95% de grévistes aux Violettes, 45% à la Gauthière, 30 à 40% à Saint-Thys, 90% lors du débrayage d’une heure trente à Decanis ».

    Accompagnante éducative et sociale aux Violettes, Esther, 47 ans, témoigne : « On se donne corps et âme pour un salaire avec lequel on n’arrive pas à boucler les fins de mois. On fait des heures supp’. On voudrait de la reconnaissance, qui passe entre autres par la revalorisation salariale. » Joint par téléphone, Augustin Moyolo, directeur général de l’Araimc, a argué : « La CGT demande à ce qu’on augmente les salaires de tout le monde, avec un coefficient multiplicateur appliqué chaque année. Mais en 2025, nos établissements sont en déficit d’activité. On ne peut pas donner cette prime. Notre financement repose sur les subventions de l’Agence régionale de santé et du conseil départemental. Et je ne peux pas déroger à la convention collective. Chaque année on essaie de faire quelque chose au niveau social, mais on ne peut pas mettre en difficulté notre association. » Quant au nouveau siège social, « il a été financé avec nos fonds d’investissement pour améliorer les conditions de travail des salariés ».

  • Les violences sexistes et sexuelles dans le sport passées au crible

    Les violences sexistes et sexuelles dans le sport passées au crible

    La faculté d’économie et de gestion d’Aix accueillait, mercredi, une journée régionale de formation dédiée à la prévention des violences sexistes et sexuelles (VSS) dans le sport. Une initiative proposée par la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains (Miprof). Le Centre de ressources, d’expertise et de performance sportive (Creps), situé à côté de la fac et relais institutionnel sur le sujet, et la Délégation régionale académique à la jeunesse, à l’engagement et aux sports (Drajes) ont également piloté cette journée.

    Des ateliers se sont tenus l’après-midi alors que la matinée était consacrée à des interventions de professionnels. Parmi eux, Roxana Maracineanu, ancienne championne de natation et ministre des Sports entre 2018 et 2022. Secrétaire générale de la Miprof, elle mène la lutte pour former les personnes qui entoureront les victimes de violences sexistes et sexuelles : « On crée des outils de formation et nous pilotons ça avec l’Observatoire national des violences faites aux femmes pour délivrer une réalité que personne ne peut contester, qui est celle des données et des chiffres. »

    La championne du monde du 200m nage libre 1998 a évoqué ses combats lorsqu’elle était au gouvernement et la difficulté de libérer la parole : « Ce n’est pas un travail facile que de parler des violences, parce que personne n’a envie de les aborder. On va rencontrer des victimes, les entendre. Et dire aussi aux personnes qui étaient autour de ces victimes et qui ont dit ne pas avoir su “qu’est-ce que vous faites encore là, Monsieur ? Vous n’avez pas agi, votre rôle, ce n’est pas que de rapporter des médailles”. »

    Les rôles détaillés

    Cette matinée de sensibilisation a offert aux 250 personnes installées dans le nouvel amphithéâtre de la faculté, un point global sur les VSS, avec chaque spécialiste, dans chaque domaine. La Miprof a d’abord expliqué les formes de violence et leurs impacts avec, en point d’orgue, une définition générale des VSS : actes et comportements à caractère sexuel exercés sous la contrainte, en raison du genre, dans le but de dominer.

    Deux gendarmes et une magistrate spécialistes de la jeunesse ont détaillé leur champ d’action, avant que l’une des juristes du Comité national et olympique du sport français (CNOSF), Anne-Sophie Weisz, s’étende sur les sanctions pour les agresseurs. Cette journée, riche en échanges, a permis de sensibiliser et d’informer sur un sujet majeur.

  • Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    Au soutien des victimes de maladies professionnelles à Martigues

    « C’est un peu grâce à eux que j’ai réussi mon parcours pour faire reconnaître ma maladie professionnelle », confie Pierre Seux. Ce retraité de l’industrie pétrochimique est l’un des nombreux travailleurs à avoir été accompagné par l’Association de défense des victimes des maladies professionnelles (Adevimap) de l’ouest de l’étang de Berre qui a ouvert ses portes mercredi. L’initiative se poursuit ce jeudi de 9h à 16h.

    Ayant travaillé chez Arkema à Marseille de 1984 à 2013, le retraité explique avoir « respiré tous les produits de la filière carbone, dont le benzène, jusqu’en 2013 où je suis parti en retraite anticipée car le site a été reconnu amianté en 2012 ». Sept ans après son départ en 2020, Pierre Seux contracte une leucémie. Alors, il demande de l’aide à l’Adevimap pour l’accompagner dans le processus de reconnaissance de cette maladie par la faute de l’employeur.
    « Ils m’ont aidé à remplir le questionnaire destiné à la Sécurité sociale. Ils m’ont aussi préparé à passer devant le médecin-conseil, pour comprendre les questions et bien y répondre », affirme l’ancien ouvrier.

    « Les gens ne peuvent pas aller au tribunal sans eux »

    Pierre Seux est venu aux portes ouvertes de l’Adevimap ce mercredi pour « donner quelques conseils, comme aux collègues de Naphtachimie qui sont passés ce matin, mais aussi pour se retrouver, discuter et se soutenir ». C’est aussi la démarche de Sylvie Pioli, ancienne infirmière de nuit et fondatrice de l’association Cyclosein. « Ce sont presque des amis », reconnaît-elle, car face à la maladie « on n’est pas aidé, ça coûte très cher d’aller au tribunal et les gens moyens ne peuvent pas y aller s’ils ne sont pas aidés par des associations comme l’Adevimap ou les syndicats », estime-t-elle.

    L’ancienne infirmière, atteinte d’un cancer du sein, veut sensibiliser sur « les risques du travail de nuit ». « Il faut que la médecine du travail soit sensibilisée aux cancers du sein, digestifs, ou la dépression que favorise le travail de nuit. Il faut aussi que les candidats à ce type de poste soient prévenus sur les risques », conclut-elle. C’est aussi ça l’Adevimap, un carrefour des battants pour la vie et la justice. La présidente, Christiane de Félice, considère que « c’est important de se soutenir, et les gens qui viennent savent qu’on n’est pas un service administratif, mais des bénévoles qui apportent à la société et aux victimes ». En 2025 l’association a perdu l’un de ses fondateurs Maurice Huc. « Il est toujours dans notre esprit et on continue à se battre pour obtenir justice pour les gens qui ont tout perdu, jusqu’à la vie », assure la présidente.

  • [Entretien] Michèle Bitton : « Gaston Crémieux s’est inscrit dans les luttes pour la République »

    [Entretien] Michèle Bitton : « Gaston Crémieux s’est inscrit dans les luttes pour la République »

    La Marseillaise : Nous allons commémorer dimanche l’anniversaire de l’exécution de Gaston Crémieux. Aujourd’hui, que reste-t-il de sa mémoire
    à Marseille
     ?

    Michèle Bitton : Le premier de ces lieux de mémoire à Marseille, chronologiquement, c’est son caveau au carré israélite du cimetière Saint-Pierre. Il a été enterré tout de suite après son exécution, son corps a été donné immédiatement à la famille, ce qui n’est pas toujours le cas. Mais ce n’est que l’année d’après qu’un monument funéraire a été élevé, qui existe toujours. Il est indiqué dessus : dédié à Gaston Crémieux, par sa femme et les républicains de Marseille, parce qu’ils ne pouvaient pas en dire plus, en 1872… Une plaque a été apposée au pied de ce monument dans les années 1880, par l’Association culturelle des juifs du pape. Et il y a le boulevard Gaston-Crémieux dans les années 1920, sous la mandature du premier maire socialiste de Marseille, Siméon Flaissières. Durant la Seconde Guerre mondiale, le boulevard a été débaptisé, mais ce n’était pas le seul. Et ce n’est qu’en 2021, pour le 150e anniversaire de la Commune, après le changement de municipalité à Marseille, que Benoît Payan a fait apposer une plaque au Pharo. Il y avait eu des tentatives auparavant, par les Amis de la Commune de Paris, de mettre une plaque là-bas, qui avait été arrachée.

    Sur le boulevard Gaston-Crémieux, il est présenté comme un leader de la Commune de Paris, pourquoi celle de Marseille reste dans l’ombre ?

    M.B. : C’est une grosse erreur que j’ai signalée… Mais la Commune de Marseille n’a pas autant d’envergure. La Commune de Paris avait des ambitions que Marseille n’a pas eu le temps d’avoir, elle n’a duré que treize jours, et il n’y a eu durant ces treize jours que des luttes internes, ils n’ont pas eu le temps de promulguer des décrets qui auraient fait sa gloire, comme à Paris.

    Qu’est-ce que le travail d’avocat de Gaston Crémieux reflète des luttes sociales à Marseille à la fin du XIXe ?

    M.B. : C’était l’époque où les premiers socialistes se battaient pour abattre l’Empire. Il s’est inscrit dans ces luttes pour la République. Il n’a jamais été adhérent de l’Association internationale des travailleurs, mais il a beaucoup aidé les syndicats ouvriers à se constituer. À l’époque, c’étaient des associations mutuelles, de prévoyance, professionnelles, pour la transmission du savoir-faire. Il les aidait à rédiger leurs statuts, faisait des conférences populaires pour éclairer le peuple, leur apprendre le fonctionnement des institutions.

    Lesquelles de ses plaidoiries
    vous ont marquée ?

    M.B. : Une femme avait été accusée parce qu’elle avait été agressée par un homme, qui voulait l’épouser. Elle lui avait balancé du vitriol à la figure. Il a gagné le procès, elle n’a pas été condamnée. Et surtout il y a eu le procès très fameux, moins politique, moins féministe, l’affaire des empoisonneuses. C’étaient des femmes qui avaient empoisonné leurs maris, avec l’aide de leurs amants. Elles devaient être condamnées à mort, il a réussi à éviter qu’elles ne soient pas condamnées à mort. On ne lui connaît pas dans sa carrière de défense de grande cause politique, mais il a pris une grande part à la campagne électorale de Gambetta, le premier député socialiste élu à Marseille, en 1869.

    Pourquoi Gaston Crémieux a-t-il été le seul dirigeant politique de la Commune de Marseille à avoir été fusillé ?

    M.B. : Ça, c’est la grande question. Il y a eu trois hommes condamnés à mort dans le même procès, au mois de juin 1871. Étienne et Pélissier ont été graciés, mais pas Gaston Crémieux. L’avocat Roger Vignon, dans son livre, considère que c’est un procès inique, parce que sur la cinquantaine de questions auxquels devaient répondre les juges, pour savoir par exemple s’il avait été coupable « d’embaucher les soldats », la réponse a été non. Et il a été quand même condamné. Et sa condamnation a été maintenue.

    Des lieux de mémoire restent à créer ?

    M.B. : Le comité des Amis de la Commune Gard-Cévennes se bat depuis des années pour faire apposer une plaque sur sa maison natale. Et je suis en train de travailler sur les 26 condamnés à mort fusillés en France. Il y a eu 110 condamnés à mort en France après la Commune, et 26 ont été maintenus après que la commission des grâces ait refusé de leur accorder leur grâce. Dont Gaston Crémieux à Marseille, et deux soldats qui ont refusé de tirer sur les communards, qui ont été fusillés au Pharo. S’il y a une stèle installée, ce sera bien de rappeler ces soldats. Un autre lieu de mémoire qu’on essaie de mettre en place, c’est à la Plaine. Il y avait une grande salle de spectacle, l’Eldorado, au 22, place Jean-Jaurès. Dans cette grande, le 22 mars 1871, Gaston Crémieux a prononcé un discours fameux qui a été à l’origine de la Commune de Marseille. Le lendemain, la préfecture avait appelé à une manifestation en faveur de Versailles, et les Marseillais n’étaient pas d’accord et ont manifesté en solidarité avec la Commune de Paris. L’année dernière, nous avions fait un pochoir à cet endroit. On aimerait bien que ce soit pérenne.

    Rendez-vous ce jeudi à partir de 16h30
    à la brasserie le Terminus, entrée libre
    et gratuite dans la limite des places disponibles. La présentation sera précédée d’un dépôt de gerbe devant la plaque commémorative de Gaston Crémieux.

  • Le Crédit municipal, une banque pour les travailleurs pauvres

    Le Crédit municipal, une banque pour les travailleurs pauvres

    Un chauffe-eau qui pète, une voiture qui lâche… Le Crédit municipal vient en aide aux « travailleurs pauvres », ceux qui n’ont pas accès au prêt bancaire, insiste son directeur, Benoît de Rosamel, 30 ans de carrière dans la banque, en poste depuis un an. Fier d’être à la tête de cette « très vieille dame qui a eu 350 ans il y a deux ans » et issue des Monts-de-piété dans l’Italie du Moyen Âge, il tient à en rappeler le fonctionnement « car son rôle s’est perdu, les gens ne savent plus que cela existe ou se disent que ce n’est pas pour eux », or « ce n’est pas plus humiliant qu’un crédit à la consommation ».

    Cet établissement bancaire de plein exercice, « satellite de la Ville », souligne Benoît de Rosamel, dont une part du résultat -environ 850 000 euros l’an dernier- est reversé au Centre communal d’action sociale (CCAS), se concentre sur deux activités : le prêt sur gage pour lequel les Crédits municipaux ont le monopole et le micro-crédit. « Un bien de valeur, quel qu’il soit, sauf l’immobilier, on l’expertise et on vous prête, dans les 10 minutes, sans conditions de ressources », précise le directeur du Crédit municipal qui ne compte pas moins de 16 000 clients actifs sur une base de 40 000.

    Permettre de « réaliser

    des projets »

    De quoi « permettre à 50 000 personnes à Marseille de vivre mieux ou de réaliser des projets ». Une centaine de personnes par jour ose pour le moment, passer la porte du 37, rue Saint-Bazile (1er). Le micro-crédit permet d’emprunter jusqu’à 8 000 euros sur une durée jusqu’à 84 mois pour un taux d’environ 4% sans frais de dossier, sachant que le contractant peut rembourser à tout moment sans pénalité. « On peut prêter des sommes très petites », témoigne Benoît de Rosamel.

    Cette année, le Crédit municipal renoue également avec sa grande vente aux enchères de prestige, organisée à l’hippodrome Borély le vendredi 5 décembre. Avec des pièces qui sortent de l’ordinaire comme ce lingot d’or ou ces montres et bijoux de luxe. Autre opération exceptionnelle pour Noël, un « dégagement » gratuit. Les clients du Crédit municipal bénéficieront de la restitution gratuite d’objets déposés en gage, jusqu’à 50 euros et pourront durant tous le mois de décembre récupérer leurs biens sans avoir à rembourser ni le capital emprunté, ni les intérêts, précise Christelle Gerlier, directrice générale déléguée.

  • CGT, FSU et Solidaires à l’offensive contre l’austérité

    CGT, FSU et Solidaires à l’offensive contre l’austérité

    « Le nouveau budget n’a rien à envier à celui qu’avaient sorti Bayrou et les autres. Pire, le gouvernement fait maintenant du chantage avec la suspension de la réforme des retraites », dénonce Marc Pietrosino, secrétaire général de l’UD CGT 13. L’intersyndicale réunissant CGT, FSU et SUD Solidaires reprend la lutte contre une incessante politique d’austérité menée au détriment des services publics, de l’emploi et de la solidarité, avec un appel à la grève et à manifester le 2 décembre à 10h30, au départ des Réformés.

    Mobilisées en version large les 10 et 18 septembre, les organisations syndicales avaient « remis à l’ordre du jour les questions de justice fiscale, sociale et environnementale et d’empêcher le vol de deux jours fériés », rappelle Alice Richard, pour SUD Solidaires 13. Le débat budgétaire va se poursuivre au Parlement. Une raison pour continuer la lutte, d’autant plus que « le gouvernement persiste dans ses aides massives aux grandes entreprises qui licencient », souligne Franck Balliot pour la FSU. « Et pour la première fois, le budget de la Défense est passé devant celui de l’éducation nationale. »

    Le refus d’une économie de guerre

    « Alors même que la politique de Macron est un échec », déplorent les trois syndicalistes, le gouvernement s’entête « à vouloir faire payer les retraités et les malades longue durée ». De même qu’ils refusent un horizon dessiné par une escalade de déclarations guerrières. « Toutes ces ressources permettraient au contraire de restaurer les services publics et d’augmenter les salaires, de revenir à un droit à la retraite à 60 ans », estiment les organisations syndicales. De quoi répondre aux besoins de plus en plus urgents de milliers de citoyens. Car c’est jusqu’au secteur associatif, qui pallie les carences de l’État, que ce dernier serre la ceinture au dernier cran.

    La CGT a réuni des dossiers chauds, estimant que cette politique qui mène à « la perte en compétence d’emplois industriels ne sera pas sans incidence sur l’emploi public et privé ». De nombreux préavis sont déjà sur la table. Les salariés de Pamar, de la CPMM, de la Centrale de Gardanne, les agents des trois fonctions publiques où le gouvernement a encore prévu de supprimer 3 000 postes, les marins et les énergéticiens ont appelé à faire font front commun dans cette nouvelle mobilisation.