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  • Une nouvelle feuille de route pour Euromed

    Une nouvelle feuille de route pour Euromed

    « On veut un Euromed qui fasse rêver ! » Après avoir pris le relais de Laure-Agnès Caradec à la tête d’Euroméditerranée, Isabelle Campagnola-Savon a présenté sa « feuille de route » pour l’avenir de l’aménageur, ce vendredi. Une feuille de route qui ne manque pas d’idées et dont le conseil d’administration d’Euromed a déjà connaissance puisqu’il s’est déroulé la veille. La conseillère régionale (Horizons) dresse deux axes principaux pour les années à venir : poursuivre le travail sur « la gouvernance partagée » et sur les « enjeux stratégiques à venir ». Concrètement, elle entend « associer les entreprises, les acteurs associatifs et culturels et les habitants » pour le développement d’Euromed. Et de « travailler de manière concertée avec la Ville, la Métropole et la Région ».

    Un projet architectural « totem » et une Arena ?

    Elle a aussi dans le viseur la finalisation des « projets d’ampleur » déjà, plus ou moins sur les rails, comme celui du « parc des Aygalades et la reconversion du Canet ». Autre volet sur lequel elle insiste : « L’attractivité et le développement économique. » Et évoque un possible renforcement du partenariat avec Rising Sud, l’agence économique de la Région. Et de lancer des idées pour le moins ambitieuses : « La création d’un bâtiment architectural, un nouveau totem à l’image de ce qu’on a avec le Mucem, qui donne de la lumière sur Euromed 2. » Autre exemple : « On pourrait étudier la faisabilité d’une Arena. La ville de Marseille a besoin d’une infrastructure comme ça. » Ou encore « la création de la rue méditerranéenne durable complètement désimperméabilisée ». Elle précise tout de même que « ce ne sont que des pistes de réflexion » et que « rien n’est acté ». Concrètement : le projet « totem » qu’elle porte n’a pas de lieu défini, ni de calendrier et d’enveloppe financière prévue. Pour l’épineux dossier du Dock des Suds, là encore « rien n’est arrêté ». Une stratégie floue ? « Une feuille de route, c’est se donner des perspectives », répond l’élue.

  • L’habitat inclusif en question au Département

    L’habitat inclusif en question au Département

    Un contexte, un besoin, des enjeux. Le Département des Bouches-du-Rhône organisait, vendredi, une journée dédiée à l’habitat inclusif. Un dispositif pour personnes de plus de 65 ans ou handicapées, combinant espaces privatifs et communs pour favoriser autonomie et vie sociale. Objectif ? Lutter contre l’isolement grâce à un projet de vie partagée et un accompagnement adapté.

    « Une journée pour valoriser ce dispositif particulier et échanger les bonnes pratiques avec les porteurs de projets déjà installés qui ont bénéficié de l’aide à la vie partagée », explique Jean-Marc Perrin, conseiller départemental (DVD) et président de la commission des financeurs pour l’habitat inclusif.

    Dans les Bouches-du-Rhône : 41 projets sont ouverts, s’adressant à 623 personnes pour un financement état-Département de 2 millions d’euros en 2025. 4,75 millions sont prévus d’ici 2028. « On est soutenu par l’État via la Caisse nationale de solidarité à l’autonomie mais je suis inquiet », reprend Jean-Marc Perrin. « Sur les premiers appels à manifestation d’intérêt, l’État nous soutenait à hauteur de 85%, aujourd’hui on est à 50%. Le reste est à charge des Départements dans des situations budgétaires compliquées. J’espère que la baisse de ce soutien va s’arrêter. »

    Une précarité

    plus marquée

    D’autant que le dispositif de l’habitat inclusif paraît homéopathique au regard du vieillissement de la population du département. On y compte 558 000 personnes de plus de 60 ans et 70 600 personnes de plus de 85 ans, en hausse de 30% depuis 2015. En 2030, selon les prévisions, le territoire comptera 77 000 personnes de plus de 75 ans en situation de dépendance dont 80% de femmes.

    « Une population sur laquelle pèse une précarité plus marquée que dans le reste du pays », observe Laurence Diederichs-Diop, cheffe du service Observatoire de Provence. Ici les bénéficiaires du minimum vieillesse représentent 8% de la population contre 4,3% en France. Les femmes avec leurs carrières hachées et des retraites inférieures de 40% à celles des hommes, sont particulièrement vulnérables. Côté handicap, 160 000 personnes ont des droits ouverts à la MDPH, 36 900 sont allocataires de l’aide adulte handicapé et 11 600 bénéficient de prestations et d’allocations compensatrices (PCH et ACTC).

    Cette longévité interroge donc les dispositifs classiques au regard des besoins d’accompagnement et de la variété des handicaps. L’habitat alternatif est une des pistes, considérant que 96% des plus de 60 ans et 83% des plus de 85 ans, vivent à domicile. Seuls, pour près de la moitié, et huit fois sur dix des femmes.

    Un contexte compliqué, accentué par la tension sur le parc de logement social. Sur ce sujet, Jean-Marc Perrin, tout nouveau président de 13 Habitat, le bailleur du département, n’a pas voulu s’exprimer. Dans un territoire où de nombreux maires de sa majorité se dérobent à leurs obligations sur la loi SRU, 11 000 personnes âgées sont pourtant en attente d’un logement social. 23% des demandes de mutations sont faites par des plus de 60 ans, réclamant dans 16% des cas un logement adapté à leur handicap. Au total, ce sont 6 000 sollicitations pour un logement adapté ou accessible…

    Autre point de tensions, l’offre insuffisante en matière d’établissements collectifs. Avec 16 252 places en Ehpad, 3 703 en résidence autonomie et personnes âgées et 3 844 en hébergement adapté pour personnes en situation de handicap, le département affiche des taux largement inférieurs à la moyenne. « Et les prix sont ici plus élevés en raison de la faiblesse de l’offre d’établissements publics », explique Julia Rondon, conseillère technique pour le Département.

    à deux doigts de citer la ville de Marseille qui vient de lancer son premier Ehpad social public, en exemple.

  • La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    La police municipale s’installe sur l’avenue de Saint-Jérôme

    C’est une ancienne boucherie qu’une dizaine d’agents de la police municipale a officiellement investie ce vendredi 28 novembre, avenue de Saint-Jérôme (13e). Un effectif qui devrait doubler d’ici quelques mois. Après le 42, la Canebière, et avant que n’ouvre « très bientôt » la rue Loubon (3e), cette nouvelle antenne de proximité devrait permettre de mieux répondre aux demandes des habitants, a estimé le maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) venu dévoiler la plaque d’entrée.

    L’idée : que la police municipale investisse tous les quartiers, « d’ici 5 à 6 ans ». « Une police qui connaît la topographie des lieux est essentielle dans le continuum de sécurité », déclare-t-il, fier de cette police « la mieux armée de France dans tous les sens du terme ». Elle « a été déterminante, essentielle, dans les enquêtes en cours », assure Benoît Payan. Un rôle accru que le maire de Marseille assume sans ambages, déplorant le manque d’effectif de la police nationale.

    « On est une grande ville, cinq fois Lyon et deux fois et demie Paris, est-ce que vous savez combien de policiers nationaux tournaient cette nuit ? 35 », affirme-t-il pour qui « ce n’est pas sur la sécurité que nous devons faire des économies » pas plus que sur « tout ce qui représente la République ». Entendre la police, la gendarmerie, les hôpitaux, la Poste, les associations, bref « celles et ceux qui font qu’on est debout ». Marseille a besoin « d’une police nationale qui soit calibrée », insiste Benoît Payan, s’indignant que l’année dernière, « le ministre de l’Intérieur ait décidé de supprimer une préfecture de police de plein exercice ». Intolérable pour l’élu dans une ville confrontée de plein fouet au narcotrafic…

  • Faire face à la faim en 2025 : à Avignon, la quête d’un nouveau local mise à mal

    Faire face à la faim en 2025 : à Avignon, la quête d’un nouveau local mise à mal

    « On vient de connaître un grand coup de reculoir », se désole Pascale Hémard, présidente de la Banque alimentaire de Vaucluse. Le sujet en question est le projet de relocalisation de l’association. Locataire d’un hangar agricole en ceinture verte depuis 2008, la structure est à la fois à l’étroit et difficilement accessible aux gros camions sur les voies agricoles.

    Pour faire face à la demande croissante, qui a presque doublé en 3 ans (de 30 000 à 55 000 bénéficiaires, soit un Vauclusien sur dix), la Banque alimentaire aurait besoin d’un stockage de 1 500 palettes contre 500 actuellement. Elle offre un support logistique et des denrées alimentaires ou produits à quelque 70 autres associations de proximité.

    Cet été, l’ex-directeur Patrick Munsch -en poste grâce à un contrat de mécénat SNCF- confiait que le dossier de relocalisation connaissait, cette année, « un gros coup d’accélérateur ». Quatre mois plus tard, la présidente constate que « nous repartons de zéro ». Des discussions avancées avec la Ville avaient lieu pour une implantation non loin de là, sur le MIN (marché d’intérêt national) à Saint-Chamand, mais le projet a capoté dans le cadre de la nouvelle délégation de service public du MIN, qui sera votée ce samedi, en conseil municipal. « C’était parfait car il y avait des locaux prêts et équipés, c’était un gain de temps et d’argent », regrette Pascale Hémard. De locataire, la Banque alimentaire aimerait devenir propriétaire, mais n’a pas les reins financiers solides pour se lancer dans la construction ou lourde réhabilitation d’un bâtiment.

    Un appel à l’aide

    au Département

    L’association cherche à se relocaliser dans le périmètre actuel jusqu’à Agroparc, voire en Courtine désormais. « Pour le moment, la municipalité n’a rien à nous proposer qui convienne et le Département n’a pas de solution. Nous allons mettre la pression, il serait le partenaire le plus logique car nous servons tout le Vaucluse », note la présidente de la Banque alimentaire. En octobre dernier, le conseil départemental avait voté 20 000 euros de subvention pour participer à une étude fixant le cahier des charges de la relocalisation.

    De son côté, l’État -qui ne subventionne que l’activité mais pas l’investissement- « accompagne depuis le début avec des réunions pour le diagnostic des éventuels locaux », indique Sébastien Maggi, sous-préfet chargé de la politique de la ville. Un comité de pilotage est en place avec les différents acteurs publics et économiques.

  • Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Aix-Luynes : le quartier des radicalisés n’a jamais fait le plein

    Reflet de la suroccupation carcérale, le contentieux de la détention est important au tribunal administratif de Marseille qui statue régulièrement sur les refus de permis de visite, de transfèrement, de permis de sortie ou de parloir, de contestation de fouilles à nu répétées, de placement en quartier disciplinaire ou pour l’anecdote de refus de location de téléviseur à un détenu.

    Le tribunal vient de trancher -trois ans après son dépôt- sur la requête portée par un détenu radicalisé qui conteste le renouvellement pour 6 mois de son placement au quartier de prise en charge de la radicalisation (QPR) du centre de détention d’Aix-Luynes. Ce QPR étanche de 19 places, conçu dans une aile séparée de la détention ordinaire, a été ouvert en 2019. Il accueille après leur évaluation, des détenus majeurs radicalisés pouvant se désengager de leur idéologie après une prise en charge adaptée. Les plus dangereux, les plus prosélytes partent en quartier d’isolement pour prévenir les passages à l’acte violent.

    L’homme dont on ne sait ni l’identité ni l’âge a vu sa requête rejetée. Il est incarcéré depuis 2021, d’abord en quartier d’évaluation de la radicalisation (QER) dans le Val-d’Oise puis a été affecté en 2023 au QPR d’Aix-Luynes. Le jugement rappelle qu’il a été condamné à 15 ans de réclusion pour meurtre précédé d’un autre crime et un an pour dégradation d’un bien. Il a en outre menacé depuis de mort et d’agression le personnel pénitentiaire de Bourg-en-Bresse et par écrit la directrice interrégionale des services pénitentiaires de Lyon.

    Le jugement souligne que lors de son évaluation, il a tenu « des propos inquiétants sur l’État islamique », légitimant le recours à la violence et les attentats perpétrés en France, évoquant sans complexe du djihad. « Son positionnement idéologique oscille entre le salafisme quiétiste et politique. » S’il donne « la sensation d’être une personne ingénue et crédule », le rapport d’évaluation retient sa « pratique religieuse intensifiée », sa volonté de convertir ses parents, sa barbe « plus longue et taillée ». Il fait preuve d’un repli sur soi et refuse les entretiens proposés.

    « Ce QPR n’a jamais été occupé entièrement. Il y a 10 détenus en ce moment pour 19 places et on tourne en moyenne autour de la douzaine. Par définition, on ne peut pas y transférer des détenus ordinaires alors que le taux d’occupation au CP de Luynes est de 172% », explique Olivier Caquineau, secrétaire départemental du Snepap-FSU. Le QPR dispose de deux cours de promenades avec vue limitée vers le ciel, deux petites salles de sport et une bibliothèque. Un « médiateur du fait religieux » y intervient ainsi que deux mi-temps de conseiller d’insertion et de probation alors qu’en détention ordinaire, c’est 1 CPIP pour 130 détenus. « Depuis la fin du mois de mai 2024, les détenus boycottent les activités et le suivi du Spip. Ils expriment leur mécontentement en raison de l’évolution des règles de sécurité qui, si elles sont plus individualisées, leur donnent un sentiment d’injustice. En outre, ils estiment que leurs efforts pour évoluer sont mal récompensés », notait en juin 2024 un rapport du Contrôleur général des lieux de privation de liberté.

    Cette situation de sous-occupation interroge l’administration pénitentiaire qui envisage de réduire la capacité du QPR alors qu’un Quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO) de 30 places doit voir le jour au premier trimestre 2026.

  • Quand l’austérité fabrique la misère

    Quand l’austérité fabrique la misère

    Le rendez-vous symbolise l’insécurité alimentaire et la misère qui gagnent le pays. Ce week-end, la Banque alimentaire lance sa collecte nationale.

    Entre denrées alimentaires ou produits d’hygiène, les besoins sont vastes. Et le nombre de bénéficiaires ne cesse de croître, ces dernières années.

    Ce phénomène correspond à un constat insupportable : le taux
    de pauvreté, en France,
    a atteint en 2023 son niveau le plus élevé depuis que l’Insee le calcule, à savoir 9,8 millions de personnes concernées (15,4% de la population). Il ne s’agit plus de la pauvreté, mais de misère.

    Rétablir un État social fort

    Pendant ce temps, l’État se dérobe. Tout comme l’Union européenne. Les politiques d’austérité ont démantelé les filets sociaux, laissant les associations colmater les brèches, avec des moyens toujours plus réduits. Et abandonnant le peuple à la charité.

    La Banque alimentaire, confrontée aux baisses de subventions, à la hausse des coûts et du nombre de bénéficiaires, fait aussi face à une réduction du volume des dons. Encore le signe d’un contexte social difficile.

    La faim n’est pas
    une fatalité. Elle est le symptôme d’un choix politique : celui de laisser les inégalités prospérer. Ce n’est pas aux bénévoles, dont il faut saluer l’engagement, de réparer les dégâts de l’austérité mais à l’État de garantir le droit fondamental à l’alimentation.

    Augmenter les subventions aux associations ne suffira pas. Il faut rétablir un État social fort, taxer les profits indécents, investir dans les services publics et garantir à chacun l’accès à une alimentation digne.

  • Les agents des bus interurbains en grève pour leurs acquis

    Les agents des bus interurbains en grève pour leurs acquis

    Sur le parking du dépôt interurbain de la RTM, les agents du réseau, arborant les dossards de leurs syndicats respectifs, sont mobilisés depuis 4h du matin. Une grève « extrêmement bien suivie », se réjouit Marc Garcia, délégué syndical de la CGT de l’Établissement interurbain Régie des transports métropolitain (RTM), qui avait d’ailleurs signalé, pour ce vendredi, de « fortes perturbations ». En cause, un large mouvement de grève mené par les agents des lignes interurbaines.

    La mobilisation, impulsée par l’intersyndicale (CGT, SUD et CFTC), mobilise « 85% de grévistes [étendus sur les dépôts d’Aix, d’Aubagne et Châteauneuf-les-Martigues, Ndlr]. Il y a 80% chez les conducteurs et 100% chez les administratifs et les contrôleurs », précise Séverine Ben Moussa, secrétaire générale CFTC. Les revendications sont nombreuses, mais la principale inquiétude concerne la perte progressive des acquis antérieurs à la fusion, en janvier 2024, entre le Réseau de transports marseillais (RTM) et la Régie départementale des transports urbains (RDT 13).

    Négociations à venir ?

    Les deux entités ne forment désormais qu’une seule régie : la Régie des transports métropolitains. « Depuis, on doit renégocier trois accords de substitution, celle du temps de travail, de la rémunération et du déroulement de carrière. Aujourd’hui, beaucoup de ces acquis sont remis en cause », poursuit Marc Garcia. Selon l’intersyndicale, la raison est claire : des économies budgétaires. « On demande simplement à récupérer nos salaires et nos primes d’avant-fusion », rappelle Mohamed Boumadi, délégué syndical SUD Solidaires.

    Des négociations sont prévues ce lundi. à l’issue de cette rencontre, les agents décideront de reconduire ou non la grève. « Avec la direction générale autour de la table, on espère. On veut une personne de la Métropole », insiste Marc Garcia. « On a l’impression d’être traités comme une filiale. Ils tiennent à ce qu’on soit un groupe ? Alors, même traitement pour tout le monde », lance David Icard, délégué CGT.

    Le syndicat CFDT, mobilisé aussi, mais en marge de l’intersyndicale, demande à la direction de « reprendre des négociations sérieuses et d’entendre la colère de ses salariés ». « La direction nous propose des augmentations qui sont, pour la majorité d’entre nous, à peine suffisantes pour compenser l’inflation (…). Nous nous battrons pour obtenir une augmentation significative de nos salaires de base et une juste reconnaissance de notre ancienneté et de nos efforts quotidiens », poursuit le syndicat, qui ne sera pas invité aux discussions, en début de semaine, mais « adressera un courrier listant ses revendications », indique Alexandre Sass, élu CSE et délégué syndical CFDT.

    De leur côté, les services de la RTM indiquent ne pas pouvoir communiquer davantage d’éléments.

  • La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    La préfète de police dément toute rixe devant Orange

    Pas d’appel au 17 et surtout aucune preuve vidéo d’une quelconque bagarre… La préfète de police déléguée, Corinne Simon, a tenu ce vendredi 28 novembre à faire une mise au point après la décision du géant des télécommunications de fermer son site de Saint-Mauront (3e) jeudi, pour une période de 15 jours. Cette dernière préférant attendre « le retour à une situation apaisée » dans le quartier, des droits d’alerte ayant été déposés par la CGT puis la CFE-CGC. « Ce que je peux dire, c’est que depuis le début de la semaine, nous n’avons eu aucun appel 17 de la société Orange », assure la préfète. Le seul reçu a été celui d’un commerçant « parce que quelqu’un est rentré en disant qu’il aurait entendu des coups de feu ». Après intervention de la police toute proche, en 3 minutes, aucune rixe n’a été constatée, « pas de personnes blessées, pas de douille, pas de calibre, pas de trace de sang », affirme-t-elle. Pire, « nous n’avons aucune image nous permettant de montrer qu’il y a eu des rixes durant ces derniers jours », poursuit-elle, si ce n’est un vol de trottinettes mercredi.

    Emballement national

    Pour autant, elle « ne minimise pas la situation. » « Nous sommes à Félix-Pyat, un secteur compliqué, nous avons des points de deal, beaucoup de trafic de stupéfiants, du trafic de cigarettes. Donc oui, il y a parfois des rixes et c’est pour ça que la police intervient à longueur de temps », nuance-t-elle. Les patrouilles ont été renforcées, « on va prendre contact avec l’entreprise pour travailler en collaboration », ajoute-t-elle.

    De son côté, Laurent, délégué CFE-CGCsur le site, trouve « surréaliste que [la] direction n’ait pas appelé la police ». Et de certifier qu’un collègue l’a fait et que d’autres ont entendu des échanges de tirs. À la CGT, on assure aussi avoir entendu les coups de feu mais « on veut retrouver du lien social, les habitants, eux, vivent là », insiste Guillaume Lamourette, secrétaire départemental de la Fapt- Telecoms 13. Hors de question pour le syndicat de quitter le site. « On a fait une demande pour rencontrer la direction le plus vite possible. » La CFDT évoquait, elle, des salariés en « état de siège ».

    Après l’assassinat de Mehdi Kessaci qui a mis Marseille dans l’œil du cyclone médiatique, et sur fond de campagne municipale, le retentissement de l’affaire a été national. « Orange prend les bonnes décisions », a estimé Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, sur RTL, ajoutant que « la lutte contre le narcotrafic est la priorité du gouvernement ». « Après le départ de l’Open 13, des Galeries Lafayette, maintenant le site d’Orange… Marseille ne peut plus perdre un acteur de plus. Ça suffit ! Il faut stopper l’hémorragie ! Je vais prendre rendez-vous avec la direction d’Orange », s’est emballée sur les réseaux sociaux Martine Vassal, présidente DVD de la Métropole, du Département et candidate à la mairie de Marseille. Ce qui n’a pas manqué d’agacer Benoît Payan, maire DVG de Marseille.

    « Je ne sais pas d’où sort cette information », a-t-il réagi, reconnaissant « un problème de sécurité avec des salariés qui veulent être rassurés ». Plus tard dans la soirée, l’élu a indiqué avoir échangé avec la PDG d’Orange, Christel Heydemann, qui lui a assuré que le site ne fermera pas.

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Chacun son boulot, dans son domaine »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Chacun son boulot, dans son domaine »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui se joue lors de cette 7e convention annuelle ?

    Renaud Muselier : L’objectif, aujourd’hui, c’est de faire l’état des lieux des relations entre la Région et les mairies, l’état des lieux entre le contexte local et national et faire le constat que les maires, qui sont élus et qui vont être en compétition au mois de mars, sont quand même ceux qui sont en contact direct sur la proximité. S’ils ont fait leur boulot, ce n’est pas le national qui pèsera, c’est le local.

    En octobre, dans « La Marseillaise », vous indiquez vouloir un « fédéralisme à la française ». Pourriez-vous développer ?

    R.M. : ça veut dire simplement : fin des injonctions contradictoires de l’état, suppression des doublons, liberté et confiance auprès des acteurs locaux de terrain, des entreprises ou des salariés d’ailleurs, de façon à ce qu’on ne soit non plus dans le contrôle de la réglementation, mais dans une liberté – dans le respect des lois de la République – qui ne soit pas en permanence en train de contraindre. C’est une décentralisation très claire que je propose : chacun son boulot, dans son domaine. à ce jour, ce n’est pas le cas. Par exemple, nous avons à charge l’orientation, que nous finançons. Mais, pourquoi a-t-on encore des services de l’orientation au niveau national ? C’est un doublon ! (…) C’est impossible pour les maires de travailler dans des conditions pareilles. Comment développer un territoire si, systématiquement, vous avez au sein d’une administration, trois sous-administrations véhicules de l’état ?

    Avec quels moyens mettre en place un modèle qui donnera encore davantage de responsabilité aux collectivités ?

    R.M. : Nous allons proposer, avec le Sénat, un texte pour une vraie décentralisation. (…) Si l’état veut décentraliser, la Région sera en première ligne. C’est notre devoir d’aider (les maires) maintenant.

  • L’accès au téléphone en milieu carcéral

    L’accès au téléphone en milieu carcéral

    Le téléphone occupe une place centrale dans nos vies quotidiennes, facilitant l’accès à l’information et le maintien des liens personnels. En prison pourtant, cet outil reste difficilement accessible. Les conditions d’usage sont souvent obsolètes et très encadrées, limitant fortement le contact avec l’extérieur. Ce décalage renforce la fracture numérique et l’isolement carcéral. Bien que cette limitation soit en partie justifiée par la nécessité d’empêcher l’usage du téléphone pour organiser des trafics ou d’autres activités illicites depuis la détention, l’accès au téléphone en prison constitue néanmoins un enjeu de dignité et de réinsertion sociale.

    La réinsertion sociale, finalité de la peine selon le Code pénal, passe par la préservation des liens personnels. Le droit au respect de la vie familiale des détenus, affirmé par la loi du 24 novembre 2009, vise à favoriser ces liens notamment par l’usage facilité du téléphone.

    En pratique, les appels se font depuis des cabines situées dans les cours de promenade ou, plus récemment, depuis un poste fixe installé en cellule. Le CGLPL est régulièrement alerté de pannes prolongées de ces équipements, qui privent les détenus de communication pendant plusieurs jours. Dans les quartiers disciplinaires, les appels sont limités à un par semaine, aggravant encore l’isolement.

    La surpopulation carcérale, manifeste aux Baumettes avec 203% d’occupation, compromet aussi la confidentialité des échanges. Si certains appels peuvent être contrôlés par l’administration, ceux entre un détenu et son avocat doivent rester protégés. Or, l’absence d’isolation phonique rend cette confidentialité illusoire. Les lignes d’écoute psychologiques souffrent des mêmes contraintes : il est difficile de parler librement dans une cellule surpeuplée.

    Réseaux souterrains de trafic

    et de corruption

    L’usage du téléphone fixe creuse la fracture numérique entre les milieux libre et fermé. Alors que la société communique toujours plus, avec un matériel toujours plus innovant, les personnes détenues se partagent l’accès à des téléphones souvent obsolètes et coûteux : un détenu dépense jusqu’à 75 euros par mois pour vingt minutes d’appel quotidien. Les mineurs subissent le même régime tarifaire, sans ressources propres.

    Enfin, l’interdiction absolue du téléphone portable, assortie de sanctions pénales et disciplinaires, demeure largement contournée. En effet, il apparaît peu réaliste d’interdire un outil devenu si banal et si nécessaire à n’importe quel citoyen dans notre société. Le CGLPL recommande un accès contrôlé au téléphone portable qui permettrait d’éviter les recours systématiques et inévitables aux réseaux souterrains de trafic et de corruption de téléphones en prison.

    Par Swane Mas (SAF Marseille)

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