Category: accueil-merge

  • Un géant des mers de passage dans les eaux marseillaises

    Un géant des mers de passage dans les eaux marseillaises

    Impossible de le manquer. Il suffit de jeter un œil aux nombreux bateaux amarrés au Vieux-Port pour constater que l’un d’entre eux fait de l’ombre à ses voisins. L’Actual Ultim 4 est ancré depuis mardi, à Marseille, et cela pour près de 10 jours, jusqu’au lundi 5 mai. C’est un véritable géant des mers qui a pris place face à l’hôtel de ville. Un monstre de technologie avec ses 36 mètres de haut, 32 de long, 23 mètres de large et 16 tonnes sur la balance. Un voilier presque unique, faisant partie des 6 ou 7 machines de course les plus imposantes au monde. Sa visite sur les bords de la Méditerranée est donc une rareté. La cité phocéenne avait accueilli l’arrivée de The Race, en 2000, avec des multicoques plus ou moins similaires, mais rien depuis.

    Ce mercredi à l’aube, le skipper Anthony Marchand, natif de Saint-Brieuc, Lorientais d’adoption, permettait à La Marseillaise de monter à bord. Il décrit les spécificités de son trimaran hors-norme : « Ce bateau est doté de foils, ce sont les appendices de chaque côté, et ça nous permet de les enfoncer dans l’eau pour, justement, être au-dessus de l’eau. Les flotteurs ne touchent plus l’eau et ça nous permet de nous affranchir de ce frottement et d’aller encore plus vite. »

    « Aussi réactif qu’un catamaran de plage »

    « Plus vite », d’après le navigateur de 41 ans, cela équivaut à frôler les 100 km/h. La vitesse de pointe de cet Ultim a été mesurée à 93 km/h. Le terme « Formule 1 des mers » n’est pas galvaudé, tant l’appareil a été pensé pour fendre l’air. « Il y a un réel travail sur l’aérodynamique. Le bateau est fait pour surfer sur l’eau et la coque a été travaillée pour faire accélérer l’embarcation », poursuit Anthony Marchand. Comme dit précédemment, le navire pèse 16 tonnes. Un nombre impressionnant et, pourtant, la maniabilité n’a jamais affolé le skipper. « Étonnamment, c’est aussi réactif qu’un petit catamaran de plage. C’est très sensible à la barre, les 16 tonnes on ne les sent pas. Une fois que le bateau est lancé, il faut être très très fin au toucher de barre donc le poids, on l’oublie vite. » Derrière le navigateur breton, 20 personnes travaillent sur le projet Actual Ultim 4. Une grande écurie œuvrant d’arrache-pied pour être performant et remplir ses objectifs. Celui de cette année est clair : la Route du Rhum (départ le 1er novembre à Saint-Malo). Assis dans son habitacle de 6m2, Anthony Marchand décrit son amour pour l’épreuve, alors que des collaborateurs préparent les voiles au-dessus de sa tête. « C’est une course mythique, moi c’est un rêve de participer à la Route du Rhum et encore plus sur la catégorie Ultim. J’ai hâte de vivre ce départ, avec un peu d’appréhension pour le côté émotionnel. Un départ de Route du Rhum, sortie d’écluse, le compte à rebours qui commence, c’est forcément un moment qui est stressant, particulier. » En attendant, la Méditerranée va être le terrain de jeu de ce géant pour encore quelques jours.

  • L’art aborigène dévoile la grammaire secrète de sa culture millénaire

    L’art aborigène dévoile la grammaire secrète de sa culture millénaire

    C’est une immersion dans une autre culture que propose le musée de Lodève, qui accueille jusqu’au 30 août une centaine d’œuvres, peintures et sculptures, issues des communautés aborigènes d’Australie, réalisées entre les années 1990 et 2000. Conçue en partenariat avec l’Institut pour les échanges culturels de Tübingen et la collection d’Alison et Peter W. Klein à Eberdingen (Allemagne), cette exposition est une rareté : « On a peu d’art aborigène en France, et il est surtout concentré dans deux grandes institutions : le musée des Confluences à Lyon et le Quai Branly à Paris. Ce n’est pas évident d’arriver à réunir une centaine d’œuvres, c’est une belle chance », souligne la directrice du musée de Lodève, Aurosi Moreno.

    Bien plus qu’une simple tradition picturale, l’art aborigène constitue un système de connaissance et de croyances, un modèle de vie qui a guidé les communautés depuis 65 000 ans. « Cette pratique artistique est liée à une culture millénaire qui a un lien très fort à son territoire. Un territoire qu’elle préserve, dont elle est le gardien. Pour nous c’est de l’art, mais pour eux cela revêt une dimension à la fois culturelle et spirituelle, c’est un cérémonial, des récits englobés sous un concept appelé “Le temps du rêve” », détaille Aurosi Moreno. « Ce “temps du rêve”, c’est l’histoire mythologique des grands ancêtres totémiques australiens qui ont parcouru le pays, façonné le paysage mais aussi créé des lois, inscrites dans des rites, des chants, des danses. C’est tout ça que contiennent ces œuvres. Cette peinture si belle, si graphique, parle de leur terre car c’est un peuple nomade et la connaissance de ce territoire est un moyen de survie », poursuit la directrice. La diffusion de l’art aborigène s’est en effet imposée comme un moyen de préserver et transmettre des savoirs culturels menacés. « La vente de leurs œuvres constitue l’une des principales ressources économiques » des Aborigènes, complète Aurosi Moreno. Lesquels qui ne représentent plus que 3% de la population australienne (selon un recensement de 2011).

    « Une cartographie sensible de leur territoire »

    La grande diversité de ces œuvres provenant de régions différentes rappelle que l’Australie n’a jamais constitué un pays unique. « On devrait parler “d’arts aborigènes” au pluriel, car avant la colonisation [à partir du XVIIIe siècle, Ndlr], il y avait 250 communautés distinctes, donc autant de langues, de rêves, de récits, de motifs différents », souligne la directrice. Les artistes de cette exposition appartiennent ainsi à des groupes linguistiques et des identités claniques spécifiques (Pintupi, Pitjantjatjara, Warlpiri, Gija ou Yolngu), chacun avec son héritage créatif et ses responsabilités envers sa Terre.

    « Les petits pointillés, c’est plutôt le centre de l’Australie, au niveau des déserts, du bush ; les motifs avec de fines rayures, c’est plutôt le nord : il y a aussi les traditions anciennes de peinture sur écorce de l’Arnhem Land », décrit la directrice. « C’est une véritable grammaire de symboles. Le cercle désigne un point d’eau, un ancrage, un lieu sacré. Les lignes sont des chemins codifiés. » Loin d’une représentation naturaliste et occidentale du monde, les artistes aborigènes « élaborent des cartes mêlant topographie et mythologie, espace et temps, dans une cartographie sensible et précise de leur territoire. (…) Cette exposition nous enseigne qu’une autre relation au territoire, à la Terre, est possible, où l’Homme ne possède pas la Terre, mais vit en symbiose avec elle. Une thématique qui vient faire écho au musée de Lodève, dont les collections témoignent d’un territoire, de son évolution et de l’impact de l’homme sur les paysages. »

    * Du mardi au dimanche 10h30-13h, 14h-18h.
    Fermé le lundi.

  • Logement social : un peu moins de villes déficitaires pénalisées

    Logement social : un peu moins de villes déficitaires pénalisées

    « C’est un sujet essentiel mais le système est en partie bloqué. » Rappelant que « 29 000 demandes » de logements sociaux restent en souffrance en Vaucluse, le préfet évoque là la problématique de l’accès pour tous à un toit. Or, encore 14 communes du département ont été sanctionnées financièrement en 2025 pour non-respect de la loi SRU, qui impose d’avoir entre 20% et 25% de logements sociaux. « La décohabitation, la nécessité de loger des jeunes et les travailleurs, des mutations internes… », autant de publics éligibles à un logement social souligne Thierry Suquet.

    Dans un arrêté paru la semaine dernière, la préfecture a donc établi la liste des communes carencées et pénalisées. L’État ne sanctionne pas aveuglément toutes celles qui sont en dessous du seuil réglementaire, « très dur à rattraper », concède le préfet. Après plusieurs années de hausse, aussi bien du montant global de l’amende et de villes pénalisées, les indicateurs sont cette fois en baisse : de 16 communes frappées au portefeuille en 2024, on passe à 14 en 2025. Le montant global de l’amende tourne autour de 2,12 millions d’euros contre 2,6 l’an dernier, se rapprochant de la somme de 2023 (1,9 million d’euros).

    Pour une question de cohérence territoriale, il convient de prendre en compte les communes gardoises du Grand Avignon. Pas d’évolution positive : les 5 villes assujetties (Villeneuve, les Angles, Rochefort, Pujaut et Roquemaure) restent largement sanctionnées à 1,18 million d’euros. Soit donc 3,3 millions d’euros en cumuler avec le Vaucluse, contre 3,7 l’an passé.

    Des fonds destinés

    à la construction

    « Nous pensons que quelques villes vont changer de seuils, certaines sont sorties de la carence ou ont connu une progression importante [de HLM] », note Thierry Suquet, citant « le bel exemple de l’Isle-sur-la-Sorgue avec l’intégration de logements dans le centre ancien ». De 13,9% de logements sociaux en 2023, la Ville est aujourd’hui à 17,4% et a vu, en deux ans, son amende passer de 517 000 euros à 270 000 euros.

    Dans le détail, Le Pontet, Cheval-Blanc et Monteux sont sorties des sanctions quand Lauris fait une entrée remarquée : 107 000 euros de pénalité pour 2,61% de part de logement social. Pour le reste, Aubignan, Bédarrides, Caumont, Entraigues, Mazan, Morières, Pernes, Pertuis, Robion, Saint-Saturnin-les-Avignon, Sarrians et Vedène sont encore sanctionnées. À l’instar de L’Isle-sur-la-Sorgue, la plupart des communes voient leurs amendes régresser, parfois de manière significative comme Pernes (de 454 000 à 266 000 euros) ou minime comme Aubignan (de 76 300 euros à 75 700 euros). Comme l’an passé, Pertuis récolte la plus forte amende avec 515 000 euros, soit 150 000 euros de moins qu’en 2024. Mazan, en revanche, progresse fortement (+60% à 242 000 euros) alors que Saint-Saturnin revient à l’étiage d’il y a deux ans (118 000 euros après seulement 40 000 euros l’an dernier).

    Rappelons que l’argent prélevé alimente des fonds destinés à la construction de logements sociaux, via l’établissement public foncier ou l’agence de rénovation urbaine. « Le droit de préemption et la substitution pour signer un permis de construire sont les outils les plus forts que nous avons », rappelle le préfet à l’heure des bilans triennaux de construction de logements sociaux. « Nous avons financé la construction de 610 logements en 2025, contre 539 en 2024 », chiffre-t-il. À voir désormais comment les nouveaux exécutifs des intercommunalités s’empareront du sujet, elles qui ont la compétence habitat et logement. Dans le Grand Avignon, cette délégation a échu à Pascale Bories, maire (LR) de Villeneuve-les-Avignon, sanctionnée de 364 000 euros pour non-respect de la loi SRU.

  • Table Ouverte : 40 ans de solidarité face à la précarité

    Table Ouverte : 40 ans de solidarité face à la précarité

    Quarante ans d’engagement et une même ligne directrice : « ne laisser personne seul face aux difficultés de la vie ». À Nîmes, l’assemblée générale de Table Ouverte, organisée à l’Espace Esperanza le 17 avril, a réuni plus de 80 participants, entre bénévoles, partenaires et élus venus saluer une action devenue indispensable.

    Autour du président Pietro Truddaiu, l’émotion était palpable, notamment en présence de la fille d’Odile Assmann, fondatrice de l’association disparue en 2014. « Cette idée simple est devenue une réalité vivante », a-t-il rappelé, évoquant « des mains tendues et des liens recréés ». Aujourd’hui, Table ouverte s’appuie sur 105 bénévoles mobilisés au quotidien et aide plus de 300 familles.

    Le combat continue

    Derrière cet anniversaire, le constat est clair : la pauvreté progresse. En 2025, l’association a fortement développé ses actions, doublant presque son budget. Cette dynamique s’incarne notamment dans le projet Esperanza, boulevard Talabot, où d’anciennes arches SNCF ont été transformées en véritable tiers-lieu solidaire. Épicerie sociale, friperie, salle d’exposition, mais aussi ressourcerie, atelier vélo ou futur jardin partagé : un « laboratoire social » qui illustre l’évolution de Table Ouverte.

    Pour 2026, le rapport d’activité et le bilan financier ont été adoptés à l’unanimité. Mais pour Pietro Truddaiu, l’enjeu dépasse les chiffres : « Il faut réunir partenaires et moyens pour faire reculer la pauvreté. » Dans un contexte où les besoins explosent, l’association appelle à renforcer les coopérations. L’exposition retraçant ces 40 ans a permis de mesurer le chemin parcouru. Mais pour Table Ouverte, l’essentiel reste à venir. « Nous avons 40 ans d’avenir », a conclu le président, fidèle à une conviction intacte : la solidarité est un combat collectif.

  • Vaccination : une campagne de sensibilisation menée à Marseille

    Vaccination : une campagne de sensibilisation menée à Marseille

    « Aller vers » les habitants pour permettre aux Marseillais « en rupture avec les soins » de mieux connaître « l’offre de santé ». Telle est la volonté affichée par le Centre de vaccinations internationales de Marseille, géré par la Ville et installé au 2, rue Fontaine-d’Arménie (1er). Les équipes du centre vaccinal sont présentes chaque dernier mardi du mois dans le Centre Bourse (1er).

    Mais en cette semaine européenne de la vaccination, d’autres rendez-vous sont aussi proposés : ce mercredi au Centre d’accueil senior 83 (10e) entre 9h et 12h30 et jeudi à l’entrée de l’IHU Méditerranée (5e) entre 9h et 14h puis sur la place Victor-Hugo (3e) de 11h à 15h. Sur place : médecins, infirmiers et médiateurs santé renseignent librement tous ceux qui le souhaitent sur leur statut vaccinal. Un échange pouvant aller, pour les volontaires, jusqu’à une vaccination.

    « Après l’accès à l’eau propre, les vaccins sont l’intervention de santé publique la plus efficace pour éviter les infections, les hospitalisations et les décès », rappelle Élisabeth Créance, responsable du Centre de vaccinations internationales de Marseille, reprenant les propos tenus par Meru Sheel, épidémiologiste et experte en maladie infectieuse citée dans Science et Avenir. « ça permet de se protéger contre des maladies comme la coqueluche, les oreillons, la rougeole, les méningites, qui peuvent avoir de très graves conséquences, insiste-t-elle. Il ne faut pas attendre d’être malade pour rentrer dans le système de santé. »

    Manon Chalindar, médiatrice du dispositif Corhesan, imaginé par l’Hôpital Européen pour aller à la rencontre des habitants des quartiers prioritaires, présente sur place ce mardi, ajoute : « Le vaccin est un acte individuel, bien sûr, mais aussi collectif, car il permet de protéger ses concitoyens. » Le centre de vaccinations propose un accueil inconditionnel et est en mesure d’accompagner les personnes sans couverture santé.

  • Quand les départements misent sur les cyclistes

    Quand les départements misent sur les cyclistes

    Depuis 2022, l’Hérault est labellisé « Terre d’excellence cycliste » par la Fédération française de cyclisme. Et pour cause, en comptant la trentaine de boucles cyclables, les voies vertes et les routes départementales à faible trafic, le département compte environ 4 000 kilomètres d’itinéraires cyclables. « La spécificité de l’Hérault est que le territoire offre à la fois des cols à plus de 1 000 mètres, la mer et le milieu lagunaire, explique Élodie Fonteneau, chargée des mobilités décarbonées et du vélotourisme au sein d’Hérault tourisme. Il y en a pour tous les goûts. Les boucles sont donc classées en termes de difficulté. » De son côté, Marie Doutremepuich, cheffe de service tourisme au Département, explique que de nombreux équipements sont mis en place sur le territoire pour favoriser ce mode de tourisme, tels que des stations de gonflage ou des kits de réparation. « Hérault tourisme travaille aussi au déploiement du label “accueil vélo”, ajoute-t-elle. Celui-ci garantit par exemple que des professionnels de l’hébergement ou des restaurateurs réservent un accueil de qualité aux cyclotouristes. Nous en avons déjà 339 sur le territoire. »

    « L’enjeu d’investir dans tous ces équipements est évidemment de décarboner les mobilités touristiques, continue Marie Doutremepuich. Mais il y a aussi un enjeu économique, puisqu’un touriste à vélo dépense davantage sur le territoire, c’est-à-dire environ 68 euros par jour et par personne, contre 55 euros pour un touriste lambda. »

    Le Gard investit lui aussi sur le développement du cyclotourisme : en février 2026, le Conseil départemental a inauguré un nouveau tronçon de la voie verte qui relie désormais le Pont d’Espeyran (commune de Saint-Gilles) au Port de Gallician (commune de Vauvert). Un équipement qui s’inscrit dans l’ambition européenne de la véloroute ViaRhôna, qui reliera, à terme, le lac Léman à la Méditerranée, en traversant le Gard.

  • Le patron de la CFE-CGC d’Orange dénonce les décisions de sa direction

    Le patron de la CFE-CGC d’Orange dénonce les décisions de sa direction

    Des erreurs de gestion manifestes, au détriment des salariés… En visite à Marseille ce mardi 28 avril, Sébastien Crozier, président du syndicat CFE-CGC d’Orange, est revenu notamment sur la situation de l’entreprise à Saint-Mauront (3e), site que la direction a finalement décidé de fermer en partie, suite aux alertes successives du syndicat sur la sécurité. Rappelant les « rixes [malgré] les démentis de la préfète de police déléguée, puis les tirs sur les fenêtres du bâtiment », il estime qu’il s’agit néanmoins d’un « site pérenne techniquement » puisqu’il permet l’arrivée de câbles sous -marin.

    « On ne peut pas faire une valorisation immobilière comme à Nédelec », analyse le responsable syndical, précisant que depuis le départ, son organisation estimait que Saint-Mauront n’était pas un bon choix pour rapatrier quelque 800 salariés.

    Des décisions de loin

    Convenant qu’Orange a perdu son ancrage dans le quartier, supprimant notamment les « journées de convivialité et portes ouvertes (…) au nom de la réduction des coûts », il estime toujours possible d’y créer de l’emploi local en rapatriant des centres d’appels délocalisés « en Tunisie ou à Maurice ». Il déplore un « immense gâchis et l’absence de vision », en raison de décisions prises depuis Lyon ou Paris alors que Marseille est en train « d’exploser en compétences ».

    Le rachat de SFR par Orange, Free et Bouyges l’inquiète aussi grandement. « Pas moins de 8 000 emplois vont sauter » évalue-t-il.

  • Relance de la LEO à Avignon : le préfet reste prudent

    Relance de la LEO à Avignon : le préfet reste prudent

    Il y a deux semaines, Olivier Galzi était à Paris pour défendre la cause de la liaison Est-Ouest (LEO), aujourd’hui en phase de clôture par les services de l’État. Le nouveau maire (DVD) d’Avignon et président du Grand Avignon entend réaliser la phase 2 (Rognonas – carrefour de l’Amandier) telle que prévue et s’en est ouvert auprès de Philippe Tabarot, ministre des Transports. « La donne politique a changé, on suppose que l’on va rouvrir le dossier mais il est trop tôt pour dire sous quelles conditions », commente le préfet de Vaucluse, interrogé ce mardi matin. En décembre, ce dernier indiquait avoir enclenché le dossier de clôture du projet de contournement routier sud d’Avignon, où seule 1 tranche sur 3 a été livrée il y a 15 ans. « Le dossier est sur le bureau du ministre, s’il constate un consensus politique qui n’existait pas il y a un an, il n’y a pas de raison de le signer », fait valoir le préfet.

    Toutefois, les partisans du projet ne doivent pas s’emballer alors que, de nouveau, des opposants se font entendre (élus écologistes, association de sauvegarde de la ceinture verte). Un prochain comité de pilotage doit se réunir sans encore d’échéance calendaire. Il y a un an, l’État avait proposé un projet revisité de la phase 2 pour rester sur le coût initial autour de 170 millions d’euros alors que la facture grimpait désormais à 300 millions d’euros. « Il reprend le même trajet, cadre juridique et 90% des fonctionnalités », assure le préfet. Mais au lieu d’une 2×2 voies comme sur la phase 1 (Courtine-Rognonas), la LEO serait une simple 2×1 voies sans aspect autoroutier avec donc croisements, feux rouges… « Des études doivent être poursuivies pour voir si le projet peut aboutir ce qui n’est pas gagné d’avance », prévient Thierry Suquet, moins inquiet, en revanche, sur le financement : « Il faudra aller chercher l’argent dans un prochain contrat de plan. » Laissant entendre que si les crédits initiaux prévus ont été réorientés, de nouveaux pourraient abonder.

  • Des gens du voyage expulsés de leur aire d’accueil à Manosque

    Des gens du voyage expulsés de leur aire d’accueil à Manosque

    Un important dispositif policier a été déployé mardi matin pour expulser les gens du voyage résidant dans des caravanes sur une parcelle du quartier de la Loubière à Manosque, occupé depuis plusieurs mois. Le maire de Manosque, Camille Galtier (DVD), demandait son évacuation sans relâche. Il avait fait fermer la déchetterie mitoyenne depuis le 23 janvier en vue de l’expulsion. Le campement avait été au cœur du débat pendant les élections municipales, le candidat UDR-RN proposant d’aller à la rencontre des habitants du terrain communal.

    La Ville de Manosque et DLVAgglo (Durance Luberon Verdon Agglomération) avaient saisi le tribunal administratif et le tribunal judiciaire pour
    « faire cesser l’occupation illicite de plusieurs parcelles situées à la Loubière », le 12 janvier. C’est une de ces parcelles qui a été évacuée mardi matin par des policiers et des CRS.

    « À la demande du maire de Manosque, l’État a prêté son concours à l’exécution de la décision du président du tribunal judiciaire de Digne-les-Bains rendue le 29 janvier 2026 ordonnant l’expulsion des occupants sans droit ni titre du terrain appartenant à la commune », a expliqué la préfecture dans un communiqué diffusé mardi. « Cette occupation illicite s’était progressivement développée dans des conditions précaires, insalubres et dangereuses, notamment en raison de branchements électriques sauvages », précise-t-elle.

    Une aire d’accueil

    pour 90 jours seulement

    « En amont de l’intervention, les effectifs de la circonscription de police nationale de Manosque s’étaient présentés à plusieurs reprises sur le site afin d’avertir les occupants de l’imminence de leur expulsion et de les inviter à quitter les lieux », ajoute la préfecture. Les habitants n’étaient ainsi pas sur place au moment de l’expulsion.

    « Cette situation d’occupation illicite était inacceptable pour l’ensemble des citoyens qui respectent les lois de la République », a lancé en réaction le maire de Manosque, Camille Galtier. « La ville de Manosque tient à rappeler qu’elle reste en attente de la décision du Conseil d’État concernant la parcelle CB 37 suite aux décisions contradictoires du tribunal judiciaire et tribunal administratif. Une fois l’expulsion actée par le Conseil d’État, le même processus sera engagé par la Ville de Manosque », a-t-il ajouté. Les gens du voyage sont autorisés à rester seulement 90 jours maximum sur ce type d’aires d’accueil permanentes. « Une aire permanente est dite permanente dans sa fonction d’accueil, mais elle est destinée aux gens du voyage de passage. Elle n’a ni pour vocation ni pour finalité d’offrir des terrains publics viabilisés à des populations sédentarisées. Accepter une telle interprétation reviendrait à détourner l’esprit même du schéma départemental d’accueil et à créer une distorsion manifeste d’équité au détriment des contribuables manosquins », affirment la DLVA et la Ville de Manosque.

    La Ligue des droits de l’Homme 04 appelait, elle, à créer une nouvelle aire permanente pour régulariser la situation.

  • À la manœuvre, le RN a du mal à donner un véritable cap à la ville

    À la manœuvre, le RN a du mal à donner un véritable cap à la ville

    Aucune surprise dans le budget primitif présenté ce mardi étant donné la proximité du débat d’orientation budgétaire qui a eu lieu il y a quelques semaines à peine. L’opposition de gauche Alternative progressiste a tout de même essayé de lever quelques lièvres et rectifier des propos erronés énoncés par le maire d’extrême droite Dorian Munoz.

    Stéphane Sacco (GRS), a donc tenu, pour commencer, à apporter quelques éclaircissements, en rappelant que contrairement à ce qu’a affirmé lors des précédents conseils municipaux le premier magistrat, « le contexte budgétaire a profondément évolué, grâce notamment au travail engagé au cours des deux mandatures de gauche ». Et de préciser : « Aujourd’hui, la situation financière de la commune est nettement assainie : l’endettement représente environ 8,3 années, contre près de 100 ans en 2008. » Un horizon éclairci qui aurait dû permettre, selon lui, une politique d’investissement qui réponde aux besoins des habitants. Contrairement à celle timorée dans laquelle le Rassemblement national engage la deuxième ville du Var sous couvert de prudence contrainte.

    Budget de « transition »

    S’agissant du tissu associatif, interroge-t-il ensuite, « quels critères ont été retenus pour l’attribution ou l’évolution des subventions ? » La question étant de savoir si les associations de quartier, qui jouent un rôle essentiel de proximité vont être touchées par des amputations.

    Sur le fonctionnement global de la collectivité, le groupe Alternative progressiste a également souhaité connaître précisément le nombre estimé de postes non remplacés et les conséquences concrètes de ces choix sur la qualité du service public rendu aux habitants.

    Et puis connaissant le climatoscepticisme de l’extrême droite, Stéphane Sacco a demandé malicieusement quelle part réelle de ce budget est consacrée à la transition écologique ?

    Pour le chef de file de l’opposition de gauche, « ce budget montre une ambition limitée ». Et de conclure : « Il faut investir en faisant les bons choix avec une véritable vision d’avenir. »

    Le maire a répondu très sobrement que concernant les associations, la Ville est dans la continuité. « Mais comme c’est de l’argent public, on va contrôler, on va vérifier que l’argent public est bien utilisé. Pour quoi ? quand ? et pour qui ? », a-t-il précisé.

    Concernant la transition écologique, Dorian Munoz a mis en avant les 500 000 euros pour désimperméabiliser des cours d’école.

    Sinon, sur le peu d’empressement à adopter un nouveau cap pour la Ville, ce budget étant peu ou prou celui de l’équipe précédente : « C’est une question de prudence », répondra-t-il.

    Son adjointe aux finances Isabelle Delyon préfère parler, elle, d’« un budget de transition ». Pas pour autant écologique, malheureusement.