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  • [Rétrospective logement 2025 2/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    [Rétrospective logement 2025 2/2] Un combat avec des hauts et des couacs

    Le bailleur du Département 13 Habitat dans la tourmente

    Favoritisme, conflits d’intérêts dans l’attribution de logements ou de marchés publics… Ce 13 juin, la fuite du rapport du gendarme du logement social, l’Ancols, a fait l’effet d’une bombe. Y sont pointées en long et en large les dérives au sein du bailleur social du conseil départemental 13 Habitat, qui avaient déjà attiré près d’un an plus tôt l’attention de la justice, une enquête ciblant notamment l’attribution d’un logement social par la présidente (SE) Nora Preziosi à sa propre mère. Immédiatement, la préfecture a exigé un changement de gouvernance, sur la même ligne que la collectivité

    Jean-Marc Perrin à la suite

    Déjà de premières turbulences avaient agité l’office au printemps, avec la mise à pied le 26 mars du directeur général Frédéric Mignon et le licenciement de son prédécesseur devenu conseiller spécial, Jean-Louis Ervoes. En retour, le premier avait adressé dès le lendemain en soirée, à travers un long courriel, une alerte aux membres du conseil d’administration, dénonçant des courriers anonymes d’intimidation sur fond d’accusations de malversations. L’affrontement s’était terminé devant le tribunal administratif qui, le 4 juillet, avait rejeté le recours du directeur général contre son licenciement.

    Après l’éviction agitée de la présidente de 13 Habitat en commission permanente du conseil départemental, c’est l’Aixois Jean-Marc Perrin (DVD) qui a été élu par le conseil d’administration du bailleur le 9 juillet, tandis qu’un nouveau directeur général, Damien Vanoverschelde, était approuvé le 14 août. Avec la lourde tâche pour le binôme de redresser l’office épinglé le 25 juillet par la ministre déléguée chargée de la Ville. Un chantier d’ampleur face à la situation dégradée de nombreuses résidences et au manque de logements sociaux : les locataires eux-mêmes l’ont rappelé avec l’alerte lancée à la mi-novembre par les résidents de douze cités de « 13H » à travers le département.

    27 juin : Nora Preziosi évincée

    Il a fallu s’y reprendre par deux fois pour évincer la présidente de 13 Habitat de son poste. Déjà en conseil départemental le 27 juin Nora Preziosi avait contesté vivement la décision de la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, avant de dénoncer l’absence de vote à bulletin secret en commission permanente. Celui-ci a finalement eu lieu le 16 juillet et le recours en justice rejeté. Le 11 novembre, elle annonçait sa candidature aux municipales avec Erwan Davoux.

    Y.S.

    25 juillet : 13 Habitat sanctionné pour sa gestion de Notre-Dame-des-Marins à Martigues

    Le bailleur 13 Habitat, propriétaire de Notre-Dame-des-Marins, à Martigues, a été sanctionné financièrement par l’État fin juillet après le constat de graves manquements dans la gestion de la cité. Le seul bailleur en France à ne pas avoir respecté ses engagements et à avoir été sanctionné s’est vu infliger le retrait d’un abattement fiscal de 133 000 euros environ. Depuis plusieurs années, la cité est en proie au délabrement, dont la manifestation la plus spectaculaire fut l’évacuation et la destruction d’un bâtiment en 2023-2024 après l’apparition de fissures dans la structure. C’est la seule cité de Martigues à n’avoir jamais été rénovée.

    An.M.

    29 octobre : le quartier de Saint-Michel évacué à Apt

    Il y a deux mois, la municipalité d’Apt faisait évacuer 33 foyers dans le quartier de Saint-Michel après des alertes sur la structure du bâti de trois immeubles. La résidence, construite dans les années 60 pour accueillir 3 000 militaires, représente à elle seule presque un tiers des habitants de la commune. Ceux qui ont été évacués ont été relogés tant bien que mal par la mairie. « Je suis propriétaire et maintenant je suis logée dans un bungalow », lâchait Ouarda Belaid, présidente de l’association qui défend les intérêts des habitants du quartier.

    Mack Salman

    Et aussi

    14 novembre. Des locataires en détresse sociale et financière dans le Var

    L’association pour l’Information et la défense des consommateurs salariés (Indecosa) de la CGT interpelle par lettre ouverte les élus et pouvoirs publics afin que soit débloquée en urgence une aide exceptionnelle pour soulager les locataires du logement social fragilisés par d’important rappel de charges. Quelques jours auparavant, certains résidents de THM avaient reçu un courrier de la CAF les enjoignant à contacter leur bailleur pour établir des dossiers Fonds de solidarité logement (FSL) alors que la plupart ne sont pas en impayé de loyers. Les APL peuvent en effet être suspendues pour des dettes émanant de résiduel de charges locatives.

    T.T.

    Mars. À Avignon, la rénovation urbaine avance enfin

    Dans les tuyaux depuis plus de cinq ans, le Nouveau programme national de renouvellement urbain (NPNRU) est entré dans une phase vraiment palpable dans de nombreux quartiers. En mars, la résidence l’Alizé sur la Rocade a commencé à être démolie. En juin, c’est sur l’avenue Coubertin à Saint-Chamand qu’un immeuble était aussi rasé. Pendant l’été encore, à la Reine-Jeanne ou à la Grange d’Orel les réhabilitations ont été lancées avec de nouvelles façades permettant une meilleure isolation et le raccordement au futur réseau de chaleur urbain. Même si la nature des travaux a créé des remous entre la Ville et Grand delta, ce NPNRU concerne 25 000 habitants, 2 500 logements et 15 équipements publics.

    F.C.

  • [Rétrospective politique 2025 2/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    [Rétrospective politique 2025 2/2] Le pays s’enfonce dans l’instabilité

    La campagne des municipales ne se lance que timidement

    C’est un travail souterrain de préparations, de négociations, qui au fil de l’année commence à émerger au grand jour. Après de premières annonces au moment des vœux de janvier à la population, les déclarations de candidatures se multiplient depuis la rentrée politique et le mois de septembre.

    Partout dans la région, l’extrême droite se sent pousser des ailes après la percée des dernières législatives, face à des maires pourtant bien installés. Dans les Bouches-du-Rhône, elle s’efforce de débaucher à droite et de briser le barrage républicain comme elle l’a fait à Marseille, où le député RN de Marignane Franck Allisio s’est déclaré à Marseille, le 16 juin. À Toulon, après la gestion désastreuse du FN, la députée à la prose pro-OAS Laure Lavalette qui croit en sa chance, face à une droite divisée après l’inéligibilité de Hubert Falco entre le sénateur LR Michel Bonnus et la maire (SE) Josée Massi qui n’a pas encore pris sa décision.

    Face à la menace de l’extrême droite, la gauche tente de présenter un front uni. Dans les Bouches-du-Rhône, la gauche a annoncé un accord historique le 19 décembre, espérant poursuivre son travail comme à Martigues, Port-de-Bouc, ou reprendre d’autres villes comme Arles avec Nicolas Koukas (PCF), Aubagne avec Jean-Pierre Squillari (DVG), quand Marc Pena (PS) se relance à Aix. À Avignon, aucun candidat naturel ne se présente pour succéder à Cécile Helle.

    La plupart du temps, cette gauche unie doit composer sans les insoumis. C’est ainsi le cas à Marseille où le député Sébastien Delogu a rallié des dissidents écologistes. Mais dans un contexte national plus qu’incertain, la campagne prend difficilement, certains réservant leur candidature pour le mois de janvier, à l’image du maire (DVG) de la ville, Benoît Payan.

    1er septembre : début de la période de réserve pré-électorale

    1er septembre. Début de la périodede réserve pré-électoraleLes collectivités n’ont pas manqué de faire leur promotion dans leurs bulletins à la fin de l’été. Depuis le 1er septembre, la période de réserve pré-électorale est en effet ouverte, les dépenses de campagne devant être enregistrées, et les municipalités ont été nombreuses à verrouiller leurs réseaux sociaux par prudence. Sansque pour l’instant le début public ne s’installe encore vraiment.

    Y.S.

    31 mars : inéligibilité pour Marine Le Pen

    Marine Le Pen est condamnée à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire et quatre ans de prison dont deux ferme avec bracelet électronique, et 100 000 euros d’amende, par le tribunal correctionnel de Paris.

    Les juges ont reconnu la mise en place d’un « système » organisé et centralisé, de 2004 à 2016 au parlement européen, pour dépenser de façon « intégrale » les enveloppes financières des assistants. Les détournements sont estimés entre 3,2 et 4,1 millions d’euros. La cheffe de l’extrême droite française et ses partisans voient rouge et dénoncent des pratiques « réservées aux régimes autoritaires » et un État « de droit totalement violé ». Le procès en appel est prévu du 13 janvier au 12 février 2026.

    Ch.C.

    Et aussi

    4 février. L’affaire Bétharram éclate

    Une affaire tentaculaire, révélée au grand public le 4 février par Mediapart qui va ébranler le passage de François Bayrou à Matignon. Durant six décennies, des violences physiques et sexuelles ont été perpétrées au collège-lycée catholique de Bétharram. Plus de 200 plaintes ont été déposées. Une commission d’enquête parlementaire créée en réaction note un « défaut d’action » de Bayrou quand il était ministre de l’Éducation. Plusieurs de ses enfants avaient été scolarisés à Bétharram et sa femme y enseignait le catéchisme.

    21 octobre. Sarkozy écroué

    Un président qui passe 20 jours en prison, c’est historique. Reconnu coupable d’association de malfaiteurs pour avoir sciemment laissé ses collaborateurs rencontrer, à Tripoli, un dignitaire du régime de Mouammar Kadhafi dans le but de financer illégalement sa campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy a été condamné le 25 septembre à cinq ans de prison ferme avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire. Un passage express en cellule dans des conditions particulièrement avantageuses.

    8 mai. 80 ans de la victoire

    La France a célébré le 8 mai les 80 ans de la victoire des forces alliées sur l’Allemagne nazie qui a capitulé sans conditions, entraînant la fin de la Seconde Guerre mondiale. Des célébrations se sont tenues dans tout le pays, parfois en présence des derniers survivants et témoins directs de cette terrible guerre. Un devoir de mémoire plus que jamais nécessaire à l’heure où les héritiers du fascisme sont au pouvoir, en Italie et en Hongrie, pour ne citer qu’eux.

    13 novembre. Les 10 ans des attentats

    La France a commémoré les attentats terroristes du 13 novembre 2015, où 130 personnes ont été tuées. Ces attaques visant le Stade de France à Saint-Denis, les terrasses de cafés et de restaurants parisiens et la salle de concert du Bataclan, ont été perpétrées par trois commandos islamistes et revendiquées par l’organisation terroriste Daesh (État islamique). Et ce, quelques mois après la série d’attentats de janvier 2015, dont celui contre Charlie Hebdo, qui ont fait 17 morts.

    9 octobre. Badinter panthéonisé

    Le grand avocat et ancien garde des Sceaux Robert Badinter, mort en février 2024, entre au Panthéon le 9 octobre. Cette date correspond à l’anniversaire de l’abolition de la peine de mort dont il est considéré comme le « père », entrée en vigueur en 1981. Le combat de toute une vie. Il a également œuvré à ce que l’homosexualité soit dépénalisée en 1982.

    L.Pi.

  • Ces joueurs qui ont fait la navette entre Nantes et l’OM

    Ces joueurs qui ont fait la navette entre Nantes et l’OM

    Bako Touré a été le premier d’une cordée de 33 joueurs qui ont porté le maillot de Nantes et de l’OM.

    Fin des années 1950, le Malien permet d’abord au club marseillais de survivre dans une de ses nombreuses traversées du désert. En 1959, il entreprend un tour de France des clubs. Ses qualités de buteur le font repérer par Nantes. Et il sera un des principaux acteurs du titre conquis par les Nantais en 1966.

    Lorsque l’on évoque la navette entre le Lacydon et la Bretagne ligérienne, quatre noms sont les plus représentatifs. Le premier est Didier Couécou. L’attaquant racé était dans l’OM du doublé Coupe de France – Championnat en 1972. L’année suivante, il rejoint la Bretagne et dispute à nouveau la finale de la coupe, contre Lyon. Malgré son but, les Canaris s’inclinent (1-2).

    Dans son sillage, la tête de gondole suivante sera Didier Deschamps. Il arrive après que plusieurs défenseurs nantais ont rejoint Marseille (William Ayache, Jean-Pierre Bade, Claude Lowitz, Yvon le Roux) et précédera un certain Marcel Desailly.

    Après une acclimatation compliquée, celui qui avait été capitaine dans toutes les équipes de jeunes du FC Nantes, s’impose à Marseille. Il devient même le symbole d’un OM conquérant. Dont il sera le capitaine lors de la conquête de la Ligue des Champions, la première pour un club français, en 1993.

    Le Basque reviendra en 2009. Cette fois comme entraîneur. Et sa culture de la gagne offrira à l’OM six trophées en trois ans, dont un dixième sacre de champion de France en 2010, après dix-huit ans de disette.

    Le roi sans couronne

    Après lui, un autre Canari, originaire de la Réunion, va flirter avec un trophée. Dimitri Payet a lancé sa carrière en Bretagne, avec de rejoindre les clubs de Saint-étienne puis Lille. Et va vivre une finale de Coupe d’Europe avec l’OM.

    Meneur de jeu au toucher de balle sans pareil, il sera un acteur majeur d’une saison 2017-2018 qui verra les Olympiens atteindre pour la cinquième fois une finale continentale. En l’occurrence la Ligue Europa. Jouée dans l’antre du rival lyonnais, l’OM s’incline face à l’Atlético de Madrid (0-3).

    Dernier Nantais à s’être distingué à la fois avec son club formateur et à Marseille, Valentin Rongier. Recruté en toute fin du mercato estival en 2019, le natif de Mâcon va être l’homme de base du milieu de terrain phocéen. Affublé du surnom de « couteau suisse », celui qui avait pris le relais de Luis Gustavo s’illustre dans divers registres, sous la houlette de Jorge Sampaoli. Durant sa période olympienne, d’autres Canaris le rejoindront : Jordan Véretout, Amine Harit ou Quentin Merlin. Mais ils n’auront toutefois pas le même impact.

    Toutefois, le passage de Nantes à l’OM, ou vice versa, n’a pas toujours été un gage de réussite. Fabien Barthez, Raynald Pédros ou Claude Makélélé, pour ne citer qu’eux, peuvent en témoigner.

    L’étoile filante José Arribas

    À l’image de Didier Deschamps, un autre Basque passé par Nantes aurait pu marquer l’histoire olympienne.

    À l’été 1976, alors que l’OM vient de gagner sa neuvième Coupe de France, José Arribas débarque à Marseille. Ce Basque Espagnol a passé seize ans à Nantes, où il a forgé l’identité de ce que l’on appelle alors le jeu à la nantaise.

    Du côté marseillais, on espère que l’entraîneur trouvera les ingrédients pour une greffe. Malheureusement, cette dernière échoue. José Arribas quitte Marseille en février 1977.

    Christian Larièpe et Elie Baup feront le chemin de l’OM vers Nantes. Ils ne s’acclimateront pas au climat ligérien.

  • [Rétrospective monde 2025 1/2] Un état d’alerte permanent

    [Rétrospective monde 2025 1/2] Un état d’alerte permanent

    Reconnaissance d’une Palestine dévastée

    Génocide. La notion utilisée pour décrire les atrocités commises par Israël dans la bande de Gaza a pu faire débat. En septembre, l’un des derniers rapports sur le sujet vient appuyer une réalité que beaucoup pointent du doigt depuis des mois, « Israël est responsable du génocide commis à Gaza ». Telles sont les conclusions de la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU sur le territoire palestinien occupé. L’attaque du 7 octobre 2023, lancée par le mouvement islamiste palestinien Hamas, a coûté la vie à 1 189 personnes dont 815 civils, provoqué 7 500 blessés et quelque 251 otages ont été emmenés. La plupart étant morts dans l’enclave palestinienne. Les représailles menées par Tsahal, l’armée israélienne, ont causé la mort de plus de 70 000 personnes, plongé des millions d’habitants dans la famine et ravagé le territoire. palestinien.

    L’innommable, filmé en direct et retransmis sur les écrans du monde entier. Face à ce massacre, les opinions publiques mondiales interpellent leurs dirigeants et les somment d’agir. C’est ainsi qu’après des décennies de promesses non tenues, la France reconnaît enfin l’État de Palestine, à l’issue de la 80e Assemblée générale des Nations unies, de même que le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie, le Portugal et le Luxembourg, pour ne citer qu’eux. Désormais, 158 des 193 États membres de l’ONU reconnaissent la Palestine.

    Deux ans après le début de la guerre dévastatrice, les pressions américaines ont débouché sur une trêve qui a permis un retrait partiel des troupes de Benjamin Netanyahu, l’échange des derniers otages retenus vivants à Gaza contre des prisonniers palestiniens détenus par Israël, et une entrée accrue de l’aide humanitaire à Gaza, même si elle est toujours très en deçà des besoins, selon l’ONU et plusieurs ONG.

    Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l’armée israélienne de Gaza, la mise en place d’une autorité de transition et le déploiement d’une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien piétine, du fait de nombreuses violations. Le média américain Axios rapporte que Washington entend bientôt annoncer un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza, dès janvier.

    Ukraine : Trump s’en mêle

    L’année 2025 n’aura pas été celle de la fin de la guerre en Ukraine. Mais il faut dire que le retour au pouvoir de Donald Trump, en janvier, aura changé la donne. Le milliardaire républicain a ainsi réduit drastiquement l’aide militaire apportée aux Ukrainiens pour lutter contre l’invasion russe. Son altercation avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, fin février dans le bureau ovale, lui reprochant de manquer de gratitude envers les États-Unis, restera dans les annales. Les pourparlers directs entre Russes et Ukrainiens à Istanbul, puis une rencontre au sommet entre Trump et Vladimir Poutine au mois d’août en Alaska, n’ont débouché sur aucune avancée concrète vers la paix. Depuis, tous les plans proposés planchent sur d’importantes concessions pour Kiev.

    L.Pi.

  • [Rétrospective sport 2025 1/2] Objectifs tenus et ambitions renforcées

    [Rétrospective sport 2025 1/2] Objectifs tenus et ambitions renforcées

    Roberto De Zerbi garde le cap malgré les remous

    Le 22 février, l’OM touche le fond sportivement avec une lourde défaite à Auxerre (3-0). Une soirée qui a failli coûter très cher aux Olympiens, avec le pétage de plombs du président Pablo Longoria et ses propos envers l’arbitrage dans les vestiaires du stade de l’Abbé-Deschamps. Car s’ils restent deuxièmes à 13 points du PSG, qui file vers un nouveau titre, ils voient alors Nice, Lille et Monaco revenir respectivement à 3, 5 et 6 longueurs.

    Dans la foulée, l’OM va s’incliner au Vélodrome face à Lens (0-1) et au Parc des Princes, contre le PSG (3-1). S’ils vont reprendre du poil de la bête en enchaînant quatre victoires,
    dont un cinglant 5-1 contre Montpellier, les Marseillais effectuent une seconde retraite pour préparer les dernières rencontres de la saison 2024-2025.

    Après Mallemort à l’automne, Roberto De Zerbi opte pour un « ritiro » dans les environs de Rome. Où ses hommes vont vivre en vase clos. Au final, ce choix s’avérera judicieux : trois victoires et un nul permettent au club de décrocher la deuxième place du classement et un billet pour la phase principale de la Ligue des Champions (LDC).

    Crise et panique

    Du côté des dirigeants, la présence en LDCdoit permettre d’asseoir la politique de stabilité prônée par Pablo Longoria. Toutefois, malgré une campagne de préparation correcte, les bonnes résolutions volent en éclats à Rennes, pour le premier match de la saison 2025-2026.

    Au-delà de la défaite (0-1), une altercation violente dans le vestiaire, entre Jonathan Rowe et Adrien Rabiot, met le feu aux poudres. Entraînant le départ précipité des deux joueurs. Et une frénésie de recrutements qui va obliger Roberto De Zerbi à travailler dans l’urgence, alors que se présente la Ligue des Champions.

    Avec ses recrues de dernière minute, l’OM enchaîne cinq victoires, dont une symbolique face au PSG (1-0) et se mêle à la course à la première place. Une position que le club aura l’occasion de prendre à deux reprises. Mais, à chaque fois, une sortie pitoyable au Vélodrome, face à Angers (2-2), puis Toulouse (2-2), les prive du fauteuil de leader.

    En Ligue des Champions, le retour est encourageant. Malgré des décisions arbitrales contestables, qui les privent d’un point à Madrid face au Real, à Lisbonne face au Sporting et contre l’Atalanta au Vélodrome, les hommes de Roberto De Zerbi ont su se ressaisir. Grâce à leurs victoires contre Newcastle (2-1) et Saint-Gilles (3-2), ils ont leur destin en main pour aller chercher une place en barrage.

    Quant au championnat, ils sont sur le podium. Mais comptent 6 points de retard sur Lens, le leader.

    17 mai : l’OM composte son billet pour la Ligue des Champions

    En battant Rennes 4 à 2, grâce à deux doublés signés Mason Greenwood et Adrien Rabiot, l’OM assure sa deuxième place en Ligue 1, derrière le PSG. Dans un Vélodrome un peu moins garni que d’habitude, car une partie du Virage sud est fermée par décision de la commission de discipline de la LFP, les hommes de Roberto De Zerbi ont composté leur billet pour un retour en Ligue des Champions. Avec cette fois une qualification directe pour la phase principale du tournoi européen et l’ambition de faire mieux qu’une élimination en tour préliminaire par le Panathinaïkos, deux ans plus tôt.

    M.Ga.

    L’irrésistible dégringolade du FC Martigues

    Le club Sang et Or a connu un été terrible, qui l’a vu faire une chute sportive vertigineuse, de la Ligue 2 à la 3e division de district.

    La saison 2024-2025 était celle de tous les espoirs du côté du FC Martigues. Elle s’est achevée sur le pire des cauchemars.

    Sportivement, le club est passé tout près d’un exploit. Celui de se maintenir en Ligue 2 après avoir connu une accumulation de problèmes. Sans stade jusqu’au 24 janvier et obligés de s’expatrier d’abord au Vélodrome de Marseille, puis au Jean-Laville de Gueugnon, les Sang et Or ont aussi dû subir une erreur de casting, avec le recrutement de Thierry Laurey, un entraîneur qui n’avait pas le costume pour le club.

    L’arrivée de Hakim Malek et le retour à Francis-Turcan ont changé la donne sportive. Le club a entrepris de grignoter son retard. Et il ne lui aura finalement manqué qu’un point pour échapper à un retour au National.

    C’est ensuite en coulisses, dans les bureaux des instances dirigeantes du football français, que s’est joué le drame. L’actionnaire devait apporter 8 millions d’euros pour permettre au FC Martigues de repartir en National. L’argent n’est jamais arrivé. Entraînant une descente aux enfers des Sang et Or. Relégués dans un premier temps en Régionale 1, ils n’ont pas pu fournir de garanties suffisantes à la Ligue de Méditerranée. Cette dernière a envoyé le club en 3e division de district. Soit le plus bas niveau du football provençal. Cela malgré plusieurs appels, notamment devant le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), qui ont confirmé les sanctions.

    M.Ga.

    La belle épopée des poloïstes marseillais

    Ils rêvaient d’entrer dans l’histoire de la Ligue des Champions et ont effleuré la première finale de leur histoire. Les pensionnaires du Cercle des nageurs de Marseille, emmenés par leur capitaine Ugo Crousillat, avaient réussi à se qualifier pour le dernier carré de la compétition, en mai dernier à Malte, mais ils se sont inclinés face aux Hongrois de Ferencvaros. Cette belle épopée européenne confirme la place prépondérante qu’occupe le CNM dans le monde du water-polo. Qui sait, l’étoile tant convoitée arrivera peut-être en 2026.

    C.K.

  • [Sur la table du réveillon] La fabrique du cidre bon pour la planète

    [Sur la table du réveillon] La fabrique du cidre bon pour la planète

    « Je suis une femme qui travaille en ville et toute seule, dans une région qui n’est pas cidricole. » Laureline Saintemarie, cidrière, âgée de 44 ans, est l’une des rares femmes de la région à s’être lancée dans les bulles suite à une reconversion professionnelle après une carrière dans la culture.

    Pour expliquer la bascule vers le breuvage tiré des pommes, la Cévenole d’origine évoque l’héritage laissé par ses grands-parents. « Ils m’ont transmis le goût pour le cidre, né du souvenir qu’il y en avait à table chez eux », se remémore-t-elle. Amatrice de cidre donc, elle souhaite développer ce savoir faire à Marseille. « Il n’y a pas d’habitude autour du cidre, puisque personne ne le fait, je me remonte les manches et je m’y mets ! », s’exclame-t-elle. Son activité débute en 2021 dans les locaux de la Brasserie de la Plaine, et son ambition se confirme en 2023, avec l’ouverture de La cidrerie marseillaise.

    « C’est bien de produire, mais il faut produire autrement », précise-t-elle cependant, arguant d’une « une volonté forte de faire une fabrication d’un produit que j’aime avec les produits les plus sains possible et laisser le moins de déchets possible ».

    Production responsable

    La quinquagénaire fait part de sa liberté dans son travail, du choix du produit en passant par la mise en bouteille, un processus de qualité. « Je travaille avec un arboriculteur dans le Vaucluse, pionnier du bio dans la région », détaille Laurine Saintemarie, avant de poursuivre : « Mes bouteilles sont réemployables, un autre volet d’un positionnement écologique fort, porté par l’association L’incassable avec l’idée de relancer la filière de lavage des emballages en verre. »

    Sollicitées pour les fêtes de fin d’année, les commandes sont une consécration. « C’est la première fois que j’ai fait une livraison à une boulangerie qui a 70 antennes en Provence, je trouve ça plutôt chouette », confie-t-elle. Laureline vend pas moins de 8 000 bouteilles grandes et petites confondues par an et espère convaincre une nouvelle génération de consommateur.

    114, bd National (3e). sur internet : lacidreriemarseillaise.com

  • [Rétrospective 2025] Extrême droite, toujours haineuse

    [Rétrospective 2025] Extrême droite, toujours haineuse

    Hichem Miraoui, nouvelle victime du racisme

    Samedi 31 mai 2025, 22h30. Hichem Miraoui, coiffeur immigré tunisien âgé de 45 ans et domicilié depuis plusieurs années à Puget-sur-Argens, est en visioconférence avec sa famille restée au pays. Ils ne le savent pas encore, mais ce sont les derniers mots qu’ils échangent. Dans quelques secondes, le racisme va une nouvelle fois tuer, un mois après l’assassinat d’Aboubakar Cissé dans une mosquée du Gard.

    Et le racisme a un nom : Christophe Belgembe, 53 ans, voisin d’Hichem Miraoui, qu’il insultait et menaçait régulièrement de mort. Ce soir-là, il se rend chez lui et l’abat de cinq balles. Un geste qui semble prémédité : témoins et proches affirment que le meurtrier était animé d’une haine marquée envers les immigrés, en particulier les musulmans, qu’il partageait ouvertement sur les réseaux sociaux. Il y affirmait aussi, régulièrement sa sympathie pour le Rassemblement national. Et son comportement ce soir-là ne laisse aucune place au doute : avant sa cavalcade meurtrière, Belgembe tire un coup de feu dans son domicile et profère des menaces racistes dans une vidéo publiée sur les réseaux. Après son passage à l’acte, il en publie une autre, dans laquelle il affirme vouloir « que la peur change de camp », dans un amalgame aussi raciste que paranoïaque.

    Des réactions officielles qui se sont fait attendre

    Sa compagne, qui a prévenu la police, affirme également qu’il ne supportait pas la présence de tous les travailleurs étrangers de son quartier. Preuve par l’acte : après avoir tué Hichem Miraoui, il s’en prend à d’autres immigrés, dont Afik B., un jeune Turc de 25 ans, que Belgembe traque puis blesse par balle, à la main. Un mobile xénophobe auquel le contexte ambiant, empreint d’une islamophobie décomplexée, appuyée par les propos anti-voile de Bruno Retailleau alors ministre de l’Intérieur, n’est sûrement pas étranger. Il a d’ailleurs fallu près de 48 heures pour que ce dernier réagisse. Le maire de Puget-sur-Argens, lui, « ne veut pas réagir. On est en réunion de crise pour un autre dossier important », nous disait-on. Le dossier en question ? L’installation de gens du voyage sur le terrain de football communal.

    Belgembe, lui, réfute le caractère raciste de ses actes et plaide le coup de folie et l’alcoolémie. Il a été mis en examen le 5 juin pour « assassinat et tentative d’assassinat en relation avec une entreprise terroriste, motivés par la race, la religion ou l’origine ». Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert une enquête, la 20e depuis 2017 concernant des faits liés à des idées d’extrême droite, mais la première pour une affaire d’assassinat.

    8 juin : deux marches blanches à Puget-sur-Argens et à Marseille

    Une semaine après l’assassinat d’Hichem, plusieurs centaines de personnes, dont des responsables politiques, se sont réunies à Marseille pour lui rendre hommageet demander justice à travers une marche blanche. Une seconde a eu lieu l’après-midi, au départ de son salon de coiffure, à Puget-sur-Argens, où l’émotion était palpable. 1 600 personnes y ont pris part.

    Ad.B.

    7 octobre : mobilisés contre l’emprise Stérin

    Devant la salle de spectacle du 6MIC, le 7 octobre, une foule de citoyens, d’associations et de syndicats a poussé l’organisation de la Nuit du bien commun à se replier. La tenue de l’événement, lié au milliardaire d’extrême droite Pierre-Édouard Stérin, a suscité une vague d’indignation. « Notre mot d’ordre était : pas de Stérin au 6MIC : mission réussie », se félicitait Catherine Le Coq, de la CGT Spectacles. Le 17 novembre, devant l’Arena, une mobilisation similaire s’est tenue contre la programmation du spectacle Notre Dame de Pierre, lui aussi soutenu par Stérin.

    E.B.-G.

    25 avril : crime raciste à La Grand-Combe

    Aboubakar Cissé, 22 ans, étudiant d’origine malienne, poignardé à mort dans la mosquée de La Grand-Combe. L’assassin, un jeune homme obsédé par l’idée de tuer, a ciblé au hasard ce fidèle en pleine prière. Cinquante-sept coups de couteau, filmés, partagés. L’horreur. Il sera arrêté en Italie.

    Le choc dépasse les frontières du Gard. Le vendredi 2 mai, 700 fidèles se recueillent dans la mosquée Khadidja, où le drame s’est produit. Le même jour, à Nîmes, un rassemblement silencieux se tient devant la Maison Carrée. À Montpellier, une cérémonie d’hommage est organisée par la mairie. À Paris, près de mille personnes défilent, aux côtés d’Assa Traoré et de SOS Racisme, pour dénoncer l’islamophobie et réclamer justice. Les avocats de la famille, eux, demandent une requalification en assassinat terroriste. L’enquête est toujours en cours.

    A.J.

    Deux identitaires condamnés pour racisme

    En mars, le tribunal d’Avignon a reconnu coupables d’agression deux militants identitaires, dont l’un pour propos racistes, contre le maire isérois de Péage-de-Roussillon et sa famille.

    Le 27 mars, le tribunal judiciaire a condamné deux militants identitaires, épilogue d’une affaire entamée près d’un an et demi plus tôt. En décembre 2023, André Mondange, maire (PCF) de Péage-de-Roussillon, et sa famille se trouvaient, à titre privé, dans un bar avignonnais lorsqu’une bagarre éclata. Le visage tuméfié de l’édile s’est ensuite retrouvé à la Une. Finalement, la justice n’a pas reconnu la circonstance aggravante de statut du maire dans son jugement.

    Les deux prévenus, proches de la mouvance ultra-droite, avaient également engagé des poursuites contre le maire et sa famille mais ont été déboutés. La justice reconnaît donc comme seules victimes, André Mondange ainsi que sa fille et sa nièce. Hugo H., est jugé coupable d’agression, mais également d’avoir proféré des insultes à caractère raciste, à l’encontre de la fille métisse de l’élu. Il a été condamné à un an de prison avec sursis et 1 200 euros d’amende. Il devait verser respectivement 3 000 euros à la nièce du maire pour lui avoir porté un coup de bouteille en verre au visage et 2 000 euros à la fille de l’édile pour les injures. Quant à son acolyte, Siméon S. seule une amende de 800 euros lui a été infligée ainsi que 2 000 euros de dommages et intérêts à André Mondange. Un verdict qui a satisfait le maire et sa famille, le caractère raciste ayant été retenu. Les deux condamnés n’ont, eux, pas fait appel, le jugement devenant donc exécutoire.

    F.C.

  • À l’hôpital d’Apt, amère fin d’année pour le bloc opératoire

    À l’hôpital d’Apt, amère fin d’année pour le bloc opératoire

    Stupeur, colère, espoir, dépit. En six mois, les habitants d’Apt et de son bassin de vie sont passés par tous les états, rarement satisfaisants, au sujet de l’hôpital. Car en juin, profitant de la fin d’autorisation d’activité chirurgicale au 31 décembre, l’Agence régionale de santé (ARS) a décidé de fermer le bloc opératoire et de le transférer vers l’hôpital de Cavaillon.

    Dans le langage très ouaté de l’ARS, cela donne « un ambitieux projet territorial de renforcement de la chirurgie publique sur le Sud Vaucluse, sans dépassement d’honoraires ». Et d’insister sur « l’impact local limité dans la mesure ou la chirurgie pratiquée à Apt est très faible ». Mais, un large front commun inédit a une toute autre lecture de la situation. « C’est une décision de tableau Excel, pas de terrain, qui donne l’impression qu’Apt et le Luberon ne servent qu’à accueillir les Parisiens en vacances, mais pour se faire soigner, allez ailleurs », recampe Dominique Thévenieau. Pendant six mois, le président du comité des usagers de l’hôpital, aux côtés de plusieurs divers collectifs, du syndicat CGT mais aussi des élus du Pays d’Apt, comme la maire LR Véronique Arnaud-Deloy ou la présidente LR du Département, Dominique Santoni, s’est battu contre le départ du bloc à coup de plusieurs manifestations, d’une pétition signée par plus de 16 000 personnes et de quatre recours suspensifs en justice. En vain.

    La population « n’hésitera pas à porter plainte »

    Si les consultations d’avant et d’après opérations seront maintenues à Apt, « les opérations d’activité programmée sont arrêtées depuis le 18 décembre, celle non programmées depuis le 25 pour éviter d’avoir à transférer des patients début janvier », indique Loïc Souriau, directeur de l’ARS 84, pour qui « les choses sont en train de s’organiser de façon sécurisée, garantie et globalement de façon apaisée ». Notamment sur la question du transfert des chirurgiens ou des agents de bloc. « Tout a été fait en comité restreint juste avant Noël sans réel suivi pour les agents », dément Cathy Larsson, secrétaire de l’union santé CGT Vaucluse. Dans un communiqué, il y a dix jours, le syndicat, tout en ironie adressait de nombreux remerciements, aux « décideurs éloignés de la réalité ». « On était face à un rouleau compresseur, peu importe les dégâts qu’ils peuvent faire, ils se moquent des agents et de la population, c’est le chiffre qui compte, pas l’humain », complète Cathy Larsson.

    « On n’a pas pris cette décision à la légère », défend Loïc Souriau, concédant « une décision peut-être mal comprise » quand on l’interroge sur l’ampleur de la mobilisation qui aurait été de nature à infléchir la fermeture. « Hors particularités de grand éloignement, il n’y a aucun hôpital en France de cette taille qui réalise encore des opérations chirurgicales », assure le directeur de l’ARS 84. Le comité de défense des usagers a toujours contesté « les chiffres biaisés » de l’ARS sur le nombre d’interventions chirurgicales et redoute, en cascade, « la fin du service des urgences la nuit car 40% de son activité, c’est la chirurgie ».

    L’ARS a promis, notamment, une IRM ou un mammographe à l’hôpital. La CGT, tout comme les usagers seront vigilants. « Si des habitants venaient à avoir un souci de santé majeur, ils n’hésiteront pas à porter plainte contre l’ARS et les directions des hôpitaux d’Apt et d’Avignon-Cavaillon », prévient déjà Dominique Thévenieau.

  • Les drones étendent leur surveillance sur le réveillon à Marseille

    Les drones étendent leur surveillance sur le réveillon à Marseille

    La tradition veut que l’on s’embrasse sous le gui pour le nouvel an. Les Marseillais, eux, pourront le faire sous le regard des drones. Ce lundi soir en effet, la préfecture de police des Bouches-du-Rhône a autorisé leur déploiement pour surveiller tout le centre-ville de Marseille à l’occasion de la Saint-Sylvestre, de 17h jusqu’à 6h du matin. Vingt cités « concernées par des faits de violence urbaine » sont aussi ciblées, depuis la Castellane (16e) jusqu’à la Soude (9e) en passant par Air Bel (11e).

    C’est que le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a promis avoir donné des « consignes de fermeté et d’autorité » aux préfets. Dans les Bouches-du-Rhône, la préfecture de police annonce ainsi « plus de 2 000 forces de sécurité et forces de secours mobilisées », avec en particulier plusieurs compagnies de CRS déployées « dans les quartiers et zones les plus sensibles aux phénomènes de violences urbaines ». Des arrêtés interdisant la vente, le port et l’utilisation d’artifice ainsi que de contenants de carburants complètent le dispositif.

    « Certaines zones à surveiller sont dépourvues de caméras de vidéoprotection permettant une vue sur les différents points hauts présents sur les différentes cités », justifie la préfecture de police dans son arrêté autorisant le survol par drones. Elle craint que soient installés sur les toits des « objets dangereux pouvant mettre en péril la sécurité des effectifs amenés à intervenir », notamment des mortiers d’artifice. Et que les dégradations bloquent la circulation sur les grands axes.

    Plus de 250 arrêtés pris

    Le dispositif pourtant reste inédit pour un réveillon à Marseille. En 2023, le périmètre se cantonnait aux environs de la Soude. La secrétaire d’État chargée de la Ville, Sabrina Agresti-Roubache, était allée à la rencontre des policiers de la division Sud à l’occasion de la Saint-Sylvestre. L’année suivante, six cités étaient cette fois visées. Sollicitée pour expliquer cette évolution au fil des ans, la préfecture de police indiquait, ce mardi, ne pas être en mesure de répondre. La veille, un arrêté similaire pris par le préfet de l’Ariège a pourtant été annulé par la justice, le juge administratif pointant « une atteinte grave et manifestement illégale au droit au respect de la vie privée ».

    L’arrêté pris pour Marseille, de son côté, prend bien le soin d’expliquer que les engins voleront à plus de 60 mètres de hauteur, « ne permettant pas ainsi une captation d’images à l’intérieur des habitations ». La préfecture de police est rodée à l’exercice : le 9 décembre, à l’occasion d’opérations coordonnées contre le narcotrafic (notre édition du 10/12), le cap de 250 autorisations a été atteint dans le département selon notre décompte, les trois-quarts pour Marseille. Seules un quart d’entre elles concernent directement la lutte contre les trafics, tandis que les mobilisations sociales sont de plus en plus visées.

    Circulation interdite sur le Vieux-Port

    Alors que l’Algérie affronte la Guinée équatoriale en Coupe d’Afrique des nations à partir de 17h ce 31 décembre, la préfecture de police a décidé d’interdire la circulation de tout véhicule motorisé le long du quai des Belges, craignant des rassemblements. Dimanche, la victoire des Fennecs fêtée par 800 personnes sur le Vieux-Port n’avait pas été anticipée, « nécessitant le déploiement inopiné d’un service d’ordre ». La circulation pourra reprendre « si l’état des routes le permet ».

  • La liste Saint-Cyr à gauche donne le tempo pour une ville plus solidaire

    La liste Saint-Cyr à gauche donne le tempo pour une ville plus solidaire

    « La liste “Saint-Cyr a gauche, vers une ville juste et solidaire” s’était fixée d’avoir une liste et un programme avant Noël , c’est fait », se félicite Sylvie Vinceneux (PCF), à qui revient la responsabilité de conduire en première ligne la bataille des municipales dans cette petite ville de l’ouest Var, marquée par des décennies de gestion de droite.

    « Aujourd’hui, on a nos 33 membres, dont un petit quart seulement appartient à des partis politiques. Les autres, ce sont des citoyens vraiment à l’aise avec les valeurs de la gauche, qui sont pour des politiques publiques plus importantes, une démocratie renouvelée et des mesures en faveur de l’écologie », souligne la chef de file en dévoilant uniquement le numéro 2, Dominique Olivier (PS), actuellement conseiller municipal d’opposition.

    Concernant les mesures phares du programme, Sylvie Vinceneux cite en priorité celui du logement, dans une ville qui a la particularité de concentrer sur son parc immobilier 47% de résidences secondaires, et un déficit en production de logements sociaux, avec un taux de 9%, contre les 25% prévus par la loi SRU (solidarité et renouvellement urbain).

    La liste Saint-Cyr à gauche propose donc la mise en place d’une taxe sur les résidences secondaires, déjà adoptée par la plupart des communes littorales. Et de travailler sur l’acquisition et l’amélioration de l’habitat ancien en centre-ville, pour le réhabiliter et le remettre aux normes du logement social. Des petits programmes de construction sont également envisagés.

    Donner du pouvoir d’achat

    Un effort important serait par ailleurs consacré à la rénovation énergétiques des bâtiments administratifs, ainsi qu’aux aides dédiées aux particuliers, afin d’améliorer les performances de logements dont beaucoup pourraient être qualifiés de passoires thermiques.

    L’autre point essentiel que l’équipe souhaite mettre en avant concerne la santé, dans une commune où la population est l’une des plus âgées et où le nombre de médecins généralistes par habitant est inférieur à la moyenne départementale. Parmi les praticiens encore en activité, 40% devraient partir à la retraite dans les deux ans.

    D’où la nécessité, insiste Sylvie Vinceneux, d’implanter un centre de santé ouvert 7 jours sur 7, avec des permanences en soirée. Elle ajoute : « C’est quelque chose que l’on veut construire aussi avec les professionnels de santé. »

    Concernant la future gare de Saint-Cyr, qui deviendra le terminus du futur RER toulonnais, la gauche – qui avait milité pour un autre site proche de la sortie de l’autoroute afin de permette de faire un pôle multimodal – insiste aujourd’hui, vu l’avancée du dossier, sur la nécessité de concevoir sur l’emplacement retenu des accès et un stationnement adaptés, ainsi qu’une liaison avec des lignes de bus et des navettes intra-muros. « Aujourd’hui, il n’y a aucun transport en commun pour se déplacer en ville », dénoncent les progressistes.

    La vie économique de la cité est également pris en compte dans ce programme alternatif, avec notamment le renforcement des animations commerciales afin de soutenir l’activité tout au long de l’année et non pas uniquement pendant la saison estivale.

    Une zone d’agriculture protégée (ZAP) est également à l’étude pour développer ce secteur plus largement que la viticulture, déjà très implantée.

    « On souhaite vraiment montrer que la commune est l’échelon le plus près des citoyens, qu’une ville peut être protectrice, peut donner du pouvoir d’achat aux familles », conclut Sylvie Vinceneux. C’est le message qui sera porté lors des rencontres sur le marché tout au long de la campagne.