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  • Tuer le loup : une fausse bonne solution

    Tuer le loup : une fausse bonne solution

    Depuis les années 90, les loups sont de retour en France, dans les Alpes et le Sud-Est, alors que l’espèce avait disparu. à l’hiver 2023-2024, ils étaient entre 920 et 1 125 d’après un rapport de l’Office français de la biodiversité. Ce retour réjouit les associations de protection de l’environnement, mais la réapparition de ce prédateur inquiète les éleveurs, dont le bétail est de plus en plus attaqué. Pour répondre à ces inquiétudes, un arrêté national devait faciliter les tirs de défense et de prélèvement pour les éleveurs, mais sa publication a été repoussée.

    Le projet d’arrêté « fait l’objet de travaux interministériels supplémentaires, incompatibles avec une publication au 1er janvier 2026 comme prévu initialement », a indiqué le ministère de la Transition écologique à La Marseillaise. Cet arrêté devait aligner la réglementation française sur la décision de l’Union européenne (UE).

    Le 5 juin 2025, le Conseil de l’UE a adopté la révision du statut de protection du loup gris, affaiblissant la protection de l’espèce sur le sol européen, passant de « strictement protégée » à seulement « protégée, susceptible de mesures de gestion ». Un changement de statut que de nombreuses associations de protection de l’environnement ont contesté, en août, devant la Cour de Justice de l’UE. Cette modification, soutenue notamment par la France, a été saluée par la Région Paca. « C’est une victoire pour les éleveurs de la Région Sud », déclarait alors Renaud Muselier, président (Ren). Ce changement de statut au niveau européen justifie, selon l’état, cette baisse des réglementations.

    Simplifier les démarches

    Si le texte est publié, il permettra aux éleveurs des principales zones concernées par ces attaques de tirer sur les loups sans avoir le besoin de « démontrer l’épuisement d’autres solutions alternatives ou le risque de dommages importants aux élevages ». Aucune dérogation ne serait donc nécessaire. En dehors de ce cadre, tout abattage d’un loup resterait puni de 3 ans d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Pour le moment, en l’absence de publication de cet arrêté, c’est bien l’ancienne réglementation qui reste en vigueur. Ainsi, toute démarche de prélèvement de loup doit faire l’objet d’une dérogation que seuls les préfets peuvent délivrer.

    Développer les moyens de protection

    Dans un communiqué commun, France Nature Environnement et d’autres associations de protection de l’environnement, dénonçaient la proposition d’arrêté de l’État. Pour Justine Poncet, directrice du réseau Montagne Paca de FNE : « Cette réglementation ne changerait pas grand-chose sur le terrain car la plupart des éleveurs ont déjà des dérogations. » Pour elle, « il faut accompagner les éleveurs de ces zones, en faisant des efforts sur la cohabitation plus que sur la destruction ». Elle craint notamment que les éleveurs soient abandonnés à leur sort et que l’on reproduise les erreurs d’avant. « Les efforts ne sont pas mis là où il faut », conclut-elle.

  • [Entretien] Valérie Roux : « Ce que publie l’Insee aide à voir les problématiques »

    [Entretien] Valérie Roux : « Ce que publie l’Insee aide à voir les problématiques »

    La Marseillaise : Pourquoi organiser cette rencontre de l’Insee auprès des citoyens ?

    Valérie Roux : C’est une démarche à la fois nationale et régionale. Nous travaillons beaucoup avec des acteurs publics et quand nous produisons de la donnée, des analyses, nous la diffusons sur notre site et par la presse. Mais nous ne sommes jamais au contact direct des citoyens, et nous nous rendons compte que nous sommes dans une période où les chiffres peuvent être source d’incompréhensions alors que nous sommes dans un monde où la donnée est omniprésente. Nous souhaitons donc vraiment que ce soit un temps d’échanges, pas seulement expliquer comment nous faisons la statistique, mais aussi écouter ce qui ne va pas, ce qui est mal compris, ce qui manque pour alimenter ensuite la façon dont on va construire nos indicateurs, voire modifier notre façon de travailler. Nous voulons avoir des citoyens représentatifs de toute la diversité de la population pour avoir un dialogue intense, par thématique.

    Quelles sont justement les principales incompréhensions que vous rencontrez ?

    V. R. : Si je peux en citer une, je dirais le pouvoir d’achat. C’est un sujet qui est fréquemment interrogé, quand on dit qu’il a augmenté, les gens n’ont pas l’impression que le leur a augmenté. Surtout que l’on parle beaucoup en moyenne, ce qui ne reflète pas forcément ce que chacun vit. On essaie de développer des outils pour mieux rendre compte de la réalité de chacun, et parfois, nos chiffres ne collent pas aux ressentis. Ils peuvent être biaisés : il y a souvent un sentiment d’inflation plus fort que ce qui est mesuré parce qu’il y a des biais cognitifs, on est plus sensibles aux biens que l’on achète fréquemment, comme une baguette, que ceux que l’on achète tous les dix ans, comme un ordinateur. Notre objectif, c’est de produire des données utiles à la compréhension de notre société et de notre économie, qui vont servir à construire des politiques publiques adaptées.

    Face à de la désinformation qui peut se propager vitesse grand V, quel rôle pouvez-vous être amenés à jouer ?

    V. R. : On nous a dit à Nantes : vous avez un rôle dans l’usage qui est fait des données que vous produisez. Si elles sont mal utilisées, vous devez corriger. Aujourd’hui, nous, on diffuse l’information, mais si certaines personnes ne l’interprètent pas comme il faut, on estime que ce n’est pas dans notre rôle de rectifier tous les mauvais usages des chiffres tellement nombreux que l’on produit. Mais cela nous interroge, nous pouvons être amenés à changer notre action. Nous ne communiquons peut-être pas assez sur les méthodes mises en place pour réaliser nos enquêtes, afin de redonner confiance dans des données de la statistique publique, qui ne doivent pas être comparées à n’importe quelle donnée sur internet.

    Vous parliez de votre rôle dans les politiques publiques, comment vos données peuvent façonner le monde autour de nous, au quotidien ?

    V. R. : Tout ce que l’on publie aide à voir les problématiques : dans la région, quand le précédent préfet est arrivé, on lui a produit une note de synthèse avec notre diagnostic, avec nos chiffres sur les différentes thématiques de la région. Cela pointe des difficultés, par exemple sur l’accès au logement. Nous travaillons aussi beaucoup avec le conseil régional sur les déplacements domicile-travail, sur la pollution, sur des projections du nombre de lycéens, pour déterminer s’il faut implanter un nouveau lycée à un endroit. Tout cela doit les aider à arbitrer.

    Les chiffres de l’Insee sont déjà au milieu des municipales. Quel éclairage pouvez-vous apporter au débat public ?

    V. R. : Cela fait partie de notre réflexion, est-ce que nous ne devons pas présenter nos travaux d’une autre façon pour que, quand les débats de chiffres vont faire rage, on puisse les trouver plus facilement, pour que les données objectives puissent être le plus partagées possible…

    Il y a aujourd’hui énormément de données autour de nous, produites soit par du sondage, soit par les big data des nouvelles technologies… À quel point le travail de l’Insee reste-t-il pertinent dans ce contexte ?

    V. R. : Nous utilisons des sources variées. Nous faisons des enquêtes sur des sujets sur lesquels c’est la meilleure façon d’avoir de la donnée, comparable dans le temps et avec d’autres pays. Mais nous utilisons aussi depuis longtemps beaucoup les fichiers administratifs, les déclarations de salaires des entreprises, les données fiscales, qui sont retravaillées pour produire de la statistique. Pour l’indice des prix, on utilise des extractions des enregistrements aux caisses de ce qui est acheté. Ce qu’on observe, c’est que la donnée, quand elle n’est pas travaillée, analysée, organisée, si sa qualité n’est pas vérifiée en amont, elle peut donner n’importe quoi.

    Programme et inscriptions sur rencontres.insee.net

  • Les vœux de proximité et de solidarité de Sophie Camard

    Les vœux de proximité et de solidarité de Sophie Camard

    La cérémonie officielle des vœux de la mairie des 1er et 7e arrondissements s’est déroulée jeudi soir en grande pompe dans le palais du Pharo (7e). Empêchés par leur devoir de réserve à l’approche des municipales, les élus n’ont pas pu évoquer les projets prévus pour 2026, se contentant donc d’aborder « par une forme brève et succincte », comme le veut la loi, les actions menées en 2025. Une vidéo a dans un premier temps énuméré une dizaine d’initiatives municipales de l’année passée, parmi lesquelles : l’inauguration de l’école Baya (1er), du centre sportif Pape Diouf (1er) et du Jardin Saint-Nicolas (7e). Trois projets que Sophie Camard a rappelé dans son discours car, selon elle, représentatifs « de la volonté [de la Ville, Ndlr] de maintenir des espaces de rencontre, de dialogue et de vie collective, dans un contexte où notre quotidien numérique est souvent marqué par la rapidité et la distance ».

    « Rompre la peur »

    L’élue glissera un mot pour Noailles, quartier du 1er arrondissement, où un pôle d’équipement associatif pour la mairie de secteur est en cours d’installation. Il comprendra deux espaces, « un lieu de mémoire et de ressources au 63 rue d’Aubagne, choisi avec les familles des victimes de l’effondrement des immeubles, et un immeuble en réhabilitation au 44 rue d’Aubagne, pour accueillir des activités sociales et associatives ». La maire aura aussi une pensée pour Belsunce, « marqué récemment encore par l’actualité tragique du narcotrafic ». « Néanmoins, l’action conjointe des services publics, des forces de sécurité, du tissu associatif, de la régie de quartier, des collectifs d’habitants s’est poursuivie sans relâche. Nous avons besoin de cette solidarité dans un monde angoissant qui marche à la guerre. La proximité permet de se parler. Parler, c’est rompre la peur et l’isolement », a-t-elle déclaré dans la foulée.

    Dans son intervention, Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, a lui proposé une sorte d’ode à l’amour, une forme de résistance « dans ce monde où tout est basculé, où les politiques internationales nous montrent que des destins changent en quelques mois, à des moments où le président des États-Unis d’Amérique veut s’emparer d’une partie de l’Europe comme d’une proie et (..) où celle et ceux qui n’acceptent plus les différences se lèvent sans complexe ». Et de conclure : « Vous [Sophie Camard, Ndlr] avez donc compris que je n’ai pas pu dire, à quel point votre secteur est formidable. »

  • Suspension contestée chez Renaissance à Marseille

    Suspension contestée chez Renaissance à Marseille

    « Le débat public c’est quelque chose de sain, je ne comprends pas cette suspension immédiate », déplore toujours Jean-Philippe Vigneron, entouré de quelques proches. Fondateur de son propre think tank Marseille vision, le militant de Renaissance était convoqué ce jeudi soir devant la commission départementale des conflits du parti, pour se prononcer sur son cas. En cause, un billet de blog qu’il avait publié le 30 novembre dernier sur le site d’information Marsactu, et dans lequel il déplorait qu’au sein du parti présidentiel, « tout a été fait pour écarter les voix qui refusaient la dérive droitière et la stratégie d’alignement ». Des propos qui lui ont valu une suspension dès le lendemain, à titre transitoire, avant une sanction qui devra être prise par la commission nationale des conflits.

    « Le sujet n’est pas ce que pense Jean-Philippe Vigneron, pose d’emblée le responsable départemental, Bertrand Mas-Fraissinet. Nous sommes un parti politique et comme dans tout collectif humain, il y a des règles à respecter. » Et d’indiquer que plusieurs militants ont demandé que des sanctions soient prises envers celui qui avait rejoint les rangs macronistes dès 2017, des sanctions qui peuvent aller du blâme à la suspension temporaire ou définitive. « Il a diffamé des cadres de Renaissance », pointe le porte-parole marseillais Maxime Boudet, rappelant que son texte était publié sous des publications d’Erwan Davoux comme de Franck Allisio… Et soulignant que liberté de ton ne vaut pas sanction : « Lionel Royer-Perreaut est contre le soutien à Martine Vassal, mais il n’est pas exclu. »

    « Je ne cite personne », conteste Jean-Philippe Vigneron, étrillant encore l’union avec la candidate de droite. « C’est l’alliance avec une droite revancharde prête à toutes les compromissions quitte à s’allier avec le RN », estime-t-il. « Le sujet lié au positionnement de Martine Vassal a été clarifié par elle-même », rappelle Bertrand Mas-Fraissinet. Peu importe : le militant suspendu qui avait milité avec Yvon Berland en 2020 lance cette fois un appel du pied à Benoît Payan : « Il faut qu’il élargisse le Printemps marseillais à des gens responsables et compétents, et je veux bien en faire partie. »

  • Dix appartements à Marseille pour sortir de l’hébergement en hôtel

    Dix appartements à Marseille pour sortir de l’hébergement en hôtel

    « Je respire depuis que j’ai emménagé dans cet appartement. Enfin, je dors tranquillement. L’hôtel c’est sale, plein de bêtes et impossible d’y cuisiner. » Placée en hébergement d’urgence à l’hôtel depuis début mai, Amina s’est installée dans ce petit T1 le 3 septembre dernier. Elles sont ainsi neuf femmes, dont une maman et ses deux filles, en fin d’hébergement à l’hôtel, à avoir signé une convention de logement avec l’Armée du Salut, qui les accompagne socialement au quotidien.

    Cette infirmière algérienne est arrivée à Marseille en 2023 pour y rejoindre son conjoint français. Mais ce dernier s’est révélé violent et l’a « jetée à la rue ». Leur histoire s’est soldée devant le tribunal. Mais celle d’Amina peut rebondir. « Je vais pouvoir reconstruire ma vie, devenir aide-soignante. Mais d’abord, avec Sinita, on s’occupe de mon titre de séjour. » La travailleuse sociale de l’Armée du Salut qui accompagne chacune de ces nouvelles locataires, adressées par le SIAO, dans leur parcours d’autonomie a déjà son « fauteuil attitré » dans l’appartement, « et avec les autres femmes, on fait des repas partagés », ajoute Amina. En plus d’offrir à ces femmes éprouvées des conditions d’hébergement dignes et de rompre leur isolement, ce dispositif « permet un véritable suivi social, assure Sitina, elles y resteront jusqu’à ce qu’elles retrouvent une stabilité et soient en situation de vivre de manière autonome ».

    Un partenariat salutaire

    « Cet immeuble est une première acquisition, précise Xavier Bosiger, chef de service à l’Armée du Salut, un investissement sur le long terme pour mieux adapter l’offre aux besoins et qui complète les 250 places en unité d’urgence et la quarantaine d’autres en pension de famille » dont dispose l’organisation humanitaire à Marseille. La fondation est depuis peu devenue propriétaire de 60% de ses lieux d’hébergements. Deux autres petits immeubles sont en cours d’acquisition dans le cadre de ce partenariat avec Marseille Habitat. Anciennement sous convention avec le Crous, ces logements avaient été squattés et un incendie avait endommagé la cage d’escalier. La société d’économie mixte y a engagé 200 000 euros dans des travaux, en associant l’Armée du Salut au choix des matériaux et des aménagements. Un partenariat, « ouvert à d’autres acteurs associatifs » précise la présidente et adjointe (PS) au maire, Audrey Gatian. Qui se félicite : « Nous avons accepté l’offre la plus qualitative, pas la plus chère, dans le sens de l’intérêt général. Nous avons besoin de loger et de faire revivre le centre-ville. » De même que pour Audrey Garino, adjointe (PCF) au maire en charge de la solidarité, l’opération signe « la volonté de la Ville de participer à la création de mille places d’hébergement diversifiées, de renforcer l’offre à destination des femmes ». De quoi faire reculer les coûteuses et inadaptées prises en charge à l’hôtel.

  • À coups de fusil

    À coups de fusil

    Jean de La Fontaine mettait en scène dans
    « Le loup et l’agneau » le prédateur et sa victime. Le loup faisant porter tous les griefs possibles à l’agneau, sans aucune considération pour ses explications, jusqu’à ce que le carnivore finisse par appliquer « la loi du plus fort »… Durant les deux derniers siècles, cette même loi a été appliquée avec méthode, à coups de fusil, pour éradiquer l’espèce de toute la campagne française où les cultures, l’élevage et l’urbanisation étaient en pleine expansion. Plus un seul représentant de l’espèce dans tout l’Hexagone jusqu’en 1992, jusqu’à « l’observation d’un premier couple de loups dans le parc du Mercantour », resitue l’Office français de la biodiversité, en charge du suivi de l’espèce. Il y aurait, à ce jour, un millier de congénères, principalement dans deux régions, en Auvergne-Rhône-Alpes et en Paca.

    La sécurité des élevages

    La problématique des attaques de troupeaux n’est pas nouvelle et doit rester une préoccupation majeure des pouvoirs publics. Pour autant, abaisser le niveau de protection de l’espèce est un non-sens, à l’heure où la biodiversité est mise à mal dans notre pays, où la liste des espèces en voie d’extinction s’allonge année après année. Respecter cette biodiversité et le retour du loup dans nos régions, tout en garantissant au mieux la sécurité des élevages exige à la fois du dialogue et des moyens, là encore, à la hauteur de ce double enjeu. Pour les professionnels, les différents services de l’État, des collectivités locales et des structures impliqués dans la préservation de l’espèce et l’élevage. À moins de croire encore et toujours que la « loi du plus fort » est toujours la meilleure… En l’occurrence à coups de fusil en criant « au loup ! »

  • Le réseau mutualiste Oxance est en sursis

    Le réseau mutualiste Oxance est en sursis

    Une annonce inquiétante pour les usagers des centres de soins Oxance – Mutuelles de France. Le groupement mutualiste et ses 1 400 salariés répartis sur 125 structures, dans le Sud et l’Est de la France, risquent bien de faire face à un placement en procédure de sauvegarde auprès d’un tribunal de commerce.

    C’est l’annonce qui a été faite lors d’un comité social et économique (CSE) extraordinaire, ce mardi 6 janvier, selon la CGT. Celle-ci s’alarme, dans un communiqué de presse publié ce jeudi, des « conséquences sur l’emploi, l’organisation du travail et les conditions de travail des salariés ». Mais aussi « d’une menace grave pour l’accès aux soins » dans un « contexte de pénurie de soignants et d’aggravation des déserts médicaux ». « On ne sait pas si l’on se dirige vers une liquidation judiciaire, un redressement, un plan de sauvegarde de l’emploi ou des cessions de centres », s’inquiète Pauline Jean, déléguée syndicale CGT et élue CSE.

    La demande de placement en sauvegarde se ferait d’ici quelques jours, « soit en fin de semaine, soit début de semaine prochaine ». Contactée, la direction d’Oxance n’infirme pas les annonces de la CGT. « Je ne conteste pas et je ne nie pas les éléments de la CGT, mais nous communiquerons en temps voulu et nous ne commentons pas outre mesure », explique Jacques Seguin, président du groupe. Avant de bien confirmer qu’une « démarche judiciaire de sauvegarde est imminente », sans vouloir en dire davantage. Et de promettre plus d’explications à venir. Quoi qu’il en soit, l’annonce aurait été confirmée en conseil d’administration, ce jeudi. « À l’unanimité, on s’est abstenu de donner un avis en l’absence d’éléments concrets. Mais on a acté le recours à un cabinet d’expertise », commente Pauline Jean. Pour rappel, Oxance est issu de l’union de la Fédération des mutuelles de France et Mutuelles de France réseau santé (MFRS). Lequel avait notamment repris les structures du Grand conseil de la mutualité en 2018, à la suite d’une cessation de paiements. « Il y a 15 ans, on était la deuxième offre de soins dans le département des Bouches-du-Rhône », rappelle Pauline Jean.

    Aujourd’hui, entre les centres dentaires, de soins ou optiques, on compte plus d’une quarantaine de centres Oxance dans la région, dont une vingtaine dans les Bouches-du-Rhône. D’où les inquiétudes de la CGT quant à l’avenir des structures et des salariés : « Au Grand conseil, il y avait eu la vente de centres optiques, de cliniques pour renflouer la trésorerie. »

    D’autant que le centre de La Ciotat avait fermé ses portes peu ou prou dans la foulée de la reprise du Grand conseil de la mutualité. Plus récemment, les fermetures de ceux de Miramas et de Berre-l’Étang avaient fait grand bruit, avec des mairies qui avaient largement dénoncé ces décisions. Notamment via un courrier commun, également appuyé par Gaby Charroux, maire PCF de Martigues, demandant des comptes sur les « motivations principales de ces décisions ».

    « On savait qu’il y avait des difficultés financières, mais on n’en connaissait pas l’ampleur », commente Pauline Jean. Son organisation syndicale évoque des dettes de l’ordre de 30 millions d’euros. Un montant que la direction aurait communiqué lors d’instances représentatives du personnel.

    « On ne connaissait pas l’ampleur des difficultés financières »

  • Les locataires de Frais Vallon mobilisés pour être chauffés

    Les locataires de Frais Vallon mobilisés pour être chauffés

    On va chercher ce vendredi 9 janvier des réponses car la situation est devenue intenable », annoncent Fathia Ziani et Nouria Sirat, les responsables des deux associations de locataires CLCV et CGL. Un fonctionnement « totalement à l’arrêt » ou « en mode aléatoire » qui concerne trois des cinq bâtiments de la résidence HLM.

    Un thermostat est censé déclencher automatiquement les appareils. Pour autant « les thermomètres affichent moins dix degrés et on se gèle, déplore Fathia Ziani, certains ont un radiateur qui se met à chauffer une heure, puis plus du tout, d’autres ne se sont pas du tout allumés ». Des pannes un peu trop récurrentes et qui perdurent en dépit de plusieurs signalements auprès de la régie de service. Une situation particulièrement sensible durant cette vague de froid qui a affecté de nombreux foyers.

    Charges en hausse

    Les présidentes de CLCV et CGL recueillent les plaintes de locataires « gelés » et dont la colère est décuplée par « une hausse des provisions sur charges qui nous a été facturée sans le service qui va avec. Et les gens sont obligés de brancher des convecteurs électriques ». Aux pannes d’ascenseurs et de chauffage, s’ajoutent la vétusté des logements et le manque d’isolation. « Hier j’ai dû intervenir auprès d’une dame âgée. Il y a un espace de près de 2 cm dans les huisseries de la porte-fenêtre qui donne sur le balcon », précise Fathia Ziani. La problématique de ces « passoires thermiques » est bien connue du bailleur. La cité doit faire l’objet d’une rénovation dans laquelle les 217 logements des bâtiments E et C sont voués à la démolition, dont celui qui abrite le siège social de PLM. Mais dans cette perspective, le bailleur social ne prévoit pas de travaux avant 2026-2027, début du Nouveau programme national de rénovation urbaine.

    En attendant, les moisissures progressent et le vent pénètre les logements. « Le droit à un logement décent, incluant le chauffage reste fondamental », s’insurgent les responsables associatives, qui exigent en plus du rétablissement « immédiat » du chauffage, « des explications claires sur la panne et les délais d’intervention, un remboursement des charges indûment facturées et des garanties pour que cette situation ne se reproduise plus ». Contactée, à l’heure où nous publions, PLM n’a pas donné suite.

  • Trois ans d’inéligibilité pour Hassen Hammou

    Trois ans d’inéligibilité pour Hassen Hammou

    Clap de fin ? Trois semaines après sa condamnation à 15 mois de prison avec sursis pour corruption de mineur, pour laquelle il a fait appel, Hassen Hammou, ex-cadre marseillais du parti Les Écologistes, était de retour devant la justice. Il comparaissait cette fois pour usurpation d’identité. L’objet du délit ? Avoir créé, fin novembre, un compte Snapchat au nom d’Amine Kessaci, militant écologiste engagé dans la lutte contre le narcotrafic, dans le but d’obtenir des informations.

    Ce dernier a déposé plainte le 25 novembre, moins de deux semaines après le retentissant assassinat de son frère Mehdi. Jeudi, à l’issue de sa garde à vue, Hassen Hammou a reconnu les faits et accepté, dans le huis clos d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, une peine de deux mois de prison avec sursis et trois ans d’inéligibilité.

    La validation devant le juge, en audience publique, sera hésitante. « Il n’y a pas de peine partielle ici, sinon, c’est le procès », s’agacera le président du tribunal face aux hésitations de l’accusé. « Il n’a aucunement voulu nuire, son but était de savoir ce qu’il allait advenir de lui au sein du parti », explique l’avocate d’Hassen Hammou à la barre. Désigné chef de file des écologistes pour les municipales à Marseille, ce dernier croyait alors encore à une issue positive à son procès pour corruption de mineur, dont le délibéré est attendu le 16 décembre.

    « En se faisant passer pour Amine, il voulait tester la parole d’un membre de son parti pour savoir s’il était en quelque sorte loyal envers lui, s’il pouvait avoir son soutien en vue des élections », abonde Soraya Slimani, l’avocate d’Amine Kessaci. Reçu comme partie civile, il n’était pas présent à l’audience et réclamait un euro symbolique.

    Stratégie inchangée

    pour Les écologistes

    à la barre, son avocate souligne « la dignité » de son client, soucieux « d’apaiser le débat ». Dans un message qu’il l’a chargée de lire au tribunal, Amine Kessaci estime que « l’identité, le deuil et la parole ne sont pas des outils politiques ». « Il a été sidéré, consterné, attristé d’apprendre qu’un camarade qui partage les mêmes convictions, ait pu usurper son identité, son image, sa cause » et ait pu « parler à sa place », note l’avocate. Comme lui, Hassen Hammou avait fondé un collectif de soutien aux victimes du narcotrafic.

    Cette condamnation à trois ans d’inéligibilité scelle l’avenir politique immédiat d’Hassen Hammou, ex-membre du bureau national d’EELV, suspendu le 17 octobre puis exclu en décembre de son parti qui a exprimé son « profond dégoût à l’idée qu’une instrumentalisation puisse être faite des drames ayant touché la famille Kessaci ».

    Le 2 janvier, le conseil statutaire d’EELV avait par ailleurs invalidé le vote des adhérents, portant sur la stratégie municipale et la désignation du chef de file, en annulant pour « irrégularités » l’AG qui avait servi de support. Un vote réalisé sous le contrôle de la tutelle nationale… La stratégie d’alliance au 1er tour avec le Printemps marseillais reste toutefois la règle. Personne ne demande à la revoter, expliquait mardi Olivier Bertrand, responsable national des élections, à nos confrères du Monde, qui ont révélé l’information.

  • Hassen Hammou en garde à vue pour usurpation d’identité

    Hassen Hammou en garde à vue pour usurpation d’identité

    Il est suspecté d’avoir usurpé l’identité d’Amine Kessacci, fondateur de l’association Conscience d’aide aux victimes du narcotrafic, en ouvrant un faux compte sur les réseaux sociaux.

    Hassen Hammou avait été dans un premier temps choisi pour être le chef de file des écologistes à Marseille dans le cadre de la campagne des municipales avant d’en être écarté suite à sa condamnation en première instance, en décembre dernier, pour corruption de mineurs, jugement dont il a fait appel.