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  • Bouches-du-Rhône : le nombre de recours explose pour l’accès aux droits

    Bouches-du-Rhône : le nombre de recours explose pour l’accès aux droits

    Ce 16 décembre, les arguments de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) une nouvelle fois sont balayés par le tribunal judiciaire de Marseille. Dans son ordonnance, celui-ci lui ordonne d’accorder l’allocation aux adultes handicapés réclamée depuis trois ans et demi par Madame V. Âgée de 50 ans, elle ne se déplaçait jamais à plus de 100 mètres de son domicile, victime de crises d’angoisse récurrentes, tandis que le rapport médical présenté au juge souligne sa détresse, entre troubles de la vie émotionnelle et déficiences cardio-respiratoires. Malgré cela, l’institution dépendant du conseil départemental avait refusé sa demande d’allocation déposée en septembre 2022. Tout comme son recours administratif, un an plus tard.

    Son cas n’est pas isolé. Ainsi le 14 novembre, la MDPH était également sanctionnée pour avoir refusé cette même allocation à une jeune femme de 25 ans, atteinte de la maladie de Crohn. Une maladie qui a brisé son rêve d’intégrer la Marine et l’empêche de travailler. Neuf jours plus tôt, le tribunal condamnait l’institution pour avoir refusé une allocation d’éducation enfant handicapé (AEEH) et une aide humaine individualisée pour un adolescent en classe de première en lycée professionnel, grand prématuré né à 26 semaines et qui à cause de cela souffre de troubles du comportement et de l’attention. La brutale fin de sa prise en charge en institut thérapeutique en 2024, incohérente selon le médecin mandaté par le tribunal, avait fortement fait régresser son comportement.

    Ces cas sont de plus en plus nombreux dans le département. Le nombre de recours en justice contre la MDPH est ainsi passé de 813 en 2023 à 969 l’année suivante, pointe le rapport d’activité approuvé le 15 octobre, mais qui n’a été publié que ce 26 décembre. Une hausse spectaculaire de 19,2% en un an, alors même que le nombre de dossiers déposés sur la même période augmentait de 7,9%, pour atteindre 71 443 demandes en 2024. Le nombre de recours administratifs préalables (10 683 au total en 2024) suit la même évolution, en hausse de 5,2%. Dans près de la moitié des cas, parmi les recours en justice recevables, la MDPH est condamnée.

    « Sécuriser les process »

    « La MDPH 13 a fait évoluer ses règles de traitement ainsi que d’évaluation des demandes pour s’aligner avec la doctrine de la CNSA [Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, Ndlr], qui impose des règles plus strictes d’accès aux droits », justifie le conseil départemental auprès de La Marseillaise. À cela s’ajoutent des audits et des contrôles de plus en plus fréquents, notamment de la CAF. Depuis fin 2024, ceux-ci sont systématiques pour les accords de compléments d’allocations d’éducation enfant handicapé. De quoi conduire à interrompre certains droits, et nourrir des contentieux. Face à cette situation, le Département indique que depuis 2024, un service juridique a été mis en place à la MDPH « afin de sécuriser les process ». Et une nouvelle procédure est en place depuis début 2025 pour traiter les recours administratifs préalables.

  • Champions Cup : même s’il a raté le bonus, le RC Toulon se satisfait de l’essentiel

    Champions Cup : même s’il a raté le bonus, le RC Toulon se satisfait de l’essentiel

    Dans une poule B de Champions Cup plus qu’indécise à l’abord de cette 3e journée, la donne était simple pour le RCT : il fallait l’emporter à Mayol, face au Munster, pour ne pas se trouver en difficulté avant le déplacement à Gloucester samedi prochain. Si l’essentiel a été assuré, la manière reste à revoir, et la fin de match laisse un sentiment mitigé malgré les motifs de satisfaction.

    Dans un début de rencontre joué sur un faux rythme, les 30 premières minutes toulonnaises pouvaient se résumer en un mot : indigentes, entre imprécisions, indiscipline – offrant à Crowley les 6 premiers points sur pénalité (17e, 32e) – et fautes de main qui auraient pu coûter cher sans un retour salvateur de Dréan sur un ballon perdu dans les 22 mètres irlandais et tapé à suivre par le Munster (23e). Le symbole d’une certaine fébrilité ? « Non, ce n’est pas le bon mot », affirme Pierre Mignoni. « On était dominant, mais on a voulu aller beaucoup trop vite. On est tombé dans ce piège pendant 30 minutes, après on a pu alterner. On a été beaucoup plus entreprenant qu’eux, mais on a fait six en avant en première, c’est beaucoup trop. »

    Maladresses et mauvais choix, à l’image d’une situation de supériorité à 5 mètres de l’en-but mal négociée par Ribbans, qui préférait y aller seul et était sanctionné pour avoir rampé, alors que le Munster évoluait à 14 (38e). Mais heureusement, dans la foulée, Marius Domon, homme du match (1 essai, 2 pénalités, 3 transformations), parvenait à s’infiltrer dans la défense irlandaise pour donner l’avantage au RCT à la pause (7-6, 40e). « Il a prouvé maintes fois son niveau et qu’on avait besoin de lui. Il a été parfait sur sa couverture et au pied », salue Esteban Abadie.

    Une fois n’est pas coutume, les hommes de Mignoni faisaient même fructifier leur supériorité grâce à Ben White (14-6, 44e). Et si le Munster réagissait immédiatement par Nash, qui ramenait l’écart à un point (14-13, 46e), rappelant le RCT à son agaçante propension à flotter après avoir planté, Dréan, sur un superbe par-dessus, ne tardait pas non plus à redonner de l’air aux Rouge et Noir (21-13, 50e). « C’était bien mieux en deuxième. En première, dans les rucks, on consommait trois joueurs, eux n’en consommaient qu’un ou deux, donc ils étaient en surnombre et on n’arrivait pas à casser la ligne. Mais après, on a fait des choses bien meilleures », commente Pierre Mignoni. « On a dû prendre de la profondeur. Ça ne marchait pas forcément mais les espaces étaient là donc il fallait continuer à jouer et en deuxième, ça a plus payé », complète Marius Domon.

    La fin de match laissera un sentiment mitigé. Après avoir sécurisé trois points de plus sur une pénalité de Domon, alors qu’on s’attendait à une pénaltouche pour aller chercher le bonus – « On était à 14, on voulait faire tourner le chronomètre », justifie l’intéressé – les Varois ont vu leurs adversaires fondre sur eux sur un essai d’O’Donoghue (68e), puis leur passer devant quatre minutes plus tard grâce à Farrell (24-25). Mais ils ont vite repris le lead sur une ultime pénalité de Domon (76e). Et auraient même pu glaner le bonus sur une dernière phase durant laquelle ils ont eu plusieurs occasions d’aplatir, en vain.

    Pierre Mignoni : « Je veux rester positif »

    De quoi laisser un goût amer aux supporters, pas tellement partagé par l’entraîneur toulonnais et ses hommes. « Il y a deux ans on avait perdu contre cette équipe, qui était assez similaire. Aujourd’hui on a été bien meilleur, même s’il y a plein de choses à redire. Mais dans cette période difficile, je veux rester positif. On aurait pu prendre le bonus, mais il fallait d’abord gagner. Je ne pense pas que ce point changera beaucoup de choses. On va jouer un vrai 16e de finale à Gloucester », se projette Pierre Mignoni. « On a réussi à rester calme et confiant », plussoie Esteban Abadie. « On a cette force à domicile depuis deux saisons qui fait qu’on est quasiment invaincus. On a du mal à l’avoir l’extérieur, c’est sur ça qu’on doit progresser. » 3e de sa poule, le RCT serait inspiré de faire taire cette rengaine samedi prochain, pour optimiser ses chances de bien figurer dans cette Champions Cup.

    RC Toulon 27 (7)

    Munster 25 (6)

    3e journée de Champions Cup

    Stade Mayol (16 776 spectateurs)

    Points : 3 E Domon (39e), White (45e), Dréan (50e) ; 3 T Domon (39e, 45e, 50e) ; 2 P Domon (65e, 76e) pour le RCT ; 3 E Nash (48e), O’Donoghue (68e), Farrell (72e) ; 2 T Crowley (48e, 72e), 2 P Crowley (17e, 32e) pour le Munster.

    Avertissements : Abadie (58e), Ollivon (68e) pour le RCT ; Beirne (37e), Nankivell (55e) pour le Munster

  • CAN : les Marseillais digèrent mal l’élimination de l’Algérie

    CAN : les Marseillais digèrent mal l’élimination de l’Algérie

    Les rues étaient quasiment désertes à Marseille, samedi à partir de 17 heures, au moment où l’Algérie débutait son quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations contre le Nigeria. Au cœur du quartier Belsunce, dans le 1er arrondissement, plus de 200 supporters des Verts se sont rassemblés au Coffee Café Time pour assister à la rencontre, malgré le vent glacial qui souffle dans la cité phocéenne sur ce début d’année. Les plus chanceux ont pu profiter du match assis sur une chaise face à l’écran avec un petit thé à la menthe bouillant entre les mains. « On est aux premières loges », souligne Yacine, qui n’a pas loupé la moindre journée des Fennecs durant cette CAN.

    Quelques instants avant le coup d’envoi, il formule une dernière prière pour que l’Algérie puisse rejoindre le dernier carré de la compétition. Autour de lui, les regards sont fixés sur le poste de télévision. Et si la parole est d’argent, le silence est d’or durant une première période maîtrisée par les Nigérians. Les actions dangereuses annihilées par la défense algérienne et son gardien Luca Zidane, le fils cadet de Zizou, provoquent quand même de chaleureux applaudissements. Chaque sauvetage est dignement célébré, mais les protégés de Vladimir Petkovic n’ont pas été aussi spectaculaires devant la cage adverse. « C’est fou à quel point on n’arrive pas à réussir trois passes d’affilée », martèle Mohammed, éducateur dans un club du 9e arrondissement de Marseille. « C’est comme ça que l’on nourrit des regrets par la suite », poursuit-il.

    Des stars manquent à l’appel

    Son instinct de footballeur ne l’a pas trahi. Au retour des vestiaires, deux anciens pensionnaires de la Ligue 1 ont rapidement trouvé le chemin des filets : l’ex-Lillois Victor Osimhen et l’ex-Montpelliérain Akor Adams. Le deuxième but nigérian est tombé comme un coup de massue et a provoqué le départ anticipé d’un certain nombre de supporters des Verts, agacés par la situation. « Hormis notre victoire en 2019, ça fait plus de dix ans que la CAN ne nous réussit pas », lance Karim, qui ne conçoit pas de voir son pays de cœur se faire éliminer par le Nigeria. « C’est un bon pays, mais nous aussi on a des stars qui sont capables de débloquer le match. Ils sont passés où Mahrez et Amoura ? », ajoute le quarantenaire de la Belle de Mai, venu assister à la rencontre avec son fils, Imad, âgé de 10 ans. Comme son papa, il
    a repris un peu d’espoir quand l’expérimenté Baghdad Bounedjah (plus de 300 buts en carrière) et surtout le héros du huitième de finale Adil Boulbina sont entrés en jeu.

    Même si l’Algérie s’est montré plus volontaire offensivement, rien ne semblait pouvoir changer la donne. Dépités, les supporters ont quitté la terrasse d’un soir pour rejoindre les feux d’artifice tirés devant la bibliothèque de l’Alcazar. Quelques débordements ont eu lieu au niveau de la voie de tramway, avec quelques feux allumés et des fumigènes craqués, où les forces de l’ordre ont rapidement dispersé la foule avec des tirs de gaz lacrymogènes. Une soirée partie en fumée.

    Salah permet à l’Égypte de rejoindre le dernier carré

    Le dernier quart de finale de la Coupe d’Afrique des Nations, entre l’Égypte et la Côte d’Ivoire (3-2), s’est déroulé dans la foulée de celui entre l’Algérie et le Nigeria. Les Pharaons, sept fois vainqueurs de la compétition, ont clairement affiché la couleur d’entrée de jeu. Marmoush à la quatrième minute, puis Rabia à la demi-heure de jeu, avaient pu permettre aux leurs de prendre une belle avance au tableau d’affichage. Mais les Éléphants, les tenants en titre, n’avaient pas dit leur dernier mot. Un but contre son camp de Fatouh a relancé le match. Malgré une possession de balle largement en leur faveur, les Ivoriens ont toutefois subi la dure loi de Salah, qui qualifie l’Égypte pour les demi-finales.

  • [Entretien exclusif] Zagros Hiwa : « La libération d’Öcalan est non-négociable »

    [Entretien exclusif] Zagros Hiwa : « La libération d’Öcalan est non-négociable »

    La Marseillaise : Comment évaluez-vous la situation depuis l’appel à un processus de paix lancé par Abdullah Öcalan ?

    Zagros Hiwa : Beaucoup de choses ont changé depuis l’appel historique de notre leader Abdullah Öcalan à la paix et à une société démocratique. Jusqu’à présent, notre mouvement a essentiellement pris des mesures unilatérales, à l’initiative de notre dirigeant, sans accord avec l’État turc ni conditions spécifiques. Nous avons immédiatement répondu à l’appel du 27 février, annoncé un cessez-le-feu unilatéral, et le PKK a tenu son 12e congrès. Constatant avoir joué son rôle historique et que la lutte pouvait désormais se poursuivre dans le cadre de la démocratie, il a décidé de se dissoudre et de mettre fin à la lutte armée. Suite à cela, une cérémonie symbolique a eu lieu au cours de laquelle un groupe de combattants, mené par le camarade Besê Hozat, a brûlé ses armes. De plus, nos forces se sont retirées des zones situées à l’intérieur des frontières de l’État turc et de la région de Zap, où les affrontements les plus violents avaient eu lieu. L’État turc, quant à lui, n’a pas apporté de réponse appropriée à ces mesures unilatérales de notre mouvement. De nombreux discours, plus ou moins positifs, ont été prononcés et une commission parlementaire a été mise en place. Bien que nous considérions la création de cette commission comme importante, elle n’a pas répondu à nos attentes. Elle a été instrumentalisée pour retarder le processus, et jusqu’à présent, aucune mesure concrète n’a été prise pour le faire avancer. Au contraire, il est devenu évident, par exemple lorsque des mères kurdes se sont vu interdire de parler kurde devant la commission, que le chemin est encore long avant qu’un changement de mentalité puisse s’opérer dans la vie politique turque. On constate que ce processus a offert un répit à la société et aux forces démocratiques. Les attaques et la répression, légitimées par le conflit, ont cessé, ce qui a jusqu’à présent apaisé le climat politique. Un changement de conscience s’opère clairement au sein de la société. Si certains milieux continuent de propager délibérément des sentiments anti-kurdes, la prise de conscience de l’existence de la question kurde et des problèmes qui en découlent s’accroît. Ce processus a également permis un rapprochement notable de la société kurde, toutes tendances politiques confondues.

    Quelles conditions le PKK pose-t-il à la poursuite de ce processus de paix ?

    Z.H. : Pour nous, en tant que mouvement de libération, la condition essentielle à la poursuite d’un véritable processus de paix est l’inscription du « droit à l’espoir » dans la Constitution turque. Ceci permettrait de rétablir la liberté physique de notre leader, Abdullah Öcalan, et de lui permettre d’exercer pleinement son rôle d’interlocuteur principal dans des conditions de vie et de travail libres. Ensuite, il conviendra d’apporter les modifications législatives et constitutionnelles nécessaires pour reconnaître les droits de la société kurde, ainsi que ceux de toutes les minorités ethniques, religieuses et culturelles de Turquie, et protéger leur culture, leur identité et leur histoire. Il est indispensable de préparer le terrain juridique pour l’instauration d’une vie politique véritablement démocratique, qui permettrait l’intégration au sein d’une république démocratique. Toutefois, tout cela requiert avant tout la volonté politique de toutes les forces responsables de trouver une véritable solution à la question kurde et de la considérer comme un enrichissement pour tous.

    Considérez-vous que la société turque est davantage prête que ses dirigeants à la reconnaissance du peuple kurde ?

    Z.H. : Notre dirigeant, Abdullah Öcalan, a maintes fois souligné l’importance de l’unité des peuples pour garantir la stabilité et la sécurité. Aujourd’hui, face au processus en cours, il a réaffirmé la nécessité de réorganiser les relations historiques entre les peuples turc et kurde, fortement fragilisées. L’histoire révèle un héritage de fraternité de près de mille ans entre les peuples turc et kurde, qui remonte à 1071, date à laquelle les Turcs s’installèrent en Anatolie avec l’aide des Kurdes. Depuis lors, ces deux peuples ont prospéré lorsqu’ils vivaient en paix. Contrairement aux réalités sociales de la région, l’État-nation turc a été fondé sur une conception moniste qui insistait fanatiquement sur l’unicité : « Une nation, un drapeau, une langue et un État. » Tout ce qui n’était pas turc était rejeté et anéanti. Cette mentalité
    persiste aujourd’hui et est propagée par certains dirigeants politiques. Cependant, leur influence, notamment grâce au processus en cours sous la direction d’Abdullah Öcalan, s’amenuise. La volonté de reconnaître le peuple kurde et de raviver la fraternité historique entre les deux peuples est bien plus répandue au sein de la population turque que chez nombre de dirigeants politiques qui ont bâti toute leur existence politique sur un nationalisme périmé.

    La libération d’Abdullah Öcalan est-elle la condition au désarmement définitif du PKK ?

    Z.H. : La liberté physique d’Abdullah Öcalan est une condition essentielle et non négociable. Cependant, limiter le processus à la seule fin du conflit armé serait réducteur. Il convient de s’interroger sur les raisons qui ont motivé la lutte armée et la création du PKK. L’État turc a été fondé sur le négationnisme et le génocide. La lutte armée et le PKK constituaient des mécanismes nécessaires d’autodéfense face aux attaques physiques et à l’assimilation visant à effacer l’identité, l’histoire et la culture kurdes. Le processus en cours doit impérativement aborder cette question. Il est indispensable de réévaluer l’histoire et, sur la base des conclusions tirées, de construire un avenir commun dans un contexte géopolitique en mutation. Une chose est claire : pour qu’une Turquie forte puisse exister à l’avenir, la question kurde doit être résolue et la démocratisation accomplie. Réduire ce processus à un simple dépôt des armes serait une erreur. J’appelle au soutien, notamment au niveau international, au processus de « Paix et Société démocratique » et à l’exercice de pressions politiques sur l’État turc afin de l’inciter à prendre des mesures concrètes en réponse à nos actions unilatérales.

    En Iran, à la suite du mouvement « Femme, vie, liberté », de nombreuses manifestations se déroulent. Quelle est votre analyse de la situation ?

    Z.H. : Ce soulèvement actuel s’inscrit dans la continuité du mouvement « Jin, Jiyan, Azadî » [« Femme, vie, liberté » Ndlr]. En Iran, tous les peuples, toutes les couches de la société, sous l’impulsion de la jeunesse et des femmes, aspirent à un changement de mentalité et de politique du régime iranien. Ils refusent d’être gouvernés par une théocratie moyenâgeuse où des centaines de personnes sont pendues chaque mois et où des femmes sont assassinées, torturées et emprisonnées pour avoir simplement revendiqué leurs droits les plus fondamentaux. Ils veulent que les responsables politiques et les fonctionnaires corrompus rendent des comptes et que les ressources économiques ne soient plus pillées ni monopolisées. Ils souhaitent un système de gouvernance plus démocratique, garantissant les droits des femmes et permettant aux travailleurs et aux étudiants de s’approprier leur destin. Ce sont là des revendications légitimes.

    Quelle est la place des Kurdes dans ce mouvement ?

    Z.H. : Les Kurdes sont à l’avant-garde des soulèvements, comme ils l’ont toujours fait. Ils ont payé le prix le plus lourd dans la lutte pour la liberté et la démocratie. Ils ont le plus souffert sous le régime. Nombre d’entre eux ont été pendus. C’est pourquoi ils mènent une lutte si acharnée pour un véritable changement dans le pays. Ils revendiquent la reconnaissance de leurs droits à l’identité.

    Pensez-vous que la République islamique d’Iran a encore un avenir ?

    Z.H. : Le peuple iranien, les femmes et les jeunes, sont pleinement conscients qu’ils n’ont aucun avenir dans ce système de gouvernement. Il semble que l’avenir du régime et celui du peuple iranien divergent. Le régime en place cherche à assurer sa pérennité sans tenir compte de la volonté et des revendications démocratiques du peuple.

    Quel regard portez-vous sur la situation en Syrie ? Les nouvelles autorités de Damas, tiennent-elles leurs engagements à l’égard de l’Administration autonome du nord et de l’est de la Syrie ?

    Z.H. : Le régime instauré à Damas n’est en réalité qu’une version modernisée du précédent régime d’Assad. On pourrait même le qualifier de régime baasiste d’extrême droite. Sa politique et sa mentalité sont visibles aux yeux de tous. Depuis plusieurs jours, les trois quartiers kurdes d’Alep, Sêxmeqsûd, Esrefiyê et Benî Zeyd, sont bombardés, plusieurs civils ont été assassinés et des tentatives de nettoyage ethnique sont en cours. Nous avons déjà constaté les exactions commises contre les Druzes et les Alaouites. Les mêmes bandes, soutenues par Damas et la Turquie, qui ont perpétré ces attaques s’en prennent désormais aux Kurdes d’Alep. Comme le montrent clairement les articles de presse, le gouvernement de transition à Damas adopte la même approche que le régime précédent vis-à-vis des droits des Kurdes et des autres minorités. Il ne prend pas les mesures nécessaires à la mise en œuvre de l’accord du 10 mars. L’ingérence turque joue également un rôle déterminant. L’État turc envoie constamment de nouvelles délégations pour étendre son influence au sein du gouvernement de transition, déploie ses propres troupes et continue de soutenir et d’inciter des groupes jihadistes à provoquer des affrontements avec l’Administration autonome. Il met tout en œuvre pour saboter une éventuelle solution à la question kurde, car il aspire à une Syrie instable sur laquelle il puisse exercer son influence et son contrôle, comme il le faisait déjà sous Assad.

    Estimez-vous la menace du terrorisme islamiste encore active dans la région ?

    Z.H. : L’État islamique, l’une des plus grandes menaces non seulement pour la région mais aussi à l’échelle mondiale, a été vaincu militairement, mais n’a jamais disparu. Soutenues et financées par divers acteurs, dont l’État turc, les cellules de l’EI ont pu se maintenir et continuer à perpétrer des attaques meurtrières. Plus récemment, l’Administration autonome a mis au jour des plans révélant une intention de libérer des prisonniers de l’EI détenus dans des camps du nord et de l’est de la Syrie avec l’aide de la Turquie. Al-Charaa [nom de guerre de l’actuel dirigeant syrien Al Joulani], ancien membre d’Al-Qaïda et ancien dirigeant du Front al-Nosra, dirige désormais l’État syrien. L’armée syrienne est aujourd’hui composée de nombreux groupes jihadistes venus du monde entier. La menace n’a jamais cessé, mais elle a commencé à changer de forme. Je saisis cette occasion pour réitérer mon appel au soutien de la résistance du peuple kurde en Syrie face aux attaques jihadistes, qui constituent une menace non seulement pour la société dans la région, mais pour le monde entier.

    L’agression du Venezuela par les États-Unis modifie-t-elle, selon vous, les principes des relations internationales ?

    Z.H. : Le cas du Venezuela illustre la mutation que connaît la modernité capitaliste. L’ordre mondial se redessine, et il s’agit d’un ordre où les États fondés sur le modèle théorique classique de l’État-nation, n’ont plus leur place. Il n’y a ni négociations, ni efforts politiques, ni même de tentative d’orchestrer une mascarade politique. Seuls les intérêts d’un seul État hégémonique priment dans cette modernité capitaliste. Le Venezuela en est l’exemple le plus récent en Amérique latine, tout comme le Groenland dans l’Atlantique.

    Ce que je tiens à souligner avant tout, c’est que le cas du Venezuela ne doit pas être considéré comme un cas isolé. Il ne s’agit pas d’un phénomène apparu en quelques semaines seulement dans cette région ; c’est tout le système des États-nations qui s’effondre. Par conséquent, concernant l’évolution des principes des relations internationales, ce qui se déroule sous nos yeux n’est pas un simple changement, mais un effondrement imminent, d’où émergera un nouvel ordre. Dès que les États-Unis, qui ont été le pilier du système des États-nations, se désengageront de ce système, de ses institutions et de ses principes, tout le système se désagrégera. Ce fait même démontre que, comme l’a souligné notre dirigeant Abdullah Öcalan, il n’existe en réalité qu’un seul État-nation, l’État-nation hégémonique, et que tous les autres en sont des branches. L’arrestation de Nicolás Maduro confirme une fois de plus la théorie de notre dirigeant Abdullah Öcalan, selon laquelle un socialisme fondé sur l’État-nation est voué à l’échec, comme ce fut le cas à l’époque soviétique, tandis qu’un socialisme fondé sur la société démocratique triomphera assurément.

  • Année record au Mucem : les visiteurs font leur bilan

    Année record au Mucem : les visiteurs font leur bilan

    En ce début de mois de janvier, l’ambiance au Mucem est très calme. Pourtant, le musée enregistre une année record avec 1,4 million de visiteurs en 2025, un nombre qui n’avait plus été atteint depuis 2016.

    « 2025 est une année record qui témoigne de l’attractivité grandissante de nos collections auprès de tous les publics et de leur résonance avec l’actualité », analyse Pierre-Olivier Costa, directeur du Mucem. « Nous n’avions pas eu l’occasion de revenir mais nous avions entendu dire qu’une guillotine était entrée au musée à l’occasion de la panthéonisation de Badinter, alors on voulait venir voir ça », confirme un couple de retraités marseillais, habitués du musée.

    9,1% de hausse

    de la fréquentation

    Toutes expositions confondues, une hausse de fréquentation de 9,1% a été enregistrée. Mais c’est l’exposition « Lire le ciel. Sous les étoiles en Méditerranée » qui a battu les records des expositions temporaires avec 180 000 visiteurs. Les publics sont divisés face à ces expositions. « C’est la première fois que nous venons et nous avons beaucoup apprécié la diversité de ce qui est proposé : on passe de vestiges palestiniens, à des guitares modernes, à des représentations de la Vierge », s’extasie un couple de montpelliérains. Une Marseillaise, elle, ne semble pas du même avis : « Cela fait plusieurs fois que je viens et franchement, c’est toujours pareil : les expos temporaires sont souvent top, mais par contre les permanentes…je trouve qu’elles n’ont aucun sens », explique Isabelle, habitante du sud de Marseille. Le musée a également su toucher les visiteurs étrangers : « Nous venons des États-Unis et nous avons trouvé l’architecture du musée magnifique avec sa vue sur la mer. Les explications en anglais à l’intérieur du musée nous ont aidé à mieux comprendre les expositions », détaille une famille américaine. Sur place, une classe de maternelle écoute une employée du musée. Rien d’étonnant puisque cette année, grâce aux projets et dispositifs mis en place, le Mucem a connu une « fréquentation scolaire exceptionnelle » avec plus de 53 500 élèves, soit une hausse de 19% par rapport à l’année précédente.

  • Christine Romano nommée tête de liste de Fréjus Riposte

    Christine Romano nommée tête de liste de Fréjus Riposte

    Ayant réussi le pari de réunir un large spectre de la gauche (PCF, LFI, PS, Les Écologistes, l’Après), Fréjus Riposte formalise désormais son projet politique à un peu plus de deux mois des élections municipales. Sa tête de liste a été désignée par les colistiers et présentée samedi : il s’agit de Christine Romano, militante PCF, retraitée de la Poste, et présidente de l’UL CGT Saint-Raphaël-Fréjus depuis vingt ans (poste qu’elle va céder à Cathie Klink, aussi membre de Fréjus Riposte).

    Forte de son engagement de longue date, elle est habituée aux campagnes électorales après s’être présentée aux élections départementales de 2021 dans le canton de Fréjus. Elle en a (re)précisé les contours, déjà exposés en novembre lors de la présentation de la liste. Première motivation : reprendre la ville au RN et à David Rachline, qui la dirigent depuis 2014. « Le RN se dit proche de la population mais n’hésite pas à voter contre l’augmentation du Smic et contre la taxe Zucman. Il défend les catégories les plus favorisées contre le reste de la population », dénonce Christine Romero, qui ne manque pas de rappeler le bilan du maire actuel, « impliqué dans des affaires de prise illégale d’intérêts [il a été jugé en septembre, verdict attendu le 27 janvier, Ndlr.] et favoritisme [jugement le 22 septembre, Ndlr.] ».

    L’écologie en « fil rouge »

    Christine Romano et Fréjus Riposte promettent ainsi une rupture vis-à-vis de la municipalité actuelle. Tout d’abord sur l’aspect démocratique, « en faisant des citoyens des co-concepteurs de la politique municipale. Nous organiserons l’intervention populaire via le droit de pétition, un budget participatif… ». L’écologie sera le « fil rouge » des politiques municipales, notamment sur le logement, « avec la création de 3 000 logements sociaux manquants, avec des matériaux durables, des espaces verts et des services », et l’abandon du projet d’hôtel 4 étoiles à la Base Nature, « qui doit rester réservé à l’usage exclusif de la population », pointe Christine Romano.

    Parmi les projets énoncés par Fréjus Riposte, la création d’une « maison médicale avec du personnel salarié, donc sans dépassement des honoraires », tout en « défendant et améliorant l’hôpital public ». La sécurité sera « assurée en priorité par la police nationale, mais aussi avec des médiateurs, des espaces de dialogue appuyés notamment par la police municipale ». Une politique de transport ambitieuse avec « des navettes pour les villes périphériques et les transports municipaux, la création de pistes cyclables et la mise à disposition de vélos ». L’éducation sera, enfin, un axe prioritaire, avec « la mise en valeur du patrimoine de la ville, une cuisine centrale alimentant les cantines scolaires en produits bio, et l’ambition de faire de Fréjus une ville universitaire », soutient Christine Romano, qui compte aussi « mettre en place des centres sociaux, notamment dans les quartiers de Villeneuve, de l’Agachon, de la Gabelle, que le maire avait supprimés dès son élection ».

  • À La Ciotat, les communistes œuvrent au rassemblement

    À La Ciotat, les communistes œuvrent au rassemblement

    C’est dans un contexte international, national et local d’une gravité et d’une singularité inédites que les communistes ciotadens ont présenté leurs vœux, dimanche, en présence notamment des conseillers municipaux et membres du collectif La Ciotat nous rassemble, Karim Ghendouf et Mariann Chrétien, de la conseillère municipale PS Martine Cuccaroni, du secrétaire de section PS Toni Delogu et de syndicalistes cheminots, de l’éducation, de l’hôpital et de l’énergie.

    Deux opérations concrètes de solidarité

    Secrétaire de la section du PCF de La Ciotat, Sébastien Madau a abordé toutes les dimensions du moment. « Le premier des vœux que nous tenons à vous souhaiter sont des vœux de paix. Une paix chaque jour davantage bafouée par les logiques guerrières, capitalistes, nationalistes et impérialistes. » Il souligne que « ces guerres ont un point commun : elles voient les peuples en être systématiquement la première victime, innocente ». Le responsable communiste cite le peuple palestinien « victime d’un génocide sous le coup du gouvernement israélien ». Les peuples « ukrainien et russe pris en étau par les folies ultranationalistes ». Les peuples « du Venezuela, de Cuba et de l’ensemble de l’Amérique latine, victimes de l’intimidation et des actions revanchardes de l’impérialisme américain, dirigé par le sinistre Donald Trump ». Sans oublier les « femmes et hommes d’Iran, qui descendent depuis plusieurs jours dans la rue. Certes pour dénoncer leurs conditions de vie difficile sur le plan économique mais, plus largement contre la politique liberticide de cette théocratie à bout de souffle. »

    Sébastien Madau avertit : « Soyons vigilants, appelez-le comme vous le voulez, néoconservatisme, néofascisme. : nous vivons un changement de l’ordre mondial dans lequel le droit international ne compte plus. » La section du PCF prépare deux opérations concrètes de solidarité, annonce Sébastien Madau : une collecte de médicaments (paracétamol, antibiotique et préservatifs) en faveur de Cuba et une campagne de parrainage pour une famille palestinienne vivant dans un camp de réfugiés en Cisjordanie en coopération avec l’association France Palestine Solidarité.

    Sur les municipales, la section du PCF « est engagée depuis plusieurs années au sein du collectif La Ciotat nous rassemble », rappelle Sébastien Madau. Il estime que ce rassemblement « doit se poursuivre, s’amplifier (..) Les partis de gauche sont évidemment placés devant leurs responsabilités. » Se référant au « sursaut » de la gauche lors des législatives anticipées, il invite à être « capables de construire un tel élan dans notre commune ». Et Sébastien Madau de relever « des signes encourageants comme en témoigne le comité de soutien de La Ciotat nous rassemble qui a d’ores et déjà atteint les 250 personnes ».

  • Les sept propositions de Nicolas Koukas pour le centre-ville d’Arles

    Les sept propositions de Nicolas Koukas pour le centre-ville d’Arles

    Le local de campagne de la rue de la République n’est pas encore inauguré que Nicolas Koukas, tête de liste (PCF) de l’Union pour Arles aux élections municipales de mars 2026 était en conférence de presse vendredi matin au sujet du centre-ville et des commerces. Le candidat a fait état de sept propositions « amendables et travaillées avec les commerçants » avec ses partenaires de gauche et de l’Appel d’Arles.

     L’incitation fiscale sur les loyers

    « C’est possible de faire mieux » en matière de lutte contre la vacance des locaux commerciaux, selon le candidat, prenant en exemple « Nîmes et Salon qui ont une vacance inférieure ». Nicolas Koukas propose une « réduction voire une exonération » temporaire de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB) au travers d’une « convention-contrat entre les commerces bénéficiaires et la Ville ». « Je suis allé à Chambéry récemment, et ça marche bien », assure le candidat.

     Une coopérative foncière municipale

    Autre outil proposé pour résorber le problème des locaux commerciaux vides, la création d’une Société coopérative d’intérêt collectif (Scic) dédiée au foncier commercial. « Nous échangeons avec la Chambre de commerce d’Arles (CCI) pour créer cet outil qui permettrait à la Ville de préempter des locaux dans les rues stratégiques, comme celle de l’Hôtel de Ville et de la République », détaille Nicolas Koukas. « Cette forme juridique permet des financements de la Ville et de l’Agglomération, mais aussi les acteurs économiques comme la CCI », complète-t-il.

     Mobilité et stationnement

    Nicolas Koukas veut instaurer « la gratuité des transports pour les Arlésiens, comme à Montpellier ». Pendant les 15 jours de la période des fêtes, l’Union pour Arles propose la gratuité du stationnement. « C’est demandé par les commerçants et ça permet de faire venir les visiteurs extérieurs », avance la tête de liste, indiquant également que « nous prêterons attention aux voitures-ventouses pour permettre une rotation quotidienne ».

     Tranquilité urbaine

    Le candidat veut « un centre-ville sûr et rassurant » et propose pour cela d’« allier la mise en place d’un service public de police municipale, avec des patrouilles visibles en soirée, doublé d’une brigade de la tranquillité urbaine en lien avec les habitants pour remonter leurs inquiétudes ». Julie Bonato, militante féministe, souhaite également mettre en place « l’arrêt des bus à la demande pour les femmes pour les rapprocher de chez elles » et veut améliorer l’« éclairage, pas toujours suffisant ».

     Propreté

    « Nous voulons des interventions rapides d’une brigade anti-grafiti sous 48h », indique Nicolas Koukas, « avec une lutte renforcée sur les façades et vitrines commerciales ».

     Animation

    Le candidat souhaite « co-construire l’animation du centre-ville avec les commerçants » et propose un rendez-vous nocturne mensuel, pointant par exemple l’insuffisance « de l’animation avec juste des chalets » pendant les 15 jours de fêtes de fin d’année.

     Gouvernance partagée

    « On ne peut plus décider d’en haut » tance Nicolas Koukas, qui souhaite développer « un service municipal de dynamisation pour accompagner les commerçants au niveau administratif » et animer « un conseil permanent des commerçants réuni chaque mois avec le maire, les agents et des représentants des habitants ». « L’idée est de faire participer les Arlésiens au travers de sondages et de rendez-vous pour savoir ce qu’ils veulent au centre-ville » abonde Baptiste Guerri, entrepreneur, dans l’esprit de la « démocratie participative et contributive » comme résume François Leclerc (NPA).

    Le prochain rendez-vous sera l’inauguration du local de campagne du 26 rue de la République, samedi 17 janvier à 11h.

  • Gaby Charroux veut préserver l’art de vivre des villages

    Gaby Charroux veut préserver l’art de vivre des villages

    « Nous voulons préserver ce qui fait notre ville, mais pas la figer », tel l’explique le maire-candidat (PCF) Gaby Charroux aux participants à la réunion publique organisée à la salle de réception du Domus, à Carro samedi matin, dans le cadre de la campagne pour les élections municipales des 15 et 22 mars 2026.

    À Carro et aux alentours, le maire sortant affirme vouloir « conserver l’art de vivre de Martigues et ses villages » et cela implique la vie associative. Le président du comité des fêtes de Carro, Marc Troulier relève qu’« il n’y a qu’à lever la main pour avoir des tables, des chaises, de l’eau et le terrain, dont on a jamais payé de droit d’occupation pour les fêtes, contrairement au Port départemental. On a même un électricien sur les 3 jours de fête ».

    Marc Troulier observe une « saisonnalité » dans la vie des villages, parlant d’un « impact sur la population » notamment sur le plan du logement. Le maire sortant connaît cette contradiction : « C’est le revers de la médaille » de la préservation du territoire, « en contrepartie c’est dur et cher de se loger », reconnaît-il. Mais c’est un choix, « on ne bétonnera pas la Méditerranée », affirme Gaby Charroux, qui annonce travailler en prime « à la création de zones agricoles protégées » sur la plaine de Saint Julien, pour « figer » le rôle de ce lieu.

    Du logement contrôlé

    À propos de logement, un participant avance que « la perte d’identité » des habitants viendrait du fait qu’« une partie de notre population n’est pas martégale ». Il demande : « Allez-vous continuer à faire du logement social ? À être au-dessus des quotas ? Allez-vous demander à avoir la main sur qui on y met ? ». « La question se pose », répond Gaby Charroux, « nous sommes à 28% de logement social quand les obligations sont à 25%. On a besoin de rénover mais aussi de veiller au peuplement », argumente l’édile, indiquant travailler « avec les bailleurs pour ne pas servir de déversoir à d’autres endroits ».

    Le maire ne renonce pas à construire. « Il faut produire 180 logements par an pour les habitants actuels de Martigues (…) et 70 de plus pour l’arrivée de nouveaux salariés de la zone industrielle de Fos », indique Gaby Charroux, que ce soit par le privé ou en logement social. Soit 250 logements à produire à l’année, avec du social « contrôlé » de l’avis du maire, et du reste avec « de l’accession à la propriété pour les martégaux ».

    Autre sujet local, la « voirie dégradée » soulevé par un autre participant. Gaby Charroux rappelle que certaines sont communales, et d’autres départementales, comme la route des Bastides. « Un côté est rénové car nous avons demandé la maîtrise d’ouvrage temporaire, le reste le sera dès que nous aurons solutionné le ruissellement de l’eau avec la Métropole », annonce le maire candidat.

    Prochaine étape, le bilan de mandat de l’équipe sortante sera présenté samedi 17 janvier prochain à 10h, salle Raoul Dufy.

  • La Ville de Marseille refuse de communiquer l’avenant au bail de la Villa Valmer

    La Ville de Marseille refuse de communiquer l’avenant au bail de la Villa Valmer

    Malgré un avis favorable de la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada) délivré à la rédaction du journal le 18 septembre 2025, la Ville de Marseille ne s’est toujours pas résolue à permettre la consultation de l’avenant conclu les 11 et 16 décembre 2024 au bail emphytéotique de la Villa Valmer du 25 juin 2020.

    Notre relance auprès de la direction des services juridiques de la ville est restée lettre morte. Cet avenant fait suite à la médiation réussie entre la Ville et les investisseurs hôteliers après une série d’infractions aux règles de l’urbanisme. Pourquoi tant de mystère qui nourrit la suspicion alors que la transparence des données et de l’action publique est le socle des sociétés démocratiques ? D’autres collectivités publiques publient régulièrement sur leur site des avenants à des baux commerciaux, des contrats et des conventions d’occupation sans opposer le secret des affaires. Dans son avis favorable, la Cada, qui a pris connaissance du bail sollicité et de ses avenants « ainsi que des propositions d’occultation que le maire de Marseille envisage de réaliser », estime que ces documents sont communicables au demandeur « sous réserve de l’occultation préalable des mentions couvertes par le secret de la vie privée (dates de naissance et coordonnées des personnes physiques, nom des signataires représentants de la SAS Villa Valmer) et le secret des affaires (montant et modalités de calcul de la redevance, montant de l’abattement, montants relatifs aux travaux) ». On peut s’étonner de ces occultations demandées d’éléments librement exposées et débattues devant le conseil municipal, sur un bien patrimonial public qui passe au secteur privé hôtelier pour 60 ans. Pour le moment, c’est circulez il n’y a rien à lire, rien à commenter. C’est occultation totale.