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  • Baumettes : l’ex-directrice témoigne de son calvaire

    Baumettes : l’ex-directrice témoigne de son calvaire

    Elle est arrivée à l’audience de la 7e chambre de Marseille escortée par ses gardes du corps, visages masqués comme elle. Figure longiligne compressée dans son uniforme de l’Administration pénitentiaire, coiffée du tricorne, elle a retiré son épais gilet pare-balles pour s’entretenir avec ses trois avocats.

    Depuis que l’organisation criminelle DZ Mafia a mis un contrat pour l’assassiner, l’ancienne directrice du centre pénitentiaire des Baumettes est sous protection. La Marseillaise avait révélé, le 3 décembre 2024, sa suspension et son exfiltration après la diffusion, sur des réseaux sociaux, de sa mise à prix. « Marseille. 120 000 euros pour la tête de la directrice des Baumettes. » Le post sur TikTok affichait la marque DZ Mafia avec la mention « On vous parle gentiment, vous ne voulez pas comprendre. » Des menaces d’autant prises au sérieux qu’étaient interpellés, la veille, deux jeunes armés et cagoulés à proximité du domicile d’un de ses adjoints. Tout serait orchestré par un des chefs de la DZ Mafia écroué aux Baumettes après un différend sur ses conditions de détention.

    Ce mardi, la fonctionnaire aux 30 ans d’ancienneté a pris la parole au procès de deux détenus accusés d’« apologie de crime » et d’« acte d’intimidation envers un dépositaire de l’autorité publique ». Ils ont relayé en mars 2015, sur leur compte Snapchat, l’appel à l’éliminer. « Ce que vous avez publié a bouleversé ma vie », a-t-elle lancé à Othmane, 30 ans, en visioconférence depuis la prison de Nantes. « Ma vie a complètement changé. C’est un appel à l’assassinat réel avec pour moi un risque majeur de mourir », ajoute la quinquagénaire. « Depuis un an, je suis protégée. Je prends énormément de risques à être là. Je suis partie précipitamment pour un poste que je n’ai pas choisi. Je suis partie seule pour sauver ma vie. Un an que je suis à l’isolement. Vous avez brisé ma vie. » Son avenir professionnel ? « L’Administration pénitentiaire, je l’ai aimée, mais je vais la quitter. J’avais travaillé trois ans sur le projet des Baumettes 3. J’ai été arrachée en plein vol à six mois de l’ouverture. »

    « Je suis désolé d’avoir relayé cette info. J’ai fait le con », se repent Othmane, 11 mentions au casier, dont le viol d’une prostituée, et libérable en 2033. Il jure n’avoir rien à voir avec la DZ Mafia. « J’ai repris ça sur TikTok. J’ai vu que c’était problématique, mais j’ai tellement rien à voir avec tout ça. Je ne connais pas Marseille, je n’ai jamais été aux Baumettes. » Pour le confondre, les Renseignements pénitentiaires, dont les informations sont couvertes par le secret-défense, ont produit des captures d’écran de son compte « Cellule frappe » orné d’un émoji de Kalachnikov. « Vous participez indirectement au recrutement d’un tueur et ça banalise l’offre d’emploi pour venir tuer un représentant de l’état », lui lance la présidente.

    Sabrina, 30 ans, détenue à Rennes, a refusé de comparaître. Avec 17 mentions au casier pour de nombreux vols, la délinquante marseillaise, un temps sous surveillance pour radicalisation, a dit en garde à vue avoir « fait circuler cette story à titre informatif » sur son compte « LibérezmoiDZ », se disant « effarée à tel point qu’on était des fous à Marseille ».

    Pour le parquet, « cette affaire s’inscrit dans un contexte de déstabilisation de l’Administration pénitentiaire par le crime organisé », précédée « d’attaques concertées révélatrices d’une volonté d’intimider l’administration et la République française pour imposer sa loi ». à ses yeux, « ils sont prêts à monter dans le train du crime organisé avec l’objectif de faire une administration faible et permissive ». De requérir 2 ans dont 6 mois avec sursis probatoire pendant 2 ans, indemnisation de la partie civile, 5 ans d’interdiction de séjour à Marseille et de port d’armes.

    « C’est un compte privé, il n’y a pas d’apologie, pas d’intimidation », oppose Me Flore Nanchino, qui plaide la relaxe. « C’est stupide, immoral, débile, mais pas pénal. » Délibéré le 28 janvier.

  • [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite brandit LFI comme épouvantail

    [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite brandit LFI comme épouvantail

    En sept minutes devant la presse, ce mardi matin, le directeur de campagne et porte-parole de campagne du RN cite dix fois le nom de son candidat, Franck Allisio. Et huit fois la France insoumise, sept fois le nom de Sébastien Delogu. Créditée de 30% d’intentions de vote au premier tour à égalité avec le maire sortant dans le sondage La Marseillaise / Experts et territoire / Ipsos-BVA publié ce lundi, l’extrême droite a décidé de miser pleinement sur le rejet des insoumis pour poursuivre sur sa dynamique et rallier davantage à droite. « La menace, pour Marseille, c’est que la gauche et l’extrême gauche ne fassent qu’un », lance ainsi Olivier Rioult. Avant de dresser la caricature d’une « ville sans emploi, avec des squats généralisés, des tags, de l’insécurité, couverte de salles de shoot » si la gauche reste à la tête de la municipalité, d’une France insoumise qui prône « le racialisme d’un côté, la violence de l’autre ».

    Alors, pour enfoncer encore plus la droite, dont les intentions de vote ont chuté de trois points depuis le mois de décembre, il tente : « Nous appelons solennellement à ce que Martine Vassal se retire. » Une inversion des fronts républicains, pour jouer sur une corde qu’il sait sensible dans les rangs de la droite.

    Normalisation

    « pro-business »

    « Parmi les élus que vous connaissez, il y a une prise de conscience de cette menace pour Marseille, ils seraient prêts à appeler à voter pour Franck Allisio demain », jure l’ancien collaborateur de Martine Vassal rallié au RN en 2024. « Je fais partie de cet ancien monde, je sais quelles sont leurs idées, ils partagent à 99% ce qu’on défend », appuie le vice-président de l’UDR dans le département, Jean-Baptiste Rivoalan, ancien président du groupe majoritaire à la Métropole, qui vise « beaucoup de LR qui comptent autour de Martine Vassal ». « Franck Allisio est prêt à tendre la main aux LR qui sont sincères », promet son porte-parole, après la valse des ralliements de l’automne.

    Derrière cet appel, l’inquiétude pointe d’un retour du barrage républicain. « Depuis la déclaration de candidature de Benoît Payan, il y a cette petite musique de la diabolisation qui réapparaît, on convoque Vichy, on explique qu’il y aurait un danger pour Marseille », déplore Olivier Rioult. Là où le RN tente de se normaliser, se présentant comme « pro-business ». « Les investisseurs nous ouvrent les portes », promet ainsi le directeur de campagne. Passant outre le sondage publié dans nos colonnes, ce mardi, dans lequel seules 29% des personnes interrogées estiment que Franck Allisio ferait un bon maire (et 33% un mauvais maire). « C’est la première fois qu’il est candidat, les Marseillais apprennent à le découvrir », pointe Olivier Rioult, notant la progression de sa notoriété depuis le lancement de campagne en juin. Mais ce déficit, paradoxalement, peut aussi servir le candidat de l’extrême droite. « Il incarne un nouveau visage, un renouvellement », vante-t-il. Une pièce de plus dans la normalisation, même si le costard craque un peu lorsque ce directeur de campagne partage, sur les réseaux, des visuels décrivant des adjoints à la « préférence algérienne », aux « relations avec les islamistes », dans la droite ligne des vieilles outrances racistes du RN. « Il y a peut-être une forme de caricature », hausse des épaules l’auteur de la publication.

    Peu importe : tout juste sorti de la cour d’appel d’Aix où il était jugé pour favoritisme, le sénateur Stéphane Ravier fait toujours le rabatteur en colportant les théories racistes de « grand remplacement » et d’une islamisation de Marseille qui menacerait ses traditions, avant d’appeler à voter pour Franck Allisio, au mois de mars, pour « vaincre ou périr ». Et le Mr. Hyde de la normalisation de l’extrême droite de vanter sa « liberté de ton » retrouvée en n’étant pas candidat.

    Et aussi

    Batailles de chiffres sur les brigades de nuit

    En affirmant sur les ondes de France info, lundi matin, qu’il n’y a seulement « la nuit à Marseille, qui circulent, [que] 40 policiers nationaux », le maire (DVG) sortant, désormais candidat, à fait grincer quelques dents. « Tous les jours à Marseille, de 19h à 6h, ce sont en moyenne plus de 160 policiers qui sont mobilisés sur la voie publique », répliquait par communiqué le préfet de région en début de soirée. Et d’appuyer : « Leur action est déterminante et leur abnégation totale. Les enjeux politiques ne sauraient remettre en cause leur engagement. » « En discréditant l’action du préfet, Benoît Payan envoie un feu vert aux délinquants », ajoute la fédération LR des Bouches-du-Rhône. « Ces 40 personnes correspondent aux douze équipages qui sont la présence maximale des policiers qui font des patrouilles », indique l’entourage de l’édile, qui souligne vouloir parler de « présence policière permanente la nuit ». Tandis que le maire s’alarmait de voir l’actuel ministre « en train de reprendre » les effectifs accordés.

    Les quartiers populaires veulent peser à gauche

    Ce mercredi à 18h, des responsables associatifs particulièrement implantés dans les 13e et 14e arrondissements organisent un meeting à l’espace Arena afin de structurer leur réseau citoyen, Forces vives. Parmi eux, Yahya Gungormez implanté aux Aygalades (15e), Belaid Aroun à la Maurelle (13e), Fatima Mostefaoui aux Flamants (14e). « C’est un réseau informel qui existe depuis un an », explique leur porte-parole, Sandro Piscopo. Sollicitées par les différents partis, ces têtes de réseau associatives veulent pousser pour plus de représentativité des quartiers populaires. « Nous défendons une autre méthode de gouvernance, partagée par les citoyens », indique-t-il. Avec des conseils citoyens, plus de budgets participatifs. En particulier, ceux-ci espéraient créer une seule liste citoyenne à gauche dans les 13-14, sans y parvenir, malgré des rencontres. Mais, contrairement au mouvement Marseille populaire, ils s’assument clairement à gauche et veulent poursuivre leur activité au-delà du seul scrutin municipal.

    Samia Ghali sera tête de liste du Printemps marseillais dans les 15-16

    Partie seule aux municipales en 2020 avant de rejoindre la majorité municipale comme maire adjointe, Samia Ghali (DVG) s’inscrit pleinement avec le Printemps marseillais pour cette campagne, avec son mouvement Marseille avant tout. « Je serai représentante dans les 15e et 16e arrondissements pour l’union de la gauche, pour qu’ils soient plus forts avec le Printemps marseillais », indique-t-elle à La Marseillaise. Et de préciser : « J’y ai commencé ma vie politique, je la finirai là-bas. »

    Martine Vassal désigne huit référents de secteur

    Martine Vassal a désigné les huit référents de sa liste « Marseille je t’aime » qui vont piloter sa campagne sur chaque secteur de Marseille. « Ils pourront être les têtes de le liste, mais ne le sont pas forcément », explique Romain Simmarano, directeur de cabinet de Renaud Muselier et porte-parole (Renaissance) de la campagne de Martine Vassal, désigné dans les

    les 1er et 7e arrondissements (secteur 1). Les 2e-3e reviennent à Solange Biaggi, déjà candidate en 2014 et 2020 et les 4e-5e, à Bruno Gilles, ancien maire de secteur (Hor). Dans le 6e-8e, Catherine Pila, élue LR et présidente de la RTM, a été désignée. Les 9e-10e sont confiés à Laure-Agnès Caradec, présidente LR des Bouches-du-Rhône et directrice de campagne. Les 11e-12e vont à Sylvain Souvestre, le maire sortant (LR), les 13e-14e à Marion Bareille, elle aussi maire de secteur (DVD). Le seul nouveau visage est dans les 15e-16e, un secteur où la droite passe rarement le 1er tour, avec la désignation de Gérard Blanc (Ren), l’ancien attaché parlementaire de l’ex-députée macroniste, Alexandra Louis. Les listes et le programme doivent être annoncés après la mi-février.

    La permanence de Bruno Gilles visitée

    La permanence de Bruno Gilles (Hor), ancien député et maire de secteur, aujourd’hui référent des 4-5 pour Martine Vassal, a été cambriolée avant même son inauguration pendant les fêtes. Plus d’un millier d’affiches, un écran géant, des doudounes militantes et une cafetière ont été volées. Le candidat a porté plainte pour effraction, menaces de mort et harcèlement en ligne, évoquant une « petite musique inquiétante ».

  • L’OM passe sans trembler

    L’OM passe sans trembler

    Après la seule grosse surprise de ces seizièmes de finale, l’OM se devait de faire le job.

    Car, si le PSG n’avait pas à rougir d’une élimination par le Paris FC (0-1) qui évolue en Ligue 1, les Olympiens savaient que, face à Bayeux, pensionnaire de Régional 1, ne pas poursuivre l’aventure en Coupe de France aurait été encore plus humiliant qu’une sortie de route face Carquefou, Quevilly ou Andrézieux, clubs de National 2 qui, dans un passé plus ou moins récent, ont joué un bien mauvais tour aux Marseillais.

    De ces mauvais souvenirs, c’est celui face à Quevilly qui reste le plus douloureux. Car concédé au stade Michel d’Ornano, en quart de finale de la Coupe 2012. Alors, pour les Olympiens, l’occasion était venue d’exorciser ce passage peu glorieux de leur histoire. Bayeux, petit Poucet de la compétition, en a fait les frais.

    Même si certains cadres offensifs étaient restés à la maison, le onze choisi par Roberto De Zerbi n’en conservait pas moins une force de frappe qui devait rapidement éteindre l’enthousiasme normand. Et si Oscar Lecanu gagnait ses deux premiers duels de la soirée, le gardien du BFC ne pouvait rien sur les quatre buts phocéens de la première période.

    Il était tout aussi dépassé par la vitesse d’exécution marseillaise lorsque, en cinq minutes, Mason Greenwood puis Amine Gouiri corsaient l’addition, au retour des vestiaires. L’OM allait même faire mieux qu’à Bourg-en-Bresse, avec neuf buts à son compteur. Face à un adversaire toujours aussi courageux, mais dont les forces s’amenuisaient au fil des minutes.

    Après leur non-match de reprise contre Nantes au Vélodrome, après la frustration d’avoir vu le trophée des champions leur filer entre les doigts à Koweït City, les Marseillais ont su trouver les ressources pour rester dans la course en Coupe de France. Ils ont su éviter le piège de Bayeux pour s’inviter en huitième de finale. Avec un duel face à Rennes, au Vélodrome, qui sera l’occasion d’effacer la frustration d’une ouverture ratée.

    Bayeux 0 (0)

    OM 9 (4)

    16e de finale Coupe de France

    Stade Michel d’Ornano. (20 000 spectateurs)

    Arbitre : G. Angoula.

    Buts : Gomes (13), Traoré (19), Greenwood (26, 50, 90), Gouiri (32, 55), Egan-Riley (80), Maupay (86).

    Avertissements : Gomes (22) à l’OM.

    BAYEUX : Lecanu – Jouan, Delain, Lefèvre (le Calvé, 60), Mayette – Cathrine (Connan, 46), Marazzi (Nambot, 75), Lemasson (Péan, 60) – Aubel – Guillotte (Anquetil, 75), Renaux.

    Entraîneur : E. Fouda.

    OM : de Lange – Murillo, Pavard, Medina ( c, Egan-Riley, 46 ), Emerson (Weah, 46) – O’Riley, Gomes (Bakola, 68), Nadir – Greenwood, Gouiri (Mmadi, 64), Traoré (Maupay, 64).

    Entraîneur : R. De Zerbi.

    Les Olympiens ont bien récité leur leçon

    Angel Gomes titulaire, c’était, avec Facundo Medina capitaine, la principale innovation de Roberto De Zerbi pour ce seizième de finale de Coupe de France.

    Laissé en tribunes face à Nantes et resté à Marseille pour le trophée des champions, l’international anglais se voyait offrir une opportunité. Engranger de la confiance, alors que son départ semble se dessiner. À l’image de Robinio Vaz, qui était à Rome pour discuter de son départ pour la Roma, au moment où ses futurs ex-coéquipiers débutaient leur match face à Bayeux.

    Une entame qui a vu l’OM mordre dans le ballon et imposer le jeu dans la moitié de terrain bayeusaine. Avec deux tirs cadrés de Murillo et Emerson avant la 5e minute, les Marseillais donnaient le ton. Suivaient deux buts d’Angel Gomes et Hamed Traoré pour faire le break avant la 20e minute.

    Pour Bayeux, le rêve virait alors au cauchemar. Avec une lourde défaite qui se dessinait pour le petit Poucet, qui a eu le mérite de ne rien lâcher jusqu’au bout. Alors que, comme à Bourg-en-Bresse lors du tour précédant, les Marseillais ont fait ce qu’il fallait pour poursuivre l’aventure.

    Les 8e de finale

    Avant le coup d’envoi du dernier seizième de finale, le tirage au sort des huitièmes de finale de la Coupe de France a été effectué en direct, sur beIN Sports. Les rencontres auront lieu le 4 février.

    – Toulouse – Amiens (L2)

    – Strasbourg – Monaco

    – Reims (L2) – Le Mans (L2)

    – Nice – Montpellier (L2)

    – Lyon – Laval (L2)

    – Lorient – Paris FC

    – Troyes (L2) – Lens

    – OM – Rennes

  • FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    FO veut une accélération de la réindustrialisation à Fos

    « Des dossiers chauds pour 2026, ce n’est pas ce qui manque. » En visite à Marseille, le secrétaire général de la fédération FO Métallurgie, Valentin Rodriguez, a des messages à faire passer aux acteurs locaux comme nationaux. Forte d’une bonne représentativité dans le secteur, des industries sidérurgiques à l’aéronautique, Force ouvrière tient à alerter sur une année charnière pour les travailleurs métallos et ses « points de vigilance ». « On a une industrie en souffrance, on ne découvre pas la nécessité d’avoir une industrie souveraine aujourd’hui », campe le secrétaire général.

    Il prend l’exemple de l’automobile, un secteur qui « a perdu 100 000 emplois sur les 20 dernières années ». De quoi afficher la position de l’organisation qui se veut empreinte de « pragmatisme ». « On dit “pourquoi pas” à l’accord récemment signé à Bruxelles [qui assouplit l’interdiction des moteurs thermiques prévue pour 2035 Ndlr]. Mais on est vigilant à ce que les salariés français ne soient pas les dindons de la farce », développe Valentin Rodriguez. En clair, FO appuie la nécessité de « plus de protectionnisme » et souhaite imposer un haut pourcentage de production locale dans l’industrie.

    Même raisonnement quand l’organisation réclame « un moratoire sur la décarbonation de la sidérurgie ». Sujet ô combien local avec « la situation critique » du site d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer. « On tourne en mode dégradé, le groupe a mis les moyens pour qu’on redémarre en partie la production », juge David Thourey, délégué syndical d’ArcelorMittal Méditerranée. Avant de dénoncer : « Il n’y a pas de vision à long terme, le secteur attend des mesures de l’Union européenne. » Pragmatisme encore donc. « C’est compliqué d’être compétitif quand l’acier chinois peut être vendu à perte car il a le soutien de son gouvernement », développent les syndicalistes.

    FO favorable à la ligne THT

    Avant de demander « plus de soutien et moins de pression sur la décarbonation » de la part du gouvernement français actuel. De quoi faire le lien avec la réindustrialisation du golfe de Fos. Gérard Ciannarella, coordinateur de FO Métallurgie dans la région dénonce « l’attitude irresponsable de l’État » au sujet de la ligne Très Haute Tension (THT) qui doit relier Fos et Jonquières, dans le Gard. Une infrastructure « nécessaire » aux différents projets industriels à venir. « On y est très clairement favorable, le secteur en a besoin. Il faut une décision rapidement, ce n’est pas normal que l’État reporte sa prise de position pour après les municipales », tempête le syndicaliste. Valentin Rodriguez insiste : « On parle de plus de 10 000 emplois à la clé, ce n’est pas rien ! ».

  • [Entretien] Anaïs Carpita : « Paul Carpita ne rend jamais la caméra plus importante que les gens »

    [Entretien] Anaïs Carpita : « Paul Carpita ne rend jamais la caméra plus importante que les gens »

    La Marseillaise : Quels sentiments vous habitent avec cette ressortie du film restauré en 4K ?

    Anaïs Carpita : Mon grand-père avait tourné des films, et notamment un, Le rendez-vous des quais, qui avait été censuré, perdu, disparu. Le film est ressorti une première fois en 1990. J’étais petite, mais cela m’avait beaucoup marqué car je l’avais vu au cinéma. Par la suite, j’ai découvert tous ses courts-métrages. Cela a bercé mon enfance et adolescence. Lors de la sortie de son deuxième long-métrage, Les sables mouvants, qu’il avait écrit a l’époque, mais n’est sorti qu’en 1996, j’étais adolescente. Pour Marche et rêve ! Les homards de l’utopie [2002], j’étais stagiaire assistante sur le tournage. J’avais 17 ans, je me préparais à la fac pour faire des études de cinéma. Je suis donc très émue. C’est beau d’avoir quelqu’un dans son entourage qui a essayé de vivre de son art : il a arrêté d’être instituteur pour se consacrer au cinéma. Savoir que c’est possible n’est pas étranger à ma vocation. Je garde toujours en tête ce que Ken Loach a dit, lors de la ressortie du Rendez-vous des quais en 1990 : « Paul Carpita ne rend jamais la caméra plus importante que les gens. »

    La ressortie du film en 4K et
    la restauration d’une partie de
    son œuvre redonne à Paul Carpita
    sa place en tant que cinéaste…

    A.C. : Oui, car il y a aussi des courts-métrages très beaux. Les gens vont les redécouvrir magnifiquement restaurés. Et l’idée, c’est de poursuivre ce mouvement grâce au CNC. Paul Carpita a tourné trois longs-métrages, mais aussi un quatrième, Rencontre à Varsovie. Il va être bientôt restauré. On souhaite pouvoir le sortir en salles, en faire une édition DVD avec ses œuvres presque complètes et que cela soit disponible en vidéo à la demande.

    Quel est le principal caractère révolutionnaire du film, selon vous ?

    A.C. : À la ressortie du Rendez-vous des quais en 1990, on a beaucoup parlé de « chaînon manquant » entre le néoréalisme italien, qui filmait la classe ouvrière dans la rue, avec la Nouvelle vague, qui était un cinéma un peu plus bourgeois. Mais le réalisateur Pascal Tessaud, qui a signé un livre d’entretiens avec Paul Carpita en 2009, dit quelque chose de très juste : les réalisateurs du néoréalisme italien étaient des gens plutôt bien nés qui filmaient des histoires tragiques. Mais, dans Le rendez-vous des quais, mine de rien, même si deux frères se retrouvent chacun d’un côté de la barricade, on sait qu’ils vont se retrouver. La dernière phrase de dialogue du film, c’est : « Nos amis nous attendent. » Malgré la dureté de leur vie, il y a beaucoup de joie, d’optimisme et de solidarité.

    Si la méconnaissance de sa filmographie s’explique par la censure de 1955, pensez-vous qu’elle est aussi causée par un mépris de classe ?

    A.C. : Elle est multifactorielle. Ça vient du fait qu’il ne vienne pas du sérail du cinéma, qu’il tourne sans autorisation, qu’il n’ait pas fait d’école, qu’il vienne du sud… Dans ses différents entretiens, Paul Carpita évoque le montage du film à Paris. Il avait senti quelque chose d’assez méprisant sur les faux raccords. Au début, ils voulaient même couper la scène d’anniversaire de la petite à qui on offre un poupon. À Paris, ils ont trouvé ça naïf et risible. Idem pour la réplique de l’héroïne qui dit « oh ma permanente » quand elle va à l’eau. Pourtant, on n’a pas à être au-dessus de ses personnages. Ça reste une époque et des répliques vraies.

  • Cinéaste engagé

    Cinéaste engagé

    Censuré, perdu, retrouvé, restauré… L’histoire du Rendez-vous des quais est une épopée. Sorti des limbes, où la censure avait voulu le plomber, par la volonté d’une poignée de convaincus, dont Claude Martino, pilier des pages cinéma de La Marseillaise des années durant. Le chef-d’œuvre de Paul Carpita va vivre une nouvelle étape dans une version désormais numérisée.

    Un film où les héros sont un docker et une ouvrière, où on parle chômage, crise, répression, lutte syndicale et solidarité. Mais aussi de refus de la guerre, de la « sale guerre », la guerre d’Indochine. Une œuvre tournée avec des moyens dérisoires, des acteurs non professionnels, qui mêle images de fiction et archives. Ce qu’on ne voit pas à l’écran, c’est la censure dont cette œuvre a été la victime, accusée de porter atteinte à l’ordre public pour avoir osé s’opposer à la guerre et montrer des ouvriers qui refusaient d’obéir.

    Toujours d’actualité

    Ce qui crève l’écran est qu’un instituteur, issu de la classe ouvrière, militant communiste, a pris une caméra, avec une virtuosité désormais reconnue. Qu’il veut montrer « les petites gens » pour reprendre sa formule, leur vie quotidienne et leurs luttes, documenter les mouvements sociaux, le refus de la guerre. Ce qu’on ne montrait jamais, qu’on ne voulait pas voir.

    Forcément, on ne peut que penser à la récente action de la CGT des Dockers, qui ont refusé de charger sur un navire à destination d’Israël un conteneur rempli de composants militaires, refusant d’« être complices de massacres » qui se déroulaient à Gaza. Le Rendez-vous des quais à plus de 70 ans. Mais son sujet est d’une actualité brûlante.

  • Paul Carpita au rendez-vous de l’histoire

    Paul Carpita au rendez-vous de l’histoire

    « Une nouvelle page s’écrit », estiment, dans une émotion contenue, des membres de l’association Les camarades de Paul Carpita, en ce jeudi 8 janvier. Leur tour de force, celui de ressusciter en résolution d’image 4K un film exceptionnel, mais maudit, aurait pourtant mérité bien des effusions. L’objectif : montrer que Paul Carpita, cet instituteur, fils d’un docker et d’une poissonnière, entré par une effraction jubilatoire dans le monde du 7e art, « est un vrai cinéaste », affirme Claude Martino, une heure avant l’avant-première du Rendez-vous des quais, au cinéma La Baleine. « Sauf que ses films étaient en déshérence totale et improjetables », rappelle ce journaliste qui a noirci La Marseillaise de ses coups de plumes pendant 40 ans et fut l’ami de Carpita (1922-2009).

    Mais la ténacité des Camarades de Paul Carpita a eu raison de ces obstacles avec le Centre national du cinéma (CNC), qui a restauré numériquement son chef-d’œuvre, mais également certains de ses courts-métrages comme Marseille sans soleil, « peut-être le plus beau film jamais réalisé sur Marseille », affirme Bruno Jourdan, producteur et réalisateur, membre de l’association. Mais pour se rendre compte de leur tour de force, un flashback s’impose.

    Solidarité à toute épreuve

    « Le Rendez-vous des quais a été tourné dans un Marseille en proie à des tensions sociales. Après l’avoir présenté au cinéma Le Rex, nous décidons de montrer le film, le lendemain, aux dockers et à leurs familles. à ce moment, quelque chose d’extraordinaire et de dégoûtant se passe. Les camions de CRS investissent le quartier. La police fait irruption dans la salle de cinéma archi-comble et saisit les bobines du film dans la cabine de projection », se remémore Paul Carpita, en 1990, au moment de la ressortie d’un film qu’il croyait perdu.

    Ce drame non dénué d’humour, relatant le quotidien chiche, digne et solidaire d’un jeune couple d’ouvriers marseillais, sur fond de grande grève des dockers contre la guerre d’Indochine en 1949-1950, ressurgit à l’époque grâce à Jean Daniel, assistant de Carpita et ancien directeur de l’Alhambra. Il remet la main sur « deux copies saisies, encore sous scellés aux Archives de Bois d’Arcy ». Mais, à l’époque, « dans les articles de presse, tout le monde se raconte l’histoire de la censure, du film maudit », campe Claude Martino. Comme si sa légende tragique en avait occulté la qualité remarquable. Désormais, fini pareil silence, espère-t-il à propos de ce film tourné avec des comédiens non professionnels, « une caméra légère » et en extérieur. « Maintenant, on va parler des personnages, de la qualité des images, de ce qu’on n’avait pas pu véritablement sentir à l’époque. La malédiction était si puissante qu’on ne parlait que de ça », regrette à rebours cette bible sur pattes qui lui a consacré de nombreux écrits.

    Le rendez-vous des quais, ça fait l’effet d’une claque. Un taquet asséné façon Robert Fournier, docker étranglé par la raréfaction du travail sur le port de Marseille, à Jo, le « jaune », briseur de grève qui lui fait miroiter un appartement en échange de sa docilité avec le patronat, lorsqu’il découvre la manigance. Pour le grand capital, l’idée de tourner la tête du frère d’une figure syndicale CGT du port pour discréditer le mouvement était trop belle. L’une des scènes marquantes de ce film que Paul Carpita réalise entre 1950 et 1953, avec lignes de fuites et poésie lorgnant vers l’horizon ouvrier. Et des images d’un mouvement social et pacifiste qu’il capte alors dans la ville. Une histoire d’amour entre Robert et Marcelle, ouvrière dans une biscuiterie, face à leur entrée dans la vie maritale, freinés par le manque de moyens, alors que les dockers suivis par bien d’autres corporations, mènent une grève historique, les cercueils des appelés d’Indochine étant rapatriés à la pelle par bateaux. « En faisant ce film, je brûlais d’envie de témoigner de mon époque, de pousser un cri contre la guerre et de filmer les petites gens », a déclaré par le passé Paul Carpita.

    Un geste militant qui détonne dans le cinéma des années 1950, peu habitué à de tels héros. En 1989, le producteur Yves Rousset-Rouard qualifiera le film de « chaînon manquant » du cinéma français, rappelle Claude Martino. « Un film néoréaliste qui anticipe la Nouvelle vague ». « En tant que distributrice, confie malgré tout Cécile Farkas, dirigeante de la société Doriane films, un certain nombre de salles m’ont rétorqué que la réputation du film était illustre, mais que sa qualité était amateur. » Un mépris de classe dont les Camarades de Paul Carpita ont eu raison.

    Les séances programmées pour l’instant dans la région

    Jeudi 15 janvier. Au cinéma Le Royal à Toulon, en présence de Claude Martino en soirée.

    Vendredi 16 janvier. Au Ciné89 de Berre-l’Etang, à 19h, en présence d’Anaïs Carpita.

    Samedi 17 janvier. Dans la salle « Paul Carpita » du cinéma Le Clap, à Bollène, à 17h30, en présence d’Anaïs Carpita.

    Dimanche 18 janvier. Au cinéma La Baleine, à Marseille, à 16h, en présence d’Anaïs Carpita. La projection d’autres courts et moyens-métrages de Paul Carpita est également prévue.

    Du 21 au 27 janvier. À l’affiche du cinéma Le Royal, à Toulon.

    Mercredi 4 février. Au cinéma Olbia de Hyères, en présence de Claude Martino. Avec la projection d’autres courts-métrages.

    Les 6 et 7 février. Dans la salle marseillaise du Vidéodrome2. Projection d’autres courts-métrages tels que Marseille sans soleil ou Graines dans le vent.

  • [Sondage La Marseillaise] Distancée par le RN, la droite marseillaise appelle à « la confrontation des idées »

    [Sondage La Marseillaise] Distancée par le RN, la droite marseillaise appelle à « la confrontation des idées »

    Point presse sous pression au QG de campagne de Martine Vassal, cours Pierre-Puget (6e), ce mardi. Le thème initial a été ajourné pour un rendez-vous « plus politique », et l’heure avancée pour permettre à la très droitière sénatrice (LR), Valérie Boyer, d’y prendre part. à deux mois du scrutin, le sondage égrainé depuis lundi dans La Marseillaise, a bousculé la campagne en plaçant le candidat d’extrême droite (30%), largement devant la candidate de la droite dite républicaine (23%). Deux courbes qui se croisent.

    « Il y a beaucoup d’agitation, tout le monde commente en jouant le second tour avant le premier, mais la plupart des candidats confondent des échéances nationales avec ces municipales », tempère Romain Simmarano (Ren). Le porte-parole de Martine Vassal essaie de recentrer le débat, appelle à parler « projet », « visions », à la « confrontation des idées » et s’évertue à replacer sa candidate dans « un duel à deux », s’appuyant sur le second volet du sondage, sorti le matin-même.

    à la question « qui ferait un bon maire ? », 47% des Marseillais interrogés répondent Benoît Payan (DVG), 44% Martine Vassal (DVD) et 29% Franck Allisio (RN). « On a pour la première fois un chiffre intéressant, avec la seule question qu’on devrait se poser. Et là, les choses s’inversent et créent un duel de fait », argue Simmarano.

    « Mais qui sont-ils ? »

    Pour l’équipe de campagne, ce chiffre souligne la fragilité du maire. « Un sortant n’a pas un taux de satisfaction de moins d’une personne sur deux », glisse Valérie Boyer, quand son partenaire met en avant sa candidate qui « n’a jamais été maire, se présente avec son expérience et une équipe forte de son renouvellement et de son savoir-faire ». L’offensive contre Payan, accusé de « nier les problèmes » et « recycler 85% du programme de 2020  », est ciblée : « Il a eu six ans et les pleins pouvoirs municipaux et son bilan est famélique », assène le porte-parole.

    Et si on observe que les 46% de Marseillais estimant que « Martine Vassal ne serait pas une bonne maire », jugent peut-être aussi son bilan à la tête de la Métropole sur les transports, la propreté ou la voirie, les deux balaient. « Elle n’est pas maire », objecte Valérie Boyer. « C’est une élection municipale », répond Simmarano, oubliant que les conseillers métropolitains seront aussi désignés en mars. « Le maire a un statut particulier avec la clause de compétence générale. Donc, quand on regarde l’état d’une ville, on ne peut regarder que le bilan de la municipalité ».

    Mais le discours est vite parasité par un point presse tenu une heure plus tôt par le RN (lire ci-contre). Se basant sur le sondage, il y a appelé au retrait de Martine Vassal. Si Valérie Boyer juge la manœuvre « paresseuse », Romain Simmarano s’énerve presque : « Mais qui sont-ils ? La démocratie, ce n’est pas demander à son adversaire de se retirer avant l’élection ! La campagne de Franck Allisio est motivée par la peur, la trouille des autres, de la confrontation et du terrain (…). Le RN n’a aucune proposition. Il se complaît dans le rôle d’assurance vie de Benoît Payan. »

    La droite, qui a surfé sur les thèmes sécuritaire, jusqu’à assumer un partage des valeurs avec le RN, revendique désormais une ligne claire. « Nous, c’est le gaullisme, la République, l’amour du drapeau, la volonté d’avoir une ville sécure qui offre des perspectives à tous ces enfants. Ça c’est nous, cette droite et ce centre, cet humanisme. On n’est pas de la même famille. Que M. Allisio arrête de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Il est le candidat de l’extrême droite, il faudra le courage de le dire », martèle le proche de Renaud Muselier, pointant l’absurdité de l’état d’urgence proposé par Allisio pour lutter contre le narcotrafic et la surenchère fiscale du RN à Paris.

    Acculée à deux mois du scrutin, la droite se cherche un récit. Celui d’une candidate « capable de rassembler » face à un maire sortant fragilisé et un RN « fébrile ». « Bien sûr que nous ne nous retirerons pas. Nous avons uni la droite et le centre pour changer Marseille sans céder aux extrêmes. On ira projet contre projet, vision contre vision », promet Simmarano. « Et nous allons gagner ».

  • Le fonds Apollo va-t-il lâcher Kem One ?

    Le fonds Apollo va-t-il lâcher Kem One ?

    On est au fond du trou, criblés de dettes », s’inquiète Michaël de Dios, secrétaire adjoint du syndicat CGT de l’usine Kem One de Fos-sur-Mer. Ce dernier et son homologue du site de Lavéra, Geoffrey Del Baldo, nous ont sollicités, vendredi 9 janvier, pour livrer leurs inquiétudes sur l’état et la gestion de la société chimiste, propriété du fond d’investissement états-unien Apollo global management, alors que débutent, ce mercredi, les négociations annuelles obligatoires (NAO).

    Car, cinq ans après l’acquisition de Kem One par Apollo, les comptes ne sont pas bons, selon les syndicalistes. « On a payé 38 millions d’euros sur les intérêts de la dette en 2025, affirme Geoffrey Del Baldo. C’est comme si on commençait l’année dans le négatif. » « C’est approximativement le résultat net qu’on faisait avant, abonde Michaël de Dios. Tout ce qu’on gagne passe dans le remboursement des intérêts de la dette. »

    La conjoncture économique n’aide pas. « La dette grossit à cause du contexte de la chimie », détaille Didier Chaix, délégué syndical de Kem One au niveau national. « Il a fallu réemprunter 200 millions d’euros, cette année, car le marché du PVC est déprimé en prix et en volumes. 2026 est une année charnière et les interrogations se posent sur le maintien de l’activité », estime le syndicaliste.

    Un air de déjà vu

    Les syndicalistes pointent le besoin d’investissement. Pour Didier Chaix, « même dans une période compliquée, il faut investir pour préparer l’outil de production pour les bonnes années ». En substance, la CGT « prend ses responsabilités », selon le délégué central, et demande à Apollo de « ne pas piloter Kem One sur son activité, mais sur son avenir », parlant d’un « monstre financier de 900 milliards de dollars pour lequel ça ne devrait pas être un problème de sortir quelques dizaines de millions pour l’outil ».

    L’utilisation de l’argent est au cœur des critiques. « On est shooté aux consultants imposés par Apollo », tance Didier Chaix. « Entre 2024 et 2025 ça nous a coûté 25 millions d’euros. On sera très loin de cette somme pour nous aux négociations annuelles », fait-il remarquer. « Ça n’apporte aucune plus-value », juge Geoffrey Del Baldo, qui abonde : « Pendant ce temps, on a des retards de paiement auprès des sous-traitants. Avec le manque de trésorerie, des électriciens et échafaudeurs ont été payés avec trois mois de retard. » « L’image de Kem One est celle d’un mauvais payeur et on pense avoir perdu des clients comme ça », déplore-t-il.

    Et pas que des clients. « Nos dirigeants ont perdu la confiance des salariés », lance Michaël de Dios, indiquant que « les cadres, ouvriers, jeunes apprentis, fuient Kem One. On n’arrive pas à recruter et les gens partent ou veulent partir » déplore-t-il. Didier Chaix confirme et constate « beaucoup de démissions, de ruptures conventionnelles et de CDD qui ne sont pas reconduits et ça dégrade les conditions de travail de ceux qui restent ».

    Le doute, pour ne pas dire la défiance, s’installe. « Partout où Apollo est venu, ils n’ont rien investi et font payer les intérêts de la dette jusqu’à la bascule », s’insurge Michaël de Dios. Le passage du fond d’investissement entre 2011 et 2014 à Ascométal, à proximité, s’était soldé par un redressement judiciaire. « Il y a intérêt à ce que les propriétaires trouvent une solution, car notre activité impacte la filière », conclut Didier Chaix.

    Contactée, la direction de Kem One n’a pas répondu à nos sollicitations dans les délais. Le syndicat CGT de Lavera appelle à la mobilisation devant l’entrée, ce mercredi dès 7h.

    « Apollo nous fait payer sa dette jusqu’à la bascule »

  • Mercato OM : Robino Vaz est à Rome

    Mercato OM : Robino Vaz est à Rome

    C’est presque fait. L’OM et la Roma sont en phase de concrétisation pour le transfert de Robino Vaz.

    Le jeune attaquant est arrivé à Rome, mardi en début de soirée. Il doit désormais passer sa visite médicale, avant de finaliser son engagement chez les Louve.