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  • Le Mistral pousse les pompiers à de nombreuses interventions

    Le Mistral pousse les pompiers à de nombreuses interventions

    Routes bloquées, chutes d’arbres, lignes électriques à terre… Les services de secours ont dû répondre à des centaines d’appels d’urgence dans le département, ce jeudi alors que l’alerte jaune vents violents devrait être levée vendredi après-midi.

    Plusieurs centaines d’interventions

    Les sapeurs-pompiers des Bouches-du-Rhône ont redoublé d’efforts jeudi dès le début d’après-midi alors que le Mistral forcit. « Les pompiers ont dû effectuer d’interventions liées à des chutes d’arbres sur les routes », indique le Service départemental de secours et d’incendie, à Aix, Carnoux, La Bouilladisse, Allauch, Eguilles, Ventabren, Rognac, Coudoux, Velaux, Cabries… Témoignant de l’ampleur du phénomène étendu sur toutes les Bouches-du-Rhône et la région. Pour autant, « aucun dommage aux personnes et aux biens n’est à constater », indique-t-il. Sur ces interventions « le travail des pompiers a essentiellement consisté à sécuriser les abords et en lien avec les autres services permettent de libérer les voies de circulation… » De plus, quatre interventions pour sécuriser des toitures partiellement arrachées sont en cours sur les communes de Berre, Arles, Velaux et les Pennes Mirabeau.

    Le toit de la piscine s’envole

    « Cette dernière intervention est la plus significative car elle concerne 200m² de la toiture de la piscine Jas de Rhôdes située avenue Paul brutus, qui se sont partiellement arrachés », précise le Sdis. « Le bâtiment d’une surface de 1 000m² abritait 15 usagers et 12 employés, tous sont indemnes et ont été évacués », précisent les sapeurs-pompiers. Les opérations de sécurisation du bâtiment ont nécessité l’intervention d’une équipe spécialisée en manœuvre de force.

    En fin d’après-midi, les sapeurs-pompiers dénombraient 150 interventions directement liées au Mistral avec, notamment, plusieurs lignes électriques qui étaient également tombées. L’Est de l’Etang de Berre et l’ouest d’Aix-en-Provence étant plus particulièrement impactés.

    Les interventions se sont succédé également pour les marins-pompiers à Marseille intra-muros qui en dénombrait « près d’une centaine en milieu d’après-midi ». Ces derniers ont notamment porté secours et pris en charge un passant blessé à la jambe par la chute d’un arbre, boulevard Théodore Thurner (6e). Les fortes rafales ont exigé de nombreuses opérations de sécurisation de toitures.

    La préfecture des Bouches-du-Rhône indique que le département est placé en vigilance jaune vents violents jusqu’à vendredi après-midi.

    Dans le département voisin du Var, Météo France avait également maintenu une vigilance jaune vent Violent, avec des rafales soufflant à plus de 95 km/h. La Préfecture maritime de Méditerranée a quant à elle relayé une alerte météo marine, « pouvant entraîner des vagues de submersion », et a appelé « au report de toute sortie en mer ».

    Des rafales jusqu’à 131 km/h à La Ciotat

    Le Mistral a soufflé très fort ce jeudi, sur l’ensemble du département. En début d’après-midi, les sapeurs-pompiers du 13 ont fait récapitulatif des différents relevés, avec en tête un vent à 131km/h, au Bec de l’Aigle de La Ciotat. Des rafales à 122km/h ont été enregistrées à Martigues et à Marignane (la plus forte rafale depuis le 5 janvier 2022 dans le secteur). Le Mistral a soufflé au-dessus de 100km/h à Saint-Cannat (114 km/h), Salon de Provence (105km/h), Marseille à Saint-Loup (103km/h) ou encore à Aubagne.

  • À Avignon, le lycée Mistral debout face à la baisse d’heures d’enseignement

    À Avignon, le lycée Mistral debout face à la baisse d’heures d’enseignement

    Quelques minutes après la sonnerie de la pause méridienne au lycée Frédéric-Mistral d’Avignon, alors que les derniers élèves se dépêchent de sortir de l’établissement pour aller manger chez eux ou dans un snack des alentours, ce sont une trentaine d’enseignants qui se sont regroupés devant les grilles pour protester contre « la baisse des moyens horaires prévue par le rectorat ».

    Panneaux en main, les messages sont divers. « Faire avec moins, c’est faire moins bien », « Plus de DHG [dotation horaire globale, c’est-à-dire le nombre d’heures d’enseignement dans l’établissement, Ndlr] pour mieux enseigner » ou encore « Rendez les heures au lycée Mistral » peut-on notamment lire sur les pancartes. Ce serait au total pas moins de 120 heures de la dotation horaire globale (DHG) qui seraient amputées à l’établissement sur décision du rectorat d’Aix-Marseille. Ce qui entraîne la suppression d’une classe de seconde et de terminale ainsi qu’un poste d’enseignant en français. Résultat, en seconde par exemple, les élèves seront dispatchés en huit classes à 35 apprenants et deux classes à 24. « Cette nouvelle augmentation d’élèves par classe est un non-sens pédagogique », regrettent les manifestants. Mais aussi des dédoublements de classes supprimés « en spécialité anglais, en physique-chimie, en sciences numériques… un peu partout en fin de compte », liste Sylvain Bartet, secrétaire départemental de la Snes-FSU en Vaucluse et enseignant dans l’établissement. Une baisse que le rectorat justifie « par une baisse démographique ». Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.

    Une suppression d’heures beaucoup trop élevée pour le responsable syndical. La DHG est calculée à hauteur de 1,1 heure par élève par les services de l’État. « On aurait dû perdre 80 ou 90 heures, ce qui était déjà beaucoup trop. Mais là, c’est un vrai coup de rabot », déplore Sylvain Bartet. Dans une pétition réclamant l’abandon de cette décision, il est revendiqué « un retour au dispositif de classes de seconde à effectifs réduits tendant à 25 élèves par classe ». Celle-ci a été signée par 70 enseignants de l’établissement scolaire. Une nouvelle manifestation est prévue ce mardi 31 mars devant la direction académique.

    Meilleures conditions

    de travail

    Des effectifs moins fournis qui permettraient « d’aider au mieux les élèves de ce niveau à réussir leur entrée au lycée et leur orientation », insiste-t-on dans cette même pétition. Marie*, représentante des parents d’élèves et mère d’une élève de terminale, abonde en assurant que cette décision « aura une conséquence directe sur les enfants ». En évoquant par exemple « le non-dédoublement pour les matières scientifiques, ce qui empêche les organisations de travaux dirigés ou d’expériences », qui sont pour elle « des moments où on développe notamment son expression orale, ce qui est essentiel pour le grand oral » ou encore « des heures où ils peuvent exprimer leurs idées plus librement ».

    Un recul qui serait le plus marqué de ces six dernières années. « En 2020, on fonctionnait encore avec 26 élèves par classe en seconde. Là, ce serait presque un luxe », assure Sylvain Bartet. « Si on laisse passer sans rien dire cette baisse, cela ne ferait qu’empirer ces prochaines années », insiste Marie.

    L’an dernier, au mois de mai, une manifestation similaire s’était tenue face à une baisse de DHG de 56 heures dans le même lycée. « Au bout d’un moment, on s’inquiète aussi de la réputation de Mistral. Car moins d’heures, cela veut dire aussi moins de résultats aux examens. Certains élèves viennent de très loin pour les options proposées ici. Ce serait bête que cela s’arrête pour des calculs comptables », insiste la parent d’élève.

    *Prénom modifié

  • À Digne, profs, élèves et syndicats sont unis

    À Digne, profs, élèves et syndicats sont unis

    « éducation au rabais = démocratie en danger », « laissez nos profs en paix », « laissez-nous nos options et nos spé »… De nombreux élèves se sont mobilisés aux côtés de leurs professeurs, jeudi, devant leurs établissements, puis devant la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale), à Digne-les-Bains. Ils s’inquiètent des suppressions de classes, d’heures de cours, de postes d’enseignants et d’options ou de spécialités, dans le département.

    Devant le lycée Alexandra-David-Néel de Digne-les-Bains, particulièrement mobilisé car largement touché par ces coupes budgétaires, Alexandra, 17 ans, craint que la suppression de sa spécialité audiovisuel. « C’est la grande spécificité de notre lycée, les options et les spés artistiques. C’est pas possible de les supprimer ! », déplore-t-elle, en train de préparer des pancartes pour la manifestation, sur fond musical. « Ils veulent augmenter les effectifs de classes à 35 élèves, surtout pour les sections STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), alors que, pour avoir une classe qui est déjà à 35, c’est horrible ! »

    « Éducation négligée, lycées énervés »

    Elena, 15 ans, est venue devant son lycée pour soutenir ses professeurs. « Notre classe est menacée, on a déjà du mal à se concentrer avec 25 élèves, et c’est compliqué pour les professeurs de nous aider chacun à notre tour. Alors 35, ça risque d’être énorme », craint-elle. Sur les pancartes préparées par les lycéens et leurs enseignants devant l’établissement, on peut lire : « 35 élèves pour 30m2, on appelle ça un élevage intensif », « éducation négligée, lycéens énervés », « le nouveau budget gros flop »… « On aurait décroché depuis longtemps si on était 35 », affirment Anaé et Alexia, 17 ans, en classe de STMG, dont les effectifs vont augmenter.

    À l’intérieur du lycée, les nombreux professeurs mobilisés se réunissent avant de prendre la route vers la DSDEN en fin de matinée. « Jusqu’à maintenant, on avait 9 heures d’option EPS, on a même eu jusqu’à 12 heures. Et là, on nous supprime 3 heures. Cela veut dire qu’un groupe va sauter alors qu’on a 79 inscrits. Il y en a forcément qui vont rester sur le carreau et arrêter l’option », regrette Aline Marteau, professeure d’EPS au lycée Alexandra-David-Néel. « On a un collègue qui vient faire un complément de service. Ce collègue risque de sauter », ajoute-t-elle.

    « On doit faire des compromis pour que l’édifice ne s’écroule pas », constate Julie Ruffe Raimon, professeure d’arts plastiques. « Mais là, ça s’écroule », lui répond Aline Marteau. Le convoi d’Alexandra David-Néel a rejoint plusieurs autres établissements mobilisés devant la DSDEN. « C’est un département qui se soulève », lance Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, rappelant qu’il manque « 44 classes supplémentaires pour être dans la moyenne européenne » dans le département : « Pour l’instant, on est les derniers d’Europe. Cette année, ils attaquent l’éducation prioritaire. Le collège Jean-Giono à Manosque perd deux classes. »

  • À Marseille, du collège au lycée, grosse colère contre l’école au rabais

    À Marseille, du collège au lycée, grosse colère contre l’école au rabais

    Contre les suppressions d’heures, de classes et de postes, la contestation s’est étendue des lycéens aux collégiens, personnels enseignants, assistants d’éducation, accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) et parents d’élèves. Ils étaient 900 selon la police, plus de 3 000 pour d’autres observateurs, à manifester, ce jeudi, des Réformés jusqu’à l’Inspection académique, pour exiger un budget digne de l’éducation nationale. Une mobilisation aux côtés des syndicats MNL, FSU-SNUipp, Snes-FSU, FO, CGT, SUD, CFDT, et de militants de LFI, de la JC ou de Révolution permanente.

    « Déjà, on n’arrive pas à remplacer un prof absent, déplore une maman derrière la banderole FCPE 13. Ces nouvelles suppressions sont inadmissibles, injustifiables. » C’est le cas au collège de l’Estaque, dans le 15e arrondissement, où quatre classes n’ont plus cours de français depuis janvier. « Nous, c’est une classe de 3e qu’on perd et on sera à 30 au lieu de 25 par classe », ajoute Noa, 13 ans, en 4e à Jean-Malrieu, interrompu par l’arrivée en fanfare des « lycées des quartiers nord ».

    Ce jeudi, les collégiens et les parents sont venus rejoindre le mouvement des lycéens, initié il y a près d’un mois. Ensemble, ils protestent contre la baisse des dotations aux établissements, la suppression de 3 256 postes d’enseignants dans le pays, dont 2 200 dans le premier degré, annoncée en janvier par l’éducation nationale pour la rentrée 2026-2027.

    « Ouvrez les écoles, vous fermerez des prisons », affiche une pancarte. « La logique gouvernementale est absente, comme mon père », dénonce une autre, tendue par Femida et Sacha. Élèves à Diderot, ils précisent : « On nous enlève tout ce qui était mis en place pour permettre plus d’égalité. » Les jeunes venus des lycées Montgrand, Monticelli ou Diderot réclament davantage d’heures de cours. « Ce ne sont pas juste des heures, c’est des possibilités d’enseignements différents, de l’aide aux devoirs, du travail en demi-groupe », insiste Nina, militante MNL. « C’est notre avenir, notre formation qui sont en jeu, on perd deux heures par spécialité et toutes nos options », complète Andréas, élève de terminale à Nelson-Mandela. Des chiffres couperet tombent, lâchés par un militant syndical de la FSU : « 147 heures pour le lycée Marie-Curie, 100 heures pour Montgrand, 72 heures pour Victor-Hugo, 64 heures pour Diderot… »

    Touchés, dès le 1er degré

    Venues des écoles élémentaires Grenier et Lauriers de Malpassé (13e arrondissement), des enseignantes s’alarment également. « Nos groupes scolaires sont aussi touchés par les restrictions budgétaires. On a eu une année de CP à 15 élèves, et puis gros retour en arrière. Maintenant, on nous annonce une classe en moins, avec des niveaux en insertion bien chargés, on saborde les conditions d’enseignement », dénoncent Alicia et Sarah, alors que le cortège s’engage sur le boulevard Charles-Nédelec en entonnant « la jeunesse emmerde le Front national ».

    Parmi les drapeaux secoués par le Mistral, celui de la Palestine et celui de Cuba rappellent que « le mouvement est parti contre la guerre, souligne Inès. On demande que ce budget ne soit pas utilisé pour des armes, mais pour l’éducation nationale, pour des conditions d’études décentes, des classes où l’eau ne coule pas du plafond comme à Marie-Curie, ou pour que les étudiants en photo aient accès à du matériel à Blaise-Pascal ». Des jeunes déterminés à construire un avenir fait de solidarités.

    Devant le bâtiment de l’éducation nationale bardé de CRS, les syndicats appellent à une nouvelle journée nationale de grève et mobilisation, le 31 mars. Un nouveau comité social d’administration (CSA) se tiendra le 2 avril, au cours duquel l’administration doit annoncer ses décisions avant validation en préfecture.

  • Une année encore riche pour la douane régionale

    Une année encore riche pour la douane régionale

    « L’année 2025 a été chargée, 2026 le sera tout autant », a promis, ce jeudi 26 mars, Michael Lachaux, directeur régional des douanes de Marseille, à l’occasion du bilan de ses services. Si ses 402 agents n’ont pas chômé, c’est d’abord parce que le département est un vaste hub économique, explique-t-il, avec une activité soutenue dans les Bouches-du-Rhône, 18 milliards d’euros d’exportations et 36 milliards d’importations. Pas moins de 979 312 déclarations ont été effectuées en 2025, soit -3,4% par rapport à 2024. Pas une baisse, mais une « régulation technique », précise Michael Lachaux.

    Tandis que les crises « s’additionnent », constate-t-il, entre guerre en Ukraine, conflit au Moyen-Orient et hausse des droits de douane américains quand les États-Unis sont la première destination hors-UE pour les entreprises locales, la douane « les accompagne pour utiliser au mieux la réglementation et en faire une arme », explique-t-il.

    Dédouaner en 5 mn chrono

    Faciliter et contrôler étant ses deux principales missions, le délai d’immobilisation des marchandises ne dépasse pas les 126 secondes et 96,6% d’entre elles sont dédouanées en moins de 5 minutes. Pour ceux qui ne jouent pas le jeu, 6 millions d’euros de droits et taxes ont été redressés en 2025, directement dans l’escarcelle de l’État.

    Autre mission, la protection du consommateur. Étalé ce jour-là dans les locaux du Port center, un aperçu des saisies : un mur de paquets de cigarettes, des jouets, des maillots de l’OM, de faux sacs et parfums, du viagra qui n’en a que le nom et autres miels aphrodisiaques.

    De la figue pleine de champignon cancérigène au four à pizza qui prend feu, en passant par les poussettes pour bébés qui tranchent les doigts, quelque 936 tonnes de produits alimentaires dangereux ont été refusés à l’import. Au total, 3 292 000 articles non conformes (+328%) ont été interceptés avant leur arrivée sur le marché européen et français.

    Côté stupéfiant, « on dépasse la tonne, c’est une année record, une augmentation de plus de 30% », se félicite Michael Lachaux. Dont 189 kg de cocaïne (+37% par rapport à 2024), 808 kg de cannabis (+194%) et 19 kg de drogue de synthèse. « C’est tous les ans plus », s’inquiète-t-il, pointant un « développement extrêmement rapide et inquiétant » de ces dernières, « notamment les amphétamines et l’ecstasy, que nous retrouvons de plus en plus dans les flux postaux ou dans les vecteurs routiers ».

    Sur le trafic de tabac, une des priorités des douanes, avec 10,5 tonnes saisies en 2025, « les Bouches-du-Rhône restent sur la même tendance haussière », ajoute le directeur régional. En coordination avec la préfecture de police, deux fois plus de contrôles d’épiceries, bars à chicha et autres ont été menés, aboutissant à 48 fermetures administratives.

    Un camion scan tout neuf

    « Nous sommes la première brigade de France à l’avoir. » Une cellule de 13 agents utilise au quotidien ce nouvel outil sur le port : un scanner embarqué à bord d’un petit camion, qui permet de lire à travers les parois des conteneurs que viendra admirer, ce vendredi, David Amiel, ministre des Comptes publics.

    L’équivalent d’une « radio chez le médecin » à rayons X, que les douaniers ont appris à décrypter, précise une agente, de quoi « fluidifier significativement les contrôles ».

  • Avignon : Claude Le Roy donne le coup d’envoi du mandat

    Avignon : Claude Le Roy donne le coup d’envoi du mandat

    À 78 ans, Claude Le Roy retrouve un banc. Les amateurs de foot pourraient être surpris de l’apprendre mais en réalité l’ancien joueur et surtout entraîneur, connu pour avoir dirigé de nombreuses sélections africaines, ne reprend pas les rênes d’une équipe. Ce samedi, il prendra place sur les bancs du conseil municipal d’Avignon, où il a été élu dimanche dernier. Ou même réélu, après avoir brièvement siégé en 2001 dans l’opposition avec l’équipe d’Élisabeth Guigou (PS). Cette fois, Claude Le Roy a été sélectionné par Olivier Galzi (DVD). « Il sait très bien que je suis un mec de gauche, on ne partage pas les mêmes opinions sur tout, mais Olivier est une chance pour cette ville, c’est un capitaine fédérateur », estime Claude Le Roy, jamais encarté, mais qui a baigné toute son enfance dans le communisme avec un père, François, plusieurs fois candidat PCF aux législatives ou cantonales d’alors dans l’Eure dans les années 60. Une des premières personnes prévenues une fois son choix de soutenir Olivier Galzi fut « Cécile Helle, une amie, qui a fait de belles choses ».

    « Rendre hommage aussi à l’opposition »

    Ce samedi, Claude Le Roy jouera pourtant les capitaines de la matinée. Comme l’impose la loi, le doyen de l’assemblée présidera l’installation du conseil municipal. « Hélas, hélas, ça me ramène à un principe de réalité sur mon âge, vous vous rendez compte j’ai 60 ans d’écart avec la benjamine [Cyrine Blanc, 18 ans, élue aussi de la liste Galzi] qui sera aussi à mes côtés », sourit-il. L’expérience de Claude Le Roy lui permet d’aborder ce rendez-vous sans appréhension. « Ça n’a rien à voir avec une finale, mais il y a tout un protocole à respecter, j’ai passé mercredi une heure et demie en mairie avec tous les services juridiques », détaille-t-il. Celui qui a joué quelques saisons à l’Olympique avignonnais dans les années 70 remettra l’écharpe à Olivier Galzi à l’issue du vote. « Il faut que l’installation se fasse de façon très républicaine, courtoise, élégante, que tout se passe bien, en rendant hommage aussi à l’opposition, parce qu’ils ont tous bossé », prévoit-il.

    Dans la future majorité, Claude Le Roy ne compte pas jouer les premiers rôles. « Au départ, je voulais être 53e de liste [dernier], je suis finalement l’avant-dernier élu, je ne serai pas adjoint, je pense être utile dans le sport ou l’attractivité », ne s’avance-t-il pas encore dans l’attente des délégations qui ne viendront qu’un peu plus tard.

  • La gauche veut peser dans le débat à Toulon

    La gauche veut peser dans le débat à Toulon

    Après l’immense satisfaction d’avoir échappé à la prise de la ville par l’extrême droite, reste aujourd’hui à la gauche à continuer à peser dans les débats comme elle le fait depuis plus de quatre décennies dans les rangs de l’opposition du conseil municipal, tout en n’ayant plus la possibilité d’y siéger.

    L’occasion de revenir sur ses combats et la manière dont elle est parvenue à vivifier le débat démocratique et à insuffler une gestion plus sociale de la ville.

    C’est en 1983, après un règne sans partage de la droite depuis plus de 20 ans après la fin de la mandature Le Bellégou (SFIO) – grâce à la réforme électorale octroyant une partie des sièges à l’opposition –, que la gauche fait son retour dans le conseil municipal de Toulon. Forte alors de 10 élus (4 communistes et 6 socialistes) elle est accueillie avec beaucoup d’hostilité, voire de violence. Danielle De March (ancienne vice-présidente PCF du Parlement européen) se souvient alors d’« une première séance houleuse » où elle devait prendre la parole « sous les cris » d’une droite pas très républicaine et revancharde, ne supportant pas qu’on vienne mettre le nez dans les affaires de la cité. Le patron du Port du Levant, et du Var tout entier, Maurice Arreckx (UDF), qui finira sa carrière aux Baumettes, dirige alors la ville dans la plus grande opacité depuis son élection en 1959.

    « C’était terrible, la haine dont on était la cible. On nous criait “Communistes à Moscou !”, je retrouvais mon courrier déchiré dans la boîte aux lettres », précise Madeleine Brun (ex-PCF).

    Mais l’opposition parvient à s’imposer et même à déjouer quelques mauvais tours pour la ville en alertant la population, comme le projet de construction d’un aquarium géant sur les plages du Mourillon, ajoute-t-elle.

    Et de poursuivre : « Et juste après la victoire d’Hubert Falco (DVD), sur notre proposition, a été votée la gratuité du parking de ces plages du Mourillon que le FN avait rendu payants. »

    Robert Alfonsi (ex-PS) met en avant le poids qu’avait alors la gauche aux manettes à la Région, forte de plusieurs parlementaires varois et gérant les villes entourant Toulon comme La Seyne, La Garde et Le Pradet, alors qu’elle est aujourd’hui encerclée par l’extrême droite.

    L’ancien élu d’opposition continue : « On est arrivés également pendant le premier mandat de Falco à faire comprendre que la problématique du logement social était importante. Et il avait accepté une de nos propositions, qui était pour chaque création de programme de construction, d’obliger à un nombre de logements sociaux… »

    Pas question donc de laisser la seule place à l’extrême droite dans le débat concernant les affaires de la ville.

    « Nous allons continuer à être présents aux séances du conseil municipal et travailler les dossiers », assure André De Ubeda (PCF), conseiller municipal sortant de Toulon en Commun. Une opposition constructive donc qui va être « très attentive à ce que va dire et faire Josée Massi ».

    Et de conclure : « Elle peut reprendre des propositions en disant ou pas que ça vient de la gauche. Tout ce qui fera avancer le bien-être et la vie quotidienne de tout le monde, on saluera l’effort. »

  • À Aix, nouvelle configuration pour le conseil municipal

    À Aix, nouvelle configuration pour le conseil municipal

    Les nouveaux maires ont jusqu’à dimanche pour installer leur conseil municipal. À Aix-en-Provence, la première séance de cette nouvelle mandature se tiendra ce vendredi 27 mars (10h), à l’Hôtel de Ville. À la tête de la majorité, Sophie Joissains, maire sortante (UDI), réélue avec 47,35% des suffrages exprimés, sera reconduite dans ses fonctions et revêtira l’écharpe tricolore. Ses élus recevront également leurs délégations et leurs écharpes.

    Comme le veut la tradition, la doyenne des élus, Marie-Pierre Sicard-Desnuelles, déjà présente durant le précédent mandat, ouvrira la séance. Les plus jeunes élus seront chargés du dépouillement.

    De nouveaux visages feront leur entrée pour siéger autour de Sophie Joissains, la liste ayant été largement renouvelée pour ces municipales : 22 élus étaient déjà en poste, 19 sont de nouveaux arrivants. Parmi eux figurent notamment Patrick Ardizzoni, référent aixois de la Chambre de commerce, Loris Martin, étudiant et cofondateur de la Guinguette étudiante, ou encore Mireille Lazare, ancienne commandante de police.

    Plus de sièges à gauche

    L’opposition connaît elle aussi des évolutions. À commencer du côté de la gauche, qui se renforce. La liste Aix Avenir
    – union des forces progressistes et écologistes menée par Marc Pena, arrivée deuxième au second tour avec 31,03% des voix – obtient neuf sièges. En 2020, sous la bannière Aix-en-Partage, la gauche n’occupait que six sièges.

    « Nous serons une opposition exigeante, fidèle à nos valeurs et entièrement tournée vers l’intérêt des Aixois », déclarait mardi Marc Pena. Six nouveaux élus rejoignent le groupe, parmi lesquels Clément Frel-Cazenave, 23 ans, chef de file des écologistes durant la campagne, ou encore Magali Bailleul, membre de Place Publique et suppléante de Marc Pena à l’Assemblée nationale. David Tessier, chef de file du PCF, rejoint également le groupe, aux côtés d’Agnès Daures (DVG), déjà élue d’opposition lors du précédent mandat. « Dès demain, une nouvelle étape de notre combat commence. Nos deux élus, communiste et apparentée, y prendront toute leur place, pour porter les voix des salariés et des quartiers populaires », soulignait, ce jeudi, la section locale du PCF.

    Le Rassemblement national, en revanche, revient siéger au conseil : la liste menée par Jean-Louis Geiger, troisième au second tour avec 13,66% des voix, obtient trois sièges.

    Philippe Klein, investi par le parti Horizons et crédité de 7,96% des suffrages, ne pourra quant à lui constituer un groupe. L’ancien bâtonnier, déjà élu d’opposition en 2020, siégera aux côtés de Laurence Demarchi.

    À noter que trois délibérations urgentes doivent être soumises au vote à l’issue de cette installation.

  • Des femmes oui, mais progressistes !

    Des femmes oui, mais progressistes !

    La loi qui a étendu le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants a mécaniquement provoqué une progression notable du nombre de conseillères municipales. Mais il est toujours très difficile pour une femme d’accéder au fauteuil de maire. Le plafond de verre est loin d’avoir disparu et les femmes sont encore barrées pour les têtes de liste et restent cantonnées à certaines délégations que les vieilles idées reçues persistent à voir comme « féminines ».

    Si la parité est un vrai combat, il ne saurait être déconnecté de la bataille politique, ni coupé des autres faits marquants de cette élection. La grande tendance est celle de la progression à droite et de l’implantation de l’extrême droite. Tendance qui se retrouve dans les résultats de notre région.

    Double combat

    Les trop rares femmes élues sont souvent de droite ou d’extrême droite. Difficile de ne pas se réjouir qu’une Laure Lavalette n’ait pas accédé à la tête de la mairie de Toulon, fut-elle une femme. Comment ne pas avouer qu’à Aix-en-Provence, on aurait préféré voir la liste progressiste prendre les clés de la mairie, fut-ce par un homme, Marc Pena, et à une femme, Sophie Joissains ? Et personne ici n’oublie Mme Thatcher ou ne votera Marine Le Pen parce qu’elle est une femme.

    Si la gauche met davantage que les autres partis politiques des femmes tête de liste, c’est manifestement encore insuffisant. Les femmes progressistes sont donc confrontées à un double combat : faire progresser des idées de progrès social et prendre leur juste place dans cette bataille.

  • Femmes et progressistes : le double combat

    Femmes et progressistes : le double combat

    C’était la grande nouveauté de ce scrutin 2026 pour les communes de moins de 1 000 habitants : l’obligation de listes paritaires. Cette loi vise à améliorer la représentativité des femmes dans les conseils municipaux. Pourtant, cette année, elles ne seront par exemple que 38, dans les Alpes-de-Haute-Provence, à être maires, contre 50 en 2020. Dans le Vaucluse également, elles seront moins nombreuses, passant de 36 à 29, pour ce nouveau mandat. Les Bouches-du-Rhône voient toutefois leur nombre de femmes maires augmenter, passant de 17 à 20 (hors mairies d’arrondissement à Marseille).

    Au niveau national, le nombre d’édiles féminines a quelque peu augmenté par rapport aux élections de 2020, passant de 21,1% à 22,6%. Une hausse continue depuis la première loi imposant la parité en 2000, mais qui reste lente et tend même à s’essouffler. Au sein des conseils municipaux, on comptait 42% d’élues en 2020.

    Même si la parité est établie dans les listes engagées lors de ce scrutin 2026, dans la région, moins d’un quart d’entre elles étaient menées par des femmes. C’est donc dès le choix des têtes de liste que le plafond de verre se fait sentir pour elles.

    Selon Sandrine Raymond Lucarini, maire (SE) réélue à Saint-Pierre-de-Vassols, dans le Vaucluse, et initiatrice d’un groupe WhatsApp pour les maires vauclusiennes, le manque de femmes à la tête de municipalité s’explique avant tout par un manque de représentativité. « à chaque élection, on a le droit au portrait-robot d’un maire. Et souvent, c’est un homme de 60 ans. Il faut que nous, les femmes, nous nous inspirions entre nous, pour montrer que l’on peut être maire. Car beaucoup se disent que ce n’est pas un rôle pour elles. »

    Pour la membre du bureau de l’association des maires de France et des maires ruraux, l’autocensure est l’un des facteurs explicatifs de cette sous représentation, mais n’est pas le seul : « Il y a aussi un problème financier. Car les indemnités pour les maires ruraux sont très faibles, et les femmes étant plus souvent dans des situations de précarité, elles envisagent moins de s’investir dans ce rôle. »

    Sans étiquette

    L’édile vauclusienne évoque aussi la question de la parentalité : « Souvent, on vous fait des reproches, on vous demande comment vous pouvez vous occuper de vos enfants… Alors qu’on ne fait jamais ce genre de remarques aux hommes. […] Et puis, il y a plus de femmes monoparentales qui ne peuvent donc pas faire garder leurs enfants », explique la mère de famille.

    Des barrières qui semblent un peu moins présentes dans les Hautes-Alpes, où les petits villages sont surreprésentés. Le rôle de maire est légèrement plus féminisé dans ce département, avec 22,6% de femmes maires en 2026, soit autant qu’au niveau national, alors qu’elles représentent 19,59% dans l’ensemble de la zone regroupant Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence.

    Par ailleurs, l’absence d’affiliation à un parti politique semble leur être favorable. Alors qu’elles n’étaient qu’un peu plus de la moitié à mener des listes sans étiquette (SE), celles-ci représentent au final 84,5% des femmes maires, dans toute la zone des cinq départements. Au niveau national, les élus sans étiquette ne représentent pourtant qu’un peu plus de la moitié des maires français.

    à droite toute

    Et lorsqu’elles portent des couleurs politiques, elles sont très souvent bleues, voire brunes. Les deux plus grandes villes de la région Sud ayant installé des femmes dans le fauteuil du maire sont toutes deux situées à droite de l’échiquier politique : Sophie Joissains (UDI) à Aix-en-Provence et Josée Massi (DVD) à Toulon.

    Car ce que révèlent également ces élections, c’est la quasi-absence de femmes élues marquées à gauche. En effet, les femmes étaient moins présentes à la tête de listes de gauche ou d’extrême gauche (52) que sur des listes de droite ou extrême droite (63), dans la zone des cinq départements. Une féminisation de l’extrême droite qui a notamment pour but aussi de féminiser son électorat, autrefois majoritairement masculin. Il est donc urgent que le camp progressiste brise ce plafond de verre s’il souhaite porter plus haut et plus loin son ambition d’une société plus juste.

    En chiffres

    155

    femmes ont été élues maires, en 2026, dans les 791 communes des Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Hautes-Alpes et Alpes-de-Haute-Provence. Soit 19,59% de l’ensemble des édiles.

    22,8%

    C’est le taux de femmes élues maire dans les Hautes-Alpes. Un meilleur chiffre que les Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse et Alpes-de-Haute-Provence. Le Var affiche seulement 16,9%.

    52

    listes affiliées à la gauche ou l’extrême gauche ont été portées par des femmes dans les cinq départements, contre 31 pour l’extrême droite et 32 pour la droite.

    84,5%

    des femmes élues sont sans étiquette.