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  • Un plan très ciblé pour contrer la flambée des prix

    Un plan très ciblé pour contrer la flambée des prix

    « Cette crise énergétique a des impacts très concrets pour nos concitoyens, nous avons donc, sur le plan national, construit une réponse graduée, ciblée, sectorielle et limitée au mois d’avril », marque d’emblée le ministre de l’Économie Roland Lescure. « Mon souci premier c’est avant tout de préserver la croissance tout en étant soucieux de l’efficacité de chaque euro public dépensé », ajoute-t-il. Plus tôt dans la journée, lors d’une conférence de presse à Bercy, le Premier ministre avait prévenu qu’il n’y aura pas de mesures générales : « Quand on est à 5,1% de déficit, il n’y a pas de cagnotte », assurait-il. Et critiqué les responsables politiques « qui parfois nous ont fait la leçon sur le déficit à l’automne dernier » et qui « sont les premiers cette semaine à nous demander des chèques à l’aveugle ».

    Les mesures annoncées se limitent donc aux transporteurs routiers, aux pêcheurs et aux agriculteurs, pour un coût estimé à 70 millions d’euros au total. C’est ainsi que le ministre des Transports, Philippe Tabarot confirme la mise en place d’une aide « exceptionnelle » mensuelle forfaitaire pour les PME les plus en difficulté, celle-ci sera de 20 centimes d’euros par litre de carburant durant le mois d’avril, effective « en métropole et dans les Outre-mer ». « Les transporteurs ne peuvent pas supporter seuls le poids des surcoûts qui doivent être répartis sur l’ensemble de la chaîne de valeur », appuie-t-il, pour une enveloppe totale de 50 millions d’euros.

    Concernant les pêcheurs, une aide de « 20 centimes par litre » de gazole marin en avril sera accordée par un remboursement sur présentation des factures de carburant afin de « permettre aux navires de continuer à sortir en mer », affirme la ministre de la Mer et de la Pêche Catherine Chabaud. Une mesure estimée à 5 millions d’euros. La ministre en charge demandera lundi le feu vert de la Commission européenne pour mettre en place « un dispositif d’aide directe » pour les professionnels du secteur, et ira plaider pour engager sans délai « une révision du cadre juridique européen » dans le but d’engager « le renouvellement » et la « décarbonation » de la flotte française.

    Enfin, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, a, de son côté assuré que le gazole non routier (GNR) agricole sera exonéré de « tout droit d’accise » durant ce mois d’avril, soit une baisse de 4 centimes d’euros par litre.

    Le plan d’électrification de l’économie lundi

    Cela représente « un effort budgétaire de 14 millions d’euros sur le mois », poursuit la ministre LR. Elle aussi demandera une « suspension immédiate du MACF » (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) lors d’un Conseil européen des ministres de l’agriculture et de la pêche prévu lundi.

    Pour réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles, dont les prix explosent en pleine guerre au Moyen-Orient, le gouvernement présentera la semaine prochaine son « grand plan d’électrification ». « Nous devons garantir sur le long terme une énergie stable, décarbonée, accessible à tous et produite en France », a martelé la porte-parole du gouvernement et ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon. « Cette solution, elle a un nom, c’est l’électrification », grâce au nucléaire ou aux énergies renouvelables, précise-t-elle.

  • Un festival du Nouvel an kurde à Marseille pour « la paix et la solidarité »

    Un festival du Nouvel an kurde à Marseille pour « la paix et la solidarité »

    L’ambiance est festive dans la salle du conseil de la mairie des 2e et 3earrondissements. Une centaine de personnes est rassemblée, ce jeudi 26 mars, pour fêter le Nouvel an kurde, appelé le Newroz. Cette soirée inaugurait la quatrième édition du Newroz Marseille, organisée par le collectif Solidarité Kurdistan 13 et l’association Solidarité Liberté Provence.

    « Nous pensons à nos sœurs et nos frères kurdes, à celles et ceux qui se battent sous les balles », amorce Anthony Krehmeier, maire réélu du 2e et 3earrondissements, en remerciant les participants pour leur présence. « Ici, nous les mettons à l’honneur », poursuit-il.

    Inscrite au patrimoine immatériel de l’Unesco depuis 2009, cette fête ancestrale de la culture kurde, signifie le jour nouveau et célèbre l’équinoxe du printemps le 21 mars. Annick Samouelian, présidente de Solidarité Liberté Provence, rappelle que le Newroz est un « symbole identitaire, d’unité, de diversité », et également « l’emblème de la résistance ». Sous les applaudissements chaleureux, elle lance les festivités : « Que ce Newroz soit synonyme de paix et de solidarité. »

    Moment convivial et festif

    Vêtues de robes aux broderies pailletées et colorées et de ceintures dorées à la taille, un groupe de jeunes filles dansent le Govend, une danse traditionnelle kurde. Aux retentissements des grelots attachés aux robes se mêlent les claquements de mains des participants, enthousiastes. Deux musiciens ont offert au public une performance de daf, un instrument de percussion, typique de la culture kurde. « À l’origine, c’est un instrument religieux joué exclusivement par les femmes pour saluer le lever du soleil », explique Deriz, un des percussionnistes.

    Les murs de la salle exposent les planches d’un manuscrit exceptionnel. Publié en 2016, cet ouvrage a été entièrement illustré et édité à la main depuis la prison de femmes de Mardin, en Turquie. Accompagnés de leurs traductions, ces récits poignants témoignent du quotidien des détenues, dénonçant leurs conditions de vie et les violations répétées de leurs droits. L’exposition est à découvrir jusqu’au mercredi 1er avril.

    Le festival organise d’autres événements et soirées. Une projection du film Lire Lolita à Téhéran, sorti en 2024, adapté du livre éponyme de l’écrivaine iranienne Azar Nafisi, est organisée le vendredi 3 avril, à 19h30 au cinéma Le Gyptis (3e). Une rencontre suivie d’un échange sur l’ouvrage. « Nous vous écrivons depuis la révolution – Récits de femmes internationalistes du Rojava », publié aux éditions Syllepse en 2021, se déroulera aux Rotatives de La Marseillaise (1er), le samedi 4 avril à partir de 17h. En présence de Sarah Marcha, Marie, Mireille Court, coautrices du livre et de Yasmina Touaibia, docteure en science politique. Un moment convivial avec un buffet clôturera le festival.

  • L’État mise sur une « douane de combat »

    L’État mise sur une « douane de combat »

    Un scanner à basse intensité, un poids lourd qui déploie carrément un portique de contrôle, une fouille de conteneur plein d’abricots d’Ouzbékistan, dits « bio », en provenance de Turquie, avec Vertige, labrador d’un an et demi, à la traque aux stupéfiants… Pour la venue de David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, ce vendredi, la direction régionale de la douane déploie tout son savoir-faire.

    « Ce moyen nous a permis de vraiment diversifier nos méthodes de contrôle de fret. C’est un petit scanner qui tourne autour de ce qu’on souhaite contrôler, donc essentiellement des conteneurs comme aujourd’hui », explique Michael Lachaux, son directeur, à bonne distance d’un petit camion blanc. « Cette marchandise est projetée sur l’ordinateur qui se trouve à l’intérieur », le tout en deux minutes à peine poursuit-il. « Les collègues vont faire un comparatif entre ce qui nous est déclaré et ce qui est projeté à l’image, voir s’il y a des anomalies, des incohérences. L’image est en fait similaire à une radio d’un membre du corps. C’est très facile d’interprétation », ajoute Michael Lachaux. Tandis qu’un agent démonte des trappes qui cachent les moteurs du conteneur, il précise que c’est là, planqués dans les ventilateurs, que plus de 67 kg de cocaïne ont été trouvés en janvier.

    Une nouvelle ère technologique

    Un second camion, plus gros, dispose d’un portique pour faire passer les camions dessous et passer au crible leur chargement. Un « investissement, mais on voit en quelques années comment est-ce qu’on a pu gagner en productivité », estime Michael Lachaux. C’est justement sur le renforcement de la technologie que mise le ministre pour « entrer dans un nouvel âge de la douane ».

    Pour armer cette « douane de combat », il prévoit, dans le cadre d’un « plan douane massif demandé par le président de la République », d’installer un scanner fixe à Marseille à partir de l’année 2027, « qui permettra de scanner beaucoup plus de conteneurs ». Un investissement qui dépassera les dix millions d’euros, financés par l’État et par les collectivités locales. Il devrait être implanté sur le terminal conteneur du bassin ouest.

    L’objectif : doubler le volume d’images recueillies sur l’ensemble du territoire, quel que soit le type de marchandise contrôlée, et tripler le volume d’images scannées sur les conteneurs dans les ports.

    « La technologie doit changer de camp » ose-t-il, alors que « la mondialisation vole en éclats » au profit des narcotrafiquants mais aussi « des entreprises établies qui se jouent de nos règles et de nos normes ». « Certaines plateformes extra-européennes, en particulier venant de Chine, ont multiplié les petits colis avec, on l’a vu, un nombre considérable d’infractions » balance-t-il devant Christophe Castaner, un temps conseiller Responsabilité sociétale des entreprises (RSE) chez Shein, aujourd’hui président du conseil de surveillance du port de Marseille-Fos.

    Interrogé sur un éventuel renfort d’effectifs, il assure qu’il faudra aussi en passer par là, conscient qu’il faut des agents derrière les machines, pour procéder au contrôle en cas de détection, réaliser la procédure, poursuivre les investigations avec les forces de police et de gendarmerie, et collecter en amont le renseignement nécessaire pour orienter les contrôles. Les « besoins » devraient être évalués lors de la préparation du budget 2027.

    Mireille Roubaud

  • [Entretien] Vincent Bouget : « On va retrouver le fil d’une histoire populaire de Nîmes »

    [Entretien] Vincent Bouget : « On va retrouver le fil d’une histoire populaire de Nîmes »

    La Marseillaise : Le soir du dimanche 22 mars, qu’est-ce que vous ressentez au Prolé ?

    Vincent Bouget : Un mélange de joie et de soulagement. Joie d’avoir gagné, parce qu’il y avait beaucoup de monde, beaucoup d’attente. On a travaillé pendant tant de mois, tant d’années. Ça fait vingt-cinq ans que la gauche a été écartée du pouvoir à Nîmes. Et puis soulagement, parce que si on ne gagnait pas, c’était le RN qui l’emportait. On savait que ce serait serré. Les deux sentiments se mêlent, et ça fait un moment unique, exceptionnel. Et on ne réalise pas vraiment. On est porté. Il y avait tellement de monde… Voir la joie dans les yeux, c’est fort. Avant les élections, on avait cette lumière d’espoir, et là elle se transforme en joie intense.

    Alain Clary parle d’une ville qui « reprend le cours de son histoire ». Vous partagez ?

    V.B. : Oui. Pour ceux qui ont connu les périodes précédentes, le mandat d’Alain, celui d’Émile Jourdan, il y a ce sentiment qu’on renoue avec ce film-là. On va retrouver le fil d’une histoire populaire de la ville, c’est vrai. Après, l’héritage Fournier, on le prendra aussi : ce n’est pas uniquement mauvais. Chaque maire a apporté sa contribution. Je ne vais pas renier ni casser tout ce qui a été fait pendant vingt-cinq ans, ce n’est pas l’objectif. Par contre, dans la considération de la population, on va retrouver sans doute un peu d’humanité et de démocratie.

    Vous passez de 163 voix de retard au premier tour à près de 2 000 d’avance au second : qu’est-ce qui bascule ?

    V.B. : Les Nîmois se sont en quelque sorte réveillés. J’ai toujours dit qu’il y avait des ressorts dans cette ville pour refuser l’extrême droite, y compris dans l’abstention du premier tour. Et puis on s’est déployés partout : porte-à-porte, présence dans toute la ville. Il y a eu un sursaut citoyen admirable, à l’échelle nationale aussi, je pense. Et puis il y a eu, dans un électorat du centre ou de la droite républicaine, des gens qui ont refusé l’hypothèse de voir arriver l’extrême droite, qui ont fait honneur aux valeurs de la République. Il y a encore des associations, des ressorts… mais on voit aussi une progression importante de l’extrême droite, liée à l’effondrement politique, voire moral, de la droite locale.

    Le sursaut le plus fort, c’est dans les quartiers populaires.
    Qu’est-ce qui s’y joue ?

    V.B. : Comme souvent, quand les quartiers populaires se mobilisent, ils votent essentiellement à gauche. Et ils n’ont surtout pas voulu rajouter à leurs difficultés sociales l’arrivée d’un pouvoir qui les aurait encore plus méprisés, voire discriminés. Les associations, les responsables associatifs, les mamans – beaucoup les femmes – se sont mobilisées. Et les jeunes sont venus : j’ai trouvé une mobilisation de la jeunesse très forte au second tour. Dans certains quartiers, on fait 70, 80%, presque 90% dans un bureau. Ils ont compris les enjeux, ils savent très bien ce qu’est l’extrême droite. Et depuis lundi, quand on passe sur les marchés du Chemin-Bas et de Pissevin, c’est beaucoup de joie, de soulagement, de remerciements… et beaucoup d’attentes.

    Comment une coalition comme « Nîmes en commun » tient malgré les étiquettes ?

    V.B. : Parce qu’on a fait le pari de la confiance et du travail ensemble. La confiance, ça ne se décrète pas, mais on se connaissait déjà un peu. On a travaillé dix-huit mois et on a créé un collectif, au-delà de l’addition des logos. Au début, en réunion, les socialistes dans un coin, les écolos dans un autre, les communistes dans un autre. À la fin, tout le monde se mélange, sans nier les différences. Et on a écouté les habitants : quand on écoute la ville, on entend la même chose. Ça crée un vécu commun, un imaginaire commun. Et je le dis : autant à droite on a vu des responsables s’abîmer dans des querelles, parfois personnelles, autant à gauche il y a eu une grande responsabilité.

    Votre méthode revendique l’écoute et la co-construction. Comment la garder à la mairie sans tomber dans la consultation permanente ?

    V.B. : On va trouver les techniques qui existent déjà. On a affiché la volonté politique. Et il ne faut pas opposer l’écoute à l’efficacité : c’est l’inverse. Cette campagne l’a démontré : on a produit un programme porteur de sens et on a gagné. Après, ça ne veut pas dire qu’on fuira nos responsabilités : quand il faudra décider, on décidera. Mais discuter, c’est aussi de l’efficacité. Regardez : le palais des congrès, le projet de conservatoire aux Carmes… si on avait écouté, on aurait arrêté avant. Là, on va l’arrêter parce que c’est trop petit. C’était la décision du prince : ce n’est pas efficace. Discuter trois semaines, puis trancher, c’est parfois beaucoup plus sérieux. Au fond, c’est de la considération. Les gens savent qu’il y a des contraintes. Mais il faut leur dire, expliquer. Ce qui n’était pas le cas dans cette ville.

    Vos priorités immédiates, dans les 30 premiers jours ? Et Nîmes Métropole ?

    V.B. : D’abord la mise en place : écouter les agents, du DGS aux agents de terrain, rassurer, donner confiance, écrire une nouvelle page. Ce qu’on a fait pour la ville, on va le faire pour les agents. Ensuite, lancer vite le plan de végétalisation partagée, parce que c’est long sur un mandat. Et répondre aux urgences : vacances des gamins, rentrée scolaire, sécurité, santé. Et remettre des relations plus apaisées avec les autres collectivités et l’État. Sur Nîmes Métropole, je suis respectueux des autres élus : ils ont leur légitimité. On va bâtir une gouvernance respectueuse de tous. Oui, je serai candidat à la présidence. Et il faudra travailler sur l’économie, l’emploi, et renforcer le sentiment d’appartenance : que les habitants s’emparent des enjeux, que ça ne soit pas un truc éloigné.

  • Le quatrième mandat de Roger Didier officiellement lancé à Gap

    Le quatrième mandat de Roger Didier officiellement lancé à Gap

    Devant un public venu en nombre, la nouvelle mandature du maire sortant a été officiellement proclamée. Un groupe de dix conseillers de gauche siégera dans l’opposition.

    Ce vendredi soir à 18h30, à l’Hôtel de ville de Gap, les votes des 43 conseillers municipaux se sont déroulés sous la présidence du doyen du conseil municipal, Claude Boutron, adjoint de l’équipe municipale sortante. Deux candidatures ont été proposées : celle de Roger Didier, maire sortant, et celle d’Elie Cordier. C’est le premier qui a été réinvesti comme attendu, avec les 32 voix des adjoints qui forment sa majorité. Elie Cordier a lui récolté 10 votes.

    Après la victoire de la liste au second tour, le 22 mars dernier, avec 47,52%, Roger Didier dispose donc d’une confortable majorité de 31 conseillers municipaux à ses côtés. Candidat malheureux au second tour avec 46,86% des voix, Elie Cordier siégera dans le groupe d’opposition de la liste de d’union de la gauche « Agir ensemble pour Gap », qui sera composée de dix conseillers, dont Charlotte Kuentz, tête de liste du mouvement citoyen Ambitions pour Gap. À noter la présence de la tête de liste du Rassemblement National, Raphaël Leroux, qui siégera également dans l’opposition, seul, ayant été crédité de 5,62 % des votes.

    Roger Didier a nommé onze adjoints qui ont reçu les votes de la majorité de l’assemblée présente. Roger Didier a donc été élu pour une nouvelle mandature, la quatrième depuis son arrivée à la tête de la ville de Gap, en 2007. S’il a été applaudi par ses conseillers municipaux, des huées ont retenti parmi la cinquantaine de personnes venues assister à ce conseil municipal d’inauguration.

    Fin de séance tendue

    Roger Didier a déploré une campagne qui a « quitté le terrain du débat démocratique pour s’aventurer des attaques personnelles » à son encontre et tenu à rappeler qu’il n’était pas « un décideur solitaire. » S’il confesse avoir « un caractère » il a affirmé que celui-ci serait « mis au service des Gapençais ».

    Elie Cordier, chef de file de l’opposition de gauche a lui tenu à témoigner ses « félicitations républicaines » mais a rappelé « ne pas avoir déposé de recours » malgré des « irrégularités durant la campagne » et des « fausses informations diffusées » contre son équipe. Le chef de file de l’opposition a demandé au maire de faire preuve d’« une réelle volonté d’écoute » envers les élus de l’opposition. Une prise de parole qui a été qualifiée de « tissus de mensonges » par Roger Didier, qui a clos la séance sur ces entrefaites.

    À noter qu’en marge de ce premier conseil municipal une délégation du groupe local insoumis a interpellé les élus pour leur demander rendre les séances accessibles aux personnes à mobilité réduite.

    Les adjoints

    Onze adjoints ont été nommés par Roger Didier et élus par le conseil municipal :

    1 – Jean-Pierre Martin

    2 – Catherine Asso

    3 – Olivier Pauchon

    4 – Françoise Bernerd

    5 – Vincenzino Medili

    6 – Zoubida Eyraud-Yaagoub

    7 – Gil Silvestri

    8 – Delphine Rolland

    9 – Pierre Philip

    10 – Céline Zarb

    11 – Alain Blanc

  • L’extrême droite prend possession de Carpentras

    L’extrême droite prend possession de Carpentras

    C’est bien confirmé, sans surprise : Hervé de Lépinau (RN) a bien été élu maire de Carpentras ce vendredi 27 mars lors du conseil municipal d’installation à l’hôtel de ville et succède à Serge Andrieu (DVG), désormais dans l’opposition après avoir terminé à la troisième place ce dimanche.

    Il a été élu avec le vote des 30 élus de sa majorité, contre 5 votes blancs et 4 votes nuls, ceux de la nouvelle opposition. Un conseil expédié en moins d’une heure, à l’issue duquel il a rappelé son triptyque de priorités pour la capitale du Comtat Venaissin, reprenant, bien qu’il s’en défende, les discours du parti à la flamme au niveau national, à sécurité, propreté et attractivité. Un mandat de 7 ans qui « sera pleinement dédié à ces objectifs », insiste-t-il, avant de pointer qu’il ne pourra pas le faire « sans le bloc intercommunal ». Il cible ainsi directement la direction de la Communauté d’Agglomération Ventoux Comtat Venaissin (CoVe), qui a fixé le conseil communautaire d’installation à ce mardi 31 mars, alors qu’il était possible de le fixer jusqu’à quatre semaines après la fin des élections. « L’exécutif sortant nous prive d’un temps d’échange indispensable à la co-construction. Cette accélération ne fait que marginaliser Carpentras », glisse-t-il, sentant sans doute la présidence de la communauté de communes, un autre de ses objectifs, filer entre les doigts de l’extrême droite. Un message adressé directement à Jacqueline Bouyac, désormais élue d’opposition et présidente sortante de la CoVe. « Je serais bien restée quatre semaines de plus. J’avais le droit, d’après la loi, d’organiser ce conseil dès ce samedi et je fais juste ce que la loi m’autorise à faire. Ils avaient largement le temps de discuter avant. S’ils doivent se voir, ils ont huit jours », rétorque-t-elle.

    Correspondre aux valeurs

    La nouvelle opposition, constituée de 9 élus en deux groupes distincts, n’aura pas tardé à se faire entendre. Dès la fin du vote du nouveau maire, Francis Adolphe (DVG), maire de 2008 à 2018, qui a dû démissionner suite à une affaire de violences conjugales et qui a terminé à la deuxième place de la triangulaire dimanche, donne le ton en regrettant la possibilité, « dans l’éventail démocratique », de voter contre l’élection du maire, ses bulletins avec l’inscription « contre » étant finalement classés comme nuls. « Personne n’a le patronyme Contre ici », répond le nouveau premier édile, se permettant d’ajouter que l’élu d’opposition « aille à l’Élysée s’il veut changer les règles ». Plus tard, Francis Adolphe a notamment affirmé son soutien au monde associatif « qui se pose beaucoup de questions et que nous défendrons ». Du côté du camp de Serge Andrieu, c’est Jacqueline Bouyac qui a assuré qu’elle et les élus issus de la liste du maire sortant ont « à cœur de défendre tous les Carpentrassiens sans distinction » et qu’ils exprimeront leurs « désaccords » lorsque « certaines orientations ne correspondent pas aux valeurs que nous portons ».

    Les adjoints

    1ère adjointe, Pascale Demuru, enseignante et ex-conseillère municipale déléguée au commerce de Serge Andrieu qui a démissionnée en 2023. 2e adjoint, Jean-Marc Issartier, consultant international et ingénieur des Transports. 3e adjointe, Laurence Bigotte, retraitée, ancienne directrice générale des services territoriaux. 4e adjoint, Pierre Bourdelles. 5e adjointe, Nathalie Tournier. 6e adjoint, Bertrand de la Chesnais, ancien général de corps d’armée et ancien directeur de campagne d’Éric Zemmour aux élections présidentielles de 2022. 7e adjointe, Isabelle Evrard. 8e adjoint, Thierry D’Aigremont, référent du Rassemblement national en Vaucluse. 9e adjointe, Laetitia Colomb. 10e adjoint, Jihad Meroueh.

    Les délégations seront attribuées lors du prochain conseil municipal le vendredi 3 avril à 19h à l’hôtel de ville de Carpentras.

  • À Avignon, la gauche ne compte pas lâcher le terrain

    À Avignon, la gauche ne compte pas lâcher le terrain

    La tête à la construction du mandat d’opposition mais l’esprit certainement encore un peu à la défaite de dimanche dernier. Ce samedi, les nouveaux élus de gauche d’opposition vont entrer dans une nouvelle ère, presque une semaine après avoir vu leur liste fusionnée portée par David Fournier (PS) être devancée de 760 voix (40,62%/38,01%) par Olivier Galzi (DVD). Les dix élus (PS, LFI, PCF, EELV ou l’Après sont représentés comme partis) ne devraient pas présenter de candidat et laisser seul le futur maire être élu en s’abstenant. David Fournier et Mathilde Louvain (LFI) prévoient de prendre la parole.

    Si les groupes ne seront pas officialisés dès ce samedi, la gauche devrait, à terme, parler à deux voix avec d’un côté les 6 élus issus de la liste initiale de David Fournier et, de l’autre, les 4 venus de Mathilde Louvain (LFI). La gauche est expérimentée puisque 6 élus sur 10 étaient déjà conseillers municipaux sortants. On peut aussi souligner que Maryline Croyet (PS) était élue lors du mandat précédent (2014-2020) et que Rémy Blanc (PCF) est conseiller départemental.

    « Avoir deux groupes permet d’instaurer une présence et une reconnaissance de nos marqueurs politiques », fait valoir Mathilde Louvain, qui entend bien « garder le lien permanent avec les habitants, on fera un travail pédagogique sur ce qu’il se passe en séance et le choix de nos votes ». La « défense des services publics » sera le fil rouge de la mandature. Même tonalité chez David Fournier : « Ensemble et solidaires [nom de la liste] va continuer, on a un devoir par rapport au plus de 11 000 voix qui se sont portées sur nous, nous devons répondre à l’urgence sociale et climatique », estimait-il, dès dimanche soir, promettant une « vigilance sur les services publics et la lutte contre le clientélisme ».

  • L’équipe toulonnaise élue pour une ville sûre, solidaire et attractive

    L’équipe toulonnaise élue pour une ville sûre, solidaire et attractive

    Dans son propos introductif la deuxième adjointe Geneviève Lévy a rappelé le résultat du scrutin du dimanche 22 mars où la liste Toulon-Mon parti conduite par Josée Massi (SE) a recueilli 31 593 voix contre 28 753 voix pour la candidate d’extrême droite Laure Lavalette (RN).

    Et de poursuivre : « Vous êtes tous, majorité et opposition, des conseillers municipaux élus de la ville de Toulon. Et à ce titre, chacun apportera sa contribution dans un esprit de respect démocratique. »

    L’occasion de rappeler que « la victoire, il faut l’appréhender avec modestie, car c’est le premier acte tangible de notre engagement au service de tous, quels qu’aient été leurs votes ».

    Et à l’ancienne députée de préciser que ce qui l’anime encore aujourd’hui, après 25 ans d’engagement, c’est l’enthousiasme. En soulignant que le mandat municipal, est pour elle le plus passionnant, « car il permet d’agir au quotidien et en même temps de rendre réel des projets à moyen ou long terme, de nature à améliorer la vie des habitants ».

    Avant de procéder au vote du maire, Geneviève Lévy lui a consacré un petit portrait, en expliquant que si « les Toulonnais connaissaient peu Josée Massi avant cette campagne », c’est parce qu’« elle a toujours privilégié le travail plutôt que la communication ». Et de rappeler son parcours, de professeur de mathématiques, pour commencer, qui « lui a enseigné la rigueur essentielle pour une gestion responsable d’une collectivité ». Puis comme directrice d’un organisme d’insertion professionnelle, ce qui « lui a permis d’aider les hommes et les femmes qui méritaient d’être accompagnées pour trouver leur voie ». « Cette attention aux autres, cette conviction de parcours positifs et de progrès est un marqueur fort de sa personnalité », insiste-t-elle.

    Et de rappeler pour conclure sur le projet municipal, que la sécurité, la proximité, la solidarité sont des priorités.

    La conseillère municipale d’opposition du Rassemblement national Laure Lavalette a assuré pour sa part que son groupe, fort de 14 élus, siégera « sans sectarisme aucun ». Ça, ça serait nouveau. La maire de Toulon Josée Massi fraîchement élue par le conseil municipal a ensuite pris la parole pour dire avec émotion l’honneur qui lui est fait aujourd’hui en lui confiant « une des plus belles responsabilités, mais aussi une des plus exigeantes ».

    Dans la concorde

    Et de poursuivre à l’intention de tous les élus afin de prévenir toute incartade : « Nous ne devrons jamais oublier que nous servons la même ville. Je souhaite que ce conseil municipal soit un lieu de débat, mais un lieu où chacun se respecte. »

    La première magistrate a également insisté sur sa volonté de rassembler : « Je suis la maire de tous les Toulonnais. Je gouvernerai pour tous. Ma seule boussole, c’est l’intérêt général. »

    L’occasion de réaffirmer que « personne ne sera laissé au bord du chemin ». Et de rappeler la devise de la ville qui dit que c’est dans la concorde que se font les grandes choses.

    C’est-à-dire la capacité de construire, malgré les différences, « le refus des fractures inutiles et la volonté de faire prévaloir ce qui unit sur ce qui oppose ».

    Josée Massi s’est engagée à continuer de gouverner « avec proximité, humanité et pragmatisme » afin de « répondre aux urgences du quotidien tout en préparant l’avenir ».

    Elle veut, ajoute-t-elle, une mandature utile aux familles, à ceux qui travaillent, comme à ceux qui cherchent encore leur place. Et de préciser : « J’irai voir, j’irai écouter. J’irai décider, mais je prendrai d’abord le temps d’entendre. (…) Sans jamais oublier que le mandat que je reçois aujourd’hui n’appartient pas à un camp, mais à une ville. »

    Un discours d’apaisement qui tend la main à toutes bonnes volontés qui souhaitent œuvrer pour le bien commun, comme celle de la gauche qui ne siège plus au conseil municipal mais qui veut continuer à participer au débat et être force de proposition pour faire avancer la ville.

    Une concorde pour l’intérêt général, comme énoncé.

    Les adjoints :

    1 – Julien Orlandini

    2 – Geneviève Lévy

    3 -Thomas Iison

    

    4 – Valérie Marcel Arniaud

    5 – Laurent Isnard

    6 – Margaux Lombard

    7 – Jean-Michel Permingeat

    8 – Laurence Masson-Dubroc

    9 – M. Patrice Cazaux

    10 – Lauren Boulay

    11 – Albert Tanguy

    12 – Hélène Audibert

    13 – Jean-Charles Brochot

    14 – Brigitte Genetelli

    15 – Boris Touaty

    16 – Martine Berard

    17 – Pierre Bonnefoy

    18 – Corinne Jouve

    19 – Ali Khalfaoui

    20 – Pascale Robert

    21 – Serge Lhotellier

    22 – Camille Sztejnhor

  • À Martigues, Gaby Charroux se lance dans un mandat exigeant

    À Martigues, Gaby Charroux se lance dans un mandat exigeant

    « C’est le stade Vélodrome là », plaisante une Martégale, les yeux écarquillés en entrant dans la Halle. Les gradins sont montés, des centaines de sièges rouges se remplissent. Ce vendredi soir, l’équipement public est spécialement aménagé pour le conseil municipal d’installation des 43 nouveaux élus, tous présents.

    La liste d’union de la gauche emmenée par le maire sortant Gaby Charroux (PCF), arrivée en tête avec 44,14% des suffrages, remporte 32 sièges, quatre de moins que lors de la dernière mandature. La liste RN, avec ses 35,05%, obtient 7 sièges, soit 5 de plus qu’en 2020. Jean-Luc di Maria (DVD), qui a récolté 20,81% au second tour, perd un siège avec 4 élus.

    Les nouveaux conseillers municipaux ont procédé à l’élection du maire. Étaient candidats Gaby Charroux et Emmanuel Fouquart (RN). Le conseiller municipal d’opposition (DVD) Jean-Luc di Maria a quant à lui prévenu : « Des milliers de Martégaux ont voté pour le changement. Cette voix ne disparaît pas. Nous ne serons ni silencieux ni complaisants. Notre rôle n’est pas de vous accompagner, mais de vous interpeller et de proposer une autre voix. Vous avez la majorité, nous avons la vigilance. » Son groupe a tout de même voté pour l’édile sortant, officiellement réélu par le conseil avec 36 des 43 voix.

    Réconcilier les électeurs avec la chose publique

    De nouveau élu, Gaby Charroux a remercié les électeurs pour « leur confiance renouvelée », mais aussi « les centaines de militants » qui ont su « prendre du temps personnel » pour défendre la singularité d’un « modèle martégal qui depuis tant d’années a fait la démonstration de sa pertinence et de sa modernité renouvelée ». Il a assuré ne pas oublier « l’ensemble des électrices et des électeurs qui ont pu faire un choix différent ». « Je veux leur dire que notre majorité agira comme elle l’a fait jusqu’ici pour toutes et pour tous et qu’elle s’efforcera de convaincre, d’être à l’écoute et de répondre aux nombreuses interrogations et nombreux doutes qui ont pu émerger. Il est désormais de notre responsabilité de rassembler chacune et chacun au-delà des divisions qui peuvent se manifester en période électorale. Cette responsabilité nous l’assumerons. Y compris envers celles et ceux qui se sont abstenus. (…) Cette abstention est le reflet d’une crise de confiance que nos concitoyens éprouvent envers la politique. (…) Il nous appartient de chercher et de trouver les moyens de réconcilier avec la chose publique celles et ceux qui ont pu s’en détourner. » Pour rappel, au second tour, l’abstention avait atteint 42,25%.

    Douze adjoints au maire

    Les élus ont également désigné les adjoints au maire, maintenus au nombre de 12, un nombre « suffisant pour aider le maire dans la gestion quotidienne des affaires d’une commune de 49 000 habitants, 4e ville du département et 3e de la métropole », explique Gaby Charroux, qui s’entourera par ailleurs de trois collaborateurs de cabinet.

    Avec 32 voix, sont nommés Henri Cambessedes (PCF) au poste de premier adjoint (sans changement par rapport à 2020) ; Éliane Isidore ; Florian Salazar-Martin (PCF), qui était précédemment adjoint à la culture ; Valérie Baqué ; l’ancien député communiste de la 13e circonscription Pierre Dharréville ; l’ancienne adjointe au tourisme Sophie Degioanni (PS) ; Gilles Picard (PCF) ; Saoussen Boussahel (PS) ; Jean-François Mauffrey (SE) ; Charlette Benard, adjointe aux seniors lors du dernier mandat ; Jean-Luc Cosme (EELV) ; Annie Kinas (PCF), ancienne adjointe à l’éducation.

    Pour les 14 quartiers de la commune, les quatre adjoints sont Odile Teyssier-Vaisse (SE), déjà représentante de Carro, Les Laurons, Saint-Julien et Saint-Pierre lors du dernier mandat, Jean-Marc Villanueva, représentant de Lavéra, Boudème et Jonquières en 2020, Roger Camoin (PS) et Marceline Zéphir (PCF).

    Les adjoints

    Les 12 adjoints au maire : Henri Cambessedes (PCF), Éliane Isidore (PCF), Florian Salazar-Martin (PCF), Valérie Baqué, Pierre Dharréville (PCF), Sophie Degioanni (PS), Gilles Picard (PCF), Saoussen Boussahel (PS), Jean-François Mauffrey (SE), Charlette Benard, Jean-Luc Cosme, Annie Kinas (PCF).

    Les 4 adjoints de quartiers : Odile Teyssier-Vaisse (SE), Jean-Marc Villanueva (PCF), Roger Camoin (PS) et Marceline Zéphir (PCF).

  • Top départ

    Top départ

    Alors que l’essentiel des conseils municipaux élus dimanche dernier aura choisi leur maire au terme de ce week-end, l’heure des premières mesures a sonné.

    L’impulsion politique d’un nouveau mandat est un message envoyé aux électeurs dès les premiers jours par les nouveaux maires. Certains ont été réélus et donneront ainsi une coloration nouvelle à ce mandat, d’autres arrivent en responsabilité et souhaitent montrer aux habitants un changement significatif.

    Tous ont à relever un défi d’une grande importance : redonner crédit à l’action publique après un scrutin marqué par l’abstention et la progression de l’extrême droite qui prospère sur le « tous pareils, tous pourris ».

    Capacité d’action abîmée

    Pendant longtemps, les maires ont représenté pour les Français, des points de repère, des élus « à portée d’engueulade », des gens de confiance. Force est de constater que la crise politique en cours dans une Ve République à bout de souffle contamine l’échelon local et abîme la relation des habitants avec leurs représentants. La baisse des dotations de l’État et la généralisation d’intercommunalités souvent imposées, a entamé la capacité d’action des maires et donc leur crédibilité dans la population.

    Ils sont pourtant les acteurs indispensables de la démocratie de proximité.

    Les attaques que l’État leur inflige pour masquer ses propres turpitudes budgétaires doivent cesser. L’échelon communal doit redevenir le lieu prioritaire de réponse aux besoins de la population. Beaucoup d’idées et d’envies s’expriment en ce lendemain d’élection. Tant mieux.

    Top départ !