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  • [Entretien] Nine Antico : « Il existe une vraie lutte pour faire exister nos droits dans la BD »

    [Entretien] Nine Antico : « Il existe une vraie lutte pour faire exister nos droits dans la BD »

    La Marseillaise : Comment le mouvement Girlxcott est-il né ?

    Nine Antico : Un mécontentement germait depuis une dizaine d’années et a explosé l’an passé, suite à un article paru dans L’Humanité qui exposait clairement les dérives aussi bien artistiques que de gestion du festival d’Angoulême. Ce qui a aussi mis le feu aux poudres, c’est le licenciement d’une employée de 9e Art+ [association gestionnaire du festival, Ndlr], au lendemain qu’elle ait annoncé avoir été violée lors d’une soirée professionnelle.

    Dans le monde de la BD, comment les violences faites aux femmes, et plus généralement aux personnes vulnérables, se manifestent-elles ?

    N.A. : C’est un milieu, comme tous les milieux artistiques, qui a été très masculin. Et donc, l’incursion de plus en plus d’autrices, ces dernières années, a provoqué certaines situations. Il existe de nombreux témoignages de violences sexistes ou sexuelles, d’agressions. C’est un milieu qui ressemble malheureusement à d’autres milieux artistiques où il y a eu très peu de représentations de femmes. Pour que les choses bougent, il faut du temps. Cela passe aussi parfois à travers l’expression de ras-le-bol comme cette année. Des autrices ont été à l’initiative du mouvement, mais on a été aussi rejoint par des hommes, des auteurs, des éditeurs… C’est un mouvement qui englobe plein de choses, mais décrit, en gros, une volonté de penser autrement un festival qui serait plus horizontal et inclusif. Qui représenterait le milieu de la BD tel qu’il est vraiment aujourd’hui.

    Certains ont aussi pu déplorer le côté « machine à cash » du festival. Quel cynisme face à la précarité dans laquelle les auteurs de BD se trouvent…

    N.A. : Ce festival, qui était payant, a vu son prix d’entrée pour le public augmenter ces dernières années avec des places autour d’une trentaine d’euros. Or le but du jeu est de rencontrer les auteurs et acheter des livres. Ça manquait aussi de générosité dans les lieux pour que les auteurs se rencontrent. Il y a aussi le cas de la présentation de certaines expositions qui ont déclenché de vives polémiques. L’enquête de Lucie Servin dans L’Humanité racontait comment l’esprit mercantile a écarté au fur et à mesure l’aspect ludique de ce festival qui avait été pourtant créé dans les années 1970 par une association à une tout autre échelle.
    Avec les auteurs qui vendent beaucoup, une minorité, et les autres, il y a deux endroits qui ne se rencontrent pas, qui plus est dans les bulles telles qu’elles avaient été façonnées à Angoulême. Les publics se croisaient dans les rues, mais pas du tout sous les chapiteaux. À côté des grosses maisons d’édition et des livres à gros tirages qu’on peut trouver en supermarché, il y a un nombre conséquent et majoritaire d’auteurs qui n’arrivent pas à vivre de leurs productions. Et qui, à Angoulême, se retrouvaient dans des conditions de festival se rapprochant davantage du camping qu’autre chose. Il y a en ce moment une vraie lutte pour faire exister nos droits, en faveur d’un système qui nous protégerait entre deux livres. Une BD, c’est un temps de fabrication très long, un travail solitaire. Pour que l’on gagne de l’argent sur nos livres, il faut que nos ventes dépassent les droits d’auteur qu’on a eus.

    L’idée des Fêtes interconnectées de la BD, c’est de renouer avec une dimension humaine ?

    N.A. : Oui, l’aspect solidaire, déjà. Rien que le fait de s’emparer de la programmation et de se rencontrer entre auteurs et autrices est déjà une avancée. On est au cœur de la décision et cela à un gros impact sur nos motivations à être là. On le fait de manière bénévole. Mais le but du jeu n’est pas que le festival d’Angoulême soit détruit ad vitam aeternam. Mais plutôt de dire : on n’est pas contents de cette version-là, on en voudrait une autre dans laquelle on serait plus impliqués, mieux traités et avec plus de diversité. Une diversité qu’Angoulême avait tendance à effacer.

    Et dans le cadre des Fêtes interconnectées de la BD, vous participez avec d’autres autrices, le 31 janvier, à une table ronde à l’Alcazar ainsi qu’à une exposition à la Friche Belle de Mai…

    N.A. : On se penche sur le désir sous l’angle féminin. Une thématique qui afflue dans nos derniers livres ou revues. Tout un imaginaire a été monopolisé par les hommes. On discute sur ce que nos regards et récits peuvent apporter au monolithe sur lequel on s’est construit, qui est un regard essentiellement masculin. Il y aura aussi par exemple Claire Fauvel, qui photographie les hommes nus, l’anthropologue Morgane Tocco dont le sujet de recherches est la représentation du nu masculin dans l’art. Elle montre à quel point il y a peu de représentations. La femme nue est toujours au cœur de l’art, tandis que le nu masculin, beaucoup moins. On soulève plein de points à propos du désir féminin ou queer sur l’homme.

  • Avignon : fin de morne plaine au stade nautique

    Avignon : fin de morne plaine au stade nautique

    En juillet 2019, puis quelques mois plus tard en décembre, la municipalité a redonné un coup d’éclat sportif à un écrin en friche de plus de 7 ha, à Saint-Chamand, quartier populaire en rénovation urbaine, à l’entrée sud d’Avignon.

    D’abord en investissant 3,7 millions d’euros pour réhabiliter la plaine des sports, qui dispose de 17 équipements accessibles à tous : piste d’athlétisme, terrains de rugby et de foot, skate park, pump track, city stades, tables de ping-pong, mur d’escalade ou grande aire de jeux pour enfants. Ce n’est pas un hasard si, en juin 2024, le lieu a été choisi comme point de départ du passage de la flamme olympique, lors du parcours avignonnais.

    Quelques mois après, la Ville a inauguré le stade nautique mitoyen, à l’abandon depuis presque dix ans, « avec des herbes folles dans les bassins », rappelle Cécile Helle. Près de 20 millions d’euros d’investissement pour remettre à neuf cet équipement classé patrimoine du XXe siècle, livré en 1966 et fermé en 2010. Un bassin olympique de 50 m extérieur, chauffé à 29 degrés, est aujourd’hui prisé, auquel s’ajoutent deux autres bassins de loisirs et plongeons, accessibles l’été.

    À l’automne dernier, la Ville a aussi remunicipalisé un service du stade nautique : la salle de sport et centre de remise en forme avec salle de fitness, hammams, saunas, jacuzzis et solarium. Toute l’année, des activités types aquagym y sont proposées de même qu’une école de natation, avec des créneaux dédiés aux ados ne sachant pas nager. L’été, des nocturnes animées y sont programmées.

    Quant aux tarifs, ils sont destinés prioritairement aux Avignonnais avec une entrée pleine à 2,50 euros contre 6 euros hors Avignon (1,60 et 3,60 euros en tarif réduit). La Ville a même créé un budget annexe dédié, « activités aquatiques », qui regroupe aussi la gestion des quatre autres piscines toutes modernisées ou en passe de l’être. En 2026, ce budget de fonctionnement s’élève à 5,1 millions d’euros, dont la moitié pour le seul stade nautique.

  • Durance, les raisons d’une crue peu habituelle mais sans dégâts

    Durance, les raisons d’une crue peu habituelle mais sans dégâts

    La Durance est sortie de son lit dans la nuit de ce mercredi 28 au jeudi 29 janvier, et a débordé sur la départementale 900 à Caumont. Ce qui a poussé le Département de Vaucluse à mettre en place une déviation en début de matinée.

    Mais aucun dégât, de maisons inondées ni de blessés n’ont été constatés suite à cet épisode. La décrue, amorcée dans la nuit, était déjà bien engagée à la mi-journée ce jeudi. Le pic aux abords d’Avignon s’étant tenu vers 1h du matin avec un débit de 900 mètres cubes d’eau par seconde. « C’est un épisode assez courant », commente Bertrand Jacopin, directeur des études et des travaux du Syndicat mixte d’aménagement de la vallée de la Durance (SMAVD). Tout en constatant que « c’est la première fois que ça déborde avec un débit aussi faible » et que « des agents sont sur place pour identifier le mécanisme ».

    Les fortes pluies sur le secteur de Sisteron sont pointées du doigt par les autorités comme responsables de la montée du niveau de l’eau.

    Ce n’était donc pas une crue particulièrement virulente, mais le SMAVD reste particulièrement vigilant quant aux évolutions de ces prochaines semaines. « On a vu qu’avec des pluies fortes mais pas énormes, il y a de belles réactions en rivière. Même si on fait attention tout le temps et que l’on anticipe », assure Bertrand Jacopin. Nous sommes actuellement en pleine période de surveillance accrue, qui s’étend d’octobre jusqu’en mai. 300 000 personnes sont exposées à un risque d’inondation le long du fleuve.

  • Un pacte des solidarités pour accompagner les plus précaires à Avignon

    Un pacte des solidarités pour accompagner les plus précaires à Avignon

    Pour lutter contre la grande précarité à Avignon, l’État, la municipalité et les acteurs associatifs mettent l’accent sur l’accompagnement individuel avec la signature, ce jeudi 29 janvier, du Pacte local des solidarités de Vaucluse 2026.

    Le document, co-construit depuis mars dernier entre les services de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS), la collectivité et une dizaine de structures d’accompagnement, propose plusieurs actions sur l’année. Avec par exemple la création d’un « coffre-fort numérique » pour pouvoir suivre le parcours de ces personnes plus simplement à travers une même plateforme. Ou encore la création d’« un espace qui pourrait accueillir les personnes à la rue proposant des services de bagagerie, des actions socio-esthétiques, des actions autour de l’éducation à la santé et de l’hygiène, afin de retrouver des temps de socialisation et renforcer l’estime de soi », peut-on lire dans ce document. Mais aussi l’objectif d’« améliorer la coordination entre les partenaires signataires du pacte, pour développer la complémentarité des interventions », avec des réunions et des échanges plus fréquents entre les structures et la collectivité.

    Rue de la République

    « Je crois beaucoup en la méthode qui consiste à s’intéresser à chacune des personnes concernées plutôt que d’apporter des réponses globales », précise le préfet de Vaucluse, Thierry Suquet. Un document lancé, d’après lui, après des discussions lors de la réunion mensuelle entre la préfecture et la municipalité du Palais des Papes pour « aider les marginaux à sortir de la rue. Et notamment de la rue de la République ». Et il espère que cela permettra de « faire d’Avignon une ville apaisée et accueillante ». De son côté, la première édile de la cité des Papes a, quelques minutes auparavant, affirmé qu’une « mobilisation collective est nécessaire avec les enjeux autour de la grande marginalité » et qu’il faut « casser les stéréotypes d’exclusion ».

    Un dispositif dans le cinquième département le plus pauvre de France qui peut, si c’est un succès, se démocratiser. « C’est un outil précieux qui a valeur d’expérimentation, donc d’essaimage. Si ce que je vois marche bien, d’autres territoires pourront en bénéficier. Pour ça, il faut aussi se donner les moyens d’observer ce que nous allons faire, d’évaluer et de mesurer l’impact », précise Yolande Eskenazi, commissaire à la lutte contre la pauvreté auprès du préfet de région.

  • À Aix, la Plaine nature ouvre ses équipements à tous

    À Aix, la Plaine nature ouvre ses équipements à tous

    Inaugurée en avril dernier, la Plaine nature Carcassonne (autrefois complexe Georges-Carcassonne) a été pensée, par les services des sports de la Ville, comme un lieu ouvert à tous, gratuit et proche de la nature, puisque relié au Parc national urbain (PNU) et au Parc de la Torse. Surtout, la Plaine nature se veut proche du centre-ville, à une dizaine de minutes, et est desservie par les réseaux de bus, permettant ainsi aux jeunes (et aux moins jeunes) d’y accéder facilement. Le site a aussi été conçu pour être accessible aux personnes à mobilité réduite (PMR).

    Depuis son inauguration, la Plaine nature ne désemplit pas, fréquentée autant par les sportifs licenciés que par les familles. Ce nouvel écrin s’inscrit dans la dynamique créée l’année des Jeux olympiques, période durant laquelle la Ville d’Aix avait été labellisée « Terre de Jeux » et désignée comme deuxième ville la plus sportive de France. Les travaux, qui ont duré un peu plus de deux ans, représentent un investissement de plus de 15 millions d’euros. Le Département a financé à hauteur de 3,190 millions d’euros, la Métropole à hauteur de 1,954 million d’euros et la Région à hauteur de 400 000 euros.

  • Les centres d’initiation, fleurons de Martigues

    Les centres d’initiation, fleurons de Martigues

    Entre 2020 et 2026, les réalisations se sont multipliées : le bassin extérieur de 50 mètres de la piscine Avatica a permis au club de gagner des dizaines d’adhérents et d’attirer l’entraîneur Philippe Lucas, les terrains de padel ont donné un nouveau souffle au club de tennis, le stade Francis-Turcan a été remis aux normes, le collège Henri-Wallon s’est vu doter d’un gymnase, la base de voile de Tholon a été rénovée et étendue, la « Zone Jeun’s d’Aurélio » a démocratisé la pratique du BMX, des plateaux d’évolution (ou city stades) ont été construits dans les quartiers…

    Martigues est « une terre de sport », affirme Éliane Isidore, conseillère municipale (DVG) en charge de la question. Et ce n’est pas nouveau. « On a 1 300 gamins qui s’essaient à plus de 25 activités dans nos Centres d’initiation sportive (CIS), qui sont un véritable fleuron de notre politique. Ces CIS ont été créés il y a plus de 60 ans. C’est dire si on a été précurseurs en la matière. » Depuis 2020, ces centres proposent du sport adapté aux enfants en situation de handicap. Trois créneaux par semaine sont animés par des éducateurs formés et habilités à encadrer ces publics.

    Mixité sociale et éducation

    Les amateurs de sport ont de quoi faire et les résultats sont là : la commune de près de 50 000 habitants compte 11 000 licenciés au sein des différents clubs. Éliane Isidore résume : « Notre politique est l’accès au sport pour tous. (…) On a à cœur de soutenir toutes les pratiques, qu’elles soient de loisir, de compétition ou hors du cadre fédéral. (…) Ces chiffres n’arrivent pas par hasard, c’est le fruit d’une politique sportive mise en place il y a longtemps, rendue possible par la stabilité politique de la ville. »

    L’élue souligne le travail mené par les associations et leurs bénévoles : « Je leur témoigne ma reconnaissance et leur dire à quel point ce qu’ils font est essentiel pour le lien social. C’est dans le sport que la mixité existe et c’est un endroit d’éducation populaire pour les jeunes. C’est là, aussi, où on apprend les règles du vivre ensemble, le respect de l’autre. »

  • Cadarache : un « socle essentiel » de souveraineté industrielle

    Cadarache : un « socle essentiel » de souveraineté industrielle

    Pour Christophe Bourmaud, même dans un temps marqué par les tensions géopolitiques, le CEA de Cadarache (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives) « garde le cap ». Le directeur du site présente, à l’occasion de la cérémonie des vœux de ce mercredi 28 janvier, tenue au Château de Cadarache, le bilan d’une année 2025 « singulière », tant par l’anniversaire de ses 80 ans que par les réussites nées sur site. Deux, notamment. Primo, la « divergence » de la chaufferie nucléaire du sous-marin d’attaque de Grasse. Secundo, les 650 000 euros levés par la start-up Fluiid pour « industrialiser sa technologie », spécialisée dans la détection de défauts dans les écoulements issus de procédés industriels et créée par un chercheur de Cadarache. Aussi, parmi la liste égrenée par Christophe Bourmaud, le site de Cadarache peut aussi se féliciter du prix Nobel de physique attribué à Michel Devoret, formé sur le site de Cadarache. Ou le maintient, pour la quatorzième année consécutive, « à la première place mondiale des organismes de recherche les plus innovants ».

    Le projet Iter avance

    Christophe Bourmaud, le rappelle : « Les recherches que nous menons au CEA constituent un socle essentiel pour notre souveraineté scientifique, technologique et industrielle. » 2025, pour Cadarache, rime aussi avec un « record mondial de durée de plasma sur le tokamak West, qui a marqué une étape majeure (…) il illustre notre avance dans la maîtrise des plasmas de fusion », les progrès du chantier RJH (réacteur Jules Horowitz, lancé à la fin des années 1990), « et le développement de ses futurs dispositifs expérimentaux, qui confirment notre rôle structurant pour la recherche nucléaire ». Il faudra s’attendre, pour 2026, à maintenir cette dynamique selon Christophe Bourmaud, notamment sur le projet Iter. D’abord parce que « la confiance renouvelée du président de la République lors du conseil de politique nucléaire de mars dernier est un signal fort, poursuit le directeur du CEA de Cadarache. Il nous a demandé d’établir une feuille de route pour la fermeture du cycle combustible, aux côtés d’EDF et d’Orano. Il nous a également demandé d’étudier l’implantation de SMR sur nos sites dans le cadre du programme France 2030 ». Sur le projet Iter, justement, Pietro Barabaschi, directeur général du projet Iter, annonce qu’au cours de l’année 2025 « nous avons accompli 84% de travail en plus que toutes les années précédant 2023, avec la même quantité de ressources et le même nombre de personnel ». À l’heure de la cérémonie des vœux, « le quatrième module sectoral, de 1 400 pounds (environ 635 kilos) est en train d’être soulevé. Il se trouve maintenant à environ trois mètres du sol et ce soir, il sera installé dans la fosse [espace toroïdal, Ndlr]. (Cette opération) a quatre mois d’avance sur le planning », annonce Pietro Barabaschi. Il en reste quatre, à installer au cours de l’année 2026. « Le Conseil, qui s’est tenu au mois de décembre, a été très positif. Il a été démontré que le projet, n’est plus seulement un symbole de coopération, mais aussi un symbole de haute performance (…) il n’y a pas beaucoup de projets dans le monde, qui marchent aussi bien que Iter », estime le directeur général.

    Pour les mois à venir, les enjeux diplomatiques restent l’un des objectifs majeurs pour Iter. « Nous faisons en sorte de sécuriser le soutien que nous recevons de tous nos membres. Au milieu des tensions géopolitiques, Iter est un symbole de paix (…) nous essayons de communiquer et de recevoir le soutien de tous nos membres, les États-Unis compris. Nous espérons pouvoir recevoir des élus des États-Unis. » 2026, s’annonce forte en enjeux.

  • Le nouveau robot chirurgical Da Vinci Xi arrive à l’hôpital de Martigues

    Le nouveau robot chirurgical Da Vinci Xi arrive à l’hôpital de Martigues

    Dans le bloc opératoire de l’hôpital de Martigues, la science n’est plus fiction. Au-dessus de la table d’opération, quatre bras articulés se déploient, équipés d’une caméra endoscopique, d’un bistouri ou d’une petite pince. Un morceau de tissu inaugural est saisi, patiemment découpé par la lame miniature manipulée dans un espace équivalent à celui d’une balle de tennis. Sur des écrans, le retour de la caméra permet de voir cet exercice ainsi que celui de manipulation de petits élastiques sur une surface d’entraînement en plastique. De l’autre côté de la salle, le docteur Harry Toledano manipule les commandes grâce à un viseur en trois dimensions, assis « de manière ergonomique » face à la console du robot Da Vinci Xi, de l’entreprise Intuitive Surgical.

    C’est un « game changer » pour le chirurgien urologue, comprendre un changement de donne, dans le traitement de tous types de cancers, de la chirurgie fonctionnelle ou de l’obésité. « On réduit la durée de prise en charge, il y a moins de complications, de saignements, d’infections et une récupération beaucoup plus rapide. » Le médecin illustre : « Là où il y avait de grandes cicatrices auparavant, on a maintenant des petits orifices d’un centimètre. ».

    L’humain n’est pas pour autant remplacé. « Ça ne signifie pas moins de personnel car nous sommes très attachés à l’hôpital public et à la qualité des soins pour nos patients », insiste le Dr Toledano, et parle même d’un « outil indispensable pour l’attractivité du 3e hôpital des Bouches-du-Rhône, sans lequel nous n’aurions pas pu renouveler notre pool de chirurgiens », estime-t-il.

    Un symbole de modernité

    Le sentiment de fierté habite les participants à cette démonstration. C’est le cas du Dr Luigi, président de la communauté médicale d’établissement de l’hôpital : « Je suis fier de ce symbole de modernité pour le bloc opératoire, qui voit 4 500 interventions par an. » « Quand on va au bloc on confie son corps et sa santé à l’équipe médicale, et pas juste à ce robot », rappelle-t-il.

    L’urgentiste pointe d’ailleurs un « paradoxe dans tous les hôpitaux de France, qui sont en déficit ». Car à près de 2 millions d’euros le système robotisé, sans compter les travaux d’aménagement nécessaire pour soutenir son poids pachydermique, c’est un investissement. Stéphane Luigi replace le contexte du « plan d’efficience et des économies qui nous sont demandées » et présente le robot comme un moyen d’y participer.

    Mais comme le rappelle le directeur Loïc Mondoloni, « ce n’est pas une folie » mais une réponse au « défi d’accompagner l’innovation et l’énergie de nos équipes ». Tout comme le défi de l’« attractivité pour faire tourner cet équipement » se pose avec « des chirurgiens libéraux qui pourront venir exercer » ainsi que ceux de l’Assistance publique des hôpitaux de Marseille (AP-HM) pour lesquels « une convention de partenariat sera bientôt établie », dans le cadre d’« un projet universitaire territorial ».

    « Un rêve qui se réalise » pour le maire (PCF) de Martigues Gaby Charroux, insistant sur sa volonté d’avoir « le meilleur et l’égalité pour tous dans le droit à la santé et à se soigner ». L’édile considère le robot comme « un premier pas à d’autres compléments », au regard de l’extension immobilière et du conflit social à l’hôpital.

  • Aix-Marseille : des suppressions de postes de profs par dizaines dans toute l’académie

    Aix-Marseille : des suppressions de postes de profs par dizaines dans toute l’académie

    Les syndicats des enseignants et des personnels de l’Éducation nationale dans l’académie d’Aix-Marseille ne décolèrent pas.

    Du côté de l’académie, et donc du ministère de l’Éducation nationale, le calcul est simple : le nombre d’élèves scolarisés est en baisse : près de 4 600 élèves en moins dans les écoles primaires : 36 postes en moins dans quatre départements de l’académie (Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Bouches-du-Rhône et Vaucluse). Même tendance et même résultat pour le second degré, en collège et lycée : 883 élèves en moins globalement, 40 emplois supprimés. Du côté de l’administration, cette « forte baisse des effectifs » va de pair avec « l’augmentation des moyens d’enseignement » depuis 2020. Les dispositions pour cette rentrée permettraient, toujours selon les documents officiels de l’Académie que La Marseillaise a pu consulter, une « convergence des taux d’encadrement par types d’établissements par rapport aux ratios nationaux ».

    Effectivement, « l’académie a un niveau d’encadrement bien inférieur à la moyenne nationale », confirme Charlotte Bourgougnon, enseignante et cosecrétaire départementale du SNUipp-FSU des Bouches-du-Rhône. « Cette baisse des effectifs aurait pu nous permettre d’améliorer les conditions d’enseignement, mais au contraire, ces suppressions vont encore plus les affaiblir. Elles vont notamment toucher les remplacements, les enseignements spécialisés, et les établissements des quartiers prioritaires », détaille-t-elle. « Cela va être encore plus difficile voire impossible de dédoubler les classes » dans ces établissements, poursuit Françoise Julia, représentante CGT. Alors que le nombre de ces établissements devrait être à la hausse, théoriquement. « C’est un budget de guerre contre l’Éducation nationale ! », résume Tanguy Langlet, délégué des enseignants FO du Vaucluse, qui a claqué la porte de cette réunion. « Ces suppressions résultent d’un véritable choix politique. L’Éducation n’est clairement pas une priorité pour ce gouvernement ! », dénonce-t-il. Les syndicats ne comptent pas en rester là.

  • La violence déborde au collège Malraux à Marseille

    La violence déborde au collège Malraux à Marseille

    Mardi, l’AED intervient pour séparer une bagarre. Bousculée, elle tombe à terre et se fait piétiner par « le moulon ». En langage d’ado, un attroupement d’élèves, « un jeu sur les réseaux », précise un collégien, encore choqué. En début d’année un surveillant avait déjà subi une agression similaire. Il n’a pas été remplacé et ils ne sont à ce jour plus que huit dans cet établissement de 935 élèves qui n’est pas en zone prioritaire.

    Des faits de violence extrêmement alarmants que les parents et les personnels du collège ont dénoncés jeudi lors d’une grève et d’un rassemblement devant l’établissement du 13e. Dans le rassemblement organisé devant les grilles de Malraux, une élève de 5e confie : « Moi, ça va, j’ai la chance, et la malchance, de connaître un de ceux qui sèment le trouble, mais ceux qui sont plus isolés ont peur, alors il y a l’effet de groupe. » Déjà 16 élèves sont convoqués en conseil de discipline. Un père réagit également : « Ils ont entre dix et quinze ans et provoquent des bagarres de rue à l’école. Et ça n’a rien à voir avec le milieu social. »

    L’enveloppe est vide

    Les parents sont déroutés. Car ce n’est pas le seul établissement en proie à de telles dérives. « Le jour où c’est arrivé, il y a eu des déclenchements d’alarme dans plusieurs collèges, c’est comme si tout ça était organisé. Et ils font des vidéos, fascinés par les réseaux sociaux », s’épouvante une maman. Comme dans une mauvaise série, « c’est le manque d’adultes qui a permis une prise de pouvoir par des ados ! », accuse une autre.

    « On a des classes gonflées à 32 élèves, la pause méridienne, avec 800 demi-pensionnaires, est ingérable », dénonce Séverine Vernet, professeure, élue au conseil d’administration et représentante des personnels pour le Snes-FSU. Elle souligne aussi le manque d’accompagnement en termes de santé mentale. Une seule infirmière reçoit jusqu’à 50 passages par jour. « On a une super équipe éducative, c’est un bon collège, confirme Christelle Sanchez, de l’association MPE 13, mais ça fait presque 5 ans que l’établissement dépasse sa capacité maximum. » Une construction nouvelle est bien prévue dans le secteur, mais elle arrive en remplacement du collège Mallarmé.

    Face à cette montée en puissance, des parents d’élèves et enseignants réclament des effectifs depuis plusieurs années. Ainsi que la construction d’un nouvel établissement dans ce secteur où la pression immobilière est intense. En témoignent les résidences neuves et les grues qui s’activent alentour. « On ne peut pas pousser les murs. C’est la troisième fois cette année que la violence éclate au sein du collège et on n’a pas de réponses pour des effectifs suffisants, sinon que l’enveloppe est vide », déplore la représentante syndicale reçue avec les instances représentatives mercredi en audience au rectorat.

    En 2024, une agression au couteau d’une élève sur un enseignant avait déjà secoué le collège. Contactée, l’inspection académique n’a pas donné suite.