Category: accueil-merge

  • Loi parité, avancée majeure et casse-tête local

    Loi parité, avancée majeure et casse-tête local

    La date limite pour déposer les listes de candidats pour le premier tour du scrutin municipal est fixé au 26 février. Dans certaines communes, la composition des équipes en lice peut tourner au casse-tête. De nouvelles règles sont en effet en vigueur pour cette campagne 2026. La proposition de loi « visant à harmoniser le mode de scrutin aux élections municipales afin de garantir la vitalité démocratique, la cohésion municipale et la parité » a été adoptée par l’Assemblée nationale après de vifs débats, le 7 avril 2025. Elle a été validée par le Sénat, un mois plus tard.

    Concrètement, ce texte prévoit de généraliser le scrutin de liste paritaire aux communes de moins de 1 000 habitants : les listes doivent respecter la parité, ce qui signifie être composées d’autant de femmes que d’hommes, avec une alternance stricte entre les genres.

    Fin du système de panachage

    Auparavant, dans ces petites communes, le scrutin majoritaire plurinominal en vigueur ne permettait pas d’imposer la parité. Un système de panachage donnait la possibilité aux votants de rayer certains noms. Un procédé qualifié de « tir aux pigeons », l’an passé, par les rapporteurs du texte au Sénat. Dorénavant, ces communes éliront leurs représentants à partir de listes paritaires, sans possibilité de panachage. Ces changements doivent « permettre la constitution d’équipes municipales cohérentes et moins fragiles », déclarait, en avril 2025, la ministre déléguée chargée de la Ruralité de l’époque, Françoise Gatel.

    Selon une étude publiée par la Caisse des dépôts en septembre dernier, la part des femmes dans l’ensemble des conseils municipaux élus en 2020 s’établit à 41,5%. Avec, toutefois, des écarts très marqués selon que l’on considère les maires (17,5%), les adjoints (36,4%) ou les conseillers municipaux (40,9% chez les conseillers indemnisés et 45,8% chez les conseillers non indemnisés). Sans surprise, la part des femmes est plus faible dans les conseils des communes de moins de 1 000 habitants, pour lesquelles aucune obligation de parité ne s’appliquait en 2020 : elle atteint 37,6% dans ces communes.

    L’objectif de la loi est donc de renforcer la présence des femmes parmi les candidates aux élections municipales. La France compte quelque 25 000 communes de moins de 1 000 habitants, soit environ 70% de l’ensemble des communes. Elles vont donc devoir s’adapter pour parvenir à la parité ou la maintenir. « Dans l’immense majorité des cas, ce sont des hommes qui vont devoir laisser leur place à des femmes élues », observait Julia Mouzon, présidente du réseau des Élues locales, dédié à la formation des femmes élues, sur France Inter en novembre dernier.

    Le dépôt de liste incomplète possible

    à ses yeux, il s’agit d’une « question de culture locale » à faire évoluer : « Il faut avoir en tête que même si l’application peut être difficile sur le moment, ce sont des lois qui réveillent notre vie politique, qui font entrer des personnes qui n’étaient pas dans la politique, qui obligent des têtes de listes à s’interroger pour savoir comment est-ce qu’elles vont inciter des personnes à venir participer à la vie de la cité. »

    Certains parlementaires ou élus locaux s’inquiètent de voir des communes de moins de 1 000 habitants dans l’impossibilité de constituer des listes dans le cadre de ces nouvelles dispositions. Plus de soixante sénateurs avaient ainsi saisi le Conseil constitutionnel pour contrer cette loi parité, en avril 2025, évoquant dans un communiqué « un risque de déstabilisation (…) et d’appauvrissement du nombre de candidats ». Les Sages n’avaient pas donné suite, le texte étant considéré en tout point conforme à la Constitution. La loi a donc été promulguée.

    Pour tenir compte des caractéristiques et faciliter la constitution des listes dans ces communes de moins de 1 000 habitants, la loi autorise cependant le dépôt de listes incomplètes, mais fixe un seuil minimum de candidats par liste : cinq dans les communes de moins de 100 habitants ; neuf dans les communes de 100 à 499 habitants ; treize dans les communes de 500 à 999 habitants.

    Reste à voir comment les communes relèveront ce défi pour faire vivre, concrètement, l’ambition de parité au cœur de la démocratie locale.

    En chiffres

    41,5%

    La part des femmes dans les conseils municipaux élus lors du scrutin de 2020, en France, selon la Caisse des dépôts.

    37,6%

    La part des femmes dans les conseils municipaux élus lors du scrutin de 2020, cette fois dans les communes de moins de 1 000 habitants. Par département : Bouches-du-Rhône entre 46 et 51%,

    Var entre 39 et 42%,

    Vaucluse entre 39 et 42%, Hautes-Alpes entre 34 et 39%, Alpes-de-Haute-Provence entre 34 et 39%.

    25 000

    Le nombre environ de communes de moins de 1 000 habitants comptabilisées en France et qui sont donc concernées par la généralisation de la loi sur le scrutin de liste paritaire.

  • LFI présente ses têtes de liste dans les quartiers Nord

    LFI présente ses têtes de liste dans les quartiers Nord

    Le principal problème dans les quartiers Nord ce sont les logements », affirme Rabya Boinaheri, tête de liste pour les 15e et 16e arrondissements. Ce samedi, Sébastien Delogu, accompagné d’autres candidats insoumis de France, présentait les deux têtes de liste des 13-14, Mohamed Bensaada, et des 15-16 à Marseille devant environ 400 personnes. Les candidats ont rappelé leur programme et dénoncé, selon eux, « le système corrompu et clientéliste » de la ville.« Le logement est la priorité, lance Sébastien Delogu. Dès le 23 mars, nous mettrons en place un plan contre le sans-abrisme, une brigade contre les marchands de sommeil et la réquisition des logements vides. La ville manque de logements, donc nous construirons 30 000 logements très sociaux. »

    Un tramway de l’Hôpital Nord à la Valentine

    La question des transports a également été soulevée par Mohamed Bensaada, tête de liste pour les 13-14, en proposant le projet du tramway des collines, pour relier l’hôpital Nord à la Valentine. « Et des transports gratuits pour les moins de 26 ans », ajoute le chef de file des 13 14.

    L’enjeu de la tranquilité publique a été évoqué avec notamment le développement de la police de proximité. « Elle devra être un service public, c’est-à-dire un outil à la vie en collectivité des habitants et non un moyen de répression. […] On ne réglera pas la question du crime organisé par des effectifs supplémentaires ou des caméras. À la France insoumise on a un plan national qui prend en compte l’aspect sanitaire, sécuritaire et remonter les flux financiers et mettre fin au trafic d’armes », martèle Mohammed Bensaada. Un meeting marqué par la volonté d’être en « rupture

  • Benoît Payan défend son bilan auprès des habitants des 15-16

    Benoît Payan défend son bilan auprès des habitants des 15-16

    Au pied des tours de la Solidarité, à l’extrémité du 15e arrondissement de Marseille, la pluie a contraint les militants à s’abriter. « C’est vous qui nous donnez envie de continuer », les applaudit le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, venu soutenir ce samedi matin sa tête de liste pour les 15-16, la maire adjointe Samia Ghali, dans ce quartier au cœur des opérations de renouvellement urbain.

    « On a commencé à faire des choses, mais on a hérité d’une situation difficile », reconnaît-il au milieu de la foule. Refusant que ces quartiers soient une fois de plus oubliés. « Ça n’existe plus, ça n’existera pas », lance-t-il. Avant d’interpeller : « Pour la première fois dans l’histoire de notre ville, c’est ou le RN et les fachos, ou nous. » Les applaudissements ne laissent aucun doute sur le choix des personnes présentes. « Nous avons une histoire particulière, douloureuse, avec le FN dans les quartiers Nord », explique le chef de file des communistes dans le secteur, Ibrahim Mzé, évoquant l’assassinat d’Ibrahim Ali en 1995 par des colleurs d’affiches du parti lepéniste. « Ils ont changé une lettre, mais les idées restent les mêmes. »

    Vaincre l’abstention

    Les insoumis de leur côté avaient obtenu la moitié des suffrages lors des européennes. Mais dans ce scrutin local, les soutiens de Sébastien Delogu se font moins ressentir, assurent les personnes présentes. « Comment quand on se dit de gauche, on peut ne pas avoir un mot à dire sur le RN, sur le Département pour le social, sur la Métropole pour les transports… Pour lui, le problème c’est nous. C’est une méconnaissance de l’histoire qui peut s’avérer dramatique », s’irrite Benoît Payan.

    Mais l’abstention surtout est en ligne de mire. « Pourquoi ils ne vont pas voter ? Mais c’est parce qu’ils ont été déçus, déçus du gouvernement », interpelle une femme venue visiter sa mère. « Pendant six ans, les élus ont été au quotidien auprès des habitants », répond-on dans l’entourage de Samia Ghali. Et de désigner la crèche et le centre social sauvés de la fermeture, les chantiers qui vont commencer pour la mosquée, pour la maison intergénérationnelle. « Bien sûr qu’il reste des choses à faire, finir ce qu’on a entamé, continuer encore », admet la maire adjointe. Le désamiantage a commencé avant la démolition de la barre G de Kallisté, les travaux vont commencer pour l’école. « Il y a des choses positives qui commencent à se voir, il faut amplifier ce mouvement pour que les habitants aient accès à l’éducation, à la santé, aux transports en commun », appuie Ibrahim Mzé, bataillant pour le prolongement du métro à l’hôpital Nord.

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Vieille Charité, la déesse Neith, objet migrateur

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Vieille Charité, la déesse Neith, objet migrateur

    On la découvre dans la proximité de l’une des plus célèbres pièces de la section égyptienne du musée d’archéologie méditerranéenne, le bois doré d’un ibis qui représente le dieu Thot.

    En dépit de divers accidents et de plusieurs péripéties que nous allons raconter, la déesse Neith est visiblement une jeune femme de très haut rang. Nobles et belles, distantes et puissantes, son effigie et son allure provoquent un respect immédiat. Les récits de la mythologie indiquent que ses pouvoirs sont de première importance. Elle incarne la voûte céleste. Créatrice de la Lumière et du Soleil, Neith engendre l’inondation annuelle du Nil et fait pousser la végétation. Les Égyptiens la considéraient comme la déesse de la chasse et de la guerre : elle met en déroute les mauvais esprits et protège le sommeil des humains.

    Des fragments de sa silhouette manquent ou bien sont altérés. Son maintien au centre d’une salle de la Charité, le socle qui la tient debout soulignent qu’il s’agit des deux-tiers de son corps. Son nez est ébréché, deux attributs du sacré qu’elle devrait pouvoir tranquillement arborer ont été mutilés. Au milieu du corps et en main droite, le bâton du spectre d’Ouas qui permet de capturer des serpents est incomplet. En main gauche, le fantôme de l’anneau de sa Croix de vie aurait pu disparaître. Sa blessure majeure se situe dans son dos qui n’est plus exactement féminin. Elle avait été commanditée pendant le règne du pharaon Amenopeth III qui naquit en 1400 avant notre ère et qui fut le père d’Akhenaton et le grand-père de Toutankhamon. Par la suite, Ramsès II qui prit le pouvoir vers 1314 avant
    J-C a très fâcheusement dénaturé son envers qu’il s’est totalement approprié : il a demandé que les huit cartouches de sa titulature royale soient sculptées et accolées sur ses arrières.

    Neith est l’une des plus anciennes pièces de la collection archéologique de Marseille. Elle avait fortuitement servi de pierre de lest pour le retour depuis Le Caire d’un navire vidé de sa cargaison. Longtemps négligée, elle fut débusquée à la fin du XVIIIe siècle dans un sous-sol de l’Arsenal des Galères.

  • [Étoile de Bessèges] Ewen Costiou fait coup double et remporte la 56e édition

    [Étoile de Bessèges] Ewen Costiou fait coup double et remporte la 56e édition

    Tel qu’on pouvait s’y attendre, le contre la montre final d’Alès (Gard), ce dimanche, a déterminé le vainqueur de cette 56e édition de l’Étoile de Bessèges-Tour du Gard. Et comme ce fut le cas depuis le début de la course, les écarts ont été minimes au sommet de la côte de l’Ermitage, qui aura joué son rôle de juge de paix. À l’arrivée, un podium 100% français au sommet duquel trône Ewen Costiou (Groupama – FDJ United), vainqueur pour 5 secondes devant son coéquipier, le Ciotaden Maxime Decomble, qui prend le maillot blanc de meilleur jeune, alors que le coureur de Décathlon – CMA CGM Paul Lapeira (à 6’’) complète le podium.

    Une victoire qui permet à Ewen Costiou de s’adjuger le classement général de l’épreuve, devant Paul Lapeira, pour 2 petites secondes, tandis que Maxime Decomble complète le podium. En tête du général depuis la 3e étape, le double champion de Slovaquie, Lukas Kubis (Unibet – Rose Rockets), 15e à 35 secondes, est le grand perdant du jour, sortant du podium (4e à 15 secondes). Il se consolera avec le maillot du classement par points.

  • [Regard sur l’Espagne] 500 000 régularisés par la volonté populaire

    [Regard sur l’Espagne] 500 000 régularisés par la volonté populaire

    Quand les vents mauvais soufflent sur le monde, on apprécie la moindre brise qui amène de l’air pur dans un contexte où la guerre, la haine des autres, le racisme, la xénophobie monopolisent une actualité sombre et désespérante. Il est des moments où la plus petite éclaircie redonne confiance en l’humanité. Cette décision de régulariser 500 000 sans-papiers annoncée le 27 janvier par le gouvernement est un de ces moments. Ce n’est pas une première, différents gouvernements de 1986 à 2005 avaient déjà procédé à des régularisations massives, mais aujourd’hui le contexte est différent et l’Espagne est résolument à contre-courant des nauséabondes politiques anti immigrés, qui s’appuient notamment sur la théorie du grand remplacement. L’Espagne considère les immigrés non pas comme une charge, mais comme une chance pour la croissance économique, la cohésion sociale, la convivialité, les échanges interculturels. À la théorie du grand remplacement, la gauche espagnole substitue la pratique de l’humanité réelle.

    Cette importante décision de régularisation massive a été validée par « Real Decreto ». En amont de « ce moment historique » comme le dit la ministre (PSOE) de l’inclusion et de la sécurité sociale Elma Sainz, c’est l’action citoyenne qui a permis de faire aboutir cette demande de régularisation. Depuis des mois des collectifs, associations, partis de gauche notamment Izquierda Unida, Podemos et la coalition Sumar ont utilisé le dispositif « Initiative législative populaire » qui a recueilli 700 000 signatures dans le pays, et qui permet de présenter une proposition de loi au Parlement. Bien qu’une large majorité y compris avec des députés de droite ait approuvé le processus, le projet de loi a été bloqué systématiquement par la même droite et l’extrême droite. Le gouvernement a donc décidé pour surmonter cette difficulté de prendre un décret comme la loi le permet. « Ce que nous faisons, c’est ne pas détourner le regard : nous reconnaissons la dignité des personnes. Nous plaçons les droits de l’Homme au centre de notre politique et œuvrons en faveur d’une migration régulière… » a expliqué Elma Sainz lors d’une conférence de presse. Cette régularisation est possible, pour les étrangers qui se trouvaient en Espagne avant le 31 décembre 2025 sans antécédents judiciaires et qui justifient d’une présence continue d’au moins cinq mois sur le territoire.

    Ceux remplissant les conditions, pourront demander cette régularisation jusqu’au 30 juin. Lorsque cette demande sera admise pour traitement, toute procédure de renvoi ou d’expulsion sera interrompue et le bénéficiaire se verra accorder un permis de séjour provisoire. Ce droit sera valable un an: à l’issue de cette période, une autorisation ordinaire devra être demandée. L’Espagne, n’a pas la mémoire courte, elle n’oublie pas que 500 000 des siens furent obligés d’immigrer pour des raisons politiques en 1939, puis autant dans les années soixante, ce que l’on a appelé l’immigration économique. Le pays a souffert du départ en terre étrangère d’un million d’Espagnols en quelques décennies. Aujourd’hui émergent à nouveau de belles valeurs républicaines d’égalité et de fraternité, du coup on se demande : mais que fait encore là la monarchie ?

  • Olivia Fortin repart dans les 6-8 pour fédérer autour de la mairie de secteur

    Olivia Fortin repart dans les 6-8 pour fédérer autour de la mairie de secteur

    Les touches de jaune des mimosas ont illuminé la rue de Friedland, samedi en fin d’après midi. C’est dans cette première « Rue des enfants » de son secteur que la maire sortante des 6e et 8e arrondissements de Marseille, Olivia Fortin, a officiellement lancé sa campagne en compagnie du maire Benoît Payan.

    Son ambition, pour le prochain mandat : « Toujours plus de lien avec les habitants et entre les habitants, favoriser la rencontre, la coopération via des événements mais aussi en faisant une cartographie des possibilités et de l’existant pour fédérer les initiatives. » L’élue insiste : « Il y a un enjeu hyperimportant à positionner les mairies de secteur dans leur utilité. On a un territoire gigantesque, 16 quartiers dans lesquels vivent 180 000 Marseillaises et Marseillais, et je suis persuadée que c’est à cet échelon qu’on arrive à connaitre la sensibilité des habitants. Et c’est en sensibilité, en proximité, qu’on peut construire les transformations du territoire. » Avec des problématiques de mobilité, d’aménagement du littoral sud ou encore de transition écologique.

    Benoît Payan affirme : « Notre devoir est de protéger, bien sûr avec la question de la sécurité, mais de toutes les sécurités, sociale, environnementale, des services publics… Et surtout de rassembler, comme Olivia Fortin le fait dans sa mairie de secteur, dans un moment où tout pourrait nous diviser. »

  • La gauche espère vaincre l’extrême droite dans les 13-14

    La gauche espère vaincre l’extrême droite dans les 13-14

    De porte en porte, le même message. « C’est très important de voter, il ne faudrait pas que la ville bascule au Rassemblement national », répète le sénateur (PCF) Jérémy Bacchi dans les cages d’escalier de Jean-Jaurès, dans le 14e arrondissement de Marseille. Ce samedi après-midi, les militants du Printemps marseillais sont venus en nombre dans la cité gérée par Provence métropole logement (PML, ex-HMP) pour convaincre ses habitants de voter.

    Les listes se sont multipliées dans le secteur des 13e et 14e arrondissements, le plus peuplé de Marseille, et la campagne s’y tend déjà. L’ex-présidente (SE) de 13 Habitat accuse la maire (DVD) d’arrondissements Marion Bareille d’avoir mobilisé des agents du bailleur social ; celle-ci dénonce des pressions sur des associations et les propos du candidat LFI Mohamed Bensaada qui veut selon elle que les habitants « soient en capacité de mettre des gifles ». Mais la menace de l’extrême droite surtout est présente. Le RN y a préféré Sandrine D’Agio, nièce du sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier et ancienne maire du secteur, au conseiller départemental (RN) Cédric Dudieuzère.

    Faire bouger le bailleur

    de la Métropole

    « Nous voulons réussir là où nous n’avons pas réussi en 2020 en rassemblant largement dans ce secteur historiquement à gauche », insiste Jérémy Bacchi, qui s’était retiré en 2020 pour éviter que l’extrême droite ne conserve la mairie de secteur. Le souvenir de cette mandature est encore dans toutes les têtes. « Le RN n’a rien apporté de positif, il a fermé des services publics : le centre municipal d’animation de Bon Secours, la piscine de Font-obscure », rappelle la tête de liste (DVG) du Printemps marseillais, Tina Biard-Sansonetti, ancienne directrice du centre social de Saint-Joseph (14e). En face, les habitants alertent sur l’état d’abandon dans lequel se trouve la cité. La moisissure sur les murs. Les installations électriques sans protection. L’aménagement inachevé pour installer des jeux pour enfants. La crainte de voir disparaître le bus 89. « La parole que je peux donner, c’est de me battre pour le plan de rénovation », promet la candidate face aux habitants, alors que la Ville a déjà mis en demeure le bailleur métropolitain. « Ces élections peuvent avoir un impact sur la personne qui gère vos logements », insiste-t-elle. Elle promet de rouvrir le centre municipal d’animation. Et refuse d’opposer noyaux villageois et grands ensembles. « C’est ensemble qu’on se relèvera, pas les uns contre les autres. »

  • Jeux Olympiques d’hiver : les biathlètes français au rendez-vous

    Jeux Olympiques d’hiver : les biathlètes français au rendez-vous

    Ils étaient attendus au tournant, et ils ont réussi leur mission.

    Les quatre fantastiques du biathlon tricolore ont offert à la France sa première médaille aux Jeux Olympiques d’hiver, et elle est en or.

    Le biathlon, qui espère réaliser une razzia dans le nord de l’Italie, lance de la meilleure des manières sa quinzaine. La discipline apporte le premier titre olympique à la délégation française aux JO-2026 de Milan Cortina, la deuxième médaille après l’argent de Mathis Desloges en ski de fond.

    Julia Simon, dernière relayeuse, a franchi la ligne d’arrivée avec une marge sur l’Italie et Lisa Vittozzi. L’Allemagne avec Franziska Preuss complète le podium de la première épreuve de biathlon au programme des Jeux.

    Quentin Fillon Maillet, avec trois pioches sur le tir couché et deux sur le debout, a passé le relais à Lou Jeanmonnot à une vingtaine de secondes de la tête. Puis la leader de la Coupe du monde a fait la différence sur les skis et grâce à sa maîtrise sur le pas de tir. Elle a d’abord recollé sur la tête après le tir couché, puis a creusé un écart d’une vingtaine de secondes sur ses poursuivantes, tout aussi performantes au tir.

    Julia Simon a réussi à conserver cette vingtaine de secondes tout au long de ses 6 kilomètres d’effort, avec un tir parfait et supersonique (19 secondes sur le tir couché, 18 secondes sur le tir debout).

    C’est le troisième titre olympique dans la carrière de Quentin Fillon Maillet, l’homme des Jeux de Pékin avec cinq médailles dont deux en or (individuel et poursuite). Pour Simon, Jeanmonnot et Perrot, c’est la première médaille d’or.

  • [Lecture] Se souvenir, c’est se garder en mémoire

    [Lecture] Se souvenir, c’est se garder en mémoire

    Je me souviens des jours anciens et je pleure, écrivait Verlaine. Mais Winock ne se laisse point blesser par les sanglots longs de l’automne, et préfère s’en remettre à sa mémoire, même s’il sait que l’automne est le commencement du déclin.

    Fatalité que Hermann Hesse nous demande d’accepter, puisque toute matinée veut devenir soirée, et que le plus bel été veut voir la nature qui se fane, et l’automne qui vient. Tous les auteurs, dont Lamartine, se sont vus avancer dans leur « obscur voyage », mais c’est à Ernest Renan que nous avons pensé en lisant les Jours anciens de l’une des plus belles plumes de notre littérature. Renan, le philologue attaché à sa Bretagne natale, et qui écrivit que, durant ses années de vieillesse, il prenait plaisir à recueillir les bruits lointains d’une Atlantide, mythique et disparue.

    L’extraordinaire basculement

    Biographe, entre autres, de Flaubert et de Mitterrand, Michel Winock, issu de la « banlieue rouge », est surtout connu pour avoir fait progresser notre connaissance de la Commune, de Georges Clemenceau, du monde selon Victor Hugo, de Charles de Gaulle, de l’histoire politique et intellectuelle des XIXe et XXe siècles.

    Aussi attendez-vous à ce qu’il regarde celui dans lequel nous vivons, non pas avec les yeux d’un homme qui manifeste un attachement excessif au passé, et refuse de s’indigner des travers d’autrefois, mais avec ceux d’un historien, héritier (comme nous le sommes tous) de son enfance, et conscient de l’extraordinaire basculement d’une société où l’ancien paraît complètement goudronné par le nouveau. Un livre, d’une documentation sûre, qui nous empoigne et ne nous lâche plus.

    Folio, 8,60 euros