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  • Loi parité : des maires témoignent

    Loi parité : des maires témoignent

    Lionel Tardy, maire de Rosans (05)

    « Ce qui fait réagir, c’est la fin du panachage »

    Dans le village de Rosans, de 511 habitants des Hautes-Alpes, comme dans toutes les communes de moins de 1000 habitants, il a fallu s’adapter aux nouvelles réglementations. Le maire sortant, et candidat pour sa réélection, Lionel Tardy, a par exemple dû renouveler sa liste municipale. « En plus on a dépassé les plus de 500 habitants, donc on passe de 12 conseillers municipaux à 15. J’ai donc commencé dès l’automne à aller voir beaucoup de monde », explique le maire. « J’ai eu beaucoup de contacts avec des femmes que je souhaitais investir. Et la plupart d’entre elles, après réflexion, tout en mesurant l’intérêt, ont finalement décliné la proposition par souci de se concentrer sur leurs activités professionnelles, familiales », se désole le maire.

    Des refus que le maire explique par le fait que trop souvent encore, ce sont les femmes qui assurent une grande part du travail familial, tout en ayant une profession. Malgré ces quelques freins, il félicite l’aspect paritaire de cette réglementation et affirme ne pas avoir eu trop de mal à créer sa liste sans étiquette, composée de huit hommes et sept femmes, et de deux remplaçants.C’est surtout la fin du panachage qui l’inquiète. « C’est une tradition qui est bien ancrée dans nos villages. Beaucoup vont continuer à rayer les noms sur les bulletins. Je pense qu’il faudra être attentifs aux votes nuls que cela va engendrer. » En effet, des bulletins annotés seront dorénavant considérés comme invalides.

    Eva Janus

    Fabienne Quiévreux, maire de Saint-Estève-Janson (13)

    « Les femmes plus âgées acceptent plus facilement ce mandat »

    Successeure de Martine Cesari depuis le mois de juin, Fabienne Quiévreux, ancienne cadre d’hôpital, a décidé de se présenter pour les municipales de 2026 dans son village de Saint-Estève-Janson. Une première campagne municipale qui doit s’organiser avec les nouvelles réglementations pour les communes de moins de 1 000 habitants.

    Le respect de la règle de la parité a notamment ralenti la formation de sa liste complète. « J’ai commencé à chercher vers la fin de l’année, explique Fabienne Quiévreux. Je pense que sans cette contrainte, la liste aurait été bouclée plus vite. Car les femmes sont moins disponibles. Certaines auxquelles j’avais pensé ont refusé. L’une ne voulait pas se représenter, l’autre était déjà beaucoup engagée dans une association et une dernière a refusé par rapport à ses enfants. » Pour la candidate, attirer des femmes encore dans la vie active est assez difficile car elles ont moins tendance à accepter de s’investir sur les listes par rapport aux hommes. « C’est plus facile chez les femmes plus âgées, sans enfant, ou sans responsabilité. Elles acceptent plus ce type de rôle. Alors que chez les hommes, j’ai réussi à recruter des jeunes très volontaires, c’est plus facile pour eux. »

    C’est finalement à la tête d’une liste, sans étiquette, composée de 6 femmes et 5 hommes, que Fabienne Quiévreux se présente donc à ce scrutin proportionnel. Un changement de mode de scrutin qui pose toutefois des questions à la candidate. « Je me demande comment on va pouvoir calculer à la proportionnelle, mais je pense que c’est une bonne chose. Ce sera plus réglementaire parce qu’avant, on pouvait rajouter les noms qu’on voulait. »

    Eva Janus

    Éric Massot, maire de Saint-Léger-du-Ventoux (84)

    « On cherche à éliminer les petites communes »

    Avec Lagarde d’Apt, Saint-Léger-du-Ventoux dispute le titre de village le moins peuplé de Vaucluse avec à peine une trentaine d’habitants. Deux communes qui doivent élire 7 conseillers municipaux. Conséquence cocasse, Lagarde d’Apt devra faire un peu de place aux hommes puisqu’ils ne sont que 2 à siéger aux côtés de 5 femmes, dont la maire Maryse Bonnet. Équilibre totalement inverse à Saint-Léger-du-Ventoux où le maire, Eric Massot, siège avec 4 hommes et 2 femmes. Le premier magistrat de 60 ans, qui aspire à un « 4e et dernier mandat » conduira une liste de 4 hommes et 3 femmes.

    La féminisation du conseil s’est opéré en 2020, alors qu’en 2008 et 2014 la liste était 100% masculine. Si Éric Massot n’a pas eu de difficultés à tendre vers la parité, cette nouvelle loi « ne sert pas à grand chose, à part de mettre des contraintes supplémentaires », juge-t-il. « Je me demande si l’administration réfléchit aux petites communes rurales, parce qu’un jour ou l’autre, on n’arrivera vraiment plus à rien faire, mais ils cherchent peut-être à éliminer toutes les petites communes pour n’en faire que des grandes », redoute ce chauffeur de taxi. Natif de Saint-Léger, il vit à Mazan mais resté impliqué « dans [son] village, où [il a] grandi, pour le faire vivre ».

    Avec un budget de 50 000 euros, gare aux imprévus comme quand le système d’eau, vieillissant, a pris la foudre. « C’est 25 000 euros de travaux, où on n’est pas aidés, il a fallu prendre sur notre réserve », indique Éric Massot. Pour le reste, comme l’installation de toilettes sèches, la commune arrive à être subventionnée jusqu’à 80%. Saint-Léger compte surtout des résidences secondaires. « On a lancé une révision de carte communale pour faire quelques constructions nouvelles mais on nous a stoppés car il faut être en harmonie avec le Scot [schéma de cohérence territoriale] de l’intercommunalité Vaison-Ventoux », s’agace l’édile. En attendant, chaque année, à la fin août, la fête votive « fait le plein avec 250 personnes ».

    Florent de Corbier

  • Boxe anglaise : Romane Moulai a quasiment réalisé le combat impeccable

    Boxe anglaise : Romane Moulai a quasiment réalisé le combat impeccable

    Comme à son habitude, elle est entrée sur le ring avec un regard féroce et déterminé. Romane Moulai (26 ans, 1,60 m), championne du monde IBO poids mi-mouche originaire de Marseille, a pu savourer sa huitième victoire professionnelle, samedi soir à la Villa M, lors de la défense de son titre face à la boxeuse philippine Althea Shine Pores (24 ans, 1,55 m, 6 victoires, 1 nul, et 1 défaite désormais). « J’ai pris ce combat avec énormément de sérieux, parce que je savais que c’était une adversaire à la hauteur. C’était excitant, même s’il y avait un peu d’appréhension, alors que je savais que l’on était prêt », souligne la combattante toujours invaincue sur la scène principale. Après quelques rounds d’observation où elle a malgré tout dominé son adversaire, grâce à sa vitesse d’exécution et son direct du gauche dévastateur, Romane Moulai a progressivement eu la mainmise sur cet affrontement, jusqu’à la décision unanime des juges (deux des trois ont accordé le gain des dix rounds à la Marseillaise). « Elle a su gérer ses émotions, tout en déroulant sa boxe sans se mettre de pression », se réjouit Kassa Baradji, son coach au club de Drancy, en région parisienne. Dépassée, la Philippine ne savait plus où donner de la tête, dans une salle totalement acquise en faveur de l’ancienne pensionnaire du Challenge Boxing dans le 13e arrondissement de la cité phocéenne. « Elle ne cesse de progresser et je crois que la boxe professionnelle lui va beaucoup mieux que la boxe amateur », lance Louis Lavaly, le célèbre entraîneur marseillais qui a découvert et formé la nouvelle coqueluche du noble art tricolore. Cette dernière, dont la priorité demeure la qualification pour les JO de Los Angeles 2028, retrouve l’équipe de France amateurs dès mardi pour un stage de cinq jours avec des test-matchs à Dublin, avant de disputer avec les Bleues le tournoi bulgare du Strandja à partir du 21 février.

    Kemil, le poing ravageur

    Quelques minutes avant le triomphe de Romane Moulai, un combat entre deux boxeurs provençaux a déchaîné les passions. Le jeune pennois Kemil Mansour (22 ans) a remporté son quatrième combat professionnel face à l’expérimenté marseillais Gianni Carullo (34 ans). « J’étais là pour faire monter la tension électrique et allumer un feu », lâche le boxeur aux poings d’acier. Ses coups lourds ont rapidement impacté son adversaire, qui a tout de même résisté jusqu’au sixième et dernier round grâce à son expérience des grands rendez-vous. « J’étais serein parce que c’est un gros bosseur. On a pris l’initiative et ça a payé », se félicite Samuel Florimond, persuadé que son poulain ira loin.

  • PSG-OM : Benjamin Pavard ne saisit pas la seconde chance qui s’est offerte à lui

    PSG-OM : Benjamin Pavard ne saisit pas la seconde chance qui s’est offerte à lui

    C’est triste d’avoir une telle réflexion envers un international français et ex-champion du monde, mais, mis à part lors des rencontres en Coupe de France, quand est-ce que Benjamin Pavard a gratifié le peuple marseillais d’une bonne prestation depuis le début d’année 2026 ? Une question qui est remise sur la table, dimanche soir, après sa prestation plutôt chaotique face aux Parisiens.

    Censé être l’un des éléments forts de la charnière centrale, compte tenu de son expérience et du talent qu’il a pu démontrer au Bayern Munich et à l’Inter Milan, le défenseur de 29 ans montre de réelles difficultés à tenir son rôle de rempart aux côtés de Leonardo Balerdi et Facundo Medina. Certes, ses coéquipiers ne sont pas parfaits – et ne l’ont d’ailleurs clairement pas été sur la pelouse des champions d’Europe en titre – mais, eux, n’ont au moins pas rechigné à la tâche. Clairement en retard au marquage sur Nuno Mendes dans l’action qui a mené à l’ouverture du score francilienne, Pavard a tenté à plusieurs reprises d’évoluer très haut sur le terrain. Mais comme Timothy Weah agit dans ce même registre, les deux hommes du couloir droit se sont souvent tirés dans les pattes. Son seul fait d’armes positif reste le marquage individuel qu’il a appliqué en tout début de match sur Senny Mayulu, puis Ousmane Dembélé, afin de limiter l’impact technique de ces prodiges. Malheureusement pour les Olympiens, cette prise d’initiative fut trop éphémère.

    Théorie confirmée

    Face au festival du dernier Ballon d’Or, Benjamin Pavard, à l’image de ses collègues défensifs humiliés lors du deuxième but de l’international français, a semblé être totalement impuissant. Il n’a d’ailleurs même pas essayé de faire obstacle entre le génie Dembélé et Jeffrey de Lange. En seconde période, le tandem Mendes-Barcola lui a mené la vie dure, malgré quelques interventions maîtrisées. Et c’est justement ce qui rend la pilule difficile à digérer avec Pavard. Toutes proportions gardées, compte tenu du niveau actuel du PSG, la théorie qu’a lancé Roberto De Zerbi après la victoire face au Stade Rennais, mardi dernier, s’est avérée plutôt juste. « C’est une équipe étrange, qu’on a du mal à comprendre. Quand tu joues avec un défenseur en plus, tu prends trois buts. Et quand tu joues avec quatre attaquants, tu ne concèdes pas un tir… », avait-il souligné. Il en a eu une nouvelle fois la preuve au Parc des Princes.

    Nkoulou tire sa révérence

    Il a connu quelques Classiques durant ses cinq saisons passées dans la cité phocéenne. Le défenseur international camerounais, Nicolas Nkoulou (81 sélections), a annoncé prendre sa retraite de footballeur à l’âge de 35 ans. Vainqueur de la Coupe de la Ligue en 2012 avec l’Olympique de Marseille et d’une Coupe d’Afrique des nations avec le Cameroun en 2017, Nkoulou a également évolué dans le championnat de France sous les couleurs de l’Olympique Lyonnais et de l’AS Monaco.

  • Vaucluse : entre patrons et syndicat, deux visions de la restauration

    Vaucluse : entre patrons et syndicat, deux visions de la restauration

    Début décembre, l’Union des métiers de l’hôtellerie-restauration (Umih) de Vaucluse communique sur les propositions issues des Assises de la restauration et des métiers de bouche au niveau national.

    Dans ce communiqué, des idées « pour offrir des perspectives concrètes aux entreprises, renforcer la confiance des consommateurs et moderniser un secteur confronté à de fortes attentes sociétales », précise l’organisation patronale.

    Plusieurs points sont détaillés plus loin. À commencer par une demande sur l’obligation de la mention « fait maison » pour « l’ensemble des établissements de la restauration hors domicile : restauration traditionnelle, rapide, assimilés restaurateurs (boulangeries, traiteurs…), restauration collective », précisent-ils. Un accord avait été trouvé, mais le gouvernement, par le biais du ministre délégué chargé du Commerce, de l’Artisanat et des petites et moyennes entreprises, Serge Papin, est finalement revenu dessus. Mais aussi des demandes sur l’abrogation de la fiscalité et des cotisations sociales sur les pourboires ; l’instauration du permis d’entreprendre pour accompagner et sécuriser les nouveaux chefs d’entreprise du secteur ; la mise en place de solutions de logement pour les saisonniers, « condition indispensable au maintien de l’activité dans de nombreux territoires » ; ou encore la lutte contre la prolifération de l’offre commerciale qui « fragilise les acteurs professionnels soumis à des obligations auxquelles d’autres échappent ». En revanche, rien sur les conditions de travail des salariés.

    « Les patrons s’en fichent »

    Car en parallèle, les salariés s’organisent aussi. Depuis quelques mois se monte, avec l’union locale de la CGT en cité des Papes, un collectif d’employés en restauration. « Il n’existe rien pour nous. Et souvent, comme les restaurants sont la plupart du temps de petites structures, il n’y a pas vraiment de personnes syndiquées. Ça permet de ne pas être seul », confie Laetitia, qui fait partie des premiers membres. Ils sont aujourd’hui un peu plus d’une dizaine. Une nouvelle structure syndicale pour limiter les abus et améliorer les conditions de travail des personnels. « C’est une catastrophe. Souvent, les patrons s’en fichent. On est de moins en moins payés et ils veulent que l’on fasse de plus en plus d’heures. Les patrons ne veulent pas payer plus les gens qui sont qualifiés et prennent des petits nouveaux qui ne connaissent pas le boulot. Des dimanches pas majorés… Il faut arrêter à un moment donné. Comment peut-on fidéliser quelqu’un ? » s’interroge-t-elle.

    Action collective

    Les différents membres portent ainsi la volonté de « réunir des gens hyper isolés qui ont souvent des conditions de travail pourries », confie Gabriel, employé en restauration à Villeneuve-lez-Avignon. « Il y a une volonté très nette des patrons de ne pas faire de négociations collectives et c’est un obstacle majeur », poursuit-il. La volonté est de construire « un rapport de force », avec la possibilité de grèves collectives comme moyens d’action, par exemple.

    Aux petites structures s’ajoutent également des enseignes de restauration rapide ou des chaînes. À l’image d’Ahmed Ba, délégué syndical dans les restaurants KFC appartenant au groupe AmRest dans le sud de la France. Le franchiseur polonais possède localement les restaurants du Pontet et celui du centre commercial Mistral 7 à Avignon, mais pas celui d’Avignon Centre, dans la rue de la République, ni celui des Angles, côté gardois. Ils appartiennent en effet à un investisseur local. « On sait que dans la plupart de ces restaurants, les conditions sont déplorables, avec souvent des économies sur la masse salariale. Depuis que je travaille à KFC, je ne sais pas à combien de personnes j’ai eu affaire. Mais je ne peux pas aller dans ces restaurants-là pour proposer mon aide. Alors qu’avec cet outil qu’est ce collectif, je pourrais », explique-t-il.

  • À Marseille, France Cuba organise la solidarité avec l’île

    À Marseille, France Cuba organise la solidarité avec l’île

    « Nous avons une solidarité politique et internationale avec Cuba. » Pour Jean-François Gast, secrétaire de l’antenne marseillaise de l’association France Cuba depuis un an, il est plus que jamais nécessaire d’afficher sa solidarité avec Cuba. C’est dans cette optique que le théâtre du Hang’art, aux chartreux, s’est parée durant la journée de samedi, de drapeaux cubains pour accueillir débats, présentations et festivités.

    Un renouveau pour cette association qui s’est recréée il y a tout juste un an, après que l’ancienne antenne marseillaise se soit arrêtée deux ans à cause du décès des porteurs de projet. « On est super optimistes, parce qu’on est passé de 6 adhérents à presque 130 en un an », s’enthousiaste le secrétaire.

    Ce samedi, entre les murs du théâtre, ils étaient plus d’une centaine, adhérents ou non, à s’être réunis pour découvrir les enjeux cubains et afficher leur soutien. « C’est super important de soutenir les Cubains. Ils en ont besoin, et si nous ne pouvons pas les soutenir, je ne vois pas qui peut faire, affirme Renée Bonsignour, non adhérente. Actuellement, c’est vraiment un mur de guerre que les États-Unis mettent en place. »

    L’arrivée de Donald Trump a resserré l’étau autour de l’île, qui est sous embargo depuis 1962. Depuis l’enlèvement du président du Venezuela Nicolas Maduro, le 3 janvier, le président américain a réduit les exportations vénézuéliennes vers Cuba. Fin janvier, il a également signé un décret pouvant augmenter les frais de douanes des pays échangeant avec l’île caribéenne. Une situation qui limite l’importation de denrées alimentaires, et laisse Cuba déjà enferrée dans une crise économique depuis 6 ans, dans une situation très difficile.

    9 médecins pour 1 000 habitants à Cuba

    La journée de soutien a également été l’occasion de découvrir un peu plus le système cubain et notamment le système de santé. « Il y a une vrai volonté de mettre beaucoup de lien humain dans la santé cubaine. Il y a d’ailleurs plus de médecins qu’en France, puisqu’il y en a 9 pour 1 000 habitants contre 3 pour 1 000 en France, explique Yves Perrin-Toinin, médecin généraliste. Mais ce système est mis à mal par le blocus. »

    « On a du pain sur la planche pour pouvoir aider le peuple cubain qui résiste depuis plus de 60 ans à l’impérialisme américain », s’exclame Nicole Giraudi, présidente de l’association. Pour faire connaître la situation, l’association organise régulièrement des pétitions sur le Vieux-Port. « Quand on parle aux gens, on se rend compte à quel point ils sont mal informés. » L’association a également interpellé les députés européens « car ce blocus est illégal du point de vue du droit international, se désole la présidente de l’association. Ils affament la population, car très peu d’aide humanitaire peut passer. »

    Après ces débats et la projection du film Culpables, les participants ont pu profiter d’un apéritif aux rythmes des musiques cubaines.

  • [Entretien] Julien Talpin : « Traiter autrement les associations »

    [Entretien] Julien Talpin : « Traiter autrement les associations »

    La Marseillaise : Les associations marseillaises sont-elles aujourd’hui menacées ?

    Julien Talpin : De ce que je sais, on a encore peu de cas d’entraves aux libertés associatives à Marseille pour l’instant. Par contre, on sait qu’à l’échelle de la région Paca, il y a des difficultés, notamment émanant du conseil régional. Une charte des valeurs républicaines a été votée par la Région et impose aux associations de la signer pour bénéficier de financements. Cette charte impose des obligations pas vraiment légales ; il y a des recours actuellement. Il y est par exemple prohibé l’utilisation de l’écriture inclusive. L’association « Kourtrajmé » s’est vue refuser ses subventions parce qu’elle l’utilisait.

    Quel constat fait votre enquête sur le monde associatif ?

    J.T. : Une association sur dix déclare avoir connu des sanctions institutionnelles pour des prises de position qui auraient déplu aux pouvoirs publics. Cela peut être des coupes de subventions, des refus de locaux, des procès, des amendes etc… Cela concerne des dizaines de milliers de structures associatives. Un quart des associations déclarent des formes d’autocensure et ne font plus certaines actions pour éviter des sanctions. C’est le cas dans l’éducation populaire. On ne va pas organiser telle conférence sur le conflit Israélo-palestinien, on ne va pas faire tel débat sur la laïcité, où on ne va pas signer telle pétition pour éviter les problèmes. Cela pose un problème démocratique parce que, précisément, la mission de l’éducation populaire, c’est de mettre en débat les sujets qui animent la société et les déconstruire. C’est un travail de conscientisation qui est en partie tué dans l’œuf par ce contexte défavorable.

    Comment en est-on arrivé là ?

    J.T. : On observe une dérive : on a de plus en plus recours aux associations pour assurer des missions de service public, car l’État se décharge sur le monde associatif, et applique aux associations des règles réservées aux institutions publiques. Il y a un flou, alors que le cadre légal permet aux associations de ne pas être neutres. C’est important que les pouvoirs publics respectent le droit.

    Quelles solutions proposez-vous pour lutter contre ce « tournant autoritaire » ?

    J.T. : Le problème n’est pas uniquement lié à l’austérité. La question est : comment on attribue le financement ? Il y a un fonctionnement discrétionnaire en France, inscrit dans le droit : le maire, le préfet, le président du conseil régional ou départemental décident de manière unilatérale. On plaide pour un fonctionnement pluraliste. Si les décisions d’attribution des financements étaient décidées de manière plus collective, par exemple aussi par des élus d’opposition ou des citoyens tirés au sort, ça dépersonnaliserait la relation. Du coup on jugerait la contribution à l’intérêt général des associations et pas si on est d’accord ou non avec leurs idées.

    Est-ce que la fragilisation du tissu associatif que vous évoquez empêche en partie les revendications « populaires » de s’exprimer de manière organisée ?

    J.T. : Les formes de désorganisation de l’expression des colères et leur dimension spontanée, comme les Gilets jaunes ou les émeutes après la mort de Nahel, ne sortent pas de nulle part. C’est en partie parce que les formes d’expression collective comme les associations et les syndicats sont fragilisés par leur relation avec le pouvoir public. Si on veut pacifier la société et permettre que les attentes et colères de la population soient entendues par l’État, cela s’organise. Il faut traiter autrement les corps intermédiaires.

  • La galère marseillaise se saborde au Parc des Princes

    La galère marseillaise se saborde au Parc des Princes

    Depuis le 4 janvier, Nantes est entré dans le jeu à distance que joue l’OM pour le podium.

    En allant s’imposer au Vélodrome (2 – 0), les Canaris ont plombé la reprise des Marseillais. Depuis, ces derniers ont perdu la main dans la course aux places qualificatives en Ligue des Champions. Et les Bretons, en s’inclinant samedi à domicile face à Lyon, ont permis aux Lyonnais de s’emparer de la troisième place.

    Tombés du podium, les hommes de Roberto De Zerbi savaient ce qu’ils avaient à faire. Mais, pour suivre le rythme imposé par les leaders, la tâche n’était rien moins que battre le PSG, dans un Parc des Princes où, depuis le coup d’envoi de la saison, seul Strasbourg a tenu tête au champion d’Europe, le 17 octobre (3-3).

    Mais pour faire aussi bien que les Alsaciens, à défaut de faire mieux, il aurait fallu un OM des grands soirs. De ceux qui ont bousculé Lens, fait plier Newcastle ou l’Ajax. Malheureusement, dans la douceur de la nuit d’Auteuil, c’est un OM bien trop timide qui a laissé les champions d’Europe agir à leur guise. Il aura fallu attendre près de 55 minutes pour assister à une intervention décisive de Matvei Safonov, sur une reprise improbable de la tête d’Igor Paixão, pour comprendre que les Olympiens étaient sur le terrain.

    Jusque-là, ils avaient été spectateurs de la démonstration de force Parisienne. Illustrée par le doublé d’Ousmane Dembélé dans une première période où le PSG a fait ce qu’il a voulu. Alors que l’OM était en mode passif. Subissant le jeu et incapable d’approcher du but adverse.

    S’ils avaient bousculé le PSG au Vélodrome et à Koweït City lors du Trophée des Champions, la belle au Parc des Princes a tourné à la punition pour les hommes de Roberto De Zerbi. Un cauchemar illustré par le but contre son camp de Facundo Medina et le final qui a vu les Marseillais partir à la dérive.

    La punition du Parc des Princes fait tomber l’OM du podium et libère la route du sacre pour leur adversaire du soir. Mais aussi pour Lens, qui reste dans la roue du PSG.

    PSG 5 (2)

    OM 0 (0)

    21e journée de Ligue 1

    Parc des Princes (43 000 spectateurs)

    Arbitre : W. Delajod.

    Buts : Dembélé (12, 37), Medina (64, csc), Kvaratskhelia, 66), Lee (74) pour le PSG.

    Avertissements : Vitinha (9), Zaïre-Emery (58) au PSG, Balerdi (90+2) à l’OM.

    PSG : Safonov – Zaïre-Emery (Hernandez, 75), Marquinhos ( c ), Pacho, Nuno Mendes – Mayulu (Dro, 75), Vitinha, Neves – Doué (Kvaratskhelia, 62), Dembélé (Ramos, 75), Barcola (Lee, 68).

    Entraîneur : L. Enrique

    OM : de Lange – Pavard(Abdelli, 62), Balerdi ( c ), Medina – Weah, Höjbjerg, Timber, Emerson – Greenwood (Nadir, 80), Gouiri, Nwaneri (Paixão, 46).

    Entraîneur : R. De Zerbi

    Un jaune foncé

    Le match a débuté depuis 9 minutes, Leo Balerdi se lance dans une chevauchée depuis le rond central, quand il se fait littéralement couper en deux par Vitinha. Un geste qui ne vaudra qu’un carton jaune au joueur du PSG aux yeux de Willy Delajod.

    Trois minutes plus tard, Ousmane Dembélé ouvrait le score.

  • [Entretien] Manuel Bompard : « Au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble »

    [Entretien] Manuel Bompard : « Au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble »

    La Marseillaise : On vous voit régulièrement dans le Var, vous serez aussi à Toulon le 21 février pour le meeting d’Isaline Cornil. C’est un enjeu particulier pour LFI ?

    Manuel Bompard : C’est un département au contexte difficile car la quasi-intégralité des députés sont d’extrême droite. Il y a une volonté d’y mener un travail de résistance aux idées du RN. Je suis également le référent du Var pour LFI, je viens donc régulièrement apporter mon soutien aux militants engagés dans les mobilisations et les campagnes électorales.

    À La Seyne, à Toulon, comme dans de nombreuses villes, LFI présente sa propre liste. Pourquoi ce changement de stratégie, après avoir favorisé l’union de la gauche avec le NFP et la Nupes ?

    M.B. : Il y a un certain nombre de listes au niveau national dans lesquelles on est engagé et qui sont soutenues par d’autres formations. On a cherché à partir de notre programme, et on a proposé à celles et ceux qui voulaient construire ces listes avec nous de le faire. Ça a été possible dans certains cas, dans d’autres non. Notre conviction, c’est que les listes de gauche ne pourront gagner des villes que si elles s’engagent sur des mesures claires : des services publics qui ne sont pas délégués au privé, l’accès à certains biens communs fondamentaux comme la gratuité de la cantine scolaire, l’expérimentation du référendum d’initiative citoyenne, la lutte contre le logement indigne… On a d’abord l’objectif de répondre aux aspirations des habitants, et on essaie ensuite de rassembler autour de ces propositions.

    Si LFI se retrouve au second tour derrière une liste de gauche, notamment dans des villes sous la menace de l’extrême droite, peut-on s’attendre à un retrait ?

    M.B. : Pas le retrait, le rassemblement. C’est vieux comme la gauche que plusieurs listes se présentent au premier tour, puis qu’elles se rassemblent. Et souvent, elles fusionnent, pour que les différentes sensibilités puissent être représentées au conseil municipal. On est très clair : partout où on sera en tête à gauche, on proposera le rassemblement. Si les candidats en tête font la même démarche, on y travaillera. Est-ce possible ? Je pense que tout le monde devra prendre ses responsabilités. Il peut y avoir des désaccords, des débats extrêmement profonds, mais il y a ensuite un devoir de responsabilité. Et ceux qui utilisent des prétextes pour justifier la division, favorisant la victoire de la droite ou de l’extrême droite, prendraient une très lourde responsabilité. Mon discours est très clair, que chacun en fasse de même. C’est la moindre des choses quand on se revendique de gauche : au second tour, face à l’extrême droite, on se rassemble.

  • LFI prône un projet « plus humain » sur la tranquillité publique à Avignon

    LFI prône un projet « plus humain » sur la tranquillité publique à Avignon

    Ne pas laisser le sujet de la sécurité à la droite et à son extrême. Un enjeu présenté, vendredi soir, par la liste insoumise de Mathilde Louvain, qui tenait une réunion publique sur la tranquillité publique au centre social Saint-Jean. Une thématique forte de campagne sur laquelle « on ne vient pas en réaction mais qui est une attente des habitants », souligne la tête de liste. Pour l’occasion, le député LFI de l’Essonne, Antoine Léaument, engagé dans un tour de France de la sécurité, était présent.

    Le parlementaire, qui avait rencontré les douaniers avignonnais l’après-midi, est venu casser de nombreux clichés « véhiculés par les médias d’extrême droite » et renverser les paradigmes : absence de travail, de logement, racisme sont autant « d’insécurités dont on ne parle pas ». Il pondère aussi les chiffres de la délinquance avec « une stabilité des homicides ». Antoine Léaument tape sur les politiques sécuritaires en place depuis des années : « Mettre du bleu dans les rues se fait au détriment des enquêtes et de la police judiciaire, on ne retrouve le meurtrier que dans 2 cas sur 3 ». Mais ce contexte posé ne fait pas un programme municipal. Mathilde Louvain promet « un travail de fond, coordonné, loin des paillettes, par de la présence humaine avec des médiateurs et des éducateurs, former les policiers sur les violences sexistes et sexuelles ». Pas question de céder à la course à l’échalote de celui qui promet le plus de policiers municipaux ou de caméras. « On souhaite revoir les missions de la police municipale qui doit être en proximité, cela peut passer par une augmentation des effectifs », assume la candidate qui veut s’opposer « au modèle du tout répressif ». « Alors que l’État se désengage, une loi envisage d’octroyer des pouvoirs judiciaires à la police municipale, on prend le problème à l’envers », se désole-t-elle. Loin de tout angélisme, Mathilde Louvain refuse « de fermer les yeux sur le narcotrafic », appelant surtout l’État à mettre des moyens pour faire tomber les réseaux, « ceux qui s’enrichissent vraiment et sont sur des yachts à Dubaï et pas les 8 victimes à Avignon l’an dernier », pointe Farida Mebarek (Génération.s), pour qui les « vraies victimes du narcotrafic sont les habitants ». Adjointe (DVG) aux sports, Zinèbe Haddaoui concède porter « une vision sur du temps long et pas très quantifiable avec le rôle des médiateurs ». « Quand on apporte aussi du beau, comme à la Plaine des sports, ça marche », ajoute-t-elle. Le sport, un remède à la prévention de la délinquance.

    LFI et ses alliés entendent aussi réclamer plus de moyens pour la santé mentale, « une question aveugle » de la tranquillité publique selon Julien De Benito, adjoint au maire et secrétaire départemental du PCF. « Au cours du mandat, j’ai été marqué par le fait que beaucoup de troubles à l’ordre public sont liés à des malades psy ou aux addictions, dont le suivi n’est pas à la hauteur, il faut plus de moyens pour l’hôpital psychiatrique », enjoint-il en piquant Olivier Galzi (DVD). « Avec des arrêtés anti mendicité, ce monsieur ne résoudra rien », conclut-il.

    Hervé de Lépinau candidat RN à Carpentras

    Le député RN Hervé de Lépinau remplace en urgence Christian Richaud Simoni comme tête de liste aux municipales à Carpentras. Ce dernier a été écarté par son parti pour des tweets racistes révélés mardi dernier par Libération. La priorité de Hervé de Lépinau ? « Nettoyer » la ville, selon des propos rapportés par la radio Ici Vaucluse.

  • La parité c’est faire vivre l’égalité

    La parité c’est faire vivre l’égalité

    C’était une anomalie indigne d’une démocratie digne de ce nom : l’absence de parité entre les femmes et les hommes sur les listes dans les communes de moins de mille habitants. Le scrutin municipal de mars prochain verra donc cette injustice enfin réparée. Les conseils municipaux, partout sur le territoire, seront bien plus représentatifs de la population. Dommage qu’en la matière, seule la contrainte de la loi a permis aux femmes d’accéder à des mandats. Le chemin demeure semé d’embûches, la politique étant toujours dominée par le poids du patriarcat et une misogynie ambiante si néfaste à la démocratie.

    Le prix de la démocratie

    Cette parité femmes-hommes pour les fonctions électives dans les petites communes permettra un renouvellement nécessaire et participe aussi d’un combat fondamental : ramener aux urnes les abstentionnistes.

    La loi met également fin au « panachage », plus crûment dit à la possibilité de rayer des noms sur les listes. Là encore c’est une pratique d’un autre âge qui revenait, en fait, à régler des comptes.

    On ne peut pas revivifier la démocratie, surtout quand elle est affaiblie par les discours démagogiques et populistes, en continuant à flatter les bas instincts : exclure les femmes et raturer des noms.

    Alors, oui, c’est difficile, c’est plus long et fastidieux de bâtir des listes. Mais n’est-ce pas le prix de la démocratie ? Dans un pays où près de 70% des communes comptent moins de mille habitants, instaurer la parité femmes-hommes, c’est faire vivre la liberté, l’égalité, la fraternité… et la sororité.