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  • À Montpellier, Philippe Saurel de retour dans l’arène politique pour un 3e round contre le PS

    À Montpellier, Philippe Saurel de retour dans l’arène politique pour un 3e round contre le PS

    Touché mais pas KO. Tel un boxeur qui remonte sur le ring après un uppercut, Philippe Saurel revient dans l’arène politique. Discret depuis sa défaite en 2020, le seul maire sortant d’une grande ville à ne pas avoir bénéficié de la prime au sortant veut sa revanche. « Qu’on gagne ou qu’on perde, on apprend dans les deux cas », confie, sportivement, celui qui dirigea Montpellier de 2014 à 2020 après sa victoire surprise contre Jean-Pierre Moure (PS).

    À l’époque exclu pour sa dissidence, l’ex-socialiste a-t-il fait la paix avec ses amis d’antan ? Pas vraiment. S’il a récemment salué Carole Delga (PS) au sujet du maintien de l’Open de tennis à l’Arena, le frêchiste en veut toujours à sa famille politique pour l’avoir banni, même s’il assure « avoir pris beaucoup de recul » et s’être « remis en question ».

    Dans la courte vidéo qu’il a postée samedi 7 février sur les réseaux sociaux, il confirme avoir tourné la page des partis politiques. Depuis plusieurs mois représentant du mouvement centriste « Utiles », il mènera à nouveau une liste dite « citoyenne, divers gauche et écologiste ». Une potion qui lui avait donné des ailes en 2014, grâce à un programme concis et concret, dans un contexte de rejet du PS de F. Hollande. Mais la recette avait semblé usée en 2020. Le maire président ayant pâti de ses mauvaises relations avec plusieurs édiles de la Métropole dont des collectivités dirigées par le PS.

    Avec qui et pour quoi faire ?

    Si à l’image de Michaël Delafosse, certains lui reprochent de n’avoir « rien fait » ou presque 6 ans durant, Philippe Saurel avait pourtant tenu ses 10 promesses de campagne. Notamment la régie publique de l’eau ou la desserte des quartiers populaires par la 5e ligne de tramway, toutefois retardée.

    Dans un espace politique réduit avec déjà 9 listes, difficile de dire quel sera le cap du chirurgien dentiste. Après mûre réflexion, s’il a décidé d’y retourner, c’est dit-il parce que « de nombreux citoyens et personnalités influentes ont fini par me convaincre ». Et par « amour » pour Montpellier qui est une « belle ville » dont il s’inquiète de « l’endettement » creusé par les chantiers de M. Delafosse.

    De l’équipe qui accompagnera Philippe Saurel, 68 ans, dans ce qui pourrait être son dernier challenge politique – à moins qu’il ne vise les sénatoriales ? – on sait encore peu de choses. Le fidèle Abdi El Kandoussi sera sur sa liste de même que le sage Max Lévita qui s’était pourtant retiré de la scène politique. Lâché par le gros de ses troupes novices de 2014 (P. Mirallès, S. Jannin… sont derrière M. Altrad), on peut compter sur P. Saurel, rejoint par Jacques Domergue (ex-UMP) en 2020, pour nous réserver quelques surprises.

  • Pancho Abardonado sera sur le banc pour OM-Strasbourg

    Pancho Abardonado sera sur le banc pour OM-Strasbourg

    L’OM a publié le communiqué annonçant la conférence de presse du match contre Strasbourg, samedi à 17 heures, au Vélodrome. C’est Pancho Abardonado, ancien adjoint de Roberto De Zerbi, qui prendra la parole en tant qu’entraîneur.

  • Biathlon : Julia Simon sacrée championne olympique devant Jeanmonnot

    Biathlon : Julia Simon sacrée championne olympique devant Jeanmonnot

    Avec une seule faute sur le pas de tir (19/20), mercredi lors de l’individuel, Julia Simon a devancé sa compatriote Lou Jeanmonnot (18/20). Il s’agit de la 2e médaille d’or de la délégation française aux JO-2026, après la victoire du relais mixte de biathlon, et le 6e podium depuis le début des Jeux à Milan-Cortina.

    La consécration olympique pour la Savoyarde intervient quatre mois après sa condamnation à trois mois de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende pour vol et fraude à la carte bancaire, pour avoir notamment utilisé la carte bancaire de son équipière Justine Braisaz-Bouchet. En franchissant la ligne d’arrivée, elle a mis son index droit sur la bouche. « J’aimerais qu’on me foute la paix » avec cette condamnation, a déclaré Simon peu après au micro d’Eurosport.

    « Je pense que je n’ai plus rien à prouver à personne, maintenant j’aimerais qu’on me laisse faire mon biathlon », a-t-elle ajouté, assurant que « la page a été tournée au sein de l’équipe ». « Je ne me suis jamais affolée, je ne suis pas du tout stressée sur ces Jeux, je prends un kif énorme », a-t-elle déclaré au micro de France Télévisions. « J’ai super bien construit cette course, j’ai très bien skié, j’avoue que les derniers tours il y avait Franzi [Preuss, finalement 10e, Ndlr] devant moi et quand on me disait que cela se jouait aussi avec elle, je me disais elle va bien louper une balle et me laisser cette chance-là. »

    Doublé pour Simon

    Décuple championne du monde dont quatre fois sur des courses individuelles, Simon est venue à Anterselva pour chercher l’or olympique qui manquait à son immense palmarès. En deux courses dans le nord de l’Italie, elle en a pris deux avec le titre du relais mixte avec Eric Perrot, Quentin Fillon Maillet et Lou Jeanmonnot, et avec l’individuel de mercredi.

    Elle dispose du plus beau palmarès du biathlon féminin français avec, en plus de ses médailles aux Mondiaux et aux JO, un gros globe de cristal remis à la lauréate de la Coupe du monde de biathlon, en 2023.

    Leader actuelle de la Coupe du monde et attendue sur le podium de l’individuel, Lou Jeamonnot a pris la médaille d’argent, sa meilleure performance sur des courses individuelles en grands championnats, malgré deux fautes sur le pas de tir et deux minutes de pénalité. Les Bleues retrouveront la piste olympique italienne samedi lors de l’épreuve du sprint (7,5 km).

    Classement de l’individuel :

    1. Julia Simon (FRA) 41:15.6 (1 tour de pénalité)

    2. Lou Jeanmonnot (FRA) à 53.1 (2)

    3. Lora Hristova (BUL) 1:04.5 (0)

    4. Vanessa Voigt (GER) 1:17.4 (0)

    5. Dorothea Wierer (ITA) 1:33.9 (1)

    6. Camille Bened (FRA) 1:36.7 (1)

    7. Lea Meier (SUI) 1:37.4 (1)

    8. Janina Hettich-Walz (GER) 2:03.3 (2)

    9. Linn Gestblom (SWE) 2:12.6 (2)

    10. Franzi Preuss (GER) 2:19.9 (2)

    Deux Chollet pour le prix d’un

    Planche aux pieds, les jeunes frères Aidan et Jonas Chollet ont tout pour briller jeudi en snowboardcross à Livigno et se verraient bien revenir des JO avec une médaille autour du cou. « Ce serait fou, incroyable », lâche enthousiaste Jonas, 17 ans seulement, quand on lui demande s’il se voit déclencher, lui et son aîné, une version hivernale de la « Lebrunmania » en cas de succès. Mi-décembre, les Chollet ont déjà pu y goûter en terminant aux deux premières places pour la reprise de la Coupe du monde à Cervinia.

  • OM : un successeur qui se doit de bien connaître le contexte

    OM : un successeur qui se doit de bien connaître le contexte

    Qui sera le nouveau Sisyphe sur le banc phocéen ?

    La tâche qui attend l’heureux (?) élu est aussi gigantesque que celle à laquelle était condamné le Titan qui avait défié Zeus. Sauf qu’il ne s’agira pas de remonter un rocher au sommet d’une côte abrupte, mais permettre à l’OM de s’asseoir durablement au sommet de la Ligue 1, en évitant d’en dégringoler au dernier moment.

    Même si elle est très compliquée à assumer, la place n’en suscite pas moins la convoitise de plusieurs stratèges en quête de rebond. Ils aimeraient utiliser l’OM, montrant qu’en étant capable de relancer le club dans sa course à la Ligue des Champions, ils peuvent également redorer leur blason.

    Des grands noms étrangers sont spontanément sortis du chapeau. Ruben Amorim et Xabi Alonso, cherchent un banc après avoir été éjectés de celui de Manchester United et du Real Madrid. Des noms d’entraîneurs Français exilés sont aussi évoqués. Mais Laurent Blanc et Christophe Galtier risquent de ne pas être compatibles avec certains dirigeants actuels au sein de l’OM.

    D’autres fraîchement remerciés en Ligue 1 voient leur nom circuler. à l’image de Franck Haise, déjà pressenti avant l’arrivée de Roberto De Zerbi, dont l’expérience niçoise a tourné court. Ou bien Habib Beye, qui a perdu son fauteuil à Rennes, quelques heures avant son compère marseillais. Les deux hommes étaient encore côte à côte lors du huitième de finale de Coupe de France, qui a vu la facile qualification olympienne aux dépens des Bretons (3-0), le 3 février.

    Habib Beye avait fait des offres de service quand l’OM cherchait un successeur à Gennaro Gattuso. Jean-Louis Gasset lui avait été préféré.

    Après avoir fait monter le Red Star en Ligue 2, l’ancien capitaine de l’OM a fini sur le banc rennais où il a connu des hauts et des bas. Peut-être cette fois sera la bonne ? Réponse dans les prochaines heures.

    Celui qui héritera du poste devra bien connaître le contexte marseillais. Sa mission sera claire. En championnat, il faudra absolument aller chercher une place qualificative pour la Ligue des Champions, vitale pour les finances du club. Et gagner, enfin, une Coupe de France.

  • [Entretien] Léa Balage El Mariky : « Quand on fait avancer nos combats, la gauche est unie »

    [Entretien] Léa Balage El Mariky : « Quand on fait avancer nos combats, la gauche est unie »

    Les écologistes présentent jeudi neuf propositions de loi lors de leur niche parlementaire. La première vise à améliorer la protection des personnes ciblées par les réseaux de criminalité organisée, un texte directement lié à l’assassinat de Medhi Kessaci à Marseille. Puis, des textes pour protéger l’eau potable, empêcher les monopoles médiatiques, permettre aux maires de réquisitionner les logements vacants, instaurer une génération sans sucre, instaurer un référendum d’initiative citoyenne délibératif, protéger l’alimentation des contaminations au cadmium, reconnaître l’éducation au-dehors et accorder le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales aux étrangers.

    La Marseillaise : Le premier texte de votre niche parlementaire vise à améliorer la protection des personnes ciblées par les réseaux de criminalité organisée. Quel est ce mécanisme ?

    Léa Balage El Mariky : Dans la loi sur le narcotrafic on a installé le statut des collaborateurs de justice, inspiré des systèmes italiens notamment. Mais on a besoin d’avoir cette protection qui puisse être lancée dans les protections de la parole qui va être donnée et ses modalités avant que l’instruction judiciaire puisse être lancée. Et que cette personne puisse alerter sur une mise en danger potentielle de sa vie ou de ses proches au regard de ce qu’elle peut dénoncer comme fait relevant de la criminalité organisée.

    L’un de vos textes vise à permettre aux maires de réquisitionner les logements. C’est une demande des édiles ?

    L.B.EM. : C’est une volonté des maires qui sont au premier contact de la problématique d’accès aux logements et des solutions possibles. Car ils connaissent les logements qui pourraient être réquisitionnés et faire l’objet d’une transformation pour les remettre sur le marché locatif à travers notamment leurs bailleurs sociaux. Pour l’instant, cette réquisition peut être demandée par les maires, mais elle est toujours subordonnée au pouvoir de la préfecture qui la valide ou non. Cette réquisition concerne les logements qui sont vides dans des villes ultra-denses et pour lesquels il convient de simplement pouvoir remettre ces biens sur le marché. Quand on a cette possibilité, il y a souvent des obstacles liés à une politique non-volontaire de l’État. Cette proposition permet donc de redonner la puissance de réquisition aux maires afin qu’ils puissent bien faire leur travail : celui de protéger la population.

    La proposition de loi pour empêcher la constitution de monopoles médiatiques est issue des États généraux de l’information ?

    L.B.EM. : Exactement, et ça fait partie aussi de tout le travail qu’a mené ma collègue Sophie Taillé-Poillan, qui est une des briques sur la manière dont on doit préserver l’information et son indépendance. On est dans un moment où les médias sont détenus par quelques milliardaires qui ont des projets politiques précis, [Vincent] Bolloré en premier. On se retrouve avec une liberté et une pluralité de la presse qui sont entravées. La mise en place de mécanismes qui viennent empêcher cette ultra-concentration des médias fait partie des recommandations qui sont données par les syndicats de journalistes depuis longtemps. C’est une revendication assez connue et dont on trouve enfin une traduction dans une proposition de loi.

    Nos confrères du « Figaro » disent votre groupe fragilisé par deux menaces de défection liées à des désaccords concernant la place donnée aux textes. Que se passe-t-il ?

    L.B.EM. : Ce n’est pas une défection, il faut préciser qu’on est apparenté et ne pas dire que les gens quittent le groupe ou le collectif. Les niches, c’est toujours des moments où on est beaucoup à avoir travaillé avec énergie sur plein de textes et il y a des déceptions dans l’ordonnancement et dans le choix des textes, même les choix préalables. Certains textes qui avaient été proposés n’ont pas été retenus et c’est normal. Des explications seront faites et apaiseront les choses. Vous allez voir que demain [jeudi Ndlr], tout le monde sera là et ça se passera bien.

    LR et le RN ont déposé des centaines d’amendements, notamment sur votre texte qui vise à accorder le droit de vote des étrangers aux municipales. De quoi gâcher l’examen de vos textes ?

    L.B.EM. : Ce qu’on a vu, c’est une obstruction sur beaucoup de textes de notre niche. C’est le cas sur le référendum d’initiative citoyenne (RIC) et le texte que j’ai porté. Il s’agit pour les deux de mécanismes qui permettent de redonner de la voix aux citoyens dans les espaces délibératifs qui existent, les élections municipales et le référendum. On se retrouve avec une droite qui refuse en réalité qu’on puisse en débattre sereinement. Non seulement on dénonce la pratique, mais c’est surtout symptomatique de s’attaquer en priorité à ces deux textes qui viennent renforcer la démocratie. Ils attisent les peurs pour masquer leurs propres désaveux et le fait qu’ils ne sont pas majoritaires dans notre pays. On ne s’arrêtera pas là. J’avais déjà la garantie de vote positif de plusieurs parlementaires et donc je souhaite pouvoir élargir la démarche pour imaginer un dépôt en semaine transpartisane d’un texte comme celui-ci.

    Vous comptez sur toutes les voix de la gauche à l’unisson ?

    L.B.EM. : Je sais que comme à chaque niche, tout le monde sera présent. C’est ça qui est important en fait : dans les moments où on fait avancer nos combats, la gauche elle est unie. C’est ce que je retiens à chaque fois.

  • À Marseille, la France remue le bassin méditerranéen

    À Marseille, la France remue le bassin méditerranéen

    De passage à Marseille en juin 2023, Emmanuel Macron appelait de ses vœux une « Saison Méditerranée 2026 ». Trois ans plus tard, voilà cette saison culturelle, destinée à célébrer « l’identité profondément méditerranéenne de la France », écrit le président de la République, qui pointe le bout de son nez avec son ouverture prévue dans la cité phocéenne entre le 15 et le 24 mai, avant de se déployer dans l’Hexagone jusqu’au 31 octobre. « C’est un pari fou que celui de rassembler à l’heure où tout semble fait pour nous diviser, politiquement et médiatiquement », déclare avec aplomb, mercredi 11 février au Mucem, Nadia Hai, déléguée interministérielle à la Méditerranée d’un gouvernement qui ne cesse pourtant de souffler sur des braises extrême droitières. Selon elle, « un temps fort de diplomatie culturelle » qui laisse d’autant plus pantois quand on observe par exemple la crise diplomatique franco-algérienne, la plus aiguë depuis 1962. Le programme trouvera par ailleurs des échos en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Égypte et au Liban. Un contingent plutôt maigre, alors que la Méditerranée est bordée par une vingtaine de pays et trois continents.

    « Arriver, partir, revenir »

    Mais qu’à cela ne tienne : la « Saison Méditerranée 2026 », qui entend « mettre en lumière les jeunesses méditerranéennes des diasporas de France », dixit Eva Nguyen Binh, présidente de l’Institut français, se traduira par « une programmation polyphonique » pour « illustrer la pluralité de ses voix », estime Julie Kretzschmar, commissaire générale de l’événement. Intitulée « Arriver, partir, revenir », son ouverture marseillaise s’étendra « du Palais du Pharo au Fort Saint-Jean, puis au Mucem, au Panier, à la Joliette, à la Friche Belle de Mai, jusqu’au Grand port maritime de Marseille pour un final exceptionnel ». De nombreuses propositions artistiques seront lancées entre les 15 et 24 mai. Un parcours d’expositions investira la ville, parmi lesquelles « Résistances & Désobéissances » à la Citadelle, autour « du passé colonial de la France en Tunisie et l’emprisonnement d’Habib Bourguiba en ces mêmes lieux entre 1939 et 42 », indique Julie Kretzschmar, ou encore « Mon plus beau plan fixe », travail du cinéaste et plasticien franco-algérien Hassen Ferhani sur « les notions d’isolement et d’horizon ». La mémoire, l’histoire et la poésie en temps de guerre des Gazaouis trouveront, elles, une résonance au Centre photographique Marseille et aux ateliers Jeanne Barret. Au Musée d’art contemporain (MAC), Louisa Babari, « artiste franco-algérienne née à Moscou », campe Nicolas Misery, directeur des Musées de la Ville de Marseille, illustrera « sa réflexion sur les imaginaires de l’Algérie antique précoloniale ». Les musiques actuelles ne seront pas non plus en reste avec nombre de concerts et Dj’s sets à la Vieille Charité, la Friche Belle de Mai, ou encore au Grand port maritime. C’est sur ce site qu’une « immense fanfare » de musiciens amateurs et professionnels offrira un « condensé de Méditerranée : de la Sicile aux Balkans, de la Kabylie à l’Andalousie, de la Turquie à la Camargue, en passant par l’Atlas et les îles grecques ». Les créations théâtrales prévues pour l’ouverture ne seront pas non plus en reste, avec Mères Méditerranées de Mohamed El Khatib au Mucem, et Algérie, mon Amour qui prendra ses quartiers sur la Digue du large. Une performance conçue par Sébastien Kheroufi, d’après les récits de « quatre auteurs franco-algériens » portés par des habitants de Marseille, qui « racontent l’histoire de leurs parents. Une tentative pour comprendre ce qui se joue entre deux rives, ce temps suspendu du voyage, ces 24h de traversée en bateau entre Alger et Marseille ».

    Marseille, le point de départ d’une traversée culturelle qui fera escale dans 60 villes françaises pendant six mois, avec une cinquantaine d’événements labellisés « Saison Méditerranée 2026 » en Provence.

  • Le département des Alpes-de-Haute-Provence valorise ses filières au Salon de l’agriculture

    Le département des Alpes-de-Haute-Provence valorise ses filières au Salon de l’agriculture

    Truffe, pommes golden, lavande, olivier, chèvres… Les différentes productions agricoles des Alpes-de-Haute-Provence seront représentées, fin février, au Salon international de l’agriculture. « Un rendez-vous majeur pour le monde agricole et les territoires ruraux », selon Eliane Barreille, présidente du Département, alors que l’agriculture reste un secteur très important, un « pilier structurant » pour les Alpes-de-Haute-Provence, qui comptent près de 2 000 exploitations.

    Les surfaces agricoles représentent 31% du département, en passant par les courges, les salades, les melons, le raisin, les agneaux ou encore le blé. 30% des exploitations sont spécialisées dans l’élevage ovin ou caprin, et 26% dans les grandes cultures. Le secteur emploie 3 770 personnes dans le département. Pour cette nouvelle édition du Salon, le Département a fait le choix de mettre l’accent sur l’arboriculture, troisième filière la plus importante dans les Alpes-de-Haute-Provence, qui est le troisième producteur national de pommes Golden.

    Les producteurs de pommes rencontrent cependant de nombreuses problématiques en ce moment, comme les ravageurs, les pucerons, le réchauffement climatique, la grêle, la sécheresse ou encore l’accès à l’eau pour irriguer.

    Premier producteur d’essence de lavandin

    Dans cette dynamique de valorisation du territoire sud alpin, une conférence départementale de l’agriculture a été organisée pour la première fois par le Département et la Chambre d’agriculture, en présence de Marc Fesneau, ancien ministre de l’Agriculture.

    Les Alpes-de-Haute-Provence restent le premier producteur national d’essence de lavandin, et forment 383 élèves et apprentis aux métiers agricoles. La filière agricole a favorisé l’émergence d’une filière cosmétique réputée à l’international, avec notamment l’Occitane, entreprise leader du marché. Cela permet aux entreprises locales de conquérir des marchés étrangers, notamment en Asie. 35% des surfaces agricoles cultivées du département sont par ailleurs engagées dans la production biologique.

    Le dynamisme agricole du territoire s’illustre également à travers de nombreuses fêtes locales, comme la fête de la lavande à Valensole, la fête du fromage à Banon, la fête de l’amande à Oraison ou encore le marché aux truffes à Montagnac. De nombreux marchés de producteurs et Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) permettent aux agriculteurs de vendre leurs produits dans tout le département.

    Le Salon se tiendra cette année dans un contexte de mobilisation agricole, alors que plus de 110 foyers de dermatose nodulaire ont été identifiés, et pour la première fois sans présentation de volailles, ni de bovins, en raison des crises sanitaires. L’agriculture départementale reste également menacée par la prédation du loup, qui a encore fait 1 450 victimes en 2025. Le département compte 35 élevages parmi les 200 les plus touchés en France.

    Salon international de l’agriculture 2026, du 21 février au 1er mars, au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris.

  • À Eurenco, à Sorgues, les négociations au point mort, pas la grogne

    À Eurenco, à Sorgues, les négociations au point mort, pas la grogne

    « Ce troisième rassemblement n’est pas un simple point d’étape, mais une nouvelle vague plus massive et déterminée », lance avec hargne Jérémy Caillé, secrétaire général central d’Eurenco, devant environ 150 grévistes, ce mercredi 11 février, lors d’un troisième rassemblement en quatre semaines devant la poudrerie, pour de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires.

    Alors que, depuis le début du mouvement, avec une première grève enclenchée le 21 janvier, les échanges avec la direction n’avancent pas, la CGT et FO portent toujours les mêmes revendications. Ils demandent une revalorisation générale des salaires de 130 euros bruts pour chaque employé, la revalorisation de la prime d’ancienneté, une prise en charge plus importante de la mutuelle et de la prévoyance par l’entreprise, ainsi que la transformation des contrats d’intérim en CDI.

    Influence interne

    Des augmentations « calculées en fonction du coût de la vie et des bons résultats de l’entreprise », assure Nicolas Maroncelli, représentant FO et employé à Eurenco depuis 25 ans. « La direction ne nous donne aucun signe de vie. On a même l’impression qu’elle fait de la communication pour essayer d’influencer les salariés. Mais le mouvement prend de l’ampleur, donc cela montre bien que les revendications tiennent la route », regrette-t-il. « On n’est pas écoutés, donc il va falloir amplifier le mouvement », ajoute Jérémy Caillé. Le responsable syndical CGT estime que les grèves, à chaque fois fortement suivies et de plus de 24 heures, « ont coûté plus cher que s’ils avaient simplement accepté de discuter avec nous ».

    Les deux organisations syndicales assurent qu’il y aurait des « pressions sur les salariés ». « Des employés grévistes entendent de la part de responsables que ce sont eux qui vont couler la boîte. Ils veulent nous diviser, mais le rapport de force est de notre côté contre l’injustice et le mépris », affirme Jérémy Caillé.

  • Dans le Var, le narcotrafic recule, pas les violences conjugales

    Dans le Var, le narcotrafic recule, pas les violences conjugales

    L’heure était au bilan pour les faits de délinquance commis dans le Var l’an passé. Si la délinquance générale (infractions commises contre les personnes et les biens) a progressé de 0,66% en 2025 (45 584 faits contre 45 285 en 2024) après une année 2024 marquée par une baisse de 4,1%, le nombre de faits constatés (45 584) reste inférieur à celui de 2022 (46 076) et de 2023 (47 197). En ce qui concerne leur taux d’élucidation, il se maintient autour de 42%.

    Parmi les principales infractions, les atteintes aux biens sont en légère baisse (-0,5% après -7,3% en 2024). à ce titre, les cambriolages ont reculé de 9,1%. Cela s’explique par une stratégie engagée dès 2023 permettant de cartographier les secteurs les plus touchés, mais aussi par le succès des opérations tranquillité vacances (1 281, +12%). Les vols liés aux véhicules ont en, revanche progressé de 4,3%.

    Plus inquiétantes, les atteintes aux personnes progressent, comme depuis 5 ans (+3% en 2025). Si le nombre d’homicides chute de 80% (5 en 2025), les violences sexuelles stagnent (1 819 faits, +0,2%) et les violences conjugales augmentent (+2,4%). Pour y répondre, les services de l’État affirment agir afin de faciliter les dépôts de plainte et la prise en charge des victimes, notamment grâce au développement des postes d’intervenants sociaux en police et gendarmerie (huit aujourd’hui), à la formation des agents, ainsi qu’à une politique de prévention menée en partenariat avec les associations.

    La sécurité routière inquiète

    En ce qui concerne la lutte contre le narcotrafic, la préfecture se félicite de la baisse de 5,4% des infractions, quand on note une augmentation de 7,6% au niveau national. Les saisies de cannabis (+389% sur les plants, -49,4% sur la résine) sont en hausse, comme celles de cocaïne (+133%). Sur le plan pénal, les amendes douanières progressent : 15 818 410 euros en 2025 contre 11 235 140 euros en 2024, soit +40,8%. Enfin, le préfet a décidé de prendre un arrêté annuel concernant la détention et la consommation de protoxyde d’azote.

    Autre volet important : la sécurité routière. Les accidents mortels (65, +3%) et les blessés (1 134, +1%) sont en hausse, mais les accidents corporels (818, -6%) diminuent. L’indice de gravité reste inquiétant : 7,9 personnes perdent la vie tous les 100 accidents. Les causes restent les mêmes : vitesse (32% des accidents mortels, 21% des accidents corporels), alcool (28% et 16%) et stupéfiants (12% et 8%). Les automobilistes sont les plus touchés (23 décès), suivis des usagers de deux-roues motorisés (22) et des piétons (12). En conséquence, les contrôles se renforcent et ont entraîné +18% de suspensions de permis, +14% de dépistages positifs aux stupéfiants, ainsi que plus de 3 800 mises en fourrière pour des infractions graves. Les actions de prévention ont également augmenté de 29,5%.

    Pour conclure, notons que les services de l’État ont abordé la question – souvent démagogique – des OQTF, indiquant une hausse de 9,8% par rapport à 2024 et de 99,3% par rapport à 2022, pour atteindre 1 063 décisions, dont 175 refus de titres pour actes de délinquance. Rappelons toutefois qu’une très large part d’entre elles sont liées à la lourdeur des démarches administratives liées aux titres de séjours, encore renforcées par la circulaire Retailleau du 23 janvier 2025, demandant aux préfets de les prononcer automatiquement. Et ce même si ces personnes ont déposé leur demande de renouvellement dans les délais. Leurs dossiers n’étant toujours pas traités lorsque les dates de validité des titres ont expiré, elles sont considérées comme sans-papiers.

  • Des aides-soignantes en limite d’âge poussées vers la sortie à Aubagne

    Des aides-soignantes en limite d’âge poussées vers la sortie à Aubagne

    « On est complètement punies de ce qui nous est arrivé », lâche Muriel Thevenin. Secrétaire du syndicat FAFHP à Edmond-Garcin, âgée de 59 ans dont trente-cinq comme aide-soignante à l’hôpital d’Aubagne, elle occupe, depuis 2008, un poste aménagé. Pour elle, il s’agit du transport. D’autres sont par exemple aides hôtelières (elles servent les repas, aident les patients à s’alimenter, leur administrent leurs médicaments).

    Pas de « nécessité de service »

    Muriel Thevenin est dans cette situation depuis un accident du travail : « Mon handicap est survenu du fait d’un manque de personnel et d’un défaut de matériel. » Elle raconte : « On n’était que deux aides-soignantes dans un service de 30 patients, des personnes âgées. On ne regardait pas à l’effort. On n’y arrivait plus avec ma collègue. L’accident s’est produit parce qu’une famille a demandé qu’on relève un patient. Il était très lourd. Il m’est tombé dessus et mon dos a craqué. Depuis, je n’ai plus le droit de soulever plus de 5 kg… ».

    Si le syndicat qu’elle représente monte au créneau aujourd’hui, c’est parce que, dit-elle, la direction de l’hôpital a refusé, « depuis deux ans et demi, à six aides-soignantes en postes aménagés, leur prolongation d’activité au-delà de 62 ans, alors qu’elles y ont droit pour encore deux ans. » Elle poursuit : « Cela met les aides soignantes en situation très précaire. Car, si elles ont travaillé dans le privé, il faut qu’elles attendent 64 ans pour toucher leur complément de retraite. »

    Elsa Blanc, directrice des ressources humaines de l’hôpital, répond : « Si quelqu’un veut poursuivre son activité au-delà de l’âge limite, il doit le demander. Il y a alors deux critères : l’aptitude médicale et la nécessité de service. » Selon elle, « conformément à la loi, le motif de refus de la prolongation d’activité est lié aux nécessités de service, et non au fait que les postes soient aménagés. » Il n’y aurait pas de « nécessité de service ». Elle indique que l’hôpital « a créé depuis deux ans plus de 20 postes en sureffectif dans les services, afin de permettre des reclassements de professionnels, fragilisés par les années de travail hospitalier, sur des fonctions sans contraintes physiques. Ils ne peuvent, par nature, être pérennisés indéfiniment, notamment dans un contexte de fortes tensions financières. » Selon elle, « il n’y a pas plus de deux agents par an qui se sont vus refuser une prolongation d’activité depuis 2024. Sept agents travaillaient en prolongation, l’an dernier, et il y en aura douze cette année. »

    Pour faire la jonction entre retraite de la fonction publique et celle du privé, France Travail verse une allocation à l’agent hospitalier. Ce qui fait bondir Muriel Thevenin : « On a fait toute une carrière à l’hôpital, on s’est esquinté le corps, et maintenant, on doit aller pointer au chômage… ».