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  • [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    [Entretien] Linh : « Si ma musique m’aide et aide les autres, ce n’est que du positif »

    La Marseillaise : Vous êtes en tournée pour votre premier album, après plusieurs singles et un EP. Qu’est-ce que cela fait de monter sur scène ?

    Linh : J’avoue que c’est incroyable. J’ai du mal à réaliser parce que c’est juste fou ce qu’il se passe. C’est vrai que c’est ma première tournée, donc j’étais un peu stressée, je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Mais au final, je reçois beaucoup d’amour de la part du public et je passe des moments absolument hors du temps. C’est incroyable.

    C’est un premier album très intime. Comment avez-vous pensé les thématiques, la construction de l’histoire que vous partagez ?

    Linh : Oui, sur ce premier album, ça se remarque, je parle beaucoup d’amour, parce que c’est un peu ce qui m’inspire dans la vie, c’est mon moteur. Je n’ai jamais vraiment réfléchi à un thème en particulier, ce sont des choses qui me viennent comme ça, quand je commence à composer les mélodies. C’est un album très intime, ça parle de choses qui me sont arrivées, des doutes, des moments vécus. Pourtant, j’ai eu du mal à parler de moi au début. Le single Je pense à vous m’a débloqué sur le fait de pouvoir parler de soi, intimement. Au départ, j’avais très peur de sortir cette chanson, car elle était vraiment mon histoire. Mais il y a eu un engouement énorme autour de ce morceau, j’ai reçu beaucoup de messages de personnes qui s’appropriaient mon histoire, avec leur propre histoire. Ça m’a débloqué sur le fait que je pouvais vraiment écrire sur tout. C’est pour ça que dans cet album on retrouve beaucoup de choses de ma vie.

    Faire de la musique, est-ce une manière de s’exprimer sur des sujets intimes, mais aussi universels ?

    Linh : Complètement, et c’est une thérapie aussi. Par exemple, j’ai composé une chanson qui s’appelle Je t’aime, c’est sur l’amour de soi. J’ai mis presque un an à l’écrire. C’était quelque chose qui me traînait dans la tête depuis beaucoup de temps. En écrivant et en mettant des mots sur tout ça, ça m’a fait du bien, j’ai eu comme un gros soulagement. Je reçois des messages de personnes qui me remercient pour cette musique, qui me disent qu’elle les aide. Donc forcément, si moi ça peut m’aider et que ça peut aussi aider les personnes qui écoutent ma musique, ce n’est que du positif.

    Vous monterez sur scène à Marseille, puis à Avignon. Quel est votre lien avec cette région ?

    Linh : J’ai un lien très fort avec Marseille, parce que ma maman, mes tantes, mes cousines, mes grands-parents sont de Marseille. Donc c’est incroyable pour moi de me dire que je vais me produire dans cette ville pour la première fois, pour ma propre tournée. Ça me fait vraiment quelque chose. Et puis Marseille, pour moi, c’est plein de cultures qui se rencontrent, ça va vraiment avec cette idée d’ouverture culturelle. Et Avignon, c’est une ville que je trouve fantastique et c’est le sud, ça reste ma maison, puisque je viens de Nice au départ.

    Vous faites partie du collectif « Génération Pièces Jaunes », composé de 28 artistes. C’est important pour vous de participer à des initiatives caritatives ?

    Linh : C’est très important parce qu’en tant qu’artiste, et encore plus avec les réseaux sociaux, on est une vitrine. Il y a beaucoup de personnes qui s’identifient à nous, certains jeunes notamment. Je pense que c’est important de participer à des événements comme ça, comme les pièces jaunes, le Téléthon… Forcément, quand on montre des actions positives, l’effet ne peut qu’être positif. Je me dis que si chaque personne fait de son mieux, on peut arriver à quelque chose de plus beau.

    Vous faites partie de la nouvelle scène française. Comment voyez-vous ce paysage musical émergeant ?

    Linh : Je pense qu’il y a une liberté de création. J’ai l’impression qu’on va dans ce sens avec tout ce qu’il se passe en ce moment sur la scène musicale, les nouveaux artistes qui arrivent. Je trouve qu’on est de plus en plus dans l’acceptation. Il y a du respect et en même temps, on arrive à dire ce qu’on a envie de dire. Je trouve ça super. C’est un milieu qui a des côtés sublimes, magnifiques, mais d’autres côtés très compliqués. En tant que femme, pour ne pas mentir, c’est dur. Il y a beaucoup de misogynie, mais j’ai la chance d’être très bien entourée.

    Des places sont encore disponibles
    pour le concert de Marseille.
    Avignon affiche complet

  • [Divergence] « Le grand Costa-Gavras a accepté de venir à Pézenas »

    [Divergence] « Le grand Costa-Gavras a accepté de venir à Pézenas »

    La Marseillaise, en partenariat avec radio Divergence (DAB+ et divergence-fm.org) participe à l’émission politico-sociétale « Quoi de neuf ? » . Cette semaine,
    notre invité est Paul Worms. Il représente l’équipe du festival Rencontre Cinéma de Pézenas.

    C’est un des rendez-vous majeur du 7e art dans l’Hérault, avec Cinemed : la 63e édition du festival Rencontre Cinéma de Pézenas*, organisée par la Fédération des Ciné-Clubs de la Méditerranée (FCCM), se déroule du 20 au 26 février. Un événement. Cette année, le pays mis au premier plan est la Grèce, au cinéma aussi riche que hélas trop méconnu. L’invité d’honneur est le grand réalisateur franco-grec, Costa-Gavras. Paul Worms, une des chevilles ouvrières de ce festival nous en dévoile les temps forts et le sens.

    Françoise Verna : Vous avez choisi de mettre en lumière, je cite, « la diversité et la vitalité du cinéma grec ». Pourquoi ce choix ?

    Paul Worms : Depuis presque 30 ans, on a un fil rouge pour chaque rencontre qui est un pays et le cinéma de ce pays. On a couvert presque tous les pays importants du cinéma dans le monde. Comme l’an dernier, nous étions en Asie avec la Corée, nous avons décidé de revenir en Europe cette année. Après débat, on a décidé que finalement le cinéma grec était très riche mais aussi très peu connu. On a quelques têtes de gondoles connues en France, quelques rares films quelques rares réalisateurs. Je ne vous cache pas qu’on a eu quelques soucis pour récupérer certains films. Pour programmer 26 films, il a fallu que l’on en visionne le double !

    Françoise Verna : Parlez-nous des lieux où se déroulent projections et débats à Pézenas ?

    Paul Worms :Les deux lieux sont le cinéma Le Molière et puis, à 100 mètres, il y a le Théâtre de Pézenas, une petite merveille de théâtre à l’italienne dans lequel on installe écran et projecteur. Cela permet aussi d’avoir des débats. Les spectateurs peuvent aller d’une salle à l’autre très facilement.

    Olivier Nottale :Il y a cette notion d’échanges et de débat, de rencontres. C’est important pour vous ?

    Paul Worms : Dans notre ADN il y a deux choses auxquelles nous tenons beaucoup. Il y a cette notion de rencontre avec un cinéma, avec des professionnels du cinéma, entre les spectateurs. La deuxième chose c’est la notion de découverte. On veut vraiment que nos spectateurs viennent pour découvrir des films nouveaux. La majorité des films sont peu connus et nous voulons que les gens sortent de cette Rencontre Cinéma de Pézenas en ayant découvert plein de choses. Chaque film est présenté par au moins une personne de notre équipe mais en général par une ou un invité.e qui est spécialisé dans le cinéma ou le film en question. L’idéal, c’est d’avoir des cinéastes Cette année on estime faire un grand coup avec la venue du grand Costa-Gavras !

    Olivier Nottale :
    Oui Costa-Gavras est l’invité d’honneur de cette 63e édition. C’est une volonté de faire connaître son œuvre aux nouvelles générations ?

    Paul Worms : Il a accepté de venir, il a 93 ans. C’est un monument du cinéma. Son film Z parle de la dictature des colonels en Grèce dans les années 60-70 et c’est l’histoire de l’assassinat d’un opposant. C’est une fiction mais aujourd’hui on appellerait cela un « docu fiction ». C’est le cas de beaucoup de ses films. Nous allons passer Missing qui se déroule en Amérique du Sud et là c’est malheureusement d’actualité. On ne le diffuse pas mais il a réalisé et il a été célèbre aussi pour L’aveu sur les dérives du système soviétique. On va proposer aussi un de ses derniers films, Adults in the room qui parle de la fameuse crise économique de 2005 où la Grèce a été mise sous tutelle du Fonds monétaire international.

    Françoise Verna : Costa-Gavras sera accompagné par le journaliste Edwy Plenel…

    Paul Worms : Nous sommes très heureux de sa présence. Nous ne pouvons diffuser l’ensemble de la série documentaire qu’il a consacrée à Costa Gavras mais nous projetterons les deux premières parties. La première étant consacrée au film Z. Edwy Plenel va nous apporter beaucoup pour comprendre Costa-Gavras.

    Olivier Nottale : Parlez-nous des autres sections du festival, notamment, une nouvelle intitulée « Regard féminin ». Pourquoi cette nouveauté ?

    Paul Worms : C’est une section qui va être pérennisée non seulement parce que nous avons beaucoup de femmes dans notre équipe mais aussi parce que depuis quelques années des spectatrices nous disaient « c’est bien votre programmation mais il n’y a pas beaucoup de réalisatrices. vous n’invitez pas beaucoup de femmes… » Nous avions fait des efforts mais sans vraiment le matérialiser et nous avons donc décidé de créer, cette année, cette section avec trois invitées, six ou sept films.

    Nous avons aussi la venue de Véronique Le Bris, écrivaine, journaliste et qui a souhaité aussi programmer des films. Elle a une carte blanche avec notamment la programmation d’un film d’une cinéaste, Ida Lupino, une des pionnières du cinéma américain dans les années 1950. Elle est dans la lignée des femmes qui ont fait le cinéma féminin. Nous aurons aussi la venue d’Hélène Merlin qui vient nous présenter son dernier film Cassandre. Et la merveilleuse Marielle Issartel qui a co-réalisé avec son compagnon, Charles Belmont, Histoires d’A, en 1973, sur l’avortement. Film censuré mais qui a eu un grand succès grâce au bouche-à-oreille.

    Recueilli par F.V.

    *Programme sur le site RencontreCinemaPezenas.com

  • [Pétanque] Plus fort avant ou maintenant : l’éternel débat

    [Pétanque] Plus fort avant ou maintenant : l’éternel débat

    Le jeu « Sport » de la pétanque a beaucoup évolué depuis des décennies avec des pointeurs aujourd’hui qui doivent jouer un rôle important au tir (plus qu’à une époque) et dont le statut a été minimisé à cause des tactiques préconisées où le jeu d’attaque est favorisé.

    Cet état de fait est dû essentiellement à des terrains qui s’y prêtent. Ils sont moins rocailleux, plus lisses pour justement faciliter le spectacle avec les médias de plus en plus tournés vers la pétanque.

    C’est surtout la comparaison des tireurs qui est mise sur le devant de la scène.

    Un débat controversé

    Maryan Barthelemy, le directeur des événements du groupe La Marseillaise, dont le Mondial la Marseillaise et qui fut un joueur de très haut niveau dans les années 1980, donne son ressenti.

    « Depuis que le règlement a changé sur l’envoi du bouchon [on a droit à l’envoyer qu’une fois s’il n’est pas bon -6 à 10 mètres-, l’adversaire le pose à la main, Ndlr], les tireurs ont des moyennes plus importantes car ils ne prennent pas de risques à l’envoi du bouchon et du coup on joue moins loin. Avant, on avait droit à trois essais et le bouchon était plus souvent entre 9 et 10 mètres ». Concernant, les lieux de jeu, « on jouait, à une époque, sur des terrains libres, accidentés. Il y avait des racines, des trous, c’était plus compliqué. Aujourd’hui les terrains sont rapportés avec du gravier, du sable, c’est plus facile pour les tireurs », complète Maryan Barthelemy.

    Mais le nouveau responsable de l’épreuve « n’aime pas comparer les époques. Je constate une seule chose c’est la longévité de Christian Fazzino et à un degré moindre Philippe Quintais. Deux joueurs au top depuis 40 ans mais au poste de milieu. C’est très difficile de durer comme tireur même si Philippe Suchaud est l’exception qui confirme la règle ».

    Dans ces avis, René Brocca très bon joueur de boules et fils de Pierre (le Grand fusil comme on le surnomme) a connu également une autre pétanque. Pour lui, il n’y a pas débat avant c’était plus fort. « Il y avait beaucoup plus de gros tireurs sur la place publique. Dans les concours départementaux c’était un festival. Pour vous donner un exemple précis lors de la victoire de sa première Marseillaise, mon père avait manqué trois boules durant tout le concours. Besse son équipier avait confié cette anecdote à Mario Garro ».

    Une autre anecdote lui revient à l’esprit: « Je me souviens également d’une finale à Montauban entre mon papa et Othello opposés à Laville le Toulousain et Simoes. Sur un terrain très difficile avec des bottes d’herbes, des cailloux, aucune boule n’a été manquée par les quatre protagonistes avec des carreaux sur 50% des tirs ».

    « Aujourd’hui, les gros joueurs sont protégés, sponsorisés, semi-professionnels. La comparaison est difficile. Je pense que les joueurs d’antan étaient plus solides avec une certaine pression adverse aujourd’hui disparue », analyse René Brocca.

    Les arguments ne manquent pas pour les avis diversifiés. Pour Aimé, patron des Coquillages Claude à Mazargues, passionné depuis quarante ans, il n’y a pas de différence. « Pour moi les joueurs sont forts sur tout terrain. Les champions d’aujourd’hui se seraient adaptés au jeu scabreux de l’époque. Il ne faut pas comparer, juste apprécier et vivre à son époque. »

  • Les supporters de l’OM punis par l’UEFA

    Les supporters de l’OM punis par l’UEFA

    Du côté de l’UEFA, lorsqu’il s’agit de sanctionner, les membres de la Commission de discipline ont une mémoire digne d’un éléphant. Ainsi, après que les supporters de l’OM se sont fait remarquer en allumant de nombreux fumigènes dans le stade Jan-Breydel lors du dernier match des Marseillais en Ligue des champions à Bruges, ladite commission s’est souvenue d’un sursis concernant le club olympien..

    Cette dernière «ordonne l’application de la sanction disciplinaire avec sursis prononcée dans sa décision du 28 février 2024, à savoir l’interdiction pour l’Olympique de Marseille de vendre des billets à ses supporters pour son prochain match à l’extérieur de compétition interclubs de l’UEFA ».

    A cela s’ajoute une amende de 25 000 euros. De plus, un nouveau sursis, qui court sur deux ans, est prononcé à l’encontre des supporters Marseillais.

  • À l’espace Bagouet de Montpellier, les maux brodés des femmes exilées

    À l’espace Bagouet de Montpellier, les maux brodés des femmes exilées

    C’est une exposition qui lie l’art, l’actualité et des témoignages de vie de femmes exilées rencontrées à Montpellier. « Une œuvre engagée à forte dimension sociale et inclusive, qui invite à considérer l’immigration sous l’angle de l’humain et dans sa dimension individuelle en même temps que collective », explique Christine Masduraud.

    Cette artiste montpelliéraine, à l’origine du projet « Là où commence la mue », développe depuis 2010 une pratique artistique consacrée au textile, en particulier à la broderie, dont elle révèle le potentiel relationnel, esthétique et politique. « J’avais envie, pour ma prochaine exposition, de donner la parole à des personnes qu’on n’a pas l’habitude d’entendre. Ça m’intéressait de travailler avec des femmes en situation d’exil. Je me suis donc tournée vers les centres d’accueil de demandeurs d’asile ainsi que vers différentes associations et j’ai proposé des ateliers hebdomadaires de création d’art textile et de broderie », explique celle qui est également psychanalyste.

    « Le geste de broder
    est un geste réparateur »

    « Du fait de cette double activité, j’ai l’habitude de recueillir les paroles en individuel, mais j’ai trouvé intéressant de m’ouvrir au collectif », confie-t-elle.

    « Initialement je voulais proposer à ces femmes de broder leurs rêves, mais ce sont des personnes confrontées à des situations matérielles tellement difficiles qu’elles ne sont pas dans un imaginaire facile. Elles ont finalement brodé des choses simples, selon la disponibilité de chacune ». Leur nom, un paysage, un message : « Je viens de Turquie, j’étais professeure d’arts plastiques, j’ai quitté mon pays parce que Erdoğan voulait me mettre en prison. » « Je les incite, dans la mesure du possible, à dire des choses personnelles. Parfois ce n’est pas possible, certaines brodent juste les montagnes du Caucase ou une petite fleur. Je tenais à donner à voir la fragilité de ces femmes et donc la fragilité du travail. »

    À travers des symboles textiles, des portraits et des cartes géographiques brodés, le visiteur pénètre dans des récits de vie singuliers : ceux des femmes contraintes, pour diverses raisons, de quitter leur pays natal pour des nouvelles destinations. Elles viennent de Colombie, du Venezuela, de Géorgie, d’Afghanistan, du Soudan, du Tchad… « Ce sont des personnes qui ne se connaissaient pas mais qui ont eu plaisir à se retrouver », assure Christine Masduraud.

    En regard des créations de ces femmes, l’artiste expose des œuvres personnelles, inspirées par cette expérience et ces rencontres. L’exposition compte également « une grande mappemonde brodée collectivement, revisitée par l’apport de l’univers de chacune », ainsi qu’une bande-son, certaines femmes ayant accepté de prendre la parole.

    « Là où commence la mue », c’est l’idée d’une transformation : « Je pense que chaque femme qui arrive avec son histoire se laisse imprégner de la culture d’ici, de la culture de l’autre, de même que j’ai été moi aussi énormément enseignée par ces femmes. Dans cette porosité, on se transforme. J’espère que mon atelier est une sorte de cocon qui permet tout doucement cette transformation, cette ouverture à l’autre dans une écoute et un faire ensemble », confie l‘artiste. « Le geste de broder est un geste extrêmement réparateur, toutes le disent. »

  • [Entretien] Benoit Payan : « Je dis aux Marseillais : ne vous divisez pas »

    [Entretien] Benoit Payan : « Je dis aux Marseillais : ne vous divisez pas »

    La Marseillaise : Quelle lecture faites-vous de ce sondage ?

    Benoît Payan : Il faut le voir comme un instant T, qui n’est pas la vérité du scrutin. Je regarde d’abord le premier tour, et les dynamiques. Quelque chose se cristallise, ce que je dis depuis un moment est en train d’arriver : on va vers une bataille face à l’extrême droite. Dans cette bataille, il y a aujourd’hui des gens qui comme Martine Vassal ont créé de toutes pièces la possibilité de Franck Allisio de se normaliser en reprenant ses mots, ses thèses. Elle n’a pas mesuré qu’un responsable politique a une responsabilité morale éminente dans une élection.

    Le RN semble pourtant atteindre un plafond de verre ?

    B.P. : Je reste très prudent. Pour l’instant tous les sondages m’ont donné gagnant au second tour, mais je reste challenger dans ma tête, parce que c’est ma nature. Je suis un militant, membre d’une aventure collective et cela me donne une responsabilité. Je prends cette campagne comme n’importe quelle autre, même si on a une dynamique exceptionnelle, que des gens que l’on avait jamais vus nous ont rejoint. Dans une élection où la France insoumise a donné ordre à tous ses candidats dans toute la France d’aller faire perdre la gauche, quelle responsabilité, au moment où la ville peut basculer au Rassemblement national, de jouer avec la vie des gens ! Cette manière de faire est un poison pour la démocratie.

    Quel message envoyez-vous à LFI pour le second tour ?

    B.P. : Je ne parle pas aux dirigeants, je parle aux Marseillais. Ce sont des gens intelligents, je leur dis : ne vous divisez pas. La question n’est pas le deuxième tour, c’est dès le premier tour rassemblez-vous parce qu’on a le Rassemblement national à nos portes et qu’il se peut en 2027 qu’il dirige ce pays. Nous devons devenir une ville qui protège tout le monde. L’ambition personnelle ne permet pas tout.

  • À Peyruis, Lila Desjardins candidate face au RN

    À Peyruis, Lila Desjardins candidate face au RN

    Peyruis, village limitrophe des Mées, fait partie des rares communes des Alpes-de-Haute-Provence où le RN a investi il y a plusieurs mois un candidat aux municipales, en l’occurrence Aurélie Abeille. Face à elle, deux autres listes : celle du maire sortant, Patrick Vivos, et celle d’une élue de l’opposition, Lila Desjardins. Très investie dans la vie associative locale, présidente du Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF), elle est convaincue de faire le poids face à la candidate RN.

    Élue depuis 2008 à Peyruis, Lila Desjardins est également conseillère départementale du canton de Château-Arnoux, en binôme avec René Villard, maire communiste de la commune. Ancienne enseignante, elle est à la retraite depuis 2023. De gauche, elle ne met cependant « pas de couleur politique » à sa liste, mais promet : « On ne va pas mener une politique de droite, on aura une politique tournée vers le social, l’aide aux personnes fragiles, l’éducation, des valeurs de gauche. »

    L’une des préoccupations des habitants de ce village est le fait qu’il soit traversé par une départementale. « C’est ce qui nous inquiète. Les habitants ne se sentent pas en sécurité par rapport à la circulation, ça roule trop vite », avance la candidate. Lila Desjardins se réjouit d’avoir accumulé « plus de 300 000 vues en 3 mois sur les réseaux sociaux, soit 10 fois la population de Peyruis ». « On est très présents, il n’y a que nous qui sommes sur les réseaux depuis plus de 6 mois », affirme-t-elle.

    Faire revivre le cœur

    de village

    Peyruisienne depuis plus de 30 ans, la candidate a mis en place un questionnaire pour identifier les inquiétudes et les besoins des habitants de la commune. Elle a ainsi décidé de mettre l’accent sur « faire revivre le cœur de village ». « Peyruis est devenu un village dortoir, un village couloir, les gens ne s’arrêtent pas, parce qu’il n’y a pas de quoi s’arrêter. » Le premier objectif et la promesse de la liste est donc d’ouvrir « un café brasserie avec une petite supérette sur un terrain vague à côté de la place du village ». « Dès qu’on est élus, on lance le projet pour ouvrir ce café-restaurant dans l’année », s’engage-t-elle.

    Le deuxième axe mis en avant par Lila Desjardins est l’état des écoles, actuellement « lamentable ». « Il y a une urgence, l’école maternelle s’enfonce, puisqu’elle est construite sur de l’argile, il y a des fissures partout, il pleut à l’intérieur », déplore-t-elle. Son projet est donc de « travailler dans l’urgence pour résoudre ce problème de passoire thermique » et, à long terme, de « reconstruire ailleurs un groupe scolaire qui regrouperait primaire, maternelle, centre de loisirs et cantine ».

    Finalement, la candidate peyruisienne veut réaménager un espace en friche depuis 2008 « selon ce que demandent les gens : des commerces de proximité, des parcs pour enfants, des espaces verts », et éventuellement déplacer la médiathèque à cet endroit. L’objectif serait de créer « un lieu de rencontre intergénérationnel », « un espace de convergence où les gens trouveront ce dont ils ont besoin, une boucherie, une boulangerie, un tabac, et un véritable lieu pour les enfants car il n’y a plus rien pour eux à Peyruis ». « Le RN ne gagnera pas la commune. Je ne suis pas inquiète », conclut-elle.

    Réunion publique le 12 mars à 18h30 à la salle des fêtes, 3, rue du Crouton, 04310 Peyruis.

  • Toulon en Commun dénonce la violence politique

    Toulon en Commun dénonce la violence politique

    « Nous sommes choqués et avons porté plainte car nous voulons dénoncer cette agression », explique André De Ubeda (PCF).Et de poursuivre : « Toulon En Commun et Magali Brunel refusent toute dérive dans la campagne électorale. L’intimidation et la violence n’ont pas leur place vis-à-vis d’aucun candidat ou citoyen. Seul le débat d’idées sur la base des programmes, et des visions de ceux qui les défendent doit départager les listes en présence. Nous, nous voulons porter un programme, des valeurs, des principes, un changement par les idées.Le débat, la controverse, oui ! La violence et les insultes, non ! Toulon, comme la France, a besoin de concorde. »

  • A Marseille, la fontaine Estrangin doit reculer devant le tramway

    A Marseille, la fontaine Estrangin doit reculer devant le tramway

    La Métropole Aix-Marseille Provence est bien décidée à déplacer la fontaine Estrangin implantée depuis 135 ans devant la Caisse d’épargne et la Banque de France. L’édifice emblématique où trône en majesté l’allégorie de Marseille appuyée sur le Génie du commerce sur une Méditerranée source d’abondance, gène le tracé du futur tramway du Quatre Septembre pour lequel l’enquête publique préalable à la déclaration d’utilité publique n’a toujours pas eu lieu.

    Ce n’est certes pas le premier monument marseillais à devoir déménager. De l’Hôtel de Cabre (1954) à la fontaine Fossati (1825) en passant par l’obélisque de Mazargues (1911), les monuments historiques ont la bougeotte à Marseille. Pourtant l’ancienne ligne historique du tramway au siècle dernier contournait ce magnifique ouvrage sculpté inauguré en 1890 et qui a été inscrit en totalité au titre des monuments historiques en mars 2025.

    La fontaine s’apparente à une « table d’orfèvrerie » tant l’élégance de sa vasque et de ses groupes sculptés de plusieurs dizaines de tonne en pierre blanche de Lens et de son bassin en granit rose d’Écosse est affirmée. L’ouvrage néo-baroque a été réalisé par les meilleurs artistes marseillais de la Troisième République : l’architecte Joseph Letz et Gaudensi Allar pour les dessins et le sculpteur André Allar, Grand Prix de Rome en 1869, rappelle l’historien de l’art Laurent Noet dans le guide Fontaines de Marseille.

    Pour libérer la courbe et la contre-courbe des voies ferrées reliant le boulevard Paul Peytral au cours Pierre Puget, les bureaux d’études tablent sur un déplacement de 7,57 mètres de l’ensemble monumental pour le rapprocher de la Banque de France et de l’entrée du métro. L’opération est délicate sinon périlleuse. Une maîtrise d’œuvre est prévue sur 5 ans pour concevoir de A à Z cette délicate opération. Le choix de l’architecte en chef des monuments historiques pour la piloter sera déterminant.

    Le projet prévoit aussi l’abattage de la couronne d’arbres autour de la fontaine qui sera restituée par la suite. Le démontage minutieux durant 8 semaines du monument et de sa dalle de fondation aurait lieu en 2027. Il faudra décider si la restauration sur 16 mois qui inclut le système de fontainerie intégrée se fera in situ ou en atelier. Le repositionnement et le remontage pièce par pièce de la fontaine se feraient en 2028 sur une durée de 12 semaines.

    Un diagnostic patrimonial de la Ville de Marseille est attendu d’ici mars. Car c’est à sa ville natale que le négociant Henri Estrangin avait offert la fontaine. La future maîtrise d’ouvrage devra réaliser une étude de faisabilité et d’ingénierie structurelle pour élaborer la méthodologie du déplacement, sa conformité au protocole patrimonial fixé par la Conservation régionale des Monuments historiques qui délivrera l’autorisation de travaux. L’ardoise promet déjà d’être salée. L’enveloppe prévisionnelle des travaux table sur 672 000 euros TTC.

    Le projet inquiète l’association nationale Sites & Monuments pour qui « c’est une opération à haut risque patrimonial » et pour « un projet qui ne met pas en valeur la mémoire et la lecture historique des espaces urbains de Marseille ». Sa déléguée Sandrine Rolengo considère que « l’implantation du futur tramway sur cette place risque d’en altérer profondément la vocation paysagère, en substituant à un espace ouvert, lisible et patrimonial un aménagement principalement fonctionnel. Une telle transformation porterait atteinte à la qualité du cadre de vie ainsi qu’à la cohérence historique et esthétique du site ».

    « C’est une opération
    à haut risque patrimonial »

  • Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    Christelle Thieffinne (CFE-CGC) en tournée électorale à Marseille

    La guerre de succession de François Hommeril, actuel président de la CFE-CGC, passe par Marseille. Alors qu’il doit passer le flambeau après plusieurs mandats lors du congrès de juin prochain, Christelle Thieffine, candidate annoncée, est « venue prendre le pouls » des sections syndicales locales pendant deux jours. La salariée de Thalès, issue de la fédération de la métallurgie et secrétaire nationale à la protection sociale va faire face à Frédéric Guyonnet, banquier et président du Syndicat national de la banque (SNB) lors du scrutin. Elle a donc un programme chargé pour cette tournée électorale, entre visite du Centre de formation d’apprentis industriel (CFAI), rencontre avec les marins de Corsica Linea ou encore passage à la CMA-CGM. « Ce qui m’importe, c’est comment on arrive à défendre un modèle social face à un dumping. Je viens découvrir comment les équipes font face aux enjeux de décarbonation, sur l’étang de Berre et Fos », entame-t-elle, entourée de Pierre Maupoint de Vandeul, président de la CFE-CGC transport et logistique et officier de Corsica Linea et de Jérôme Yvernault pour la métallurgie. Elle défend notamment « la décarbonation et la transition écologique » mais à condition que ça ne se fasse « pas au détriment de la compétitivité des entreprises ».

    Rappelons que François Hommeril s’était attaché à casser l’image d’un syndicat réformiste pas vraiment contestataire attribué à la CFE-CGC, avec de nombreuses sorties de haute volée à l’encontre du gouvernement lors de la lutte contre la réforme des retraites (lire notre article du 07/10/2022). Le tout, en restant conciliant avec le patronat dans les négociations sur le terrain et dans les entreprises. Christelle Thieffine entend s’inscrire dans ses pas évoquant une « continuité ». Elle met en avant le « volet responsable de nos revendications » tout en taclant « certains observateurs du monde économique qui ne veulent pas du bien aux organisations syndicales ». « On a une voix atypique. On est la seule organisation représentative qui progresse d’élection en élection », développe-t-elle. En effet, le syndicat talonne Force ouvrière pour la troisième place en matière de représentativité au niveau national. Et se targue d’être la première organisation dans certains mastodontes dont EDF, Stellantis, chez les personnels sédentaires des entreprises de navigation ou encore au siège marseillais de la CMA-CGM.

    Le cas d’Alliance

    et l’extrême droite

    Reste le sujet épineux du très droitier syndicat de policiers Alliance, affilié à la CFE-CGC, à l’origine de manifestations fin janvier à laquelle ont participé de nombreux représentants de l’extrême droite, dont Marion Maréchal Le Pen ou encore Sarah Knafo. L’adversaire de Christelle Thieffine, Frédéric Guyonnet, était d’ailleurs au second rang à la manifestation parisienne. « On est un syndicat apolitique, on ne fait pas de politique politicienne. Tant que je serai là, on tiendra cette position », martèle Christelle Thieffine. Une référence à une lettre de François Hommeril critiquant la présence des dits élus. « Il y a eu de la réactivité des autres organisations, ce moment n’a pas été simple à gérer », reconnaît Pierre Maupoint de Vandeul.