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  • À Avignon, la droite donnée en tête dans un scrutin très ouvert

    À Avignon, la droite donnée en tête dans un scrutin très ouvert

    À trois semaines du 1er tour, le scrutin s’annonce d’une rare incertitude à Avignon où Cécile Helle, la maire (PS) sortante, ne se représente pas. Et ce n’est pas le dernier sondage Ifop réalisé du 12 au 19 février, pour La Provence, L’Écho du Mardi et Ici Vaucluse qui va permettre d’y voir plus clair.

    Olivier Galzi, l’ancien journaliste, soutenu par l’UDI et Horizons, arrive en tête des intentions de vote avec 27% au 1er tour.

    David Fournier, le candidat socialiste de la gauche unie, placé deuxième, a vite haussé le ton après sa parution. Il pointe un sondage qui « interroge », « étonne » et « indigne ». Des « faits avérés » lui seraient remontés indiquant que le sondage est « au moins douteux, au pire tronqué », poursuit-il, expliquant que « plusieurs personnes proches » de sa liste, « Ensemble et solidaires », n’ont été sondées que « sur une seule option au second tour ».

    Un sondage « truqué » ?

    Affirmant en avoir informé des confrères des médias concernés, le candidat PS assure que les personnes partiellement sondées n’ont pas été recontactées par l’institut de sondage.

    « Comment alors ne pas considérer ce sondage comme truqué ? », interroge David Fournier, indiquant avoir demandé à son directeur de campagne de « contacter la commission nationale des sondages » pour qu’elle enquête, avant de mettre en garde : « Nous ne nous laisserons ni manipuler, ni voler cette élection. »

    Donné devant par le sondage, Olivier Galzi, lui, ne fait pas la fine bouche. « Notre liste est la seule capable de résister aux extrêmes et à leurs potentiels alliés. Ce résultat fait naître un véritable espoir pour un changement significatif dans notre belle ville d’Avignon », a réagi ce dernier, mettant en avant le « travail de terrain » effectué « depuis plusieurs mois ». Le candidat divers droite, qui se définit sans étiquette, dans un paysage politique resserré à cinq listes après une série de retraits et de ralliements, devancerait donc au 1er tour le socialiste David Fournier (24%). Soutenu par les Écologistes, l’Après, Place publique et Génération écologie, celui-ci progresse toutefois de plus de six points par rapport à un sondage de décembre.

    La candidate d’extrême droite, Anne-Sophie Rigault (RN), complète le podium (23%), suivie de l’insoumise Mathilde Louvain (LFI) donnée à 16%, et Stéphan Fiori (10%), candidat sans étiquette, juste au-dessus du seuil de maintien. Si cette enquête réalisée avant la mort du militant identitaire à Lyon, qui a rejailli sur le député LFI du Vaucluse, Raphaël Arnault, marque aussi une progression d’Olivier Galzi (21% en décembre), elle met surtout en lumière la volatilité du scrutin au 2nd tour. Trois configurations ont été testées. Dans un scénario de quinquangulaire, où toutes les listes se maintiendraient, Galzi l’emporterait (29%), devant Fournier (24%), Rigault (18%), Fiori (15%) et Louvain (14%). Des résultats qui surprennent même Stéphan Fiori, étonné de sa progression (+5%) d’un tour à l’autre… En quadrangulaire, le résultat est le même : le candidat de droite reste en tête avec 32%.

    La droite ne serait battue que dans un cas : une triangulaire, testée sur une alliance de la liste de la gauche unie et de LFI ou un retrait de celle-ci. David Fournier atteint alors 39%, devançant Galzi (35%) et Rigault (26%). Fâché, le candidat PS, qui n’a « jamais refusé un seul débat », estime que sa participation à celui de La Provence, le 4 mars, est désormais remise en cause : « Cela fait deux fois que leurs sondages sont sujets à réflexion. »

  • À Montpellier, la proposition phare d’une agence municipale pour le logement

    À Montpellier, la proposition phare d’une agence municipale pour le logement

    « Le logement, c’est la dignité. Avoir un toit, c’est pouvoir élever ses enfants », estime l’actuel maire socialiste de Montpellier et candidat à sa réélection, Michaël Delafosse. « Partout en Europe, il y a une crise du logement ». Et Montpellier, où de nombreux ménages victimes de la flambée des loyers peinent à se loger, n’y échappe pas. De cette question « souvent esquivée dans les débats publics », Michaël Delafosse et son équipe ont décidé de faire « une priorité absolue » d’un éventuel prochain mandat, dans la continuité de la politique volontariste engagée depuis 2020.

    La proposition phare du programme consiste en la création d’une agence municipale du logement. Situé au sein de l’espace Ambroise Croizat, récemment inauguré dans le quartier des Arceaux, ce dispositif prendra la forme d’un guichet unique pour accompagner dans leurs démarches à la fois les locataires et les propriétaires. « Sur toutes ces problématiques liées au logement – lutte contre l’habitat indigne, aides financières, rénovation énergétique, accès au logement social, dispositifs solidaires… – les gens ont du mal à savoir vers qui se tourner. Ce lieu, où chacun pourra être orienté vers le bon interlocuteur, a vocation à créer de la visibilité », explique Clara Gimenez (PCF), conseillère municipale déléguée à la vie étudiante et vice-présidente de la Métropole Montpellier Méditerranée déléguée à la politique de la Ville. « C’est un endroit où toutes les compétences concernant le logement seront réunies », résume l’ancienne députée LFI Muriel Ressiguier.

    Loyers modérés d’un côté, garantie de paiement de l’autre

    Le dispositif s’adresse autant aux locataires qu’aux propriétaires, qu’il propose de sécuriser dans la mise en location de leur bien. « Souvent les propriétaires ont peur des impayés de loyers. Nous leur proposons donc, via cette agence, de devenir assureur, afin de créer de la confiance », explique le maire – candidat. « Les propriétaires loueront leur bien à loyer modéré tout en étant garantis du paiement ». L’agence municipale pour le logement proposera également un accompagnement de la rénovation énergétique des logements privés classés E ou F. « C’est un dispositif qui prend en compte l’ensemble de la population : les plus précaires, les classes moyennes et aussi les propriétaires », insiste Muriel Ressiguier.

    Parmi les autres mesures novatrices en matière de logement, un dispositif de prêt à taux zéro pouvant aller jusqu’à 10 000 euros, baptisé “pass accession montpelliérain”, permettra d’aider les jeunes ménages à constituer un apport en vue de l’acquisition d’un premier logement. La commune pourra également prendre en charge, sous conditions de ressources, les frais de notaire pour les 18-30 ans. « Cette mesure s’inscrit dans notre objectif global de permettre à au moins 10 000 Montpelliérains d’accéder à la propriété, en réduisant concrètement le coût d’entrée dans le parcours résidentiel. »

    Pour ce faire, l’équipe de Michaël Delafosse mise sur la construction de 4 000 logements neufs en bail réel solidaire (BRS), dispositif qui permet aux bénéficiaires d’être propriétaires de leur logement sans être propriétaires du terrain (ce qui revient 30% moins cher). « Notre but c’est d’aider une partie des gens qui sont locataires dans le parc social à accéder à la propriété, et permettre ainsi à d’autres d’entrer dans le parc social », détaille le candidat. Outre l’engagement de respecter les 25% de logements sociaux imposés par la loi SRU, le maire sortant prévoit notamment de construire 1 000 logements sociaux étudiants en partenariat avec le Crous et les bailleurs sociaux ainsi que 500 logements à destination des personnes âgées, répartis dans 4 « résidences sociales seniors  ».

    L’équipe de Michaël Delafosse prévoit par ailleurs de poursuivre la dynamique enclenchée lors de ce premier mandat en matière de lutte contre l’habitat indigne : « nous allons continuer notre lutte contre les marchands de sommeil, étendre le permis de louer, poursuivre la résorption des bidonvilles, travailler sur les bâtiments vacants pour soutenir les dispositifs d’habitat intercalaire qui nous ont notamment permis de résorber des squats et créer 7 nouvelles pensions de familles pour sortir les personnes de la rue, ce qui portera leur nombre à 14. »

  • Occitanie : deux femmes et un avenir à la Grand’Combe

    Occitanie : deux femmes et un avenir à la Grand’Combe

    Dans la cité communiste, l’église est au centre du village. L’édifice construit par la compagnie des mines, en plein pays camisard, reste l’église catholique la plus vaste du département, dont la voûte de la nef est plus haute que celle de Notre Dame de Paris… Aujourd’hui, elle trône fièrement entre les établissements scolaires, comme un lien entre le passé et le présent. Car l’ancienne cité minière n’a rien perdu de son histoire. À l’entrée de la ville, la « Maison du mineur » et le puits Ricard, classé monument historique, font vivre la mémoire de ces mineurs de fond qui ont contribué à l’essor de la France industrielle.

    Dans la commune, tous les anciens se souviennent de ce passé glorieux et regrettent la désindustrialisation, plongeant le territoire dans la précarité. Cette histoire, parfois fantasmée comme si elle ne s’était jamais accompagnée ni de tragédies (un incendie avait par exemple fait deux morts au puits Ricard en 1938) ni de dureté sociale, se confond aujourd’hui avec une certaine nostalgie chez les plus anciens. Bien sûr, la commune est passée de 14 600 habitants en 1954 à 4 700 aujourd’hui et avec cette chute s’est installée une certaine précarité. Mais La Grand-Combe garde de nombreux atouts.

    « On donne une mauvaise image de La Grand’ Combe, surtout quand il y a un drame. On dit que c’est une ville pauvre. Mais ça, ce sont les gens qui voient le négatif partout parce qu’ici, c’est tranquille, les gens sont sympas. Il y a des animations, beaucoup d’associations, le marché deux fois par semaine et le collège et le lycée. Beaucoup d’anciens regardent la Grand-Combe avec regret, mais ceux qui arrivent sont très heureux  », précise Aude, originaire de Belgique, qui tient une boulangerie dans le centre-ville.

    Près de 70 associations

    Dans la cité gardoise située à quinze minutes d’Alès, le nombre d’associations tutoie en effet les 70. « Ici, on est intégré dans la vie de la ville, en contact avec beaucoup de monde puisqu’on touche des personnes de 3 à 70 ans. On participe à toutes les actions locales comme Charbon Ardent et le carnaval. On essaie de s’intégrer à toutes les festivités », précise Amy-Charlotte, directrice artistique de l’association Soleil dansant, qui compte plus d’une centaine d’adhérents sur la commune.

    L’intégration des jeunes à La Grand’ Combe est un réel enjeu puisque pas moins de 1 264 élèves sont scolarisés dans les quatre écoles et le collège public ainsi que dans l’école, le collège et le lycée privés qui s’y trouvent. Et signe que la jeunesse est au centre des politiques publiques : la commune vient d’inaugurer un city-stade qui avait été soutenu par le conseil municipal des jeunes.

    Une seule liste en mars ?

    Dans ce contexte, les élus sortants partent favoris pour renouveler leur mandat, d’autant que la droite n’a réussi à ravir la cité cévenole qu’une seule fois depuis 1945. Si la maire Laurence Baldit (PCF) a choisi de ne pas se représenter, un duo de femmes a rapidement émergé pour prendre la relève. L’adjointe communiste en charge des finances Pascale Eugène et l’adjointe socialiste en charge de l’éducation Karine Montenez se sont entendues début juillet pour porter un nouveau projet. Elles ont fédéré derrière elles une liste qui s’appuie sur d’anciens élus, mais aussi pour moitié sur une nouvelle génération.

    En face, les opposants peinent à monter une liste. Il se murmurait que le député (UDR) Alexandre Allegret-Pilot tentait de construire une liste mais l’extrême droite reste atone à la Grand-Combe et ne semble pas en mesure de présenter un candidat. Seul Didier Merand, élu en 2020, a annoncé mi-février sa candidature dans la presse. Mais, à moins d’un mois du 1er tour, l’élu d’opposition n’a présenté ni colistier, ni programme et n’a pas commencé à faire campagne. Si bien que beaucoup s’interrogent sur sa réelle capacité à monter une liste.

  • Ces Provençaux racontent leurs Jeux olympiques d’hiver

    Ces Provençaux racontent leurs Jeux olympiques d’hiver

    Camille Cerutti (27 ans), ski alpin, Marseille

    « Je l’ai vécu une fois dans ma vie »

    Camille Cerutti a réalisé l’un des meilleurs résultats provençaux de ces Jeux. La skieuse de Marseille, licenciée à Risoul (Hautes-Alpes), a pris la 8e place du super-G olympique, à Cortina d’Ampezzo. À une demi-seconde du podium, elle a vu sa coéquipière Romane Miradoli s’emparer de la médaille d’argent. « Cette 8e place, elle concrétise beaucoup de choses, mais c’est surtout que ça confirme un peu aussi tout ce que j’ai vécu depuis le début de la saison. Ça me fait un deuxième top 10. »

    La cérémonie d’ouverture a été un moment fort pour la skieuse de 27 ans. Une première pour elle, après des JO de Pékin passés sous masques et tests Covid. « On ne pouvait pas être présent sur Milan et j’avais un peu peur au fond de moi que ça ne me fasse pas le même effet qu’une vraie cérémonie d’ouverture. En étant dedans, c’était tout comme et j’avais ma famille sur le bord. C’était sympa de me dire que mes grands-parents ont pu voir ça à la télé et je l’ai vécu une fois dans ma vie, donc c’était vraiment sympa. » Juste après la fin de ses Jeux, Cerutti a sauté dans un avion direction Andorre pour deux jours d’entraînements. Des courses doivent se disputer dans la Principauté cette semaine. « J’ai trois courses ce week-end et trois autres le week-end d’après, donc ce sera deux semaines assez chargées », décrit-elle. Pour boucler correctement ce qui est déjà la meilleure saison de sa carrière.

    Marie Duaux (21 ans), ski de bosses, La Seyne-sur-Mer

    « J’ai tellement hâte de voir ces Jeux en France »

    Les JO étaient une grande découverte pour Marie Duaux. La spécialiste du ski de bosses, née à La Seyne-sur-Mer en 2004, vivait sa première expérience olympique sur la piste de Livigno. « Super contente et soulagée » à l’annonce de sa sélection, elle a vécu sans réserve son aventure. À commencer par une cérémonie d’ouverture en petit comité. « C’était bien parce qu’on était avec tout le groupe français, mais en soi, ce n’était pas non plus oufissime, parce qu’on n’a pas non plus vu tout le show en amont, comme on était à Livigno. Le highlight de ma soirée, à ce moment-là, c’était juste, entre guillemets, défiler, et c’était 20 mètres dans la neige. »

    D’abord déçue de son épreuve individuelle, la skieuse de Megève (Haute-Savoie) s’est rassurée sur celle en duel. Une bonne prestation et beaucoup d’expérience prise lors de sa compétition. « Je suis encore jeune et j’ai tellement hâte de voir ces Jeux en France. Déjà à Livigno c’était très bien, je me dis qu’en France avec toute l’équipe, les amis, les supporters, ça va être encore mieux. » Marie Duaux a également pu expérimenter les Jeux en tant que spectatrice, « pour voir [s]on amie Kim Dumont Zanella en big air », mais aussi suivre les compétitions hommes de ski de bosses et le snowbardcross. Désormais, pour elle, place à la fin de la Coupe d’Europe puis la dernière étape de la Coupe du monde qui aura lieu en Azerbaïdjan. Avant de penser plus fort à 2030.

    Enzo Cantagallo (27 ans), hockey sur glace, Marseille

    « Un peu comme des enfants »

    Si l’équipe de France de hockey sur glace n’a pas brillé lors du tournoi olympique, le Spartiate Enzo Cantagallo a pu découvrir le plus haut niveau mondial. La glace étant basée à Milan, les hockeyeurs ont assisté à la cérémonie d’ouverture, dans l’antre de San Siro. Pour leur plus grand bonheur. « C’était vraiment impressionnant, tout le monde était excité par l’événement dans un stade mythique comme celui-ci. On a pu voir la deuxième partie du spectacle de l’intérieur, après avoir fait le défilé des athlètes, donc c’était génial », rapporte-t-il.

    Finalement, les Bleus ont pu vivre l’expérience olympique pleinement, puisqu’ils faisaient partie des premiers à débarquer en Lombardie. « On était un peu comme des enfants au début. On est arrivés 10 jours avant le début de la compétition donc on a eu le temps de s’acclimater, découvrir un peu les différents endroits du village et vraiment profiter au maximum. » Sans victoire lors du tournoi, la France a beaucoup appris de leurs adversaires. Avec des matches d’une intensité hors normes pour le groupe français. Enzo Cantagallo raconte : « Toutes les équipes contre lesquelles on a joué avaient des stars NHL [la ligue nord-américaine de hockey, Ndlr]. Ce n’est pas quelque chose qu’on a l’habitude de faire tous les jours, donc c’était vraiment une super expérience. » Et le Marseillais est déjà de retour avec les Spartiates, pour le sprint final de la saison.

  • Marseille, validée comme le « Clairefontaine » de la voile

    Marseille, validée comme le « Clairefontaine » de la voile

    Malgré un vent capricieux, les dix titres de champion de France ont pu être décernés.

    « C’est vrai que nous n’avons pas été aidés par la météo. Mais nous avons eu suffisamment de créneaux de courses pour valider les championnats et sacrer de très beaux champions », confie Franck Citeau. Pour le manager de la performance à la FFV, « avoir en un même lieu l’ensemble du haut niveau français et ceux qui arrivent derrière, c’était parfait pour une revue d’effectif ».

    Il a surtout apprécié les conditions d’accueil et de course, dans une marina Florence-Arthaud « qui est plus qu’un héritage des Jeux. C’est comme si nous avions gagné le gros lot au loto. Nous avons enfin le « Clairefontaine » de la voile ! » Et le dirigeant fédéral de le souligner. « Marseille va nous revoir très souvent. Et je pense que si nous avons des médailles en 2028, c’est ici que leur quête aura débuté. »

    Relève marseillaise

    Sur le plan sportif, les médaillés de Paris 2024 ont été au rendez-vous. De même que ceux qui sont les locomotives de la voile française. « Cette semaine nous a permis de très bien travailler et la cellule performance de la Fédération a pu faire un état des lieux de la forme de chacun », note Franck Citeau.

    Si les cadres sont toujours au top, la relève, notamment marseillaise, pointe son nez. « Ambre Papazian est en train de confirmer son énorme potentiel. Il faut maintenant la voir au niveau international à la semaine olympique de Palma, après sa nouvelle préparation qui lui a apporté une réelle plus-value », indique-t-il à propos de la véliplanchiste. Tout comme il a remarqué les nets progrès de Tom Arnoux, 2e en planche.

    Palmarès : hn.ffvoile.fr

  • Place au travail pour la bande à Habib Beye

    Place au travail pour la bande à Habib Beye

    Au boulot ! Un mot a été mis plus haut que les autres par Habib Beye durant sa première conférence de presse d’après-match : le travail. Le nouveau technicien de l’OM avait annoncé lors de son arrivée qu’il ne bouleverserait pas totalement les principes de jeu du staff en place avant Brest. C’est ce qu’il s’est passé, avec un dispositif et des idées peu éloignés de ce qui se fait dans les Bouches-du-Rhône depuis le début de la saison. Mais après cette défaite nette au stade Francis Le Blé (2-0), les Olympiens vont avoir toute une semaine pour travailler. Habib Beye a appuyé là-dessus et s’est montré impatient d’apporter sa patte au jeu de son équipe. « Je pense qu’il y a une petite perte de confiance et elle est logique au vu de la dynamique négative du moment, mais, je l’ai dit aux joueurs, il faut qu’on reste positif, qu’on se réfugie dans le travail. »

    Se réfugier dans le travail, le groupe phocéen va pouvoir le faire pleinement dès ce lundi. Nous savions depuis la semaine dernière que l’OM allait partir en stage à Marbella (Espagne), sans connaître les dates exactes de ce voyage. De ce lundi à vendredi, les joueurs et le staff partiront finalement en Andalousie pour (re)construire une cohésion. « On trouvera les ressources pour rester ensemble pendant ce stage, pour travailler, pour faire en sorte d’aborder ce match qui arrive au Vélodrome, qui sera un très gros match face à l’OL. Je pense que ça doit déjà être une motivation supplémentaire dans notre travail. »

    Plusieurs axes à travailler en Espagne

    Travailler loin du brasier que peuvent être la Commanderie et la ville de Marseille lorsque la dynamique est mauvaise, un premier point positif pour Habib Beye. L’un des messages délivrés par le nouvel entraîneur est également de rester digne. Garder la tête haute et rester positif, même lorsque le scénario tourne mal. Pierre-Emile Hojbjerg et Benjamin Pavard n’ont pas hésité à appuyer ces propos. « Moins parler et assumer », c’est ce qui ressortait de leurs interviews après la partie, au micro de Ligue 1+. Justement, après le coup de sifflet final, à Brest, les têtes étaient plutôt basses. Le passage devant le parcage visiteurs fut très bref, malgré le soutien infaillible des ultras durant toute la rencontre. Deux minutes plus tard, les Marseillais regagnaient les vestiaires en fixant le bout de leurs crampons. Le moral était tout en bas des chaussettes.

    Habib Beye a également amené sur la table les axes de travail pour cette fameuse semaine à venir. L’ex-défenseur phocéen a justifié ce choix. « Quand on regarde le match de Strasbourg, sur les dix joueurs qui avaient le plus couru, on en avait huit de Strasbourg. On sait qu’en Ligue 1, il faut aussi montrer de l’intensité technique et de l’intensité dans la circulation de notre ballon. Donc, c’est ce qu’on va s’attacher à faire sur cette semaine de travail. » Retrouver le moral, retrouver de l’application et se remettre la tête à l’endroit avant d’accueillir Lyon au Vélodrome. L’OM à 5 jours pour y parvenir.

    Pauline Gamerre, viendra ou viendra pas ?

    La relation entre l’OM et Pablo Longoria semble bien sur la fin. Frank McCourt est en train de chercher un nouveau président pour son club… et cela pourrait être une présidente. Quelques heures après le match à Brest, nos confrères de l’Équipe ont rapporté que Pauline Gamerre serait l’une des candidates. Marseillaise de naissance et supportrice de l’OM, elle officie actuellement au Red Star, en tant que directrice générale du club de Saint-Ouen.

    Frank McCourt a immédiatement démenti ses informations, après que son entourage a été contacté par La Provence. L’incertitude est donc toujours aussi forte autour de ce poste, mais Pablo Longoria vit bien ses derniers jours à Marseille.

  • [Entretien] Macha Makeïeff : « Le théâtre persiste dans les consciences, dans la rêverie »

    [Entretien] Macha Makeïeff : « Le théâtre persiste dans les consciences, dans la rêverie »

    Macha Makeïeff est metteuse en scène, autrice, cinéaste. Femme de théâtre, elle a notamment dirigé pendant 11 ans le théâtre de la Criée à Marseille, sa ville de naissance. Dans cette exposition, elle propose de mettre à l’honneur des reliques de pièces de théâtre, d’opéras, de ballets.

    La Marseillaise : Vous créez une exposition, « Inventaire onirique ». Pouvez-vous nous parler du projet ?

    Macha Makeïeff : L’exposition est une mise en scène. Je ne vais pas mettre des œuvres comme dans une galerie. C’est vraiment un spectacle immobile que je propose. C’est à la fois excitant et un vrai tourment, parce que c’est un lieu très grand et il faut quand même que le récit se développe. Et ce récit sera plutôt un cadavre exquis qu’une histoire, car on va de lieu en lieu, avec trois séquences. On n’est pas assujettis à aller à un endroit, au contraire, chacun a sa trajectoire, a un point de vue différent. Ça me plaît beaucoup l’idée que personne ne voit la même chose en même temps.

    Pourquoi avoir voulu exposer des décors, des peintures de théâtre ?

    M.M. : Je fais du théâtre depuis si longtemps que je voulais l’évoquer par sa part plastique, mais aussi par ce qui me hante, c’est-à-dire « que deviennent les spectacles une fois qu’ils sont défaits ? ». Quand les pièces sont finies, il y a quelque chose qui vous serre le cœur : ces caisses dans lesquelles on emporte tout, le plateau vide. J’ai voulu ressortir ça et aller chercher des choses qui ne sont jamais plus revues. Je garde toujours les choses un peu comme des reliques. Donc quand on me propose le Palais des Papes, pour mettre ces choses, pour les célébrer, je trouve ça magnifique. Les faire venir, les revoir alors que tout ça était invisible, c’est quelque chose de fou. Ça ne sera pas « Ma vie mes œuvres », je ne vais pas raconter ma carrière. Je veux vraiment honorer ces objets.

    Pourquoi traiter ce sujet par les thèmes de l’onirique, de la fantaisie ?

    M.M. : D’abord, quand on parle de la perte, ici d’un spectacle, l’humour n’est jamais loin, parce que sinon c’est désespérant. Au théâtre, il y a quelque chose de l’ordre de la rédemption par le rire, le sourire et la fantaisie. Sinon c’est invivable. Dans ce monde sens dessus dessous, délité, où nos valeurs sont complètement inversées, je pense que c’est important de célébrer ce qui est fragile, dire que le théâtre malgré tout persiste dans les consciences, dans la rêverie, même quand il est mis en pièces.

    Vous êtes née à Marseille et avez été directrice de la Criée pendant 11 ans. Quel est votre lien à la région et comment se lit-il dans cette exposition ?

    M.M. : Pour les œuvres, je suis restée beaucoup dans le Sud, je ne suis pas allée chercher les grandes collections parisiennes. Je suis allée au Museon Arlaten, à Arles, au Cirva à Marseille. Je suis allée fouiller dans les stocks de l’opéra d’Avignon, de la maison Jean Vilar. Ce sont des artistes et des collections qui me sont familiers, que j’aime beaucoup. J’aime bien réaliser ça dans une proximité, ça me touche. Il y a un attachement à ce territoire, cette Provence. Il y a une familiarité. Je sais aussi qu’il y a des trésors. Je suis née à Marseille, mais en plus, pendant 11 ans, quotidiennement, j’ai dirigé la Criée où il y avait tout le temps des expositions. J’aimais bien cette idée de circulaire, qui n’aille pas chercher très loin.

  • Vaucluse : un mois pour donner son avis sur l’arrivée de parcs solaires

    Vaucluse : un mois pour donner son avis sur l’arrivée de parcs solaires

    Alors que la compagnie nationale du Rhône a en projet d’installer plus de 900m linéaires de panneaux photovoltaïques sur la via Rhona à Caderousse, l’installation de parcs solaires fait actuellement l’objet d’un document cadre. En lien avec la Chambre d’agriculture, l’État élabore cette feuille de route, qui entre dans sa phase de consultation publique *. Jusqu’au 20 mars, la population est amenée à s’exprimer sur ce document qui liste plusieurs emplacements compatibles ou non avec l’installation de cette énergie renouvelable.

    Le document soumis à étude table sur 418 parcelles pour un espace total de 484 hectares. Avec moins de 5% de production totale d’énergie, le photovoltaïque reste encore marginal en France mais progresse. Ainsi, au 3e trimestre 2025, la puissance raccordée était de 26 315MW contre 13 000MW début 2022. La consultation s’inscrit dans le cadre de « la loi de mars 2023 relative à l’accélération de la production des énergies renouvelables, qui vise à rattraper le retard de la France en matière d’énergies renouvelables, au regard de l’urgence climatique, énergétique et géopolitique, tout en préservant la souveraineté alimentaire », indique la préfecture.

    Développer les panneaux au-dessus des exploitations

    C’est en ce sens que le projet a été élaboré avec la Chambre d’agriculture, chargée de « rédiger une proposition au préfet identifiant toutes les zones pouvant accueillir des installations photovoltaïques au sol compatibles avec l’exercice d’une activité agricole sur les terrains naturel, agricole ou forestier ». Ainsi, la Chambre vauclusienne rappelle plusieurs priorités : « La souveraineté alimentaire doit primer sur la souveraineté énergétique et le déploiement des énergies renouvelables doit être raisonné et encadré et ne doit pas porter atteinte à la vocation agricole des terres. »

    L’accent est aussi mis sur l’agrivoltaïsme, où « il est nécessaire de prioriser les projets sur les terrains agricoles, naturels ou forestiers », souligne la Chambre d’agriculture. Sur la carte jointe au document, les parcelles se situent majoritairement en bord de Rhône ou non loin de zones industrielles. « Une fois ce document-cadre arrêté, aucun projet photovoltaïque sur terrain naturel, agricole, ou forestier ne pourra se faire sur les terrains exclus de celui-ci à l’exception des projets agrivoltaïques », fait valoir la préfecture, précisant qu’à « l’issue de cette consultation, le document sera modifié au besoin ». Il entrera ensuite en vigueur par arrêté préfectoral.

  • Le court-métrage d’un ex-élève de la Satis aux César

    Le court-métrage d’un ex-élève de la Satis aux César

    Arnaud Delmarle, 28 ans, a appris que son court-métrage de fiction était nominé aux César, prestigieuse récompense du cinéma français… sous sa douche. Sa sœur le lui a annoncé. « Ma réaction a été la joie et du coup, cela a été plutôt une douche chaude qu’une douche froide », s’amuse-t-il. « Quand on a inscrit notre film en juillet, on ne pensait même pas passer le cap d’être montré au jury… », raconte-t-il. Mais si. Big Boys don’t cry a fait partie des 200 films éligibles aux César, puis de la quarantaine sélectionnés, et maintenant il est dans un dernier carré de 4 courts-métrages de fiction. « Pour moi, être nominé, c’est la meilleure des récompenses. Cela signifie que les 4 000 à 5 000 votants du jury ont vu et voté pour le film. C’est une validation du milieu du cinéma. Après, s’il doit y avoir une récompense, ce sera évidemment la cerise sur le gâteau. Mais le plus important pour moi, c’est que le film rencontre son public et le touche », assure le jeune réalisateur.

    Un directeur très fier

    Avec Léa Oury, co-scénariste du film, de la même promo- 2020- qu’Arnaud à la Satis (Sciences, arts et techniques de l’image et du son), le jeune homme s’est emparé d’un thème pas si facile à traiter. « Big Boys don’t cry parle de vulnérabilité masculine et de difficulté à exprimer ses émotions en tant qu’homme. » Arnaud Delmarle a choisi Saint-Chamas pour tourner avec son équipe d’anciens élèves de la Satis. « Je voulais vraiment choisir un village dans l’été pour que justement le groupe soit vraiment enfermé, encore plus que si c’était à Marseille, à l’image des idées préconçues du groupe sur la virilité », explique le réalisateur. Admis sur concours à la Satis, école publique de cinéma dans le giron de l’université Aix-Marseille, Arnaud Delmarle en fait beaucoup d’éloges. « Il existe quand même très peu de telles écoles en France. Beaucoup sont privées et hors de prix et continuent à faire perdurer cette pensée que le cinéma serait quelque chose d’élitiste. »

    Ce qui n’est pas le cas avec la Satis. « Pour intégrer cette école il faut passer un concours sélectif mais une fois qu’on est rentré, on rencontre des gens passionnés aussi par la même chose », évoque le réalisateur. Dotée de l’un des plateaux techniques les plus complets parmi les écoles de cinéma en France, la Satis a formé près de 1 700 étudiants depuis son implantation à Aubagne en 1988. Rémi Adjiman, le directeur de la Satis, s’est dit « profondément fier d’Arnaud et de tous les anciens élèves qui ont donné naissance au magnifique Big Boys don’t cry, mais également pour porter l’école de la Satis d’Aix-Marseille université jusqu’aux César. »

  • Le génocide des Tsiganes aura sa stèle à Saint-Pierre

    Le génocide des Tsiganes aura sa stèle à Saint-Pierre

    Considérés comme « racialement inférieurs », 500 000 Tsiganes ont été assassinés sous le IIIe Reich. Berlin a son mémorial depuis 2012. La Hongrie depuis 2014. En France, en dehors de quelques plaques sur certains camps, seul un monument, œuvre du sculpteur Serge Carvalho installée en 2016 à Saint-Sixte dans le Lot-et-Garonne, commémore ces victimes de la barbarie nazie. Mais « il n’existe aucune stèle spécifiquement dédiée au génocide », déplore Sacha Zanko, délégué national au Forum européen des Roms et des Gens du voyage.

    Samudaripen ou Porajmos, en langue rom. Resté dans les oubliettes de l’Histoire durant 80 ans, le fait historique est désormais établi : il y a eu un génocide perpétré par les nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. « Rom, Gitan, Manouche, Sinti, Yéniche, Bohémien, Gens du voyage, quel que soit son nom », c’est tout un peuple qui a été ciblé qualifié de « nomade, vagabond, asocial », rappelle Sacha Zanko. « Il y a 15 ans, le 2 février 2011, précisément, le Parlement européen officialisait enfin cette reconnaissance », complète Michel Ficetola, président de Massaliote Culture. Mais pour les deux associatifs, il manque une pierre à l’édifice.

    Une histoire marseillaise

    De 1933 à 1936, des Roms sont internés dans les camps de concentration de Dachau et Buchenwald pour « insociabilité ». Au total, ils seront 500 000 à être exterminés, « dont 150 000 à 200 000 enfants », souligne Michel Ficetola. « Plus que n’importe quel autre peuple, ils ont dû servir de cobayes pour les expérimentations scientifiques », témoigne, dans Les Cahiers du Rhône de 1946, la résistante Germaine Tillion. Déportée au camp de Ravensbrück, elle évoque sa « pitié profonde » pour les femmes : « À Ravensbrück, les stérilisations furent pratiquées sur les Tsiganes, y compris sur les petites filles. » Et on trouvera dans le procès de Nuremberg les plus abjectes et inhumaines descriptions des crimes médicaux que le SS Josef Mengele leur a réservé, dans le Zigeunelager d’Auschwitz-Birkenau, qu’il avait spécialement conçu pour les familles roms et sintés.

    Une histoire dont un pan est aussi marseillais et que Michel Ficetola s’est évertué à faire émerger des archives et de l’oubli. Le régime de Vichy « interdit la circulation du Tsigane assimilé à un étranger, un ennemi, et en 1940 les camps d’internement commence à se remplir en France. Il y en aura 27. » L’Association nationale des Gens du voyage et citoyens en dénombre quant à elle une quarantaine. « La préfecture des Bouches-du-Rhône apporte sa contribution à la déportation des Tsiganes en Allemagne, en pointant les vagabonds », indique Michel Ficetola, un communiqué à l’appui. À Marseille, autour du Vieux-Port, la « Petite Naples », où les Tsiganes exercent toute sorte de petits métiers par intermittence, est la cible de la police de Vichy, qui y organise une rafle avant de dynamiter le quartier. « Parmi les 2 440 déportés à la suite de l’opération Sultan, les Juifs ont été acheminés via Drancy en Pologne, à Sobibor, et les chrétiens et les Tsiganes transportés via Compiègne en Allemagne, au camp de Sachsenhausen », relève Michel Ficetola.

    « Une histoire méconnue », regrette Benoît Payan, le maire (DVG) de Marseille, qui a donné son aval le 22 août 2024, confirmé le 21 janvier 2026, aux deux associations pour l’installation d’une stèle commémorative au carré 8 du cimetière Saint-Pierre. La place est réservée, la stèle est taillée et gravée dans du marbre de comblanchien. Il ne reste qu’à prendre date pour son installation officielle et solennelle. Un geste important « pour fédérer ce peuple et lutter contre les discriminations, qui persistent, comme la proposition de loi contre les installations illicites », soulignent les deux militants.