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  • [Entretien] Agnès Mellon et Chrystèle Bazin : « Les quartiers populaires sont de moins en moins populaires »

    [Entretien] Agnès Mellon et Chrystèle Bazin : « Les quartiers populaires sont de moins en moins populaires »

    Après leur exposition « La dent creuse, cartographie de la colère » inaugurée à la suite du drame de la rue d’Aubagne, la photographe Agnès Mellon et la journaliste Chrystèle Bazin présentent le livre Marseille, ce qu’il reste de la colère (éditions de l’Atelier). Touchées par les soulèvements populaires qu’avaient entraînés les effondrements d’immeubles insalubres, causant la mort de huit personnes, les deux artistes poursuivent leur réflexion sur les mécanismes à l’œuvre.

    La Marseillaise : Qu’y a-t-il de nouveau dans le livre, qui n’était pas dans l’exposition ?

    Chrystèle Bazin : Les photos sont celles de l’exposition et le texte est original. Les trois premiers chapitres reviennent sur le vécu du drame et des mobilisations. Le quatrième chapitre correspond à la création de l’expo. Ensuite, il y a le récit photographique d’Agnès. Puis ça raconte la suite de l’histoire : on passe sur l’après avec l’élection du Printemps marseillais, les victoires politiques, le procès. On a interviewé cinq militants pour créer un récit plus chorale. Martine Derain qui est éditrice. Marie Beschon, chercheure et anthropologue urbain. Kevin Bhema Vacher a été engagé en politique. Laura Spica, anthropologue. Et Karine Bonjour, qui est journaliste.

    Pourquoi avoir voulu revenir sur ces événements, sept ans après le drame ?

    C.B. : En 2024, on a réinstallé une partie de notre exposition « La dent creuse, cartographie de la colère » dans notre atelier Rafale, sur le cour Julien. On a rencontré Fabrice Denise, directeur du musée d’histoire de Marseille, et on a échangé sur la façon dont on construisait la mémoire collective. On s’est rendu compte que l’exposition, c’était ça : construire la mémoire de ce qui s’est passé et pourquoi ça s’est passé, pas juste de parler de l’effondrement. On s’est décidées à écrire le livre quand le procès est arrivé.

    Le livre parle aussi du logement ?

    C.B. : C’est une réflexion sur la manière dont on habite une ville, comment on la transforme. C’est vraiment faire un point d’étape en 2026, sept ans après le drame. On voulait revenir aux origines et même avant. Quand j’arrive à Marseille, il y a 10 ans, on habitait place Jean-Jaurès où un mur en béton avait été bâti. Le drame de la rue d’Aubagne arrive peu de temps après… Cette histoire fait vase communiquant entre le mur qui s’érige et celui qui s’effondre. Tout cela fait aussi parti de l’histoire qu’on raconte.

    Qu’est-ce qui vous a motivées ?

    Agnès Mellon : Quand on a un moyen d’expression, il faut l’utiliser. À ce moment-là, on avait ce média et ce pouvoir de faire continuer à parler de ce sujet et de sensibiliser peut-être une autre population. Au début, il y a le mur sur la Plaine, puis les effondrements rue d’Aubagne et la question s’est posée de prendre l’appareil photo. Je me suis dit : non, ce n’est pas ma place. Puis quand nous sommes allées sur les manifs en tant que Marseillaises, cela nous paraissait évident qu’il fallait faire quelque chose.

    En tant que militante ou artiste ?

    C.B. : On adopte une posture de citoyennes parce que nous ne sommes pas victimes. Le livre s’articule comme un double récit à la première personne parce qu’on ne voulait pas être surplombantes.

    A.M. : Dans l’exposition comme dans le livre, je voulais que les gens se baladent. Ce n’est pas juste « je leur donne et ils prennent ». Il y a des photos coupées et ce n’est pas pour rien, c’est pour déranger, pour faire réfléchir. Qu’est-ce qui est caché derrière une photo qui déborde, derrière ces fragments où on ne voit pas toute l’image ?

    La colère est au centre de votre œuvre. Aujourd’hui, qu’en reste-t-il ?

    C.B. : La colère s’est atténuée avec le départ de Gaudin, mais elle pourrait revenir facilement. Beaucoup de choses se sont passées depuis 2018. Et on se dit : oui, aujourd’hui, il y a de la réhabilitation. Mais les loyers ne sont plus ou très peu accessibles. Ce livre est aussi au sujet de la transformation de la ville et de la façon dont un quartier populaire peut rester populaire. Changement de municipalité ou pas, les quartiers populaires sont de moins en moins populaires.

    « Marseille, ce qu’il reste de la colère », aux Editions de l’Atelier, 190 pages, 22 euros.

  • Une pharmacienne bannie de la profession à Marseille

    Une pharmacienne bannie de la profession à Marseille

    Une pharmacienne marseillaise a été condamnée, lundi, à 18 mois de prison avec sursis, 15 000 euros d’amende et à l’interdiction définitive d’exercer pour avoir « sciemment violé les règles de bonne dispensation édictées pour sa profession ». Entre 2021 et 2022, elle a abusivement délivré des psychotropes sans ordonnance. Sa pharmacie de la Blancarde écope d’une amende de 30 000 euros.

    En août 2022, un grossiste avait signalé des ventes excessives de Rivotril, un médicament détourné de son usage par les toxicomanes et qui alimente des trafics de rue. Lors du contrôle, des inspecteurs de l’Agence régionale de santé constataient de fortes ventes de Rivotril. De 3 729 commandes en 2020, l’officine était montée à 6 524 commandes en 2021 et il était relevé 4 802 commandes sur les six premiers mois de l’année 2022.

    Le Subutex, un médicament de substitution à l’héroïne, et la Pregabaline dite la « drogue du pauvre » – connaissaient eux aussi des hausses significatives de délivrance dans cette pharmacie à l’angle du boulevard de la Blancarde et de la rue du docteur Acquaviva (4e). Annie H., 60 ans, exerçait depuis trente ans. La pharmacienne, qui était à son compte depuis 2016, disait être consciente des risques de mésusage et d’intoxication de ces médicaments, mais réfutait avoir eu conscience qu’elle pouvait avoir alimenté un trafic. Elle disait avoir manqué de vigilance, mais aussi avoir pu subir l’insistance de certains toxicomanes, que les patients envoyaient régulièrement des médicaments « à leur famille au bled ›› sans que des ordonnances ne lui soient présentées.

    En réalité, l’augmentation très significative du nombre de commandes de Rivotril, Subutex et Lyrica sur trois années allait de pair avec l’augmentation du chiffre d’affaires de la pharmacie, qui passait de 500 000 euros de 2020 à 2021 pour atteindre 700 000 euros en 2021/2022 puis redescendre après le contrôle à 520 000 euros en 2022/2023 et 490 000 euros en 2024/2025. « Cette comparaison permet de comprendre que la dispensation massive et hors tout cadre réglementaire de substances assimilées stupéfiants a eu lieu dans un but lucratif », estime la 6e chambre correctionnelle, qui rappelle à la prévenue qui feignait de l’ignorer que « ces substances sont au cœur d’importants trafics, notamment à Marseille, qui ont des conséquences sanitaires et sociales graves. »

    Partie civile, le Conseil national de l’ordre des pharmaciens, qui a définitivement exclu sa consœur le 15 décembre 2025, se voit allouer 2 000 euros de préjudice moral.

  • La RTM joue l’apaisement sur les fresques du métro

    La RTM joue l’apaisement sur les fresques du métro

    La tribune publiée en novembre dernier dans La Marseillaise par l’Université Hors les Murs de Marseillologie (UHLMM) appelant à la sauvegarde des décors historiques du métro, suivie d’une pétition en ligne de près de 900 signataires, a suscité une rencontre d’artistes avec des cadres de la RTM et de la Métropole et débouché sur un accord.

    La rénovation sans concertation des stations de métro en cours s’est accompagnée de la dépose d’œuvres conçues entre 1977 et 1986 par des équipes associant architectes et artistes pour décorer les stations du métro de Marseille. La RTM n’avait pas pris soin de contacter les auteurs qui conservent les droits moraux sur leurs œuvres et l’intégrité de celles-ci.

    C’est à l’occasion des visites patrimoniales des Marseillogues dans le métro que ces artistes ont appris fortuitement le retrait de leurs créations. L’artiste John Pendray a découvert que ses œuvres émaillées représentant un TGV et une locomotive avaient disparu de la station Saint-Charles. La RTM lui a écrit pour lui apprendre qu’elles avaient été remises à l’association des Amis du rail et du Tramway de Marseille pour être mise à disposition du « musée provençal des transports » à Fuveau. Quant à son œuvre dans la station Rond-Point du Prado, la RTM se proposait de voir avec lui les solutions envisageables après études. La RTM l’a rassuré sur ses décors et fresques réalisés sur les voies de Noailles et dans le tunnel du tramway qui n’ont pas vocation à être déposés.

    Quant aux œuvres des stations Joliette et Castellane, deux auteurs ont mis en demeure la RTM par voie d’avocat. La régie métropolitaine a alors initié une rencontre en février. Il leur a été dit que l’absence de présentation du projet ne devait pas être interprétée comme du mépris de leurs œuvres, qu’au contraire, celles-ci avaient été conservées en parfait état avec vérification régulière par les équipes RTM. Pour la station Castellane remaniée pour le nouveau métro Neomma, la RTM a accepté la demande de l’architecte Roland Carta que son œuvre graphique sur la thématique des platanes soit repositionnée plus tard dans la station. Pour la station Joliette, Les Ports, l’œuvre d’Albert Jaubert qui évoque le passé ouvrier et portuaire de la cité, ne pourra être replacée pour des contraintes techniques, la RTM lui a assuré que celle-ci serait reprise dans le cadre du projet Imertium et exposée dans la Halle J1.

    « C’est une bonne nouvelle, comme quoi la mobilisation paye », se réjouit Sandro Piscopo de l’UHLMM, qui reste critique sur « une rénovation sans concertation citoyenne qui cède bien trop la place à des revêtements uniformes, aseptisés, sans âme ».

  • Les droits des femmes revendiqués et réaffirmés dans la région

    Les droits des femmes revendiqués et réaffirmés dans la région

    Le droit des femmes à vivre dans un monde égalitaire et pacifié est un ouvrage à remettre sans cesse sur le métier. Les organisations féministes et syndicales, les artistes, mettent en garde contre la menace de la montée de l’extrême droite, en Europe comme aux États-Unis.

    « C’est dans un contexte trouble et exacerbé par l’émergence de suprémacistes comme Némésis qu’il nous faut défendre nos droits », estime Alexandra Brocchus, du Collectif 13 Droit des femmes, qui installera, dimanche 8 mars, un village de paix et de sororité place Général-de-Gaulle à Marseille, où sera réaffirmé à 12h que « le féminisme est fondamentalement antifasciste ». La militante précise : « Nous avons encore à gagner et beaucoup à perdre si l’extrême droite passait au pouvoir car nous serions les premières impactées avec des subventions coupées, la remise en cause du droit à l’IVG… » Le rendez-vous y est donné dès 10h avec un appel à la grève domestique. Le collectif sera rejoint par les syndicats FSU, SUD et CGT qui se rassemblent devant le Médef à 11h pour « imposer un véritable rapport de force face aux politiques sexistes et austéritaires ».

    Toujours à Marseille, de 14h à 16h, Marseille 8 Mars prend ses marques sur le Vieux-Port avec une zone d’occupation féministe suivie d’une manifestation à 16h. À noter que la municipalité a aussi choisi de mettre à l’honneur le 8 mars et les associations locales qui mènent la lutte, à travers un mois de rencontres, projections, soirées, ateliers et nombreuses expositions, dont le programme est disponible sur son site.

    En région

    Pour les mobilisations, la CGT de Draguignan prend de l’avance dans le Var avec une prise de parole le samedi 7 à 10h30. Le jour J, à Martigues, c’est une Grande marche pour l’égalité qui démarre à 11h au jardin de Ferrières. Dans le Pays d’Aix, le Carrefour citoyen se rassemble à 11h, devant la mairie de Venelles, en soutien aux femmes victimes de violences.

    Education et culture

    Pour continuer à porter les revendications d’égalité salariale et de solidarités avec celles « qui luttent partout dans le monde contre les guerres, les occupations, les régimes autoritaires et obscurantistes », le Snes-FSU donne plusieurs rendez-vous, le 8 mars, dans l’Académie Aix-Marseille. À Arles, à partir de 10h30 au kiosque à musique de l’esplanade Charles-de-Gaulle, un run de 6 km ou une marche de 3 à 4 km sera proposé. À 11h20, les runneuses seront accueillies avec un apéritif d’arrivée. Le rassemblement prévoit des lectures et prises de paroles avec un final en musique à 12h, avec la rappeuse LO-DY. À Avignon, la manifestation féministe partira du tribunal à 15h.

    Dans les Alpes-Maritimes, à Digne, la CGT installe une exposition féministe dans le hall de l’hôpital, le 9 mars, toute la journée. C’est encore à l’hôpital de Manosque qu’elle invite à un petit-déjeuner informatif à partir de 6h. À Saint-Auban, le syndicat et le collectif « 8 mars toute l’année » donnent rendez-vous le 8 mars de 10h à 12h sur la place Péchiney, puis de 12h à 16h à la Maison commune, 17, avenue Balard.

    À Aubagne, le festival des Indociles célèbre la lutte samedi 7 mars à 18h, avec Carine de Poizereau en solo. Et à 19h, avec le groupe Bibiche au Cercle de l’harmonie pour un concert post-punk et un Jam des femmes, à partir de 20h.

    À Vitrolles, du 9 au 13 mars, la Maison du droit-point justice retrace le parcours de Gisèle Halimi aux côtés d’autres figures emblématiques. Du 9 au 4 avril, l’École municipale d’arts plastiques met en valeur des portraits de femmes inspirantes à travers des œuvres originales.

    À Martigues, cap sur l’inventivité avec « art et sciences : elles ont changé nos vies » avec une inauguration le vendredi 6 à 16h30 dans le hall de l’hôtel de Ville, par Femmes ici et Ailleurs. La science est aussi à l’honneur à Septèmes-les-Vallons, avec la projection du film Les figures de l’ombre, dimanche 8 mars à 17h, à l’espace Jean-Ferrat.

    À Marseille, piqûre de rappel historique à 17h30 dans l’amphithéâtre de la mairie des 1er et 7e arrondissements. Colette Drogoz et Gérard Leidet, historiens et membres de Pomemo, tiendront une conférence sur les femmes de la commune de Paris avec une mise en perspective de leur importance dans les journaux et sur les barricades. Le 5 mars, le Cabaret-théâtre l’Etoile Bleue invite à la première Nuit des Louves avec des prises de paroles engagées contre les violences sexistes et des témoignages, à partir de 19h.

  • Les candidats dans les Alpes-de-Haute-Provence officiellement dévoilés

    Les candidats dans les Alpes-de-Haute-Provence officiellement dévoilés

    Les listes ont été déposées et publiées par la préfecture. Détails dans les principales villes. L’ensemble des listes est à retrouver sur lamarseillaise.fr.

    Manosque

    Manosque ensemble, Sébastien Aubert (DVG)

    Manosque toujours, Camille Galtier (DVD)

    Le Regain Manosquin, Patrick Rousset (union de la gauche)

    Manosque d’abord, Fabrice Durnerin (union de l’extrême droite)

    Digne-les-Bains

    Digne-les-Bains Ville de demain, Jean-Luc Brochier (DVD)

    Digne-les-Bains, ville d’histoire et d’avenir, Benoît De Souza (DVD)

    Digne au cœur, Francis Kuhn (divers centre)

    Terre Dignoise 2026, Gilles Chalvet (divers centre)

    Toujours Digne, Julien Di Benedetto (DVG)

    Sisteron

    Avec Jean-Pierre Templier avançons en confiance (DVD)

    Demain Sisteron !, Zoé Lerouge (DVG)

    Objectif Sisteron, Bernard Codoul (DVD)

    Les Mées

    Les Mées demain, Max Eymard (divers centre)

    Pour les Mées, Cap sur 2032, Frédéric Puech (DVG)

    Château-Arnoux-Saint-Auban

    L’humain d’abord l’humain toujours, René Villard (DVG)

    CASA 2026, Philippe Bertrand (divers centre)

  • À Manosque, le maire fait ses propositions sur la sécurité

    À Manosque, le maire fait ses propositions sur la sécurité

    Sécurité, tranquillité publique, prévention, répression… Le maire sortant de Manosque a évoqué, lundi soir, auprès des habitants, ses thèmes de prédilection.

    Il s’est félicité d’avoir augmenté le nombre de policiers, remis en état les caméras et remis en place des médiateurs, ainsi que d’indicateurs de la délinquance « plus faibles que dans des villes tenues par le RN comme Fréjus, Perpignan ou Hénin-Beaumont ». Il a affirmé avoir fait « 40% de baisse de la délinquance » en six ans, le temps de son mandat, concernant la dégradation de biens, l’atteinte aux personnes, les cambriolages et les vols de voiture. Il a proposé de développer les caméras pour éviter les dépôts sauvages et les écogardes pour prévenir les déjections canines. Sa suggestion d’un arrêté municipal « obligeant les propriétaires de chiens à avoir un sac sur eux » a été applaudie.

    Un plan vitesse

    Le candidat a par ailleurs proposé « un plan vitesse dans toute la ville » la plaçant en zone limitée à 30 km/h dans son entièreté, déplorant deux morts à cause de la vitesse excessive dans Manosque. Il a aussi promis de « continuer à matraquer » les épiceries « ne se comportant pas bien », avançant que de la drogue et des armes avaient été retrouvées dans certaines. « On va les mater à coups de répression, de contrôles », a-t-il affirmé. Le maire sortant a aussi proposé la création d’un PC mobile de la police municipale.

    Camille Galtier n’a pas manqué l’occasion de critiquer ses adversaires pour les municipales, se moquant des « concours Lépine de qui est le plus à droite ». Le maire sortant fera face au candidat RN-UDR Fabrice Durnerin et à deux listes de gauche menées par Patrick Rousset et Sébastien Aubert pour les élections municipales. « Il y a des visions de la société qui vont s’affronter dimanche prochain », a résumé Camille Galtier.

    Meeting à la salle Osco Manosco, 570 chemin du Moulin-Neuf, à partir de 18h mardi 10 mars

  • À Avignon, passage en revue des colistiers des différents candidats

    À Avignon, passage en revue des colistiers des différents candidats

    Dans moins de deux semaines, les Avignonnais auront le choix entre six bulletins de vote dans l’isoloir. Si la candidature de Stéphane Geslin est une surprise (lire ci-dessous), Stéphan Fiori avait jusque-ici été le seul candidat à présenter officiellement sa liste (notre édition du 12/02), très pro-business avec des proches, qu’ils soient amis ou collaborateurs. Zoom sur les quatre autres candidats.

    Mathilde Louvain (LFI)

    « Loin des caricatures, d’une moyenne d’âge de 49 ans, notre liste se compose notamment de 4 étudiants, 5 retraités, 6 professionnels du secteur culturel, 7 de la santé, environ 10 cadres, 12 professionnels de l’éducation et 9 issues d’horizons divers », résume dans un communiqué la liste insoumise. Mais pas que. Soutiens, le PCF et Génération.s sont représentés. Comme attendu, Julien De Benito adjoint au maire et secrétaire du PCF 84 n’est pas candidat. Rémy Blanc, conseiller départemental (PCF), est 2e de liste, Anne-Catherine Lepage, autre élue actuelle (PCF) est 11e. Adjointe aux sports représentant Avignon collectif, Zinèbe Haddaoui est numéro 3. Autre adjoint, Éric Deshayes (G.s) figure en 8e position. Suspendue des Écologistes, l’ex-cheffe de file, Sabah Badji est 5e. Pas de Raphaël Arnault sur la liste, mais son collaborateur vauclusien, Lounes Djoumer est 26e. Parmi les autres colistiers, on note la présence de militants syndicaux (Emmanuel Loubier, CGT hôpital de Montfavet) ou associatifs comme Aurélie Créa du pôle LGBT ou de Rosmerta, Guy Chenevier et leur avocate Véronique Marcel.

    David Fournier (PS)

    Soutenu par plusieurs partis de gauche, le candidat PS a dû mesurer les différents équilibres politiques. C’est une socialiste, secrétaire de section à Avignon, qui est pourtant numéro 2, Marilyne Croyet. Sans surprise, la liste compte un total de 17 élus actuels, dont les 4 écologistes, aujourd’hui divisés dans l’opposition (Mouloud Rezouali 3e ; Christine Lagrange 8e ; Annie Rosenblatt 28e ; Jean-Pierre Cervantès 35e) mais aussi le conseiller départemental Samir Allel (15e). Le premier adjoint Claude Nahoum (5e), les adjoints et conseillers départementaux Fabrice Tocabens (11e) et Laurence Lefèvre (12e) sont là tout comme les élus Marie-Anne Bertrand (l’Après, 14e), Christian Rocci (19e), Lilou Quenesson (20e) ou, plus loin, Claude Tummino (39e). Benoît Belvalette (Place publique, 9e) et l’ex-insoumis Farid Faryssy (7e) figurent en bonne position. La sœur de ce dernier, Yasmine Faryssy (34e) est aussi candidate. Les nouveaux visages figurent principalement au-delà de la 20e place.

    Olivier Galzi (DVD)

    L’ex-journaliste TV présentera officiellement ses colistiers jeudi soir. Mais on trouve en 2e de liste une commerçante, Corinne Chatriot. Un ex-adjoint au commerce de Cécile Helle sous le premier mandat, Florian Borba Da Costa, figure en 15e position. D’anciens des mandats de Marie-Josée Roig sont investis comme Christian Paly, Isabelle Altayrac ou Valérie Wagner. Comme annoncé, l’ex-entraîneur de foot, Claude Le Roy, candidat en 2001 avec Elisabeth Guigou (PS) change de banc et sera candidat (37e). Pas en revanche de Christian Perramond (LR) et référent d’Avignon passion, le mouvement lancé par Julien Aubert, qui a rejoint ensuite Olivier Galzi. Le candidat a aussi investi sa compagne, Anaïs Hausmann (15e).

    Anne-Sophie Rigault (RN)

    Déjà tête de liste en 2020, la conseillère régionale a conservé près d’elle Murielle Magdeleine. Actuel élu, Paul Ruat est relégué à la 20e place quand Arnaud Renouard, autre élu n’est plus sur la liste. En juin lors d’un conseil municipal, il s’était ému que la Ville débaptise une rue au nom d’un médecin eugéniste proche du régime nazi. Nous reviendrons dans une prochaine édition sur d’autres profils de la liste.

  • [Entretien] Charles Berling : « Le RN utilise tous mensonges et fantasmes pour gagner le pouvoir »

    [Entretien] Charles Berling : « Le RN utilise tous mensonges et fantasmes pour gagner le pouvoir »

    La Marseillaise : Le Rassemblement national se voit déjà à la tête de la ville. À quels risques les Toulonnais s’exposent-ils ?

    Charles Berling : La réponse est très simple, il suffit de se renseigner un peu pour les connaître. Je pense que les gens devraient un peu mieux regarder les programmes, tout simplement. Et deuxièmement, ils ne devraient pas s’abstenir de voter, quelles que soient leurs convictions. Le problème majeur que nous avons en démocratie, aujourd’hui, c’est l’abstention. Les gens pensent qu’ils vivent seuls dans une société. Mais ils entendent quand même la radio, la télé, ils lisent les journaux, ils constatent qu’on est toutes et tous liés. Ça veut dire que s’abstenir, c’est ne pas prendre ses responsabilités en tant que citoyen et donc c’est faire crever la démocratie. Et ça, c’est le plus grave. Les gens pensent qu’ils vont faire du pognon et s’en sortir sans les autres : ça n’existe pas. Dans une société humaine, ça n’existe pas. Nous sommes toutes et tous solidaires.

    Vous parliez de programme…

    C. B. : Oui, c’est un programme tellement mince, incohérent et faux… Qu’est-ce que dit Laure Lavalette ? : « Je veux faire des guinguettes, je veux pouvoir sortir la nuit en boîte de nuit… » C’est un DJ, pas terrible d’ailleurs, qui serait son adjoint à la culture.

    Et c’est quelqu’un qui m’envoie des lettres pour me féliciter de mon travail et me dire « Bravo vous faites un travail remarquable » quand elle est au conseil régional et qui, en même temps, prétend qu’à Toulon, il ne se passe rien. Ça fait 15 ans que je suis ici. C’est la deuxième scène nationale de France. Et elle dit qu’il n’y a rien ici ! Pourquoi Mme Lavalette dit ça ? C’est parce qu’elle ne vient jamais. Alors, pourquoi elle nous insulte sans venir ? Vous comprenez le niveau de tartufferie que représentent ces politiques ? Parce que c’est une bête politique, une bête de médias qui n’a rien derrière et qui fait des promesses à tout va, y compris à moi. C’est tout ce que c’est.

    Elle prétend pourtant mieux connaître les besoins des Toulonnais…

    C. B. : On mesure l’irrationalité de ce qu’elle propose et le piège dans lequel les gens tombent. Parce qu’encore une fois, ces gens-là, comme Laure Lavalette, sont soutenus par qui ? Par des milliardaires, par des Trump, par des Bolloré, par des gens qui ont plein de pognon et qui veulent bien niquer la classe populaire. Parce que là, ces gens-là me parlent du peuple. Mais Bolloré, c’est le peuple ? Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Ce sont des gens qui font du business sur notre dos et ne payent même pas d’impôts. Vous avez vu le dernier rapport qui dit que 13 800 millionnaires ne payent pas d’impôts en France ? Et après, on me fait des leçons sur l’histoire du peuple ou pas le peuple. Cette personne-là est juste un instrument minable de ces politiques épouvantables, de ce capitalisme qui réduit les êtres à des marionnettes, à rien.

    Je suis un être de culture qui est en même temps un citoyen qui a des convictions politiques et qui croit au service public. Donc, je le défends corps et âme. Alors que l’extrême droite travaille pour des gens qui vont tout ramener au privé. Et vous allez voir, quand il n’y aura plus d’hôpitaux, quand il faudra aller dans des cliniques… Vous croyez que ces gens-là, ils construisent quoi ? Une société sociale ?

    Ils sont pourtant nombreux à tomber dans le piège.

    C. B. : Oui, tous ces pauvres gens qui se font avoir. Nous, on croise la cheffe de chœur de l’Opéra de Toulon, qui est sur la liste de Laure Lavalette. On lui dit « mais pourquoi Martine, pourquoi est-ce que vous soutenez cette femme ? Vous avez vu ce qu’elle dit sur la culture ? C’est-à-dire rien, les guinguettes, le machin. Pourquoi vous faites ça ? » Elle n’a rien à répondre. Rien. Mais rien. Elle ne dit pas, mais non, c’est un super programme, machin, etc. On devrait être dans une période où on défend un programme contre un autre. Ce n’est pas ce qui se passe, en fait. Et c’est ça qui est la catastrophe démocratique du pays.

    Le RN utilise tout le charabia, tous les mensonges, tous les fantasmes pour gagner le pouvoir. Parce qu’en plus, on sait très bien que dès que Laure Lavalette pourra être ministre, elle partira direct. Elle n’en a rien à faire d’être à Toulon. C’est le pouvoir qui les intéresse. Il y a une espèce de truc avec Toulon pour le RN, ils veulent en faire une sorte de trophée, gagner une ville de plus de 100 000 habitants.

    Ils ont en plus une conception très étriquée de la culture…

    C. B. : Ça, il suffit de voir dans les villes où l’extrême droite s’est installée, où il y a une scène nationale. Qu’est-ce qu’ils font ? Ils prennent la salle. Ils disent : « Moi, j’ai le droit de l’avoir tant de temps. » Et au fur et à mesure, ils éjectent la culture, ce qui ne leur plaît pas. C’est une tendance absolument mortifère, totalitaire. André Malraux disait que le moment où le politique se mêle de décider ce qui est de l’art ou ce qui n’en est pas, c’est le début de la dictature et du totalitarisme. Parce que le politique n’est pas un artiste, ce n’est pas à lui de définir la valeur de l’art.

    Évidemment que nous, on a des tas de garde-fous moraux, sociaux, légaux. C’est-à-dire qu’on ne peut pas tout dire dans un spectacle, on ne peut pas tout dire dans une œuvre d’art. Mais l’artiste, moi, je lui dis toujours : il est libre. Et jusqu’à présent, depuis que j’ai fondé ce théâtre avec mon frère en 2010, ce principe-là a toujours été respecté. Toujours. Si Laure Lavalette nous dénie totalement, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que dès le moment où elle va arriver au pouvoir, elle va s’empresser de dire : « Vous allez faire ci, vous allez faire ça. » C’est ça que les gens veulent ? On a une ville en bon état. Pourquoi risquer de tout chambouler ? Risquer de revivre ce qui s’est passé en 1995 ? Parce que ce parti a beau dire qu’il a changé, on va se retrouver exactement comme en 1995. Les Toulonnais s’en souviennent, quand même, de ce qui s’est passé, du bordel qu’il y a eu et du fait que la ville était dégueulasse. C’est ça qu’ils veulent ?

    Mais comment sort-on de ce marasme aujourd’hui ? La culture peut-elle jouer un rôle ?

    C. B. : Oui, parce que contrairement à ce qu’on dit, les artistes ne sont pas des rêveurs en dehors de la réalité. Ils la révèlent par leur travail. Ils la montrent, la font ressentir, la font exister. L’artiste est là pour affronter la réalité. Et donc, pour sortir de ce marasme, comme vous dîtes, ce qu’il faut faire, c’est regarder la réalité en face. Et ça fait du bien.

    On a mené des actions sur des semaines et des semaines dans les quartiers qui ont été fantastiques : on a vu les gens descendre dans la rue par milliers et se parler. On est là pour ça, en tant que scène nationale. La culture est là pour ça. On est là pour à la fois défendre une liberté artistique profonde que le Rassemblement national veut détruire et pour défendre l’idée que faire nation, ce n’est pas une race ou une religion : c’est d’être ensemble et d’avoir une vision d’avenir. Parce qu’encore une fois, la nation, je ne la laisserai pas à l’extrême droite.

  • À Aix, la gauche veut « co-construire » ses mesures

    À Aix, la gauche veut « co-construire » ses mesures

    Le programme de la liste Aix Avenir, menée par Marc Pena (PS) et née d’une union des forces de gauche, écologiste et citoyennes, vient d’être mis en ligne. Dès le lendemain, le candidat et ses colistiers ont choisi la salle Ughetti, à Luynes, pour tenir une réunion publique destinée à débattre des mesures proposées.

    « Il y a une activité associative très forte ici, explique Marc Pena, en amont de la rencontre. On veut donner la parole aux citoyens dans un dialogue libre, franc (…). C’est l’occasion de parler de ce que nous proposons, montrer que nous co-construisons les choses. On a pris la responsabilité d’un gros programme, on a été plusieurs à l’élaborer et, en même temps, on le propose aux Aixois sous cette forme. » Une méthode qu’il oppose à celle de la majorité sortante : « Elle ne donne pas de direction, il y a des ordres donnés dans l’urgence pour traiter un problème, sans boussole, sans perspective, sans avenir. Dans ce cas-là, les citoyens sont considérés comme des administrés », estime Marc Pena.

    Selon l’équipe de campagne, près de 100 personnes ont répondu à l’appel. Si les problématiques abordées sont larges, de la végétalisation en passant par le logement et les locations saisonnières – « nous agirons très fortement sur Airbnb », promet le candidat à ce sujet – l’un des sujets prégnants de la rencontre reste celui de la mobilité. à l’échelle de toute la ville et notamment dans ce quartier régulièrement congestionné aux heures de pointe. « Sur ces questions de mobilité, je pense qu’il y a de gros problèmes à résoudre. Qu’est-ce qu’on peut faire ? », lance l’une des participantes. « C’est [aussi] la liste métropolitaine qui va apparaître : c’est à ce niveau qu’il faut que les listes métropolitaines fassent apparaître clairement leur programme. On ne peut pas rester comme ça, avec un système de mobilités peu performant », entend-on dans la foule. « Il faut faire basculer la Métropole à gauche, sinon, nous n’y arriverons pas, il faut voter à gauche, c’est la première des choses, lance Agnès Daures, candidate sur la liste et élue DVG au sein du groupe d’opposition Aix-en-Partage, mené par Marc Pena. Effectivement, on est pour le ferroviaire, qui réglerait énormément de problèmes, notamment celui de la dépollution. »

    Magali Bailleul (Place publique), numéro deux sur la liste, veut rappeler que « les élections municipales sont aussi celles du conseil métropolitain (…). Ce qu’on souhaite réussir à imposer, c’est la création d’une halte ferroviaire à Luynes, La Calade, mais aussi porter le projet du tram-train et de la réouverture de la ligne Aix-Rognac ». « Ce sont 72 trains qui passent quotidiennement à Luynes, mais qui ne s’y arrêtent pas : impensable », rappelle Clément Frel-Cazenave (EELV).

    Marc Pena, va plus loin : « La Métropole est un établissement de coopération intercommunale (…), nous proposons d’avoir un syndicat métropolitain ou seraient présents des élus, des membres de l’administration, qui établirait des projets, les réalisations futures, pour les mettre en activité de façon transparente. » À ce stade, Aix, qui compte 17 conseillers métropolitains, est « sous-représentée », pour le candidat, et doit peser pour décider. « La question va être celle de notre position, mais aussi des alliances, au bon sens du terme, qu’on va pouvoir avoir avec d’autres : si la Métropole penche à gauche (…), on aura une majorité et nous pourrons établir une politique commune. Il faut construire une majorité. » Soit « transformer une métropole de la même façon qu’on est capable de transformer une ville », assure David Tessier (PCF).

  • La Ciotat nous rassemble est en ordre de bataille

    La Ciotat nous rassemble est en ordre de bataille

    « Notre liste est diverse, compétente et ancrée dans la vie réelle », amorce, salle Saint-Marceaux, Delphine Rochette, une colistière. Devant un auditoire de plus de 180 personnes, elle précise : « Aujourd’hui, 56% de notre liste est composée de non encartés. » Secrétaire de section PCF de La Ciotat et 5e sur la liste, après Karim Ghendouf (PCF) tête de liste, Mariann Chrétien ou Jérôme Assier (PS), Sébastien Madau souligne que, sur les 39 noms de LCNR, 19 sont nouveaux, et 20 « étaient déjà là ».

    La liste est le résultat de l’union du « PCF, du PS, des Écologistes, de Génération.s, de Debout et de la Gauche républicaine et socialiste », rappelle pour sa part Karim Ghendouf.

    Retour d’un cinéma

    Prenant la parole à la fin, la tête de liste a évoqué la méthode d’élaboration du projet municipal de LCNR : « La coconstruction. Elle s’appuie également sur une expertise solide des dossiers, forgée par de longues années de travail dans l’opposition. » LCNR tient à la démocratie locale et « nous consulterons les Ciotadens sur les grands sujets avec les référendums d’initiative locale ».

    Karim Ghendouf a poursuivi : « Nos priorités sont claires : loger les Ciotadens, alors qu’une personne sur deux est éligible au logement social à La Ciotat. Mais aussi investir dans nos écoles. Favoriser les mobilités douces. Avoir un réseau de bus plus propres, avec une plus grande fréquence. » Il a également promis « d’identifier un terrain » pour une aire destinée aux gens du voyage. Le communiste soutient le retour en gestion publique de certaines missions communales déléguées au privé. « Ce n’est pas de l’idéologie : c’est du bon sens », a-t-il appuyé.

    En matière de culture, un des projets de la liste est de créer, dans l’ancien cinéma Lumière fermé en 2023, « un vrai pôle culturel (…). Nous y prévoyons deux salles de cinéma, vocation historique du lieu depuis 1913 ! » a annoncé Mariann Chrétien (société civile). Jérôme Assier (PS) a défendu, en matière de tranquillité publique, « un débat sur la sécurité apaisé. (…) Nous miserons sur la prévention, la médiation et la proximité. »

    Pour l’éducation, Laetitia Vivaldi a promis « la gratuité effective de l’enseignement ». Sur le plan de l’économie, LCNR appelle de ses vœux « la création d’un centre de formation aux métiers de la mer qui permettra de forger un vivier local de compétences » pour les chantiers navals. Isabelle Mazuc (Les Écologistes) a indiqué que LCNR s’emploiera notamment à protéger les terres agricoles de la bétonisation. « Il nous reste quatorze jours pour convaincre et créer la surprise », a lancé Karim Ghendouf.