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  • [Entretien] Ofer Cassif : « Cette guerre n’est pas dans l’intérêt des peuples »

    [Entretien] Ofer Cassif : « Cette guerre n’est pas dans l’intérêt des peuples »

    La Marseillaise : Comment vivez-vous cette nouvelle guerre ?

    Ofer Cassif : Je viens tout juste de rentrer de l’abri et je vais peut-être devoir y retourner… Qui sait ? Sur un plan personnel, je suis coincé entre les missiles iraniens et la persécution de l’establishment israélien. Parce qu’évidemment, je me suis opposé à cette attaque sur l’Iran, ce qui nous a valu à mes camarades et moi d’être accusés par le gouvernement israélien et une partie de l’opposition de soutenir le régime iranien, auquel nous nous sommes toujours opposés. C’est un régime assassin. Les Américains et les Israéliens ont attaqué l’Iran pour leurs propres intérêts politiques et économiques, rien d’autre. Nous sommes contre cette intervention impérialiste.

    Pourquoi déclencher cette guerre maintenant ?

    O.C. : Les intentions de Trump et Netanyahu n’ont jamais été de parvenir à un quelconque accord. Il y a quelques jours, dans un message vidéo, Trump a exposé les deux objectifs de cette attaque massive : la destruction des capacités nucléaires et balistiques de l’Iran et le changement de régime. Le premier objectif, n’est que mensonges. Car en juin 2025, à la fin de la première offensive sur l’Iran, Netanyahu a dit « nous avons éliminé le projet nucléaire iranien ». Soit il a menti à l’époque, soit il ment maintenant. Je crois que les deux sont vrais. Chaque personne rationnelle sait qu’il n’y a pas de moyen militaire d’arrêter le projet nucléaire iranien mais des moyens diplomatiques et politiques. N’oublions pas que ceux qui se sont retirés de l’accord sur le nucléaire iranien, c’était les États-Unis sous le premier mandat de Trump, à la demande de Netanyahu ! C’est ce qui nous a menés à la situation actuelle. Cette guerre n’est pas dans l’intérêt des peuples de la région.

    Selon les derniers sondages, l’opinion publique israélienne et l’opposition autoproclamée à Netanyahu soutiennent ces frappes.

    O.C. : Notre position est actuellement minoritaire dans le pays, même si de plus en plus de gens ouvrent les yeux et se rendent compte que le gouvernement ne se soucie pas du bien-être des Israéliens, ni des autres peuples. Nous nous sommes opposés avec dégoût au terrible massacre commis par le Hamas le 7 octobre. Mais nous avons aussi dit que l’unique façon de prévenir de tels carnages des deux côtés est d’arrêter l’occupation et de parvenir à un accord de paix avec les Palestiniens. C’est au cœur de tout ce qui se passe dans le Moyen-Orient, y compris vis-à-vis de l’Iran. Encore une fois, nous nous opposons à ce régime répressif, dirigé par des assassins. J’aimerais qu’il disparaisse, mais cela ne peut pas se faire par des moyens militaires, c’est aux Iraniens de s’en débarrasser.

    Benjamin Netanyahu poursuit ces campagnes militaires dans le but d’éviter des élections ?

    O.C. : Non, je pense que c’est le contraire : il veut continuer cette guerre afin de gagner l’élection, c’est la seule chose qui le préoccupe. Il se demande comment l’emporter et se fout de savoir que des gens mourront. Netanyahu et ses acolytes, son gang fasciste, savent qu’ils sont minoritaires : si le scrutin avait lieu aujourd’hui, ils seraient battus. Pour eux, l’attaque sur l’Iran est une réussite jusqu’à présent. C’est pourquoi ils veulent convoquer l’élection au plus tôt – probablement en juin – et profiter de ce « succès » pour mener campagne.

    Il craint aussi le procès qui l’attend ?

    O.C. : Netanyahu est accusé de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Sous son maquillage et sa voix de baryton, nous avons affaire à un lâche. Il sait qu’une fois qu’il perdra sa position en tant que Premier ministre, il se retrouvera derrière des barreaux. Il en est terrifié. Ajoutons à cela qu’il est entouré de fanatiques messianiques, au sein du Likoud et d’autres partis qui constituent la coalition gouvernementale. Il y a une convergence entre les intérêts personnels de Netanyahu pour éviter la prison et les rêves des messianiques qui l’entourent. Ces derniers croient que le messie est juste au coin de la rue et qu’Israël doit s’emparer de Gaza, voire même du Liban et de la Syrie. Pour eux, il s’agit d’une guerre divine. Mais Netanyahu n’est pas un fanatique messianique, c’est un psychopathe mégalomane qui ne se soucie que de lui-même.

    Prévoit-il une guerre à long terme ?

    O.C. : Il veut une guerre sans fin. C’est la seule chose qui le maintient au pouvoir. Il n’a rien d’autre à « vendre » à la population, si ce n’est la peur et la haine.

    Pendant ce temps, les frappes se poursuivent sur Gaza et l’annexion de la Cisjordanie s’accélère…

    O.C. : Toutes ces choses sont connectées : l’attaque sur l’Iran, le nettoyage ethnique en Cisjordanie, le génocide à Gaza et le fascisme à l’intérieur de l’Israël avec la persécution des citoyens palestiniens, des juifs de gauche et démocrates. Cela fait partie du « plan décisif » présenté par Bezalel Smotrich en 2017. Derrière l’écran de fumée de l’attaque en Iran, le nettoyage ethnique en Cisjordanie s’accélère au quotidien. Les milices judéos-nazis des colons, sous l’égide des forces d’occupation, avec le soutien et le financement du gouvernement attaquent les Palestiniens, les activistes israéliens et internationaux. Ceux qui veulent soutenir Israël doivent comprendre que l’ennemi des Israéliens est le gouvernement israélien. Avec Trump, ils constituent le principal danger pour les Israéliens, pour la région et même pour le monde !

    Rassemblement pour la Paix à Martigues

    La Ville de Martigues lance un appel à un rassemblement ce mercredi à 18h, sur le parvis de l’hôtel de ville « pour exprimer notre exigence de Paix, afin de porter ensemble un message clair : non à l’escalade militaire, oui à la Paix, à la justice et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », précise la ville. « La guerre et les bombardements ne peuvent être une solution. Et « d’exprimer sa solidarité avec le peuple iranien ».

  • Retrouver de la voix

    Retrouver de la voix

    Quatre jours après l’attaque de l’Iran par les États-Unis et Israël, Emmanuel Macron s’est adressé aux Français.

    Il a annoncé le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle et la frégate Languedoc, évoqué le rapatriement de nos compatriotes menacés par l’extension de la guerre au Moyen-Orient et affirmé que la position de la France « est strictement défensive elle vise à protéger et restaurer le plus vite possible la paix ».

    Que la France ne participe pas activement à l’engrenage guerrier qui se met en place est, pour beaucoup de Français, un soulagement.

    Emmanuel Macron a aussi indiqué que « les États-Unis d’Amérique et Israël ont décidé de lancer des opérations militaires, elles ont été conduites en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver ». Ainsi, il ne réédite pas son erreur après l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro lorsqu’il avait dû corriger une première déclaration semblant ignorer la violation du droit international.

    Multilatéralisme

    Enfin, il a appelé Israël à « respecter le territoire libanais et son intégrité » alors qu’une invasion terrestre semble de plus en plus probable.

    Le chef de l’État affirme sa détermination à « bâtir une coalition » pour sécuriser les « voies maritimes essentielles ». Il aurait été préférable qu’il dise sa volonté d’agir pour faire prévaloir la diplomatie, le multilatéralisme et la paix.

    La France doit rejeter les ambitions impérialistes des États-Unis sur le détroit d’Ormuz et sur le pétrole iranien. Pour retrouver une voix forte, notre pays doit reconsidérer son positionnement stratégique. Comment demeurer plus longtemps dans l’Otan sous domination des États-Unis qui agissent sans informer leurs alliés ni tenir compte du droit international ?

    Un débat parlementaire est indispensable pour décider de la voie à suivre pour protéger les Français militairement mais aussi dans leur pouvoir d’achat, gravement menacé par l’embrasement du Moyen-Orient.

  • Macron envoie la flotte en Méditerranée

    Macron envoie la flotte en Méditerranée

    Une allocution brève depuis le palais de l’Élysée : Emmanuel Macron s’est adressé ce mardi ce soir aux Français, pour la première fois depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. Un conflit déclenché par une offensive menée samedi par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Mais pour le président français, la République islamique « porte » la « responsabilité première de cette situation », par le développement d’un « programme nucléaire dangereux » et des « capacités balistiques inédites », mais aussi en finançant ses proxys : le Hezbollah libanais, les Houthis au Yémen, des milices chiites en Irak et enfin le Hamas dont le but est « de détruire l’État d’Israël ». L’Iran « qui a une nouvelle fois, en janvier dernier, donné l’ordre de tirer sur son propre peuple », justifie-t-il en référence aux mouvements de protestation durant lesquels des milliers de personnes ont été tuées.

    Les opérations militaires israélo-américaines qui ont suivi, ont été menées « en dehors du droit international, ce que nous ne pouvons pas approuver », reconnaît néanmoins Emmanuel Macron, sans les condamner pour autant. La France demande, avec l’Allemagne et le Royaume-Uni, un arrêt « au plus vite de ces frappes » et la reprise de négociations diplomatiques.

    Nul ne sait combien de temps cette guerre peut durer. Dès lors, le chef d’État français annonce le renforcement de la sécurité des bases militaires de la région, de même que les ambassades. Les 400 000 Français présents dans la région se verront proposer, s’ils le souhaitent, des solutions de rapatriement. Le gouvernement a renforcé sur le territoire national le dispositif de protection militaire Sentinelle et « la vigilance autour des lieux et des personnes les plus exposées ».

    Le jeu des alliances

    Puis, alors qu’une carte de la région est projetée, il rappelle les accords de défense signés avec le Qatar, le Koweït et les Émirats arabes unis et les engagements qui lient la France avec la Jordanie, l’Irak et les alliés kurdes. Il confirme que des avions Rafale, des systèmes de défense anti-aérienne et des radars aéroportés ont été déployés « ces dernières heures » dans la région. Quand, à Chypre, pays membre de l’UE qui a été frappé, des moyens de défense anti-aérienne « supplémentaires » ont été envoyés, en plus de la frégate Languedoc qui arrivera au large de l’île « dès ce (mardi) soir ». Le président dénonce par ailleurs « la faute majeure du Hezbollah » qui a lancé des frappes sur Israël. Alors que l’État hébreu prépare une offensive terrestre, il met en garde contre ce qu’il estime être « une escalade dangereuse et une erreur stratégique ».

    Enfin, avant de conclure, le président qui est le chef des armées, dit avoir ordonné le déploiement du porte-avions Charles-de-Gaulle, ses moyens aériens et son escorte de frégates, en Méditerranée. Ce qui peut être considéré comme une escalade, un point de bascule. « La France demeure une puissance qui protège les siens, une puissance attachée à la paix, fiable, prévisible et déterminée », assure le président de la République. Ce n’est pas le « nous sommes en guerre », au temps du Covid, mais ça y ressemble.

    Réactions

    Parti communiste français

    « L’annonce de l’envoi du porte-avions Charles-de-Gaulle marque une nouvelle étape dans l’escalade militaire au Proche et au Moyen-Orient. (…) Ne participons pas à une logique de surenchère guerrière. Portons une voix indépendante pour un cessez-le-feu, la reprise des négociations sous l’égide des Nations unies et le respect du droit international. »

    Olivier Faure Premier secrétaire du PS

    « L’urgence est au retour du droit international et au refus d’une escalade régionale dont personne ne maîtrise l’ampleur. Le rôle de la France est de fixer des repères clairs dans un moment où de faux démiurges s’acharnent à les effacer. »

    Marine Tondelier secrétaire nationale d’EELV

    « La guerre des États-Unis et d’Israël contre l’Iran n’est pas la nôtre. Elle peut déstabiliser durablement la région. Nous ne défendons pas un camp mais le droit international qui est bafoué par l’Iran, par son programme nucléaire, et par cette intervention militaire sans mandat de l’ONU. »

    Raphaël Glucksmann eurodéputé place publique

    « On est entrée dans un moment de bascule extrêmement dangereux. Il y a un réel risque d’embrasement de la région et ce moment-là ne va pas s’arrêter rapidement. Et il faut que l’Europe, qui n’est absolument pas préparé à ce type de moment historique, prenne au sérieux la situation et affirme sa souveraineté. »

    Jean-Luc Mélenchon fondateur de La France insoumise

    « Il est pénible d’entendre le Président français retirer toute responsabilité de la situation à Trump et Netanyahou. (…) Pour autant le respect des engagements internationaux de notre pays, notamment avec Chypre, membre de l’Union européenne, est légitime. Mais les actions de protection ne peuvent d’aucune manière devenir des actions offensives (…) le cessez-le-feu immédiat est l’urgence politique. »

    L’après

    « Il faut créer, dans le respect du droit international, les conditions pour que les Iraniennes et les Iraniens puissent décider librement de leur futur démocratique. »

    Philippe Poutou Nouveau Parti anticapitaliste

    « Non à la guerre impérialisme et à bas la république islamique ! Solidarité avec les peuples d’Iran en lutte pour la justice sociale, l’égalité et la liberté ! »

    Bruno Retailleau président de Les Républicains

    « La France ne peut rester spectatrice en Iran. Lorsque des missiles visent nos alliés et mettent en danger nos ressortissants, nous devons participer à leur interception. Une nation qui se respecte protège les siens et assume ses alliances. »

  • Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Mobilisés pour le maintien d’Orange à Saint-Mauront

    Ils y travaillent, y ont travaillé et ne veulent pas entendre parler de la disparition d’Orange à Saint-Mauront (3e). Métro national, devant les grilles du site, une centaine de personnes se sont rassemblées, ce mardi 3 mars, à l’appel de la CGT pour le maintien de l’entreprise, installée là depuis 1974. Des techniciens sont aussi venus en soutien depuis le Vaucluse ou les Hautes-Alpes. Après une première fermeture en novembre suite à une rixe à proximité, la direction Sud-Est de l’opérateur avait décidé de fermer de nouveau, le 8 janvier, après des impacts de tirs sur la façade. Même si la préfète de police avait indiqué que « tout [laissait] à penser que ces faits [s’étaient] produits en dehors des heures ouvrables ».

    Ce qui fait dire à Olivier Neri, secrétaire général de la CGT Télécoms 13, que tout cela n’est que prétexte. « On ne sait pas encore quelle est la vraie raison de cette décision, cela n’est pas possible qu’un opérateur historique, pour un problème de sécurité, ferme », estime le syndicaliste, rappelant que 35 millions d’euros ont été investis à Saint-Mauront en « même pas deux ans ». Sans remettre en cause le « sentiment d’insécurité », il l’affirme : « En 8 ans, on recense deux agressions. » Il dénonce les effets d’un discours d’extrême droite de la part de « certains syndicats ». En clair, la CFE-CGC dont le président, Sébastien Crozier, comparaît la situation « au même phénomène il y a 15 ans, dans une réserve d’Indiens qui s’appelle la Seine-Saint-Denis ».

    Depuis janvier, les salariés travaillent de chez eux toute la semaine ou s’inscrivent sur des sites de coworking loués par Orange. « Un retour des activités tertiaires (…) n’est pas envisagé. Le site est néanmoins pérenne car il va continuer à abriter les activités techniques », nous indique la direction, précisant avancer « en parallèle dans la recherche d’un ou deux sites complémentaires, à Marseille, pour l’ensemble des équipes tertiaires ». Après en avoir fermé ou vendu une bonne partie, rappelle la CGT.

    Manque de lien social

    Terminal des câbles sous-marins, le site de Saint-Mauront reste stratégique. Et a aussi toute sa place dans le quartier. Des habitants soutiennent les manifestants ce matin-là. « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici », commente une riveraine. Jean-Paul et Monique, anciens de ce qui était alors France Télécoms, acquiescent. « Vous vous rendez compte, 1 000 salariés, c’est une perte immense pour le quartier », s’inquiètent-ils. Olivier Neri se souvient, lorsqu’il jouait « au foot avec des équipes de Félix-Pyat », que les directeurs aidaient les clubs en donnant des équipements. « Cela ne se fait plus depuis 10 ans et on est en train de le payer », pense-t-il, pointant le « manque de lien social entre Orange et le quartier ».

    Pour Jérémy Bacchi, sénateur PCF des Bouches-du-Rhône, « une fois de plus, on fait le choix de reculer face au narcotrafic plutôt que de résoudre le problème ». Et de déplorer qu’on déménage des locaux « en laissant le quartier sans réponse ». Pour lui, la disparition d’Orange s’inscrit aussi dans la fuite des services publics, s’indignant qu’il puisse y avoir « des ghettos dans notre ville ».

    Sur la même longueur d’onde, Jean-Marie Angeli (PCF), adjoint au maire de secteur, s’inquiète du « mauvais signal envoyé » et fait le parallèle avec la fermeture du bureau de poste derrière la mairie centrale. « Autant d’emplois de proximité en moins, qui font pourtant vivre le quartier », dénonce l’élu, précisant que la direction d’Orange et le préfet vont être interpellés. Alladine Abdallah Salim, tête de liste LFI aux municipales dans le secteur, se dit lui aussi inquiet, mais estime qu’il est encore possible d’en sortir « par le dialogue et la concertation ». En attendant, la CGT Télécoms prévoit d’autres rassemblements.

    « Ils ont bien raison. Et nous alors, on y vit bien ici »

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Martine Vassal

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invitée Martine Vassal

    Municipales de Marseille, listes, programme, soutiens, priorités…

  • Festival féministe au Prolé, à Nîmes : « Battement d’elles », le programme complet

    Festival féministe au Prolé, à Nîmes : « Battement d’elles », le programme complet

    Du vendredi 6 au 28 mars, sous le titre « Battement d’elles », le festival, dont La Marseillaise est partenaire, propose des spectacles, des conférences, des expositions, des tables rondes, projection de film et bal. La journée internationale de lutte pour les droits des femmes donne lieu à une grande manifestation le samedi 7 mars dans les rues de Nîmes.

    Coup de projecteur sur l’affaire Pelicot

    Un reportage photographique et un récit graphique documentent des aspects différents de ce procès hors-norme, dit « des viols de Mazan », qui s’est tenu à Avignon en première instance puis à Nîmes en appel. Le festival féministe des Amie.s du Prolé met en lumière ces œuvres.

    L’une à Avignon lors du procès en première instance, l’autre à Nîmes lors de l’appel. L’une dans l’enceinte de la salle d’audience, l’autre à l’extérieur du tribunal. Les Gardoises Julie Emile-Fabre et Patricia Hamel ont toutes deux documenté l’affaire dite des viols de Mazan, au retentissement mondial. Elles participent au festival féministe des Ami.es du Prolé, où sont présentés leurs travaux respectifs : un récit graphique et un reportage photographique inscrit dans le cadre d’une exposition collective.

    Le jour de l’ouverture du festival, vendredi 6 mars, l’autrice Julie Emile-Fabre présente à 17h30, sur le stand de la librairie L’eau vive, son ouvrage Le procès, des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot, publié aux toutes jeunes éditions Morgen. Ce récit graphique, qui paraît le 4 mars, est la première œuvre artistique éditée de cette chercheuse et critique d’art. « Je me questionnais depuis longtemps sur la violence de genre, les violences intrafamiliales, les violences sexistes et sexuelles. » Le procès Pelicot, qui s’est ouvert le 2 septembre 2024 à Avignon, a été un déclic. « J’ai réalisé que le geste de Gisèle Pelicot d’ouvrir l’audience était un geste politique fort. Je me suis dit : il faut que j’y aille. »

    Julie Emile-Fabre, qui dessine depuis l’enfance, parvient à se faire accréditer comme dessinatrice d’audience. Elle s’immerge alors dans le procès, croquant « des portraits d’accusés, de gens de la cour, de Gisèle Pelicot… J’ai aussi pris des notes. J’ai fait une sorte de travail documentaire, tant par l’image que par le texte. Pour moi, c’était comme un terrain de recherche, ce procès ». Sans savoir, à ce moment-là, que cette matière nourrirait un récit graphique « dans lequel je fais des allers-retours entre l’intime et le collectif. Je mêle ma propre histoire, la manière dont j’ai vécu les violences de genre et les violences patriarcales depuis l’enfance, avec des moments du procès où je rapporte des témoignages d’accusés, des propos de témoins, des plaidoiries d’avocats… C’est une audience qui, parce qu’elle a été rendue publique, a permis à énormément de gens qui vivaient des choses de manière isolée de se retrouver et d’écouter ce que la justice allait faire de ces questions. »

    L’hommage en images aux soutiens de Gisèle Pelicot

    La photographe nîmoise Patricia Hamel a elle aussi perçu toute la portée de ce procès hors-norme. « L’ampleur du soutien à Gisèle Pelicot m’a énormément marquée au moment du procès d’Avignon. J’ai trouvé ça magnifique et très important. Je savais qu’il allait se passer le même genre de choses à Nîmes en appel. J’ai eu envie de le documenter », explique-t-elle. Dès l’ouverture du procès, le 6 octobre 2025, elle s’est donc postée aux abords du palais de justice, où se retrouvaient chaque jour nombre de collectifs féministes. « Il y avait bien sûr et avant tout cette idée de soutien collectif à Gisèle. D’ailleurs le titre de mon exposition : “Tu en touches une, on répond toutes”, emprunté à un slogan affiché sur une pancarte, l’illustre bien. Mais il y avait aussi une forte attente envers la justice », insiste Patricia Hamel. Une mobilisation qui s’adressait aussi « à tous les passants. Il y a eu de nombreux moments d’échanges avec des personnes lambda, qui revenaient le lendemain pour rejoindre le mouvement », témoigne la photographe.

    À travers la sélection d’images présentées jusqu’au 28 mars dans le cadre d’une exposition collective, Patricia Hamel se fait le relais de ces femmes et de leurs messages. « J’espère que l’intensité, l’énergie du moment et la détermination de ces femmes se percevra dans les photos et fera comprendre à quel point cette intention est positive et progressiste. » La photographe documentera également, sur un panneau composé d’une dizaine de photographies de plus petit format, le happening qui s’est déroulé devant le palais de justice de Nîmes autour du chant chorégraphié dénonçant les violences faites aux femmes « Un violador en tu camino », né au Chili et repris dans le monde entier. À noter que le vernissage de l’exposition, le 6 mars à 19h, se fait en présence des chorales « Les Simones » et « La chorale des luttes », toutes deux présentes en octobre 2025 devant le tribunal de Nîmes au moment du procès en appel dans l’affaire Pelicot…

    Programme

    Du 6 au 28 mars au Prolé

    Exposition collective avec : Mademoiselle a les nerfs (collages), Paillettes et Mimosa (gravures, masques). Patricia Hamel (photos « tu en touches une, on répond toutes, Nîmes, octobre 2025 »), Sylvie Vanston (photos, « femmes au travail dans le monde »). Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Vendredi 6 mars au Prolé

    17h30, Julie Émile Fabre présente son livre Le procès, des violences intrafamiliales à l’affaire Pelicot. Stand de la librairie L’eau Vive.

    19h, vernissage de l’exposition collective avec la chorale « Les Simones » et la « Chorale des luttes ». Restauration assurée par le Secours Populaire.

    20h30, Soirée DJset (de table) avec DJ La Frange « Out of the kitchen ». Performance et dance floor. Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Samedi 7 mars dans la rue

    Manifestation dans le cadre de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes. En matinée, Jardins de La Fontaine.

    Samedi 7 mars au Spot

    18h, spectacle « Elles improvisent », avec huit improvisatrices. Au 8 Rue de l’Enclos Rey, Nîmes. 04.66.36.85.64. Réservations sur helloasso.com et le site du Spot. Tarif 8 euros. Recette au profit de Via Femina Fama.

    Jeudi 12 mars au lycée Daudet

    18h30, spectacle Silex. Conférence acrobatique sur la sexualité par la compagnie Sid. Dès 14 ans, Silex est une alternative démystifiante de croyances sexuelles et amoureuses. Réservation obligatoire sur helloasso. Entrée gratuite pour les adhérents 2026 des Ami.es du Prolé et les élèves du lycée Daudet. Autres : 5 euros.

    Samedi 14 mars au Prolé

    18h, contes au féminin par Teddie Allin et Claire Chevalier. Public : famille et à partir de 7 ans.

    16h, goûter avec crêpes. Entrée libre. 80, rue Jean-Reboul, Nîmes.

    Mardi 17 mars au Sémaphore

    18h15, projection du film Jane Austin a gâché ma vie de Laura Piani. En partenariat avec Les écrans britanniques et irlandais. 25 Rue Porte de France, Nîmes. 04.66.67.83.11.

    Samedi 21 mars au Prolé

    14h30, rencontre avec Violaine de Fillipis-Abate, autrice de La résistance écarlate : les femmes face au nouveau backlash ». 80, rue Reboul, Nîmes. Entrée libre.

  • [Entretien] Michaël Delafosse : « Faire de la ville de Montpellier une locomotive de l’emploi  »

    [Entretien] Michaël Delafosse : « Faire de la ville de Montpellier une locomotive de l’emploi  »

    La Marseillaise : Vous avez gagné en 2020 en tant qu’outsider. Êtes-vous confiant dans le rôle du favori ?

    Michaël Delafosse : J’ai l’expérience du maire mais je vis la campagne avec la même exigence qu’en 2020. On a fait 12 réunions publiques, on aura un meeting de clôture, on n’esquive aucun débat. Certains ont les moyens de se payer des sondages, il ne faut pas s’y fier, ils sont aussi des outils de manipulation de l’opinion. Le meilleur sondage, c’est d’aller à la rencontre des habitants, de se nourrir des discussions.

    Vos 10 opposants vous décrivent comme macroniste, décidant seul, l’incarnation du système PS ayant endetté la Ville…

    M.D. : L’institut Montaigne nous classe comme 2e ville la mieux gérée de France avec une situation financière qui s’est améliorée depuis 2019. Je regrette l’absence de rigueur dans l’opposition. Le tramway est un investissement pour 50 ans au moins et la rénovation des écoles, on ne pouvait pas attendre. Roosevelt a eu raison de faire le New Deal, les USA en bénéficient. Certains opposants n’ont même pas siégé [Mohed Altrad, Ndlr]. Je décide avec le conseil municipal et de Métropole avec 30 autres maires avec qui je ne me suis pas fâché. C’était ma promesse de gouvernance apaisée. LFI est dans la caricature. Je serais macroniste parce que j’ai accueilli le Président de la République ou François Bayrou ? Quand on est de gauche, on défend la laïcité, la liberté de conscience. Je dois à Mélenchon mes convictions laïques, lui a évolué sur le sujet. J’observe que LFI n’a qu’une seule cible, c’est la gauche. Ils se sont opposés à la gratuité des transports, à la résorption du bidonville de Celleneuve. Leur tract n’est pas pour Montpellier c’est contre ce que nous faisons. Ce sont des caricatures, on voit bien que madame Oziol ne veut pas être maire de Montpellier. Elle est là à d’autres fins, pour financer plus de permanents pour son parti ou autre.

    Georges Frêche voulait développer la ville vers la mer. Quelle est votre vision de la métropole ?

    M.D. : J’entends agir sur toutes les échelles. Président de la Métropole, je serai très actif pour poursuivre les coopérations avec nos voisins, quelle que soit leur couleur politique. C’est l’intérêt général qui doit primer. Je veux qu’on traite à égale dignité chaque quartier. D’où mon ambition à la Mosson avec l’Anru pour réaménager. C’est aussi un enjeu à l’échelle métropolitaine. Les habitants avenue de la Justice de Castelnau ont des voitures venant du Crès et de Vendargues. D’où le développement du bustram. Pareil sur l’avenue de Toulouse avec du trafic depuis Pignan. D’où le contournement routier ouest…

    Montpellier gagne 4 000 habitants par an. Est-ce soutenable ?

    M.D. : On ne peut pas être la seule ville qui accueille la croissance démographique. Il faut la répartir. On travaille avec Sète, Lunel et Lodève. Il y a un enjeu de rééquilibrage du territoire. Cela passe par le Service Express régional métropolitain (Serm) avec des car express, les coopérations économiques, l’offre de santé. Je défends l’étoile ferroviaire mais ce sera cher et long alors que la LGV va cadencer le TER pour les travailleurs. Je suis abasourdi de voir que madame Oziol ne veuille pas améliorer le train du quotidien. Je dis aussi que le tramway doit sortir de la métropole par le Sud. Les habitants de Mauguio-Carnon galèrent dans les embouteillages.

    Donc la 5e ligne de tramway n’a pas sifflé la fin des grands chantiers ?

    M.D. : Pour des raisons financières, il n’y aura pas de 6e ligne dans le mandat. Mais il nous reste 4 lignes de bustram à finir d’ici 2032. Et on fera sortir le tramway vers le port de Carnon ou l’aéroport. On verra avec leur prochain maire. Le rôle du maire c’est de voir loin pour agir juste.

    Vous voulez créer 30 000 emplois. Comment comptez-vous faire ?

    M.D. : Quand vous connectez la gare Sud de France au tramway, quand vous vous équipez de la plus grande centrale géothermie de France, quand vous adoptez un Plan local d’urbanisme intercommunal avec 350 hectares réservés aux entreprises, vous créez des conditions favorables pour attirer des entreprises comme Cykero, dans les jeux vidéo, les studios de cinéma, la bioproduction de médicaments, le tourisme… Nous devons être attractifs et répartir les entreprises dans la métropole. Dans une France des procédures qui dévore la France des projets, Montpellier doit être une locomotive de l’emploi.

    Que peut vraiment faire un maire contre le narcotrafic, ce fléau ?

    M.D. : D’abord ne pas faire l’autruche, ne pas dire comme mon prédécesseur, la sécurité c’est l’État. Le narcotrafic nécessite la mobilisation de tous. J’ai eu des engagements forts qui m’ont valu d’être menacé. Les condamnés pour deal ont été expulsés de leur logement social. Je mène un combat contre les vitrines du narcotrafic que sont les épiceries de nuit. L’immense majorité sont des lessiveuses. Notre arrêté renforce les pouvoirs du préfet et du maire. Ensuite on va ajouter 100 policiers municipaux et doubler les caméras (1 000 au total). On fera des campagnes de prévention de santé contre la cocaïne, on sera aussi aux côtés de la Protection judiciaire de la jeunesse.

    Vous avez reconnu un « fiasco » sur les déchets. La chaudière CSR décriée est-elle la seule solution ?

    M.D. : C’est la solution validée par tous les maires et préconisée par l’agence de l’énergie (Ademe) que l’extrême droite veut faire fermer. Il y a un CSR en plein milieu de Copenhague. On va faire le nôtre à Ametyst à 45 mètres de l’autoroute. On sera très vigilant sur la qualité de l’air. Si on ne fait rien, les feuilles d’impôt vont exploser pour exporter par camions nos déchets dont plus personne ne veut. J’observe que le maire EELV de Lyon n’a pas fermé son incinérateur. On doit être à fond sur le tri et avec les 40 000 tonnes qui restent nous produiront de l’énergie qui fera baisser la facture de 20 000 ménages et la taxe des ordures ménagères de 10%. Je reconnais mon erreur de ne pas avoir mesuré la gravité de la situation. On fera une concertation.

    Comptez-vous peser à la présidentielle face au danger RN ?

    M.D. : Mon seul adversaire dans cette campagne c’est l’extrême droite. Ceux qui se réclament de gauche, je suis frappé par l’énergie qu’ils mettent à essayer de l’affaiblir. Je crois que ce que nous défendons à Montpellier peut être inspirant, que la question écologique doit toujours être liée à la question sociale : c’est l’exemple de la gratuité des transports. Nous devons être des combattants indéfectibles de la culture et du sport pour tous… Je serai dans le débat national. Je suis frappé qu’il soit aussi coupé des réalités vécues par les gens. Il faut donner de la force à nos services publics. L’École et l’Hôpital public doivent être plus efficaces. Je prendrai la parole sur ces sujets après les municipales.

  • [Tribune] Le Printemps marseillais face aux extrêmes droites, un choix de civilisation

    [Tribune] Le Printemps marseillais face aux extrêmes droites, un choix de civilisation

    Marseille est un véritable laboratoire de la situation politique nationale : une extrême droite unifiée autour de Frank Allisio et de Stéphane Ravier, porteuse de haine et de division, vampirise une droite flirtant avec le pétainisme. Ici comme ailleurs, tout se passe comme si l’alliance entre le Rassemblement national de Marine Le Pen, Jordan Bardella, et les Républicains (qui ne le sont plus) de Bruno Retailleau est de fait en train de se réaliser.

    Benoit Payan et le Printemps marseillais ont raison d’affirmer que c’est le danger majeur qu’il nous faut affronter pour garder Marseille à gauche. C’est pourquoi il est regrettable que la gauche, ici aussi, ne soit pas totalement unifiée au sein du Printemps Marseillais, majorité sortante rassemblant l’essentiel des forces de gauche, écologistes et citoyennes.

    Et pourtant, il y a urgence. L’ascension des nationalismes identitaires et inégalitaires, racistes et xénophobes, sexistes et homophobes, s’expliquent, à Marseille comme partout dans le monde, par l’exploitation des imaginaires de la peur. Ceux-ci attestent de l’effondrement des valeurs démocratiques de progrès, de sécurité et de paix qui se fracassent sur le mur des exigences d’un néocapitalisme qui ne veut plus d’entraves à sa prédation des êtres humains et de la nature. Il tente d’imposer son emprise sur les individus dans tous les domaines de la vie. Pour parvenir à leurs fins, les oligarchies financières n’hésitent plus à entretenir des liens étroits avec les mouvements d’extrême droite en qui ils voient le moyen de détourner la colère des peuples des véritables responsables de leur situation.

    C’est donc à une crise du sens même des sociétés à quoi nous sommes confrontés. Une crise de civilisation ou plutôt une entreprise de dé-civilisation pour reprendre la formule de Roland Gori. En effet, si nous n’y prenons garde, c’est l’ensemble des conquêtes sociales, des libertés individuelles et collectives, des acquis des luttes féministes, antiracistes, écologistes, démocratiques et pacifiques qui seront très vite mis en cause.

    Le sursaut est urgent et nous devons recréer l’espoir d’une autre société d’émancipation humaine, une nouvelle civilisation faite de liberté, d’égalité et de solidarité, de fraternité, de sororité et de parité, de diversité et d’altérité. C’est possible et l’histoire nous apprend que les peuples finissent toujours par avoir vaincre les absolutismes.

    Il n’y a aucune raison que nous ne soyons capables de relever à nouveau le défi, de provoquer le sursaut nécessaire. D’autant plus qu’il est déjà à l’œuvre dans les luttes sociales et écologiques, dans les combats féministes et antiracistes, dans la bataille culturelle et même sur le plan électoral puisque la gauche rassemblée a su arriver en tête aux dernières élections législatives.

    Nous pouvons le faire à Marseille dont l’histoire a montré qu’elle a toujours su faire face aux entreprises de haine et de division. Le Printemps marseillais, toutes les enquêtes le montrent, est le seul en mesure de battre les néofascistes. Il porte un projet de ville solidaire, durable, démocratique avec l’ambition de promouvoir le « Vivre ensemble » seul capable de garantir la sécurité publique.

    Son bilan est bon malgré l’héritage calamiteux des municipalités Gaudin. Éducation, culture, sécurité, logement, environnement, solidarité, sport, budgets participatifs… La ville a permis d’avancer sur tous les terrains. Sans l’aide de la Métropole dirigée par Martine Vassal, elle a su ouvrir des perspectives pour Marseille qu’atteste le Programme présenté autour du triptyque « Protéger, Rassembler, Préparer l’avenir » auquel je vous renvoie. Sa victoire sera un nouveau signe dans la reconquête de nos valeurs pour les Marseillaises et les Marseillais, mais aussi pour la France.

  • Le triomphe marseillais à l’Olympico passé au crible

    Le triomphe marseillais à l’Olympico passé au crible

    Pourquoi Habib Beye a choisi de retirer le brassard de capitaine à Leonardo Balerdi ?

    « J’aimerais garder la discussion que j’ai eue avec Léo à ce sujet, mais en tout cas, je l’ai vu, je lui ai expliqué pourquoi je souhaitais le décharger en quelque sorte de cette responsabilité », a confié Habib Beye en conférence de presse d’après-match. « Mais ce que je veux dire aussi, c’est qu’aujourd’hui des capitaines, on en a beaucoup dans ce groupe-là », a-t-il poursuivi en faisant référence à des piliers comme Pierre-Emerick Aubameyang ou Nayef Aguerd.

    Mais le choix du coach franco-sénégalais s’est porté sur Pierre-Emile Højbjerg, en raison de son expérience à Tottenham et au sein de l’équipe nationale du Danemark, où il est le capitaine. « On a vécu des semaines très lourdes et on s’est vraiment regardé dans le miroir. On s’est posé des questions, ce qui est bien aussi parfois, et on a rebondi. On a montré ce qu’on a ici, à l’intérieur. Aujourd’hui, je suis très fier de tout le monde. Le stade a été incroyable et, ensemble, ça a provoqué un déclic. Je n’ai pas trop de mots pour décrire ce que j’ai ressenti, mais le sentiment que j’avais quand j’ai terminé le match, quand j’étais dans les vestiaires et maintenant, c’est : “Je suis fier d’être Marseillais” », a lâché le milieu de terrain de 30 ans.

    Pourquoi Quinten Timber a été remplacé

    à la mi-temps ?

    L’entraîneur de l’Olympique de Marseille, Habib Beye, a décidé de faire sortir Quinten Timber pour des raisons physiques. « Ce n’est pas du coaching, il s’est démis l’épaule, on la lui a remise, mais il y avait trop de douleurs. Il fermait bien la première passe adverse », a souligné le technicien phocéen, conscient que son choix s’est avéré payant également d’un point de vue sportif avec l’entrée décisive de l’ailier brésilien Igor Paixão. « On connaît les qualités d’Igor, on a vu en première période qu’il y avait beaucoup d’espaces sur ce côté-là, avec le losange, les Lyonnais défendaient énormément côté ballon et laissaient libre l’autre côté, sans ballon. Hamed (Traoré) a eu des situations, a été intéressant. Le but d’Igor est fantastique, c’est un garçon qui amène beaucoup de joie au quotidien, il a toujours le sourire », a ajouté Beye.

    Est-ce que la meilleure équipe a remporté cet Olympico ?

    L’entraîneur de l’Olympique Lyonnais, Paulo Fonseca, n’était pas très bavard après la défaite dimanche soir, où il a toutefois lancé que « l a meilleure équipe a perdu ». En réponse à son homologue portugais, Habib Beye a préféré adopter une position plus mesurée : « On a tous nos sentiments et nos analyses. S’il considère qu’il était la meilleure équipe, je dis souvent qu’il n’y a pas de hasard dans le foot. Je ne veux pas remettre ce qu’il a dit en question, mais ce que je sais, c’est que c’était un match difficile pour nous. C’était un beau combat, on est très satisfait ce soir en tant que club. »

    D’un point de vue tactique, les Lyonnais étaient mieux organisés que les Marseillais. Les deux équipes ont eu de nombreuses occasions, avec de nombreux face-à-face remportés par leurs gardiens respectifs. Mais les Phocéens ont montré un meilleur état d’esprit sur l’entièreté de la rencontre.

    Quelle a été la clé de cette belle animation offensive marseillaise ?

    Pour Habib Beye, la clé a été la fermeture de leur double pointe basse. « Quinten a été capable de fermer cette première passe pour les orienter sur le côté. On savait qu’on avait des joueurs qui pouvaient gérer ces situations. C’est une belle équipe en face, pas n’importe quel entraîneur. Ce soir on a eu le ballon, ils ont été bons, nous aussi par séquences. C’est le scénario du match qu’il faut souligner, plus que ce qu’on a mis en place. On a été très compact dans nos lignes dans ce 4-2-3-1 », a développé l’entraîneur marseillais.

    Avec un doublé décisif, est-ce que Pierre-Emerick Aubameyang a été étincelant dans cet Olympico ?

    Son doublé a permis à l’Olympique de Marseille de l’emporter in extremis dimanche soir, il est donc évident qu’il soit l’homme du match. Mais avant de faire la différence à la 81e minute, sa prestation était loin d’être convaincante. Effacé, Aubameyang n’a pas été moteur de l’animation offensive, a contrario d’un Mason Greenwood qui a admirablement joué son rôle de fer de lance, sans être décisif pour autant. Mais le vieux renard a utilisé sa grande expérience à bon escient pour être décisif au moment opportun. « Pour dire la vérité, je pensais même mettre un triplé. Ça peut paraître fou, mais c’est ce que je me disais quand on a pris le deuxième but. Le match pouvait rester ouvert. En tant qu’attaquant, il faut rester concentré. On a eu des occasions en première période. Quand tu restes dans ton match et que tu fais les efforts, à un moment, tu es récompensé. C’était ma mentalité à la pause », a raconté l’avant-centre de 36 ans, qui cumule désormais huit buts en championnat cette saison.

  • [Spectacle] Un voyage à travers l’histoire des femmes et de leurs droits

    [Spectacle] Un voyage à travers l’histoire des femmes et de leurs droits

    « Plus qu’un spectacle féministe, nous avons voulu faire un spectacle humaniste », assure Lydie Belmonte.

    Née à Marseille, dans une famille d’origine arménienne – ses grands-parents ont survécu au génocide –, Lydie Belmonte, en plus d’être historienne, est autrice, interprète de jazz, actrice, danseuse. Sacrées F’Ames* est un spectacle qu’elle a écrit, mis en scène et qu’elle interprète avec Alina Jamgotchian, Nicole Moreno et Lady Lou, danseuses et chorégraphes, accompagnée par trois musiciens, José Assa (piano), Rémy Chaillan (batterie), Franck Blanchard (contrebasse). Le spectacle est composé de douze tableaux qui campent douze archétypes féminins. Créé en 2021 à Marseille, Sacrées’F’Ames a été joué au festival Off d’Avignon, l’été dernier.

    « J’évoque la déesse, la mère, la femme et le cycle de la lune, la jeune fille, la femme amoureuse, la femme de pouvoir, la sorcière, la sainte, la femme de lettres, la femme mariée, la séductrice, la fille de joie, la femme emprisonnée, la femme libre, la guerrière », retrace Lydie Belmonte. Le spectacle aborde la transmission des droits des femmes et la lutte contre les violences qui leur sont faites, tout en conservant une dimension sensible, poétique et parfois pédagogique.

    Hommage à Joséphine Baker

    L’autrice s’appuie sur l’histoire de femmes qui ont marqué leur époque. Par exemple Hildegarde de Bingen (XIIe siècle), thérapeute, médecin, poétesse, compositrice. Ou Suzanne Valadon, d’abord modèle pour des peintres comme Renoir, Puvis de Chavanne, et qui deviendra peintre. Mais aussi Joséphine Baker, Mélinée Manouchian… Dans Sacrées F’Ames, Lydie Belmonte incarne ces différents « visages » de la femme, par le jeu, le chant et la danse, entourée de danseuses.

    Elle-même marquée par une histoire douloureuse, Lydie Belmonte confie : « à travers ce spectacle, je voulais honorer le combat au quotidien de toutes ces courageuses et leur donner peut-être un peu d’espoir. Malgré le temps et l’espace, il existe une sororité. J’aime bien ce terme. Ce spectacle rend hommage aux porteuses de l’humanité, à toutes les guerrières d’hier et d’aujourd’hui, connues ou inconnues, ici et ailleurs, qui se sont battues, et se battent toujours, pour leur liberté, leur indépendance, leurs droits civiques, économiques et leur droit d’exister. » Elle continue : « “Sacrées F’Ames” vise aussi à dénoncer cette violence physique et psychologique des hommes à l’encontre des femmes. »

    Lydie Belmonte a dédié Sacrées F’Ames à la soldate Anush Apétyan. Cette mère de trois enfants, militaire dans l’armée arménienne, a été capturée en 2022 près de Djermuk par les Azéris, et torturée à mort. Les tortionnaires ont diffusé les images de leurs actes barbares sur les réseaux sociaux…

    * À 20h30, 200 rue Jean-Ferrat. Tarif : 15 euros. Détails au 04.84.83.07.43.