Category: accueil-merge

  • Logement social, bataille oubliée du scrutin

    Logement social, bataille oubliée du scrutin

    Après la déflagration des effondrements de la rue d’Aubagne, la bataille pour un logement digne avait été au cœur de la bataille des municipales en 2020 à Marseille, jusqu’à la défaite inattendue de la droite en gestion. Six ans plus tard, la thématique peine à s’imposer dans le débat.

    « Le sujet a plus ou moins disparu des discussions », s’alarme ainsi le directeur régional de la Fondation pour le logement des défavorisés, Francis Vernede. La crise pourtant n’a jamais été aussi aiguë. « On parle d’une année noire sur le logement, pointe-t-il. On n’a jamais eu autant d’expulsions locatives : à l’échelle des Bouches-du-Rhône, ce sont plus de 1 000 ménages ! » Dans le même temps, l’attribution de logements sociaux a atteint son plus bas niveau, avec seulement 21 100 demandes satisfaites en région Provence-Alpes-Côte d’Azur pour 2024 sur 337 800 demandes (notre édition du 12/05/2025). De quoi nourrir l’envolée des prix et la prédation des marchands de sommeil, alors même que les besoins vont s’envoler entre l’attractivité de la région et la réindustrialisation annoncée.

    « Les candidats n’ont pas souhaité aller sur ce sujet parce que ce n’est pas ce qui sera payant », déplore Francis Vernede. Quand ils ne font tout simplement pas campagne contre la construction de logements, en particulier social. « Pour préserver le cadre de vie des Allaudiens, il faut résister à la pression foncière des promoteurs et de l’État qui nous impose 25% de logements sociaux », défendait auprès de La Provence le maire sortant (LR) d’Allauch Lionel de Cala, se vantant même qu’« aucune construction n’est sortie ». Et pourtant plus de 1 100 familles étaient en attente d’un logement social dans sa commune. À Marseille, ce sont les trois quarts des habitants qui sont éligibles pour en obtenir. « Le premier poste de dépense des ménages, c’est le logement, on ne peut pas l’oublier », insiste Francis Vernede. Et la publication en tout début de mandat d’arrêtés préfectoraux de carences en logement sociaux, pour les communes qui n’atteignent pas l’objectif de 25%, devrait le rappeler aux maires qui, dans les Bouches-du-Rhône, ont déjà dû payer 15,8 millions d’euros de pénalités en 2025.

    À Marseille, seuls les Insoumis y ont consacré une séquence de campagne, promettant de produire au moins 30 000 logements sur le mandat (notre édition du 06/03). « On sort des gros chiffres à la sulfateuse sans parler de l’assise financière nécessaire », déplore le directeur régional de la Fondation pour le logement des défavorisés. Au moment de présenter son programme le 17 février, le maire (DVG) sortant était de son côté revenu sur le travail réalisé au fil du mandat. « C’est extrêmement important de travailler encore et encore sur cette question », assurait Benoît Payan. Six pages de son programme y sont consacrées, promettant d’atteindre 25% de logements sociaux à Marseille et de mener une action foncière d’envergure. S’ajoutent l’augmentation des aides à la production de logements sociaux, des baux réels solidaires pour faciliter l’accès à la propriété et l’encadrement des loyers.

    « Vide sidéral » à droite

    Quant à la droite, le programme publié ce lundi n’a même pas de séquence dédiée. Si elle promet de « réhabiliter massivement le logement dégradé en reconstruisant la ville sur la ville » dans la continuité du travail conjoint entre la Ville et la Métropole, la candidate Martine Vassal mettait bien plus l’accent sur l’accès à la propriété, par un bail réel solidaire ou un prêt à taux zéro. « C’est le vide sidéral », souffle Francis Vernede, alors que l’accession à la propriété « concerne une part infime de la population ». Reste l’extrême droite, qui n’en dit pas un mot dans ses discours mais annonce dans son programme économique « pro-business » qu’il veut déréguler davantage le secteur. « Nous assouplirons la délivrance de permis de construire », s’engage le RN, en promettant de défendre les investisseurs et les propriétaires. Loin de l’urgence sociale.

    Et aussi

    16 communes carencées dans le Vaucluse

    Seize des 151 communes du Vaucluse restaient carencées au titre de la loi SRU en 2025. Pertuis arrive en tête des villes les plus sanctionnées, avec une amende qui dépasse les 660 000 euros, la plus élevée du département. C’est à Pernes-les-Fontaines que la pénalité a le plus progressé : la commune enregistre une hausse de +375%, passant de 95 000 à 454 000 euros. Une envolée qui illustre le retard important de la ville, qui n’a réalisé que 60 logements sur les 455 attendus sur la période précédente. Malgré l’inauguration de 27 villas sociales et plusieurs opérations engagées avec le bailleur Grand Delta Habitat, Pernes reste loin des objectifs de la loi SRU. Les deux communes incarnent les difficultés persistantes du département à rattraper la production de logements sociaux exigée par l’État.

    Dans le Var, le rythme reste insuffisant

    Le Var reste confronté à un déficit massif de logements sociaux. Le département compte 55 504 logements sociaux, alors qu’il en faudrait près de 47 000 de plus pour que toutes les communes respectent la loi SRU. Toulon, Roquebrune-sur-Argens, Six-Fours-les-Plages ou Saint-Cyr-sur-Mer, cumulent les pénalités les plus importantes au titre de la loi SRU.

    Sans surprise, la demande explose, avec 48 132 dossiers en attente. Face à cette pression, la préfecture tente d’accélérer la cadence : 1 261 logements ont été livrés en 2023, 1 458 en 2024 et 1 433 entre janvier et octobre 2025. Surtout, l’État a relevé les financements : 1 672 logements sociaux agréés en 2024, contre 2 500 prévus en 2025, portés par des bonus de subvention pour les opérations d’amélioration ou de reconstruction. Malgré cette dynamique, le rythme demeure insuffisant pour combler le retard, dans un département où la population continue de croître…

    Les efforts de Rosans dans les Hautes-Alpes

    Rosans, petit village de 500 âmes dans les Hautes-Alpes, compte 389 logements, dont 214 résidences principales. La commune se caractérise par un habitat majoritairement individuel (81,5% de maisons) et un petit parc social : 21 logements HLM (9,8% des résidences) initié par la commune. « On est les premiers à faire du logement locatif. Il y a un volet social important », indiquait dans nos colonnes le maire, Lionel Tardy.

  • Plus de 1200 personnes au meeting de Vincent Bouget et de Nîmes en commun

    Plus de 1200 personnes au meeting de Vincent Bouget et de Nîmes en commun

    Un meeting historique : plus de 1200 personnes étaient présentes, dimanche 8 mars, à la Halle des Sports, pour le grand meeting de campagne de Nîmes en commun et de sa tête de liste Vincent Bouget (PCF).

    Amal Couvreur, Pierre Jaumain, Julien Pacioni et Soukaïna Benjaffar ont précédé Vincent Bouget sur scène, pour défendre le droit des femmes, soutenir les associations, les habitants des quartiers populaires, s’engager pour la création d’emploi, l’accès aux soins, promouvoir l’action environnementale, «mais une écologie humaine qui ne laisse personne au bord du chemin». Enfin, la lutte contre la montée de l’extrême droite a traversé toutes les prises de parole, dénonçant «leur stratégie de des boucs émissaires sans jamais apporter de solutions concrètes».

    Le public a fait une ovation lorsque Amal Couvreur a rendu hommage aux Nîmoises. « Parce que je crois profondément à l’écoute, parce que je pense que l’engagement politique commence d’abord par l’attention que l’on porte aux autres, par la capacité à entendre les attentes, les inquiétudes, les espoirs. Mais il est des moments où il faut aussi prendre la parole. Des moments où il faut dire ce que l’on croit juste. Des moments où il faut affirmer une vision pour notre ville. Et des moments où il faut se lever pour défendre ce qui nous rassemble. Et aujourd’hui, nous sommes le 8 mars, et soyons claires, nous sommes féministes. Nous le sommes parce que nous refusons les inégalités, nous refusons les violences, nous refusons l’assignation à résidence. Je voudrais rendre hommage à nos mères, nos grands-mères, nos filles et nos petites-filles. A celles que l’on voit et celles que l’on ne voit pas. »

    En conclusion du meeting, Vincent Bouget a rappelé le chemin parcouru depuis 18 mois, avec l’équipe de Nîmes en commun : « nous sommes allés à la rencontre des Nîmoises et Nîmois : nous avons écouté et nous avons beaucoup travaillé à partir de ce que vous nous avez dit. Je crois que nous vous avons entendu…Partout vous nous avez dit la même chose : Oui, les Nîmoises et les Nîmois aiment leur ville, profondément. Mais oui aussi, ils veulent que les choses changent. Et bien je vous le dis : les choses vont changer ! Ensemble nous allons réunir notre ville. Ensemble, nous allons investir pour la rafraîchir. Nous allons faire revivre son esprit solidaire, festif et populaire, nous allons la rendre plus sûre, plus dynamique… Ensemble, ces prochaines années, nous allons redonner aux Nîmoises et aux Nîmois des raisons d’être encore plus fiers de notre ville. ».

    Soulignant la richesse intellectuelle et historique de Nîmes, Vincent Bouget a évoqué une période particulièrement marquante du récit récent de Nîmes : la solidarité qui s’est fortement exprimée pendant les inondations de 2008 : « Cette solidarité est toujours là. Dans nos quartiers, dans nos associations, cans nos familles, et dans cette salle ce soir. »

    Enfin, avant un appel à la mobilisation générale jusqu’au 15 et 22 mars, Vincent Bouget s’est attaché à décliner son programme, en 3 axes . Premier engagement : « réunir la ville et mettre fin à la ville à deux vitesses. En redonnant du pouvoir d’achat par la gratuité des transports des jeunes, la mutuelle municipale et l’ouverture d’épiceries solidaires notamment. En nous tenant aux côtés des entreprises pour développer l’emploi. Et aux côtés de ceux qui en sont le plus éloignés pour lever les freins à l’embauche. En ayant la même exigence de propreté, de services publics, d’espaces publics dans tous les quartiers.»

    Deuxième engagement : « accompagner chaque jeune, pas un jeune sans écoute, pas un jeune sans solution. En investissant dans les écoles, pour des conditions d’enseignement optimales, même au début de l’été. En faisant de Nîmes une vraie ville étudiante. En facilitant financièrement l’accès au sport, à la culture, aux transports, véritables leviers d’émancipation. En créant un réseau de réussite pour accompagner les jeunes dans leurs premiers pas vers l’emploi : des stages jusqu’à l’entrée dans leurs premiers jobs.»

    Troisième engagement : «rendre le pouvoir aux habitants, fini la gestion clanique ! Nous changerons profondément la méthode, comme nous le faisons depuis 18 mois ; nous redonnerons le pouvoir aux Nîmoises et aux Nîmois. Nous les associerons aux choix qui les concernent. Les comités de quartier seront soutenus, par une écoute active, et une association pleine et entière aux projets de chaque quartier de la ville. Nous mettrons en place des budgets participatifs pour que la voix des Nîmois, leurs aspirations, se concrétisent en réalisations.»

  • La procuration 100% en ligne, une nouveauté

    La procuration 100% en ligne, une nouveauté

    « T’es à Marseille le week-end prochain ? Si oui, peux-tu voter pour moi ? Je suis en train de faire ma procuration. » Avec ce message à sa copine, Sonia entend prendre ses précautions pour le premier tour des municipales, dimanche. Lors du précédent scrutin, celui des législatives anticipées en juin 2024, pas moins de 23 000 électeurs avaient fait ce choix, à Marseille, contre 9 000 pour les élections européennes, la même année. Expérimentée en 2024, la démarche 100% en ligne est réalisable cette année pour les utilisateurs du portail FranceConnect, rappelle le ministère de l’Intérieur, dans un communiqué. Pour ce faire, l’électeur doit disposer d’une carte d’identité au nouveau format, de type carte bancaire, et d’une identité numérique certifiée en mairie.

    Le papier toujours valable

    Si cette dernière condition n’est pas remplie, il est possible de déposer sa demande de procuration de manière dématérialisée via le service web maprocuration.gouv.fr, précise le ministère de l’Intérieur. Il faudra alors se déplacer physiquement dans un commissariat, une gendarmerie ou un consulat. Lors de la phase test, 100 000 procurations avaient été établies entièrement en ligne au niveau national, toujours selon Beauvau.

    Il est aussi toujours accepté de faire sa procuration à l’ancienne, avec un formulaire Cerfa papier et de se déplacer avec sa pièce d’identité pour la faire valider.

    À noter qu’il n’y a pas de date limite. La démarche est possible le dimanche 15 mars, jour même du premier tour du scrutin.

  • Ce que changerait une victoire de Nîmes en commun

    Ce que changerait une victoire de Nîmes en commun

    1. Réunir une ville jugée « à deux vitesses »

    Premier objectif affiché, martelé : rééquilibrer les politiques publiques entre les quartiers. La liste estime que certaines zones populaires souffrent d’un manque d’équipements et de services. Pour y répondre, elle propose la création de « Places communes » dans chaque quartier, des lieux de proximité mêlant services publics, activités associatives et espaces de rencontre. Ces structures pourraient accueillir, par exemple, des permanences d’élus, des jardins partagés, des ateliers associatifs ou des équipements sportifs ouverts aux habitants.

    2. Redonner du pouvoir aux habitants

    La question démocratique constitue un autre pilier du projet. La liste promet de renforcer la participation citoyenne avec des conseils de quartier plus décisionnels et des budgets participatifs. L’idée serait de permettre aux habitants de décider directement d’une partie des investissements municipaux : rénovation d’une place, aménagement d’un square ou création d’équipements de proximité.

    3. Renforcer la solidarité

    Face à la précarité, la coalition propose plusieurs dispositifs sociaux. Parmi eux, la création d’une mutuelle municipale négociée par la ville pour permettre aux habitants d’accéder à une complémentaire santé à tarif réduit. Le projet évoque aussi un campus des solidarités, destiné à coordonner associations, services publics et initiatives citoyennes. Des mesures plus concrètes sont envisagées, comme le développement de jardins partagés, d’épiceries solidaires ou de ressourceries.

    4. Une approche de la sécurité mêlant prévention et proximité

    Sur la sécurité, la liste défend une approche combinant présence policière et médiation. La liste propose notamment de renforcer la police municipale de proximité, avec des postes mobiles dans les quartiers, des bornes d’appel et d’augmenter les effectifs de médiateurs urbains chargés de prévenir les conflits. Elle souhaite aussi réaliser un audit du parc de caméras de vidéoprotection pour en évaluer l’efficacité.

    5. Faire de la jeunesse une priorité municipale

    La situation des jeunes à Nîmes constitue un axe central du programme. Parmi les propositions : gratuité progressive des transports publics pour les moins de 25 ans, création d’un pôle ressource jeunesse pour accompagner les jeunes dans leurs démarches (logement, formation, emploi) et renforcement du conseil municipal des jeunes avec un budget propre. Des actions sont également prévues contre le décrochage scolaire, notamment via des dispositifs d’accompagnement éducatif.

    6. Adapter la ville au changement climatique

    Face aux épisodes de chaleur de plus en plus fréquents, la liste met en avant une transformation écologique de l’espace urbain. Elle propose notamment une végétalisation massive de la ville, la création d’îlots de fraîcheur et la désimperméabilisation des sols pour lutter contre les fortes températures et les inondations. Les écoles et les quartiers les plus minéralisés seraient prioritaires dans ce plan d’adaptation.

    7. Développer l’économie sociale et solidaire

    Enfin, le collectif souhaite renforcer la place de l’économie sociale et solidaire dans le développement local. Le projet évoque notamment la création d’une école de la coopération, destinée à former habitants, entrepreneurs et associations aux pratiques coopératives. L’objectif serait d’encourager des modèles économiques plus participatifs, selon le principe « une personne, une voix ».

  • [Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »

    [Quoi de neuf] Serge Ragazzacci : « Une recrudescence des discriminations syndicales »

    Louis Dupin : Les années passent, mais les femmes subissent toujours les inégalités au travail. Les mesures mises en place ne sont que des effets d’annonce ?

    Serge Ragazzacci : Oui, effectivement, on a eu foultitude de mesures annoncées mais qui ne sont que cosmétiques puisque la réalité, année après année, elle demeure. Ce sont effectivement des écarts de salaires de l’ordre de 22, 25%. 40% lorsqu’on arrive à la retraite. Donc, pour nous, le 8 mars, notre slogan sera « on compare et on répare ». C’est-à-dire comparer véritablement les salaires des femmes et des hommes. Par exemple, dans la fonction publique, quand le gouvernement décide de ne pas augmenter le point d’indice, il s’en prend à des femmes. Parce que ce sont majoritairement des femmes qui travaillent dans la fonction publique hospitalière, la fonction publique territoriale. Il y a aussi d’autres sujets tels que les droits sociaux pour permettre un accès à l’emploi facilité. Et celui de ne pas avoir à faire ce choix, lors d’une naissance, de plutôt privilégier le congé maternité parce que la femme a souvent le plus petit salaire.

    L.D. : Sur l’égalité salariale, en juin 2026, la France va devoir transposer une directive européenne sur la transparence salariale. Est-ce que ça pourra changer les choses ?

    S.R. : Ce serait bien que la France la transpose déjà. Il y a des sujets où bizarrement ça ne pose aucun problème. Il faut que cette transposition ait lieu, ce qui permettra d’avoir des éléments sur les différences salariales. Et puis, on met le pied dans la porte. Donc si c’est plutôt positif on le prend, mais ça ne suffira pas. Il va falloir des mobilisations derrière, parce qu’au-delà des inégalités dans l’entreprise, il y a aussi à avoir de véritables politiques d’augmentation salariale.

    Olivier Nottale : Le syndicalisme est attaqué de toutes parts, on vous pointe du doigt…

    S.R. : Oui, on constate une recrudescence des discriminations et des plaintes contre des syndicalistes. La plus emblématique étant celle de Sophie Binet. Ça peut amener des années de procédure, des militantes et des militants vont avoir à subir des interrogatoires pendant parfois plusieurs années pour des faits qui ne sont absolument pas répréhensibles. Et puis, au-delà de ça, ce qui nous inquiète, c’est que ces discriminations s’inscrivent dans un schéma global de remise en cause de l’ensemble des libertés fondamentales : le droit de grève, le droit de manifester mais aussi la justice.

    L.D. : Sur le département, vous venez d’ailleurs de finir votre mois sur les libertés syndicales pour recenser les discriminations ?

    S.R. : On avait lancé un mois des libertés syndicales pour avoir une remontée dans les entreprises parce qu’il y a des problèmes. On va continuer à recenser les cas de discriminations pour communiquer dessus, mais aussi sur les victoires. On a réussi à obtenir une victoire en première instance pour une camarade à Montpellier. On a le non-respect d’un protocole de fin de conflit à l’hémodialyse à Castelnau-le-Lez où la boîte a été sévèrement condamnée.

    L.D. : L’avenir du dépôt SNCF de Béziers va se jouer cette année. La CGT propose un projet pour le sauver…

    S.R. : C’est assez symptomatique de ce qui se passe dans le pays et sur notre département. Il y a près de 30 ans que le dépôt doit être fermé, qu’on empêche sa fermeture. Il y a 2 ans, on apprend que le dépôt fermerait d’ici trois ans. Pourquoi ? Les directions de la SNCF ne sont pas capables de répondre. Donc on a retravaillé avec le syndicat, puisqu’on a un problème sur cette région : il va y avoir de nouvelles rames qui vont arriver pour desservir la région. On sait que les deux centres de maintenance sont en surcapacité, ils ne peuvent pas engranger plus de boulot. Quid de l’entretien de ces nouvelles rames ? Il va falloir régler les problèmes de maintenance et d’entretien du matériel. C’est vital pour les trains du quotidien d’assurer une régularité, la sécurité des transports de voyageurs. Donc on a relancé l’idée à la fois du maintien du dépôt et des emplois – il en reste une quarantaine – mais surtout avec la création d’un centre de maintenance qui pourrait effectivement créer 100-150 emplois dans les années à venir. La Région a été interpellée, la SNCF est en train d’étudier la faisabilité du site. Derrière, ce qu’on est en train de faire, c’est de faire signer des pétitions et de mettre la population biterroise dans le coup.

    O. N. : Sur ces problèmes d’emploi, on a l’impression que dès qu’il y a une solution, ça freine, il y a un double discours…

    S. R. : Il n’y a pas un double discours, il y a une absence de volonté politique. Il y a 300 milliards d’aides publiques données sans aucune contrepartie. On aurait très bien les moyens aujourd’hui de protéger un certain nombre d’emplois et d’industries dans notre pays alors qu’on continue à licencier. Mittal, par exemple, touche 300 millions d’euros d’aides publiques pour licencier les gens en France. Il faut arrêter. Une des solutions peut être la nationalisation. Une autre serait de conditionner les aides. Et puis qu’il y ait une véritable stratégie nationale.

  • Marseille-Cassis : inscriptions, mode d’emploi

    Marseille-Cassis : inscriptions, mode d’emploi

    Il y en a 20 000 et pas un de plus : ce sont les dossards du Marseille-Cassis. La course pour les récupérer débute ce lundi. Avec cinq sessions.

    Inscriptions en groupe spéciales universités et écoles supérieures. Lundi 9 mars de 10h à 17h sur le site internet marseille-cassis.com. Réservation de 10 à 50 coureurs maximum par équipe : tarif unitaire préférentiel de 70 euros. Session limitée à 500 places qui seront exclusivement réservées aux étudiants de chaque établissement.

    Inscriptions en groupe. Mardi 10 mars 2026 à 10h sur le site internet marseille-cassis.com. Session ouverte aux entreprises, associations et clubs sportifs avec réservation de 20 à 100 dossards maximum. Tarif unitaire de 80 euros

    Inscriptions pour les licenciés de la Fédération française d’athlétisme. Du mercredi 11 mars à 9h au jeudi 12 mars à 9h sur le site internet marseille-cassis.com. Session limitée à 1 500 places, au tarif de 70 euros.

    Inscriptions individuelles. À partir du jeudi 12 mars à 10h sur le site internet marseille-cassis.com. Au siège de la SCO Sainte-Marguerite uniquement le jeudi 12 mars à partir de 10 heures. Inscriptions sur place avec un maximum de deux inscriptions par personne et dans la limite des places disponibles. Tarif unitaire 75 euros.

    Marseille-Cassis Solidaire. La création de cette 47e édition permettra de mettre en lumière un engagement citoyen au profit d’une caisse d’intérêt général par le biais de la pratique sportive. Les 1 000 dossards seront disponibles au cours du deuxième trimestre 2026.

    SCO Sainte-Marguerite,
    1, boulevard de la Pugette,
    13009 Marseille.

  • Le CNM assure l’essentiel et poursuit sa route en Euro Cup

    Le CNM assure l’essentiel et poursuit sa route en Euro Cup

    Malgré quelques petites frayeurs dont ils ont en parfois le secret, les pensionnaires du Cercle des nageurs de Marseille ont assuré le service minimum afin de se qualifier pour les quarts de finale de l’Euro Cup, samedi soir au bassin Pierre-Garsau, face aux Italiens de Savona. Victorieux d’un but décisif lors du match aller en Ligurie (11-12), les poloïstes marseillais devaient a minima conclure ce deuxième acte par un match nul. Ce qui a été chose faite au terme d’une confrontation musclée (13-13). « C’était un match hypertendu », souligne Milos Scepanovic, l’entraîneur du CNM, satisfait du contrôle des émotions de ses protégés face à une équipe reconnue pour son agressivité.

    Avec cinq points d’avance au score à deux minutes de la mi-temps, les Phocéens semblaient se diriger vers un triomphe sans appel. Mais un premier black-out est venu leur jouer des tours. « On était un peu trop détendu », reconnaît Thomas Vernoux, l’emblématique buteur du Cercle, persuadé que le problème est « surtout psychologique ». Alors qu’ils avaient repris du poil de la bête dans le troisième quart-temps avec quatre longueurs d’avance, les locaux ont une nouvelle fois craqué. « Ces moments de creux gâchent le plaisir, mais dans ces matches européens, on sait qu’il faut se battre jusqu’au bout », ajoute l’attaquant marseillais de 23 ans, qui retient avant tout la qualification.

    Un plateau européen ouvert mais coriace

    Ce valeureux succès donne du baume au cœur aux pensionnaires du Cercle des nageurs de Marseille, qui n’ont pas encore pleinement digéré l’élimination prématurée en Ligue des Champions. « On n’a pas montré le meilleur de nous-mêmes cette saison », lance Vernoux, pour qui la différence abyssale de niveau entre le championnat français et les compétitions européennes constitue un désavantage par rapport à leurs concurrents, habitués à une opposition plus accrue. « Mais on a prouvé face à Savona que l’on peut faire de belles choses », rebondit Milos Scepanovic, en rappelant que leurs derniers adversaires sont venus à bout de Brescia, lauréat de la Coupe d’Italie au détriment de l’ogre européen Pro Recco. « À mes yeux, Savona était même le plus dur adversaire que l’on pouvait hériter en huitièmes de finale », lâche le technicien monténégrin, conscient que la suite de la compétition sera un vrai défi.

    Le nouveau format de l’Euro Cup, compétition qui a longtemps été dévalorisée, fait que les équipes éliminées de la première phase de la Ligue des Champions y sont rebasculées. Le CNM va donc se retrouver dans un plateau avec des grandes écuries européennes, à l’instar des Serbes de Radnicki, des Grecs du Panathinaïkos ou encore des formations bien connues des Marseillais comme les Croates de Jadran Split et les Espagnols de Sabadell, leur bête noire de leur dernière campagne en Ligue des Champions.

    « C’est devenu une compétition difficile à remporter », note Thomas Vernoux, déterminé à offrir à son club de toujours un deuxième titre continental, après celui acquis en 2019. « Tout sera difficile jusqu’à la fin », surenchérit Scepanovic, qui attend avec impatience le nom de leur prochain adversaire. Le tirage au sort des quarts de finale, dont les matches auront lieu les mercredi 18 et samedi 28 mars, se tiendra ce lundi.

  • L’OM lance ses reconquêtes en gagnant à Toulouse

    L’OM lance ses reconquêtes en gagnant à Toulouse

    Lorsque Benoît Dechepy a sifflé la fin du match, samedi au Stadium, Habib Beye était soulagé.

    Soulagé de voir son équipe capable de résister, dans une seconde période où les Toulousains ont donné du fil à retordre à la charnière Pavard-Balerdi. Soulagé d’avoir pris une revanche sportive sur un adversaire qui avait fermé la porte de la Coupe de France à ses ouailles, trois jours plus tôt, au Vélodrome.

    « Après la déception de la coupe de France, nous étions tous atteints mentalement », a reconnu l’entraîneur marseillais. « Il fallait que nous redevenions des combattants », a-t-il ensuite enchaîné en conférence de presse. Il souligne les deux visages montrés par ses joueurs. Un pour chaque période. « La première mi-temps est maîtrisée, avec un magnifique but et l’exploitation de la profondeur. La deuxième, au courage pour faire front, défendre ensemble, en jouant avec l’effectif, des impact-players pour avoir moins de creux physiquement. Nous aurions pu avoir un but de plus à la pause. Mais c’est bien de ne pas prendre de but, c’est si rare depuis un an en Ligue 1. » Avant Toulouse, cela n’était arrivé que cinq fois sur les douze derniers mois. Ce fait est donc à signaler, alors que la défense olympienne avait pris une fâcheuse habitude de concéder deux buts par match ces derniers temps.

    La défense centrale recomposée, avec une association Pavard-Balerdi qui a bien fonctionné et a pu museler Emersonn en première période et contenir la réaction toulousaine en seconde. Gerónimo Rulli redevenu décisif, y a été pour beaucoup. Même si c’est le collectif qui a su se mettre en mode « préservation du score » qui est à saluer.

    Message des supporters

    La reconquête sportive est donc lancée. Maintenant, c’est celle des cœurs qui est à effectuer. Dans le parcage du Stadium, les supporters marseillais avaient déployé une banderole explicite : « Vous êtes des merdes ! »

    Habib Beye comprend. « Nos supporters sont forcément impactés parce qu’ils voient, entendent, vivent tout. Il faut l’accepter. Quand on est à Marseille, les supporters ont le droit de s’exprimer ainsi. » Sur le texte, « nous l’avons vu, il nous a marqués. Pour les ramener avec nous, il fallait avoir de la vie, du courage et remporter ce match de la sorte. » À présent, il se focalise sur les deux prochains rendez-vous au Vélodrome, contre Auxerre et Lille : « Peut-être que la déception s’atténuera si nous arrivons à enchaîner les matches avec ce tempérament. »

    Côté vestiaire, Gerónimo Rulli confirme : « Ce genre de message me donne encore plus de force et d’énergie pour changer ce que pensent les supporters. Nous savons comment on vit le football ici à Marseille. Une année ici peut ressembler à trois ou quatre ailleurs. »

    Nayef Aguerd rattrapé par sa pubalgie

    Recruté en fin de mercato estival pour renforcer la défense olympienne, Nayef Aguerd vit une saison à l’image de l’OM.

    Ainsi, il n’était pas dans le groupe pour le déplacement à Toulouse, samedi soir. L’international marocain a été rattrapé par une pubalgie qui plombe sa saison. Il a ressenti les premiers symptômes dans les dernières semaines de l’automne. Dans un premier temps, une opération était envisagée.

    Mais l’appel de la Coupe d’Afrique des nations a été plus fort. Nayef Aguerd y a participé avec le Maroc. Depuis son retour, le staff médical marseillais gère son mal. Et les entraîneurs essaient de ne pas lui faire trop tirer sur la corde.

  • Entre musique et cinéma, une partition commune à Marseille

    Entre musique et cinéma, une partition commune à Marseille

    Au XVIIIe siècle, à Venise, l’Ospedale della Pieta forme de jeunes musiciennes orphelines, parmi lesquelles la prodige Cecilia, dont la « vie va être bouleversée par l’arrivée » d’un certain Antonio Vivaldi, maître du violon. Réalisé par Damiano Michieletto, Vivaldi et moi fait l’ouverture du festival Music & Cinéma à l’Artplexe, en présence du compositeur de la bande originale, Fabio Massimo Capogrosso, augurant des multiples tandems cinéaste-compositeur de musique de film faisant tout le sel de cette manifestation qui a pour centre névralgique le cinéma situé en haut de la Canebière, du 30 mars au 4 avril.

    Seul festival qui interroge à ce point la relation entre l’image et la musique en Europe, Music & Cinéma verra sa 27e édition irriguée par dix films dans la compétition longs-métrages. « Avec 13 pays représentés, majoritairement d’Europe », campe son président Jacques Sapiega. Figure ainsi à ce menu L’étrangère. Filmé par Gaya Jiji et musique signée Valentin Hadjadj, l’histoire d’une femme qui fuit la Syrie, laissant au pays un enfant et un mari « dans les geôles du régime », destination Bordeaux, où elle tombe amoureuse d’un avocat qui lui vient en aide.

    Rencontres et marché

    Cette mouture conviera également la réalisatrice et comédienne Romane Bohringer comme « invitée d’honneur », tout comme le Britannique Steven Price, « l’un des plus grands compositeurs de musiques de films au monde » à l’origine de Gravity, Baby driver ou Suicide squad, précise Anne-Gaëlle Rodeville, déléguée générale d’un festival aussi nourri par des « Accords en duo ». Explorant « comment musique et image se répondent pour donner vie à un film », une section qui invite cette année Cyriel Aris et Anthony Sahyoun pour Un monde fragile et merveilleux ainsi qu’Olivier Masset-Depasse et Frédéric Vercheval pour Duelles, récompensé il y a quelques années par neuf Magritte du cinéma, l’équivalent belge des César.

    Espace de diffusion et de rencontres avec les équipes de films, Music & Cinéma propose par ailleurs de nombreux dispositifs tels que « le marché international de la composition pour l’image » qui permet à des centaines de « producteurs et réalisateurs de présenter un projet de film ou série déjà financé, de trouver des compositeurs. Le seul marché au monde à faire cela », développe Anne-Gaëlle Rodeville. Des projections « coups de cœur » auront aussi droit de cité, un certain nombre de films étant conçus par des artistes marseillais. Parmi ceux-ci, Claude McKay, errances d’un poète révolté de Matthieu Verdeil, qui fait ressurgir l’œuvre de cet écrivain jamaïcain préfigurateur de la négritude, passé par la cité phocéenne dans les années 1920.

    Programme complet sur www.music-cinema.com

  • [Entretien] Vincent Arcusa : « Être un lieu de ressource, de vigilance, d’émancipation »

    [Entretien] Vincent Arcusa : « Être un lieu de ressource, de vigilance, d’émancipation »

    La Marseillaise : Vous teniez votre assemblée générale jeudi. Quels thèmes ont été abordés ?

    Vincent Arcusa : On a notamment présenté l’activité du comité d’action juridique de la Confédération paysanne du Var, qui vient en aide bénévolement aux paysans qui rencontrent des problèmes de cet ordre depuis 13 ans. La confédération nationale soutient d’ailleurs son développement dans tous les départements qui le souhaitent. On a parlé du foncier, problématique récurrente dans le Var, avec la difficulté d’accès pour les porteurs de projet et les enjeux de spéculations et d’opacité dans le fonctionnement des institutions. Le troisième sujet abordé a été la vie syndicale. Quand on fait de grosses mobilisations, il y a du monde, mais sinon, on sent un décalage entre le nombre de présents et d’adhérents, qui est en augmentation. Cette année, on a fait des conseils d’administration délocalisés, thématiques et ouverts pour aller à leur rencontre et entendre ce qu’ils ont à porter. L’idée est d’enclencher plus de proximité et mieux mailler le territoire.

    Vous avez également mis en place un temps d’échange et de formation sur les violences sexuelles et sexistes (VSS), une thématique que l’imaginaire collectif n’associe pas forcément au monde agricole.

    V.A. : À l’échelle du Var, il y a un groupe femmes qui existe en non-mixité, ce qui leur permet de faire des formations et d’aborder ces questions. Au dernier congrès national a été voté un protocole pour traiter les cas de VSS en interne dans le réseau. Avec de la formation, mais aussi d’avoir une ligne téléphonique pour faire intervenir des personnes référentes et traiter localement. Dans cette dynamique, il nous a semblé important de traiter cette question. L’une de nos adhérentes a décidé de passer un diplôme universitaire (DU) en se spécialisant sur la question des VSS en milieu rural. Elle a proposé d’animer un temps de formation et d’échanges. C’est un travail en cours, mais il était très important d’avoir un peu d’information descendante sur le sujet. Nous avons étudié quelques cas vécus par des paysannes. L’objectif était de trouver des moyens d’en sortir. Cela permet collectivement d’être plus attentifs à ces questions et, lors des événements qu’on organise en interne, de mettre en place des protocoles et que ces sujets ne soient pas mis de côté ou niés. Nous sommes désormais davantage capables de repérer et répondre aux cas de VSS.

    Dans un contexte agricole compliqué, entre accord de libre-échange avec le Mercosur et dermatose nodulaire, quels sont vos objectifs pour 2026 ?

    V.A. : Dans un contexte plus large de fascisation des politiques et des médias, notre syndicat va s’atteler à lutter contre la progression de ces idées et défendre nos collègues paysans. Il faut que le syndicat soit un lieu où on peut se retrouver et lutter contre ces mécanismes de domination patriarcale, sur le vivant, sur nos outils de travail. On veut faire vivre ces valeurs-là, pour lesquelles nos adhérents nous rejoignent. 90% des Français soutiennent les agriculteurs. On est une profession qui a une bonne image, car on ne gagne pas bien notre vie et on trime. Derrière, on a un vrai projet politique d’agriculture paysanne, qui n’est pas un projet agricolo-corporatiste : c’est un projet de société. On continuera de lutter en intersyndicale avec les autres corps de métier sur les mobilisations sociales, à s’opposer au RN, à l’extrême droite et toutes ses dérives. On veut être un lieu de ressources, de vigilance et d’émancipation.