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  • Le Kalliste reste à flot, pas la desserte du Maroc

    Le Kalliste reste à flot, pas la desserte du Maroc

    Son coût d’exploitation l’avait voué, selon La Méridionale, au démantèlement dans un chantier turc. Sauvé in extremis par son entrée dans la flotte de Corsica Linea, baptisé Capu di Muru, rhabillé de rouge, il reprendra du service le 20 avril sur la ligne de l’Île-Rousse, ce qui pousse le Monte Doro à la sortie. Un arrêt technique de trois semaines à Marseille permettra de l’armer pour la connexion électrique à quai et de moderniser ses aménagements passagers.

    L’annonce de sa mise au rebut par La Méridionale avait provoqué des remous à la CGT marins, déplorant une erreur stratégique. Sa cession officielle à Corsica Linea le 5 mars dernier, « est une bonne nouvelle », se félicite Frédéric Alpozzo. Mais rodé à la duplicité des annonces des directions, le secrétaire général de la CGT Marins de Marseille ajoute aussitôt : « C’est ce qui suit, la réorganisation de la flotte, le retrait de La Méridionale sur le Maroc, qui ne va pas.» Dans une note interne, transmise la veille de la cession aux membres du CSE de l’entreprise, la direction de La Méridionale explique que cette vente est couplée à la mise à disposition temporaire du navire Massalia à la Corsica Linea d’ici septembre pour les besoins de la desserte de Priopriano. Ce qui permet à Corsica Linea de maintenir son périmètre à neuf navires.

    Pour La Méridionale, en proie à de lourdes difficultés financières, la stratégie vire au repli sur la desserte Corse avec le Piana, le Girolata et le Massalia, et à l’abandon de la ligne déficitaire entre Marseille et le Maroc. Enfin, la commande à un chantier naval chinois de deux navires au GNL par son actionnaire CMA-CGM reste conditionnée à la rentabilité des opérations.

    Pas de stratégie commune

    Ce rachat stratégique inscrit dans une plus vaste redistribution des cartes par les deux armateurs n’offre pas vraiment de quoi rassurer les équipages des compagnies françaises. « Cette réorganisation de flotte cache mal le fait que nos compagnies ne s’organisent toujours pas ensemble sur l’Algérie et laissent faire les compagnies low-cost qui progressent sur Sète, craint Frédéric Alpozzo, ça sent la sortie de piste de la part de l’actionnaire CMA-CGM, avec en fond, toujours à l’œuvre, la discussion sur une compagnie territoriale à deux bateaux sur la Corse

  • [Entretien] « Le vote utile pour Toulon, c’est celui pour Josée Massi »

    [Entretien] « Le vote utile pour Toulon, c’est celui pour Josée Massi »

    La Marseillaise : Quelle politique comptez-vous mettre en place en direction des plus fragiles ?

    Julien Orlandini : Nous avons un axe dédié, dans notre projet, qui s’appelle Toulon solidaire. L’idée est de considérer qu’on doit d’abord améliorer le service public municipal pour l’ensemble des Toulonnais, mais qu’il y a des Toulonnais qui ont, en particulier, des difficultés de vie, des difficultés dans leur parcours et qu’il faut spécifiquement soutenir. Notamment les familles monoparentales, qui sont en fait surtout des mamans solos et qui sont beaucoup plus concernées par la pauvreté, avec beaucoup moins de possibilités de trouver un emploi. Donc, on propose de leur offrir un lieu qui s’appelle l’Escale des Femmes, qu’on installera au Pont du Las. Ce sera un lieu d’accueil, avec des professionnels du soutien psychologique et de l’accompagnement social. Pour ces femmes, d’ailleurs, on continuera l’effort qui a été fait sur les crèches à vocation d’insertion professionnelle, qui sont des structures créées par Josée Massi.

    Et en direction de la jeunesse ?

    J. O. : C’est d’ailleurs le deuxième public fragile, au sens de vulnérabilité, qu’on souhaite soutenir, et en particulier aussi les étudiants. On sait qu’ils sont confrontés à des enjeux d’accès au logement, de précarité alimentaire et à des problématiques de santé, aussi.

    Sur la précarité alimentaire, il y a des choses qui se font déjà avec la Fédération des étudiants toulonnais (Fedet) qu’on a rencontrée. L’idée, c’est de créer une cantine solidaire qui s’appellerait la Copine Toulonnaise. On s’est inspirés de ce qu’on a vu dans d’autres villes, en l’occurrence à Paris. C’est aussi un enjeu de santé et de prévention nutritionnelle.

    Pour leur favoriser l’accès au logement, on a le projet de résidence universitaire à La Rode, mais pas que. Nous allons également créer un espace d’écoute santé mentale, puisqu’on sait que les jeunes sont de plus en plus confrontés à cette problématique. On va beaucoup travailler avec l’assurance maladie notamment sur ces sujets.

    Ensuite viennent les seniors…

    J. O. : Bien entendu. C’est le troisième public auquel on pense quand on parle de fragilité. Nous devons continuer et accentuer les actions sur ce qu’on appelle le « bien vieillir ». Il y a beaucoup de choses qui sont faites aujourd’hui par la municipalité. Nous allons les renforcer et faire mieux connaître encore tous les ateliers sur la prévention de la perte d’autonomie mis en place par le CCAS et avoir une action particulière sur la prévention de l’isolement.

    Il y a beaucoup de personnes qui vieillissent seules aujourd’hui. L’idée est de les repérer et d’aller vers eux pour leur proposer des activités. Pour faciliter leur mobilité, nous allons mettre en place des diablines, ces minibus électriques comme on voit à Aix-en-Provence, afin de faciliter leurs déplacements vers le centre-ville.

    Concernant l’accès à la santé, qu’est-il prévu ?

    J. O. : On a beaucoup parlé jusqu’ici des maisons de santé, un peu moins des équipes mobiles de santé. Il en existe déjà avec des associations comme Promo soins. L’idée, évidemment, c’est de continuer à les soutenir. Il est important d’ailleurs de rappeler que Josée Massi a augmenté le soutien aux associations depuis qu’elle est arrivée, en 2023, de plus d’un million d’euros. Il faut qu’on intensifie encore cet « aller-vers ». C’est aussi un des enjeux du projet.

    C’est un projet que vous qualifieriez de social ?

    J. O. : C’est surtout un projet qui prend en compte les besoins de tous les Toulonnais, et en particulier des plus vulnérables, des plus fragiles. C’est un projet de prévention, d’égalité des chances pour toutes et tous. C’est un projet qui est ouvert à toutes les sensibilités et qui, effectivement, a pour but la protection.

    Je rappelle que la sécurité, ce n’est pas que la sécurité publique. Bien sûr qu’il faut de la police municipale, mais on appréhende la sécurité dans un cadre plus global. On doit protéger les Toulonnais dans leur parcours de vie, donc, effectivement, les plus fragiles.

    Qu’est-ce qui va se jouer dans ce scrutin ?

    J. O. : Les Toulonnais ont d’abord à choisir un maire. Ils ont un maire sortant et qui a fait ses preuves. Toulon ne doit pas être le trophée d’un parti. Nous, on doit pouvoir rassembler très large dès le premier tour. Et les électeurs qui n’auraient pas choisi Josée Massi au premier tour pourront, honnêtement, s’ils regardent bien notre programme, voter sans difficulté pour elle au second tour. En tout cas, on fera en sorte de les convaincre. Mais déjà, on veut les convaincre de le faire dès le premier tour. Josée Massi, c’est le vote utile pour Toulon.

  • Ces assos vauclusiennes qui rejettent l’extrême droite

    Ces assos vauclusiennes qui rejettent l’extrême droite

    Il faut arrêter de dire qu’on n’a jamais essayé alors qu’on voit que, localement, il y a plein de cas qui montrent que les municipalités d’extrême droite sont contre les associations », lance en ouverture d’une rencontre ce jeudi 12 mars avec des associations locales Thomas Renaux, représentant de VoxPublic. Cette structure basée à Paris accompagne les organisations qui le souhaitent dans leur démarche et vient de produire un bilan des gestions municipales des villes gérées par le Rassemblement national.

    Devant une trentaine de personnes sont évoquées les grandes lignes de ce rapport. Et comme La Marseillaise l’évoquait également dans notre dossier publié dans notre édition du 13 février, les associations sont les premières à pâtir d’une prise de pouvoir du parti de Jordan Bardella. « On constate des attaques très très fortes contre le tissu associatif et le secteur culturel. Et même des mairies qui arrêtent de mettre à disposition des locaux, ce qui a donc un très fort impact local », insiste Thomas Renaux. Dans le document, que nous avons pu consulter, VoxPublic pointe par exemple la suppression de la cantine et de la garderie gratuites au Pontet au début du mandat de Joris Hébrard. Ou encore le départ forcé de la compagnie Okkio de locaux mis à disposition par la mairie de Morières suite à une prise de position contre l’extrême droite. « Une note complète pour vraiment éclairer sur ce qu’est le Rassemblement national au niveau local », poursuit Thomas Renaux.

    Une gestion qui « a évolué depuis quelques années », pointe un responsable associatif. « Le Rassemblement national n’a pas la même politique que le Front national. C’est beaucoup plus insidieux », poursuit Nicolas*, membre d’une structure organisant des événements musicaux à travers la région. Il regrette que « cela nous engage à danser avec le diable, car c’est le diable qui mène la danse » et qu’il « faudra être très vigilant ». « On met des événements en suspens, car il est hors de question de travailler avec des collectivités de ce bord-là », poursuit-il, pointant notamment les listes déclarées à Carpentras.

    25 listes d’extrême droite

    Et il faut dire que le département de Vaucluse n’est pas en reste. Les villes du Pontet, de Morières-lès-Avignon et de Camaret-sur-Aigues sont sous pavillon RN. « Et on pourrait ajouter quelques villes de par leur proximité et leurs discours », glisse Philippe Jaffré, militant local. Il a comptabilisé 25 listes d’extrême droite en Vaucluse, contre 19 il y a 6 ans. « Et certaines intercommunalités risquent de glisser par la suite, ce qui serait catastrophique », ajoute Philippe Jaffré, citant le Grand Avignon, les Sorgues du Comtat ou la Cove.

    D’autres s’inquiètent également des sénatoriales à venir et de la présence de personnes proches ou passées par le parti d’extrême droite sur des listes qui ne sont pas étiquetées de ce bord-là. « On en voit plusieurs se mettre en position favorable pour être dans un conseil et être des grands électeurs pour le Sénat. C’est une vision développée par le RN. Ils ont ciblé 700 communes. Mais au-delà, ils placent des pions partout pour faire en sorte de faire basculer des agglos et autres », pointe, inquiet, Nicolas*. « La nouveauté, c’est qu’ils ont pu former des cadres. Et ceux-ci sont placés parfois en sous-marin », ajoute Philippe Jaffré.

    *Prénom modifié

  • Quand l’aéroport d’Avignon atterrit dans le débat

    Quand l’aéroport d’Avignon atterrit dans le débat

    Actuellement, les services de la Région sont en pleine réflexion quant à l’avenir de l’aéroport. Le site est actuellement confié à une société satellite de la chambre de commerce et d’industrie, dont la délégation de service public s’achève à la fin de l’année. Sans se projeter vers le futur lauréat, la CCI semble définitivement hors jeu depuis sa mise sous tutelle et, avant cela, les remontrances de Renaud Muselier, président (Ren.) de Région.

    Structurellement déficitaire, sans vols commerciaux depuis 4 ans, l’aéroport questionne sur son utilité. Si la Ville n’a pas la main à 100%, elle a toutefois son mot à dire lors de comités de site ou via les règles d’urbanisme. Dans le sillage du député Raphaël Arnault (LFI) qui y voit un « non-sens écologique et social » et avait interpellé l’an dernier le ministre des transports, Mathilde Louvain est la seule candidate à souhaiter la fermeture de la structure. Pollution atmosphérique, gouffre financier d’argent public sont pointés du doigt par l’insoumise qui veut transformer le foncier existant en agriculture.

    Côté David Fournier (PS), son programme indique vouloir « réduire les nuisances sonores et améliorer la qualité de l’air avec des études environnementales ». Dans son entourage, on récuse tout développement de vols commerciaux et d’aviation privée, qui serviront les intérêts du Luberon ou des Alpilles. Il y a une semaine, David Fournier s’est rendu sur site en compagnie de Raquel Garrido et Alexis Corbière, du parti l’Après. Bien aiguillés par leurs responsables locaux, Yves Marie-Cardine et Frédérique Boyer, également responsables de l’Un-Adrac, association de riverains de l’aéroport. Dans un communiqué, l’Un-Adrac attend de la période « un débat démocratique sérieux sur l’utilité réelle de cette infrastructure, son coût pour les finances publiques et ses impacts environnementaux ».

    À droite, le candidat Olivier Galzi est soupçonné d’entrisme par son récent passé professionnel chez Edeis, qui l’a amené « à avoir géré 17 aéroports de territoire », confie-t-il à La Marseillaise. Sans surprise, « ces infrastructures constituent un véritable atout pour l’avenir ». Non pas en « développant des vols commerciaux vers des villes balnéaires ou vers Paris, mais d’imaginer des infrastructures tournées vers l’avenir, par exemple autour de l’économie des drones », détaille Olivier Galzi, qui croit beaucoup en « l’aviation verte décarbonée, hybride, voire totalement électrique qui pourrait devenir le mode de transport le plus écologique qui existe ».

  • À Avignon, les insoumis tendent la main à l’autre liste de gauche

    À Avignon, les insoumis tendent la main à l’autre liste de gauche

    Au lendemain de David Fournier (PS), l’autre candidate de gauche à Avignon, Mathilde Louvain (LFI) tenait, ce jeudi soir, son ultime grande réunion publique à la salle de Montfavet. Deux salles, deux ambiances, mais un objectif commun affiché : être en tête de la gauche dimanche soir. « La ville est à un tournant, il va falloir tourner à gauche, très à gauche », campe Mathilde Louvain, en maîtresse de cérémonie, donnant la parole à plusieurs colistiers – venus du PCF, Génération.s ou Avignon collectif -, lançant clips de campagne et même un intermède musical avant de laisser conclure Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise.

    « Nous sommes la gauche la plus proche de l’esprit du Nouveau front populaire, qui tient bon ses promesses, car on ne peut localement se mobiliser contre le logement insalubre et pour l’école et accepter les budgets à l’Assemblée nationale », pique Manuel Bompard à l’endroit, sans le citer, du PS. Le député marseillais s’est attelé aussi à déconstruire « l’extrémisme » dont on affuble son parti. « Est-ce violent que de réclamer des repas de qualité gratuits à la cantine ou du logement social de qualité ? », questionne-t-il. Juste avant, Mathilde Louvain a décliné la même idée. « Notre radicalité fait peur ? Peur des cantines bio et gratuites, de la régie publique de l’eau, de la gratuité des transports », abonde la tête de liste qui a oscillé entre mantras programmatiques (fabrique des communs, démocratie) et punchlines : « L’écologie sans les besoins sociaux, c’est du jardinage » ou Olivier Galzi (DVD), qualifié de « technocrate fascisant ».

    Fusion oui, désistement non

    Mathilde Louvain s’est aussi revendiquée de Louis Gros, ancien maire bâtisseur et député qui avait refusé les pleins pouvoirs à Pétain. La veille, David Fournier, l’a aussi cité en exemple. « Nous travaillerons à une liste unique à gauche, dans le respect de nos marqueurs », annonce Mathilde Louvain quand son concurrent réserve sa réponse après le premier tour. Si côté David Fournier on serine l’idée d’un vote utile, Manuel Bompard répond « vote efficace » pour Mathilde Louvain, car « elle tendra la main pour rassembler la gauche au second tour et battre la droite et son extrême ». « Si on n’est pas en tête à gauche, on sera disponible pour une fusion technique pour constituer un front antiraciste et antifasciste », assure Manuel Bompard déclinant tout désistement, comme certains le réclament. « Pas au programme », certifie aussi Mathilde Louvain.

  • À Sanary, Jean-Pierre Meyer pour l’alternative

    À Sanary, Jean-Pierre Meyer pour l’alternative

    Pour sa dernière réunion publique avant les élections, Jean-Pierre Meyer recevait Léo Purguette, pour une séance de questions-réponses de près de deux heures vouée à présenter le candidat de Renouveau pour Sanary. « Cela ne compense pas le débat public que j’aurais souhaité, que tous les candidats sauf Philippe Heno ont décliné », relevait toutefois Jean-Pierre Meyer.

    Se présentant comme un candidat « au service des autres », il a justifié son choix d’afficher le soutien de partis politiques de gauche : « Sans partis, il n’y a pas de liste. Nous disons qui nous sommes, quand les quatre autres listes sont divers droite. C’est gênant, car quand on élit un maire, on élit un grand électeur, qui élit les sénateurs. »

    Vers un retour de l’eau

    en régie publique

    Le président et directeur éditorial de La Marseillaise est revenu sur le mandat qui touche à sa fin, marqué par la condamnation du maire Ferdinand Bernhard à 5 ans d’inéligibilité : « Dans le Var, on a créé des petits seigneurs avec des mandats de plus de 30 ans, qui donnent un sentiment de toute-puissance », a répondu Jean-Pierre Meyer, qui s’est dit en faveur d’une « limitation à deux mandats », mais aussi « du référendum d’initiative citoyenne » pour faire contrepoids et renforcer l’engagement citoyen. Sur un dossier qu’il connaît bien, le Centre de traitement obésité infantile Les Oiseaux, sa fermeture est selon lui « un grand gâchis, un scandale d’État ».

    Le candidat communiste s’est ensuite prononcé sur les services publics, déterminants dans le contexte de baisse du pouvoir d’achat, incarnant selon lui l’un des rares leviers communaux. Le candidat propose ainsi, entre autres, la création d’un centre de santé communal : « Les médecins sont plus enclins à devenir salariés. Cela évite aussi la marchandisation de la santé et protège les valeurs fondamentales de la sécu : la santé pour tous et le tiers payant intégral », plaide-t-il.

    Sur l’important sujet de l’eau, il a évoqué sa prise en charge par la communauté d’agglomération, dont « certains candidats ne parlent pas, alors que c’est là que se prennent les décisions », a-t-il fustigé. Il affirme ainsi « envisager le retour à la régie publique, qui coûte moins cher que la DSP », tout en disant espérer que sa liste fera « au moins 15% pour avoir un siège à la communauté d’agglomération ».

    Sur les questions de vie quotidienne, Jean-Pierre Meyer milite en faveur de l’accession sociale à la propriété, du logement social et de la limitation des Airbnb. Avec le logement, la tranquillité publique, remise en cause par le narcotrafic. « S’attaquer aux dealers ne suffit pas, il faut que l’État remplisse sa mission régalienne », martèle-t-il. Un frein au vivre ensemble comme l’est le manque d’accès à la culture, dont « on a laissé croire qu’elle ne pouvait appartenir qu’à des classes sociales élevées », et que celui qui se présente comme un « élu de la minorité, pas de l’opposition » veut avant tout que sa liste soit « utile à l’intérêt commun » comme le proclament ses affiches.

  • Les prémices d’un printemps avec Toulon en Commun

    Les prémices d’un printemps avec Toulon en Commun

    Depuis un an, j’ai rencontré tant de visages, qui m’ont marqué au cœur, des hommes et des femmes de notre liste qui à force de petites luttes parviennent à soulever des montagnes », commence la tête de liste de Toulon en commun Magali Brunel (PS). En évoquant aussi tous ces êtres rencontrés pendant la campagne sur les places, cafés citoyens et dans les étages des immeubles. Parmi eux, « Émilie, qui travaille au conseil départemental, et qui part avant le premier bus le matin, laissant ses deux fils », qui lui confie : « J’ai su en arrivant dans cette cité, que j’allais les perdre… j’en ai perdu un. »

    « Vous êtes le sens de nos combats ! Les germes de ce printemps 2026, ceux qui porteront le changement dont a tant besoin Toulon », déclare-t-elle, en expliquant comment l’équipe de s’est nourrie aussi de ces histoires. Pour la cheffe de file, « Toulon la combative, ne se résigne pas, même si, dans tant de quartiers gronde le sentiment d’abandon ».

    Et d’épingler les fausses promesses et les grandes déclarations de ceux qui n’ont pour ambition que leur propre ascension.

    Comme la candidate RN Laure Lavalette qui propose d’engager la ville contre les polluants éternels (PFAS), alors que, rappelle-t-elle, le 20 février le parti à la flamme a voté contre le projet de loi qui visait à protéger les concitoyens, de ces mêmes PFAS. Même ambiguïté concernant les campagnes de préventions des cancers du sein, alors que le RN rejette, insiste Magali Brunel, la prise en compte intégrale des soins liés au cancer du sein…

    « Nous sommes le vote utile »

    Et de poursuivre : « Nous portons le seul projet qui affronte avec courage et audace les défis de demain. » Et qui entend tout à la fois agir pour la sécurité dans les quartiers et sur les écoles afin qu’elles jouent leur rôle de mixité et d’ascenseur social.

    Quant à la probité, Magali Brunel déroule les condamnations des élus de droite LR. Comme l’ex-maire de Toulon Hubert Falco, celui de Sanary Ferdinand Bernard, de La Seyne Nathalie Bicais, ou de Marc Giraud ex-président du conseil départemental… Sans compter « le fiasco judiciaire du FN en 95 », qui a vu la condamnation de Le Chevalier à un an de prison avec sursis, et de sa femme, actuel soutien de Mme Lavalette, épinglée pour « discrimination fondée sur les opinions politiques », et de cinq de ses adjoints pour des faits de corruption. Du côté de l’extrême droite l’hécatombe continue encore aujourd’hui dans le département.

    Concernant la solidarité, la représentante de la gauche unie tacle autant Laure Lavalette que le député LR Bonnus « qui n’ont pas un mot pour lutter contre la hausse des loyers, contre le logement indigne et pour des logements sociaux dignes, sûrs et écologiques ». Et d’ajouter : « Par l’encadrement des loyers, nous nous contraindrons les propriétaires à pratiquer des prix justes, par la gratuité des transports en commun, nous allégerons la facture familiale, par les centres de santé nous assurerons une santé pour tous, sans avance ni dépassement d’honoraires et par les kits de fournitures scolaires gratuits, nous mettrons tous les enfants à égalité et nous allégerons la facture de la rentrée ! »

    Des propositions qui prennent en compte les réalités du quotidien, qui parle logement, transport, santé, alimentation, souligne Magali Brunel. Elle conclut : « Nous sommes le vote utile, le changement responsable, le printemps qui vient. »

  • À La Roque-d’Anthéron, Waren Boukhecham trace sa voie

    À La Roque-d’Anthéron, Waren Boukhecham trace sa voie

    Alors que dans plusieurs villes, les listes « sans étiquette » se multiplient, à La Roque-d’Anthéron, Waren Boukhecham estime qu’assumer une liste « citoyenne » constitue un atout. « Contrairement à la liste du maire sortant [Jean-Pierre Serrus], qui est Renaissance, et la liste de l’autre candidat [Jean-Philippe Prost], soutenue par LFI, nous parlons à tous les Rocassiens, c’est notre différence », juge Waren Boukhecham, à la tête de « La Roque Pour Tous », classée divers gauche par la préfecture.

    Dans cette commune d’un peu plus de 5 000 habitants, deux listes de gauche sont en lice pour tenter de ravir une mairie dirigée par la droite. Après plusieurs semaines de campagne, Waren Boukhecham a tenu une dernière réunion publique, à laquelle une « centaine de personnes » aurait participé, mercredi soir. L’occasion, dit-il, de « mettre l’accent sur dimanche ». « Ils auront le choix de continuer doucement vers l’endormissement, ou le réveil, en votant pour nous », lance le candidat, qui promet de faire des « festivités » et de la « jeunesse » des priorités. Waren Boukhecham estime avoir toutes ses chances pour la « victoire ».

    « Depuis que j’ai lancé la campagne, nous avons reçu des demandes de collaboration… Mais nous nous sommes fixés une conduite : sans étiquette ! Nous n’avons pas donné suite », glisse le candidat. Un point noir cependant, selon lui : les « attaques personnelles » qu’il dit avoir subies de la part des deux listes concurrentes : « Nous n’en avons pas tenu compte », assure-t-il. Sa priorité : « Un programme à la demande des Rocassiens, réalisables, et la victoire ! Les gens veulent de la fraîcheur. »

  • Mehdi Medjati veut « protéger » Cabriès et ses habitants

    Mehdi Medjati veut « protéger » Cabriès et ses habitants

    Une salle pleine à craquer, louée allée du Golf, deux pupitres, un vidéo projecteur, et un programme détaillé par la mise en scène d’un débat. Une question, posée par Mehdi Mejdati, seul en lice pour la mairie face à Amapola Ventron, maire sortante. Et une réponse, portée par un adjoint selon sa spécialité. Une mise en scène qui permet au candidat, ce jeudi soir, de détailler la seconde partie de son programme, à trois jours du premier tour des municipales. « Un programme fondé sur deux piliers : combattre les projets dangereux pour notre commune (…) et aller de l’avant, en proposant des propositions concrètes et applicables », résume Mélissa Bire, membre de la liste. Avant d’égrener les dizaines de mesures, Mehdi Medjati promet, devant ses sympathisants, de « prendre un engagement moral. Si je suis élu, si vous faites de moi le maire de Cabriès, dès lors qu’un projet n’aura pas été validé par le vote, par le programme que je vous propose avec mon équipe pendant les municipales, je reviendrais vers vous pour être mandaté dans le cadre d’un référendum d’initiative locale : c’est ça, la démocratie. Autre engagement, dès lors qu’un aménagement particulier impactant un secteur, on fera des consultations citoyennes pour que les habitants aient leur mot à dire. »

    Transparence, démocratie

    Autre promesse, celle de « respecter l’opposition », avec, dans un « souci de transparence, et de travail collectif [la volonté de] confier la présidence des commissions municipales aux élus d’opposition. Ainsi, tous les talents convergeront vers l’intérêt communal ». En finir, aussi, avec « l’hypocrisie des commissions municipales. à la place, nous allons, dans un but de démocratie locale, créer un conseil citoyen ». Au reste de l’équipe, de présenter les projets structurants, nés au cours d’une « campagne de proximité ». Côté écologie, un projet de développement du photovoltaïque sur les toits des parkings municipaux, est promis, visant à « réduire les émissions de CO2 de nos communes, tout en permettant de réduire la facture d’énergie de notre commune et de ses habitants », promet Jérémy Mossé, graphiques projetés à l’appui. Côté logement, « si on écoute l’État, on doit faire 1 000 logements. Je n’en ferais pas autant, sauf à dénaturer le territoire. En revanche, on va en faire », assure Mehdi Medjati. Alors, pour « agir plutôt que de subir » la loi SRU, trois leviers peuvent être exploités : « les bâtis anciens dégradés dans nos centres villageois, particulièrement au Piton, les dents creuses, et la parcellisation ciblée », détaille Nadia Putzolu. Les mesures s’enchaînent : amélioration du parking au Piton, démocratisation de l’accès aux activités sportives, jusqu’à la sécurité. « Nous allons privilégier l’humain sur le terrain », promet Thomas Aveline. Exemple : proposer une « permanence opérationnelle de la police nationale avec un officier de police judiciaire en mesure de prendre de dépôts de plainte sur des demi-journées ». Et au candidat de conclure : « Cabriès a protégé mon enfance et ce que je vous demande en retour est de me permettre de la protéger à mon tour. »

  • À Martigues, Gaby Charroux prêt à relever « tous les défis »

    À Martigues, Gaby Charroux prêt à relever « tous les défis »

    Au moment de monter sur la scène d’une salle du Grès comble ce jeudi soir, Gaby Charroux ne peut dissimuler son émotion. Après trois mois et demi de campagne, le maire sortant (PCF) de Martigues bouscule le programme de son meeting de fin de campagne pour remercier tous les militants qui ont collé ses affiches, frappé aux portes, distribué les tracts dans les boîtes aux lettres. « Sans vous, il n’y a pas de combat, remercie-t-il en les faisant monter à ses côtés. Que d’efforts pendant ces semaines et ces mois de campagne, que d’inquiétudes et de tourments, mais que de plaisir et de bonheur chaque soir ! » Saluant le mouvement collectif qui s’est déployé au fil de cette campagne. « Nous sommes Martigues, nous sommes l’histoire, nous sommes l’avenir, nous sommes la couleur de Martigues, soyez-en fiers ! » lance-t-il.

    « Un bouclier fait

    de services publics »

    Cette fin de campagne pourtant est bousculée par les répercussions des tensions internationales, de la guerre d’Israël et des États-Unis contre l’Iran qui nourrit la crise sociale. « Les inquiétudes montent, partout les équilibres sont fragiles, les certitudes se fissurent, s’inquiète Gaby Charroux. Mais quand tout semble vaciller, souvent les repères se trouvent là où la République tient encore debout, dans les villes qui protègent, défendent la solidarité, assurent le service public quotidien. » Certes, les municipalités doivent faire face aux coupes budgétaires successives imposées par les différents gouvernements macronistes. Une réalité qui touche aussi la commune martégale. « On nous demande toujours de faire plus avec toujours moins, et pourtant nous continuons d’agir, assure l’édile communiste. Martigues tient. Mieux, nous sommes un exemple regardé par tous parce que nous avons construit un bouclier fait de services publics, de solidarité, de proximité. » Il célèbre ainsi ces dépenses engagées pour chaque habitant, le double de la moyenne nationale, célèbre les agents qui portent ces services publics. « Ce bouclier, nous devons le renforcer, le transmettre », défend-il. En énumérant toutes les réalisations de la municipalité, de la deuxième piscine au cinéma la Cascade, jusqu’aux centres sociaux et l’aménagement de la plage de Ferrières. « Et nous avons des projets pour la transition écologique, la décarbonation de notre industrie, l’emploi local, le logement accessible aux Martégaux, pour une ville propre, tranquille et attractive », assure le maire sortant, promettant de se battre pour récupérer les compétences métropolitaines de l’eau et de la collecte. « Un service public géré au plus près des habitants, c’est toujours plus efficace et moins cher », résume-t-il.

    Face au RN

    S‘il ne veut pas s’attarder sur ses concurrents, il ne manque pas de décocher ses traits sur le candidat de l’extrême droite, Emmanuel Fouquart. « Sa première décision a été de démissionner pour rester au conseil régional où il perçoit une indemnité », ironise-t-il. Sans défendre pour autant la commune. « Que fait-il quand la Région décide de supprimer les subventions pour nos centres sociaux ? Rien ! » interpelle Gaby Charroux.

    « Les défis devant nous sont immenses, cela demande du courage », rappelle le maire. Un courage dont il témoigne, présent face aux délogés de Notre-Dame-des-Marins, face aux incendies successifs qui ont menacé la ville. « Le courage, c’est une inquiétude permanente et parfois un doute aussi », partage-t-il. Avant d’expliquer pourquoi il reste candidat à sa réélection : « Si je me présente, c’est que je pense qu’à certains moments de l’histoire il faut être rendez-vous. » Il restera 48 heures pour les militants pour convaincre. « La tête haute, le poing levé, nous avançons unis rassemblés », chantent-ils tous sur scène. Comme une promesse d’avenir.

    Le soutien de poids de la société civile

    Avant le discours du maire sortant, de nombreuses personnalités de la société civile sont venues expliquer pourquoi ils lui apportaient leur soutien. De l’athlète Clémence Calvin qui rappelait que la municipalité avait été présente quand les sponsors se montraient rétifs après son accouchement. Des habitants de Notre-Dame-des-Marins, témoignant de son action. « Quand nous avons passé la nuit au gymnase, à 4h du matin le maire est venu nous voir, témoigne Céline. Ce geste, je ne l’oublierai jamais. » Le réalisateur Jean-Michel Vecchiet témoigne, lui, d’une municipalité gérée par le RN, à Beaucaire. « La ville aujourd’hui est sinistrée », souffle celui qui a été menacé par l’extrême droite. « Nous avons besoin d’élus qui respectent leurs engagements et tiennent bon face à la tempête », salue aussi l’ex-secrétaire général de la CGT 13, Olivier Mateu.

    Y.S.