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  • L’ire de Sabrina Agresti-Roubache après l’échec de son camp à Marseille

    L’ire de Sabrina Agresti-Roubache après l’échec de son camp à Marseille

    D’ordinaire loquace, Sabrina Agresti-Roubache s’est retranchée dans son ministère depuis que les résultats du premier tour sont tombés.

    L’entourage de la ministre chargée de l’Enseignement, de la Formation professionnels et de l’Apprentissage justifie son silence par le « devoir de réserve gouvernemental », mais laisse filtrer son état d’esprit.

    « La ministre est très en colère devant le naufrage du bloc central », indique-t-on. Avant le scrutin, Sabrina Agresti-Roubache s’était démarquée de Martine Vassal à plusieurs reprises, considérant que l’orientation de sa campagne n’était pas assez compatible avec celle d’une « macroniste de la première heure ». Comprendre : la candidate et sa liste penchaient trop à droite pour rassembler, même si l’une de ses proches, Sandra Blanchard, figurait en 13e position.

    « Chacun doit prendre ses responsabilités, ceux qui ont désigné et investi la candidate doivent prendre leurs responsabilités à ses côtés », souffle-t-on du côté du ministère. Un coup de griffe implicite à Renaud Muselier, président de Région et « pilote municipal » de Renaissance, le parti présidentiel, pour la commune de Marseille ? « C’est vrai au plan local comme national », renchérit l’entourage de la ministre, visiblement agacée par le quitus donné par Gabriel Attal à la stratégie menée à Marseille.

    « La ministre s’était retirée sans sourciller »

    « C’est un échec pour la droite et le centre, un désastre même, dans une ville où cet espace politique pesait 40% il n’y a pas si longtemps », poursuit un autre proche de Sabrina Agresti-Roubache.

    « Face à la menace RN, la ministre s’était retirée sans sourciller lors des législatives, avant tout le monde, sans que personne n’ait besoin de lui téléphoner », rappelle l’entourage de la ministre. Une manière de désavouer en creux la volonté de se maintenir de la candidate de la droite et du centre.

  • [Tribune] À Marseille, la dignité humaine doit rester au cœur du projet de ville

    [Tribune] À Marseille, la dignité humaine doit rester au cœur du projet de ville

    Dans le contexte des élections municipales à Marseille, le Secours Catholique souhaite rappeler le sens de son engagement dans la cité.

    Notre association est non partisane. Elle ne soutient aucun candidat ni aucune liste. Cette indépendance est essentielle : elle garantit la confiance que nous accordent les personnes que nous rencontrons et accompagnons.

    Mais être non partisan ne signifie pas être silencieux face aux réalités sociales. Parce que nous sommes présents chaque jour auprès des personnes en situation de précarité, nous sommes aussi témoins des difficultés qu’elles rencontrent pour vivre dignement dans la ville. À ce titre, nous assumons pleinement notre rôle d’acteur de la vie démocratique et sociale.

    À Marseille, nos bénévoles rencontrent des familles confrontées à des logements indignes, des personnes isolées, des travailleurs pauvres, des jeunes qui cherchent leur place. Derrière ces situations, il y a des visages, des histoires, mais aussi une aspiration simple et légitime : pouvoir vivre dignement là où l’on habite.

    Ces réalités nous rappellent une évidence : la pauvreté n’est pas une fatalité individuelle. Elle est aussi liée à des choix collectifs, à des politiques publiques, à la manière dont une ville organise l’accès au logement, aux services publics, aux transports ou encore aux droits.

    Dans plusieurs quartiers de Marseille, les difficultés sociales se cumulent et s’installent dans la durée. Face à ces situations, la lutte contre la précarité ne peut pas être une question secondaire. Elle doit rester une priorité constante de l’action publique locale.

    Mais au-delà des politiques municipales, certains principes qui fondent notre pacte social doivent être rappelés avec force.

    Le principe d’hébergement inconditionnel des personnes en situation de détresse est l’un d’eux. Il affirme qu’aucune personne ne devrait être laissée à la rue en raison de son statut administratif, de sa nationalité ou de sa situation personnelle.

    De la même manière, la mise à l’abri et la protection des enfants isolés doivent rester une priorité absolue. Aucun enfant ne devrait se retrouver sans protection ni accompagnement, quelles que soient son origine, sa nationalité ou son ancienneté de présence sur le territoire.

    Ces principes ne sont pas des options. Ils sont au cœur de ce qui fonde notre société : le respect de la dignité humaine.

    Les élections municipales sont un moment important pour débattre collectivement de l’avenir de la ville. Fidèle à sa mission et à son indépendance, le Secours Catholique continuera à interpeller les responsables publics et à porter la parole des personnes en situation de précarité. Car une ville se juge à la manière dont elle traite les plus fragiles.

    À Marseille comme ailleurs, construire une ville qui n’abandonne personne n’est pas seulement un objectif social : c’est un choix profondément politique.

  • [Entretien] Robert Guédiguian : « J’appelle à voter Payan face à un risque majeur »

    [Entretien] Robert Guédiguian : « J’appelle à voter Payan face à un risque majeur »

    La Marseillaise : Quel est votre regard sur la campagne municipale, particulièrement à Marseille ?

    Robert Guédiguian : J’ai beaucoup de mal avec la désunion de la gauche. Je suis de la génération du Programme commun, je me suis battu pour qu’il existe et je continue à être persuadé qu’il n’y a pas d’alternative sans une union de ces deux gauches nées dans les suites de la révolution russe. Ni à Marseille, ni à l’Estaque, ni à Paris, ni en France, ni dans le monde occidental. En Occident, et là, très fortement à Marseille, on assiste à une montée des extrêmes droites. Je le déplore et je pense que le seul moyen d’y résister, c’est d’avoir une gauche unie. Et si cette droite-là se renforce, c’est qu’il n’y a pas d’alternative à gauche depuis des années.

    Que vous inspire un Rassemblement national à 35% dans cette ville que vous avez dépeinte dans vos films ?

    R. G. : Une immense tristesse. ça me peine et me désespère. Après… « quand je t’aurai appris à désespérer, je t’apprendrai à vouloir » ! Ma volonté reste la même, mais je suis au fond du trou. C’est pour cela que dans cette situation particulière, j’ai appelé à voter Payan au 2nd tour. C’est une évidence, quoi que je pense des positions de Payan et Delogu. Je me fous de savoir qui a tiré le premier, je sors de la ridicule cour d’école, et j’appelle à voter, pas que Payan d’ailleurs, mais à voter Printemps marseillais face à un risque majeur.

    Vous ne votez pas à Marseille, mais si c’était le cas, ce serait un vote par défaut pour vous ?

    R. G. : Ce n’est pas par défaut. Au 1er tour, on m’a sollicité un peu partout, mais j’ai eu une position sur ces élections très cohérente : j’ai appelé à voter pour des candidats où la gauche entière était réunie. Toute la gauche, y compris les insoumis. C’était le cas à Fontenay-sous-Bois ou à Mouans-Sartoux. Parce qu’évidemment que la gauche, sans les insoumis, n’existe pas. Les insoumis représentent, grosso modo, ce qu’était le Parti communiste dans les années 50 à 70. Ce sont des anticapitalistes, enfin je ne saurai pas les qualifier, mais des gens sans qui on ne peut pas faire une gauche. Et c’est une chance qu’on ait, en France, cette résistance idéologique au capitalisme.

    Les insoumis ne sont pas non plus révolutionnaires, ils sont dans une logique d’adaptation au capitalisme.

    R. G. : C’est vrai que les insoumis, par rapport à des choses qu’on a pu dire il y a 50 ans, sont accommodants avec le capitalisme. Mais bon, c’est un débat philosophico-historique… Après, ça fait belle lurette que je ne rêve plus d’une révolution de 17, le monde a changé, il faut trouver des formes nouvelles de socialisme.

    Certains ont réclamé cette union au 2nd tour, mais elle ne se fera pas. Vous pouvez le comprendre ?

    R. G. : Non, je ne le comprends pas et des deux côtés, évidemment. On va dire que je jette la pierre à tout le monde. C’est devenu d’ailleurs insupportable : machin a dit ça, truc a dit ci, l’autre a voté tel budget, pas l’autre… Au fond, et je le regrette, ça commence à me dégoûter.

    Ce dégoût amène aussi cette montée de l’abstention et du…

    R. G. : Je ne veux pas rentrer dans ces débats, ce n’est plus de la politique comme je l’ai toujours entendu, liée à une vision du monde, à des alternatives, à une morale. C’est la politique, comme on dit aujourd’hui, des réseaux sociaux, des petits mots. Il n’y a aucun contenu et ça devient absurde. Le monde occidental est bouffé par ça. Il existe des penseurs pourtant. Si on va au collège de France, il y a des choses exceptionnelles, y compris des propositions pour des alternatives au monde capitaliste.

    … et j’allais dire, la montée du RN ?

    R. G. : Parce que c’est le seul pôle de stabilité, non ? Le RN est stable, la gauche ne l’est pas. Quand on entend Hollande, Valls, c’est à se plomber. Mais j’avoue que quand j’entends Mélenchon faire des lapsus sur Epstein, ça me dégoûte. Et pourtant, c’est quelqu’un pour qui j’ai beaucoup d’admiration et que j’ai souvent soutenu. Mais quand on joue là-dessus, il n’y a pas d’excuse. C’est indigne et dégueulasse. Pour autant, les gens qui votent France insoumise votent pour un programme qui n’a rien à voir avec cela…

  • Benoît Payan focalisé sur le combat contre l’extrême droite

    Benoît Payan focalisé sur le combat contre l’extrême droite

    Pour le maire sortant, candidat à sa succession avec le Printemps marseillais, la décision de Sébastien Delogu ne change pas vraiment la donne. « Je ne [l]’ai pas appelé à se retirer. Il a décidé de le faire. J’ai dit ce que j’aurais fait à sa place. Je prends acte de ce retrait, c’était la seule solution », commente Benoît Payan (DVG), niant toute entente ou contact préalable avec le candidat insoumis. « Mes adversaires politiques manient les fake news mieux que Donald Trump, je les ai vus réagir d’ailleurs avec une promptitude qui m’avait manqué, notamment de la part de Madame Vassal, ça faisait quelques jours qu’elle était particulièrement silencieuse, particulièrement atone », ironise-t-il. Et quand on lui demande ce que ça change dans sa campagne, il répond sans hésiter : « Absolument rien. Moi, ma campagne, elle s’adresse à toutes les Marseillaises et à tous les Marseillais. Il n’y a pas d’exclusive. »

    Se gardant de tout pronostic, il reste prudent. « Je pense qu’il n’y a aucune élection gagnée d’avance. Ça n’existe pas. Ça n’est pas ma conception des choses, indique-t-il. J’ai beau être maire sortant, j’ai beau être arrivé en tête, il n’y a aucune élection gagnée d’avance. » Et de se focaliser sur son ennemi, le RN.

    Un appel à voter en masse

    « L’heure est grave. Encore une fois, moi je veux rappeler aux Marseillaises et aux Marseillais que cette affaire-là, elle est pas terminée », prévient-il. Et d’appeler à la mobilisation des électeurs. « C’est dimanche qu’il faut aller voter, et c’est tous ensemble », martèle Benoît Payan : « Quel que soit notre vote, qu’on ait voté LFI, qu’on n’ait pas voté, qu’on ait voté MoDem, Horizon, UDI, qu’on soit resté à la maison, qu’on ait voté Printemps Marseillais : il faut retourner voter dimanche en masse. En masse pour dire non à celles et ceux qui veulent nous diviser. »

    Il s’inquiète d’une éventuelle victoire de l’extrême droite. « Si dimanche, le Rassemblement National devait l’emporter, qu’est-ce qu’il mettrait en avant ? Non pas ce qui nous rassemble, mais ce qui nous divise. Vous pensez que quand on est maire de Marseille, on n’est pas le maire de tous les Marseillais ? » s’emballe le candidat du Printemps marseillais.

  • Sébastien Delogu se désiste, mais LFI maintient ses listes dans 4 secteurs

    Sébastien Delogu se désiste, mais LFI maintient ses listes dans 4 secteurs

    Des larmes et des accolades à l’Afriki Djigui Theatri, ce mardi, où devant caméras et micros, le candidat insoumis, Sébastien Delogu, a annoncé son retrait. « Nous sommes face au RN le plus solide rempart. Partout dans notre pays où les Insoumis sont arrivés en tête et ont fait la démonstration de leur capacité à rassembler largement et à écouter les aspirations du peuple tout entier, pose-t-il. Mais ici, à Marseille, les socialistes sont arrivés en tête et ils ont fait la démonstration de leur irresponsabilité et de leur sectarisme. »

    Comme il n’a jamais cessé de le faire tout au long de la campagne, il dénonce l’attitude du maire sortant et candidat à sa succession avec le Printemps marseillais, Benoît Payan (DVG). « En refusant tout front antifasciste au second tour, [il] fait la démonstration éclatante que le combat contre l’extrême droite valait moins à ses yeux que la soif de pouvoir », balance Sébastien Delogu, estimant que « l’orgueil et l’égo d’un homme ne doivent pas précipiter notre ville dans l’abîme ».

    En revanche, dans les secteurs où il n’y a pas de risque RN, ce sera le maintien, le candidat appelant ses soutiens à s’engager là « où il y a quelque chose à faire ».

    L’extrême droite, « les premiers corrompus »

    En clair, dans les 1-7, avec le dissident écologiste Sébastien Barles, dans les 2-3 avec Alladine Abdallah Salim (LFI), dans les
    4-5 avec Léa Bijaoui et dans les
    15-16 avec Rabyata Boinaheri, pour « faire entrer notre programme de rupture dans les mairies d’arrondissement » espère Sébastien Delogu. De fait, mis à part dans les 13-14 avec 13,10% des suffrages, les Insoumis n’ont pas réalisé de score suffisant pour espérer peser sur le scrutin.

    Sinon, pas de consigne de vote, mais une certitude : le RN ne doit pas l’emporter. « Je veux dire aux Marseillaises et aux Marseillais que les premiers corrompus, ce sont l’extrême droite », martèle Sébastien Delogu, rappelant que « leur présidente, Marine Le Pen, est condamnée pour détournement de fonds publics. Leur candidat, Franck Allisio, est mis en cause pour détournement de biens publics. Et enfin, la candidate des 13e et 14e arrondissements de Marseille, Sandrine D’Angio, condamnée pour favoritisme durant son mandat précédent ». Une évidence : « Marseille ne doit jamais tomber dans les mains de ces gens-là. »

    Alors que Sébastien Delogu repart, refusant de répondre à la presse, Sébastien Barles en rajoute une louche. « C’est un retrait de combat », insiste-t-il. Et d’espérer avec les mairies de secteur, « créer une forme de “Parlement de Marseille fier et populaire” pour que les idées qu’on souhaitait porter comme nouvelles politiques publiques, soient portées à l’avenir à Marseille ». Sur l’extrême droite, « nos électeurs voteront en conscience, une conscience qui leur appartient », assure Léa Bijaoui, considérant avoir toutes ses chances dans son secteur, forte de 5 813 voix au premier tour, soit 16,64% des suffrages. « On a déjoué les pronostics », analyse-t-elle. Elle se félicite aussi au passage du score de Mathilde Lanté (Révolution permanente), « avec qui nous partageons pas mal d’idées ».

  • Clarté

    Clarté

    Le paysage des seconds tours est désormais fixé dans les différentes communes de notre région.

    Certains sont particulièrement inquiétants. C’est le cas à Carpentras où Francis Adolphe, l’ancien maire condamné, maintient sa liste face au maire DVG sortant, Serge Andrieu, prenant le risque de faire basculer la ville et sa communauté d’agglomération à l’extrême droite.

    C’est aussi le cas à Hyères, où le maire LR et président de la Métropole, Jean-Pierre Giran, a pactisé avec l’extrême droite pour contrer Véronique Bernardini, la candidate divers droite qui l’a devancé au premier tour.

    Une décision conséquente

    D’autres seconds tours semblent se clarifier. À Marseille, le retrait de la liste LFI pour la mairie centrale et celle des 13-14 était la seule issue honorable pour barrer la route à un RN particulièrement menaçant.

    En prenant cette décision, Sébastien Delogu et son équipe ont pris la mesure du danger et agi en conséquence devant l’impossibilité de fusionner avec le Printemps marseillais.

    Jordan Bardella ne s’y est pas trompé en fustigeant ce retrait sur les réseaux sociaux.

    Il reste à mobiliser les abstentionnistes, particulièrement nombreux dans les quartiers populaires et dans le monde du travail. Ce sont eux qui auraient le plus à souffrir d’une politique d’extrême droite menée à l’échelle de la 2e ville de France.

    La bataille de Marseille est centrale. La victoire des progressistes, des démocrates, des républicains n’est pas acquise.

    Dimanche, elle doit être franche et claire.

  • Le Printemps marseillais en rempart au RN

    Le Printemps marseillais en rempart au RN

    Le décor final est planté. À quelques heures de la date limite de dépôt des candidatures, l’insoumis Sébastien Delogu, qui avait promis de dégager Benoît Payan, le maire (DVG) sortant de l’hôtel de ville, a acté son échec. Arrivé en quatrième position du 1er tour des municipales dimanche, le député des quartiers nord a annoncé, mardi matin, son retrait de la course à la mairie centrale face « au risque » de victoire du Rassemblement national. Une annonce reçue avec froideur par Benoît Payan alors que la veille, une foule de partisans insoumis et de militants antifascistes était venue réclamer, avec force et dégradation, une fusion des listes aux fenêtres de son QG. La porte est restée close.

    Pari manqué

    La conclusion d’une campagne houleuse et arrogante dans laquelle l’insoumis, qui s’était promis de faire revenir aux urnes les habitants des quartiers populaires, n’a pas réussi son pari. Non seulement le taux de participation dans ces secteurs trop longtemps méprisés n’a pas connu l’engouement espéré, mais il n’a surtout pas réussi à rassembler. Dans une ville qui a placé Jean-Luc Mélenchon en tête du 1er tour de la présidentielle 2022 avec 31,12% des suffrages (108 423 voix), lui a plafonné à moins de 12%, réunissant péniblement 33 808 électeurs.

    Le 2nd tour se jouera donc dans une triangulaire avec un seul candidat désormais à gauche, Benoît Payan, crédité de 36,69% des suffrages dimanche, mais talonné de près (35,02%) par le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio (RN). Jamais l’extrême droite n’a été aussi haute à Marseille. Une progression en partie liée à la dégringolade de sa concurrente Martine Vassal, présidente de la Métropole et du Département, représentante d’une droite républicaine locale quasi disqualifiée et qui jouera gros, dimanche prochain, à Marseille. Le retrait insoumis, qui libère un couloir au Printemps marseillais, a immédiatement fait réagir le président du RN, Jordan Bardella, qui a exhorté son homologue des Républicains, Bruno Retailleau, à « prendre (ses) responsabilités en obtenant le retrait » de Martine Vassal, ignorant que celle-ci n’a plus sa carte aux Républicains.

    Un retrait dans les 13-14

    Reste à savoir comment réagiront les électeurs de la France insoumise. Sébastien Delogu n’a pas été des plus clair, appelant « toutes celles et ceux qui ont accordé leur voix à ne pas abandonner la lutte antifasciste et notre programme politique ». Dans son esprit d’abord le soutien aux candidats insoumis restés en lice dans quatre des cinq secteurs où ils avaient franchi la barre des 10%. Des secteurs, les 1-7, les 2-3, les 4-5 et les 15-16, où la gauche apparaît majoritaire.

    Dans ce dernier (8e secteur), une voix s’est élevée, celle du collectif Ibrahim Ali, pour tirer la sonnette d’alarme (lire encadré) et éviter un scénario qui, en 2014, dans les 13e et 14e arrondissements voisins, avait vu l’extrême droite arriver au pouvoir. Une mémoire à vif qui a en partie conduit au retrait de Mohamed Bensaada (LFI) , quatrième (13,1%) dimanche, dans ce 7e secteur justement.

    Une triangulaire y opposera donc Sandrine D’Angio (RN), Tina Biard-Sansonetti, candidate du Printemps marseillais, et Marion Bareille, la maire (DVD) sortante, élue en 2020 après le retrait de la gauche. Arrivée derrière Mohamed Bensaada, elle se maintient malgré le risque de l’extrême droite. La valeur du déshonneur… Mais devant la défaite annoncée, à droite, toute place semble bonne à gratter pour s’accrocher à la Métropole. Dans le reste des secteurs, les seconds tours restent inchangés.

    Sébastien Delogu balaie la demande de retrait des 15-16 du collectif Ibrahim Ali

    Face au risque de voir l’extrême droite arriver au pouvoir, le collectif Ibrahim Ali a appelé, mardi, au retrait de la liste de la France insoumise dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille. La candidate LFI, Rabyata Boinaheri, est arrivée en 3e position (23,28%) dimanche, derrière le candidat du RN (29,22%) et Samia Ghali, la cheffe de file (DVG) du Printemps marseillais (36,96%). « Ibrahim est mort ici dans ce secteur sous les balles des colleurs d’affiches du FN. Nous avons une obligation morale de toujours lutter pour sa mémoire et pour les générations futures. Ici, seul le Printemps marseillais est en capacité de l’emporter, il doit avoir toute notre force », justifient les proches du jeune marseillais assassiné en 1995 sur l’avenue des Aygalades. Une proposition rapidement balayée d’un revers de la main par Sébastien Delogu, soucieux de faire « accéder au pouvoir dans les quartiers Nord de Marseille la première femme noire » et « faire dégager Samia Ghali ». Un vrai programme…

    Réactions

    Martine Vassal, candidate de la droite et du centre

    « Benoît Payan choisit LFI. Marseille en danger. Accord secret, arrangements entre amis… Le masque tombe. Pour sauver sa place, Benoît Payan s’aligne sur les plus radicaux. Nous ne nous soumettons pas. Nous tenons. Pour Marseille, désormais, nous sommes la seule voie face aux extrêmes ! »

    Franck Allisio, candidat RN

    « [C’est une] alliance tacite entre Benoît Payan et Sébastien Delogu. Il n’y a que les plus naïfs qui y ont cru, comme ceux qui ont cru que Madame Rubirola allait être maire de Marseille. Eh bien ! Ils refont le coup ! Le vrai maire de Marseille, ce ne sera pas Monsieur Payan, mais Monsieur Mélenchon »

    Valérie Boyer, sénatrice LR

    « Ne vous leurrez pas, voter Benoît Payan et Yannick Ohanessian, c’est voter pour LFI. Une autre voix existe, celle de Martine Vassal et Sylvain Souvestre »

    Pierre Huguet, adjoint au maire et candidat Printemps marseillais dans les 9-10

    « Face au danger du RN, Sébastien Delogu a pris ses responsabilités en se retirant. Dans les 9e et 10e, où le RN est arrivé en tête, Laure-Agnès Caradec (LR) doit en faire autant. Se maintenir, c’est prendre le risque assumé de faire gagner l’extrême droite. »

  • Les Spartiates de Marseille dos au mur avant le match 4

    Les Spartiates de Marseille dos au mur avant le match 4

    Après les deux victoires des Boxers de Bordeaux sur leur glace (3-2 t.a.b et 3-0), les Spartiates de Marseille se devaient de réagir, mardi soir, pour leur retour à domicile, à l’occasion du troisième match des quarts de finale de play-offs. Mais les hockeyeurs phocéens ont une nouvelle fois trouvé le chemin de la défaite (3-4 a.p.), permettant ainsi aux Girondins de mener trois à zéro dans cette série.

    Les protégés de Luc Tardif ont pourtant été entreprenants dès les premières minutes de jeu, où ils n’ont pas hésité à multiplier les offensives face à la cage de bordelaise. Cet état d’esprit conquérant a rapidement porté ses fruits, avec l’ouverture du score du défenseur et assistant-capitaine Fabien Bourgeois (1-0, 6’).

    Malgré une égalisation girondine (1-1, 11’), les hockeyeurs marseillais ont repris l’avantage grâce à un sublime tir de loin signé par l’attaquant tchèque Jan Dufek (2-1, 17’).

    Galvanisés par le soutien de leurs supporters, les Spartiates ont été freinés dans leur dynamique à cause d’une longue interruption de 40 minutes avant de débuter le deuxième tiers-temps : un trou s’est formé dans la glace et a dû être comblé. Fait qui s’est d’ailleurs reproduit en plein milieu de la deuxième période, suspendant la rencontre pendant près de 50 minutes.

    Selon les techniciens de l’enceinte, la surfaceuse était mal réglée depuis le début de la journée. Suite à un problème électronique, trois centimètres de glace ont été raclés, au lieu d’un demi centimètre, ce qui a fragilisé la glace par endroit.

    Ces longues pauses n’ont toutefois pas empêché un beau spectacle de se produire par la suite. Passant à côté de leur premier power-play (phase de supériorité numérique), les Spartiates se sont retrouvés quelques minutes plus tard en situation d’infériorité numérique et ont vu les Boxers égaliser (2-2, 30’).

    Mais ce n’était sans compter sur le défenseur tricolore Yohan Coulaud, qui a permis aux Marseillais de reprendre le dessus au tableau d’affichage (3-2, 32’). Les Spartiates se sont de nouveau retrouvés en supériorité numérique à la fin du deuxième tiers-temps, mais toujours sans succès. Un point qu’ils devront rectifier dès ce mercredi pour le quatrième match de la série. Les Bordelais, portés par l’efficacité offensive de Mathieu Pompei, ont recollé au score deux minutes avant la fin de la deuxième période (3-3, 39’).

    Malgré deux power-play dans le dernier tiers-temps, les hockeyeurs phocéens n’ont pas réussi à faire la différence dans le temps réglementaire. Les prolongations ont été de très courte durée : en 18 secondes, Tommy Giroud a planté le but décisif. Pour la plus grande joie des Boxers et la plus grande tristesse des courageux spectateurs qui sont restés jusqu’au bout de la désillusion.

    Camille Kadoum

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    MARSEILLE 3
    BORDEAUX 4
    3e match des quarts de finale de play-offs – Ligue Magnus
    Tiers-temps : 2-1, 1-1, 0-0
    Au Palais Omnisports Marseille Grand-Est (4 545 spectateurs)
    Arbitres : MM. Cregut et Herrault

    Buts pour Marseille : Bourgeois (5’18, ass. Colotti), Dufek (16’40, ass. Coulaud et Bourgeois), Coulaud (31’01, ass. Cantagallo et Asten)

    Buts pour Bordeaux : Pompei (10’35, ass. Boscq et Ouellet Beaudry ; 38’02, ass. Boscq), Morin (29’38, ass. Giroux), Giroud (60’18, ass. Lamarche)

    MARSEILLE : Kasik, Gourdin – Coulaud, Ruusu, Corvez, Cantagallo, Bourgeois (ass), Lindgren – Wong, Gonnard, Joubert, Asten, Colotti (cap), Dair, Dufek (ass), Welsh, Da Costa, Valtonen. Entraîneur : Luc Tardif

    BORDEAUX : Papillon, Dubeau – Boscq, Tournier, Pageau, Kindl, Lamarche, Ouellet Beaudry – Guidoux, Guillaume (ass), Tomasino, Pompei (ass), Poudrier (cap), Ragot, Puffer, Bruche, Giroux, Rambelo, Morin, Farnier. Entraîneur : Olivier Dimet

  • À Arles, les écologistes votent Nicolas Koukas

    À Arles, les écologistes votent Nicolas Koukas

    « La liste portée par Jecilla Regad (LFI) ne s’étant pas qualifiée pour le second tour, nous prenons acte de ce résultat avec lucidité et responsabilité, en remerciant sincèrement toutes celles et ceux qui nous ont accordé leur confiance », indique le texte.

    « Ce soutien répond à une exigence politique forte : empêcher la reconduction de l’équipe actuelle et rompre avec une politique qui, depuis trop longtemps, ne répond pas aux besoins sociaux, écologiques et démocratiques des habitants », affirme le groupe local et le sénateur écologistes pour qui « les enjeux écologiques sont immenses : préservation des espaces naturels et agricoles, protection de la Camargue, adaptation au changement climatique, lutte contre les inégalités territoriales, développement de mobilités durables et d’un modèle économique soutenable. Ces défis exigent une vision claire, une volonté politique forte et une connaissance fine du territoire ».

    « Plus que jamais, Arles a besoin d’un nouveau cap », concluent-ils.

  • Le collectif Ibrahim Ali réclame le retrait de LFI dans les 15-16

    Le collectif Ibrahim Ali réclame le retrait de LFI dans les 15-16

    Avec son éternel calme, Mbaé Tahamida Mohamed, alias « Soly », fondateur du « Centre culturel à usage de la rue » B Vice, établi à la Savine (15e), appelle ce mardi, avec le collectif Ibrahim Ali, au retrait de la liste de la France insoumise dans les 15e et 16e arrondissements.

    En fin de matinée, Sébastien Delogu, le candidat LFI, député du secteur, avait son retrait de la course à la mairie centrale mais le maintien de la liste de Rabyata Boinaheri. Elle est arrivée dimanche en 3e position dans les 15-16 avec 23,28% des suffrages, derrière le candidat du Rassemblement national (29,22%) et Samia Ghali, la cheffe de file (DVG) du Printemps marseillais sur le secteur (36,96%).

    « Partout où il y a un risque de voir le Rassemblement national accéder au pouvoir, nous appelons au retrait des insoumis et dans le 15-16, ce risque est très fort, c’est mon ressenti, mon analyse et celle de sa famille », explique cet inlassable gardien de la mémoire de son ami Ibrahim Ali.

    Les proches du jeune marseillais, assassiné en 1995 d’un balle dans le dos par des colleurs d’affiches du Front national ont en effet publié un communiqué allant dans ce sens et appelant à « faire barrage à l’extrême droite » : « Ibrahim est mort ici dans ce secteur sous les balles des colleurs d’affiches du FN, nous avons une obligation morale de toujours lutter pour sa mémoire et pour les générations futures. Ici, seul le Printemps Marseillais est en capacité de l’emporter, il doit avoir toute notre force », indique le texte