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  • Une enquête sur « le mal-être au travail » au Mucem

    Une enquête sur « le mal-être au travail » au Mucem

    Jusqu’au 26 juillet, l’exposition « Le Mucem mène l’enquête » invite à se plonger dans les réserves du centre de conservation et de ressources du musée, rue Clovis Hugues, à la Belle de Mai (3e). Dans les services du Mucem, c’est l’Igac qui mène actuellement une enquête auprès des salariés sur « le mal-être au travail ».

    Établissement public, le Mucem est sous-doté et la logique du gouvernement est de tirer au plus bas. Les salariés du musée souffraient déjà de conditions de travail et de rémunérations au ras des pâquerettes quand l’ex-directeur de cabinet de Brigitte Macron est nommé à sa tête, mais ils avaient décidé de laisser s’installer le nouveau président Pierre-Olivier Costa avant de relancer la lutte sociale.

    Le « mal-être » pointé

    « Ses méthodes de travail ont malheureusement compliqué les choses », explique Stéphane Mariani, représentant syndical SUD Culture des personnels. Une lettre des agents est adressée le 10 décembre 2023 au président dans le cadre des 10 ans, pointant les dysfonctionnements, « le travail dans l’urgence est devenu la norme, les agents sont amenés à jongler avec leurs horaires de travail et leur vie personnelle ». Ils ajoutent que « les expositions sont conçues dans des temps toujours plus courts et la gestion quotidienne des collections est mise à mal ». Un courrier de la médecine du travail en septembre 2024 interpelle la direction sur le trop grand nombre d’arrêts et les risques psychosociaux. Puis, plus rien jusqu’à l’arrivée des enquêteurs, « ce qui crée beaucoup d’espoir du côté des agents, enfin entendus », précise le syndicaliste.

  • [Entretien] Mike d’Inca : « Je veux utiliser cette chance que j’ai d’être sur scène pour faire quelque chose de positif »

    [Entretien] Mike d’Inca : « Je veux utiliser cette chance que j’ai d’être sur scène pour faire quelque chose de positif »

    La Marseillaise : Comment la participation du collectif Ensemble au concert organisé par le Casi Cheminots Paca s’est-elle faite ?

    Mike d’Inca : J’ai déjà participé avec Sinsemilia à ce type de concert organisé par le Casi Cheminots Paca il y a trois ans. C’est un super souvenir et nous avons donc gardé des liens avec l’organisation depuis. En parallèle est né ce nouveau projet, Ensemble, qui rassemble sur scène deux chanteurs de Sinsemilia, deux membres historiques de Tryo, Vanupié, des musiciens de Sergent Garcia… Je me suis dit que ça aurait exactement sa place dans cet événement du Casi Cheminot, qui a directement accepté que l’on participe.

    Comment Ensemble est-il né ?

    M.d’I : Depuis des années, on voulait tous se rassembler sur une même scène. On est des amis qui se croisent depuis des années en festivals, mais on a peu fait de choses ensemble. Donc on a eu une occasion de concert et ça a commencé comme ça ! Là, ça va être notre deuxième date ensemble. Ce qui est bien c’est que nous, on se fait plaisir, mais je pense qu’on fait plaisir à un public aussi, pour qui Tryo, Sinsemilia, ça rappelle l’adolescence, la jeunesse. C’est un vrai moment de partage. On sera quand même dix sur scène ! On ne voulait pas un enchaînement de chanteurs qui viennent chanter leurs titres. C’est pour ça qu’on a appelé ce collectif Ensemble. On est tous ensemble sur scène à s’amuser sur les chansons des uns et des autres.

    Quelle importance pour vous de participer à un concert qui prône
    les valeurs de paix, d’humanité
    et de solidarité
     ? Quel lien avec votre collectif ?

    M. d’I : C’est un événement qui prône des valeurs essentielles, qui correspondent parfaitement à l’état d’esprit de ce qu’on a tous fait dans nos carrières depuis des années, à notre façon, c’est-à-dire à travers des chansons. C’était une évidence que ça collait en termes de valeurs. Je sais qu’on va se sentir bien au milieu de cette ambiance-là. Et on sait aussi que ce qu’on vient exprimer sur scène correspond complètement à ce que eux veulent exprimer dans leur événement. Et puis, cet événement est fait par les cheminots, et en partie pour eux, ils y ont un accès gratuit. En plus de ça, il y a quand même plus de 1 200 places ouvertes au public à des tarifs très réduits. Donc c’est un événement très populaire !

    L’art doit-il être politisé ? Quelle place tient l’engagement dans
    votre musique ?

    M.d’I : Je ne pense pas qu’un artiste ait l’obligation de faire de la scène un lieu d’engagement, mais par contre, nous, on l’utilise pour exprimer des choses. J’ai besoin qu’il y ait du sens dans ce qu’on fait, je veux utiliser cette chance que j’ai d’être sur scène pour en faire quelque chose de positif au-delà juste de faire un spectacle pour gagner ma vie. Il faut que ça aille plus loin. On a bien conscience qu’on ne va pas sauver le monde avec nos chansons, mais pour autant, on sait que ça ne sert pas à rien. L’expérience nous a montré qu’on peut sensibiliser les gens sur des sujets, qu’on peut rassurer aussi, montrer qu’on n’est pas isolé, seul dans son coin, qu’on est nombreux à partager des valeurs humanistes. On est dans une période où les clivages entre les gens se font de plus en plus forts, de plus en plus prononcés. Donc chaque fois qu’il est possible de rassembler, il faut le faire. Sur scène, on peut créer du positif, en passant un moment chaleureux, en créant une unité. On en a tous besoin de joie dans nos vies. C’est comme arroser une plante, il en faut pour mieux avancer, pour mieux pousser, et encore plus en ce moment. Parce que quelqu’un qui reprend un peu de sourire, il le transmettra un peu le lendemain. Et puis ensuite, si dans nos chansons, on peut exprimer des opinions qui peuvent permettre à certains, peut-être, de regarder certaines choses sous un autre angle, ça nous va aussi.

    Vous parlez de rassembler les gens, votre collectif s’appelle Ensemble. Quelle importance accordez-vous
    à l’unité dans la période actuelle ?

    M.d’I : Le rassemblement c’est un des fondements du collectif : on est en train d’écrire un premier morceau, inédit, qui commence par : « La beauté du plaisir se vit dans son partage. » C’est une chose à laquelle on croit. Le partage de moments, le partage de valeurs, c’est exactement ça qui rend les choses belles. On est dans une société qui pousse à individualiser tous les débats, toutes les causes. Mais l’individualité, ça a vite ses limites. On fonctionne mieux ensemble, en ayant conscience que globalement, nos destins sont liés. Par exemple, dans une conférence, il avait été dit qu’à une époque, on parlait des « travailleurs ». Aujourd’hui, on ne dit plus ça, on dit soit les fonctionnaires, soit les artisans, soit les ouvriers. On a divisé en différentes petites cases les travailleurs, qui pourtant sont globalement dans le même bateau. On individualise alors que la solution, elle ne peut être que collective.

    Musicalement, qu’est-ce que votre registre, le reggae, dit de tout ça ?
    Que permet ce genre musical
     ?

    M.d’I : Chez Sinsemilia, on n’aurait jamais fait de musique s’il n’y avait pas eu de reggae. C’était la passion de notre adolescence. Il y a eu un coup de cœur à la fois sur le côté musical, mais aussi sur ce que cette musique exprime, très souvent, dans ses textes, les valeurs qui y sont transmises. Par exemple, dans l’œuvre de Bob Marley, un morceau comme Get Up, Stand Up, est un exemple du courant de militantisme pour l’égalité des droits pour tous et de son approche pacifiste, mais pas à n’importe quel prix. Cette notion-là est très importante dans le reggae, celle de combat pour l’égalité des droits et de combat pour la paix, et l’unité. C’est ce que nous, aujourd’hui, on cherche à transmettre, et on a vraiment hâte du 3 avril, de revivre sur scène ce que l’on a vécu il y a quelques mois.

  • De nouvelles fouilles menées dans l’épave des Laurons

    De nouvelles fouilles menées dans l’épave des Laurons

    Les étudiants ont à peine eu le temps de commencer à retirer les sédiments qui recouvrent l’épave que les vents violents de la tempête Deborah les ont contraints à cesser toute opération. « La météo ne nous a pas beaucoup aidés cette semaine, confie Marine Sadania, responsable du littoral de la région Sud pour le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines. Ce genre d’aléas climatiques peut abîmer la coque quand elle n’est pas protégée. Là, elle est en danger. Ça tombe vraiment mal, ça ralentit le processus de fouilles et ça impacte la formation. »

    Depuis le 23 mars et jusqu’au 3 avril, les deuxième année du Master d’archéologie maritime et côtière participent à un chantier-école dans l’anse des Laurons. C’est dans cette crique, à proximité de la centrale EDF, que gît l’épave Laurons 11 à seulement 2 mètres de fond.

    Une étude du lest

    Datée entre 1450 et 1630, de taille modeste (environ 12 mètres de long pour 4 de large), son intérêt historique est immense. « Ce sont des unités de travail pour lesquelles on a peu de sources historiques, c’est inédit d’en avoir une en si bon état », explique Marine Sadania. Son collègue et directeur de recherche émérite au CNRS Éric Rieth poursuit : « Ce sont celles qui ont laissé le moins de traces alors qu’elles constituaient l’activité de base. Les grands vaisseaux se comptaient par trentaines mais ils étaient conservés car ils représentaient de gros investissements, alors que ces petites embarcations se comptaient par centaines sur le littoral, elles animaient l’activité maritime locale et régionale. Ces fouilles sont importantes pour la connaissance de toute cette économie. »

    Cette année, les étudiants vont se concentrer sur la zone centrale du bateau, le maître-couple, « une clé de compréhension essentielle de l’architecture », affirme Éric Rieth. Un géologue d’Aix-Marseille université mènera également un travail sur le lest. « On espère connaître la provenance des pierres calcaires qu’on a trouvées, et donc avoir l’aire géographique du bateau, développe Marine Sadania. Ça devrait confirmer nos observations et l’identité régionale du bateau, puisqu’on pense que c’est un petit caboteur qui ne va pas en haute mer. » Pour en savoir plus, rendez-vous à l’anse des Laurons mercredi 1er avril pour une journée ouverte au public.

  • Paix, humanité et solidarité en musique à Aix-en-Provence

    Paix, humanité et solidarité en musique à Aix-en-Provence

    La 6e édition du concert pour la Paix, l’Humanité et la Solidarité, programmée le 3 avril au 6MIC à Aix-en-Provence, affiche complet depuis plus d’un mois. Cet événement est porté par le Casi cheminots Paca (comité d’activités sociales inter-entreprises). « Je pense que c’est lié à l’évolution de l’événement, en termes de communication et d’artistes qui se produisent », analyse le secrétaire de la structure, Sébastien Gronnier.

    Cette année, la programmation repose sur le collectif « Ensemble » qui réunit plusieurs artistes engagés. Une formule qui attire un public élargi grâce aux réseaux de chacun. Pour seulement 10 euros en prévente, les spectateurs pourront assister aux performances de Mike et Riké (Sinsemilia), Guizmo et Manu (Tryo), Vanupié et HK. En première partie, DJ Mike, artiste amateur issu du milieu cheminot, ouvrira la soirée. « Notre concert est un ovni dans le paysage culturel, souligne Sébastien Gronnier. Et ce collectif, qui vient de se créer, l’est tout autant. Les gens viennent aussi pour découvrir quelque chose de différent. »

    Réunir des acteurs de la solidarité

    « L’idée, c’est de réunir en un même lieu des acteurs de la solidarité avec lesquels nous travaillons depuis de nombreuses années », détaille Sébastien Gronnier. Parmi eux : SOS Méditerranée, le Secours populaire français, le Mouvement de la paix et l’Orphelinat national des chemins de fer de France (ONCF). Avant le concert, à 17h30, un débat est organisé, d’abord exclusivement réservé aux cheminots, autour de thématiques de paix, d’humanité et de solidarité. L’objectif est de faire connaître ces associations et d’encourager l’engagement. Puis, les artistes viennent participer à ces échanges, notamment sur la place de la culture et de l’éducation populaire.

    « On attend un rayonnement post-concert, une prise de conscience que d’autres choses sont possibles », insiste le secrétaire du Casi. Un village associatif prendra place dans le hall du 6MIC afin de permettre au public d’échanger directement avec les structures présentes. « Il faut apporter de l’espoir, semer des petites graines dans une période un peu anxiogène », ajoute-t-il.

    « L’objectif n’est pas d’être rentable »

    Mettre en place un tel événement demande du temps. « C’est un travail qui dure environ un an », précise Sébastien Gronnier. La principale difficulté reste la recherche d’artiste en adéquation avec les valeurs portées. « Il faut qu’ils sachent pourquoi ils jouent. Or, rares sont ceux prêts à s’afficher sur ce type de thématiques, notamment la paix. » À l’inverse, les partenariats avec les associations sont plus simples, car ils s’inscrivent dans la durée.

    Le choix de proposer des places à prix réduit relève aussi d’une volonté assumée : sortir d’une logique purement commerciale. « On n’est pas à perte, mais l’objectif n’est pas d’être rentable », insiste-t-il. Les recettes seront d’ailleurs divisées entre les quatre associations partenaires. « Tous ceux qui achètent un billet sont aussi acteurs de la solidarité », apprécie l’organisateur.

    Parler paix dans un monde en guerre

    Dans un contexte international marqué par les conflits, le message peut surprendre ou paraître « illusoire », pour reprendre la formule de Sébastien Gronnier. « Quand on dit qu’on organise un concert pour la paix alors que les médias parlent essentiellement de guerre, ça fait parfois un peu sourire », reconnaît-il.

    Mais pour lui la démarche est essentielle : « La paix ne se résume pas à l’absence de guerre, c’est quelque chose qui se cultive au quotidien. Nous, on n’a pas attendu qu’il y ait une guerre, notre premier concert était en 2020, on ne parlait pas aussi fréquemment et aussi durement des conflits qu’il y a actuellement au Moyen-Orient ou en Ukraine, pour les plus récents. » Se rassembler, échanger, créer du lien : autant d’actions qui participent, selon lui, à construire une culture de la paix. « Même si un jour il n’y a plus de guerre, on continuera à parler de paix », assure le secrétaire du Casi.

    Pour cette édition, près de 500 cheminots sont invités. Et au-delà du succès immédiat, l’objectif reste le même : « On espère voir aussi des jeunes, et donner envie à d’autres initiatives de se créer, en dehors d’une logique purement capitaliste », conclut-il.

  • [Portrait] Guillaume Monsaingeon, avant toute chose de la musique et des images !

    [Portrait] Guillaume Monsaingeon, avant toute chose de la musique et des images !

    La cuisine, des cartes et des mappemondes, des photographies d’amateurs et des vignettes de caissons d’oranges, les arts du quotidien tiennent une grande place dans l’appartement marseillais des Monsaingeon, au dernier étage d’un immeuble de la Plaine. Pendant la Covid, il arrivait qu’au bout d’une corde et d’un panier, Édith et Guillaume transmettent à leur voisin le violoncelliste chercheur en neurosciences Daniele Schön, un agneau confit et une tarte de fruits, des mandarines et du cédrat délicatement choisis.

    Cet ami Schön qui pratique la musique de chambre en sa compagnie, raconte qu’avec des glissando plutôt romantiques, Guillaume adore jouer Haydn et Bach.

    Le Louvre et Rome

    Parmi ses meilleurs ouvrages – un livre-disque Ravel raconté aux enfants, une monographie à propos des Voyages de Vauban chez Parenthèses en 2007, un manuel de philosophie composé avec ses collègues Vladimir Biaggi et Marc Rossini – on placera très haut un recueil d’entretiens achevé en 2023 avec son cousin germain de 15 ans plus âgé, le violoniste Bruno Monsaingeon, réalisateur de films documentaires sur Dietrich FischerDieskau et Glenn Gould Filmer la musique est un tenace désir de clarification, ce sont les dialogues pendant 10 ans d’un conteur fabuleusement mémorieux avec un accoucheur de réponses infiniment précis.

    Ses nuits sont plus brèves que ses jours, cet éternel étudiant ne recherche pas la lumière et la célébrité.

    Prof de philo à Marseille

    Guillaume Monsaingeon affectionne les arborescences inattendues et les pas de côté. Il garde vif souvenir d’un enseignant de son lycée, Jean Gruber qui parlait avec autant de ferveur de son engagement au Sgen, de Racine et de Queneau. Disponible, moqueur et jamais arrogant, normalien en 1978, agrégé de philosophie en 1981, il aurait pu devenir un dirigeant de la Culture conforme à ses débuts. En 1987 Michel Laclotte lui demande de créer et de diriger l’Auditorium du Louvre, établissement prestigieux qu’il quitte subitement puisqu’on lui propose une aubaine que lui et sa femme Édith ne pouvaient pas refuser. Pendant six années qui « comptent double », ses enfants (Clarisse avait deux ans, Lucas et Léonard quatre et six) vont vivre en Italie : Guillaume Monsaingeon dirige le Centre Culturel de Rome.

    Dans sa carrière en dents de scie, un curieux fiasco (après Rome, il fut embauché et vite remercié en Haut Var par la Fondation des Treilles) décida la bonne fortune d’un virage à 180 degrés. Monsaingeon opte pour l’horizontalité, un emploi du temps sans intrigues ni rapports de force accaparants : il devient jusqu’à sa retraite en 2022 au lycée Jean Perrin enseignant de philosophie en classes préparatoires. L’un des animateurs des Philosophes publics, Marc Rosmini aime souligner que ses interventions en compagnie de Vladimir Biaggi et Ronald Bonan lors de sessions de formation furent déterminantes pour l’apparition en Bouches-du-Rhône d’une vague montante d’enseignants inspirés par un goût profond pour la démocratie.

    Ce post-moderne qui connaît admirablement Proust et Perec, Calvino, Pasolini et Fellini fait aussi du classicisme, privilégie la discrétion et les joies de sa famille. Une brisure l’aura alerté, une enfance à Porquerolles bientôt suivie du décès de son père : sa condition de départ fut celle d’un orphelin vivant au milieu d’une nichée de sept frères et sœurs dont il est le benjamin.

    À la fois simple et complexe, Monsaingeon ne cultive pas la nostalgie et les passions tristes. Priment à ses yeux la fraîcheur de l’invention et le travail collectif. Sa conviction c’est que « si l’on veut être personnel, il faut se frotter aux autres… Le risque de devenir grégaire est faible, la probabilité de découvrir des manières de faire, des idées inconnues, est beaucoup plus élevée ». La province n’est plus un désert culturel, des expériences de première importance peuvent surgir quand on propose aux bons endroits des projets convaincants. Guillaume Monsaingeon fut en solo ou bien avec de proches amis le commissaire en région de fortes expositions : entre autres, à Mont-Dauphin, Vauban architecte de la raison, 2007, avec Nicolas Faucherre, à Toulon en 2015, Villisima, Des artistes et des villes, au Mucem en 2019, Le temps de l’île, avec Jean-Marc Besse, au Frac en 2020 Des marches, démarches. À quoi s’ajoutent grâce à la clairvoyance des éditions Parenthèses les anthologies de textes et d’images cartographiques, les merveilleux formats à l’italienne du collectif Stevenson.

  • [Recette] La bouillabaisse pas comme les autres de Christian Qui

    [Recette] La bouillabaisse pas comme les autres de Christian Qui

    Les ingrédients

    Il vous faudra :

    – Des pommes de terre, du paprika fumé, du gros sel

    – Des tranches de pain, de l’huile d’olive, de l’ail, des tomates séchées, du poivre

    – Des oignons, des carottes, du concentré de tomates, une pincée de safran

    – Des poissons frais selon arrivage chez les pêcheurs du Vieux-Port, ici du poulpe et du congre

    – Un jaune d’œuf, du piment doux, des écorces de citrons séchées, de la spiruline, des verts de poireaux, du vinaigre et des piments verts.

    Une recette à adapter en fonction de vos goûts, de vos envies mais aussi des poissons frais qui s’offrent à vous sur l’étal des pêcheurs.

    Commencez la veille par préparer un bouillon avec de l’eau, des carottes, des oignons, de l’ail, du concentré de tomates et tous les restes de poissons que vous aurez. Les têtes, queues, arrêtes etc. Faites bien cuire le tout et laissez refroidir. Une nuit au frais pour laisser infuser puis filtrer et mixez. Le lendemain faites réchauffer et ajoutez à la fin le safran.

    Innovation et saveurs

    Pour le poisson, levez les filets de congre, en l’occurrence et coupez les poulpes en lamelles pour avoir une texture agréable en bouche. Mais vous pouvez utiliser le poisson de votre choix que vous aurez poché dans le bouillon. Faites cuire vos pommes de terre à l’eau, à part puis assaisonnez-les avec du paprika fumé et du gros sel. Coupez-les en quartiers.

    Pour la rouille faites une émulsion, comme une mayonnaise en mixant jaune d’œuf, ail, tomates séchées, piment doux et montez à l’huile d’olive et à l’huile neutre. Pour les croûtons, faites un mélange à base d’huile d’olive, de tomates, d’ail et de poivre, frottez le pain au pinceau et passez au four. Réservez.

    Si vous voulez réaliser une bouillabaisse à l’image de celle de Christian, préparez une poudre avec des piments doux, des tomates séchées, les écorces de citrons, du poivre et mixez le tout. Pour le dressage, déposez trois croûtons, quelques pommes de terre, votre poisson et une lamelle de poulpe. Puis une cuillère à soupe de rouille, saupoudrez avec la poudre et disposez quelques baies roses. Enfin, versez le bouillon et dégustez. Bon appétit.

  • [Sciences] Une boule de bactéries géante découverte à Carry-le-Rouet

    [Sciences] Une boule de bactéries géante découverte à Carry-le-Rouet

    En plongeant dans la baie de Carry-le-Rouet, non loin de Marseille, pour récolter des échantillons de sédiments à quelques mètres de profondeur, les scientifiques de l’Institut de biosciences et biotechnologies d’Aix-Marseille (Biam, Saint-Paul-lès-Durance) voulaient étudier des micro-organismes unicellulaires qui s’orientent grâce au champ magnétique terrestre – dits « magnétotactiques ». Au laboratoire, c’est un micro-organisme jusque-là inconnu qui attire leur attention : une boule de bactéries semblant liées les unes aux autres, vivant et se déplaçant collectivement. Ils viennent de découvrir une nouvelle espèce de procaryote multicellulaire magnétotactique (MMP) qu’ils appelleront Magnetogigantoglobus et décrivent dans The ISME Journal.

    Communication

    Les bactéries sont connues pour être composées d’une seule cellule. Mais certaines vivent en consortium, comme les MMP. « Leur existence est connue depuis les années 1990 », précise Caroline Monteil, chercheuse CEA au Biam et dernière autrice de l’article. Mais seuls deux types étaient connus : les MMP sphériques et ellipsoïdaux, qui font 3 à 6 micromètres et sont composés d’une cinquantaine de cellules, pas plus. Magnetogigantoglobus est trente fois plus volumineux et composé d’environ 130 cellules. Pour les scientifiques, cette grande taille serait liée à sa capacité à dégrader des composés organiques complexes. « Cela implique une grande diversité d’enzymes et du stockage de nutriments, donc il faut de la place, résume Caroline Monteil. Cela pourrait aussi être un moyen de protection contre la prédation. Mais ces hypothèses sont à vérifier. »

    Au-delà de l’intérêt que représente la découverte d’une nouvelle espèce, « cela éclaire d’un jour nouveau la complexité du monde bactérien et apporte un modèle inédit pour comprendre les mécanismes ayant amené à l’émergence de la multicellularité », souligne Caroline Monteil. Car les chemins pour passer de la première cellule apparue il y a quelques milliards d’années aux organismes divers et complexes du vivant actuel sont toujours très mystérieux. « Ce nouveau micro-organisme multicellulaire représente une étape évolutive où les cellules ne semblent pas spécialisées et peuvent a priori fonctionner de la même façon, mais elles sont potentiellement capables de communiquer et de coopérer tout en ne réalisant pas la même tâche en même temps », ajoute la chercheuse qui aimerait éclaircir les mécanismes qui permettent cette communication. « Elles sont 130 cellules et capables de décider en une fraction de seconde d’aller dans la même direction, souligne-t-elle. C’est très intrigant. »

    Et si la réponse était dans le petit espace vide au cœur de la boule de bactéries ? « Il n’est pas forcément vide, insiste-t-elle. Il s’y passe peut-être des choses, comme l’échange de messages moléculaires. » Il reste à les intercepter et à les déchiffrer.

    Repères

    Procaryotes

    Ces micro-organismes sont généralement composés d’une cellule dépourvue de noyau. Ce domaine regroupe les bactéries et les archées. Il s’oppose à celui des eucaryotes dont les cellules ont un noyau (comme les animaux et les plantes).

    Bactéries

    Dans la grande majorité des cas, ces procaryotes sont composés d’une seule cellule. Mais elles peuvent parfois vivre en consortium – comme Magnetogigantoglobus, récemment décrit –ou adopter des comportements multi-cellulaires– c’est-à-dire agir temporairement de manière coordonnée, pour chasser par exemple.

    R. Blakemore

    Ce microbiologiste américain a décrit pour la première fois les bactéries magnétotactiques dans la revue Science en 1975. Observées dans des sédiments marins, elles contiennent des particules magnétiques qui leur permettent de s’orienter grâce au champ magnétique terrestre.

  • [Mars bleu, le colon passé au crible 3/3] Adapter les traitements en fonction du profil de la tumeur

    [Mars bleu, le colon passé au crible 3/3] Adapter les traitements en fonction du profil de la tumeur

    Médecin senior depuis plus de trois ans, Roxane Mari est oncologue spécialisée en oncologie digestive à l’Institut Paoli-Calmettes. Une discipline transversale où le travail se fait en collaboration avec des chirurgiens, des gastro-entérologues ou encore des radiologues. « Ainsi, nous pratiquons beaucoup de traitements en radiologie interventionnelle avec des thérapeutiques faites par les radiologues », souligne la professionnelle. Comme pour la chirurgie (lire édition du 20 et 21 mars) les traitements administrés dépendent du stade de la maladie. Il faut d’abord la définir pour savoir si elle est, ou non métastatique.

    Si ce n’est pas le cas, le traitement en première intention sera la chirurgie, pierre angulaire du traitement. Elle-même précédée ou suivie d’une chimiothérapie. « Avant, pour essayer de faire diminuer le volume de la lésion tumorale et donc de la rendre plus facilement résécable. Après, s’il s’agit d’une tumeur à risque plus élevé de récidive et ainsi diminuer ce risque », précise le docteur Mari.

    Trouver la meilleure option

    « Si une tumeur est localisée au niveau du rectum et non métastatique alors il y aura un traitement néo-adjuvant, c’est-à-dire avant la chirurgie qui est un traitement lourd avec trois mois de chimiothérapie puis de la radiothérapie associée à cette chimiothérapie par voie orale, suivi de la chirurgie et enfin la possibilité en cas de nécessité de refaire 3 mois de chimio par voie intraveineuse cette fois. » Un traitement lourd car ce genre de tumeur est plus agressive et présente un risque plus fort de récidive à l’endroit même où elle a été opérée. « Avec ensuite de gros retentissements fonctionnels et des chirurgies secondaires à haut risque d’être très délabrantes », ajoute-t-elle.

    Quoi qu’il en soit, les traitements proposés sont, le plus possible, personnalisés en fonction du profil de la tumeur mais aussi du patient. « Nous ne ferons pas le même traitement à un patient de 50 ans qu’à un patient de 85 ans, c’est une évidence. Sans compter que nous essayons également de nous adapter autant que faire se peut aux souhaits que peuvent avoir les patients concernant leur traitement », indique Roxane Mari.

    C’est donc à ce moment-là qu’intervient la réunion pluri-disciplinaire afin de trouver la meilleure option. « En effet, c’est très codifié mais rien n’est jamais tout blanc ou tout noir », constate-t-elle. Le tout en essayant là aussi en fonction des traitements de trouver un équilibre. « Seuls 10 à 15% des patients ont des tumeurs qui permettent d’avoir accès à une immunothérapie. Pour la chimiothérapie, nous utilisons un agent qui s’appelle Oxaliplatine et qui peut entraîner une toxicité neurologique. Tout l’enjeu c’est donc de trouver un équilibre pour ne pas que le patient subisse des toxicités au long cours et même après guérison. »

  • Benoît Payan officiellement réélu maire de Marseille avec l’ensemble des voix de la majorité

    Benoît Payan officiellement réélu maire de Marseille avec l’ensemble des voix de la majorité

    C’est sans surprise que ce samedi, lors du conseil d’installation, les nouveaux conseillers municipaux de Marseille ont officiellement élu Benoît Payan (DVG), maire de Marseille. Il a été élu avec 73 voix, soit l’ensemble des suffrages de la liste d’union de gauche, contre 38 bulletins nuls ou blancs. Le conseil a également tranché sur le nombre d’adjoints au maire. Leur élection a eu lieu dans la foulée.

    Sur les 111 votants :

    – 38 bulletins blancs ou nuls

    – 73 suffrages exprimés

    – 73 suffrages pour Benoît Payan

    Les adjoints :

    1ère Adjointe : Michèle RUBIROLA

    2ème Adjoint : Joël CANICAVE

    3ème Adjointe, maire adjointe : Samia GHALI

    4ème Adjoint : Amine KESSACI

    5ème Adjointe : Audrey GARINO

    6ème Adjoint : Arnaud DROUOT

    7ème Adjointe: Pascaline LECORCHE

    8ème Adjoint : Pierre HUGUET

    9ème Adjointe : Hanifa TAGUELMINT

    10ème Adjoint : Eric MERY

    11ème Adjointe : Nassera BENMARNIA

    12ème Adjoint : Hervé MENCHON

    13ème Adjointe : Marie BATOUX

    14ème Adjoint : Julien HAROUNYAN

    15ème Adjointe : Audrey GATIAN

    16ème Adjoint : Pierre Marie GANOZZI

    17ème Adjointe : Perrine PRIGENT

    18ème Adjoint : Anthony GONCALVES

    19ème Adjointe : Josette FURACE

    20ème Adjoint : Karim TOUCHE

    21ème Adjointe : Capucine EDOU

    22ème Adjoint : Gwenael RICHEROLLE

    23ème Adjointe : Chahidati SOILIHI

    24ème Adjoint : Hassan GUENFICI

    25ème Adjointe : Sophie GUERARD

    26ème Adjoint : Yoan LEVY

    27ème Adjointe : Clara JABOULAY

    28ème Adjoint : Ahmed HEDDADI

    29ème Adjointe : Nathalie TESSIER

    30ème Adjoint : Hedi RAMDANE

    31ème Adjointe : Rebecca BERNARDI

    32ème Adjoint : Yannick OHANESSIAN

    33ème Adjointe : Juliette MASSON

    Les résultats :

    109 votants

    2 procurations

    73 suffrages exprimés

    36 bulletins nuls ou blancs

    Majorité absolue : 55

    Nombre de suffrages obtenus : 73

  • Olivier Galzi officiellement élu maire d’Avignon

    Olivier Galzi officiellement élu maire d’Avignon

    À Avignon, Olivier Galzi est officiellement installé maire. L’ex candidat DVD a recueilli 36 voix contre 5 pour Anne-Sophie Rigault (RN). Les dix élus de gauche, « par esprit républicain », n’avaient pas présenté de candidat. On dénombre également 10 bulletins blancs et 2 nuls.