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  • La droite vers le Sénat en rangs dispersés dans les Bouches-du-Rhône

    La droite vers le Sénat en rangs dispersés dans les Bouches-du-Rhône

    Ils sont allés jusqu’au bout malgré les pressions. Tandis que la liste menée par la sénatrice sortante (UDI) Brigitte Devésa et Renaud Muselier, le président (Ren.) de Région se vantait lundi qu’ils seraient « les seuls à siéger dans la majorité sénatoriale aux côtés de Gérard Larcher », le maire (LR) de Gardanne Hervé Granier a bien déposé ce mardi après-midi sa liste pour les sénatoriales dans les Bouches-du-Rhône, et la sénatrice sortante (LR) Valérie Boyer doit en faire de même ce mercredi.

    Avec le maire de Gardanne accompagné de Pascale Licari, la maire (DVD) du Paradou, et Patrick Ghigonetto, le maire (DVD) de Ceyreste, figurent aussi l’ex-maire (DVD) des 9-10 Anne-Marie d’Estienne d’Orves, le maire de Mallemort Dimitri Farro, la présidente de la chambre de commerce et d’industrie franco-arménienne Angèle Melkonian, le conseiller municipal de Grans Vincent Tiquet, l’adjointe gardannaise Claire Campodinoco. « Les maires comptaient avoir une liste de maires, il fallait avoir le courage de la monter », appuie Hervé Granier, déplorant la suppression du cumul des mandats, « qui a supprimé la proximité entre les collectivités et Paris ». Il défend ainsi réforme de la loi SRU – qui impose 25% de logements sociaux – simplification des normes, information sur les fichés S ou agresseurs sexuels dans les communes… Mais surtout, il tique sur les propos de Brigitte Devésa, qui écrivait que « les collectivités ont besoin de sénateurs qui connaissent leurs réalités et savent agir, l’amateurisme n’a pas sa place ». « Les amateurs que nous sommes faisons vivre les collectivités tous les jours, nous occupons de nos administrés tous les jours », tempête-t-il.

    Monopoles de la droite

    La sénatrice Valérie Boyer a de son côté annoncé ce mardi les derniers noms de sa liste : l’ancien député Guy Teissier, l’ancienne présidente de l’opposition marseillaise Catherine Pila, l’ex-candidat aux législatives Maxime Aghemo, la conseillère d’opposition martégale Magali Scalzo-Lopez. En suscitant une vive réaction de la fédération LR. « Par cette candidature dissidente à une élection à un seul tour, Madame Boyer prend le risque d’empêcher les maires réélus Véronique Miquelly et Michel Pécout de faire leur entrée au Sénat », indique un communiqué qui promet que « la droite la plus bête du monde n’est pas une fatalité ». Face à l’investiture LR affichée par la liste de Brigitte Devésa, Valérie Boyer ironise : « C’est compliqué de dire qu’on est une liste LR quand la liste est conduite par une ex-Modem à l’UDI et le patron de Renaissance ». Elle rappelle sa fidélité à son parti et son opposition au gouvernement macroniste, dont les coupes budgétaires affectent les collectivités, tandis que huit membres de LR figurent sur sa liste. « Un parti qui donne une investiture à une centriste UDI associée à Renaissance, on peut se poser des questions. Si une personne devait l’avoir, c’était Valérie Boyer », la défend Hervé Granier.

  • Atteinte à la dignité : la prison d’Aix condamnée

    Atteinte à la dignité : la prison d’Aix condamnée

    Une nouvelle condamnation pour les prisons françaises. Après Bordeaux et Condé-sur-Sarthe, c’est au centre pénitentiaire d’Aix-Luynes de se voir ordonner des mesures pour assurer le respect de la dignité de ses détenus. Une décision du tribunal administratif de Marseille rendu ce lundi 7 septembre suite à deux référés-libertés déposés par l’observatoire international des prisons et le syndicat des avocats de France contre la maison d’arrêt d’Aix-Luynes et la prison des Baumettes. Le recours contre les Baumettes a, quant à lui, été rejeté par le juge des référés ce lundi.

    Déposés le 18 août pour Aix-Luynes et le 21 août pour les Baumettes, ces référés-libertés sont ces procédures d’urgence qui permettent de demander au tribunal administratif d’ordonner des mesures pour préserver l’exercice d’une liberté en cas d’atteinte grave et illégale à cette dernière par l’administration.

    Dans l’ordonnance du 7 septembre, le tribunal administratif ordonne donc au ministre de la Justice la mise en place de 21 mesures pour la prison de Luynes. Parmi lesquelles le recensement exhaustif des personnes dormant sur un matelas au sol afin de leur fournir « une literie propre et en quantité suffisante » et de mettre fin à ce type de couchage pour les détenus vulnérables. Le tribunal exige également des opérations de désinsectisation et de dératisation générales et curatives et la réparation des 41 portes de sanitaires absentes ou défaillantes.

    Le juge ordonne également de respecter les besoins d’extractions médicales demandées par l’unité sanitaire, alors que nombre d’entre elles ont été reportées. Des retards pouvant entraîner une dégradation de la prise en charge des détenus, estime le juge. Le ministre de la Justice dispose également de quinze jours pour vérifier et réparer les dispositifs d’appel des cellules permettant aux détenus d’appeler de l’aide, sous peine de 200 euros d’astreinte par jour de retard. Pour Maxime Carrez, avocat au Saf qui a porté les deux référés-libertés « c’est une manière de s’assurer que l’administration respectera les injonctions et fera au plus vite ».

    Le recours contre

    les Baumettes rejeté

    L’avocat est toutefois surpris de la décision pour prison des Baumettes. « On s’attendait à une décision partiellement favorable ». Le tribunal a rejeté le recours estimant que les injonctions demandées relevaient de mesures structurelles. Ce que conteste l’avocat : « Il y a des mesures bien plus lourdes que celles que nous demandions aux Baumettes qui ont été accordées par d’autres tribunaux administratifs », s’indigne-t-il. L’avocat, et les associations portant ce recours envisagent de faire appel de cette décision devant le Conseil d’État.

    Des démarches juridiques qui, pour Maxime Carrez, permettent de mettre en lumière « l’indignité et les dysfonctionnements de l’administration pénitentiaire ».

    Eva Janus
  • La Métropole toujours au bord du déséquilibre

    La Métropole toujours au bord du déséquilibre

    Comme un retour vers le futur pour les difficultés financières de la Métropole Aix-Marseille. Son hémicycle doit ce jeudi reprendre la copie budgétaire arrêtée par le préfet au mois de juin, après la mise sous tutelle de l’institution. Mais tandis que sont déjà parties les convocations, le groupe de la gauche métropolitaine a demandé au président (LR) de la Métropole Nicolas Isnard d’ajourner la séance, sans succès pour l’instant.

    « Nous ne sommes pas à dix jours près », plaide le maire (DVG) de Marseille dans un courrier adressé ce mardi, en assurant que ces dix jours « peuvent en revanche être déterminants pour éviter de prendre, dans l’urgence, une décision qui déstabiliserait immédiatement les budgets de nos communes ». Et pour cause. Comme le révélait La Marseillaise, la copie révisée pendant l’été fait porter la plus grosse part des coupes dans les dotations reversées aux communes à la Ville de Marseille, à hauteur de 36 millions d’euros. En échange, la Métropole créait un fonds de concours, inscrit à l’ordre du jour ce jeudi, pour compenser « euro par euro » ces pertes en soutenant les investissements de chaque commune.

    Retour sous la tutelle ?

    Mais une note préfectorale datée du 2 septembre, a semé le trouble. Alors que 90 communes – dont Marseille – avaient déjà déposé leurs demandes, celles-ci « sont sans valeur » avant le vote des conseils, écrit la préfecture, qui cadre les dépenses pouvant être financées face à une formulation de la délibération qui « prête à confusion ».

    Alors le maire de Marseille en profite pour proposer de n’inscrire aucune coupe dans les dotations aux communes, que ce soit les attributions de compensation (AC) reversées sur la base de l’ancienne taxe professionnelle ou la dotation de solidarité (DSC). Et donc d’adopter un budget modifié en déséquilibre, à rebours des obligations légales. La décision aurait pour conséquence de faire intervenir de nouveau la chambre régionale des comptes pour formuler « en concertation avec la Métropole les mesures qu’elles estimeront nécessaires au rétablissement de l’équilibre » avant un vote de l’hémicycle, écrit-il, écartant toute « mise sous tutelle ».

    « Décaler d’une semaine ne changera rien sur le fond », soupire le vice-président (LR) aux finances, David Ytier. Et d’interpeller : « Est-ce que nous sommes prêts tous ensemble à redonner les clés du budget au préfet et à la chambre régionale des comptes ? Il y a de fortes chances qu’il se passe la même chose, voire pire, et ils ne proposeraient pas un fond de concours pour compenser ce que les communes perdraient en fonctionnement ». Lui met en avant les rectifications de la décision budgétaires modificatives notamment pour payer les salaires des agents (1,8 million d’euros), soutenir des associations (3,5 millions). Et les concessions faites aux Marseillais avec une baisse annoncée de leur taxe d’enlèvement des ordures ménagères et un vote immédiat de la dotation de solidarité pour 2027. « À un moment il faut voter », appuie David Ytier. Un vote à risque : pour tailler la dotation de solidarité, il faut une majorité des deux tiers. Mais hors de question pour les élus marseillais d’assumer une perte de 36 millions, tandis que deux élus à droite manifestent déjà leur opposition. L’extrême droite quant à elle cultive l’ambiguïté stratégique. « Nous ne soutiendrons aucune augmentation d’impôts », répète Jean-Baptiste Rivoallan (UDR) qui « réserve [son] vote pour la séance » alors qu’est inscrite à l’ordre du jour une révision de la cotisation foncière des entreprises et la suppression d’exonérations « que nous étions les seuls à appliquer » souligne le vice-président aux finances. Faute de majorité, la Métropole ne pourra pas verser les attributions de compensation qui profitent surtout aux communes industrielles. Un déséquilibre financier qui risque de faire voler en éclat le fragile équilibre politique, alors qu’une réunion le 15 septembre à Aix du pacte financier et fiscal doit fixer des perspectives pour la Métropole.

  • Le Scum poursuit son combat contre la précarité

    Le Scum poursuit son combat contre la précarité

    Deux mille six cents cinquante euros. C’est en 10 ans la perte de pouvoir d’achat annuelle d’un étudiant, alerte le Scum. Vendredi 28 août, devant le parvis de la faculté de médecine, le Syndicat de combat universitaire a dressé, étude de l’Union étudiante à l’appui, un constat alarmant sur la détérioration des conditions de vie des étudiants.

    En l’espace d’une décennie, le coût de la vie a bondi de 16,5 à 24,3% en fonction des villes pendant que les bourses n’étaient revalorisées que de 1% en 2021 puis 4% en 2022. Au mieux, elles s’élèvent à 633,5 euros plus 233 euros d’aide au logement tandis que le coût de la vie étudiante* à Montpellier était estimé à 1 165 euros mensuels en 2023. La hausse des loyers (+19,2% en 7 ans) impose aux étudiants un surcoût de 102 euros annuel. Et bien que les boursiers en sont exonérés, le montant élevé (105 euros soit +25 euros depuis 2018) de la taxe CVEC n’arrange rien.

    Le Crous n’étant en capacité de loger que 10% des jeunes et le parc privé étant trop onéreux, le Scum réclame « la construction massive de logements étudiants à des prix abordables ». Le porte-parole Vincent Pagano interpelle aussi le maire Michaël Delafosse (PS), « qui ne semble pas particulièrement préoccupé par la situation » sur la nécessité de « mettre en place des logements d’urgence ». L’an passé, au moins 150 étudiants s’étaient retrouvés sans toit. L’étudiant en 5e année de médecine déplore aussi la monétisation des parkings autour des facultés (150 euros l’abonnement annuel).

    La généralisation des repas à 1 euro effective à cette rentrée devrait apporter un peu d’air aux 80 000 étudiants montpelliérains, 15 000 Nîmois, 2 500 Biterrois et 2 200 Alésiens. Mais la mesure est insuffisante pour Théo Haffner-Martin. « On craint une saturation des structures du Crous qui se réserve le droit de diminuer le nombre de repas à 1 euro servis », tempère le porte-parole du Scum.

    La raison pour laquelle le syndicat s’apprête à reprendre ses distributions régulières de colis alimentaires. Elles auront lieu un vendredi sur deux à la cité U la Colombière ou au restaurant universitaire Triolet pour les distributions de pain. Côté Paul Valéry, les distributions se tiendront tous les mercredis de 13h30 à 14h30 dans l’espace La Ruche. L’an passé, 15 000 colis ont été distribués. « 41% des étudiants sautent des repas faute de moyens », rappelle Vincent Pagano.

    Des repas à 1 euro insuffisants

    Dès la rentrée, le Scum entend aussi poursuivre son soutien** aux « sans fac », victimes d’une sélection jugée « sociale et raciste ». Sans parler des frais d’inscription exponentiels pour les étudiants étrangers. « On compte 207 400 candidats pour 151 887 places sur MonMaster soit 23 615 places de moins qu’en 2025 ! », alerte Lison Galzin. « Les universités doivent s’adapter pour accueillir plus d’étudiants. La sélection doit être supprimée. Stop au tri social ! », harangue l’étudiante en 5e année de médecine.

    * Manif contre la suppression des APL mardi 15 (18h) devant la préfecture à Montpellier. **Réunions d’info : jeudi 10 (18h) salle J. Moulin (Paul-Valéry), vendredi 11 (18h) bâtiment 2 fac de droit.

  • Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    Le tribunal de commerce de Toulouse rendra sa décision mardi 15 septembre. Mais il fait peu de doute qu’il devrait, sauf mauvais coup de théâtre, prononcer la poursuite de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) pour au moins trois mois. Objectif de ce délai : permettre aux industriels candidats à la reprise de proposer un projet solide. Un enjeu majeur après la liquidation du site Fibre Excellence de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône où l’espoir pourrait aussi renaître. Lors d’une audience du tribunal, tenue à huis-clos ce mardi 8 septembre à Toulouse, le ministère public a en effet demandé au tribunal de commerce d’accorder un délai de trois mois à l’entreprise. Autrement dit, de permettre la poursuite de l’activité.

    Ce délai doit permettre « de sécuriser le site et de donner le temps nécessaire à la finalisation d’une solution industrielle pérenne. Pour permettre la poursuite de l’activité pendant cette période», explique la Région Occitanie qui met sur la table 3,5 millions, l’Etat assurant pour sa part un engagement de 2 millions jusqu’au 30 septembre. «Ces financements permettront d’assurer les charges courantes, de préserver l’outil industriel et de maintenir les emplois, tout en laissant aux industriels le temps nécessaire pour finaliser leur projet de reprise» explique la présidente de la Région, Carole Delga (PS), dans un communiqué publié la veille de l’audience. Une pugnacité qui commence à porter ses fruits.

    Relire : Fibre Excellence : après des incidents à Tarascon, le préfet exige le redémarrage de la station d’épuration
  • Dans le Gard, un troisième fauteuil sénatorial très convoité

    Dans le Gard, un troisième fauteuil sénatorial très convoité

    À trois semaines du scrutin, la campagne s’accélère dans le Gard. Chaque candidat et son équipe multiplient les rencontres avec les élus, les maires et se montrent dans toutes les fêtes de village. L’objectif est triple : à la fois écouter les revendications des élus du terrain, affirmer son bilan mais aussi présenter un programme en vue du prochain mandat. Dans ce contexte et après analyse des résultats des élections municipales, il est quasiment certain que les deux sénateurs sortants candidats seront réélus.

    D’un côté, le socialiste Denis Bouad, allié avec le Parti communiste, peut s’appuyer sur la victoire à Nîmes et le maintien d’un certain nombre de communes cévenoles et du Gard rhodanien à gauche. De l’autre, Laurent Burgoa (LR) fait face au recul de la droite aux dernières élections municipales mais peut toujours compter sur quelques bastions comme Alès ou Saint-Gilles et reste apprécié par des élus qui ont toujours eu son oreille lors du mandat écoulé. Reste donc à savoir qui remportera le troisième siège et convaincra une partie des 1 910 grands électeurs gardois.

    Division à gauche

    Entre les défaites de la gauche à Vauvert et Bagnols-sur-Cèze et une victoire à Nîmes, la liste de Denis Bouad pourrait être majoritaire dans le Gard. Mais le principal problème du socialiste reste toujours la division de la gauche. Il devra en effet affronter au moins deux listes à gauche : celle des Insoumis emmenée par l’élu viganais Jean-Baptiste Thibaud et celle de l’élue départementale Carole Bergeri qui a reçu le soutien du président du Gard rhodanien Christophe Serre. Comme en 2020, Alexandre Pissas (PS) pourrait de nouveau être dissident. Il a confirmé à Objectif Gard que « sa liste était prête » mais qu’il se donnait encore du temps avant de la déposer puisqu’il a jusqu’au 11 septembre pour le faire. Si ces trois listes n’ont que très peu de chances d’emporter un siège, elles pourraient surtout diviser les voix à gauche. D’autant que Denis Bouad, allié avec le PCF et le PRG, n’est pas parvenu à s’entendre avec les Écologistes ou les Unitaires Gard (Debout !, L’Après, Génération.s). Une réelle épine dans le pied du socialiste d’autant plus gênante qu’il ne s’était incliné derrière la droite que de neuf voix en 2020. Conscient du danger, Denis Bouad martèle donc : « Le seul vote utile à gauche, c’est notre liste ».

    La droite en recul

    En meeting à Alès (11h15, Espace Cazot) puis à Codognan (15h15, Maison du peuple), le président du Sénat Gérard Larcher vient vendredi 4 septembre soutenir l’un de ses proches et une liste également en difficulté. Après la perte de Nîmes et la concurrence de plus en plus forte du Rassemblement national, la droite gardoise recule dans le département. Pour tenter de résister et de conserver un deuxième sénateur LR, Laurent Burgoa est tout de même parvenu à s’allier avec le centre et a reçu le soutien de la patronne de Renaissance dans le Gard, Valérie Rouverand.

    L’extrême droite cherche un groupe

    La grande incertitude plane sur le score du Rassemblement National. Avec déjà 10,93% des voix en 2020, le RN, emmené cette année par la députée Sylvie Josserand, peut désormais compter sur des élus à Vauvert, Bagnols-sur-Cèze et sur ceux de l’opposition à Nîmes. Mais de nombreux maires se sont aussi présentés sans étiquette dans leur commune alors qu’ils sont sympathisants du RN. Difficile encore aujourd’hui d’évaluer leur nombre, mais les votes à bulletin secret lors des élections des intercommunalités prouvent qu’ils sont un nombre non négligeable. Ils pourraient même être suffisamment nombreux pour que le RN remporte le troisième siège. Un enjeu très important pour le parti d’extrême droite qui espère pouvoir créer pour la première fois un groupe au Sénat (10 sénateurs sont nécessaires pour cela) et ainsi préparer l’élection de Marine Le Pen à la présidentielle de 2027.

  • [Violences sexuelles] À Marseille, la rue exige des moyens

    [Violences sexuelles] À Marseille, la rue exige des moyens

    « Nous voulons ces trois milliards. » Devant les deux cents personnes qui se sont rassemblées devant le palais de justice à Marseille, Alexandra Brochus du collectif 13 droit des femmes, rappelle la nécessité d’avoir des moyens pour lutter réellement contre les violences sexistes, sexuelles et intrafamiliales. À l’appel de la coalition féministe et enfantiste pour une loi intégrale, les Marseillais sont venus ce lundi, « mettre la pression pour que la loi intégrale (lire l’article ci-dessus) passe », rappelle la féministe.

    Dans une période où le gouvernement prône un budget d’austérité, les partisans de la loi ne craignent que l’article 68 soit amendé. Le paragraphe impose un budget pluriannuel de 3 milliards d’euros jusqu’en 2032, dédié à la lutte contre ce fléau. « Parce que c’est beau d’avoir une loi, mais si on a pas les moyens, ça ne sert à rien », souffle Florence, qui travaille dans l’administration d’un collège. Le manque de moyens financiers et humains, elle en fait les frais au quotidien : « Il y a trop d’élèves pour les enseignants, donc ils ne peuvent pas déceler les signaux faibles chez des enfants victimes, explique la syndicaliste à la FSU. Et on manque d’infirmières et d’assistantes sociales. Des postes sont fermés tous les ans », s’attriste-t-elle.

    Un manque d’argent plus global que Léonor, venue participer à la manifestation déplore. « En termes de financement, il y a une marge de progression énorme, insiste-t-elle. Il en faudrait plus pour la justice, les services sociaux ou les associations. »

    Pour cette mère de famille, qui est venue avec sa fille, ce manque de soutien financier marque les incohérences dans le discours du président de la République, qui affirmait vouloir faire de la lutte contre les violences faites aux femmes la grande cause du quinquennat. « On voit bien que les plannings familiaux ou les associations sont de moins en moins financés. Tout cela est menacé par la politique d’aujourd’hui, et peut être celle de demain. C’est pour cela qu’il faut rester mobilisés. »

    « Rendez- vous lundi, prochain devant le tribunal à 19h mais plus nombreuses et nombreux », insiste Annick Karsenty membre de l’association féministe Femmes solidaires. Car tant que le texte n’est pas inscrit au journal officiel, le combat doit continuer pour ces militantes et militants. Car si la loi a été écrite par la société civile, la rue espère la faire voter.

  • [Sénatoriales] En Vaucluse, des listes encore en salle d’attente

    [Sénatoriales] En Vaucluse, des listes encore en salle d’attente

    Les 318 grands électeurs vauclusiens seront fixés vendredi, 18h, dernier délai, sur l’offre complète des candidatures aux sénatoriales du 27 septembre. À ce stade, six listes ont fait part de leur intention de concourir, même si toutes ne sont pas encore passées en préfecture ce lundi. Parmi les trois sénateurs sortants, deux repartent et ont officialisé leur liste : Jean-Baptiste Blanc (LR), qui sera notamment secondé par la présidente du Département Dominique Santoni. Le second parlementaire, Lucien Stanzione (PS), doit déposer sa liste jeudi et la présentera vendredi à la presse. La conseillère départementale Sophie Rigaut (PS) l’accompagnera, suivi du maire de Velleron, Philippe Armengol.

    Toujours à gauche, la France insoumise concourra pour la première fois, sous la bannière Vaucluse en commun. La liste a été déposée ce lundi par Julien Gautier, élu d’opposition à la Tour d’Aigues. Sur les cinq candidats, quatre autres sont aussi élus : Mathilde Louvain et Oukacha Rtili (Avignon) et Yvonne Charra (Valréas). De l’autre côté de l’échiquier, le RN convoite son premier poste de sénateur en Vaucluse par le biais de Thierry D’Aigremont, son délégué départemental. À noter la candidature en 2e place de la députée Catherine Rimbert et en 4e d’Audrey Piazza, non encartée et ex-présidente des Jeunes agriculteurs.

    Le centre droit n’est pas en reste non plus. Poussée par le maire d’Avignon Olivier Galzi (DVD), Anaïs Hausmann doit déposer sa liste mercredi, la veille du lancement du mouvement Le bon sens des territoires. Aucun nom ne fuite jusque-là, à tel point que des bruits courent d’un renoncement, balayé par l’entourage de la candidate. « Avec discrétion », Sylvie Viala, présidente du Modem 84, est aussi en lice. « J’ai rendez-vous mercredi matin en préfecture pour déposer ma liste », soutient la conseillère régionale qui divulguera ses colistiers à ce moment-là. Une élection dont se passera finalement Malika Di Fraja, ex-présidente de Renaissance 84. Après avoir officialisé sa candidature début mai, elle a renoncé vendredi soir dans un communiqué. Elle évoque un « choix de responsabilité face à la montée des extrêmes [RN et LFI à ses yeux] ». Un temps impliqué, Adrien Morenas n’ira pas non plus. L’ex-député macroniste, qui plaidait pour l’union du centre, regrette « les cavaliers seuls qui diluent les voix et ne crée pas une offre cohérente ».

  • [Violences sexuelles] À Toulon, les progressistes unis pour exiger des actions concrètes

    [Violences sexuelles] À Toulon, les progressistes unis pour exiger des actions concrètes

    Il n’était pas question de divergences partisanes, encore moins de course à la présidentielle, ce lundi, devant le Palais de justice de Toulon. Un large panel d’organisations progressistes, des syndicats (CGT, FSU, Solidaires) aux partis politiques (PCF, LFI, PS, Écologistes, UCL, Parti Occitan, Place publique, Génération.s) étaient tous réunis sous une même bannière, faisant fi des divergences, pour réclamer « une loi organique intégrale, qui englobe un ensemble de mesures, de la prévention jusqu’à la répression », résume Françoise Denis, militante au Planning familiale. « On ne se bat pas pour mettre tout le monde en prison, mais pour que les violences cessent. » Et cela passe par « l’éducation, la formation des magistrats, des policiers, des professionnels pour qu’ils prennent en compte la victime », mais aussi « par la prévention et la prise en charge de la victime sur tout son parcours », ajoute Gilberte Mandon, de la FSU. D’un point de vue législatif, les deux militantes appellent par ailleurs à la « reconnaissance de l’inceste comme crime », ou encore à celle du « crime vicariant, c’est-à-dire le meurtre des enfants par le père pour se “venger” de la mère, pour l’instant reconnu comme infanticide classique », explique Françoise Denis.

    « L’imposture » de la droite et de l’extrême droite

    Les dix points pour lesquels milite la coalition enfantiste et féministe ont ensuite été présentés par Manon Magagnosc (CGT CHITS) et Julie Birebent, secrétaire départementale adjointe de la FSU-SNUipp 83. « L’émotion suscitée par l’affaire Lyhanna est immense […]. Notre société ne supporte plus que les violences sexistes et sexuelles faites aux enfants soient minimisées, invisibilisées. Mais cette émotion ouvre également une bataille politique sur les causes des violences, sur les réponses à apporter et sur le projet de société que nous voulons construire », a affirmé cette dernière, rappelant « l’imposture de l’extrême droite et de la droite réactionnaire », qui « tentent de se présenter comme les protecteurs des enfants victimes de violences sexistes et sexuelles ».

    Car le conservatisme demeure antagoniste de la lutte enfantiste : « On ne peut combattre la pédocriminalité sans combattre les systèmes de domination qui la rendent possible, ni lutter contre l’inceste sans interroger les rapports de pouvoir qui traversent la famille, les institutions, les relations entre adultes et enfants, entre hommes et femmes », clame Julie Birebent.

  • [Entretien] « Notre volontéest d’être inclusif pour tous les types de handicap »

    [Entretien] « Notre volontéest d’être inclusif pour tous les types de handicap »

    La Marseillaise : En 2026, vous avez obtenu le label Tourisme et Handicap. Qu’a-t-il permis dans la prise en charge des personnes en situation de handicap
    à la mer
     ?

    Sophie Guérard : Ils nous ont guidés dans les équipements à mettre en place et de mon côté, j’ai rencontré les usagers et les associations afin de connaître leurs besoins. Aujourd’hui, notre volonté c’est d’être inclusifs pour tout type de handicap, donc on a différentes prises en charge. Si vous êtes en perte de mobilité, c’est essentiellement de l’aide humaine, puis le tapis rigide posé sur la plage permet d’aller jusqu’à l’eau sans s’enfoncer dans le sable. Pour les utilisateurs de fauteuil roulant, il y a l’hippocampe quand le handicap est léger. Il permet de s’immerger, puis la personne peut se lever grâce à la légèreté qu’apporte l’eau. Si le handicap moteur est plus lourd, c’est le tiralo qui va être utilisé. Il flotte et permet donc de se baigner. Pour les personnes déficientes visuelles, on a un dispositif qui émet des sons afin de savoir quand on s’éloigne de la plage. C’est un dispositif mobile qu’on installe sur demande.

    « À nous la mer » a été lancé en 2022 à la Pointe Rouge. Quel bilan en tirez-vous aujourd’hui ? Envisagez-vous d’étendre le dispositif en dehors de la saison estivale ?

    S.G. : L’année dernière, on a tenté septembre et on a eu très peu de fréquentation. C’est un dispositif très coûteux donc cette année, on a préféré se concentrer sur les moments où on a vraiment du public. Le budget « À nous la mer » est de 360 000 euros pour cette saison. On a concentré les efforts sur juin, juillet et août, avec une augmentation de fréquentation très importante par rapport à l’année dernière. En juin, on a fait 76% d’augmentation avec 172 utilisateurs sur les trois plages, particuliers et établissements confondus. En juillet, on a eu une augmentation de 300% avec 623 personnes qui ont bénéficié du dispositif. On n’a que des retours positifs, les gens sont contents de pouvoir se baigner et aussi de pouvoir venir en groupe. Les saisonniers qui les accueillent sont formés au levage, au transfert, à la prise en charge des différents types de handicap. La plupart sont des étudiants, une grande partie en école de kiné. Ils font ça sur plusieurs années, donc ils sont vraiment investis sur le sujet. Les agents peuvent rester dans l’eau et donner leur main pendant 40 minutes si besoin. J’étais présente lors d’une visite d’un IME à Corbière en juillet. Ils étaient douze adolescents en situation de handicap. Ils ont été accompagnés au cas par cas dans l’eau. C’est rassurant pour eux d’être accompagnés humainement, sinon, ils ne se baignent pas. Cet été, on s’est aussi rendu compte, que ceux qui viennent pour la première fois se régalent et reviennent. Par exemple, une dame de 93 ans qui est venue en juillet avec sa petite-fille, en partant, elle a dit : « Je vais venir tous les jours. »

    Aujourd’hui, seulement trois plages sont équipées pour tout
    le littoral marseillais, d’autres ouvertures sont-elles prévues
     ?

    S.G. : On tente de mettre à disposition gratuitement toutes les aides dont les personnes en situation de handicap ont besoin pour pouvoir se baigner comme tout le monde. Pour l’instant, on est sur ces trois plages-là parce qu’il y a énormément de contraintes pour installer le dispositif et qu’on a pu le faire que sur ces plages. Il faut qu’il y ait un parking PMR, que ce soit facile d’aller jusqu’au dispositif, que ce soit des plages surveillées… Pour l’instant, on se concentre sur ces trois-là et on va renforcer leur capacité d’accueil au vu de la fréquentation importante de cet été.

    Une fois à la plage, l’accès est pensé pour les personnes en situation de handicap, mais ce n’est pas toujours le cas pour les transports en commun qui y mènent. Est-ce un sujet sur lequel vous travaillez ?

    S.G. : On sait que c’est éminemment compliqué quand on est une personne en situation de handicap moteur d’utiliser les transports en commun aujourd’hui. C’est un des axes d’amélioration prioritaire. On a déjà fait une réunion sur ce sujet avec Samia Ghali, la présidente de la RTM, pour mettre Mobil Métropole en corrélation avec le dispositif « À nous la mer » pour l’été prochain.

    Entretien réalisé
    par Andréa Goyard de Castro