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  • Le dentiste escroc écope de deux ans de prison ferme

    Le dentiste escroc écope de deux ans de prison ferme

    Le tribunal a largement dépassé les réquisitions et condamné lundi pour escroquerie en bande organisée et blanchiment un dentiste marseillais, Mohamed Cherif, 37 ans, pour avoir détourné en quatre ans 2 660 658 euros à la CPAM avec 11 246 actes et forfaits surfacturés ou totalement fictifs sur 100 patients.

    La 6e chambre correctionnelle présidée par Margaud Kennedy a considéré que ce jeune dentiste s’est lancé dans un schéma de fraude deux ans seulement après avoir obtenu son diplôme. « Dès le début, il a reconnu le mode opératoire de ses agissements. Il a été le premier bénéficiaire du produit de l’escroquerie et s’est considérablement enrichi. » Ces faits sont « d’une particulière gravité au vu de l’ampleur des détournements en moins de trois ans au préjudice du système de santé qui repose sur la solidarité nationale pour permettre notamment l’accès aux soins des plus démunis ».

    « La majorité de ses actes ont été purement fictifs », estiment les juges qui ont écarté la thèse défendue par le praticien qu’il aurait voulu arranger ses patients et il aurait été pris dans une spirale devant une imposition qui allait crescendo. S’agissant du délit de travail dissimulé au sein de son cabinet, le tribunal l’a relaxé.

    « Absence de prise

    de conscience »

    Le dentiste a facturé 50% des actes sans même utiliser la carte vitale des assurés. Le tribunal rappelle que « 73% des sommes fraudées à la CPAM sont détournées par des professionnels de santé ». Il a considéré qu’une peine d’emprisonnement était « indispensable ». D’où le prononcé d’une peine de 5 ans de prison dont 3 ans avec sursis probatoire avec mandat de dépôt à effet différé et exécution provisoire. S’ajoute une amende de 200 000 euros dont 150 000 avec sursis, la confiscation de 376 000 euros en bijoux, vêtements, articles de luxe, d’une sculpture et de deux appartements pour 740 000 euros. Au regard de l’« absence de prise de conscience » et du « risque de renouvellement » des faits, une interdiction d’exercice d’activité libérale est prononcée pour 5 ans.

    Le jugement souligne le « rôle pivot » de Fella C., une patiente qui a été son « intermédiaire dans ce schéma de fraudes qu’elle a diffusé » à dix faux patients de son entourage, condamnés eux à des peines allant de 105 heures de travail d’intérêt général à 10 mois de prison avec sursis. Fella C. a perçu 58 000 euros du dentiste en l’espace de 15 mois. « Elle a bénéficié d’un deal et a reconnu avoir perçu une commission à chaque recommandation d’un patient. » 31% des sommes au titre de la CMU ont été reversées à elle et ses proches. Pour cette complicité active, elle écope de 18 mois avec sursis et 10 000 euros d’amende.

    La solidarité de l’ensemble des prévenus est prononcée pour indemniser la CPAM de la somme de 2 660 658 euros. Le tribunal l’a toutefois limitée à hauteur de 277 000 euros pour dix prévenus autres que le dentiste.

  • Le droit au logement reste encore à la rue

    Le droit au logement reste encore à la rue

    Dans les décisions rendues par le tribunal administratif de Marseille ce jeudi 25 juin, l’addition monte rapidement. 300 euros d’indemnités pour une personne dont le relogement en urgence était réclamé depuis le 22 mai 2025. 1 150 euros pour une autre reconnue prioritaire depuis le 5 octobre 2023. 2 300 euros pour une femme avec son conjoint et ses quatre enfants « devant être logée d’urgence » depuis le 26 janvier 2023. Tous vivaient « dans des conditions de logement précaires », reprennent les jugements. Et ils sont loin d’être les seuls.

    Selon le bilan régional publié à la mi-juin, l’État a ainsi été condamné en 2025 à verser 446 000 euros aux ménages de Provence-Alpes-Côte d’Azur considérés prioritaires pour accéder à un logement social dans le cadre du droit au logement opposable (Dalo), et laissés sans solution. Les injonctions à l’État pour reloger ces personnes ont aussi atteint un nouveau record, avec 1 225 recours déposés sur l’année, dont une majorité dans les Bouches-du-Rhône.

    Explosion des demandes

    Mis en place en 2007, le Dalo garantit un accès à un logement décent et indépendant pour toutes les personnes qui ne peuvent y accéder par leur propre moyen. Ainsi les personnes sans logement, hébergées chez un proche ou dans une structure, menacées d’expulsion, vivant dans une habitation insalubre ou suroccupée ou confrontées à un traitement « anormalement long » de leur demande de logement social (30 mois dans les Bouches-du-Rhône) peuvent déposer un recours auprès des commissions de médiation pour que leur demande soit considérée « prioritaire et urgente ».

    Mais sur fond de crise du logement, les demandes explosent. En cinq ans, le nombre de recours Dalo a augmenté de 26%, pour atteindre 20 610 ménages dans la région en 2025, dont une majorité dans les Bouches-du-Rhône. Avec des hausses très marquées dans le Var (+38% en cinq ans) et surtout les Alpes-de-Haute-Provence où ils ont été multipliés par neuf sur la période.

    Parmi les requérants – aux deux tiers des personnes seules ou des familles monoparentales – ils sont 40% à avoir un emploi, près de la moitié à avoir des ressources supérieures au Smic. Moins d’un tiers d’entre eux, soit 6 186 ménages en 2025 dans la région, ont vu la commission de médiation classer leur dossier comme « prioritaire et urgent » pour obtenir un logement social. La faute, la plupart du temps, à des dossiers considérés irrecevables car incomplets.

    Les collectivités freinent

    Mais même les familles reconnues prioritaires doivent encore attendre en moyenne 395 jours, une durée qui augmente d’année en année, quand la loi impose un délai de trois mois. « Les Bouches-du-Rhône, et Marseille en particulier, sont particulièrement touchés par la forte diminution de la production de nouveaux logements sociaux, la suppression des logements insalubres et les relogements nécessaires », explique le président de la commission de médiation des Bouches-du-Rhône, Patrick Albrecht en introduction du bilan départemental. Résultat : ils sont plus de 10 000 dans la région à attendre un relogement malgré une décision favorable. Dont 47 qui attendent au moins depuis 2017.

    « Cette situation appelle des mesures énergiques, afin de conserver au Dalo l’effectivité recherchée », écrit donc la préfète déléguée à l’égalité des chances, Isabelle Epaillard, qui appelle à une relance des logements dits « très sociaux » (PLAI). Surtout, elle réclame « une application stricte par tous les réservataires et les bailleurs des priorités d’attribution » en considérant leur effort « insuffisant ». En d’autres termes : les collectivités du territoire rechignent à attribuer des logements sociaux aux ménages prioritaires malgré leurs obligations. Dans les Bouches-du-Rhône, le préfet a repris la main sur l’attribution de 693 logements sociaux pour que les bailleurs sociaux rentrent dans les clous. Un coup de semonce d’autant plus important que la loi Jeanbrun, présentée le 7 juillet, prévoit de confier aux maires et intercommunalités l’attribution des logements sociaux aujourd’hui à la main de l’État.

    La préfecture de son côté met en avant son travail pour relancer la production, avec une programmation record dans les Bouches-du-Rhône de 4 772 logements sociaux en 2025. En plus des contrats de mixité sociale dans les communes carencées, des aides de recyclage foncier ont été mises en place depuis 2025 pour faciliter la requalification de logements dégradés, avec 9,8 millions d’euros versés. Reste à savoir si cela suffira à éteindre l’incendie de la crise du logement, quand le gouvernement a asséché les ressources des bailleurs sociaux.

    LA CRISE EN CHIFFRES

    +7%

    L’augmentation du nombre de recours au droit au logement opposable dans la région en 2025, une hausse encore plus marquée dans les Alpes-Maritimes, le Var et surtout les Alpes-de-Haute-Provence (+36,9%). Au total, 20 610 demandes ont été déposées en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 10 647 pour les seules Bouches-du-Rhône. 30 % ont reçu un avis favorable par les commissions de médiation, soit 6 035 reconnaissances du caractère « prioritaire et urgent ».

    395 jours

    Le délai moyen du relogement après la reconnaissance du caractère « prioritaire et urgent » de la demande en 2025 dans la région (444 jours dans les Bouches-du-Rhône), contre 379 jours en 2024 pour un délai légal de seulement trois mois. S’il est deux fois moins important que pour l’accès classique à un logement social, 10 509 personnes reconnues prioritaires sont en attente d’un relogement dans la région (8 138 dans les Bouches-du-Rhône), dont la moitié au moins depuis 2023.

    446 000 euros

    Les indemnités versées en 2025 par l’État aux ménages qui n’ont pas été relogés dans les délais légaux, un montant quia été multiplié par quatre depuis 2022. Quelque 294 recours indemnitaires ont ainsi été déposés dans la région en 2025, contre seulement 74 recours en 2024. S’y ajoutent 1 225 recours en injonction pour non-relogement par l’État. Un nombre en forte hausse : on en comptait 1 019en 2024, et 770 en 2023. Ils représentent désormais 16% des dossiers validés.

  • Les salariés d’Haribo ne veulent pas « des miettes »

    Les salariés d’Haribo ne veulent pas « des miettes »

    Il est 10 heures passées au pied de la tour La Marseillaise. Devant l’entrée, des drapeaux rouges flottent dans les airs, des sifflets résonnent et au mégaphone : « on lâche rien », crie Thierry Cambola, délégué syndical central FO d’Haribo. « La société est plus que fructifiante, on a jamais eu des NAO aussi basses que ça. La nouvelle direction n’écoute pas, elle reste fermée à toutes les propositions des syndicats », déplore-t-il, dossard sur le dos, « j’ai presque 40 ans de boîte, on a toujours discuté et amélioré le quotidien des salariés, on est là pour ça ! »

    Les salariés marseillais du numéro un mondial du bonbon poursuivent leur mouvement de grève, à raison de deux heures de débrayage par jour depuis plus d’une semaine. Les élus ont pris la décision de boycotter le CSE prévu dans la journée. « Avec le bénéfice qu’ils se font, proposer 0,9% d’augmentation générale c’est indécent avec le travail qu’on fournit, il n’y a pas de rétribution, ils ne veulent pas sortir de l’enveloppe », fulmine Sofia Calabria, élue CGT, « on attend de vraies négociations, depuis deux ans ce ne sont que des décisions unilatérales, là on dit stop », tranche-t-elle.

    « Ouvert au dialogue »

    Selon les manifestants, les directeurs généraux de Haribo France se seraient rendus dans l’usine boulevard Capitaine Gèze (14e) quelques heures avant le rassemblement prévu quai d’Arenc (2e). « Ils nous évitent, tant pis », souffle Marc Mansano, « on est au point mort au niveau des négociations, il n’y a pas d’avancées depuis la semaine dernière mais on reste ouvert à la discussion », insiste le délégué syndical CGT.

    Un seul employé des bureaux situés au 17e étage de l’immeuble de Jean Nouvel est descendu soutenir ses collègues : « un effort de la direction serait bienvenu, nous avons une croissance exponentielle, les salariés méritent une récompense à la hauteur », assène-t-il, sous couvert d’anonymat. « Tout le monde s’inquiète pour le futur. On a tous des maisons, des voitures, des enfants à assumer. Tout augmente, que ce soit l’alimentaire, l’essence, qu’on demande 100 euros et qu’on nous les refuse… », soupire Géraldine Sirounian, qui travaille à la production. À ces inquiétudes s’ajoutent celles entourant la future usine d’Uzès, « on n’a aucune visibilité. On a tous des clauses de mobilité dans nos contrats », signale Marc Mansano. Thierry Cambola, lui, redoute « une casse sociale ». Mais une bataille après l’autre, les NAO restent prioritaires « la grève est illimitée parce qu’on ira jusqu’au bout. On ne veut pas des miettes ! », prévient-il.

  • Ligue 1 : l’OM ouvrira le ban le 21 août

    Ligue 1 : l’OM ouvrira le ban le 21 août

    L’OM connaît désormais son programme de reprise. Les deux premières journées ont été déterminées par la LFP et Ligue 1+, diffuseur du championnat.

    Les Olympiens recevront Strasbourg pour l’ouverture. Un duel qui sera aussi le premier match de la nouvelle saison. Il se jouera le vendredi 21 août, à 20h45. Les Olympiens se déplaceront ensuite à Monaco, pour la deuxième journée, le dimanche 30, également à 20h45.

  • Le Gard et l’Hérault en proie aux flammes et aux pyromanes

    Le Gard et l’Hérault en proie aux flammes et aux pyromanes

    Au lendemain d’un week-end cauchemardesque marqué par de nombreux incendies dans le Gard et l’Hérault, les pompiers des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) sont sur le qui-vive ce lundi 6 juillet. En raison de la sécheresse qui perdure et du vent, ces deux départements sont en vigilance rouge pour le risque incendie.

    Depuis dimanche 5 juillet, les pompiers combattent plus que jamais les flammes. Le plus gros feu qui s’était déclaré à Lédenon près du Pont du Gard a parcouru 540 hectares vers Bezouce, Cabrières et Meynes. Si la préfecture du Gard a indiqué ce lundi matin que ce feu était « fixé », il reste « virulent », donc pas complètement éteint et sous surveillance. Deux maisons ainsi que plusieurs véhicules ont été brûlés à Bezouce sans qu’aucun blessé ne soit à déplorer. 600 personnes avaient été évacuées près du circuit de karting et 70 dans des habitations dont certaines avaient trouvé refuge dans la salle des fêtes. Déclenchée dimanche, l’obligation de confinement pour certains habitants a été levée. Les autorités appellent cependant à limiter les déplacements. Jusqu’à 23h20 dimanche 5 juillet, l’A9, menacée par les flammes, avait été coupée dans les deux sens. Le feu de Rochefort-du-Gard est quant à lui presque éteint.

    L’Hérault a lui aussi connu un dimanche noir. Les pompiers ont dû s’employer à de multiples reprises pour éteindre une trentaine de départs de feux à proximité de la halle des sports de Lunel (2 Ha) où 80 habitations ont dû être évacuées, Sauvian (1 Ha) près de Béziers ou Carlencas-et-Levas dans les hauts cantons… Ici, 50 hectares ont été brûlés et un pompier légèrement brûlé transporté au CHU de Montpellier, précise Midi Libre. Par ailleurs, 20 hectares ont été ravagés par le feu au lieu-dit Dio-et-Valquière à Lunas-les-Châteaux. Trois autres hectares sont partis en fumée à Alignan-du-vent…

    Ce lundi 6 juillet, la préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, demande aux maires, collectivités, chambres consulaires et employeurs publics comme privés de « libérer les sapeurs-pompiers volontaires pour renforcer les effectifs engagés ». Ces volontaires sont invités à se manifester auprès de leur centre de secours.

    Dimanche soir, un homme d’une vingtaine d’années soupçonné d’être à l’origine de 9 départs volontaires de feux dans l’Hérault, a été interpellé tandis qu’il rentrait chez lui sur son deux-roues à Servian. Il a été placé en garde-à-vue par les gendarmes et fait l’objet d’un interrogatoire.

    Si 90% des feux sont d’origine humaine, les pompiers appellent chaque citoyen à la plus grande vigilance, les conditions climatiques défavorables (canicule, vent…) favorisant la propagation rapide des incendies. Rappelons que dans les Pyrénées-Orientales, un incendie toujours pas fixé a déjà ravagé plus de 4 600 hectares du côté de Trévillach et de l’Ille-sur-Têt. 10 000 personnes ont été évacuées et l’étape du Tour de France a été perturbée.

  • [Entretien] Gaëlle Salado : « Faire de chaque membre du Secours populaire un relais de solidarité actif »

    [Entretien] Gaëlle Salado : « Faire de chaque membre du Secours populaire un relais de solidarité actif »

    La Fédération du Secours populaire des Bouches-du-Rhône organise, ce lundi 6 juillet de 9h30 à 12h30, sa onzième université d’été sur le thème « Ecol’lectif – Pour que la solidarité devienne une valeur indestructible de l’être ». La matinée s’articulera autour d’un débat sur l’école, le collectif et la solidarité comme point d’appui pour la jeunesse, avec la participation des Copains du Monde, mouvement qui accompagne et réunis enfants et adolescents de différents pays. L’événement, gratuit, se tient au 169 Chemin de Gibbes, à Marseille (14e).

    La Marseillaise : Avant d’aborder cette 11e édition, pouvez-vous nous en dire plus sur les universités d’été et leur objectif ?

    Gaëlle Salado : L’université d’été, c’est un travail qui a été lancé il y a une dizaine d’années avec le sociologue Jacques Broda et qui permet de faire le lien entre le travail de terrain du Secours populaire et des concepts philosophiques, sociologiques et psychanalytiques. Ça permet de conceptualiser ce que l’on vit et la société dans laquelle on évolue. Les universités d’été sont animées par le désir de vouloir donner plus de puissance à notre action en la reliant avec des concepts plus théoriques et de montrer la place centrale qu’occupe la solidarité. On a amené une dimension internationale, ces dernières années, en impliquant nos partenaires étrangers au travers des villages Copains du Monde, avec les enfants des pays partenaires. Ce sont les enfants Copains du Monde, avec qui on travaille toute l’année sur différents concepts, qui choisissent le thème de l’université d’été. Le but est de se poser les mêmes questions, tout en sachant que l’on n’a pas grandi dans les mêmes endroits, que l’on n’a pas forcément la même culture.

    Cette année, le thème de l’université d’été est « Ecol’lectif – Pour que la solidarité devienne une valeur indestructible de l’être ». Pourquoi ce thème ? Pourquoi avoir choisi de mettre l’école au centre ?

    G.S. : C’était une demande des jeunes, car c’est un espace où ils passent énormément de temps et dans lequel ils ne sont parfois pas bien. C’est l’un des premiers espaces de socialisation pour les plus jeunes, un lieu où l’on éprouve le collectif avec des contraintes. Le collectif, c’est important, par rapport à tout ce qu’il se passe aujourd’hui dans le monde : les violences, le harcèlement… Le collectif, c’est quelque chose qui reste et qui existe. Les Copains du Monde sont un moyen de protéger les enfants et les adolescents, en leur donnant des outils.

    Le sujet porte sur les jeunes. Sont-ils les seuls à qui s’adresse l’événement ?

    G.S. : Non, l’université d’été ne s’adresse pas qu’aux jeunes. Elle est ouverte à toutes les personnes qui s’intéressent à ce sujet : les parents, les professeurs, les familles qu’on accompagne toute l’année ou encore les personnes extérieures au Secours populaire qui pourraient être curieuses.

    La matinée du 6 juillet s’articulera autour d’un débat. Comment l’avez-vous conçu et organisé ? Qui seront les intervenants ?

    G.S. : Cette année, on accueille l’île de La Réunion, le Maroc, le Liban et les États-Unis. On travaille avec des associations partenaires locales : un orphelinat au Liban, une association qui travaille pour l’accès à l’éducation des enfants en situation d’exclusion aux États-Unis… Et on va discuter de projets communs. Les jeunes des Copains du Monde ont préparé l’introduction depuis le mois de janvier. Dans des ateliers d’écriture, ils ont rédigé des textes qui ont été mis en scène par un bénévole qui fait du théâtre. Après cela, on lancera le débat sur l’école idéale. On déroulera jusqu’à la question de l’adolescence, de comment on peut accompagner les adolescents pour qu’ils maintiennent leur engagement autour de la solidarité. On veut offrir l’association à la jeunesse, questionner la place qu’on lui donne au sein du Secours populaire.

    Pouvez-vous revenir sur le village Copains du Monde et détailler son programme ?

    G.S. : Le village Copains du Monde se déroulera du 10 au 16 juillet. C’est un projet qu’on met en place aussi depuis 10 ans, au Secours populaire des Bouches-du-Rhône, qui nous permet d’accueillir des enfants et adolescents des pays partenaires. Ça permet aux jeunes de se mélanger avec d’autres cultures, langues et codes, de dépasser ces différences et de pouvoir se dire qu’ensemble, on est capables de créer quelque chose de différent.

    Une collecte financière est également prévue ?

    G.S. : Oui, les jeunes participent aussi à une collecte financière. Le jour du marché du Prado, on aura un stand du Secours populaire avec nos objets promotionnels et de l’artisanat des pays pour financer les actions. Cette collecte fait partie de leur formation en tant que bénévoles, qui sont très importants pour nous et sont appelés « animateurs, collecteurs, bénévoles ». Et tout au long de la semaine, les jeunes découvriront des activités et des jeux proposés par les autres pays. L’idée principale est vraiment le partage. Les enfants sont contents, les retours sont généralement : « On a l’impression d’être en famille même si on ne se connaissait pas au départ. » Quand ils ressortent de là, ils sont d’autant plus engagés. Ce qui est fondamental car le but est aussi de faire de chaque membre du Secours populaire un relais de solidarité actif.

  • Le cirque reprend ses quartiers d’été à Pissevin-Valdegour

    Le cirque reprend ses quartiers d’été à Pissevin-Valdegour

    À Pissevin-Valdegour, le début de l’été rime désormais avec cirque. Pendant dix jours, le stade Marcel-Rouvière se transforme en véritable village artistique où se croisent habitants, artistes, bénévoles et curieux. « Turbul’ en Chap’, c’est un projet d’éducation populaire qui existe depuis plus de vingt ans dans le quartier prioritaire Pissevin-Valdegour », présente Mathis Soteras, administrateur de l’association Appel d’Air.

    Le stade Marcel-Rouvière devient ainsi un terrain de jeu artistique. « Pendant une dizaine de jours, on propose des ateliers de cirque à partir de 18h et des spectacles tous les soirs à 20 h 30 gratuits et sans jauge », précise-t-il.

    Quatre grands chapiteaux sont installés pour accueillir les différentes disciplines circassiennes. Chaque jour, près de 300 enfants participent aux ateliers avant que quelque 350 spectateurs ne prennent place pour le spectacle du soir. Pour faire vivre cette programmation, une centaine de personnes se relaient : artistes, techniciens, animateurs, bénévoles et salariés de l’association. Au fil des années, Turbul’ en Chap’ s’est imposé dans le paysage nîmois. « On sent vraiment que l’événement est attendu. Aujourd’hui, c’est ancré dans le quartier, mais aussi dans la ville de Nîmes », poursuit Mathis Soteras.

    Un cirque qui va à la rencontre des habitants

    L’objectif reste d’aller vers les habitants plutôt que d’attendre qu’ils franchissent les portes d’un équipement culturel. Pour cela, les équipes déploient chaque soir un camion d’animation au pied d’autres immeubles. « Pendant les ateliers, on installe aussi des animations place Soleil Levant ou dans d’autres pieds d’immeubles. Cela nous permet d’aller vers les personnes qui n’osent pas descendre ou pour qui le stade est encore trop loin. On organise aussi des impromptus avec des artistes qui jouent de manière impromptue dans ces espaces ».

    Le travail de proximité ne s’arrête pas aux enfants. Depuis cinq ans, trois soirées nocturnes sont proposées jusqu’à une heure du matin afin d’attirer un public adulte. « L’année dernière, un club de football est venu essayer le grand volant, la jonglerie ou les agrès. Trois jours plus tard, c’était un club de basket. Il se passe vraiment quelque chose lors de ces moments-là », raconte Mathis Soteras.

    Ces soirées permettent aussi d’aborder d’autres sujets de société. « On a pu organiser des ateliers en mixité choisie avec des groupes de femmes qui souhaitaient se réapproprier cet espace public », ajoute Antoine Nollet, animateur.

    Chaque année depuis plus de vingt ans donc, le monde du cirque vient se glisser dans ces quartiers et devient un vecteur d’émancipation qui permet d’effacer certaines frontières et d’écrire des nouveaux récits à Pissevin-Valdegour. « C’est vraiment un support pour nous. On questionne aussi les identités de genre. On sait aussi qu’on a des habits, des manières de vivre qui peuvent paraître un peu étranges et du coup, c’est l’occasion d’en parler avec ces personnes-là », ponctue Mathis Soteras.

    Aucun doute, ces moments d’échanges sont autant attendus par les habitants que par les artistes qui y participent.

  • L’usine de la CGES à Montagnac compromise

    L’usine de la CGES à Montagnac compromise

    Depuis 2022, l’association Veille eau grain se mobilise contre un projet d’usine d’embouteillage porté par la Compagnie générale d’eaux de source (CGES), qui voudrait exploiter le forage de la Castillone, à Montagnac (34). En 2024, la CGES avait ainsi racheté quatre parcelles à la commune, comprenant à la fois le forage et son chemin d’accès. Cette cession avait été validée par deux délibérations du conseil municipal, datant respectivement du 29 septembre 2022 et du 21 février 2023.

    Un constat partagé

    « Nous avons attaqué ces deux délibérations pour manque d’information des conseillers municipaux et vil prix, raconte Vincent Lapasset, membre de Veille eau grain. Nous avons été déboutés une première fois par le tribunal de Montpellier en 2024. Mais le 16 juin 2026, la Cour administrative d’appel (CAA) de Toulouse nous a donné raison en annulant les deux délibérations. » Véritable « tsunami », cette décision montre que la vente s’est faite à un prix inférieur à sa valeur, soit 30 000 euros alors que la commune avait acquis les parcelles à 37 000 euros. Elle pointe également que l’embouteillage n’est pas d’intérêt public, dans un secteur exposé aux sécheresses et où une trentaine de domaines des environs n’ont toujours pas accès à l’eau potable.

    Quelques jours après cet arrêté, la chambre régionale des comptes d’Occitanie a rendu son rapport d’observations définitives pour les exercices 2019 à 2024 de la commune. Celui-ci appuie l’arrêté de la CAA, montrant notamment que le choix de vendre le forage pour financer sa rénovation (estimée à environ 400 000 euros), n’était « nullement imposé par des considérations financières ». Si l’annulation des délibérations prive de fondement la vente conclue le 26 avril 2024, elle ne l’annule pas. La commune peut encore se pourvoir en cassation devant le Conseil d’État et de son côté, l’association Veille eau grain a déposé une autre plainte auprès du procureur de Béziers concernant l’acte de vente.

  • Un dimanche enthousiasmant au Mondial

    Un dimanche enthousiasmant au Mondial

    Le premier jour du Mondial La Marseillaise est toujours un moment particulier. 4 832 triplettes au départ et, sur le papier, les mêmes chances de l’emporter mercredi. Dès huit heures du matin, ce dimanche, les allées du Parc Borély grouillaient de monde. Les déambulations étaient nombreuses et les quelque 14 000 joueurs réalisaient leurs derniers préparatifs avant de s’attaquer à la compétition. L’impatience était de mise, le pragmatisme aussi. Venus de Gardanne, Romain et ses amis Anthony et Mathias étaient réalistes quant à leurs chances. « On est surtout là pour l’apéro car on sait qu’on ne va pas aller loin. On est avec les collègues, l’ambiance est sympa. En plus, on a passé une nuit mouvementée… »

    Direction les terrains les plus éloignés de l’épicentre du tournoi : les clubs de la Boule Orange et de la Vieille Charité. En bord de mer, proche de la Pointe-Rouge, le mercure est monté à 30 degrés dès 10h. Sous un soleil de plomb, boules en acier dans les mains, les participants entamaient leur partie devant leurs proches. Agnès est venue d’Alès pour encourager son mari. « C’est la 2e fois qu’il participe avec ses amis, moi c’est la première fois que je viens ici. On croise les doigts pour qu’ils aillent loin, ils aimeraient au moins jouer 3 parties », dit-elle, assise sur sa chaise en plastique blanche.

    À seulement quelques mètres d’Agnès, Maurice et Stéphane avaient un rôle différent, mais primordial pour le confort des joueurs. Les deux hommes étaient les préparateurs de sandwich merguez. « On met de la potion magique dans nos merguez pour faire gagner les gens », lance Maurice, en forme dès ce début de journée. Il poursuit : « Tout était prêt à 9h, je peux vous faire un sandwich merguez en moins de 4 minutes ».

    « Nous sommes sur le plus beau site du tournoi », nous dit-on en se déplaçant vers la Boule Orange. En effet, le lieu typiquement marseillais, avec vue sur la Méditerranée, apporte aux triplettes un cadre idyllique pour pratiquer la pétanque. Certains terrains proposent aussi un véritable défi. Le revêtement sur lequel joue Nicolas est recouvert de petits cailloux. « Il faut plus s’appliquer, car on fait vite des saucisses », dit-il, philosophe. L’aire de jeu 1005 est sans doute la plus pittoresque. Collée aux rochers, elle offre un air plus frais et le son d’une houle légère en musique de fond. Lucas acquiesce : « Je suis content de jouer ici et de jouer à cette heure-là car sinon on brûle ».

    Chaleur accablante

    sur Marseille

    L’hippodrome Borély ressemblait à une fourmilière géante à l’heure du début de la 2e session, en milieu de matinée. La terre battue est piétinée par les mondialistes, les 140 terrains de cette parcelle étaient pleins à craquer. Les rayons du soleil frappaient puissamment et l’absence totale de nuages faisait souffrir les boulistes. Chacun avait sa manière pour refroidir les corps et poursuivre sa journée dans le meilleur état possible. Serviette mouillée ou t-shirt sur la tête, ventilateur de poche et les bouteilles d’eau se vidaient aussi vite que le tableau du tournoi. Inès supportait ses amis, assise sur une barrière métallique. « Je m’occupe du ravitaillement avec mon pack de bouteilles. J’irai en chercher à nouveau plus tard parce que c’est sûr qu’on en aura besoin », explique la jeune femme.

    Circuler aux abords des terrains permet également d’entendre ces courtes phrases que l’on attrape souvent lors d’une mène. « Allez, craque pas », « Applique toi », « bien pointé » ou encore « bravo monsieur ! », puisque le fair-play vogue toujours un peu partout dans ce type de compétitions. Trente pays participent cette année au Mondial La Marseillaise et c’est aussi par les maillots que l’on mesure l’internationalisation de l’événement. Des tuniques de tous les coloris, Lyon, Nice, la Suisse, l’Autriche, l’Allemagne, le Laos représentés.

    Si beaucoup de triplettes viennent à Marseille chercher une expérience et vivre un moment à part, d’autres sont pleinement dans la compétition. Sur l’hippodrome, beaucoup de visages fermés, des boulistes concentrés dans le seul but de gagner. À part une poignée d’encouragements et un point tactique durant les mènes, certains matches se déroulaient avec seulement le cliquetis des boules. Tyron (18 ans), licencié à la Boule du château, à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), le disait clairement : il voulait « gagner le plus possible ». Associé à Kyslon et Boston, le jeune homme est par ailleurs champion de la Côte d’Azur en triplette. Ce trio participera, les 11 et 12 juillet, aux championnats de France jeunes à Blaye-les-Mines, dans le Tarn.

    Contes et légendes

    du Mondial

    Les histoires dans l’histoire, c’est ce qui fait le charme du Mondial La Marseillaise. La journée de dimanche est propice aux rencontres, comme celle avec Auguste Espinas. Ex-huitième de finaliste du tournoi, l’homme a été gentleman. « Je suis juste venu voir jouer mon beau-frère. J’ai préféré ne pas m’inscrire cette année car j’ai des obligations ce lundi. ça aurait pu pénaliser d’autres équipes si je m’étais qualifié et que j’avais déclaré forfait ensuite », détaille Espinas, spectateur au club de la Boule Orange.

    Bruno a lui obtenu un titre que même les Rocher, Lacroix ou Foyot n’ont pas effleuré : celui de champion du monde de pétanque en moufles. Le Caennais avait eu son moment de gloire en 2023 et était même apparu dans nos colonnes, lors de sa participation à la 62e édition. Le bouliste ganté était tout heureux de revenir à Borély ce week-end. À 17 heures, les parties étaient nettement moins nombreuses dans les allées du parc. Beaucoup de joueurs effectuaient des matches entre eux, sans enjeu. C’était le cas de Jean-Baptiste Florès. Vauclusien du Pertuis, il se déplace chaque année pour vivre La Marseillaise. Avec une personne précise dans un coin de sa tête. « Je suis là pour faire la fierté de mon père, joueur de pétanque et de jeu provençal. Il a été jusqu’en quarts de finale ici. C’est un peu pour lui que je fais ça, même si c’est difficile. On perd contre des inconnus mais c’est le jeu », dit-il, sourire aux lèvres.

    Le village au cœur du parc Borély a évolué cette année pour offrir plus d’activités aux visiteurs. Food-trucks, diverses boutiques et stands de partenaires, mais aussi un emplacement pour l’association prévention routière. Régis distillait ses meilleurs conseils pour rester en bonne santé après la fête aux groupes de jeunes se succédant. Laura détaille les ateliers sous sa tente blanche : « Il faut faire un petit slalom entre les cônes, récupérer le cochonnet et revenir au départ. Tout ceci avec un masque reproduisant une vision à 0,5 g ou 1,2 g d’alcool par gramme de sang. » L’association distribuait également des éthylotests et des verres doseurs pour apprendre au grand public les bonnes quantités d’alcool à servir. « Quand je bois, j’ai l’impression de mieux voir », lâche Arthur, venu de Saint-Etienne avec trois autres amis. Laura précisait donc que les masques reproduisent « une vision immédiate à 0,5 et 1,2 g et non progressive ».

    La nouvelle ombrière proposait également un îlot d’air frais, aidant les gens de passage à se rafraîchir. Toutes les 30 secondes, de l’eau était vaporisée au-dessus des têtes. Bref, ce lundi matin, il ne restait plus que 604 triplettes engagées, soit 12,5% des participants.

  • Le bonheur est dans le Parc Borély

    Le bonheur est dans le Parc Borély

    Le raz-de-marée a bien eu lieu avec ce flux permanent de joueurs dans un parc Borély et ses abords en fusion. Les parties ont été réparties en deux sessions le matin. Le concept pouvait effrayer et laisser planer quelques doutes sur sa fiabilité. Ils ont vite été dissipés.

    Le pari est réussi. Certes, c’était une course contre la montre pour les participants, à l’image de la première étape du Tour de France. À la différence près que tout le monde en est sorti gagnant. « Les participants ont joué le jeu et le contentement était quasi général », se réjouit René Brocca, grand habitué de l’épreuve.

    « Le reste est à l’image des dimanches de La Marseillaise, où l’on retrouve des passionnés venus de toutes les régions et de nombreux pays pour assouvir leur envie de participer à cette immense fête de la pétanque. Pour beaucoup, le secret espoir de passer la première journée s’estompe rapidement. Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse », ajoute-t-il.

    Une devise qui colle parfaitement à ce Mondial, lequel redonne un peu ses lettres de noblesse à une pétanque populaire aujourd’hui disparue.

    Puis il y a les autres, les champions, ceux pour qui cette première journée peut virer au cauchemar, avec les pièges tendus par des équipes survoltées sous une chaleur accablante. Cette canicule jouera forcément un rôle prépondérant au fil des jours. Ils sont presque tous passés entre les mailles du filet, parfois avec quelques sueurs froides. Marco Foyot et ses partenaires Sissou Cantarell et Jérémy Fernandez sont ainsi passés par le trou de la souris lors de leur première partie.

    « Nous étions sur un terrain extrêmement lisse et trouver la bonne distance n’a pas toujours été facile. Heureusement, nos adversaires n’ont pas su saisir les opportunités qui se présentaient à eux. C’est une victoire arrachée », confie le multiple vainqueur de l’épreuve.

    Coup de théâtre

    Certains favoris n’ont pas eu à se faire de cheveux blancs, à l’image de Dylan Rocher, en mode promenade. En revanche, Maurel, Gayraud, Courtois et Puccinelli ont dû batailler en début d’après-midi pour se défaire d’Albaladejo devant les caméras de France 3.

    Le coup de théâtre est survenu un peu plus tard, lorsque la nouvelle s’est répandue comme une traînée de poudre : Suchaud venait de perdre.

    Le quadruple lauréat du Mondial est effectivement tombé avec ses partenaires de dernière minute, Julien Lamour et Damien Hureau. Leurs bourreaux n’étaient pas les premiers venus : Fernand « Ben » Molinas et Yohan Francone. « En huit ans de Marseillaise, c’est la première fois que je tombe sur une grosse partie le dimanche », souligne le champion du monde.

    Une défaite lors de cette journée dominicale constituait également une première. Marcel Gbetable, le champion du monde béninois, est lui aussi sorti par la petite porte. Nous voilà véritablement lancés dans la compétition.

    Le physique devrait désormais peser de plus en plus lourd avec une canicule éprouvante pour les organismes. Aujourd’hui, l’horizon va se dégager pour laisser place à un mardi qui s’annonce grandiose.