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  • [Sénatoriales] La liste de la gauche unie dans les Bouches-du-Rhône dévoilée

    [Sénatoriales] La liste de la gauche unie dans les Bouches-du-Rhône dévoilée

    Trois sénateurs sortants, quatre maires, et un large rassemblement politique. C’est par un communiqué de presse ce mercredi après-midi qu’ont été dévoilés les dix noms de la liste d’union de la gauche pour les sénatoriales du 27 septembre prochain dans les Bouches-du-Rhône.

    Les trois parlementaires sortants, Jérémy Bacchi (PCF), Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (EELV) avaient déjà annoncé, le 10 juillet dernier, qu’ils repartaient dans le même ordre qu’en 2020 pour conduire cette liste. Ils sont suivis, en quatrième position, potentiellement éligible, par Clara Jaboulay (DVG), ajointe au maire de Marseille.

    Viennent ensuite le maire (PS) de Vitrolles Loïc Gachon, la maire (DVG) de Gréasque Hélène Gaillard, le maire (DVG) de Jouques Eric Garcin, l’adjointe au maire (DVG) de Fontvieille Anne Brotot. Quant aux deux suppléants, il s’agit du maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari et de la conseillère municipale (DVG) d’opposition à Fos-sur-Mer, Nathalie Hestch.

    Une liste «conçue avec le souci particulier de refléter la richesse géographique et la pluralité de notre département», explique le communiqué de presse, avec l’ambition d’accorder «autant d’importances aux grands territoires urbains et aux plus petites communes rurales».

    Plus d’informations dans La Marseillaise du 10 septembre.

  • Tarascon : les liquidateurs de Fibre Excellence contestent la réquisition devant le tribunal

    Tarascon : les liquidateurs de Fibre Excellence contestent la réquisition devant le tribunal

    Un arrêté préfectoral avait déjà été pris jeudi dernier pour la mise en sécurité de l’usine à papier liquidée où subsistent des tonnes de produits dangereux et polluants, mais il n’a pas été respecté. En tout ce ne sont pas moins de quatre arrêtés et deux ordres de réquisition pour sécuriser le site qui sont restés sans effet. A la barbe du préfet, les liquidateurs refusent de redémarrer l’outil de production et, alors qu’une pollution est déjà en cours, ils contestent la réquisition. Ce jeudi à 15h aura lieu l’audience devant le tribunal administratif de Marseille.

    Une situation qui alertait également Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, représenté sur place par une assistante parlementaire. « Le maintien à l’arrêt du site fait peser un risque sanitaire et environnemental considérable. Les conséquences d’un tel incident seraient désastreuses pour l’ensemble de l’économie locale en aval, notamment la riziculture camarguaise et les bassins ostréicoles », rappelle-t-il.

  • Fibre Excellence : les salariés appellent à sécuriser le site de Tarascon

    Fibre Excellence : les salariés appellent à sécuriser le site de Tarascon

    « S’il pleut ce soir, on se retrouve avec tous ces produits nocifs dans le Rhône », lance Jean-Michel Bulinge, secrétaire CGT Fibre Excellence Tarascon devant l’usine à l’arrêt suite à la liquidation judiciaire prononcée en juillet dernier. Il appelle le mandataire de mettre en route la station d’épuration avant que la pluie, qui est bien tombée ce mardi 8 septembre en soirée, ne fasse couler les produits accumulés dans les égouts directement dans le Rhône. Malgré les alertes, rien n’a été fait. Des dizaines de milliers de litres de produits polluants se sont potentiellement déversés dans le Rhône dans la nuit.

    La préfecture de Région est également intervenue aux
    alentours de 17h. Contactée par La Marseillaise, elle confirme qu’un arrêté de réquisition a été signé et notifié dans la journée, mais, qu’il « ne fait que demander l’application de l’arrêté du 03.09.2026 ». Qui n’aura donc pas été appliqué en ce mardi 8 septembre.

    La décision prise ce jeudi 3 septembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, exigeait le redémarrage de la pomperie au Rhône et de la station d’épuration. Ce, après les premières alertes des salariés concernant des incidents. Ce que confirmait le préfet dans son arrêté, considérant après inspection que « cette situation constitue un manquement aux obligations réglementaires ». Et affirmait que la pomperie et la station d’épuration ne pouvaient être arrêtées « que sur demande justifiée et motivée et après accord explicite de l’inspection des installations classées ».

    Mais celle-ci ne fonctionnait toujours pas en début de matinée ce mardi. « Dans les égouts, on retrouve toutes les liqueurs noires qui ont été déversées ces derniers jours ainsi que d’autres produits », assure la CGT. Qui ajoute également que les badges d’accès au site des responsables syndicaux ont été bloqués par le mandataire. Autour de ces derniers, quelques dizaines d’ex-salariés attendaient de pouvoir intervenir sur place. Une situation qui alertait également Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, représenté sur place par une assistante parlementaire. « Le maintien à l’arrêt du site fait peser un risque sanitaire et environnemental considérable. Les conséquences d’un tel incident seraient désastreuses pour l’ensemble de l’économie locale en aval, notamment la riziculture camarguaise et les bassins ostréicoles », rappelle-t-il.

    Baguette magique

    Avec la présence d’élus locaux, l’occasion de remettre également une couche sur la possibilité de continuer l’activité. « On a un projet pour repartir avec de faibles moyens », assure François Batista, secrétaire de l’UD CGT 13. Avec l’idée de travailler sur la revalorisation de déchets et éventuellement de fabriquer de la pâte à papier à partir de cartons recyclés. Mais subsiste un problème. « Dans une liquidation normale, il faudrait un mois pour que les produits soient retirés, mais ils ont décidé de procéder autrement. S’ils arrêtent l’usine comme ça, il sera impossible de la redémarrer. C’est le seul acteur qui est contre l’ensemble des autres et cherche par tous les moyens à ce que l’usine ne puisse plus redémarrer », peste-t-il. Et demande l’aide de la Région, qui était représentée par le conseiller régional et élu municipal arlésien Cyril Juglaret. « On se rencontre régulièrement. On n’attend pas que l’État fasse une table ronde car ils ne le font pas. Mais on n’a pas non plus de baguette magique », pose-t-il. « En attendant, on tombe dans la précarité et personne ne fait rien », peste Martine, ex-salariée qui assure ne pas avoir reçu les papiers nécessaires pour s’inscrire à France Travail.

  • L’université de Nîmes s’installe à Alès avec son PARéO

    L’université de Nîmes s’installe à Alès avec son PARéO

    « Nous avons constaté que 50% des bacheliers alésiens ne poursuivaient pas leurs études après le bac quand c’est plutôt 30% à l’échelle nationale », regrette le maire de la deuxième ville du Gard, Christophe Rivenq. « Nous avons environ 1 000 diplômés du bac et nous souhaitons assez rapidement qu’ils soient 700 à continuer après le bac contre 500 aujourd’hui. »

    Pour cela, le premier magistrat souhaite multiplier les offres d’études sur sa commune qui compte déjà 21 établissements de formation. Aussi, un partenariat a été passé avec l’Université de Nîmes pour proposer des cours à Alès. C’est dans ce cadre que le « Parcours pour réussir et s’orienter » (PARéO) est lancé cette année. Ce parcours est comparé à une sorte de « licence 0 » puisqu’il permet de faire le lien entre le bac et une première année de licence.

    Inscription toujours ouverte

    Il propose ainsi à 35 personnes de se (re)mettre à niveau sur les savoirs fondamentaux « notamment en anglais ou en informatique, mais aussi en français, en maths ou en sciences ». Mais il a surtout l’ambition d’accompagner ces jeunes vers une formation qui leur correspond en préparant leur projet professionnel. Ainsi, plusieurs sessions de coaching sont proposées tout au long de l’année, ainsi que des cours d’expression orale. Il permet aussi à l’étudiant de suivre « deux sessions de stage obligatoires de deux et quatre semaines, ainsi qu’une autre session optionnelle entre avril et juin ».

    Si aucun diplôme n’est délivré à la suite de cette formation, les jeunes auront bien le statut d’étudiants et pourront valider quelques modules de licence s’ils poursuivent une licence à l’Université de Nîmes l’an prochain. Les cours se dérouleront quatre jours par semaine à Digit’Alès et une fois par semaine en présentiel à l’Université de Nîmes. Pour les retardataires, les inscriptions sont encore ouvertes sur Parcoursup jusqu’au 10 septembre et en rentrée tardive jusqu’au 18 septembre auprès de l’Université de Nîmes.

    Ce PARéO n’est qu’une première étape pour Christophe Rivenq qui souhaite faire d’Alès une cité de plus en plus ouverte sur les étudiants*. Le maire veut ainsi développer ce partenariat avec l’Université de Nîmes pour qu’à terme, « 250 étudiants rentrent en section universitaire à Alès ».

    *Voir notre article « Alès veut se tourner vers la jeunesse étudiante » du vendredi 28 août.

  • Une filière du livre occitane très dense et qui résiste

    Une filière du livre occitane très dense et qui résiste

    Quatre cent soixante et un romans publiés entre août et octobre au niveau national. Une production en légère baisse par rapport à 2025 (484), mais largement de quoi faire son miel de mots à l’occasion d’une rentrée littéraire qui s’inscrit dans un contexte global de recul de la lecture. Avec, en toile de fond, le placement en redressement judiciaire, au printemps, de grandes enseignes de librairies dont Gibert, Le Furet du Nord et Decitre ainsi que la liquidation récente de Sauramps à Montpellier.

    Qu’en est-il au niveau régional ? Comment le monde du livre traverse-t-il ces turbulences ? Si elle n’échappe pas aux maux du moment : « L’évolution des pratiques de lecture, la concurrence des écrans, la question de l’IA, aussi, qui nous interroge notamment sur la question de la place de l’auteur », la filière du livre occitane semble toutefois portée par un maillage et une dynamique solides, assure Adeline Barré, directrice du pôle livre et lecture de l’agence unique Occitanie Culture, portée par la Région. « Librairies, auteurs, maisons d’édition : l’Occitanie est une région très dense si l’on ramène le nombre de professionnels du livre au nombre d’habitants », souligne-t-elle. Un vivier important, donc, et très diversifié : « On a aussi cette chance de couvrir tous les domaines éditoriaux, qu’il s’agisse des auteurs, des maisons d’édition ou des librairies, dont certaines sont spécialisées », poursuit la responsable du pôle livre et lecture. « Cela confère au territoire une relative stabilité en termes de création. »

    Près de 1 300 auteurs et 283 librairies en Occitanie

    Quantité, diversité, mais aussi qualité, insiste Adeline Barré : « On a, dans chaque secteur, la chance d’avoir des locomotives. » C’est par exemple le cas, dans l’édition, de la maison gardoise Au Diable Vauvert, qui fêtait l’an dernier ses 25 ans d’existence, ou encore des éditions Privat à Toulouse. « Ces maisons installées jouent le jeu de la cooptation avec les nouveaux. Il y a un phénomène de solidarité au sein de la filière du livre », relève la représentante de l’agence Occitanie Culture. Qui mentionne également le dynamisme des filières de formation aux métiers du livre dans la région : « Il y a 20 ans, on voyait arriver des projets beaucoup moins structurés. Le monde du livre s’est énormément professionnalisé grâce aux filières de formation professionnelles. Désormais, chaque année à Montpellier, 19 éditeurs et éditrices intègrent le marché de l’emploi. Ils ne restent pas tous en Occitanie, mais c’est un atout certain. »

    Comme chaque année à l’heure de la rentrée littéraire de septembre, le pôle livre et lecture de l’agence Occitanie Culture organise à Toulouse -la même manifestation se déroule chaque printemps à Montpellier- une journée destinée à promouvoir une quinzaine de nouveautés d’auteurs et autrices d’Occitanie ainsi qu’une maison d’édition régionale. Le choix s’est porté cette année sur Espaces 34, maison d’édition spécialisée dans le théâtre contemporain. Implantée à Castelnau-le-Lez, elle est dirigée depuis peu par Stanislas Nordey, comédien et metteur en scène qui a dirigé le théâtre national de Strasbourg de 2014 à 2023. À noter également, parmi les auteurs invités, la Perpignanaise Lucie Rico, en lice pour le prix littéraire du Monde avec son roman Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ?, chez P.O.L.

    Le catalogue des nouveautés édité à l’occasion de ces rentrées littéraires, établi à partir des titres portés à la connaissance de l’agence par les auteursde la région, recense, au second trimestre 2026, près de 150 nouveautés, tous genres confondus, contre près de 130 au second semestre 2025. Globalement, le nombre d’auteurs est en hausse dans la région : les chiffres-clé de 2025 -les derniers- comptabilisent 1 294 auteurs et autrices occitans, soit une progression de 5,63% sur deux ans. Ce qui n’empêche pas une précarisation des revenus de ces auteurs du fait de la réduction du Pass Culture, de la baisse des budgets des festivals, du ralentissement de la production éditoriale, de l’inquiétude face à la concurrence de l’IA générative… De leur côté, les librairies tiennent bon malgré la crise de la lecture. La base de données de l’agence recense 283 librairies dans la région. « Il y a une forme de compensation entre les librairies qui ferment et celles qui s’ouvrent. Le chiffre reste relativement stable », assure Adeline Barré. Six établissements se sont ainsi lancés dans l’aventure entre 2023 et 2025 dans l’Hérault.

  • L’appel des Scop-Ti pour un nouvel élan

    L’appel des Scop-Ti pour un nouvel élan

    « Vous avez le pouvoir d’aider Scop-Ti ! ». Ce mardi à Gémenos, Gérard Cazorla, premier président de Scop-ti et Olivier Leberquier, son successeur, ont le regard de ceux qui déplacent des montagnes. Au cœur de l’usine qui a été reprise à la multinationale Unilever par la sueur, 1336 jours de lutte et l’intelligence collective via l’actuelle coopérative, les ex-Fralib veulent mettre les bouchées doubles pour 2026.

    « On a une activité qui progresse énormément mais ça nécessite des besoins de trésorerie importants. Il faut qu’on développe encore plus notre marque 1336 », explique Olivier Leberquier, figure du long combat des anciens travailleurs du thé marseillais Éléphant. Si Scop-Ti est maintenant bien installée dans le paysage des coopératives qui réussissent, reste que la petite entreprise « sociale et solidaire » fait toujours face à moult obstacles. « La grande distribution ne joue pas le jeu, c’est toujours plus compliqué de faire sa place dans les magasins », commente Olivier Leberquier. Gérard Cazorla abonde : « Et on n’a pas les moyens de se faire des pubs comme les grands groupes ! ».

    Ajoutez à cela la crise sanitaire de 2020, et les « spéculateurs de guerre » qui surfent sur les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, l’équation reste complexe pour les 60 coopérateurs et 37 salariés de Scop-Ti. D’où l’appel du jour : « On lance une nouvelle campagne de sociofinancement mais c’est bien plus que cela ». Par « plus que cela », ils entendent proposer tout un panel de moyens pour soutenir 1336 à différents niveaux. Par exemple, avec la possibilité à venir d’abonnements mensuels ou annuels pour leurs produits, le développement de l’offre sur leur site internet ou encore la possibilité de devenir « ambassadeur » de la marque. « Un militant qui connaît notre histoire et qui est dans une association sportive pourra mettre en vente nos produits pour les adhérents », explique Gérard Cazorla. Une nouveauté qui concerne notamment ce qu’ils appellent « le réseau militant », alias les entreprises et travailleurs du secteur de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), c’est-à-dire d’autres coopératives mais aussi des mutuelles ou associations. Un secteur où le jeu du libre marché et les bénéfices passent après « les hommes et les femmes » qui travaillent.

    « L’autogestion, ça marche »

    En bref, plus que de simples dons, les ex-Fralibs proposent que les citoyens puissent « accompagner le développement ». De quoi remettre en lumière les valeurs de Scop-ti : « Nous faisons la démonstration que le collectif et l’autogestion, ça marche et c’est viable ». Et surtout la qualité de ses produits : « Emballages écoresponsables et recyclables, recettes composées uniquement d’arômes naturels, avec le label Origine France Garantie », énumère Olivier Leberquier. C’est aussi l’assurance de faire vivre des producteurs locaux et bio comme ceux du tilleul des Baronnies provençales.

    In fine, l’objectif est bien d’assurer la pérennité financière de la coopérative, qui était dans le positif en 2020, mais aussi participer à la visibilité de la marque à l’histoire sociale unique au monde. « On a besoin de développer de nouveaux produits, et pour cela, on a besoin de financements ! », conclut Gérard Cazorla.

    LES FEMMES ET LES HOMMES DERRIÈRE 1336

    Rim Hidri, assistante comptable

    Dans l’un des couloirs de l’usine 1336, couverts d’affiches du Che et d’appel à manifester de la CGT, Rim Hidri interrompt sa marche. « C’est moi ! s’exclame-t-elle, désignant une photo d’elle prise il y a plus de 10 ans entre les mêmes murs. Je me rappelle, le photographe m’avait dit de penser à un truc qui me mettait en colère. J’ai pensé au moment où on nous a annoncé la fermeture ». Présente « tout au long de la lutte », elle est coopératrice de la Scop depuis sa création. « C’est quand même grisant d’être à la fois patronne et salariée, s’extasie-t-elle. J’ai le pouvoir de prendre des décisions et en même temps la possibilité de les mettre en application par moi-même ». Contrôleuse qualité avant la reprise, puis assistante comptable depuis l’ouverture, elle assure que son quotidien n’a aujourd’hui « plus rien à voir ».

    M.M.

    Thierry Lauthelier, bénévole à Fraliberthé

    Dans les bureaux de Fraliberthé, association de bénévoles qui travaille à la promotion de la marque 1336, Thierry Lauthelier se fait discret. Pourtant, il est de ceux pour qui l’économie solidaire sonne comme une évidence. Informaticien, il a lui aussi créé sa Scop il y a 16 ans, au moment où les actuels salariés de 1336 entament leur combat pour poursuivre leur activité. Familier des conflits sociaux « depuis l’enfance », il vient souvent soutenir ses camarades géménosiens, jusqu’à devenir bénévole régulier pour la structure. « La différence ici, comme dans les Scops en général, c’est qu’on sent que ce qu’on fait a du sens, note-t-il. C’est là qu’on se rend compte à quel point le sens du travail manque à nos sociétés modernes et capitalistes, qui ne tournent qu’autour du pognon ».

    M.M.

    Laurence Nicolas, contrôleuse assurance qualité

    Présente avant la reprise et tout au long de la lutte, Laurence Nicolas est de retour chez 1336 depuis deux ans seulement, après une longue parenthèse dans le secteur social, aux côtés des personnes en situation de handicap. « Je suis coopératrice depuis le départ et je n’ai jamais cessé d’être scopiste. Il y a deux ans, quand j’ai quitté mon ancien travail, je me suis dit que j’allais retenter l’aventure », retrace-t-elle. À l’origine partisane de ce modèle d’économie solidaire, elle dit aujourd’hui constater quelques limites. « Bien sûr que c’est différent d’une entreprise et qu’il y a des avantages : on est autonome, on apporte notre savoir-faire, notre plus-value, concède-t-elle volontiers. Mais c’est vrai qu’a contrario, il y a quelques soucis, avec des scissions entre certains services qui apparaissent, comme dans une entreprise lambda ».

    M.M.

    Marie-Claire Amato, bénévole à Fraliberthé

    Ferronnerie « Scop-Ti » et affiche du Che sirotant une tasse de thé, Marie-Claire Amato détient sur son bureau tout l’attirail d’une bonne communicante. Bénévole pour Fraliberthé, elle participe à la promotion et à la gestion administrative de la coopérative. Aujourd’hui à la retraite, elle est entrée en contact avec 1336 il y a plus de 12 ans, à l’occasion d’une journée de solidarité organisée par son syndicat de l’époque, la CGT territoriaux d’Aubagne, pour soutenir le combat de l’usine de thé. C’est elle qui sera à l’initiative de l’écriture de la pièce de théâtre 1336, qui raconte les 1336 jours de lutte des salariés. « Je donne du sens à ma retraite, s’émeut-elle. J’ai l’impression d’aider à construire quelque chose pour lequel je me suis battue toute ma vie, en tant que syndicaliste. »

    M.M.

  • [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    [Fibre Excellence] Carole Delga : « Nous avons eu raison de nous battre »

    « Une étape majeure vient d’être franchie. Avec les industriels engagés dans le projet, nous nous battons pour obtenir ces trois mois supplémentaires indispensables à la finalisation de la reprise. Aujourd’hui [lire mardi], devant le Tribunal de commerce, cette demande collective a reçu le soutien de l’ensemble des parties. Le sérieux et l’engagement des investisseurs ont été reconnus » a réagi mardi la présidente de la Région Occitanie, Carole Delga (PS), à l’issue de l’audience du tribunal de commerce de Toulouse. « Nous avons eu raison de nous battre et de ne jamais renoncer ! Depuis des mois, nous travaillons et prenons nos responsabilités pour donner un avenir au dernier producteur français de pâte à papier. Nous avons construit un projet industriel solide, pérenne et rentable » insiste l’élue. « Je pense aujourd’hui d’abord aux salariés et à leurs familles, qui vivent depuis des mois dans l’incertitude et se battent eux aussi pour leur usine. Ces trois mois vont désormais nous permettre de travailler sereinement avec les industriels pour finaliser et consolider le projet de reprise. », appuie Carole Delga.

    13 millions votés par les élus

    Pour assurer la continuité de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens, La Région mobilisera 3,5 millions (sur une enveloppe globale de 13 millions d’euros), d’octobre jusqu’à début de décembre. Le financement régional sera versé mensuellement, en fonction de l’avancement du projet de reprise. L’État aura assuré la continuité en engageant 2 millions jusqu’au 30 septembre. Ces financements permettront d’assurer les charges courantes, de préserver l’outil industriel et de maintenir les emplois, tout en laissant aux industriels le temps nécessaire pour finaliser leur projet de reprise.

    Lundi, Les élus régionaux ont voté une enveloppe de 13 millions d’euros en faveur de la relance de Fibre Excellence. Sur cette enveloppe, 3,5 millions seront donc mobilisés pour financer la poursuite de l’activité pendant les trois prochains mois. « Le reste de l’engagement régional accompagnera le projet industriel de 90 millions construit ces derniers mois avec l’ARIS [Agence régionale des investissements stratégiques] et les partenaires industriels, destiné à relancer la production de pâte à papier et à développer de nouvelles activités sur le site ». En parallèle, « les échanges se poursuivent avec les deux investisseurs solides et sérieux, dont Soprema, qui travaillent activement à la finalisation du projet, de son business plan et de ses activités », précise la Région. Ils avaient eux-mêmes exprimé le besoin de disposer d’environ trois mois supplémentaires.

  • [Maj] Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    [Maj] Vers un délai de trois mois pour l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens en Occitanie

    Le tribunal de commerce de Toulouse rendra sa décision mardi 15 septembre. Mais il fait peu de doute qu’il devrait, sauf très mauvais coup de théâtre, prononcer la poursuite de l’activité de l’usine Fibre Excellence de Saint-Gaudens (Haute-Garonne) pour au moins trois mois.

    Objectif de ce délai : permettre aux industriels candidats à la reprise de proposer un projet solide. Un enjeu majeur après la liquidation du site Fibre Excellence de Tarascon dans les Bouches-du-Rhône où l’espoir pourrait aussi renaître à la faveur de la reprise de l’usine occitane.

    « Les salariés ne baisseront pas la garde »

    Ce délai doit permettre « de sécuriser le site et de donner le temps nécessaire à la finalisation d’une solution industrielle pérenne. Pour permettre la poursuite de l’activité pendant cette période », explique la Région Occitanie qui met sur la table 3,5 millions, l’État assurant pour sa part un engagement de 2 millions jusqu’au 30 septembre.

    « C’est une nouvelle étape, mais ce n’est pas encore la victoire qui aura lieu le jour où l’usine redémarrera », a déclaré Pauline Salingue, représentante de la CGT de Haute-Garonne. « Le projet (de reprise) est là, on a gagné un peu de temps pour avancer sur ce projet, il y a des repreneurs, les salariés ne baisseront pas la garde et resteront mobilisés dans les prochaines semaines ». La représentante du ministère public a demandé trois mois supplémentaires de poursuite d’activité, conformément à la volonté de la Région pour permettre à un repreneur de finaliser une offre de reprise. Le ministre de l’Industrie Sébastien Martin a demandé « des engagements précis » de la part des porteurs du projet de reprise.

    Un industriel portugais

    a manifesté son intérêt

    La présidente de la Région Occitanie, la socialiste Carole Delga (lire ci-dessous), avait appelé l’État à nationaliser temporairement Fibre Excellence pour une durée de plusieurs mois afin de permettre à un éventuel repreneur de finaliser une offre de reprise. Selon les informations du journal La Tribune, un industriel portugais serait très intéressé et aurait visité le site de Saint-Gaudens. Il pourrait s’agir du groupe Papermar. Une lettre d’engagement aurait été déposée. Un autre partenaire industriel, le groupe alsacien Soprema fait aussi partie du tour de table.

    À l’issue de l’audience, Cédric Byé, président du CSE de Fibre Excellence, délégué CGT chez Fibre Excellence, a qualifié de « geste fort » l’annonce du gouvernement et de la Région d’un soutien financier nécessaire pour la poursuite de l’activité. Un représentant de la Région a indiqué que le sérieux des repreneurs potentiels justifiait ce délai de trois mois pour bien préciser leur projet de reprise.

  • La perte du label du Parc de Camargue fait des remous

    La perte du label du Parc de Camargue fait des remous

    « Comment accepter que son Parc naturel régional n’ait aujourd’hui plus de charte pour fixer le cap des quinze prochaines années ? » s’émouvait l’élu d’Arles Nicolas Koukas (PCF) début août, à l’adresse de la vice-présidente de région et présidente du Parc depuis 2022 Anne Claudius-Petit (Ren.). Ceci « Alors que notre territoire est confronté à des enjeux qui ne peuvent plus attendre : réchauffement climatique, montée des eaux, risques inondations, érosion du littoral, risques d’incendies, préservation des écosystèmes », listait l’élu. En cause, l’échéance de la charte régissant le Parc en février 2026, non renouvelée à temps. Un retard causé par les difficultés du Parc ces dernières années, selon la présidente.

    L’ombre de la THT

    Mais voilà, alors que Nicolas Koukas demandait si « les positions successives du Président de région », Renaud Muselier (Ren.) étaient à l’origine des blocages, la Présidente explique à La Provence le 4 septembre que « La fin du mandat de Roland Chassain et celui de Patrick de Carolis ont posé des difficultés ».

    Le maire d’Arles Patrick de Carolis (Horizons) réfute toute responsabilité : « Surprenant d’expliquer ces difficultés par un mandat clos depuis plus de 4 ans ». « La procédure de renouvellement avait été actée par délibération du 14 avril 2022. La Région a retiré de son assemblée plénière du 24 juin la délibération de renouvellement de la charte » retrace Patrick de Carolis. L’intéressé a « rectifié » le propos de La Provence le jour même, en s’inscrivant « dans les réussites de mes prédécesseurs ». Mais au fond, le Parc restera sans label au moins jusqu’à fin 2029 tandis que les controversés projets de ligne Très haute tension et de contournement d’Arles restent en cours.

  • L’ex-première adjointe du maire RN de Six-Fours-les-Plages se lâche

    L’ex-première adjointe du maire RN de Six-Fours-les-Plages se lâche

    L’élue aujourd’hui d’opposition, raconte comment elle a été contactée par le candidat RN, et comment elle a accepté, un peu naïvement, de s’engager pour « œuvrer pour sa commune et être utile ». Sur le fait que la proposition émane d’un personnage sulfureux, elle répond, un peu gênée : « Mes valeurs font que j’estime que tout le monde a droit à une seconde chance dans la vie, que tout le monde peut s’améliorer… » Et celui qui était alors député a soutenu son association. Et lui a même décerné la médaille de l’Assemblée récompensant son engagement.

    Mais le 13 août dernier, tout bascule. Convoquée pour un entretien, on lui demande de démissionner. « J’ai refusé : car pendant plus de quatre mois, j’ai exercé mes missions avec sincérité, énergie, engagement et loyauté envers l’équipe municipale et les habitants de Six-Fours », explique-t-elle. Ses délégations lui sont donc retirées, ce jour-là au motif de « divergences sur la conduite des affaires municipales ». « Je conteste vivement cela », affirme-t-elle, en précisant qu’aucun fait précis, ni grief circonstancié, ne lui ont été communiqué.

    « J’ai été trop naïve ! »

    Elle prend conscience alors tardivement que son nom, sa personne et son réseau ne sont plus maintenant d’aucune utilité au maire d’extrême droite qui est parvenu à rafler la mise en devançant son concurrent de quelques voix à peine. Ce dernier entend bien maintenant avoir les coudées franches pour mener sa politique sans s’encombrer d’une personnalité sans étiquette, peut-être un peu trop tatillonne.

    « Aujourd’hui, j’ai l’impression d’avoir été utilisée à des fins politiques », regrette-t-elle.

    Mais des signes avant-coureurs auraient pu l’alerter constate a posteriori Carolyn Salva. Avec des échanges très limités avec celui qui est devenu premier magistrat. Elle est laissée un peu de côté. Sauf, se souvient-elle, pour le dépôt de gerbe du 19 juillet, journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites, se rappelle-t-elle. Là, on lui laisse avec plaisir les commandes.

    « On était à peine cinq élus de la majorité », déplore-t-elle en comprenant véritablement qu’elle avait été sa place dans ce bal des faux-culs de l’extrême droite. « J’ai été trop naïve », conclut-elle.