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  • Le personnel du CHU de Montpellier préoccupé par ses conditions de travail

    Le personnel du CHU de Montpellier préoccupé par ses conditions de travail

    Sous les bâches et drapeaux rouges de la CGT, les
    « blouses blanches » affichent des visages inquiets ce mardi 12 mai, alors qu’elles se rassemblent devant le centre administratif André-Benech du CHU de Montpellier, où se concentre la grève. « Les chiffres qui nous ont été avancés, c’était potentiellement 12% de non-renouvellement de CDD ou de départs à la retraite. Quand on fait le calcul, ça correspond à peu près à 1 200 postes », annonce Pierre Renard, délégué CGT au CHU de Montpellier.

    Ce qui inquiète les personnels médicaux et paramédicaux, ce n’est pas seulement ce plan social annoncé en haut lieu, mais aussi le fait que ces suppressions de postes coïncident avec l’arrivée de l’intelligence artificielle au sein de l’hôpital. « On n’est pas contre l’IA, mais contre le fait qu’elle aille remplacer l’humain au sein de l’établissement », précise Pierre Renard.

    Une préoccupation partagée par tous les grévistes présents, qui redoutent d’une perte de compétence, notamment dans le milieu administratif. « Est-ce que l’intelligence humaine n’est pas supérieure à l’intelligence artificielle, surtout lorsque notre cœur de métier, dans un hôpital, c’est les soins ? », interroge Rana, infirmière de bloc opératoire diplômée d’État depuis 17 ans.

    La copieuse enveloppe budgétaire de 14,9 millions d’euros accordée à l’établissement public par l’État, serait destinée à remplacer stratégiquement des postes administratifs par cette nouvelle technologie en vue, notamment, de réaliser des économies de temps et financières. Une logique qui ne parle pas à tout le monde : « Il y a peut-être des domaines d’application de l’IA qui auraient pu être liés aux soins », souligne l’infirmière de bloc opératoire, « nous par exemple, au bloc opératoire, on a la chirurgie assistée par robot, si cette enveloppe peut permettre d’améliorer les techniques chirurgicales, pourquoi pas, mais je n’ai pas l’impression que ce soit le projet ». L’arrivée de l’IA au sein du CHU suscite donc de vives inquiétudes.

    Un besoin de moyen financier et humain

    « Ce qu’on veut réellement pour l’hôpital public, ce sont des moyens humains », martèle le délégué CGT Pierre Renard. Ce dernier rappelle qu’actuellement, le manque de personnel aux ressources humaines entraîne par exemple des retards dans l’établissement des contrats de travail et des fiches de paie et, plus alarmant encore, la CGT s’inquiète de la « charge de travail en constante augmentation » qui plonge le personnel de l’hôpital dans un épuisement professionnel qualifié lui aussi de « constant ».
    « Ce qu’on réclame, c’est de remettre, comme avant, le personnel formé secteur par secteur, que ce soit administratif, ouvrier ou soignant, pour qu’on puisse travailler convenablement, avec des coefficients de remplacement corrects pour que chacun puisse bénéficier de son repos, de ses vacances », martèle l’infirmier Pierre Renard.

    Les annonces faites quant au développement de l’IA au sein de l’hôpital inquiètent d’autant plus que, pour l’instant, il n’est pas question que cette technologie soit utilisée en complément des salariés, mais bien en remplacement de ces derniers. Un remplacement qui « peut être dangereux dans un secteur comme celui de la santé », estime le représentant syndical, alors que les personnels paramédicaux et médicaux autour de lui acquiescent.

    Ce n’est pas la première fois que les difficultés rencontrées dans le secteur de la santé en France sont soulevées, et les solutions censées permettre des économies de temps et d’argent ne semblent définitivement pas faire l’unanimité.

  • Une femme poignardée en plein centre-ville de Digne-les-Bains

    Une femme poignardée en plein centre-ville de Digne-les-Bains

    Une femme de 40 ans a été poignardée dans le centre-ville de Digne-les-Bains dans la nuit de dimanche à lundi, a expliqué le procureur Antoine Pesme à La Marseillaise, confirmant une information de BFM DICI. Elle est toujours hospitalisée à Marseille. Les faits ont eu lieu aux alentours de minuit et demi dans le quartier du pied de ville, a précisé le procureur. L’auteur n’a pas encore été identifié. Une enquête a été ouverte et confiée au commissariat de Digne pour tentative de meurtre. «J’insiste sur le fait qu’à priori, ce n’est pas une agression de rue, de quelqu’un qui rôde et qui agresse les gens gratuitement. Je pense qu’il y a un différend, que c’est une connaissance avec quelque chose qui a mal tourné », a précisé Antoine Pesme.

  • En Occitanie, le grand public invité à suggérer des contrôles

    En Occitanie, le grand public invité à suggérer des contrôles

    La période de réserve électorale étant achevée, la Chambre régionale des comptes (CRC) revient en force. Cauchemar des collectivités, organismes publics locaux (hôpitaux, offices HLM, syndicats intercommunaux…), des sociétés d’économie mixte et des associations dont elle contrôle régulièrement les finances, cette instance méconnue cherche à s’ouvrir au grand public.

    Du 11 mai au 22 juin, la juridiction financière lance en Occitanie sa 5e campagne de participation citoyenne. L’idée est simple : permettre à toute personne âgée de plus de 15 ans de suggérer un ou plusieurs sujets de futurs contrôles à la CRC. Pour ce faire, rien de plus simple : il suffit de se rendre sur la plateforme en ligne accessible depuis le site de la CRC ou bien de la Cour des comptes de Paris dont elle dépend. L’an passé, un millier de contributions ont été faites en France, dont à peine une quinzaine en Occitanie.

    Parmi les sujets déjà retenus qui vont faire l’objet d’une étude, « le bilan du téléphérique toulousain ou la mise en place par un syndicat d’une tarification incitative pour les déchets dans le Gers », précise Valérie Renet. L’année précédente, la présidente de la CRC rappelle que l’exercice citoyen avait permis la publication de deux rapports transversaux. Très commenté dans la presse, le premier était relatif aux « soutiens publics à la corrida ». Le second traitait du « recours [souvent coûteux et pas toujours efficace, Ndlr] des collectivités aux cabinets de conseil ».

    Rapports à venir

    En attendant les nouvelles propositions, la CRC reprend ses activités. Parmi ses rapports à paraître, celui sur le festival du Printemps des comédiens à Montpellier sortira en juin… en plein festival (29 mai-21 juin) ! Fin juin, ce sera au tour de la Ville de Pont-Saint-Esprit de passer sur le gril. Puis à l’office de tourisme de La Grande-Motte. En septembre sera passée au peigne fin la gestion de l’association Soliha (logement de personnes précaires) présente dans le Gard et l’Hérault. Fin septembre seront publiés les rapports sur l’établissement public administratif Hérault Culture ainsi que sur la Spleth, la société publique locale qui gère les thermes de Balaruc-les-Bains. Enfin est attendue une synthèse sur les effectifs des Villes de Nîmes, Clermont-l’Hérault ou Ganges.

    À ces rapports s’ajoutent plusieurs enquêtes annuelles qui seront publiées dans les prochains mois voire en 2027. La première (septembre), à la demande du Sénat, traitera des aides à domicile dans le Lot et l’Aveyron. La seconde (automne) concernera « le coût du renouvellement des réseaux vieillissants d’eau et d’assainissement » dans le Gard rhodanien, l’Aude et les P-O, résume Patrice Ros, vice-président de la CRC. Parmi les autres enquêtes à lancer et qui sortiront en 2027, on peut citer celle sur les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH) ou une autre sur la gestion des aires de passage pour les gens du voyage. Enfin, un travail partenarial va être testé avec l’Espagne au sujet des Sdis. Avec cette question : sont-ils en capacité de faire face aux événements liés au changement climatique ?

  • [Occitanie] Eau : les écologistes veulent y voir clair

    [Occitanie] Eau : les écologistes veulent y voir clair

    Publié le 25 mars au lendemain des Municipales, le rapport national de l’Anses a reçu un écho inversement proportionnel à l’urgence de son message. A savoir que la France est surexposée au cadmium, ce « métal lourd contaminant et préoccupant pour la santé publique car reconnu cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction ». L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) ajoute qu’omniprésent dans les sols, l’air, les eaux et les sédiments, ce polluant entraîne des cancers (poumon, pancréas, vessie, rein), des atteintes rénales et une fragilité osseuse « en cas d’exposition prolongée par voie orale ».

    Or, l’essentiel du cadmium que nous ingurgitons provient de notre alimentation (98% chez les non fumeurs). Hormis le tabac, le pain, les pâtes, le riz, les pommes de terre, les céréales ou le chocolat sont les aliments les plus chargés en cadmium. « Il faut limiter les produits ultra transformés, privilégier les légumineuses et moins le blé », résume Lise Florès.

    Avec le groupe local, l’ancienne candidate écologiste a décidé d’interpeller les collectivités. Dans un courrier cosigné par Debout (le mouvement de François Ruffin) envoyé à la Mairie et à l’Agglo de Lunel, les Verts réclament que la transparence soit faite sur la qualité de l’eau du robinet. « 47% des adultes et 36% des enfants de moins de 3 ans sont surexposés au cadmium », rappelle Lise Florès.

    Si la démarche intentée à Lunel serait légitime partout ailleurs, la militante précise les sources du doute. « Lunel n’a pas une population riche, qui doit manger pas mal de produits transformés ». La commune est aussi entourée de terres agricoles et il se trouve que les engrais phosphatés sont largement pointés du doigt par le rapport de l’Anses. « On a les moyens de rechercher la signature chimique du pollueur ».

    Déjà les Pfas…

    Si les écologistes jouent la carte du principe de précaution, c’est aussi parce qu’ils ont déjà été échaudés sur le sujet de l’eau. L’an passé, il a été révélé dans l’eau potable des taux de Pfas (per- et polyfluoroalkylées, des polluants éternels) supérieurs aux normes dans les communes voisines de Lunel-Viel, Saint-Just ou Saint-Nazaire-de-Pézan. « Les Lunellois sont en droit de savoir ce qu’ils mangent et ce qu’ils boivent ».

    S’il s’agit d’un problème de santé publique qui relève en soi de l’Etat, les collectivités ont aussi leur mot à dire et un rôle de garde-fou à jouer. « Le maire a le devoir d’informer la population. Il peut intervenir sur les menus dans les cantines, dans l’agriculture et la bétonnisation via les points de captage de l’eau », illustre l’écologiste qui rappelle que « dès qu’on imperméabilise, on touche au cycle de l’eau ».

    Ainsi la politique jugée pro-industrielle de la municipalité de droite est-elle décriée. « Sur le projet de zone des Dardaillons, on avait demandé des études sur la qualité de l’eau, rien n’a été fait », déplore-t-elle. « On est dans un système où l’industriel décide et le politique suit ». La co-secrétaire régionale des écologistes y voit la limite des élus soi-disant apolitiques. « Ils n’ont pas de militants ni de spécialistes qui leur donnent d’autres éléments pour décider que ceux de l’industriel ou du café du commerce ».

  • L’OM se sépare déjà de Diacre

    L’OM se sépare déjà de Diacre

    L’histoire entre l’Olympique de Marseille et Corinne Diacre est déjà finie. Les deux parties ont décidé, d’un commun accord, de ne pas prolonger leur collaboration à l’issue de la saison.

    Arrivée à la tête de l’équipe avec l’ambition d’accompagner le projet sportif du club, Corinne Diacre a contribué, avec son staff, à atteindre les objectifs fixés cette saison, notamment le maintien des Marseillaises en Arkema Première Ligue.

    L’OM tenait à remercier l’ancienne sélectionneuse des Bleues pour « son investissement, son professionnalisme et le travail accompli tout au long de son passage au sein du club ».

  • Contrôles routiers renforcés à la veille du week-end prolongé

    Contrôles routiers renforcés à la veille du week-end prolongé

    Au péage Prado-Carénage, les policiers du Groupe de lutte contre la délinquance routière (GLDR), effectuent leurs contrôles routiers habituels. Ils arrêtent une voiture « en fonction des signes visibles de manque d’entretien », souligne l’un d’entre eux, avant de sortir un test de dépistage de stupéfiants. 50 à 60 conducteurs sous stupéfiants sont arrêtés chaque mois, « une augmentation considérable », affirment-ils. Ces équipes sont rejointes dès aujourd’hui par des centaines de policiers, de gendarmes et de CRS, mobilisés jusqu’à dimanche autour de Marseille dans le cadre du renforcement des contrôles routiers sur tous les axes principaux et secondaires du département.

    Corinne Simon, la préfète déléguée des Bouches-du-Rhône, présente au péage Prado-Carénage mardi, explique que « l’objectif est de rappeler les règles principales pour les personnes qui entrent et sortent du département, à savoir le port de la ceinture, le contrôle de la pression des pneus et l’importance de s’arrêter toutes les deux heures ».

    Le protoxyde d’azote,

    un « véritable fléau »

    Depuis le 1er janvier, 30 personnes ont perdu la vie à cause d’accidents de la route à Marseille. Ce travail de prévention et de répression vise à « responsabiliser les automobilistes », dans un contexte de hausse des délits, selon la préfecture de police. Hervé, officier de police judiciaire présent au contrôle du péage ce mardi, explique que 80% des contrôles effectués sur les motos sont liés à des défauts de permis voire à l’absence de permis.

    Jusqu’à dimanche, l’accent sera mis sur les contrôles intensifs liés à la consommation d’alcool, de stupéfiants et notamment de protoxyde d’azote, « un véritable fléau » responsable de plus en plus d’accidents de la route, a souligné la préfète. « Depuis le 1er janvier, 25 automobilistes ont été arrêtés avec des bouteilles de protoxyde d’azote, un gaz qui vous fait complètement perdre vos moyens », a-t-elle déploré. La semaine dernière, un automobiliste sous protoxyde d’azote a provoqué un accident, son pronostic vital est toujours engagé. Le gouvernement entend d’ailleurs sévir sur le sujet, la loi Ripost, présentée par le ministre de l’Intérieur Laurent Nunez, entend punir de 9 000 euros d’amende et de trois ans d’emprisonnement la conduite après avoir consommé du protoxyde d’azote. Pour l’instant, les forces de l’ordre n’ont reçu aucune formation pour reconnaître et prévenir les risques liés à ce gaz, dont la consommation est en hausse.

  • [Exposition] Genre, sexe et transgression chez Negpos

    [Exposition] Genre, sexe et transgression chez Negpos

    Patrice Loubon n’a pas oublié cette journée du 27 avril 2025 où il a découvert sa galerie vandalisée. Mais le président et fondateur de l’association NegPos, qui a toujours associé son travail culturel à la politique, loin d’être impressionné, a récidivé. D’abord en accueillant à nouveau l’exposition féministe de Kamille Lévêque, puis en proposant à partir du 8 mai, une exposition autour du genre, du sexe et de la transgression.

    « C’est une exposition que l’on a déjà montrée en Espagne mais je me suis dit qu’elle était une bonne réponse au saccage de l’année dernière. Ça permet d’en remettre une couche et de parler de questions qui nous préoccupent tous, à savoir le genre, la liberté sexuelle, la liberté d’expression et de création. Cette exposition concentre tout cela à travers une grande diversité d’expressions », précise Patrice Loubon.

    Six photographes

    La galerie a en effet rassemblé le travail de six photographes dont quatre internationaux. Parmi eux, le Cubain Yomer Montejo Harrys (Cuba), radiographe, propose une série de radios pour illustrer la violence sexuelle engendrée par le tourisme sur son île. « C’est un travail original qui évoque la soumission chimique, la prostitution et la prostitution des mineurs. C’est un travail très fin parce que la radiographie permet de mettre à distance ces questions. Avec la radiographie, on touche vraiment au corps parce qu’on est dans le squelette même », explique Patrice Loubon. Alejandro Perez Alvarez, également cubain, présente lui son reportage réalisé durant trois ans au sein d’un cabaret transformiste de La Havane.

    Carla Yovane propose de son côté un travail rare, réalisé avec les hommes prostitués de Santiago au Chili après qu’ils ont eu des relations sexuelles avec leurs clients dans des chambres d’hôtel. La sud-africaine Noncedo Gxekwa, elle, multiplie les clichés de femmes puissantes à la force physique déroutante, presque menaçante. Un travail qui évoque fortement l’exposition de Kamille Lévêque « Benzine cyprine ». Côté français, Pauline Sauveur suit une personne en transition de genre, entre traitements hormonaux et démarches administratives, alors que Fabien Dupoux propose un reportage en noir et blanc sur des hommes déguisés en femmes.

  • Le lac de Rives, les Calanques du Larzac

    Le lac de Rives, les Calanques du Larzac

    La dernière fois que c’est arrivé, c’était en 2014. À Rives, commune héraultaise, les fortes précipitations de ce début d’année ont permis la réapparition d’un lac temporaire. Un phénomène qui arrive une fois tous les dix ans. Voilà plusieurs mois maintenant que ce lac éphémère attire les curieux et autres touristes, dans ce coin du Larzac généralement sans cours d’eau. « Comme le sol est argileux, les eaux au bout d’un moment ne s’infiltrent pas complètement. Et en même temps, comme il a beaucoup plu – au moins 100 mm -, l’eau va aussi s’infiltrer dans les terrains qui sont plus perméables autour, dans le karst, où on retrouve aussi du sable dolomitique, les produits d’érosion du calcaire  », souligne Laurent Danneville, hydrogéologue et directeur général adjoint du Parc naturel régional des Grands Causses.

    Ce karst et ce sable vont ainsi créer des sources de débordement qui viendront alimenter le lac dans un second temps – qui change de couleur et s’éclaircit – permettant au point d’eau de durer plusieurs mois. Vient ensuite la vidange, qui est en train de se produire actuellement. « Au fond du lac, on a un ancien avène [puits creusé dans la roche, Ndlr.] plus ou moins artificialisé. Et donc les eaux vont s’infiltrer et au bout de quelques semaines, le lac se vide. Il y a aussi l’effet de l’évapotranspiration », poursuit Laurent Danneville. Cette vidange ira alimenter une autre nappe phréatique, la source de la Sorgues, près de Saint-Affrique, dans le Sud-Aveyron. « Il n’y a jamais eu une mesure complète. On est en train de travailler avec des scientifiques de Montpellier, Hydroscience et on a mis des sondes de mesure depuis un mois pour regarder un peu comment ça se passe », précise l’hydrogéologue.

    Présence d’animaux

    Si le lac apparaît environ tous les dix ans, les périodes de fortes précipitations devraient s’amplifier du fait du dérèglement climatique. Et donc le lac réapparaître plus souvent. Une aubaine pour les chirocéphales, petits animaux vivant dans le lac. « Lors de la ponte, les œufs sont dans ces argiles au fond du lac. Lorsqu’il pleut et que le lac réapparaît, la vie revient, ce sont des petites bêtes de 4-5 cm qui sont là, qui vont se reproduire et restent là », éclaire Laurent Danneville.

    De fait, le lac attire de nombreuses personnes. Kayak, plongée dans des eaux pouvant atteindre 5-6 mètres de profondeur. Problème : il se situe sur un terrain privé. « Il y a toute une réglementation et il ne faut pas marcher n’importe où, faire attention à la faune. Il faut que les gens soient prudents et se garent correctement », fait valoir le directeur général adjoint du PNR, dont le parc est en train de voir comment améliorer l’accessibilité afin de préserver au mieux ces calanques du Larzac.

  • La moto américaine efface le 1er mai

    La moto américaine efface le 1er mai

    Comme toutes les mairies gérées par le Rassemblement national, la politique culturelle à Beaucaire s’inscrit dans la défense des traditions locales. Ici, c’est donc naturellement la culture taurine qui capte toutes les attentions. « Une école taurine est en cours de mise en place avec une association qui a eu une subvention exceptionnelle à la création, ce qui est assez rare. Il y a aussi une novillada qui va voir le jour. Pour eux, la culture c’est la culture taurine et provençale, point », explique Luc Perrin.

    L’élu d’opposition, également secrétaire de l’association Latinos Sin Fronteras, remarque qu’il est aussi très difficile pour certaines associations d’obtenir une salle  : « Il y a toujours de grandes difficultés pour avoir des réponses. Nous essayons d’organiser une fête avec l’association pour le 20 mai. On a demandé une salle il y a plus d’un mois et je n’ai aucune réponse. J’ai fait une relance, toujours sans réponse. Si ce qu’on demande ne leur plaît pas, ils préfèrent ne pas répondre plutôt que de dire non ».

    À Beaucaire, la culture chrétienne est également à l’honneur avec notamment la traditionnelle crèche installée chaque année dans la mairie malgré les multiples condamnations judiciaires. « Il y a aussi la Sainte-Madeleine, les vendanges de la Madeleine, la cuvée de la Madeleine où les maires sont toujours présents sans écharpe. Le maire assiste à des messes et on voit bien qu’il ne fait pas ça en toute discrétion, il s’affiche mais sans écharpe », détaille Luc Perrin.

    Les USA à l’honneur

    Comme depuis onze ans, les drapeaux américains ont envahi les rues de Beaucaire vendredi 1er mai. En effet, la fête des travailleurs a toujours été fustigée par l’extrême droite. Alors à Beaucaire, la municipalité RN a décidé de l’invisibiliser en organisant une grande fête de la moto américaine. Harley-Davidson, tatouages, musique country et jeeps sont au rendez-vous de cet événement qui a tout du rassemblement Maga (Make America Great Again, la devise de Donald Trump). Une procession de motards est même bénie par des prêtres. Pendant le temps d’une journée, la municipalité RN ne voit donc pas d’objection à célébrer une culture étrangère…

    « Ça fait toujours très bizarre de voir le curé bénir les motards sous une nuée de drapeaux américains. Mais cet événement a un succès énorme donc si on le critique, on passe pour un rabat-joie », explique Luc Perrin. « À Beaucaire, on met en place ces fêtes américaines pour effacer le 1er mai des calendriers », confirme Jean Vanhaute, président de l’institut d’histoire sociale de la CGT du Gard.

  • « Voix de femmes » met en lumière les talents algériens

    « Voix de femmes » met en lumière les talents algériens

    Le poème Petit corps sera grand, de Lydia Ait Bouziad a reçu mardi le Prix de l’Excellence, à l’occasion du salon littéraire « Voix de femmes », organisé par Femmes Forum Méditerranée. Ce texte « intime mais dont la portée est universelle », aborde la dépossession du corps féminin, depuis l’espace familial jusqu’à la rue. « Ce texte parle du Soi de façon très introspective. J’explore le rapport à soi, à l’exil et la condition des femmes », explique la poétesse.

    La libération par l’écriture

    Dans son poème, l’auteure se demande : « Comment faire pour exister ? ». C’est là que réside toute la force salvatrice de l’écriture. « L’écriture est vitale pour moi, elle m’a permis de m’exprimer, de me libérer et de mieux me comprendre », confie la jeune lauréate, poétesse depuis l’adolescence, entre ses engagements pour un féminisme décolonial et ses études de littérature française, algérienne et africaine à Alger puis Marseille. La continuité entre les deux rives de la Méditerranée est vécue par Lydia Ait Bouziad de façon « douloureuse ». Car cette continuité est aussi une disruption, que l’exil soit choisi ou subi.

    Fatna Fekih ressent elle aussi la douleur, mais aussi l’amour de la séparation d’une terre qu’elle a quittée à 8 mois. La responsable associative d’Atouts femmes, située dans le 10e arrondissement de Marseille, n’avait jamais écrit avant le concours de 2003, qu’elle a remporté grâce à son texte autobiographique qui retrace son adoption, les violences sexuelles, et ses engagements politiques. « La thématique Escales a vibré en moi. Ma vie chaotique a été une succession d’escales et ce texte m’a permis de parler pour la première fois à mon entourage des agressions sexuelles que j’avais subies », partage-t-elle. « L’écriture m’a libérée. J’ai étalé sur une feuille tout ce que j’avais gardé en moi durant des années », ajoute Fatna Fekih. L’écriture comme moyen d’expression de soi, de libération et de résistance est le combat mené par l’association Forum Femmes Méditerranée depuis sa création.

    Renforcer le réseau féministe d’Alger à Marseille

    D’ailleurs, l’histoire de l’association a, dès ses débuts, été liée à l’Algérie. Sa présidente, Esther Fouchier, détenant une maîtrise en littérature française et algérienne, s’est rendue à Alger pour y rencontrer un collectif féministe. Car outre l’écriture, un point d’honneur est mis sur la formation et les échanges de bonnes pratiques entre associations féministes du pourtour méditerranéen. À l’occasion du salon littéraire, l’association féministe Teroua Fatma Sumer est venue d’Alger. La présidente, Chouaki Fatima, « féministe depuis l’enfance », se bat notamment pour l’abolition du Code de la famille. Ce rendez-vous est aussi, avant tout, un grand rassemblement dont l’objectif est de renforcer le réseau féministe méditerranéen et de rendre hommage aux « créatrices et artistes », notamment celles qui utilisent le langage pour résister. Aldjya Rahab, également présente, lutte pour que la langue tamazight soit reconnue en Algérie et non plus criminalisé. Lauréate du concours de 2000, elle avait reçu un prix pour un texte sur sa mère. L’autrice tenait à rendre hommage à la vie d’une femme berbère et à ses coutumes.