Author: tecnavia

  • Marseille : vers une mobilisation façon Gilets jaunes contre le budget Bayrou le 10 septembre

    Marseille : vers une mobilisation façon Gilets jaunes contre le budget Bayrou le 10 septembre

    La première fois, ils étaient une trentaine, près de la gare Saint-Charles. Cette fois, ils sont plus d’une soixantaine, assis sur le goudron de la place Providence, à Belsunce (1er arr.), près des minots qui tapent la balle. Quelques semaines après les premiers appels « pour un arrêt total et illimité du pays » à partir du 10 septembre contre le projet de budget du gouvernement Bayrou, une deuxième assemblée générale était organisée mercredi soir à Marseille. De nombreux débats avaient déjà eu lieu sur la messagerie cryptée Telegram, avec un groupe qui compte plus d’un millier de participants pour la région, contre 6 000 au niveau national. Mais la plupart de ceux qui sont là ce soir ont entendu parler du rendez-vous par le bouche-à-oreille.

    L’appel initial, qui venait d’un compte souverainiste d’extrême droite, a depuis largement débordé, et la France insoumise à travers un texte publié ce dimanche dans La Tribune appelle désormais à le rejoindre. Quelques cadres du mouvement insoumis, déjà, avaient rejoint le groupe Telegram de la région, en observateurs. Mais les premiers qui prennent la parole ce mercredi clarifient d’emblée les choses. « Nous sommes un mouvement horizontal, apartisan, antifasciste et antiraciste, explique l’un d’entre eux. Peu importe que nous soyons de gauche ou de droite, nous sommes tous contre le plan Bayrou, contre les 1% qui prennent toutes les richesses. » Parmi les personnes présentes, un ancien Gilet jaune partage son indignation des « deux jours volés », après les annonces du Premier ministre qui ont fait monter le mouvement au cœur de l’été. « C’est un projet de casse globale », dénonce un autre participant, salarié de l’Assurance-maladie.

    Envies de blocages

    Si les premières prises de paroles veulent élargir le mouvement, les débats rapidement portent sur le rejet des syndicats. « Lisez la publication sur Facebook de Laurent Brun [administrateur de la CGT, Ndlr], il explique comment ils veulent récupérer le mouvement pour le canaliser », veut croire un homme, la cinquantaine. Au micro, les participants dénoncent « les têtes des syndicats » qui voudraient discuter avec le gouvernement, les parcours syndicaux trop pacifiques, « toujours les mêmes ». La mobilisation contre la réforme des retraites a beau avoir rassemblé plusieurs millions de personnes dans les rues, elle agit comme un repoussoir. Certains intervenants se présentent pourtant comme syndiqués « de la base », et appellent au débordement des organisations. Le préavis de grève déposé par FO, les appels des fédérations CGT de la chimie ou de l’éducation sont aussi évoqués. « Si les syndicats viennent avec leurs camions et leurs mégaphones, il faut qu’ils les donnent au mouvement citoyen, nous décidons ici », insiste un participant. D’autres veulent des cortèges distincts. On compte malgré tout sur les organisations syndicales pour « bloquer la production », mais pour ceux qui sont présents, l’enjeu reste surtout d’organiser des blocages, des opérations péages gratuits, de cibler des lieux symboliques, de la tour CMA à la préfecture. À chaque fois, c’est le mouvement des Gilets jaunes qui sert de référence, d’expérience commune. Un militant prend aussi pour exemple les émeutes de juillet 2023 pour déborder la police, un autre, en ligne, revendiquait son engagement « anti-vax ». « On parle de bloquer la production, mais il faut agir sur nos conditions de vie », défend un militant des « cortèges autonomes » qui propose des opérations d’« autoréduction » afin de se servir dans les grandes surfaces et redistribuer la nourriture volée. « Je n’ai pas envie de bloquer les personnes qui vont au travail », évoque de son côté une femme, qui demande « un boycott des grandes marques » La proposition avait fait florès dans les discussions en ligne au début du mois d’août, avec les appels à retirer son argent, se fournir auprès de producteurs locaux pour « arrêter de gaver les industriels ». Trop cher, regrettaient d’autres. Place Providence, le soleil décline. Peu importe, on se reverra chaque mercredi. Une participante alerte : « Il n’en reste que trois, avant le 10 septembre. »

  • Israël-Palestine : le cardinal Aveline appelle à la paix depuis Taybeh

    Israël-Palestine : le cardinal Aveline appelle à la paix depuis Taybeh

    Le symbole est fort, alors que se poursuivent les massacres de l’armée israélienne à Gaza. Pour son premier déplacement depuis son élection à la tête de la Conférence des évêques de France, le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, a décidé de se rendre en Israël et en Palestine, pour un voyage de quatre jours, accompagné de plusieurs évêques français. Un déplacement qui passait par Jérusalem, mais aussi par le monastère bénédictin d’Abu Gosh, à l’ouest de la ville sainte, et surtout par la ville de Taybeh, en Cisjordanie, à majorité chrétienne.

    « Nous avons souhaité que notre pèlerinage manifeste le soutien de l’Église de France aux communautés chrétiennes de Terre Sainte et soit aussi l’expression de notre solidarité avec tous les amis de la paix quelles que soient leurs convictions ou leurs religions », expliquait ainsi le cardinal marseillais face aux fidèles de la ville, saluant la solidarité entre les communautés religieuses de Cisjordanie, le « souci que vous portez de vos frères musulmans qui sont vos voisins ». Et promettant de témoigner à son retour sur les violences subies. Au mois de juillet en effet, « une série dangereuse d’attaques systématiques » avait touché la population, a témoigné son curé, le père Bashar Fawadleh, expliquant que « la ville avait récemment été la cible de plusieurs agressions de la part de colons, touchant les propriétés et inquiétant les habitants » comme le rapporte la paroisse. De plus en plus, les colons israéliens, armés, font ainsi paître leurs troupeaux sur les terres palestiniennes pour empêcher qu’elles soient cultivées, instituant un climat de peur, jusqu’à mettre le feu à un terrain voisin d’une église byzantine du Ve siècle. « Votre visite aujourd’hui n’est pas seulement une rencontre spirituelle, mais aussi un soutien moral important pour tous ceux qui vivent ici », insistait le curé auprès de l’archevêque de Marseille. Et celui-ci de dire qu’il priait « pour que notre pèlerinage puisse soutenir votre espérance de justice et de paix ».

  • Martigues : Provence Studios prépare des visites pour découvrir les coulisses du cinéma

    Martigues : Provence Studios prépare des visites pour découvrir les coulisses du cinéma

    La Marseillaise : Combien de tournages avez-vous accueillis l’année dernière ?

    Olivier Marchetti : Ce qu’on peut dire c’est que 2024 et 2025 n’ont pas été des années très bonnes, il y a eu une grosse baisse des tournages depuis 2023 liée à tout un tas de raisons : la grève des scénaristes américains a perturbé les choses, la convention entre les producteurs et Canal+ a mis du temps à être ratifié donc énormément de projets ont été décalés et la conjoncture économique globale fait que beaucoup de projets ont été reportés ou annulés. On voit l’état de la filière à l’embauche des intermittents : avant on avait une pénurie, là c’est eux qui nous téléphonent pour avoir du boulot. Et ce n’est pas qu’en France, en Europe et aux États-Unis c’est pareil. Je reviens de Los Angeles, il y a zéro tournage parce que c’est trop cher, qu’il n’y a pas d’aide… La production en France a diminué ces deux dernières années, mais 2026 s’annonce beaucoup mieux. On a de belles perspectives.

    Comment faire pour attirer les productions ?

    O.M. : Le marché est devenu réellement mondial. Il faut savoir que les productions françaises et internationales ont des aides pour produire, ces aides ne sont pas des subventions mais une restitution de ce qu’ils dépensent sur de la TVA par exemple. Le crédit d’impôt en France était assez compétitif à l’époque, mais il ne s’est pas modernisé à la différence de l’Espagne ou de l’Italie, ce qui l’a beaucoup dévalué. Aujourd’hui, en France, ce ne sont que les salaires des techniciens français qui sont pris en charge, le casting et les techniciens étrangers ne rentrent pas dans l’assiette. Donc les producteurs américains, quand ils ont un gros casting et un gros réalisateur, préfèrent aller en Italie ou en Espagne parce que ça leur coûte moins cher. Il faudrait augmenter cette assiette en France.

    Est-ce qu’on a une idée des retombées économiques de la filière pour le Pays de Martigues ?

    O.M. : The Serpent Queen, qui a été tourné à Martigues mais aussi dans les Pays de la Loire, était un tournage à 80 millions de dollars sur six mois. La production a dépensé 2,5 millions d’euros d’hôtel dans la région. C’est colossal. Ces retombées-là, les salaires, les taxis, les restaurants, la consommation, sont directes, mais il y a aussi les retombées indirectes qui sont plus difficiles à chiffrer. La Nouvelle-Zélande a fait une enquête pour évaluer ce montant : après Le Seigneur des anneaux, le tourisme a pris 50%. À Martigues, on peut citer l’exemple de Camping Paradis. Énormément de gens positionnent la commune grâce à cette série, sans compter les visites organisées dans les décors par l’Office de tourisme.

    De votre côté, un partenariat avec l’Office de tourisme est-il envisagé pour organiser des visites des studios ?

    O.M. : Oui. On a énormément de demandes. On ouvrait jusqu’ici pour les Journées du patrimoine, cette année ce ne sera pas possible car elles tombent en même temps que la foire de Marseille où nous tiendrons un stand. En revanche on crée des visites pour venir voir nos studios, ce sera fin 2025 début 2026. Quand j’ai créé Provence Studios je n’avais pas conscience de l’intérêt que pourraient porter les habitants du territoire et les touristes au fonctionnement de nos lieux de tournage.

  • [Les Petits Débrouillards] : sciences et jeux au cœur des Nocturnes d’Aix

    [Les Petits Débrouillards] : sciences et jeux au cœur des Nocturnes d’Aix

    Pendant tout le mois d’août, la ville d’Aix-en-Provence organise les « Nocturnes au stade Maurice David » et ainsi de nombreuses associations proposent des activités sportives et culturelles aux habitants du Jas de Bouffan.À cette occasion, les Petits Débrouillards installent leur tente gonflable dans la pelouse et expérimentent de nombreuses thématiques comme la biodiversité, l’alimentation, les insectes, les mers et océans… mais aussi le numérique « débranché » et l’interculturalité.

  • Salon-de-Provence : le château de l’Empéri se transforme en cinéma d’été historique

    Salon-de-Provence : le château de l’Empéri se transforme en cinéma d’été historique

    L’association Ciné Salon 13 ouvre les portes du château de l’Empéri à l’occasion de la cinquième édition du Festival du film historique à Salon-de-Provence, du 19 au 27 août. En plein air, quatre films sont « présentés pour la toute première fois », s’enthousiasme Garance Fromont, programmatrice de l’événement. Deux projections gratuites de grands classiques du cinéma, une exposition et bien d’autres événements permettent de porter un regard aujourd’hui sur des films dont l’histoire se situe dans le passé.

    Pour entamer les festivités ce mardi soir, le réalisateur et comédien Pascal Elbé est invité pour présenter son nouveau film en avant-première : la comédie La Bonne étoile qui plonge les spectateurs dans la France de 1940. « On a hâte de l’accueillir et il est également très pressé de rencontrer son public », confie la programmatrice.

    Exposition sur l’histoire du cinéma

    Le cinématographe des Frères Lumières fête ses 130 ans cette année. Pour célébrer cet anniversaire, une exposition gratuite retrace l’histoire du cinéma, ses différentes techniques et les personnages qui l’ont marquée. « Comment est-on passé au cinéma parlant ? Comment la couleur a-t-elle été introduite ? » Autant de questions auxquelles cette exposition gratuite entend répondre, explique Garance Fromont.

    Pour découvrir les liens qui unissent Salon-de-Provence au cinéma, l’association organisatrice du festival propose une visite guidée du centre de la ville. De La Fille du Puisatier de Marcel Pagnol en 1940 à Bienvenu chez les Ch’tis de Dany Boon en 2007, « on explique comment les tournages ont réinventé la ville et continuent d’y laisser leur empreinte aujourd’hui », raconte l’organisatrice.

    Figure antinazie de Marseille

    Cette année, seul un documentaire est à l’affiche du festival et il met à l’honneur un des héros antinazis de Marseille. Varian Fry, visas pour la liberté, de Mathieu Verdeil revient sur les traces du journaliste américain, Juste parmi les nations, dans la cité phocéenne de 1940 à 1941. Dans l’ombre, Varian Fry a sauvé du régime de Vichy plus de 2000 Juifs et militants antinazis, parmi lesquelles : Claude Lévi-Strauss, André Breton ou encore Hannah Arendt. « C’était pour nous vraiment essentiel de rendre hommage à cette figure de la résistance Marseille, à son combat et son parcours, affirme la programmatrice du festival. Donc, on espère aussi pouvoir échanger avec le public à ce sujet ». La projection gratuite aura lieu dimanche 24 août à 18h.

    Un salon du livre et de la BD historique avec des rencontres d’auteurs locaux, samedi 23 et une conférence sur « les faits divers à l’épreuve de l’Histoire», mercredi 20, sont également au programme.

    Programmation et réservations sur cinesalon13.com

  • Seillans s’anime ce soir au rythme du jazz brésilien

    Seillans s’anime ce soir au rythme du jazz brésilien

    Le groupe Julie Meola Quartet propose ce soir, dans l’ancienne gare du village de Seillans, un concert fusion qui mélange la musique française au jazz et aux inspirations du Brésil. Le public aura la possibilité de danser sur des versions revisitées de Georges Brassens ou encore d’Édith Piaf, pour une soirée haute en couleurs.

    Cette proposition s’inscrit dans le cadre de la programmation des « Voix départementales ». En effet, depuis 2016, le département du Var organise chaque été une tournée de concerts gratuits.

    En se déplaçant de ville en ville, les Voix départementales investissent les différents espaces du patrimoine varois : théâtres de verdures, parcs, jardins… Une programmation variée et dansante qui met à l’honneur des artistes locaux.

    Le concert de ce mardi se déroulera à l’ancienne gare de Seillans. Bâtiment historique de la ville, elle avait été construite en 1890 avant d’être définitivement fermée en 1950. Depuis l’année dernière, des travaux de remise à niveau du terrain ont été effectués pour permettre d’accueillir des événements culturels.

    Les Voix Départementales continuent pour encore quatre soirées : un nouveau concert de jazz à Pignans le 22 août, de la musique Celtique à Saint-Zacharie le 26 août, des reprises de musiques brésiliennes le 28 août au Beausset et enfin, une soirée de clôture à Barjols avec un groupe qui mélange le ska, le swing et le reggae.

    Ancienne gare de Seillans, mardi, 21h, gratuit

  • Bolivie : la gauche divisée s’effondre après vingt ans au pouvoir

    Bolivie : la gauche divisée s’effondre après vingt ans au pouvoir

    La Marseillaise : Comment expliquer la débâcle de la gauche bolivienne, au pouvoir depuis 20 ans ?

    Jean-Jacques Kourliandsky : La première explication, c’est le modèle économique de la Bolivie qui, comme dans la plupart des pays d’Amérique latine, s’est fondé sur l’exportation de minéraux, de produits énergétiques ou agricoles. La Bolivie est le troisième pays d’Amérique latine où l’inflation est la plus élevée après le Venezuela et l’Argentine. Les ressources en gaz naturel sont en train de s’épuiser, ce qui signifie moins d’exportations qu’il y a 4-5 ans. L’un de ses principaux clients, l’Argentine, où un vaste gisement de gaz a été découvert, a suspendu ses achats. Cela provoque une pénurie et nourrit l’inflation. La Bolivie n’est plus en mesure d’acheter l’essence dont elle a besoin pour alimenter les stations de service. Il y a un grand mécontentement dans la population. Le deuxième élément, c’est la crise au sein du MAS (Mouvement vers le socialisme) qui s’est installée depuis 2016.

    Qu’est-ce qui a provoqué cette crise ?

    J-J.K. : Evo Morales s’est accroché au pouvoir en 2016. Il a consulté la population pour changer la Constitution afin de lui permettre de se représenter. Les Boliviens ont voté non, il n’a jamais accepté cet échec. Il s’est accroché, s’est présenté – grâce au tribunal constitutionnel – et le pays est entré en crise. Cela a été à l’origine d’un coup d’État déclenché par la droite en 2019, avec Jeanine Áñez, seconde vice-présidente du Sénat qui s’est proclamée présidente. Finalement, elle a été obligée d’organiser des élections. D’abord en exil puis visé par des accusations de violences sexuelles, Morales n’a pas pu se représenter. Il a soutenu l’un de ses anciens ministres, Luis Arce, qui a gagné l’élection, mais la crise s’est perpétuée. Car Morales le considérait comme un président par intérim. Puis, il a soutenu Andronico Rodriguez, le président du Sénat sortant et candidat à la présidentielle, expulsé par Arce du Mas, avant d’être considéré comme un traître par Morales. Le résultat était prévu d’avance. La gauche en général n’avait aucune chance de gagner dans les circonstances actuelles, divisée en trois morceaux avec deux candidats et un ancien président, Morales, qui appelle à voter blanc. Si ces 19% de bulletins blancs s’étaient reportés sur Rodrigues, il aurait pu accéder au deuxième tour.

    La population désavoue la politique du Mas qui a pourtant permis de réduire la pauvreté ?

    J-J.K. : La situation de la gauche en général en Amérique latine devient, après cette élection, problématique et pose la question du modèle économique extractiviste. Sur quoi baser la redistribution si on n’a pas un modèle plus solide, plus stable que celui d’accepter la division internationale du travail qui affecte à l’Amérique latine un rôle de pays exportateur de matières premières agricoles, minérales et énergétiques ? Le Mas au pouvoir a fait des choses en matière de reconnaissance des droits culturels et linguistiques des populations indigènes ainsi qu’en matière sociale, mais la base financière pour faire fonctionner tout cela est restée la même. Le pays a le bec dans l’eau. Les candidats de droite font des promesses d’ordre financier, parlent de baisses d’impôts, d’ouvertures au privé mais le modèle économique d’exportation de matières premières brutes reste le même.

    Quelle direction peut prendre la Bolivie sous une présidence de droite ?

    J-J.K. : Si c’est le candidat démocrate chrétien Rodrigo Paz, il y aura des changements, mais sans trop de soubresauts. Il est arrivé peut-être un peu par défaut, parce que les candidats de droite étaient des vieux chevaux de retour dans la droite bolivienne. Il semblerait que dans des régions qui votaient jusqu’ici MAS, les électeurs se soient reportés sur lui. Il a défendu des principes économiques appliqués jusqu’ici, mais disons, sur un mode moins agressif, moins polémique que ses concurrents, en insistant sur la lutte contre la corruption. En prônant une sortie du socialisme pour aller vers le capitalisme populaire, il a attiré des électeurs déçus par la gauche ne voulant pas d’un candidat d’une trop grande radicalité à droite qui pourrait faire sombrer le pays dans une très grande crise. Ils ont voté pour le moindre mal. Si c’est le candidat d’extrême droite qui l’emporte, ça risque d’être beaucoup plus rugueux. Jorge « Tuto » Quiroga du Parti Libre, a été vice-président de l’ancien dictateur Hugo Banzer. S’il gagne, on verrait apparaître des affinités avec le président argentin Javier Milei et, peut-être des interférences dans la campagne électorale au Chili pour soutenir le candidat d’extrême droite. Il ne reste plus qu’à attendre le second tour prévu le 19 octobre.

    La crise économique aura eu raison de la gauche en Bolivie. Pour la première fois depuis 2006, deux candidats de droite ont été qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle. Le sénateur de centre-droit Rodrigo Paz, fils de l’ancien président Jaime Paz Zamora (1989-1993), est arrivé en tête avec 32,1% des voix. L’ancien président d’extrême droite Jorge « Tuto » Quiroga (2001-2002) et ex-vice-président du dictateur Hugo Banzer, le suit de près avec 26,8%. Andronico Rodriguez, président du Sénat de gauche et le candidat du MAS, Eduardo del Castillo, ont récolté 8,2% et 3,2% des suffrages.

  • Conflit en Ukraine : Trump pousse pour un compromis, Macron doute de Poutine

    Conflit en Ukraine : Trump pousse pour un compromis, Macron doute de Poutine

    La Marseillaise : Le président ukrainien est attendu, ce lundi à Washington, après la réunion de la coalition « des volontaires », organisée dimanche. La rencontre Trump-Poutine a accéléré les choses ?

    Jean de Gliniasty : Très peu d’informations ont filtré sur la teneur des propos échangés entre Donald Trump et Vladimir Poutine. L’invitation à Washington envoyée par Trump à Volodymyr Zelensky, pour lui faire part des résultats de ces entretiens, est notable. Il veut lui mettre le marché en main. Les propositions du président américain sont toujours les mêmes : on s’arrête sur les lignes de front, l’Ukraine n’entre pas dans l’Otan, la Russie garde – sans reconnaissance internationale – les territoires qu’elle occupe déjà, on lève les sanctions et on commence une nouvelle période. Cela s’est un peu affiné depuis, avec l’idée d’échange de territoires. Selon un grand quotidien [New York Times ndlr], les Russes auraient manifesté leur disponibilité pour, en échange de la récupération de l’ensemble du Donetsk, geler les lignes de front à Zaporijjia et Kherson. Ce qui signifie sacrifier leurs ambitions et renoncer à des territoires qui sont formellement annexés à la Russie par la Constitution russe. On voit déjà se profiler une possibilité de compromis. Avant de partir pour Washington, Zelensky a dit qu’il allait là-bas pour négocier les détails. Cela veut dire qu’il y a un semblant d’accord, ou en tout cas qu’il est prêt à des concessions territoriales. Il n’est pas exclu que, comme l’a dit Trump lui-même, les choses aillent plus vite qu’on ne le croit, avec cette idée de réunir un sommet tripartite vendredi. Mais, peut-être n’est-ce pour Trump qu’une façon de prendre ses désirs pour des réalités.

    Pourquoi Trump est-il revenu sur l’exigence d’un cessez-le-feu et parle désormais d’accord de paix ?

    J.d.G. : Trump n’a jamais été très favorable au cessez-le-feu, qui est une demande des Ukrainiens, appuyés par les Européens. Ils ont obtenu de lui, à la veille de la réunion de l’Alaska, qu’il mette le cessez-le-feu au premier rang de ses priorités. La volonté de Trump, c’est plutôt de faire la paix, un cessez-le-feu, c’est une solution transitoire qu’il considère comme insuffisante pour son palmarès. Les Russes eux-mêmes n’ont aucun intérêt au cessez-le-feu, puisqu’ils ont l’avantage sur le terrain. C’est plutôt une demande ukrainienne pour geler une situation qui commence à leur échapper un petit peu, moins qu’on le dit, mais quand même. Les Russes ont toujours dit qu’un cessez-le-feu ne pouvait être concevable que si les Européens surtout, mais aussi les Américains, s’abstenaient pendant cette période de continuer à réarmer l’Ukraine. Ils ne veulent pas que ce cessez-le-feu serve de répit pour les forces ukrainiennes.

    Trump semble vouloir aller vite. Quel est son objectif ?

    J.d.G. : Trump a utilisé la carotte et le bâton. Le bâton, c’était la perspective de sanctions auxquelles il a dit lui-même ne pas croire beaucoup. Pour Trump, ce sont des mesures qui gênent le développement des relations économiques et qui, parfois, font le jeu des concurrents des États-Unis. Si l’on prend, par exemple, les sanctions secondaires imposées à l’Inde et à la Chine s’ils continuent à importer du pétrole russe, c’est une idée dont beaucoup d’experts pensent qu’elle se retournera contre les intérêts des États-Unis. Et pour cause, la Chine envisage des mesures de rétorsion et n’envisage pas de renoncer à l’achat de pétrole russe. La priorité de Trump, c’est de rétablir la relation économique dans tous les domaines avec la Russie, avec l’exploitation de l’Arctique, le développement de la coopération en matière énergétique, notamment l’uranium, le pétrole, ensuite les métaux rares ainsi que la coopération spatiale. Il estime que c’est l’intérêt des États-Unis, qu’ils ne doivent pas se priver d’immenses marchés que représente la Russie.

    Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, a été vu en Alaska avec un pull floqué « URSS ». Faut-il y voir un message ?

    J.d.G. : C’est un symbole assez fort. Dans les grands sommets russo-américains qui avaient lieu du temps de l’URSS, c’était une période bénie, si je puis dire, pour la Russie soviétique, qui était l’interlocuteur principal des États-Unis.

    Le président ukrainien est attendu, ce lundi, à Washington. À ses côtés, une flopée de dirigeants feront le déplacement : la présidente de la Commission européenne, le Président français, le chancelier allemand, la Première ministre italienne, le Premier ministre britannique, le président finlandais et le chef de l’Otan. Cette décision a été annoncée la veille, avant une visioconférence de la « coalition des volontaires », visant à examiner ce que pourraient être les contours d’un éventuel accord de paix entre l’Ukraine et la Russie, après le sommet Trump-Poutine, en Alaska, qui n’a débouché sur aucune annonce concrète.

  • La Sécurité sociale, un trésor national né en 1945 et toujours à défendre

    La Sécurité sociale, un trésor national né en 1945 et toujours à défendre

    1945, année de la victoire sur le nazisme, année de la paix, mais aussi année de la reconstruction. Cette année-là, les résistants prennent les rênes du pays à travers le Gouvernement provisoire de la République française, qui restera en place jusqu’à l’instauration de la IVe République. Ils portent un programme rédigé durant les heures sombres de l’Occupation, dont le nom résonne encore aujourd’hui : « Les Jours Heureux ». Les communistes participent à l’application de ce projet ambitieux, dont nous bénéficions encore aujourd’hui, malgré les attaques néo-libérales. Notamment la création de la Sécurité sociale, dès octobre 1945, sous l’égide d’Ambroise Croizat, alors ministre du Travail.

    Confrontée aujourd’hui à l’idée que la cotisation serait une charge, la Sécurité sociale reste pourtant le socle de notre vie quotidienne. Elle n’est pas un vestige du passé, mais bien une conquête qu’il faut à la fois défendre pour que les actifs d’aujourd’hui aient une retraite
    à la hauteur demain et la réinventer pour lui permettre de faire face à de nouveaux enjeux comme celui de la dépendance.

  • Une promesse à renouveler

    Une promesse à renouveler

    Ce n’était pas une utopie, mais une promesse. Le programme du Conseil national de la Résistance, appliqué dès la Libération, révélait une volonté, issue des idéaux de la résistance : restaurer la démocratie et rendre sa dignité au peuple. C’est avec ce souffle que la Sécurité sociale est élaborée, en 1945. Un modèle solidaire au cœur de notre pacte républicain, qui protège sans exclure, accompagne sans distinction, unit sans diviser.

    Une promesse portée par Ambroise Croizat, alors ministre du Travail (PCF). Ouvrier, syndicaliste devenu parlementaire, il incarne cette volonté farouche de mettre l’humain au cœur des politiques publiques. Ambroise Croizat ne théorise pas la solidarité : il l’organise. Cet anniversaire permet de rendre hommage à son action. Pour cela, il faut refuser le démantèlement silencieux de ce qu’il a bâti.

    Transformations

    Depuis 80 ans, la Sécurité sociale est un bien collectif qui s’adapte et accompagne les grandes transformations de la société française : création des caisses d’allocations familiales en 1946, minimum vieillesse en 1956, loi Veil sur l’intégration des personnes handicapées en 1975, RMI (devenu RSA) en 1988 ou encore les premières aides pour les aidants familiaux en 2007.

    La Sécurité sociale est une révolution sociale. Elle protège chacun, quel qu’il soit. Une vision comptable présente la cotisation comme une charge. On cherche à privatiser, rogner, affaiblir ce qui a été conquis de haute lutte. C’est commettre l’erreur d’oublier que la Sécurité sociale n’est pas un luxe, mais un droit fondamental. Elle n’est pas un coût, mais un investissement dans la dignité. Une promesse à renouveler.