Author: tecnavia

  • Liquidés par le leader de l’intérim en ligne

    Liquidés par le leader de l’intérim en ligne

    Ce qu’ils font semble légal, mais pas éthique ». Arrivé en 2006 dans l’agence en plein apogée qui souhaitait faire du site du boulevard Gay Lussac sa plateforme commerciale pour l’Europe du Sud, Guillaume Cardinet se bat avec le CSE pour « dénoncer le cynisme de nos actionnaires qui se déchargent de toute responsabilité ».

    Dans le 14e arrondissement de Marseille, aux côtés de SPI, Pernod Ricard et Haribo, Monster France a employé jusqu’à 250 salariés. En 2022, la Covid aura eu raison de la santé de la boîte, fragilisée. Une chute que son rachat en 2016 par le Néerlandais Randstad n’a pas enrayée. « Ils étaient venus nous chercher parce qu’on était une marque forte, un fleuron de la digitalisation dans le secteur », rappelle le cadre supérieur. La joint-fusion en 2023 avec CarreerBuilder, ne permet pas de résister à la concurrence de LinkedIn et Indeed. En 2024, Randstad cède la majorité de ses parts au fonds capital investissement Apollo, et Monster se retrouve privé de soutien financier.

    À la charge de l’État

    « Randstad se présente comme simple actionnaire minoritaire (49%), affirmant ne plus avoir la main » explique Matteo Nicolo, secrétaire du CSE de Monster France. La colère est d’autant plus amère qu’un accord d’entreprise sur les licenciements économiques, signé en 2023 par Monster France sous l’égide de Randstad et valide jusqu’en 2027, prévoyait un accompagnement renforcé pour les salariés. Parallèlement la direction de la joint-venture avait provisionné 1,2 million de dollars de bonus de « Transaction Award » à destination des dirigeants chargés de piloter la vente et la liquidation. Alors que la liquidation est inévitable et doit être prononcée le 15 septembre, « aucune solution n’a été proposée : ni facilité de reclassement dans le groupe, ni accompagnement, dénoncent les salariés. Le CSE a fait un droit d’alerte et « plus d’une vingtaine de parlementaires sont intervenus en notre faveur auprès de Randstad et des ministères des Finances et du Travail », indique Guillaume Cardinet, déplorant : « C’est encore le système public de solidarité français qui assumera nos salaires et indemnités » suite au retrait de deux ogres financiers, pesant quelque 840 milliards de dollars d’actifs et 3,8 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

  • Refuser l’escalade guerrière

    Refuser l’escalade guerrière

    Les dirigeants français et allemands se retrouvent aujourd’hui
    à Toulon pour aborder ensemble les sujets de défense.

    Dans nos deux pays, ce sont les forces politiques traditionnellement les plus atlantistes qui sont au pouvoir. Avec le nouveau mandat de Donald Trump, les voilà orphelines du grand frère états-unien, privées de leur logiciel de gestion du monde.

    Pire, les dirigeants européens semblent désormais chercher à contourner la tutelle
    de l’Otan, bras armé de la puissance américaine en Europe depuis l’après-guerre, non pas pour regagner en souveraineté et en capacité d’action, mais pour surenchérir dans les logiques guerrières, notamment sur le dossier ukrainien.

    Moteur de paix

    S’agissant du Proche-Orient, nos deux pays affichent en revanche une impuissance à peser sur le cours des événements. Les annonces de suspension des ventes d’armes européennes au gouvernement d’extrême droite israélien sont bien tardives au regard
    de la situation.

    Parce que la France
    et l’Allemagne sont deux pays à qui l’histoire a enseigné la nécessité d’empêcher les horreurs de la guerre, elles doivent aujourd’hui devenir un moteur de paix en Europe et dans
    le monde, des nations libres, souveraines et associées, déterminées
    à faire prévaloir les logiques diplomatiques et le co-développement.

    Pour cela, il y a besoin de défenses nationales émancipées de l’Otan et d’un cap pour assurer la sécurité collective et la paix.

    Ce n’est pas le moindre des enjeux de la période en France, où le gouvernement Bayrou devra bientôt partir.

  • François Bayrou, seul en scène, s’enferre

    François Bayrou, seul en scène, s’enferre

    Depuis lundi et son annonce surprise et théâtrale d’engager la responsabilité de son gouvernement le lundi 8 septembre devant l’Assemblée nationale pour faire admettre une purge budgétaire XXL (44 milliards d’euros de coupes en 2026), François Bayrou déroule son scénario qu’il nomme volontiers « moi ou le chaos ».

    Pour l’heure, c’est peu dire qu’il ne convainc pas. Ni la majorité des députés (où ses soutiens sont minoritaires), ni les citoyens. Les Français, dans deux sondages, sont seulement 27% à « espérer » que le Premier ministre reste à son poste (Elabe) et 63% réclament une nouvelle dissolution (Ifop), après celle, rocambolesque, décidée en juin 2024 par le président de la République.

    Sur TF1, mercredi soir lors du 20h, François Bayrou a joué une nouvelle scène de son drame en plusieurs actes en exhortant la représentation nationale à partager son constat : « Oui ou non, est-ce que la situation de la France -écrasée sous la dette- mérite qu’on y réponde ? »

    « Entier soutien »

    du président Macron

    Pour le locataire, en sursis, de Matignon, le 8 septembre n’est pas un vote de confiance. « C’est une déclaration de politique générale par laquelle le gouvernement s’adresse à l’Assemblée nationale pour dire voilà notre volonté. C’est sur ce constat de situation qu’ils doivent voter. La question est simple et ma conviction est qu’il est impossible de porter la politique de redressement du pays s’il n’y a pas un minimum d’accord sur ce choix. » S’opposer à son constat reviendrait à être irresponsable, selon lui. Dans cette commedia dell’arte, que le syndicat CGT qualifie de « diversion » pour ne pas répondre à l’urgence de la question sociale, le président Emmanuel Macron épaule son allié centriste depuis 2017. Mercredi matin, lors du conseil des ministres -qui a formellement autorisé François Bayrou a engagé la responsabilité de son gouvernement via l’article 49-1-, le chef de l’État a apporté « son entier soutien à la démarche selon laquelle il faut qu’on se mette d’accord sur la nécessité de retrouver une trajectoire des finances publiques plus conforme avec l’idée que nous nous faisons de notre souveraineté budgétaire », a rapporté la porte-parole du gouvernement, Sophie Primas. Et de reprendre l’argumentaire de son Premier ministre selon lequel le vote du 8 septembre sera un vote « sur les principes » des économies budgétaires et non sur les mesures détaillées le 15 juillet dont la suppression de deux jours fériés, de 3 000 postes de fonctionnaires, d’une année blanche sur les retraites etc. François Bayrou est prêt à recevoir les chefs de partis et des groupes parlementaires à partir de lundi prochain. Mais « il y a une question a posé avant les négociations : est-ce qu’on est d’accord sur la gravité des choses ? », a-t-il encore martelé. Le patronat lui apporte son soutien. Dans son discours d’ouverture de la 7e Rencontre des entrepreneurs de France (REF) organisée par le Medef, le président de l’organisation patronale Patrick Martin s’est dit « consterné » par « les premières réactions politiques » négatives à l’annonce du Premier ministre. Elles « surajoutent à notre inquiétude et nous éloignent de l’acte offensif indispensable au rétablissement de notre pays », a-t-il lancé. François Bayrou est attendu parmi les patrons cet après-midi. Il y confirmera sans doute sa volonté de ne pas toucher à la politique de cadeaux fiscaux qui depuis 2017 a pourtant mis le pays et les Français dans l’ornière.

  • La défense européenne, thématique principale du 28e conseil des ministres franco-allemand ce vendredi

    La défense européenne, thématique principale du 28e conseil des ministres franco-allemand ce vendredi

    Pour son premier Conseil des ministres franco-allemand depuis son élection, le 6 mai, le chancelier Friedrich Merz va avoir droit à un baptême du feu. Et pour cause : dans un contexte international particulièrement explosif depuis le début de la guerre en Ukraine, en février 2022, le sentiment de menace pesant sur l’Europe ne cesse de croître. D’autant plus qu’un trublion est venu complexifier ce grand jeu de positions et remettre en question les allégeances historiques stabilisatrices : Donald Trump. Revenu à la Maison Blanche en janvier, il ne cesse depuis d’ébranler les certitudes géopolitiques au gré de ses déclarations et décisions à brûle-pourpoint.

    L’Union européenne va donc devoir revoir sa stratégie. Car ses relations avec son allié historique sont soumises à la versatilité du magnat de l’immobilier, notamment sur la question russe, qu’il estime tantôt pouvoir régler par voie diplomatique, tantôt par le biais de sanctions économiques, promises au Kremlin mardi, s’il ne conclut pas d’accord de cessez-le-feu avec l’Ukraine. Si cela va dans le sens des Vingt-Sept, ceux-ci ne sont pas pour autant exemptés des pressions américaines, notamment sur la question des tarifs douaniers. Mais aussi en matière de défense, Trump ayant obtenu de l’Otan une augmentation des budgets militaires à 3,5% des PIB respectifs d’ici 2035, dont 1,5% supplémentaires dédiés aux infrastructures.

    La coordination

    comme ligne directrice

    Il est donc venu le temps de reconstruire des certitudes à long terme. Pour cela, si satisfaire les exigences de l’Otan reste une priorité affichée, il va d’abord falloir compter sur soi-même. Le propos principal de ce Conseil des ministres franco-allemand sera ainsi celui de la constitution d’une défense européenne plus indépendante, à laquelle l’Élysée et le Bundestag, en tant que leaders de l’Union européenne, souhaitent donner un élan significatif, déjà lancé lors de la tribune conjointe des deux chefs d’États, le 7 mai. Même s’il ne s’agit pas du seul ressort, Paris et Londres ayant conclu des accords de rapprochements sur leurs doctrines nucléaires, en juillet.

    Au-delà des enjeux, la relance du couple franco-allemand tient « à la nécessité de convergence sur les enjeux de réarmement technologique, stratégique et militaire. Il faut une Europe plus efficace, capable d’être dans la compétition internationale via l’allègement des contraintes normatives », appuie l’Élysée. Après un dîner à Brégançon entre Emmanuel Macron et Friedrich Merz jeudi, ce thème sera au cœur de la première des trois sessions plénières prévues vendredi, auxquelles participeront dix ministres de part et d’autre, chacun sur ses sujets respectifs.

    Les projets industriels et politiques de sécurité seront discutés, avec comme mots d’ordre la coordination, l’efficacité et la complémentarité dans une logique dite du « meilleur athlète » : diminuer le nombre de systèmes d’armes au sein de l’Union, pour se concentrer sur l’efficience. Les agendas des États membres en matière de commerce, d’énergie, de numérique, d’intelligence artificielle, d’espace et d’industrie seront à l’ordre du jour, sous le prisme de la souveraineté.

    Après la rencontre des partenaires sociaux franco-allemands à Berlin, le 1er juillet, la seconde session visera, d’après les objectifs affichés, à synchroniser et faire converger réformes économiques et sociales respectives. « On travaille sur les sujets de productivité, de marché du travail, d’emploi des jeunes et des seniors », détaille l’Élysée, qui précise qu’un point sera fait « sur la coopération bilatérale en matière de migration, protection civile, culture et coopération transfrontalière ».

    La dernière session, en format « 3+3 » (les chefs d’États avec les ministres de la Défense, des Affaires étrangères et de l’Économie), portera directement sur les sujets de sécurité et de défense, suivant la logique des deux dirigeants. Avec en filigrane la guerre en Ukraine (cessez-le-feu et garanties de sécurité), mais aussi les questions liées au nucléaire iranien (possible réinstauration des sanctions qui doit être décidée d’ici octobre) et de la Palestine (cessez-le-feu et de solution à deux États). L’occasion de traiter ensemble les sujets industriels et stratégiques.

    Ces trois sessions auront pour base les documents de travail résultant de la tribune de mai dernier. à leur issue, chaque ministre présentera « des plans d’actions et projets concrets sur les sujets évoqués », explique l’Élysée, sans que ne soit prévue de déclaration conjointe.

    Ce rendez-vous sur la scène internationale représente un enjeu majeur pour Emmanuel Macron, une nouvelle fois confronté à une instabilité politique dans le pays. La chute du gouvernement est attendue après l’annonce par le Premier ministre, François Bayrou, d’un vote de confiance à l’Assemblée, le 8 septembre.

    « Il faut une Europe plus efficace, capable d’être dans la compétition internationale
    via l’allègement des contraintes normatives. »

  • La CGT soutient la grève le 10 septembre et au-delà

    La CGT soutient la grève le 10 septembre et au-delà

    Tous les ingrédients sont réunis pour gagner, prenons les choses en main pour imposer nos exigences sociales. » C’est le message de la CGT, dans un communiqué pour le moins offensif diffusé ce mercredi, à la suite de deux jours de débats lors du Comité confédéral national (CCN), l’exécutif de l’organisation.

    Une prise de position attendue puisque l’organisation se positionne sur la fameuse date du 10 septembre pour laquelle de nombreux appels au « blocage du pays » sont lancés sur les réseaux sociaux depuis l’été. « La dynamique de l’initiative citoyenne du 10 septembre démontre l’ampleur de la colère sociale. La CGT souhaite que cette journée soit une première étape réussie, ce qui passe en particulier par la grève sur les lieux de travail. Elle appelle donc ses syndicats à débattre avec les salariés et à construire la grève partout où c’est possible », explique la confédération. « C’est une première date de convergence et un point d’appui dans la construction d’un processus de lutte. Nous allons tenir des assemblées générales dans les entreprises pour qu’il y ait des appels à la grève à cette date », complète Laurence de Villèle, secrétaire générale de l’Union départementale CGT du Vaucluse. Avant de développer : « Entre le moment où cette mobilisation est partie des réseaux sociaux et aujourd’hui, on a senti une colère sociale qui monte. C’est une première étape contre le plan d’austérité. » Notons que plusieurs fédérations de la centrale syndicale, comme celle du commerce ou celle des industries chimiques appelaient déjà à la mobilisation en amont, et que Solidaires annonce également appeler à la grève pour le 10. Autre annonce : « La CGT proposera d’appeler en septembre à une journée interprofessionnelle unitaire de mobilisation de grève et de manifestations. » Une proposition qu’elle fera lors de la réunion de l’intersyndicale, vendredi. « On a le mandat de gagner une journée interprofessionnelle de mobilisation à la fin septembre », détaille Laurence de Villèle. La CGT entend « construire un processus dans la durée pour gagner un budget à la hauteur des besoins. » Des journées d’action sont aussi prévues le 2 septembre (secteur de l’énergie). Les salariés de Novasco (ex-Ascometal) seront en grève le 4 septembre et ceux de la verrerie de Vergèze dans le Gard (groupe Owens-Illinois), le 9 septembre, contre la fermeture de leur usine.

  • Obtenant des renforts, les agents pénitentiaires renoncent au blocage

    Obtenant des renforts, les agents pénitentiaires renoncent au blocage

    L’objectif a été atteint, sans avoir à livrer un véritable combat. » Ce mercredi midi, Clément Lopez, porte-parole de FO Justice au sein du centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet, fait part d’une bonne nouvelle : « Suite aux nombreuses négociations menées avec la direction interrégionale et grâce à la pression exercée par notre organisation syndicale, nous avons réussi à sécuriser 14 agents avant la fin de l’année, apportant ainsi un véritable souffle à notre établissement. »

    Initialement, les agents pénitentiaires étaient invités à se rassembler ce jeudi matin et bloquer l’accès à la prison pour dénoncer principalement le manque d’effectifs, à l’heure où les affections des nouveaux surveillants pénitentiaires vont être connues. Avec près de 800 détenus, la prison du Pontet est l’une des plus surpeuplées de France. Des renforts salués par le syndicat qui dénonçait « l’épuisement » des agents. « Travailler dans ces conditions, c’est aller chaque jour un peu plus loin sur une corde déjà trop tendue », redoutait FO Justice.

    Pas question pour autant d’en rester là : « Ce n’est qu’un début, d’autres combats nous attendent, notamment celui de la sécurité », prévient Clément Lopez. Fin juillet, le syndicat dénonçait les « intimidations » subies par une agente sur les réseaux sociaux, en plus « des menaces quotidiennes » au sein de l’établissement. FO exige ainsi des fouilles sectorielles régulières.

  • Les syndicats prêts à en découdre, quel que soit le Premier ministre

    Les syndicats prêts à en découdre, quel que soit le Premier ministre

    L’annonce du vote de confiance, le 8 septembre prochain, et du potentiel départ de François Bayrou n’ébranle pas le calendrier des organisations syndicales en Provence.

    « Il y a de très fortes chances que ce vote de confiance scelle son avenir, mais pour nous, ça ne va rien changer », campe Étienne Raoul, secrétaire général de Force Ouvrière dans le Vaucluse. Avant de développer : « La chute de Bayrou ne réglera pas les problèmes : on sait pertinemment que son successeur appliquera la même politique. Et si ça ne prend pas exactement la même forme, on sait que ce seront les travailleurs, les retraités et les plus précaires qui en feront les frais ». Franck Bergamini, son homologue pour les Bouches-du-Rhône, a peu ou prou la même analyse : « Ils ont prévu ce vote de confiance, qui envoie ce gouvernement dans le mur, deux jours avant la date du 10, en espérant dégoupiller quelque chose. Mais un autre Premier ministre qui serait issu du camp présidentiel aura à peu près la même feuille de route ». Comprenez par-là que c’est bien le fond politique qui pose problème et non François Bayrou. Reste que les deux syndicalistes FO renvoient vers la réunion intersyndicale nationale des confédérations, qui a été avancée à ce vendredi, pour y voir plus clair côté calendrier, sans exclure la date du 10 et les appels au blocage associés (lire ci-dessous).

    Les instances se réunissent

    Le refrain est similaire, ou presque, pour la FSU 13. « Ce qui compte pour nous, ce n’est pas qui est Premier ministre, ce sont les orientations qui sont prises. Notre opposition aux politiques d’austérité reste d’actualité, les instances de nos syndicats se réunissent cette semaine », explique Virginie Akliouat, co-secrétaire départementale. Du côté de la CFDT, difficile de se positionner clairement également, puisque les militants sont à l’université d’été du syndicat. « Il n’y a pas d’expression officielle pour l’heure, justement car nous en débattons à l’université d’été. Il n’y a pas encore de décision tranchée sur les mobilisations, même avec les changements qu’implique la conférence de presse du Premier ministre », élude Stéphane Mollet, secrétaire général de la CFDT Paca, présent à l’université. Là encore, le syndicat renvoie vers la réunion intersyndicale comme le cap à venir.

    Mais la CGT devrait communiquer largement, ce mercredi 27 août, à la suite de son comité confédéral national, débuté ce mardi. « Un processus de mobilisation sortira demain, y compris avec le 10 et une future date. La seule solution pour changer les politiques de casse social, c’est la construction d’une mobilisation la plus forte possible », explique Jessica Jaadé, secrétaire de l’Union départementale CGT 13, présente au CCN. Preuve que ce vote de confiance ne change pas tant les plans que ça, la coordination syndicale départementale CGT des syndicats territoriaux des Bouches-du-Rhône (CSD CGT 13) a déposé un préavis de grève, qui débute le 10 septembre jusqu’au 30 septembre.

  • Antisémitisme : Macron répond à Netanyahu dans une lettre

    Antisémitisme : Macron répond à Netanyahu dans une lettre

    « Ces accusations d’inaction face à un fléau que nous combattons de toutes nos forces sont inacceptables et offensent la France tout entière », écrit-il, estimant que cette lutte « ne saurait être un sujet d’instrumentalisation ». Le Premier ministre israélien a déclenché une nouvelle crise avec la France, en accusant Emmanuel Macron « d’alimenter le feu antisémite » avec son intention de reconnaître l’État palestinien lors de l’Assemblée générale des Nations unies prévue en septembre prochain, à New York.

    Dans une lettre adressée à Emmanuel Macron en date du 17 août, il s’est dit « préoccupé par la montée alarmante de l’antisémitisme en France et par le manque d’actions décisives (du) gouvernement pour y faire face ». Le 19 août, la présidence française avait déjà dénoncé comme « erronée, abjecte » l’accusation de Benjamin Netanyahu, affirmant qu’Emmanuel Macron en avait pris connaissance par voie de presse et y répondrait par courrier. Le chef de l’État français souligne, dans sa réponse, qu’il « demeure et demeurera garant de l’impérieuse nécessité de combattre cette abomination, partout et toujours ». « Les antisémitismes de notre pays viennent de loin, ont longtemps été nourris par l’extrême droite, sont aujourd’hui aussi alimentés par l’extrême gauche qui essentialise la communauté juive et soutient la haine contre cette dernière », pointe-t-il encore.

    Emmanuel Macron estime que son initiative diplomatique pour une reconnaissance de l’État de Palestine est une « main tendue » à Israël pour une « paix durable » dans la région et rejette aussi toute accusation de soutien, à travers ce processus, au mouvement islamiste palestinien Hamas. « Je vous appelle solennellement à sortir de la fuite en avant meurtrière et illégale d’une guerre permanente à Gaza qui expose votre pays à l’indignité et votre peuple à une impasse, à cesser l’illégale et injustifiable recolonisation de la Cisjordanie et à saisir la main tendue des partenaires internationaux disposés à travailler à un avenir de paix, de sécurité et de prospérité pour Israël et la région », poursuit-il. Selon lui, « l’État palestinien doit constituer la fin du Hamas ». « C’est aujourd’hui la seule manière d’éradiquer réellement le Hamas et d’éviter à la jeunesse israélienne de se consumer dans une guerre permanente, dévastatrice pour les Palestiniens de Gaza, mais également pour Israël et la région tout entière », relève-t-il encore.

    62 819 morts à Gaza

    Pendant ce temps, la guerre entre le Hamas et Israël se poursuit dans la bande de Gaza. Le territoire palestinien est décimé. L’attaque du 7-Octobre a entraîné la mort de 1 219 personnes côté israélien, en majorité des civils, selon un décompte de l’AFP basé sur des données officielles. Sur les 251 personnes enlevées ce jour-là, 49 restent retenues dont au moins 27 morts selon l’armée israélienne. La campagne de représailles israélienne a fait au moins 62 819 morts à Gaza, en majorité des civils, selon le ministère de la Santé du Hamas, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Ce qui est désormais qualifié par de nombreux experts comme un génocide.

    L’aide internationale qu’Israël autorise à entrer dans le territoire palestinien dévasté, assiégé et affamé est en « légère hausse », mais reste « une goutte d’eau dans l’océan », a déploré le chef du Programme alimentaire mondial (PAM), Carl Skau. L’ONU a officiellement déclaré, vendredi, la famine à Gaza, en imputant la responsabilité à Israël.

  • Sortir du jour sans fin macroniste

    Sortir du jour sans fin macroniste

    C’est une question de jours : François Bayrou va partir. Rejeté par la représentation nationale, battant des records d’impopularité dans les enquêtes d’opinion, le joker d’Emmanuel Macron a fait son temps.

    La suite reste incertaine. Assistera-t-on à un nouveau jeu de dupes du président de la République ?

    Il n’est pas envisageable de laisser se poursuivre plus longtemps le jour sans fin macroniste commencé depuis le résultat des élections législatives qui ont fait suite à la dissolution.

    Les Français ne supporteront pas de nouvelles semaines de consultations durant lesquelles le Premier ministre battu resterait en poste pour finalement nommer un nouveau représentant d’une même politique. Ce fut le cas avec Attal, avec Barnier, le chef de l’État imagine-t-il rééditer le même scenario avec Bayrou le temps de désigner l’un de ses fidèles, Lecornu par exemple, comme le prédisent déjà les pythies du macronisme ?

    Changer de politique

    Il est temps de sortir de ce jour sans fin qui s’étire en dépit du verdict des urnes, des enquêtes d’opinion et des dégâts infligés aux finances publiques. Puisqu’Emmanuel Macron semble ne pas vouloir recourir à la dissolution, qu’il confie Matignon à un représentant du camp progresssiste, arrivé en tête des législatives. Sans majorité claire, les partis de gauche avaient promis de ne pas recourir au 49.3 pour gouverner, et la FI, consciente que sa présence dans un gouvernement susciterait un rejet majoritaire, s’était même engagée à un soutien sans participation.

    Une chose est certaine : la situation ne pourra déboucher sur une issue de progrès sans un puissant mouvement populaire exigeant non seulement un changement de Premier ministre, mais surtout un changement de politique.

  • À Marseille, les assemblées générales citoyennes préparent le 10

    À Marseille, les assemblées générales citoyennes préparent le 10

    « On a tout à construire aujourd’hui ». Ce mardi soir, une trentaine de Marseillais étaient réunis face à l’arrêt de tramway des Caillols pour une rencontre des citoyens du secteur Est de la ville, avec l’objectif de préparer la date du 10 septembre. Jeunes, retraités, du 5e arrondissement ou du 11e, le panel de participants est large, mais tous étaient venus avec l’intention de débattre du fond et de la forme de cette mobilisation. Une assemblée générale qui s’inscrit dans un cycle de réunions qui se tiennent par quartier dans la ville, celle du centre de Marseille réunissant également des dizaines de participants.

    « C’est bon d’avoir des initiatives partout, voyons ce qu’il en ressort », glisse un membre avant le début de la réunion. Par petits groupes, les Marseillais répondent d’abord à des « questionnaires citoyens » portant notamment sur « qu’est ce qui ne va pas en France ». Les questions « d’accès aux institutions, de dégradation des services publics » ainsi que celles autour de « la redistribution des richesses et de la vie démocratique » dans le pays reviennent en premier lieu. En fond, tous dénoncent « la vie chère, les bas salaires et petites retraites, le travail qui ne paie plus ».Si moult revendications sont progressistes, reste une impression de fourre-tout, puisqu’on y retrouve aussi des questions autour de l’écologie, de paix dans le monde ou encore de « perversion des lois ». Ensuite, les Marseillais débattent de ces sujets et surtout sur « ce qu’ils sont prêts à faire à partir du 10 ». La parole est libre et les idées ne manquent pas. L’idée d’une manifestation à Marseille, unitaire ou pas, revient en premier lieu. Plusieurs se positionnent en faveur d’une grève. Certains plaident pour des blocages ciblés avec des points de ralliements « sur des lieux stratégiques », d’autres pour des « grèves de la consommation » avec un refus du paiement des factures d’électricité. Si tout est mouvant d’ici le 10, les participants semblent motivés.