Author: tecnavia

  • Le maire de Fréjus David Rachline (RN) jugé pour prise illégal d’intérêt

    Le maire de Fréjus David Rachline (RN) jugé pour prise illégal d’intérêt

    Au grand jeu de « Qui veut gagner l’inéligibilité ? », la droite et l’extrême droite se livrent un sacré mano a mano. Si la première citée a décroché la timbale la semaine dernière avec la condamnation de Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison – une première pour un ancien président – et à cinq ans d’inéligibilité pour association de malfaiteurs, la seconde n’a pas dit son dernier mot. D’autant plus sur le terrain local, où, depuis le début de l’année, trois édiles sont déjà tombés : la maire de la Seyne Nathalie Bicais (LR), celui de Toulon Hubert Falco (DVD), et le maire de Cogolin Marc-Etienne Lansade (EXD). 2 à 1 pour la droite pour l’instant, donc. Mais ce mardi, l’extrême droite a l’occasion de remettre les compteurs à zéro avec le procès d’une des éminences du RN : le maire de Fréjus (depuis 2014) David Rachline, jugé pour prise illégal d’intérêt devant le tribunal correctionnel de Draguignan.

    L’élu de 37 ans est soupçonné d’avoir favorisé son accession à la tête de deux sociétés d’économie mixte (Fréjus Aménagement et Gestion du port de Fréjus), en 2017. La Haute autorité à la transparence de la vie publique (HATVP) avait pointé du doigt ces nominations en 2021, mettant en exergue des collusions d’intérêts quant aux votes auxquels il aurait participé, directement ou non, dont ceux ayant conduit à ses nominations.

    Une enquête pour corruption de marchés publics

    Rachline avait aussi fait voter une rémunération de 1000 euros bruts mensuels pour chacun de ces postes, en plus de son salaire de maire, mais il ne sera pas inquiété pour cela. Il pourrait en revanche l’être dans le cadre de l’enquête préliminaire ouverte en janvier 2024 par le Parquet national financier pour corruption de marchés publics qui avait mené à la perquisition de sa mairie en mars dernier. L’édile est soupçonné d’arrangements avec un puissant entrepreneur local du BTP, Alexandre Barbero, patron de la holding Delta Investissements (HDI), dans l’attribution de marchés publics. Une accusation mise au jour par la journaliste de l’Obs Camille Vigogne-Le Coat dans son livre-enquête Les Rapaces paru en novembre de 2023.

    S’il est reconnu coupable, David Rachline, candidat à sa propre réélection, pourrait être condamné à une peine d’inéligibilité, et rejoindre le cercle de moins en moins fermé des élus de droite tombés en cours de mandat dans le Var.

    Note

  • Quand handicap, culture et sport ne font qu’un

    Quand handicap, culture et sport ne font qu’un

    « On est officiellement le premier raid sportif et culturel pour personnes en situation de handicap de France », se réjouit Freddy Berthelot, directeur adjoint du pôle Provence de l’association APF France Handicap et chef de service de la résidence pour personnes en situation de handicap Le Terro Flourido à Avignon, à propos du Raid Handi-Pont organisé par la structure. Un événement qui se tiendra ces vendredi 3 et samedi 4 octobre à Avignon.

    Porté par la structure ainsi que par la résidence avignonnaise Le Terro Flourido, dont elle assure la gestion, le raid rassemble 13 équipes mixtes composées de 6 participants, dont 2 en situation de handicap. Et pour l’une des épreuves, le mythique pont Saint-Bénézet est même mobilisé pendant deux heures. « On veut montrer que l’on peut tout de même tout faire malgré le handicap. On dit tout le temps chez nous que ce ne sont pas des personnes en situation de handicap mais plutôt des situations handicapantes. On peut relever tous les défis et cette première édition en appelle d’autres », souligne le responsable. « C’est un projet où rien n’a dû être forcé, tellement il y a une forte implication de tout le monde. On tente de mettre en place des choses pour l’inclusion mais cela prend du temps. Mais quand on partage le travail, cela va plus vite », ajoute Zinèbe Haddaoui, adjointe (PS) à la mairie d’Avignon, déléguée à la ville sportive.

    Un événement pleinement inspiré du raid Handi-Forts de Besançon, auquel les résidents et la direction du Terro Flourido ont déjà participé à plusieurs reprises pour s’en inspirer. « Comme on est à Avignon, on souhaitait rajouter le côté culturel. On est des sportifs cultivés ici », sourit Freddy Berthelot. « Et il y aura une équipe de Besançon, donc on va y aller à fond et ne pas les laisser gagner chez nous », ajoute Frédérique Corcoral, adjointe aux quartiers Ouest à la mairie d’Avignon.

    Deux temps

    La journée du vendredi sera dédiée notamment à la sensibilisation, autour d’un village d’animation qui se tiendra de 14 à 18 heures au centre de loisirs de la Barthelasse, où un temps de rencontre avec les acteurs du Raid Handi-Pont d’Avignon est également prévu.

    Le gros de l’événement se tiendra sur toute la journée du samedi avec un grand départ à 8 heures du côté de la Plaine des Sports. Les équipes s’élanceront sur un raid de plus de 19 kilomètres, dont 15 parcourus à pied ou à bord d’un fauteuil adapté, tiré ou poussé par les personnes valides de chaque équipe. Il y aura aussi un passage par le tramway de la Cité des Papes, dans lequel un briefing sera fait avant l’épreuve culturelle qui se tiendra, elle, dans l’opéra du Grand Avignon, sous forme de quiz. Une collaboration a également été faite avec l’école des Nouvelles Images d’Avignon : une vidéo de présentation, totalement animée par des étudiants de l’établissement, est à retrouver sur la chaîne YouTube de la résidence Terro Flourido.

    Pour les personnes valides souhaitant aider des équipes, contact : mildrede.cossec@apf.asso.fr

  • Le club de foot veut plaquer sa mise en touche par le rugby

    Le club de foot veut plaquer sa mise en touche par le rugby

    Après la Préfecture, voici la Ville qui s’attaque à l’Orange football club (OFC). Pour rappel, en janvier, le club s’était vu retirer son agrément suite à des actes « de violences » contre des officiels et adversaires. Une décision suspendue en urgence, en mars, par la justice, qui avait permis à l’OFC de reprendre entraînements et matches dans ses catégories de jeunes. En juin, un nouveau bureau avait été élu « pour préparer la prochaine saison avec ambition et détermination » en misant sur les 6-13 ans.

    Mais c’était sans compter sur la Ville d’Orange. La municipalité a en effet décidé d’octroyer les installations du stade Clapier au rugby club orangeois. Conséquence, l’OFC est à l’arrêt complet, laissant 12 équipes sans entraînement et compétitions. Une décision que le club conteste en justice. Ce mardi après-midi, le tribunal administratif de Nîmes va étudier le recours déposé par l’OFC. Si, légalement, la Ville était en droit de remettre en jeu une nouvelle convention pour l’occupation du stade, le club de foot estime que les dés étaient pipés.

    « Insincérité » de la décision municipale

    « L’OFC avait un dossier de 20 pages à déposer avant le 31 août, date à laquelle la mairie devait statuer », resitue Simon Renault, avocat du club. Or, « lors de l’assemblée générale du club de rugby le 10 juillet, en présence du maire [Yann Bompard, Ligue du sud], il a été annoncé déjà l’octroi du stade Clapier au RCO », précise Me Renault. « Je vais insister sur l’insincérité de la décision de la mairie, qui a rompu l’égalité de traitement en refusant d’analyser la candidature », déplore l’avocat.

    Alors que le club de rugby a déjà accès aux stades Costa, Perenon et Pic, l’OFC a reçu un courrier de refus, le 22 juillet, signé de l’adjointe à la vie associative, s’appuyant sur le passif de violences du club et doutant de la capacité du « maintien de l’ordre public » lors de l’utilisation du stade. « Cela a privé d’activité plus de 300 jeunes dont la plupart vivent juste à côté du stade Clapier », rappelle Simon Renault. Entre-temps, en mai, un nouveau club, l’Olympique club orangeois, a vu le jour dans la ville.

    Contactée, la municipalité d’Orange ne « fait pas de commentaire » et réserve « ses arguments pour l’audience ».

  • Porteurs recherchés au Fort Saint-André

    Porteurs recherchés au Fort Saint-André

    « Pour l’instant, on a prévu de faire visiter le fort à 10 personnes, mais on aimerait en accueillir 20 à 30 », lance Nicolas Chevalier, fondateur de l’association Portez-moi pour un rêve, à propos de la visite pour personnes en situation de handicap du Fort Saint-André, à Villeneuve-lès-Avignon, le samedi 18 et le dimanche 19 octobre.

    Et ce, pendant la fête médiévale « Monument jeu d’enfant » qui se tient le même jour sur place. « Sur ce genre d’endroit, on ne peut pas demander de mettre des ascenseurs. Donc la seule solution, c’est de porter », précise Nicolas Chevalier, dont la structure a déjà organisé des visites similaires dans 49 monuments à travers l’Hexagone. Des personnes supplémentaires pour porter les jeunes sont d’ailleurs recherchées (contact en fin d’article).

    Étoiles dans les yeux

    Une occasion donc, pour des jeunes mais aussi des moins jeunes en fauteuil roulant, de visiter des endroits généralement inaccessibles. « Les personnes en situation de handicap ne doivent pas être privées de culture. Et ce genre d’événement est idéal pour passer un super moment en famille et s’amuser. Le but est que tout le monde reparte avec des étoiles dans les yeux », souligne le responsable de l’association.

  • L’ambassadeur d’Israël en France face à la presse de la région

    L’ambassadeur d’Israël en France face à la presse de la région

    Laura Sahin : Comment abordez-vous l’esquisse d’un accord de paix apportée par le président Trump ?

    Il y a une occasion assez importante de peut-être terminer la guerre. Le Premier ministre donnera sa réponse, la meilleure pour l’État d’Israël. Nous sommes avec une organisation qui prend la population palestinienne en otage à Gaza pour empêcher d’avoir un accord. Cette décision sera très difficile, mais importantissime. Nous sommes dans un carrefour majeur, mais la direction n’est pas encore très claire.

    Olivier Biscaye : Vous condamnez l’action du président français ?

    Bien sûr. Il a rendu les choses plus compliquées.

    Léo Purguette : Y a-t-il une autre solution de paix que celle à deux États ?

    Quatre fois Israël a proposé la création d’un État aux Palestiniens. Arafat a refusé trois fois. Il recevait entre 97 % et 98 % territoire, la division de Jérusalem, le contrôle de ses frontières et une armée. Puis Mahmoud Abbas a refusé encore. La question est de savoir si les Palestiniens veulent cette solution.

    Léo Purguette : L’annexion de la Cisjordanie dans le but de rendre impossible un État palestinien ne semble pas aller vers une idée de paix…

    Ce n’est pas obligatoirement le cas. C’est notre façon d’évoquer le contrôle des frontières. Pour nous, il est clair qu’on ne permettra pas à un État palestinien d’avoir des frontières avec un pays arabe. Car l’entité palestinienne aurait la possibilité de s’armer comme le Hamas l’a fait avant le 7 octobre.

    Philippe Boccara : Pourquoi ne pas laisser rentrer les journalistes indépendants à Gaza ?

    Certains journalistes rentrent. Un groupe de Français a pu rentrer et filmer il y a quelques semaines. Ils sont indépendants. La décision a été prise de crainte que des journalistes meurent par accident sous les balles, ce qui nous aurait forcés à arrêter les opérations militaires. Il y a une discussion à ce sujet en Israël. De temps à autre, nous réussissons à en faire entrer.

    Léo Purguette : Vous parlez d’inhumanité des terroristes, c’est un fait. La situation à Gaza pose aussi question. Les institutions internationales parlent de génocide. Pourquoi empêcher l’aide humanitaire d’entrer ?

    C’est totalement faux. Israël, au contraire, amène l’aide humanitaire. Ce sont différentes organisations onusiennes qui ne veulent pas la distribuer, alors qu’elle est entreposée et pourrit. Ils attendent que le Hamas veille à leur sécurité. Mais le Hamas, en 2024, s’est enrichi en revendant l’aide humanitaire au lieu de la distribuer. On a décidé d’arrêter, mais on a ouvert huit points pour la distribuer directement et nous collaborons avec les ONG, afin qu’elles ne passent pas par le Hamas.

    François Tonneau : Votre pays est-il toujours dans l’unité face au conflit ?

    Israël est une des démocraties les plus vivantes du monde. Tout est permis. Mais il n’y a jamais d’unité, nous ne sommes pratiquement jamais d’accord, nous discutons de tout. Il y aura toujours des manifestations. Le sujet est sensible. Personne ne veut cette guerre. Elle nous a été imposée et même si la population est résiliente, elle est fatiguée. Tout le monde veut terminer. Mais le Hamas veut un nouveau 7 octobre. Allons-nous arriver à une atmosphère de paix et une solution stable, c’est la question.

    Laura Sahin : Un rabbin a été agressé dans l’Essonne, ce week-end. Comment observez-vous l’explosion de l’antisémitisme ?

    Cette explosion date du 7 octobre 2023. Je regardais, il y a peu, des manifestations ce jour-là à Paris et Londres. J’ai été surpris par ces groupes fêtant la mort des juifs. On pansait nos plaies, on ne connaissait même pas le nombre de morts, le nombre de personnes kidnappées. L’antisémitisme était là. L’attaque du 7 octobre a donné une justification pour vouloir la mort des juifs.

    Philippe Boccara : Que dites-vous aux juifs de France qui ont peur de porter une kippa et envisagent de partir ?

    Je suis né en France et j’ai fait mon alya à l’âge de 12 ans et suis israélien. Chaque juif a sa place en Israël. Mais les juifs doivent être fiers et se promener la tête haute. C’est dangereux, je le sais. Mais ne pas le faire, ce serait revenir aux années trente. Je ne demande pas à mes petits-enfants de ne pas parler hébreu dans les rues en France. C’est une période difficile. Mais le peuple juif a contribué à l’humanité et doit continuer. Nous sommes victimes, ce n’est pas à nous de nous cacher. C’est à ceux qui veulent notre mort de se cacher.

    Léo Purguette : Une part de la communauté juive se tourne vers l’extrême droite, dont l’histoire se rapporte à la collaboration. Cela vous interpelle-t-il ?

    Je ne parle que de la France insoumise, qui a une position très ouvertement contre Israël. Mais je ne parle pas des autres partis.

    François Tonneau : La confusion entre antisémitisme et antisionisme est-elle devenue définitive ?

    L’antisionisme est une négation du droit d’Israël d’exister. Cette négation est une nouvelle forme d’antisémitisme. Tous les peuples auraient le droit d’avoir un état, à part les juifs. C’est là où le lien se crée. La critique d’Israël n’est pas un antisémitisme. La plus grande critique à l’égard de l’État israélien se trouve en Israël. Et on ne peut pas dire que les Israéliens soient antisémites.

    Philippe Boccara : Que pensez-vous du jumelage de la Ville de Marseille avec celle de Bethléem en Palestine ?

    Je n’ai aucun problème conceptuel avec cela, beaucoup de villes le font dans le monde. Mais faire cela le jour de Roch Hachana, le nouvel an juif, alors que nous sommes en guerre, ce n’est pas une très bonne idée. Bethléem était à majorité chrétienne avant de rentrer sous le joug de l’autorité palestinienne. Aujourd’hui, il y a en son sein 15 % de chrétiens.

    Julien Desvages : Marseille accueille une communauté juive importante, la deuxième de France. La tradition de cohabitation avec les autres communautés est-elle en danger ?

    Nous avons parlé de ces sujets avec les présidents du Département et de la Région. J’ai compris que Marseille était une ville exemplaire en ce sens et j’espère que cela continuera.

    Philippe Boccara : Profitez-vous de votre séjour marseillais pour rencontrer le maire, Benoit Payan ?

    J’ai demandé une audience au maire de Marseille, mais je n’ai pas eu de réponse.

    Olivier Biscaye : Que pensez-vous de la flottille ?

    C’est un exercice de com de politiciens qui n’ont rien d’autre à faire que bronzer 15 jours en Méditerranée.

    Laura Sahin : Il y a de nombreuses manifestations pro-palestiniennes, avec parfois des débordements antisémites. Qu’en pensez-vous ?

    C’est le parfois qui est important. Énormément d’Israéliens sont pro-palestiniens. Cela ne signifie pas être antisémite ou antisioniste. Beaucoup d’Israéliens pensent simplement que les Israélo-Palestiniens ont des droits. Si la manifestation appelle à la paix, pas de problème. Elle le devient si elle appelle à l’intifada ou glorifie le Hamas.

    Léo Purguette : Il reste la question des otages. La guerre que vous menez à Gaza ne les met-elle pas en danger ?

    La guerre se terminerait demain si les otages étaient libérés. Israël ne pourra jamais abandonner ses otages. Israël perdrait sa raison d’être. Nous ferons tout ce qu’il faut pour les libérer. Il ne faut jamais perdre espoir, ni pour les otages, ni pour la paix. À nous de faire en sorte que le futur soit meilleur que le présent. Nous devons tous y œuvrer.

  • Redwane Rajel, un « miraculé » passé de l’ombre à la lumière

    Redwane Rajel, un « miraculé » passé de l’ombre à la lumière

    C’est au détour d’ateliers avec le metteur en scène Olivier Py, au centre pénitentiaire d’Avignon-Le Pontet, que Redwane Rajel a découvert le théâtre en 2018. Abonné depuis aux rôles de tyrans – Xerxès, Créon ou Macbeth – s’amuse-t-il, voilà désormais ce gaillard au grand cœur prêt à endosser celui de sa vie : dans À l’ombre du réverbère, seul en scène qui fait jaillir la lumière du théâtre depuis la nuit noire dans laquelle il était plongé, à partir du mardi 30 septembre sur les planches des Bernardines. « Il y est forcément question des ténèbres de la prison, des lumières du théâtre. Baudelaire a lui aussi parlé du réverbère, de la solitude, de l’isolement. Comme une fine silhouette et des ombres qui passent », situe avec poésie Redwane Rajel pour évoquer cette pièce qui retrace sa trajectoire tempétueuse et aujourd’hui apaisée. Il l’a mise noir sur blanc, et en scène, avec son premier professeur de théâtre, Enzo Verdet, ainsi que l’ancien directeur de prison, Bertrand Kaczmarek.

    « À 38 ans, je n’étais pas programmé pour aller en prison », rappelle celui qui était auparavant vendeur de voitures chez Renault. « On dépeint surtout la violence carcérale. La majorité des détenus sont des personnes très fragiles, qui viennent du bas de l’échelle, avec un énorme taux de récidive. C’est la pauvreté qu’il faut combattre et ne pas se tromper d’ennemi », prévient Redwane Rajel, qui dédie sa pièce « aux victimes mais aussi aux comédiens avec qui j’ai joué pour la première fois, la plupart aujourd’hui en prison ou morts ».

    « Pas misérabiliste »

    « Je suis un miraculé, une exception. La prison est tellement mal faîte que si on y entre violent, on en ressort encore plus violent. Si entre drogué, on ressort encore plus drogué », déplore celui qui est devenu comédien professionnel grâce à la compagnie Louis Brouillard de Joël Pommerat, avant de remercier le directeur de théâtres marseillais et aixois, Dominique Bluzet, qui lui « a ouvert toutes les portes pour cette création ».

    « Le grand dramaturge Peter Brook disait qu’on pouvait faire voyager les gens juste avec un tapis », cite Redwane Rajel qui l’a presque pris au mot. Au milieu d’un banc, d’une servante et d’un miroir, l’Avignonnais de naissance et Marseillais d’adoption déroule le fil de ses mille vies : rameur dans l’équipe de Provence d’aviron, boxeur de bon niveau à la Savine, major de corps d’élite dans l’armée… autant d’expériences dont il se sert dans À l’ombre du réverbère. « Même si je suis beaucoup dans la résilience, le piège était de tomber dans quelque chose de misérabiliste. »

    Joindre le geste à la parole

    Loin de lui, donc, la tentation du pathos pour exposer son parcours qui pourrait légitimement y recourir. Son jugement ? Pas question d’en parler dans la pièce. « J’ai trop de respect pour les victimes qui ont déjà vécu le procès », affirme ce quadragénaire, parmi les premiers à avoir suivi des ateliers de justice restaurative en France. « J’ai tout de suite fait le pont entre ça et le théâtre, deux endroits de réconciliation par la parole », exprime Redwane Rajel pour qui, l’art oratoire a été une bouée de sauvetage. Une thérapie pour celui qui s’est retrouvé, à l’âge de 12 ans, avec « une mère en psychiatrie. C’était une militante CGT, un exemple pour moi. Elle s’est battue, seule avec ses enfants, écrasée par le capitalisme. Elle a fait partie des premières suicidées chez France Télécom », livre-t-il, l’œil humide mais le poing serré, lui qui a hérité de son sens de la lutte. « Ce spectacle, c’est une façon de m’émanciper. Je joue au théâtre depuis 2018 et ce qui revient souvent, c’est “l’ancien détenu devenu comédien”. J’aimerais bien en sortir », concède-t-il, presque gêné. « Je suis là pour me raconter et après, on pourra passer à autre chose. »

  • L’OM est prêt à se sublimer face à l’Ajax

    L’OM est prêt à se sublimer face à l’Ajax

    Trois ans que le Vélodrome attendait que l’hymne de la Ligue des Champions y résonne à nouveau.

    Ce sera chose faite lorsque, sur le coup des 20h55, les acteurs de la deuxième journée entreront dans l’arène. Si pour certains joueurs, ce sera un retour aux sources, d’autres vont goûter à une ambiance qui s’annonce d’ores et déjà exceptionnelle. Une ambiance dont ils ont pu avoir un avant-goût à l’occasion du succès historique face au PSG.

    « Nous sommes dans une bonne dynamique, après avoir obtenu des résultats importants », note Roberto De Zerbi. En championnat, l’OM vient d’aligner un trois à la suite concernant les victoires. Mais, surtout, il y a eu le succès face au PSG, qui doit servir de marqueur sur les capacités du groupe à regarder toujours plus haut.

    « Nous nous devons de bien faire les choses en Ligue des Champions, surtout au Vélodrome », enchaîne-t-il. Notamment après avoir poussé le Real dans ses derniers retranchements à Santiago Bernabéu, lors de la première journée. Il attend de ses hoplites qu’ils montrent les mêmes qualités qui leur ont permis de faire chuter le PSG et de renverser le cours du match à Strasbourg.

    Il insiste sur la nécessité « de bien entrer dans le match. Comme nous l’avons fait face à Paris, en montrant notre force de caractère qui nous a fait entrer dans le match et a attiré le public avec nous ». Pour Roberto De Zerbi, « nos entames doivent toujours être fortes pour créer de la magie ».

    Cette osmose joueurs-supporters qui séduit tant, il compte bien l’alimenter en offrant une victoire face à l’Ajax, pour le retour de la Ligue des Champions à Marseille. Néanmoins, si son équipe semble lancée sur la bonne trajectoire, en bon italien, il n’oublie pas que le Capitole, où les généraux romains étaient portés en triomphe, est voisin de la roche Tarpéïenne, d’où les bannis étaient précipités dans le vide. « À Marseille, nous marchons toujours sur des œufs ! », rappelle-t-il.

    Toutefois, l’OM a les moyens de venir à bout d’un Ajax qui se cherche encore. Un succès européen validerait les belles choses montrées en championnat face à Lorient, le PSG et Strasbourg.

    « À Marseille, nous marchons toujours sur des œufs ! »

  • Les moins de 19 ans veulent un premier succès face aux Hollandais

    Les moins de 19 ans veulent un premier succès face aux Hollandais

    La Coupe d’Europe est aussi présente au stade Francis-Turcan, à Martigues. L’OM accueille l’Ajax (14h30) pour cette 2e journée de Youth League, la Ligue des champions des moins de 19 ans. Ils sortent, eux aussi, d’une défaite rageante sur la pelouse du Real Madrid. Après avoir mené deux fois au score, ils se sont inclinés sur un penalty dans les derniers instants. Sous la houlette de Tadjidine Mmadi, auteur d’un doublé contre les Madrilènes, les jeunes Olympiens vont vouloir obtenir leur première victoire face à un centre de formation reconnu. Un joueur de l’effectif pro pourrait venir gonfler le groupe de Lasaad Hasni, il s’agit de Darryl Bakola. Le Marseillais de 17 ans devrait bien être présent pour ce match entre moins de 19 ans. Quant à l’Ajax, la volonté sera d’afficher un visage similaire par rapport au match inaugural contre l’Inter (1-1). Emre Unüvar, petit frère de Naci, ex-prodige ajacide, était le seul buteur des Néerlandais lors de cette rencontre. Le compte X @Foot_NL met aussi en avant Aaron Bouwman : « Défenseur central, grand (1,88m), rapide et solide dans la relance, un profil à la néerlandaise rappelant Matthijs De Ligt. » À 17 ans, il a déjà joué en Eredivisie (équivalent de la Ligue 1). Sean Steur et Abdellah Ouazane seront aussi des jeunes à surveiller pour cet OM qui rêve de prendre les trois points, à Martigues. Il ne leur restera plus que quatre matches pour intégrer le top 22, qualificatif en phase finale.

    2e journée de la Youth League

    À 14h30 au stade Francis-Turcan, à Martigues

    OM : Badaoui – Calisto, Camara, N’Zinga, Bezahaf – Corbon, Bakola, Issanga – Ali, M’Madi, Valero

    Ajax : El-Hani – Frankel, Bouwman, Jetten, Tilborg – Romers, Steur, Ouazane, Ayyildiz – Unuvar, Nash

  • Amsterdam compte toujours sur une jeunesse éclatante

    Amsterdam compte toujours sur une jeunesse éclatante

    Faites vos jeux, rien ne va plus. L’Ajax arrive, ce mardi (21h), au stade Vélodrome, pour cette 2e soirée de Ligue des champions. La formation amstellodamoise réalise un bon début de saison, comptablement parlant, mais le contenu des matches fait grincer des dents les fans ajacides. Les confrontations modestes en championnat (Breda, Volendam, Almelo, mais le PSV) n’ont pas non plus préparé l’équipe d’Amsterdam aux joutes européennes. Malgré tout, l’Ajax possède un centre de formation hors pair et plusieurs jeunes talents pointent le bout de leurs crampons. Dans la lignée des De Jong (FC Barcelone), Gravenberch (Liverpool), Timber (Arsenal), quelques joueurs sont promis à un bel avenir.

    Du talent à revendre

    « Rayane Bounida est sans doute le plus prometteur de la génération U21/U19. Techniquement, il est très au-dessus de la moyenne. » C’est avec ces mots que @Foot_NL présente la première pépite. Ce compte X géré par plusieurs passionnés de football néerlandais totalise près de 11 000 abonnés et reste à l’affût de chaque actualité. Hormis le milieu offensif d’origine marocaine, Jorthy Mokio est également un joueur à suivre de près. Extrêmement précoce, le milieu offensif né en 2008 est moins en vue ces derniers mois. « Mokio avait débuté en fanfare, il a perdu du temps de jeu et semble moins dangereux qu’à ses débuts », nuance le compte Foot néerlandais. Kenneth Taylor est sûrement le jeune le mieux installé au cœur du dispositif du coach John Heitinga. Le numéro 8 de 23 ans a trouvé sa place : « Kenneth Taylor reste l’un des joueurs les plus influents. Ancré dans l’entrejeu, il peut parfois passer à côté de certains matches, mais il est considéré comme un leader naturel qui organise le jeu de l’équipe. »

    Offensivement, deux joueurs sont aussi à mettre en avant pour leurs qualités. Le premier est Oscar Gloukh. Transfuge du Red Bull Salzburg, l’Israélien est arrivé cet été. Ce week-end, face à Breda, il a ouvert le score sur une passe de Mika Godts. Le Belge, formé à Genk, est justement l’homme dangereux de cette attaque ajacide. « Il représente une menace constante. C’est un ailier qui ne se contente pas de rester collé à la ligne, il pénètre souvent dans la surface pour créer un danger direct. » En comparaison avec les précédentes générations dorées de l’Ajax, celle-ci semble être d’un calibre moindre. Des talents individuels, oui, mais « un manque de constance collective et un contexte moins favorable », d’après ce compte spécialisé. « Il est toutefois réaliste d’imaginer que deux ou trois joueurs de cette vague perceront au final ».

  • Nuit du droit : « C’est un peu notre fête de la musique à nous ! »

    Nuit du droit : « C’est un peu notre fête de la musique à nous ! »

    Découvrir, le temps de la reconstitution d’un procès historique, la Cour d’appel de Montpellier ou assister à des joutes oratoires dans les locaux du tribunal administratif. Le 2 octobre, ces lieux de justice, où l’on se rend peu et souvent contraints, ouvrent leurs portes à l’occasion de la Nuit du droit, manifestation à la fois pédagogique et ludique destinée à faire mieux connaître, auprès du grand public, le droit, « qui régit tous les aspects de notre vie et ceux de la société dans laquelle nous évoluons ».

    Pour la 4e année consécutive, l’ensemble des professions juridiques (magistrats administratifs et judiciaires, avocats, notaires, commissaires de justice, étudiants en droit…) s’associent pour ouvrir grand les portes du palais vers la Cité. Et chaque année, c’est un immense succès : les places, gratuites sur inscription*, sont prises d’assaut (plus de 1 000 personnes l’an dernier, sans compter les déçus restés sur liste d’attente). « C’est un peu notre fête de la musique à nous  », résume avec humour Virginie Bertrand. « Le but est de rendre accessible les lieux de justice pour que le public puisse y rentrer. Le message, c’est de dire : le droit vous appartient, venez voir comment ça se passe », explique cette avocate montpelliéraine impliquée dans l’organisation de l’événement.

    Forte de ce plébiscite, la manifestation, traditionnellement organisée à la cour d’appel, s’étoffe cette année avec l’ouverture au public d’une nouvelle juridiction : le tribunal administratif et de nouvelles activités : une visite historique des lieux de droit à Montpellier (départ à 16h du parvis de la cour d’appel) et un escape game qui proposera au visiteur de se glisser dans la peau d’un magistrat financier en réalisant le contrôle d’une commune fictive.

    Comme ce fut déjà le cas l’an dernier, la manifestation débutera par un forum des métiers du droit proposé dans l’enceinte du lycée Jean-Monnet, à destination des élèves de première et terminale. Le grand public, lui, pourra assister, au tribunal administratif (rue Pitot) à des joutes oratoires proposées par des étudiants en droit et des élèves de l’école d’avocat sur les thématiques : « le télétravail rend-il plus heureux ? », « L’art contemporain est-il une imposture ? » et « Faut-il vraiment tourner la page ? »

    La cour d’appel accueillera, de son côté, sur deux créneaux distincts (18h-20h et 20h30-22h30), plusieurs ateliers. Notamment la reconstitution d’un procès historique de 1946, celui du docteur Petiot, médecin parisien accusé d’avoir assassiné et dépouillé, sous l’Occupation, 27 personnes retrouvées mortes à son domicile. Les visiteurs pourront également revivre la célèbre affaire de la commune de Morsang-sur-Orge. Par arrêt du 27 octobre 1995, le Conseil d’État a validé l’interdiction d’un spectacle de « lancer de nains », décision qui a fait entrer la dignité dans la notion d’ordre public en France.

    Seront également proposées, comme chaque année, des lectures théâtralisées de textes ayant trait au droit sur des thèmes divers tels que la condition des femmes en Afghanistan ou les enjeux suite aux incendies estivaux, ainsi que des plaidoiries sur les droits de l’Homme.

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