Author: tecnavia

  • Provence Rugby face à son destin

    Provence Rugby face à son destin

    Nous y sommes. Le travail harassant effectué tout au long de la saison régulière doit se concrétiser au moment où cela compte le plus. C’est-à-dire maintenant. Provence Rugby est en déplacement, ce vendredi soir (21h), sur la pelouse de Colomiers. À la clé, si jamais les Aixois s’imposent, une place en finale de Pro D2 pour la première fois de leur histoire. Les hommes de Philippe Saint-André se sont préparés au mieux pour ce rendez-vous, seulement 6 jours après leur succès en barrages, contre Brive (39-21).

    La mêlée, clé de la partie ?

    Le manager général a appuyé sur la récupération avant ce choc. « On a axé sur une journée supplémentaire de récupération. Ce qui est important pour nous, c’est d’avoir l’énergie qu’il faut pour demain soir [ce soir]. On a beaucoup fait tourner nos joueurs pour qu’on soit en forme sur cette fin de saison. On vient de gagner six matchs d’affilée, il faut encore en gagner deux. » Les joueurs n’ont pas spécialement évoqué la portée historique de cette rencontre. Bien sûr, en cas de victoire, ils entreraient tous dans le grand livre d’or du club avec cette finale. Mais leurs pensées se tournent essentiellement sur ce qu’ils ont à réaliser pour l’emporter. « Honnêtement, on n’y pense pas. Personne n’en parle dans le vestiaire, on n’en parle pas entre nous, parce que chaque saison est différente. Évidemment, quand on se pose la question, on se dit que ça peut être exceptionnel, ça peut être incroyable pour le club, pour la ville, mais en soi, c’est chaque chose en son temps », détaille Pierre Lucas, sur le point de terminer sa première saison à Provence Rugby.

    Ce vendredi soir, à Colomiers, il ne faut pas s’attendre à voir autre chose qu’un match équilibré, serré. Deux équipes habiles, appréciant jouer à la main, avec des phases longues. Le plus créatif et le plus efficace sera-t-il le gagnant ? Sans doute. « Après, c’est une équipe qui est quand même beaucoup pénalisée aussi. Ils sont énormément pénalisés en mêlée. Nous, c’est l’un de nos points forts. Déjà, je pense qu’ils vont vouloir attaquer pied au plancher. Il va falloir faire un début de match bien meilleur que ce qu’on avait fait, ici, à domicile. Je ne vais pas vous le dire, mais on a une stratégie, on a un plan. Les joueurs sont déterminés », appuie Philippe Saint-André.

    Même loin de leurs bases, les Provençaux ont l’opportunité de frapper un grand coup. L’exploit est à leur portée, 80 minutes décideront de leur sort.

    Demi-finale de Pro D2

    Stade Michel-Bendichou (21h)

    Arbitre : Pierre Bru

    Colomiers : Giral – Pinto, Dulon, Nuu, De Bivar – Delpy, Danglot – Timu, Bazin, Plataret – Adelaide, Granouillet – Simutoga, Dimcheff, Etchebehere

    Provence : Vareiro – Lapegue, Bituniyata, Lucas, Drouet – Muntz, Coville – Jalagonia, Gambini, Tuisue – Rodda, Zafra – Francis, Latterrade, Wegrzyn

  • [Entretien exclusif] Josée Massi : « Je ne me suis pas battue contre le RN mais pour les Toulonnais »

    [Entretien exclusif] Josée Massi : « Je ne me suis pas battue contre le RN mais pour les Toulonnais »

    La Marseillaise : Vous êtes parvenue à déjouer tous les pronostics en écartant la menace du RN, grâce notamment à l’électorat de gauche. Une partie de celui-ci a même voté pour vous dès le premier tour. Diriez-vous que cette confiance vous engage ?

    Josée Massi : Je mesure la confiance que tous les Toulonnais m’ont apportée, parce que c’est vrai que si on a réussi c’est grâce à un élan. Je ne me suis pas battue contre le RN mais pour les Toulonnais et avec tous les Toulonnais, quels que soient les partis. C’est bien pour ça que mon slogan, c’était « Toulon, mon parti », et pas un autre. Et je remercie aussi bien la droite que la gauche et même ceux qui n’ont pas de parti. Je crois que ça m’a un peu réconciliée avec la nature humaine. Et ça fait sens.

    Pardonnez-moi d’insister sur la gauche. Elle a disparu du conseil municipal. Est-ce que, selon vous, ce n’est pas un peu dommageable ?

    J.M. : C’est le principe de la démocratie.

    Par contre, j’ai l’intention de les associer, notamment dans les conseils de secteur. Ça sera mon travail de l’été, pour voir leur composition et que cela soit vraiment des conseils de secteur démocratiques. Mais c’est vrai que je n’ai pas encore eu le temps de m’y pencher parce qu’entre la Métropole et la Ville, il y a beaucoup de désignations à faire. Mais j’ai à cœur d’avoir une nouvelle gouvernance et ces conseils de secteur pourraient être un lieu où chacun puisse exprimer ses opinions mais toujours bien sûr dans le sens de l’intérêt général et de la ville.

    En parlant de changement de gouvernance vous avez refusé de donner des vice-présidences à la Métropole aux maires RN…

    J.M. : Oui, ils en réclamaient trois sous prétexte que c’est ce qui se faisait habituellement… Chaque maire avait c’est vrai une vice-présidence. Mais ça se faisait au moment où il n’y avait qu’une majorité. On m’a rétorqué que Marc Vuillemot [ancien maire de gauche de La Seyne, Ndlr.] avait une vice-présidence. Mais il faut rappeler que de lui-même, il était venu nous voir pour dire qu’il était dans la majorité métropolitaine, ce qui n’est pas le cas des trois maires RN. Alors chacun sa place. On ne peut pas être à la fois opposant et dans l’exécutif. Mais je n’oublierai pas les habitants des trois communes, parce que ce sont des habitants métropolitains. Il n’y a pas de souci. Je ne vais pas pratiquer la chasse aux sorcières. Et bien sûr, ils font partie de la métropole. On travaillera avec eux.

    Aujourd’hui, on se retrouve avec un groupe RN très agressif, surtout Mme Lavalette. Ça risque d’être un peu long 7 ans comme ça, non ?

    J.M. : Pour elle vous voulez dire ! Parce que dans l’opposition, elle va au moins y rester 7 ans… Alors, elle a beau dire qu’elle a recueilli 48% et lancer en conseil municipal « Il faut oser, Josée ! », comme je lui ai répondu l’autre fois, les Toulonnais ont osé puisque c’est nous qui avons été élus.

    Elle a la défaite amère. Voilà. Mais en même temps elle croyait tellement être maire… Après, elle a une tribune, une fois par mois, au conseil municipal. En fait, Laure Lavalette ne cherche pas le débat mais à faire le buzz. Ma mère disait que le silence, c’est le plus grand des mépris. Quand on ne peut pas débattre, ce n’est pas la peine.

    Vous insistez sur le fait de n’appartenir à aucun parti mais votre victoire a provoqué un espace politique. Comment cela va se traduire pour les prochains scrutins électoraux ?

    J.M. : C’est vrai qu’ils vont s’enchaîner, là. Mais, oui, je pense que notre étiquette « Majorité municipale » est toute trouvée et qu’on soutiendra des élus. Sauf pour les sénatoriales où je ne pense pas que nous ayons de candidat. Mais vous savez, je suis très convoitée pour ces sénatoriales. J’ai à présent beaucoup d’amis depuis le 22 mars, c’est marrant ! Mais, c’est peut-être le privilège de l’âge : je ne suis dupe de rien. Et je le répète : je n’ai pas d’ambition politique. Vous ne me verrez pas sur des sénatoriales, sur des législatives ou même sur des départementales. Je pense qu’être maire et président de la métropole, c’est plus qu’un temps complet. Et quand on s’engage sur un mandat, il faut pouvoir le tenir.

    Les Toulonnais vous ont élue sur un programme. À quoi peuvent-ils s’attendre prochainement ?

    J.M. : Sur la sécurité, on met en place la police de proximité sur le Pont du Las et sur Saint-Jean du Var. De façon à ce que les habitants connaissent les équipes et qu’on ne soit pas seulement dans la répression mais aussi dans la prévention, c’est important.

    Sur la proximité, on travaille sur les maisons de santé. Celle de Claret est bien lancée et j’espère pouvoir l’inaugurer au premier trimestre 2027. Pour celle de Pont du Las, la ville a préempté le local. En parallèle, on facilite également l’implantation de toutes les maisons de santé privées, avec différents médecins qui se regroupent.

    Proximité encore avec la concertation. On a pu le voir sur les plages de Mourillon, avec l’inauguration de la plaine de jeux que j’avais initiée en 2023. C’est un lieu qu’on améliore d’année en année avec une vraie concertation avec les utilisateurs de la plage. Il faut que le Mourillon reste ce lieu où les Toulonnais qui ne partent pas peuvent se considérer un petit peu comme s’ils étaient en vacances.

    Et dans les 5 jours, une expérimentation va débuter sur le boulevard de la République avec l’aménagement d’une piste cyclable sécurisée à double sens. On va voir ce que ça donne par rapport aux flux de voitures qu’amènent les embarquements de ferries. Mon objectif, c’est de faire des pistes cyclables continues, un réseau.

    Concernant le scandale des crèches privées, comment se prémunir de ce type de dérives ?

    J.M. : Nous avons prioritairement des crèches publiques et des crèches associatives que l’on finance. Vous savez, je l’ai souvent dit, l’objectif des crèches privées c’est faire du business. Et je peux vous dire, pour en avoir gérées, que pour faire du bénéfice sur une crèche, il faut soit réduire l’encadrement et avoir des personnes moins diplômées, soit rogner la qualité des services qu’on rend aux enfants. Alors nous on va en construire une de plus. On a rénové les deux de Lamalgue et on finance les associatives, puisqu’il y en a une qui va se faire à Barbès. Et on s’engage à ce que tous les parents qui travaillent aient une place en crèche.

    On a vu la semaine dernière dans cette barre délabrée de Pontcarral que la misère sociale continue de causer des ravages…

    J.M. : Un drame épouvantable ! Mais j’en profite pour rappeler à nouveau, qu’il n’y avait eu aucun signalement concernant cette famille. Ces enfants qui avaient été inscrits à l’école Basse Convention en avaient été radiés au mois de mars, parce que la maman avait déménagé et les avait inscrits à Marseille.

    Mais on ne reste pas sans rien faire. On travaille avec la préfecture sur deux copropiétés qui sont à peu près dans le même état : La Grande-Plaine et Pontcarral. La première étant plus facile à appréhender que celle de Pontcarral, parce qu’il n’y a que deux propriétaires. J’ai écrit au ministre pour avoir une dérogation parce que vous savez qu’on est en Quartier prioritaire de la ville et qu’on n’a le droit normalement de rajouter du logement social. Et si on rénove la Grande-Plaine, on va y faire des services publics en plus, avec un centre social dans la Maison Verlaque.

    Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour ce mandat ?

    J.M. : Que Toulon continue à être une ville apaisée, où il faut bon vivre, où on est contents de s’installer. On veut l’améliorer, mais ce que je veux dire aussi c’est que ça ne se fait pas à sens unique, pour reprendre la parabole du Colibri : il faut que chacun fasse sa part. Et puis que les habitants s’engagent aussi dans les CIL [Comité d’intérêts locaux, Ndlr.] qui sont les mieux placés pour remonter les besoins de la population.

  • Le phénomène Jul embarque les foules

    Le phénomène Jul embarque les foules

    Ces vendredi et samedi soirs, Jul, l’artiste le plus vendeur de France après Johnny Hallyday, enflammera le Vélodrome, après deux représentations données au Stade de France les 15 et 16 mai derniers. Les concerts proposés dans la célèbre enceinte phocéenne, en 2022 puis en 2025, avaient déjà remué la ville, des Goudes aux Aygalades.

    L’an dernier, l’intégralité des billets s’était vendue en seulement 35 minutes. Pour cette édition 2026, les stocks étaient quasiment épuisés dès la prévente, en novembre dernier. Environ 100 000 personnes seront présentes, au total, pour chanter sur les sons de l’icône de la cité phocéenne.

    Un engouement massif partagé par Enzo, 22 ans. Fan « depuis 2015 », propriétaire des « 25 albums en physique », il sera présent ce vendredi. Il s’agira de son quatrième concert de Jul. Depuis cette semaine, Marseille bat au rythme de cet événement. Des bars organisent des soirées « 100% Jul », les voitures diffusent les musiques de l’artiste à plein volume – encore plus que d’habitude -, et des passants, sur le Vieux-Port, arborent des vêtements siglés d’Or et de Platine, la marque du rappeur.

    À cette ferveur collective se mêle un autre son : celui du roulement des valises des fans venus de toute la France. Audrey, 30 ans, aide-soignante, et Tito, 19 ans, plombier, sont Nantais. Ils ont fait le déplacement en famille, loué un Airbnb, et déboursé « 170 euros chacun pour une place en pelouse ». Un budget conséquent, assumé sans hésitation : « C’est pour Jul ! »

    Elisa, 30 ans, est cheffe de projet image pour une marque de parfum parisienne. Elle vient à Marseille pour assister à un concert de Jul dès que l’occasion se présente. « Jul, c’est une icône de la ville », dit-elle simplement. Martin, 25 ans, professeur des écoles venu lui aussi de Paris, vivra son deuxième concert, ce vendredi. Après le Stade de France, l’an passé, il a choisi le Vélodrome pour une raison précise : « Les tribunes du stade sont toutes couvertes, donc niveau son, ça peut rendre quelque chose de plus impressionnant. » Luna, 25 ans, photographe et directrice artistique, est également Parisienne. Elle évoque une autre motivation : « Les fans ici sont plus impliqués, l’ambiance est meilleure et Jul est chez lui, donc il est plus à l’aise. »

    Un peu plus loin, sur le Vieux-Port, Valentin, 31 ans, vétérinaire belge, incarne une autre dimension du phénomène : celle qui traverse les frontières. « On écoute Jul partout. On vient pour l’expérience, pour le découvrir et comprendre le buzz et la mouvance autour de cet artiste. Quand je pense à Jul, je pense à Marseille. » Karine, 48 ans, est « venue du Luxembourg accompagner » ces filles adolescentes. Le concert représente aussi une « occasion de visiter la ville ».

    Marseillais

    devenu mondial

    Mélissa, étudiante en philosophie, elle, n’a pas pu se payer une place. « Il a commencé avec des albums gratuits à télécharger en MP3 et maintenant, il ne fait pas de tournées et les billets sont trop chers », juge-t-elle.

    Ce qui réunit tous ces visages si différents, c’est peut-être ce qu’exprime Alexis, Parisien de 25 ans, avec simplicité : « C’est un événement, c’est plus que de la musique. C’est aussi le personnage qui nous plaît. Il est entier, transparent et simple. Il représente tous les jeunes. On arrive tous à s’identifier à ce qu’il raconte. » Jul ne rassemble pas un public, mais des dizaines, tous horizons confondus.

    Enzo résume parfaitement ce phénomène marseillais né il y a plus de 12 ans : « Une fois que t’es tombé dans Jul, tu peux plus en sortir. Il a créé son propre style et c’est pour ça qu’on l’aime autant et qu’il vend autant. »

    L’Office de tourisme de Marseille, lui, a mesuré une hausse de 26% des nuitées lors des week-ends de concerts. Jul n’est donc pas qu’un phénomène musical : il est devenu un véritable levier touristique et économique pour sa ville.

    Police et RTM au taquet

    Préfecture de police et régie des transports s’adaptent à l’affluence pour le concert de Jul. La RTM propose un service renforcé sur les deux lignes de métro dès 16h et prévoit une fermeture temporaire de la station Périer dès 23h15, vers Gèze. Elle ne va pas desservir plusieurs arrêts des lignes de bus B1, 15/15S, 17, 22/22S, 23, 44, 45, 41 et 72. Côté police, la préfecture prévoit « un dispositif conséquent (…) dès 11h et jusque tard dans la nuit ». Avec notamment « plusieurs unités de forces mobiles » en plus des effectifs locaux, des équipes de la mission Sentinelle…

    A.B.

  • Le refrain d’une ville

    Le refrain d’une ville

    Il y a encore quelques années, Jul n’était qu’un minot bricolant des sons dans sa chambre, dans le 5e arrondissement de Marseille. Aujourd’hui, il remplit le Vélodrome et entraîne dans son sillage plus de 100 000 personnes venues de toute la France, et bien au-delà, pour deux concerts très attendus, vendredi et samedi. Une ascension fulgurante, presque irréelle, qui raconte autant l’évolution d’un artiste que celle d’une ville.

    Jul, en bouleversant les codes du rap, a surtout imposé les siens. Langage métissé, sonorités hybrides, production à la chaîne : longtemps moqué, souvent critiqué, il a fini par incarner une forme de liberté brute. Comme il le résume lui-même, simplement : « J’oublie tout. » Une musique sans filtre, à son image, qui résonne parce qu’elle ne court après personne.

    Expérience collective

    Le plus frappant, aujourd’hui, est peut-être ailleurs. Dans ces fans venus de Nantes, de Paris, de Belgique ou du Luxembourg, qui convergent vers Marseille comme vers un lieu de pèlerinage. Jul n’est plus seulement un rappeur marseillais : il est devenu une expérience collective, un symbole partagé, un phénomène culturel qui dépasse ses chansons.

    Mais tout ramène à Marseille : ses mots, ses références, son accent ou son imaginaire. Jul est à la ville ce que la ville est à Jul : un miroir vivant, bruyant, multiple. Une bande-son qui se glisse le long de la Corniche et habite les imaginaires de la jeunesse, qu’elle soit en claquettes-chaussettes ou non.

    Un écho qui résonnera le temps de deux soirs au Vélodrome : celui d’une ville qui ne demande pas la permission d’exister et qui sait se fait entendre.

  • À Aix-en-Provence, la CGT sur le pont pour sauver la distribution de la presse

    À Aix-en-Provence, la CGT sur le pont pour sauver la distribution de la presse

    Rendez-vous est donné au pied d’un lieu symbolique, celui du kiosque à journaux, place de l’Hôtel de Ville. Une dizaine de salariés de la Coopérative de presse et de messagerie méditerranéenne (CPMM), badge CGT collé sur le torse, se sont munis de pétitions et de tracts avant de se déployer sur différents marchés de la ville. Ils ont ensuite été reçus à la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), en fin de matinée. Depuis plusieurs semaines, la CPMM revendique l’obtention des aides à la distribution de la presse, captées intégralement par les éditeurs.

    « Aujourd’hui, la filière de la distribution de la presse est en grande difficulté, rappelle Hélène Honde, salariée CPMM et représentante CGT. Preuve en est, même le législateur décide de mettre des moyens publics énormes sur la presse, notamment sur la distribution de la presse.» Soit 4 millions débloqués en plus dans le budget 2026. « Ces aides sont affectées aux éditeurs, il devrait y avoir un ruissellement… Mais nous, dernier kilomètre, dernier maillon de la chaîne, nous ne percevons aucune aide publique. Aujourd’hui elles est versées aux éditeurs, et s’arrêtent là », déplore-elle.

    « Oreilles attentives »

    Alors, pour sauver son modèle économique – et la soixantaine d’emplois – les salariés portent plusieurs propositions. Par exemple, le déblocage et le ruissellement des aides publiques dédiées, une « autre rémunération pour la distribution de la presse, par les messageries et par les éditeurs » ainsi qu’une mutualisation « de l’ensemble des filières réglementées telles que les produits de pharmacie, vétérinaires,tabac, librairie… » qui pourraient être réunies dans des tournées de livraisons uniques.

    Sur le marché, les oreilles sont plus ou moins tendues. La liste des signataires de la pétition, qui en compte déjà plus d’un millier selon la CGT, s’allonge un peu. Parmi les badauds interpellés, Philippe Klein, représentant local Horizons et conseiller municipal d’opposition, promet au moins d’y jeter un coup d’œil. « Globalement, on a des oreilles attentives, expliquait Maxime Picard, président de la CPMM. Mercredi soir, une délégation était reçue en préfecture, on devrait rencontrer le cabinet de la ministre de la Culture ce week-end à l’occasion du congrès mondial des médias à Marseille, ce jeudi la Drac… les mobilisations vont continuer pour trouver des moyens pérennes pour la presse. On va se donner les moyens pour ouvrir une perspective à l’ensemble des salariés de la CPMM, des sous-traitants et de l’ensemble des marchands de journaux pour permettre un avenir de la totalité de la filière presse. » François Canu, secrétaire de l’UL CGT d’Aix, qui a accompagné la mobilisation ce jour, indique qu’un rendez-vous a été demandé auprès de Sophie Joissains, maire d’Aix, et se dit confiant sur un « retour très prochainement ».

  • À Martigues, les salariés d’Arcelor face à leur employeur

    À Martigues, les salariés d’Arcelor face à leur employeur

    Les 162 requérants travaillant ou ayant travaillé à ArcelorMittal Fos-sur Mer sauront le 11 février 2027 si le préjudice d’anxiété est reconnu pour exposition à des composés Cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR). C’est la conclusion de presque trois heures d’audience auprès du conseil de prud’hommes de Martigues jeudi matin, exceptionnellement réuni en la salle Raoul Dufy.

    Les 162 salariés demandent 35 000 euros chacun d’indemnisation au titre du préjudice d’anxiété lié à « l’exposition quotidienne des travailleurs aux CMR, aux agents chimiques dangereux sans protection ni information » selon Me Julie Andreu, avocate des salariés et de leur syndicat CGT. « L’inspection du travail a relevé en 2023 des surfaces partout recouvertes de poussière, une vingtaine de CMR qui dépassent les valeurs limites de parfois 200, 500, jusqu’à 1 693% », poursuit-elle.

    En défense, l’avocate d’ArcelorMittal Méditerranée argue que « les demandeurs n’identifient pas les substances, mais invoquent une liste de produits sans preuve de leur présence dans l’usine, avec amalgame entre produits dangereux et CMR ». En outre, la représentante d’Arcelor pointe « l’invalidation des mesures au-delà des valeurs limites par l’organisme de contrôle agréé » et que « les mesures prospectives demandées par l’inspection du travail en juillet 2023 n’ont pas détecté de dépassement des seuils limite ».

    Quelle prévention ?

    La prévention est l’autre gros argument soulevé par l’accusation. « Il n’y a pas de système de captation à la source, ni de renouvellement de l’air, ni de sas de décontamination. Les ventilateurs dans les ateliers soulèvent les poussières et contaminent les locaux fermés de restauration collective et bureaux », liste Me Julie Andreu. De plus, « aucun équipement individuel n’était fourni avant 2021. En 2026 certains salariés n’en ont toujours pas et les casiers sont envahis par la poussière, donc les vêtements civils contaminés », insiste-t-elle.

    La défense d’Arcelor conteste. « Il y a des mesures de protection collectives, très techniques » assure l’avocate, « le système de captation à la source permet d’éviter 99% des poussières, le reliquat fait l’objet de campagnes de dépoussiérage » poursuit-elle, provoquant un tollé dans l’assemblée. Du reste, la représentante indique que « le port du masque FFP3 a été imposé à tout le personnel en février 2023. L’inspection du travail fait le constat du port en mai 2023, ne dit pas qu’il ne protège pas, mais que les salariés disent que c’est inadapté à cause de la température ». Le masque ventilé à filtre aurait été rendu obligatoire depuis.

    Sur 123 dossiers figure également la demande de reconnaître le préjudice de perte de chance de suivi post-professionnel adapté. L’avocate Julie Andreu pointe des « fiches de suivi qui ne reflètent pas la réalité », « si les salariés développent une pathologie sans savoir à quoi ils ont été exposés on leur répondra que c’est sans lien avec le travail ». Avec des chiffres : « Depuis l’inspection du travail en 2023, il y a eu des examens et des symptômes, les problèmes de santé sont réels. » « Ils ont la sensation de vivre en sursis, l’angoisse est légitime », insiste l’avocate.

    « Tous les salariés de l’usine sont en surveillance renforcée et auront une visite médicale à la sortie de l’entreprise », rétorque la défense. « La société a établi une liste des travailleurs susceptibles d’être exposés en 2024 à compter de l’entrée en vigueur », du décret dédié. ArcelorMittal « n’entend pas commenter » la procédure, selon son communiqué de jeudi soir, et affirme « faire valoir ses arguments juridiques » et attend le rendu du conseil le 11 février 2027.

  • Opposition à la hausse des frais de scolarité à Montpellier

    Opposition à la hausse des frais de scolarité à Montpellier

    Étudier est un droit, pas un privilège », c’est le slogan choisi par les différents syndicats étudiants et du corps enseignant, réunis ce mardi 26 mai devant le rectorat de Montpellier. Ils prennent la parole pour affirmer leur opposition aux mesures définies par le gouvernement au sujet de l’accès aux études supérieures pour les étudiants étrangers.

    Le 20 avril 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur a détaillé plusieurs points de ce décret qui vise l’accès aux études universitaires pour les étudiants non européens. À compter de l’année scolaire 2026-2027, la majorité des étudiants étrangers non ressortissants de l’Union européenne devront payer des droits d’inscription différenciés à l’université, plus élevés que pour les autres élèves. Des frais qui passeront de 178 euros à 2 895 euros par an pour les licences et de 254 euros à 3 941 euros pour les inscriptions en master. À cela s’ajoutera une limite de 10% d’exonération, appliquée dans beaucoup d’universités pour permettre aux étudiants étrangers d’étudier en France.

    « Cette mesure favorise les étudiants nationaux au détriment des étudiants étrangers, c’est une mesure raciste », s’inquiète Elona Kraemer, étudiante en licence d’histoire de l’art et vice-présidente étudiante à l’Université Paul-Valéry, membre du Scum. Une mesure qui mettra des bâtons dans les roues des jeunes non européens qui souhaitent entamer des études supérieures en France. « On a organisé des tractages, des stands sur l’Université et tous les étudiants sont très réceptifs, la grande majorité trouve ça totalement anormal », ponctue la jeune étudiante.

    Le soutien des professeurs

    Dans les rangs des manifestants, de nombreux drapeaux flottent face au rectorat de Montpellier, au milieu des drapeaux du Scum, du Réseau université sans frontières (RUSF), de Solidaires ou encore du Poing levé, plusieurs enseignants du Snesup (Syndicat national de l’enseignement supérieur) sont également présents. Parmi eux, Thierry Guillet, professeur de physique à la faculté des sciences de l’Université de Montpellier, prend la parole pour appeler à se mobiliser contre cette réforme. « L’université des sciences c’est 8 000 étudiants dont 1 700 sont concernés par cette mesure, 20% de nos effectifs », affirme-t-il. « On a 124 nationalités dans une seule composante d’enseignement, la moitié de la planète », souligne ce dernier pour qui la diversité culturelle est une « fierté d’enseignant ».

    Comme il le rappelle, le Conseil de la faculté des sciences a voté à l’unanimité une motion de désaccord avec cette mesure, le Conseil académique de l’Université de Montpellier a également exprimé son désaccord, tout comme le doyen de l’Université qui est même à l’origine d’une tribune parue dans le quotidien Midi Libre. « Le président de l’université de Montpellier, dans le bâtiment juste derrière nous, s’est exprimé contre lui aussi, même s’il ne le dit pas très fort », précise Thierry Guillet, qui affirme clairement que cette mesure n’est pas la bienvenue au sein des universités de Montpellier.

    Ces mesures délétères, au-delà d’envoyer un message jugé « raciste » aux personnes non européennes qui souhaiteraient étudier en France, sont vues les prémices d’une « pêche aux voix électorales » comme le souligne le professeur de physique : « On voit bien un électorat cible de ce message pour les élections 2027. On pensait que ce genre de mesures arriveraient après les élections, mais malheureusement pas ». Fort heureusement, la solidarité semble régner sur les bancs des universités.

  • À Nîmes, le médico-social crie son épuisement

    À Nîmes, le médico-social crie son épuisement

    Mardi 26 mai, dans le cadre d’une grève nationale et intersyndicale, une vingtaine de professionnels du social et du médico-social se sont rassemblés devant la MDPH de Nîmes pour dire l’usure, la colère et l’urgence. Tous décrivent un secteur qui tient debout grâce à l’engagement de celles et ceux qui l’empêchent de tomber.

    « On continue de tirer la sonnette d’alarme », résume Franck Walther, éducateur spécialisé et cosecrétaire gardois de SUD Santé Sociaux. Pour lui, la crise n’a rien d’un accident : « Plus ça va, moins on met d’argent dans ce secteur et dans la solidarité. » Les syndicats alertent sur les licenciements dans le secteur associatif, le manque chronique de places, les postes vacants et les équipes à bout.

    Des vies humaines

    au bout des budgets

    Derrière les tableaux comptables, il y a des corps qui lâchent et des accompagnements qui se fragilisent. Priscillia, auxiliaire de vie depuis plus de dix ans, raconte les remplacements qui s’accumulent, les bénéficiaires toujours plus nombreux, le temps qui manque. « Ça veut dire moins de temps avec chaque personne, le sentiment de ne pas pouvoir bien faire son travail », confie-t-elle. Elle parle aussi des troubles musculosquelettiques, de la fatigue, mais refuse de céder : « Notre métier, c’est un beau métier. Il est utile, important. »

    Le beau métier, pourtant, ne paie plus. Salaires bloqués, point d’indice gelé, frais professionnels qui explosent : l’attractivité s’effondre. Isabelle, salariée à la Fondation Hubert-Pascal, dit ce sentiment d’abandon d’un « secteur qui hésite toujours à faire grève, par peur de laisser les usagers seuls ». Après les prises de parole, les organisations ont appelé à poursuivre la mobilisation. Avec une idée simple : défendre les travailleurs du social, c’est défendre la dignité des personnes accompagnées.

  • À Béziers, une rocade de 15 km pour fluidifier la circulation

    À Béziers, une rocade de 15 km pour fluidifier la circulation

    Ça roule mieux à Béziers et ce n’est pas grâce à Robert Ménard. Si les automobilistes sont moins pris dans les bouchons et que les riverains sont moins gênés par le bruit ou la pollution en ville, c’est le Département de l’Hérault qu’il faut remercier.

    Vendredi 22 mai, le président Kléber Mesquida (DVG) a inauguré le rond-point de l’Ardide (coût 14 millions d’euros). Avec une route élargie en deux fois deux voies et son dénivelé, le nouveau giratoire et ses deux ponts permettent de franchir la rivière le Lirou et de séparer les flux de la route de Saint-Pons-de-Thomières et du centre-ville de Béziers. « Cela permet d’améliorer le point noir de ce carrefour en le désenclavant », se félicite Philippe Vidal.

    Le vice-président socialiste sait aussi qu’il s’agit du point quasi final aux grands travaux de la rocade de Béziers. Débutés en 2010, ils ont tour à tour permis l’aménagement des échangeurs de la Minervoise avec la route de Montady (2010), de la route de Narbonne (2013), de la Crouzette (2022), de la Devèze (2023). Mais aussi le passage en deux fois deux voies et la création du carrefour de la Montagnette (2014), de la rocade nord (2019) et enfin les dénivellations des ronds-points Vincent-Badie (2015) ou Edgar-Faure (2018).

    La suite des travaux

    Plus de 15 ans de travaux avec une route élargie, 12 ponts, 3 giratoires surélevés pour un total de 99 millions d’euros investis dans l’intérêt général. « En ville, cela permet de limiter les nuisances et de fluidifier le trafic. Sur la rocade, on est passé de 18 000 véhicules par jour à 50 000. Sans cette prise de décision politique il y a 15 ans, la ville de Béziers serait congestionnée », assure Philippe Vidal.

    Si le chantier initial est achevé avec cette rocade biterroise de 15 km, le Département veut aller plus loin et boucler la boucle. « L’essentiel est fait mais pour permettre le passage de la deux fois deux voies jusqu’à l’échangeur ouest de l’A9, on a besoin d’agrandir certains ouvrages d’art (notamment 4 ponts : celui de la SNCF, de la Minervoise, du Canal du Midi et de la route de Narbonne) ». La prochaine étape concernera le rond-point de la Méditerranée (au niveau de Cers) afin, là encore, de fluidifier le trafic. Le calendrier de ces travaux additionnels, dont l’avancée dépendra de l’état des finances du Département, n’a pas encore été défini.

  • L’adolescence questionnée au cinéma

    L’adolescence questionnée au cinéma

    Pour la sixième édition de cette création originale de la Maison des adolescents du Gard, des adolescents eux-mêmes s’impliquent pour proposer films et débats autour de leurs préoccupations et de leur quotidien. De la programmation des films au nom de l’édition en passant par la réalisation de l’affiche, le choix des animations de débats… ce sont les jeunes qui ont la parole et injectent leur vision à ce festival.

    Le 28 mai à 18h30, le film espagnol Yuli, qui retrace l’histoire incroyable du jeune danseur de rue cubain Carlos Acosta, sera projeté au Sémaphore. Le 29 mai et le 4 juin, c’est le choix de courts-métrages des adolescents qui sera présenté à Nîmes puis à Uzès. Le dernier long-métrage présenté s’intitule Mon héroïne et sera projeté en présence de la réalisatrice. Un festival gratuit et ouvert à tous.