Author: tecnavia

  • Ariane Lombardi tête de liste pour rassembler la gauche à Marignane

    Ariane Lombardi tête de liste pour rassembler la gauche à Marignane

    Je crois que nous avons besoin d’une impulsion de gauche au service des Marignanais », lance Ariane Lombardi, enseignante et dirigeante du PCF, vendredi, lors de la présentation de sa candidature aux élections municipales de mars 2026.

    Engagée aux côtés de Gipsy Voisin des Écologistes et de Youssef El Ouanaghly du PS, cette Marignanaise « de famille et née dans cette ville » ambitionne non seulement de « retrouver la ville populaire que j’adorais enfant avec son club nautique du Jaï et ses concerts à La Colline », mais aussi de construire l’« indispensable union de la gauche face à une extrême droite à l’offensive qui veut imposer une société divisée ».

    Dans le « projet de gauche » de sa liste, Ariane Lombardi assène d’emblée que « le contexte dramatique des événements de Marseille montre le danger et l’emprise partout de la mafia des narcotrafiquants » et promet « de solliciter la préfecture pour des renforts sur la zone, une police municipale visible jour comme de nuit et un accompagnement des ASVP vers le concours et la titularisation ».

    Mais la police ne fait pas tout. « La jeunesse est oubliée, il n’y a ni maison des jeunes, ni médiateurs, ni de centre social », déplore la candidate, qui insiste pour « renouer le lien social par la prévention et la culture », mais aussi pour « mettre en conformité Marignane avec la loi sur les logements sociaux ».

    « Fin à la ville-dortoir »

    Le logement est pour Ariane Lombardi un moyen « pour beaucoup de vivre correctement » et souhaite « reconstruire un habitat mixte de qualité pour lutter contre la ghettoïsation et l’insalubrité », tout en « rattrapant le retard dans la rénovation énergétique des bâtiments publics ». Pour ce faire, la tête de liste affirme qu’« il faut investir les 19 millions d’euros de réserves dans une vision de long terme » pour « retrouver l’attractivité » de la Ville.

    Notamment par la « valorisation et la protection des espaces partagés que sont la plage du Jaï et l’étang de Berre, ce joyau laissé à la marge de la politique ». Ariane Lombardi défend « une vision d’ensemble » de sa gestion, se disant favorable « aux navettes maritimes respectueuses de l’environnement qui permettent de desservir l’aéroport et de décongestionner l’autoroute ». Pour cela, la candidate compte « recréer le dialogue avec les acteurs aux alentours et les instances comme la Métropole », aussi pour « reprendre en main la propreté urbaine en bonne intelligence ».

    Auparavant candidate aux départementales et aux législatives, Ariane Lombardi se défend « d’ambitions personnelles », arguant qu’« au PCF, on ne s’enrichit pas car on reverse ses indemnités et c’est pas un ascenseur social ». La tête de liste appelle à « une large union des progressistes qui veulent faire et partager Marignane autrement ». Avec en face le maire démissionnaire de Gignac Christian Amiraty (UCE), candidat déclaré, et le maire sortant Éric Le Dissès (RPR).

  • « Il faut continuer à porter ce message d’égalité à tout endroit »

    « Il faut continuer à porter ce message d’égalité à tout endroit »

    La Marseillaise : Quelles sont les missions de l’Observatoire ?

    Stéphanie Canovas : Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une persistance des phénomènes de violences faites aux femmes. En 2019, on a été le troisième département le plus touché par les féminicides. Par contraste avec ces chiffres, il y avait une mobilisation du secteur associatif et institutionnel très forte. Ces acteurs avaient envie d’agir à l’échelle intradépartementale, de fluidifier les parcours des femmes victimes, de mieux travailler ensemble. On s’est donc dit qu’il nous manquait un lieu d’observation des phénomènes et de compréhension des différentes modalités de leur expression. L’idée était de comprendre pour mieux agir. Observer, comprendre, agir, c’est le triptyque de l’Observatoire. Piloté par le Département, l’État, la CAF et l’université Paul-Valéry, sa spécificité est de croiser des regards. À la fois ceux des premières concernées, le regard des professionnels de première ligne et celui d’universitaires, d’enseignants-chercheurs qui travaillent sur la sociologie de ces phénomènes pour nous aider à produire de l’action.

    L’Observatoire mène des travaux envers les jeunes, notamment. Ces violences commencent dès le plus jeune âge ?

    S.C. : Oui. Par exemple, un groupe de travail a documenté le fait que les jeunes sont peu captifs de nos campagnes de communication habituelles. Quand on parle de violences conjugales, on l’a vu aussi en les interviewant, ils ne sentent pas concernés, ce sont des choses pour les adultes. Par contre, quand on leur demande s’ils ont déjà géolocalisé leur copain ou copine pour savoir ce qu’il ou elle faisait, la majorité du groupe l’a fait. Les jeunes ne sont pas plus violents qu’avant, mais en regardant de plus près, on voit qu’il y a de la « romantisation de la jalousie ». Par exemple le fait de ne pas aimer voir son copain/copine « liker » le compte d’une autre personne sur les réseaux, c’est plutôt la tendance et du coup l’idée de la possession de l’autre et l’idée d’être possédé par un autre devient un marqueur d’affection, d’amour. L’autre dimension, c’est que – ça prend d’autres modalités d’expression – les réseaux produisent des éléments de suivi des corps en continu, ce qui échappait aux relations sociales avant. Nous sommes donc en train de réfléchir à une mallette pédagogique pour que notre capacité à sensibiliser les jeunes augmente et soit structurée sur le département.

    En 2024, il y a eu 450 100 cas de violences sur l’année, un chiffre qui se stabilise après plusieurs années de forte augmentation. Le résultat des politiques ou de la libération de la parole ?

    S.C. : L’explication est multifactorielle. Ce n’est pas que la parole n’était pas posée, mais parfois elle n’était pas entendue. Et effectivement, grâce au mouvement MeToo, au Grenelle des violences conjugales, etc., on a permis que cette parole soit prise en compte. Pour autant, il faut se dire que la parole des femmes victimes de violences est sous-évaluée. En moyenne, seules 17% des femmes victimes portent plainte. Au sein du département, notre prisme est plus large donc on rentre dans le sujet via l’action sociale, la protection de l’enfance. Dès lors on a une parole qui arrive en dehors de la question du dépôt de plainte. Pour autant, le chantier, pour moi, reste entier : plus de 400 000 femmes victimes de violences en France chaque année. On parle peu aussi des enfants qui sont à côté d’elles et qui sont désormais reconnus victimes par la loi. On a des enjeux de cohésion sociale, de sensibilisation au plus tôt. Il y a des questions sur lesquelles on a avancé, sur la judiciarisation des phénomènes. Pour autant, sur la dimension de prévention, il y a encore beaucoup de travail.

    Les maisons des femmes sont un dispositif mis en place ces dernières années. Est-ce une bonne solution ?

    S.C. : On est vraiment très chanceux puisqu’on est un des seuls départements qui a deux maisons des femmes, à Montpellier et à Béziers. Elles font un travail remarquable. Cette entrée santé est particulièrement opportune. En plus, l’intérêt de ces maisons est que vous avez un médecin, une sage-femme qui vous répondent, il y a une prise en compte du corps parce que le corps chez les femmes victimes de violences dit beaucoup, parfois ce qu’on n’arrive pas à dire avec les mots. Il y a aussi toute une dimension au-delà du soin. Par exemple, la maison des femmes de Montpellier héberge une permanence de l’association Cicade, qui aide les femmes pour le droit des étrangers. Elle héberge le Centre d’information des droits des femmes et des familles (CIDFF), avec des juristes, des conseillères en insertion professionnelle. Donc vraiment l’idée de maison, ça évoque tout de suite l’idée du refuge.

    La société évolue dans le bons sens, mais est-ce assez vite ?

    S.C. : Oui, je crois qu’il faut vraiment porter ce message d’égalité, ce paradigme de l’égalité, à tout endroit. Par exemple, on parle des « nouveaux pères actuellement ». C’est une idée qui est sortie il y a une quarantaine d’années et qui donne à penser qu’il y a une évolution dans les rôles sociaux attribués dans la parentalité. Quand on étudie la question d’un peu plus près, on voit qu’effectivement il y a des rôles et des familles où la question de la répartition des tâches a beaucoup évolué. Mais cette répartition n’est pas tout à fait équitable : plutôt à 35% pour les pères et 65% pour les mères. Les femmes ont aussi la charge mentale de la santé, les pères s’en occupent rarement seuls avec l’enfant, a contrario de la mère. Mais je suis vraiment optimiste, j’ai l’impression que ça bouge, je suis chargée de cours en fac, quand je vois les jeunes générations, je sors de cours un peu boostée avec un optimisme irrésolu, parce qu’ils n’ont plus du tout envie de rester cantonnés à des images, des vieux clichés de virilité y compris pour les garçons, ils n’ont plus envie d’être assignés à ces places.

    Pourtant on assiste à un retour des mouvements masculinistes ?

    S.C. : À chaque fois qu’une société progresse et milite pour l’avancée des droits de minorités – les femmes sont minoritaires au sens sociologique du terme – une part de la société résiste, et là, sur ces courants masculinistes, c’est diffus. Vous allez avoir des revendications autour de pères qui ne seraient pas entendus par la justice, des revendications de jeunes hommes se disant célibataires à cause des mouvements féministes. Donc on va avoir des mouvements protéiformes mais avec un point commun, la remise en question de ce modèle d’égalité de la société et une assignation à des rôles hiérarchisés, qui sont bien entendu en défaveur des femmes. Il faut vraiment être attentif à ces mouvements.

    Propos recueillis par Louis Dupin

    « Les jeunes n’ont plus envie de rester cantonnés à
    des vieux clichés
    de virilité. »

  • Pour sa 33e édition, la Voie est libre fait place nette sur la Corniche

    Pour sa 33e édition, la Voie est libre fait place nette sur la Corniche

    Lancé pour la première fois en mai 2021, le rendez-vous s’est imposé au fil des mois et des années comme un incontournable qui aura marqué le premier mandat du Printemps marseillais. Des quatre coins de la ville, huit fois par an, entre 25 000 et 40 000 Marseillais se pressent le temps d’une journée au rendez-vous de la Voie est libre.

    Ce dimanche, la Corniche se vide une nouvelle fois de ses voitures et autres véhicules à moteur, et fait place nette pour accueillir sa 33e édition. La dernière de l’année 2025. La dernière sans doute avant les élections municipales de mars prochain. De 10h à 17h, ses trois kilomètres de bitume avec leur vue plongeante sur la grande bleue redeviennent un terrain de jeu pour piétons, cyclistes et familles, entre la plage des Catalans et la Marina olympique. À pied, à vélo, à trottinette, ou en rosalie triplettes, quadruplettes, tandems et duos, tous seront à la fête. Des voiturettes électriques faciliteront les déplacements des personnes à mobilité réduite.

    Plus de 200 000 promeneurs par an

    L’initiative qui voulait illustrer à sa création la volonté affichée de la municipalité de repenser ses mobilités et son rapport au littoral a trouvé son public. Un symbole fort pour la 2e ville de France, une commune où la voiture reste reine, une position renforcée par des transports en commun défaillants et des voies de circulation sous-équipées en pistes cyclables.

    Dans ce contexte, piétonniser la Corniche le temps d’une journée ne s’est finalement pas avéré si anodin. L’an dernier plus 230 000 personnes se sont promenées en toute liberté entre le Vallon des Auffes et David. Un engouement lié aussi au fait que la Voie est libre n’est pas qu’un simple laboratoire à ciel ouvert pour imaginer Marseille autrement, sans bruit ni pollution. C’est d’abord un rendez-vous festif.

    Entre randonnées patrimoniales, initiations sportives, concerts et spectacles en déambulation, le rendez-vous se veut animé et populaire. Ce dimanche les visiteurs pourront aussi découvrir la Fresque du climat et participer à des ateliers « Marseille 2030 », qui interrogeront l’avenir de la ville face aux défis environnementaux. Comme chaque fois, food-trucks et espaces ludiques ponctueront le parcours, tandis que des artistes comme les compagnies les Oiseaux perchés, Circula octopulse et Bayou l’animeront.

  • Les agents des Flamants interpellent le Préfet pour être regroupés sur Arenc

    Les agents des Flamants interpellent le Préfet pour être regroupés sur Arenc

    La voix est fatiguée mais la détermination reste entière. Après avoir occupé jusqu’à 4 heures du matin, vendredi, les anciens locaux de la Direction générale adjointe de la solidarité, à Arenc, les agents de la Maison départementale des Solidarités des Flamants ont repris leur travail depuis le siège du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône. « On veut être relogé temporairement là-bas. Il y a quatre étages de libre, une salle d’attente, des bureaux, c’est l’idéal », explique une travailleuse sociale.

    « Unité de lieu protégeante »

    Le 13 octobre dernier, ces agents du Département s’étaient mis en grève après des menaces de mort proférées contre un membre de l’équipe par le réseau de narcotrafic implanté sur le secteur. Depuis, la structure était fermée l’après-midi. Puis un nouvel incident, début novembre, avait eu pour conséquence leur rapatriement à l’Hôtel du département. Mais les réponses apportées par le Conseil départemental, l’assurance de patrouilles de police, l’installation de caméras et le réaménagement de la liaison piétonne, ne satisfont personne. « Deux caméras… c’est une plaisanterie », glisse Valérie Marque, la responsable de la CGT.

    « Nous on reste sur nos positions. On n’a pas dormi de la nuit, on va voir avec les collègues, on agit au jour le jour, mais on n’a pas le choix », reprend cette dernière, précisant qu’une Assemblée générale est prévue lundi. « Elles répondent toujours au téléphone et essaient de se dépatouiller. Mais la Collectivité s’était engagée à nous mettre sur Arenc l’après-midi, c’est que c’est possible. »

    « On veut retourner aux Flamants mais le temps que cela se calme, on souhaite pouvoir travailler dans une unité de lieu protégeante. Les agents sont ciblés par le réseau, ils les connaissent ou leur ont fait des menaces et des intimidations. Des gardiens encore ont été menacés… Ils nous demandent de nous calmer parce que ça parasite leur trafic », explique encore la déléguée syndicale.

    Les services préfectoraux ont été saisis afin que le Préfet « intercède » auprès de Martine Vassal, la présidente (DVD) du Conseil départemental et de son cabinet. La situation serait presque un cas d’école alors que les pouvoirs ont le devoir de répondre au défi que lance les narcotrafiquants à la République assurait ce jeudi, le ministre de l’Intérieur, venu à Marseille pour rassurer une semaine après l’assassinat de Mehdi Kessaci.

    « On parle d’union sacrée depuis ce dramatique évènement, c’est le moment de voir ce qu’il en est », conclut Valérie Marque. « Pour que le service public dû aux habitants se fasse, il doit être garant d’un lieu. La visite d’un côté, les services de l’autre, ce n’est pas possible. Il faut une unité, c’est cela respecter les habitants. On est tous à Arenc, on reçoit tout le monde à Arenc. »

  • Appel au soutien bénévole des jeunes de l’ASE

    Appel au soutien bénévole des jeunes de l’ASE

    Confiés à l’Aide sociale, à leur sortie du dispositif lors de leur majorité, les enfants ont 70% de chances de quitter l’école sans diplôme, 45% de chances d’être au chômage et 40% d’être SDF. Pour que ces statistiques ne deviennent pas une fatalité, Les Ombres se positionnent en soutien des 25 000 éducateurs, qui ne comptent pas leurs heures en raison de sous-effectifs.

    « Nous menons un accompagnement académique et professionnel auprès de ces jeunes, nous mettons des mentors bénévoles et formés en contact avec des jeunes, afin de les accompagner dans leur recherche de formation ou d’emploi, la réalisation de CV, l’inscription sur Parcoursup… », explique Ana Baldy responsable de la communication. Malheureusement, les besoins augmentent et les bénévoles manquent, notamment à Marseille.

    De belles réussites sont à la clé. Sidiké, 18 ans, avait d’énormes lacunes en mathématiques. À raison de deux heures de soutien par semaine, « il a fait d’énormes progrès en quelques mois », témoigne Yousra, ingénieur en informatique, qui a rejoint l’association en juillet dernier et a trouvé dans cet accompagnement « un plaisir intense ». Il a intégré une formation en alternance en mécanique automobile et se révèle « très motivé et réceptif » aux enseignements, atteste cette bénévole marseillaise qui ne peut « qu’encourager » d’autres belles volontés à se manifester.

    Contact : les-ombres.com

  • Une fête pour offrir un Noël aux enfants placés

    Une fête pour offrir un Noël aux enfants placés

    Une comédie musicale, un goûter de Noël, une distribution de cadeaux et de nombreuses animations en présence de personnalités engagées qui soutiennent l’association. C’est ce qu’ont contribué à mettre dans la hotte de ce père Noël solidaire, les bénévoles d’Enfance et Partage, pour la plupart éducateurs dans des foyers et maison d’enfants.

    Cet après-midi réunira des enfants issus de plusieurs maisons d’enfants du département, dont le plus jeune, âgé de 2 ans et demi. « Les enfants placés que nous accompagnons ont tous vécu des histoires marquées par la violence, le manque, les abandons, les déplacements incessants et l’insécurité affective, explique Corinne Aiache, la responsable de l’association, beaucoup n’ont jamais connu un vrai anniversaire, un Noël serein, une fête familiale ou un simple moment où ils pouvaient être des enfants comme les autres. Ils arrivent souvent avec peu d’affaires, peu de repères, peu de confiance, mais énormément de courage. » Ainsi les moments de joie, de respiration et de reconstruction que permet de leur procurer les actions de Sourire et partage se révèlent essentiels à leur équilibre. D’autant que « pour beaucoup, ce sera leur premier vrai Noël ».

    Une parenthèse dans un contexte dramatique

    L’opération intervient dans un contexte alarmant pour la protection de l’enfance. Depuis plusieurs mois, les professionnels de la protection de l’enfance, sclérosés par les injonctions contradictoires et le silence du Département, alertent : manque de moyens humains et matériels, structures saturées, difficultés à répondre aux besoins fondamentaux des jeunes, personnels épuisés, difficultés à recruter, situations de détresse qui se multiplient. « Et les enfants placés sont les premiers à en payer le prix », regrette Corinne Aiache. C’est d’ailleurs ce constat qui est à l’origine de la création de l’association, il y a un an et demi.

    Pour que l’événement soit des plus réussi, et qu’il ait lieu dans les meilleures conditions possibles, Sourire et Partage lance un appel urgent à la solidarité. « Chaque geste compte. Chaque don transforme réellement le quotidien d’un enfant. Sans la solidarité des citoyens, des entreprises et des médias, cet Arbre de Noël ne pourrait tout simplement pas exister. » Car c’est par des collectes réalisées toute l’année auprès d’entreprises et de particuliers pour réunir de quoi répondre aux besoins des enfants accueillis dans les Mecs, que fonctionne la jeune association.

    C’est ainsi qu’en mai dernier une grande fête avait pu avoir lieu dans le parc de Château-Fontainieu, réunissant près de 120 minots dans le 14e arrondissement. Sourire & Partage « remercie par avance toutes les personnes qui contribueront à offrir un Noël à ceux qui n’en ont jamais eu. Grâce à vous, nous pouvons écrire avec eux des pages plus douces, plus belles, plus humaines ».

    Pour des raisons de sécurité, de confidentialité et de protection des enfants placés, l’accès se fait uniquement sur confirmation préalable : corinne.elvi@hotmail.fr

  • Victime d’Hiroshima dans le ventre de sa mère

    Victime d’Hiroshima dans le ventre de sa mère

    L’arme nucléaire n’a pas sa place dans l’humanité », martèle Hideto Matsuura. Il est l’un des plus jeunes survivants de la bombe atomique. Le 6 août 1945, lorsque l’arme nucléaire est larguée par les États-Unis sur la ville d’Hiroshima, le bientôt octogénaire était dans le ventre de sa mère. Quelque 6 500 personnes ont été exposées de la même façon. Ils sont ce qu’on appelle des hibakusha, terme utilisé pour désigner les victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki.

    Le jour où, sous ordre d’Harry S. Truman, les Américains ont lâché la bombe sur les terres nippones, la mère d’Hideto Matsuura était seule, à l’arrière de sa maison. Son père était déployé sur le front, où le Japon combattait au sein de l’Axe. « Elle a vu un flash bleu et en même temps un grondement venant de la terre. La première chose qu’elle a faite, c’est essayer de retourner dans la maison, mais en le faisant, elle s’est évanouie. » Lorsqu’elle reprend connaissance, un énorme morceau de verre est logé dans sa cuisse ensanglantée ainsi que dans sa tête, sur son visage. L’habitation est en ruines, les vitres sont brisées, le toit est détruit. « En une fraction de seconde, plusieurs dizaines de milliers de vies ont été prises », relate l’homme dans son costume noir à fines rayures. Au total, les victimes des bombardements sont estimées entre 100 000 et 200 000 morts.

    Sans compter celles qui ont subi des séquelles liées aux radiations. « L’arme nucléaire est terrifiante et cela ne s’arrête pas à la destruction qu’elle peut causer. Des gens qui avaient réussi à fuir sans une égratignure et sans aucune brûlure ont commencé du jour au lendemain à présenter des marques violettes et tomber malade. De plus en plus de gens ont commencé à mourir », rappelle-t-il et insiste « les radiations n’ont pas d’odeur, ni de couleur, on ne peut pas les sentir ni les voir ». « Par chance, je n’en ai aucune », confie celui qui fêtera dans quelques jours ses 80 ans.

    À l’époque, les autorités minimisent : « Étant donné que les bombardements faisaient partie de la guerre avec les États-Unis, le gouvernement japonais ne les a rapportés que comme des bombardements, comme il y en avait tant d’autres lors de la guerre, et a interdit tout autre communiqué », raconte Hideto Matsuura. Les hibakushas vivent dans l’extrême précarité, peinent à trouver de quoi se nourrir, se soigner. Pointés du doigt car considérés comme contagieux, ils vivent comme des marginaux. Ces derniers fondent en 1956 Nihon Hidankyo, la confédération japonaise des organisations de victimes des bombes A et H, dont M. Matsuura est membre du conseil exécutif. Ce combat inlassable pour interdire l’arme nucléaire leur a valu de remporter le Prix Nobel de la paix en 2024. Son récit et celui des derniers hibakushas, précieux et rares, seront partagés en Paca et en Occitanie à l’occasion de leur tournée française*. « Continuons à lutter ensemble jusqu’à ce que le monde soit débarrassé des armes nucléaires », clame-t-il.

  • Ineos investit 250 millions dans son site de Lavéra

    Ineos investit 250 millions dans son site de Lavéra

    Ineos fait office d’exception. Le groupe pétrochimique britannique est l’un des rares du secteur qui continue d’investir sur le continent européen, distancé par la Chine et les États-Unis. Mercredi 19 novembre, il a annoncé injecter 250 millions d’euros dans son vapocraqueur de Lavéra, pour moderniser l’un des sites industriels les plus importants du pays, préservant ainsi 10 000 emplois (2 000 directs et 8 000 induits). L’objectif : « Maintenir l’efficacité opérationnelle et la fiabilité au plus haut niveau, tout en améliorant l’efficacité énergétique et en réduisant les émissions de gaz à effet de serre », explique la direction, qui prévoit par exemple de remplacer « un système d’échangeur obsolète ». Ces investissements s’étendront sur la période 2025-2026 dans le cadre du grand arrêt de maintenance du site.

    Contactée, la CGT ne souhaite pas réagir dans l’immédiat. Pour le moment, le syndicat « analyse concrètement l’annonce et recoupe avec les informations obtenues en interne ».

    Ineos attend un réveil

    de l’Europe

    Le groupe bénéficie d’un soutien de l’État, par l’intermédiaire de Bpifrance Assurance Export, pour améliorer l’efficacité et réduire l’empreinte carbone de ses installations. La banque publique d’investissement garantit la moitié du prêt contracté par Ineos auprès de deux banques, BNP Paribas et ING. Une aide saluée par le patron et fondateur d’Ineos, Jim Ratcliffe : « La France fait preuve d’un véritable leadership industriel. Le gouvernement a bien compris que sans un secteur manufacturier solide, l’Europe vacillera. » Il avertit néanmoins : « Ineos investit à Lavéra parce que nous croyons en ce site, en ses employés et en son avenir, mais l’Europe doit se réveiller. »

    Le dirigeant pointe « les prix élevés de l’énergie », trois à quatre fois supérieurs à ceux de la Chine et des États-Unis, « la surréglementation et les coûts punitifs du carbone » qui « menacent sérieusement la compétitivité et la pérennité de l’industrie européenne ».

    À l’avenir, Ineos entend poursuivre un programme de décarbonation qui engendrera des changements d’outils structurants, mais cela « dépendra d’un soutien accru de l’État français pour concrétiser ces ambitions », prévient la direction.

  • Les salariés d’Alinea entre lassitude et espoir

    Les salariés d’Alinea entre lassitude et espoir

    Aujourd’hui on ne sait pas du tout vers quel scénario on se dirige, c’est l’inconnu. C’est ce qui stresse un peu les salariés, même si Alinea a été placée en redressement judiciaire et non en liquidation », réagit, vendredi, Sébastien Laisne, délégué syndical. La veille, le tribunal de commerce de Marseille a en effet placé l’enseigne Alinea, qui regroupe 35 magasins et 1 172 salariés, en redressement judiciaire. La période d’observation a été fixée à six mois, jusqu’au 20 mai 2026. Les dettes d’Alinea, propriété de la « galaxie Mulliez », s’élèvent à 10,9 millions d’euros, mais elle dispose encore de trésorerie.

    « Il y a un potentiel »

    Sébastien Laisne reprend : « C’est notre deuxième redressement judiciaire en cinq ans [en 2020, 17 magasins sur 26 avaient été fermés et près de 1 000 salariés licenciés sur 1 800, Ndlr]. Tout au long de ces années, les salariés ont fait des efforts, alors il y a un peu de lassitude. Mais il y a le sentiment dans la société qu’il y a un potentiel, notamment la spécificité de nos produits qui s’inspirent de la Provence. » Parmi les causes qui ont conduit à ce nouveau redressement, il pointe : « L’enseigne fondait de grands espoirs sur l’absorption des magasins Zodio pour avoir la “taille critique” c’est-à-dire être à l’équilibre financier et générer des bénéfices. » Suite à cette reprise, le chiffre d’affaires estimé était « basé à 4 000 euros par mètres carré, mais il est tombé aujourd’hui à environ 1 300 euros ». Le président du tribunal a souligné que « le changement d’orientation marketing, plusieurs fois, a pu brouiller le message auprès de la clientèle. » Il a aussi relevé que « les prix de certains produits étaient un peu élevés, notamment après la conjoncture Covid et la consommation en berne ». D’ici le 12 janvier, l’enseigne devra présenter au tribunal « des pistes sérieuses de restructuration ».

  • Le Département de Vaucluse a encore de la chair budgétaire autour de l’os

    Le Département de Vaucluse a encore de la chair budgétaire autour de l’os

    La Gironde qui frise la mise sous tutelle avec un budget déséquilibré de 112 millions d’euros, la dette des Bouches-du-Rhône qui a explosé en dix ans (+244%), la litanie des conseils départementaux « en grande difficulté » est longue. « Le modèle économique des départements se désagrège là où la gestion n’a pas été solide », constate Dominique Santoni, présidente (LR) du département de Vaucluse, au moment ce vendredi, d’ouvrir la séance plénière largement consacrée au rapport d’orientations budgétaires.

    Un sombre tableau global qui permet, à l’inverse, de mettre en lumière que « le Vaucluse n’est pas dans cette situation, nos indicateurs financiers restent globalement positifs et solides ». « Nous avons un endettement et une capacité de désendettement inférieure à la moyenne et un investissement par habitant supérieur », se targue Jean-Baptiste Blanc, vice-président LR en charge des finances. Et la majorité de droite compte bien maintenir un « faible endettement ». C’est d’ailleurs l’un des trois piliers des orientations 2026.

    La gauche dubitative

    sur le RSA

    Un « pôle de stabilité » proclamé qui passe par la contraction des dépenses de fonctionnement, et donc une baisse du nombre d’agents. Pan sanctuarisé, celui de l’investissement à 132 millions d’euros dont l’aide aux communes (28,4 millions d’euros). « Nous maintiendrons nos subventions », insiste aussi Dominique Santoni. Histoire de ne pas rester sur une sensation de légère rigueur, la présidente annonce augmenter les dépenses sociales « de 12 millions d’euros pour atteindre 258 millions d’euros ». Attaquée ces derniers mois sur l’aide sociale à l’enfance (ASE) avec, en toile de fond, la réorganisation au sein du centre départemental enfance famille, la présidente érige le dossier en priorité. « Protéger les enfants, ce n’est pas une ligne budgétaire, c’est une responsabilité morale : j’ai décidé de reprendre personnellement la délégation de l’ASE », s’enorgueillit-elle, au moment où devant l’Hôtel du département, la CGT manifestait sur le sujet (lire ci-contre).

    Deux types d’interventions ont ensuite animé ce ROB. Des propos plutôt d’ordre général sur la politique nationale et le rôle même des départements : « On fait perdre beaucoup d’influence aux départements, on voudrait les tuer que l’on ne s’y prendrait pas autrement », estime Anthony Zilio, maire (SE) de Bollène. Jean-François Lovisolo, macroniste repenti, aura une intervention du même acabit. « On ne peut être que très inquiet sur le devenir de la collectivité », pense l’ex-député. À gauche, c’est le social qui domine : marotte de l’opposition, le RSA a été soulevé par Samir Allel (EELV) et Rémy Blanc (PCF). Alors que Dominique Santoni se targue d’un « succès sur le taux de retour à l’emploi de 60% après un an », les deux élus de gauche émettent de forts doutes. « Je ne peux pas croire que dans le contexte actuel de grande précarité, autant d’allocataires retrouvent un emploi », se montre sceptique Samir Allel. Rémy Blanc aussi soulève ce « paradoxe » entre « niveau de pauvreté, faible dynamisme d’emploi et remontées du terrains », se demandant si cette baisse n’est pas liée « à des radiations arbitraires ».