Author: tecnavia

  • Hérault : l’État signe l’arrêt de mort d’une association jugée trop critique

    Hérault : l’État signe l’arrêt de mort d’une association jugée trop critique

    Les mines sont graves et les gorges, nouées. Au 31 décembre, l’action menée depuis 10 ans par Area auprès des habitants des bidonvilles de Montpellier prendra fin. Le temps qu’un autre opérateur prenne le relais, 400 personnes en situation de grande précarité se retrouveront donc sans accompagnement social. Et les dix salariés de l’association, en liquidation judiciaire, seront licenciés.

    Ainsi en a décidé la préfecture de l’Hérault en ne renouvelant pas la convention annuelle qui la lie à Area. Un arrêt du financement de l’État qui entraîne la perte de l’ensemble des autres subventions (Fonds social européen, mairie, CAF, ARS, Drac) adossées à cette mission sur les bidonvilles.

    Entourée de représentants du monde associatif et de personnes accompagnées venus la soutenir, l’équipe a tenu à dénoncer publiquement, le 26 novembre, cette décision lors d’une conférence de presse où se sont tour à tour exprimées colère, inquiétude et émotion. Car « il ne s’agit pas d’un choix budgétaire, mais d’une décision politique de rétorsion », souligne Catherine Vassaux, administratrice et ancienne directrice d’Area. « Il nous est clairement reproché d’avoir une position trop critique, c’est pour ça que nous sommes sanctionnés. Ça nous a été dit par les services de l’État à plusieurs reprises et ça nous a aussi été écrit », assure-t-elle.

    « Vous m’avez indiqué que l’association se positionne dans une posture critique des institutions à des fins d’amélioration continue de l’accompagnement des personnes en difficulté sociale sur les bidonvilles. Cette posture a amené à plusieurs reprises mes équipes à s’opposer à vos positions, depuis plusieurs années, tout en acceptant de continuer à financer la mission d’accompagnement au vu de vos résultats », écrit le directeur départemental de l’emploi, du travail et des solidarités de l’Hérault dans un courrier en date du 30 septembre – dans lequel il reconnaît la qualité du travail de l’association. « Aujourd’hui votre posture sur l’opération de résorption du bidonville de Jasse de Maurin ainsi que vos déclarations dans la presse et celles de votre équipe démontrent l’incompatibilité de votre position avec un financement de l’État », poursuit-il. Trop critique, donc.

    « Les pouvoirs publics

    en donneurs d’ordre »

    « Cette décision est prise aux dépens du travail social », déplore Catherine Vassaux. L’État finance en effet six des dix postes d’Area (les 4 autres dépendent d’autres subventions). « Ça veut dire que si une association ou un opérateur prend la suite de notre action, il y aura moins d’accompagnement social, puisqu’il y aura pratiquement 40% de financements en moins. » Selon l’ancienne directrice de la structure, ce qui arrive à Area n’est pas un cas isolé. « De plus en plus d’associations sont sanctionnées suite à des prises de position critiques. L’Observatoire des libertés associatives a rendu en juin dernier un rapport qui révèle que 30% du secteur associatif a été sanctionné pour des positions qui ne convenaient pas à l’administration. »

    « Longtemps, dans le travail social, les projets ont été portés par les associations sur la base de ce que qu’elles constataient sur le terrain. Les pouvoirs publics, eux, finançaient ces projets et leur mise en œuvre. Désormais, ils se positionnent en donneurs d’ordre qui attendent des associations qu’elles soient des prestataires », dénonce Damien Nantes, administrateur d’Area. « Ça a des conséquences directes sur le travail social, car on a des dispositifs imaginés par des personnes éloignées du terrain, qui demandent aux associations de les appliquer à la lettre. Or l’accompagnement social est le fruit d’une interaction entre les travailleurs sociaux et les personnes accompagnées. Les dispositifs doivent s’adapter aux besoins des gens. Aujourd’hui on fait l’inverse : on demande aux travailleurs sociaux d’adapter les personnes aux dispositifs », s’agace-t-il. L’association a donc pointé, au cours de ses dix années d’expérience sur les bidonvilles, ce qu’elle estimait être des erreurs, des points faibles ou des manquements. « 10 ans de tensions permanentes sur des sujets récurrents », soupire le directeur de l’association, José Lagorce, visiblement éprouvé. « On nous dit qu’on est une association militante. Mais ce que fait Area, c’est simplement utiliser Légifrance pour demander l’application d’un droit », poursuit-il. « Sur le bidonville de l’avenue de Maurin, par exemple, il y a des personnes qui relevaient de la stabilisation ou du CHRS auxquelles on a refusé l’entrée dans ces dispositifs en raison de l’irrégularité de leur séjour, alors que cette question ne devait pas se poser. Ça veut dire qu’on laisse en errance des gens qui n’auront d’autre choix que d’aller reconstruire un bidonville ailleurs. Ces exemples se multiplient », assure José Lagorce. « Ce qui nous arrive et arrive à d’autres associations en France va se multiplier. Il faut faire en sorte que notre exemple ne provoque pas de la peur, mais donne envie de résister. »

    Reste l’énorme gâchis humain causé par cette décision brutale. Car « au-delà de la vacance de l’accompagnement, c’est aussi un lien qui va être perdu. Un lien de confiance, ça ne se crée pas en quelques jours parce qu’on signe un financement avec un prestataire quelconque. Ça se construit dans le temps », insiste Damien Nantes. La preuve par les témoignages émus livrés à la fin de la conférence de presse. « J’ai 27 ans. Voilà plus de 10 ans que je suis accompagnée par Area. Ils font partie de mon histoire. J’ai habité plusieurs années sur le bidonville du Zénith. Ils m’ont aidée à trouver du travail et un logement. Je suis là pour les remercier », déclare une jeune femme au bord des larmes. « Mes premiers pas à l’école, c’était avec eux. Grâce à eux, je suis allé jusqu’au bac, alors que je voulais arrêter. Ils m’ont trouvé un logement social. Ça fait des années qu’ils suivent ma famille, qu’ils se battent pour nous. Ce sont des éducateurs exceptionnels. Je n’arrive pas à croire que le travail de cette association s’arrête », renchérit un jeune homme. Le cri du cœur. Le plus bel adieu.

  • Hideto Matsuura : « L’arme atomique ne doit plus être utilisée »

    Hideto Matsuura : « L’arme atomique ne doit plus être utilisée »

    Devant 150 élèves du lycée Jean-Baptiste-Dumas (JDB) d’Alès (et d’une classe japonisante du lycée Prévert), Hideto Matsuura a fêté ses 80 ans le 25 novembre face à un public qui n’a pas manqué de le féliciter. Matsuura est en effet né en novembre 1945, soit un peu plus de quatre mois après que les États-Unis ont largué la première bombe atomique sur Hiroshima. Le 6 août, sa mère enceinte se trouve alors dans sa maison en bois, à trois kilomètres de l’impact lorsque la bombe explose. Elle perd connaissance et lorsqu’elle se réveille, « le toit et le plafond ont disparu ». « Les vitres ont explosé et un gros morceau de verre était planté dans sa cuisse », a-t-il raconté aux élèves alésiens. Deux jours après le bombardement, sa mère quitte Hiroshima pour se réfugier chez ses parents de l’autre côté de la mer intérieure.

    Lui ne souffrira d’aucune séquelle. « J’ai la chance de ne pas avoir de grands problèmes mais autour de moi, beaucoup en ont eu. J’ai toujours eu le sentiment d’avoir la bombe dans mon corps. J’avais toujours cette inquiétude que des problèmes puissent se révéler à tout moment. J’ai trois enfants et lorsque j’ai eu mon premier, j’étais inquiet qu’il ait un problème », a-t-il expliqué au lycée JBD. Les élèves ont ensuite eu l’occasion de lui poser des questions, avant que certains d’entre eux ne lisent Moi Ota, rivière d’Hiroshima de Jean-Paul Alègre.

    Que ce soit au Prolé de Nîmes le lundi 24 novembre, lors des deux réunions publiques organisées par le Mouvement de la paix à la Bourse du travail d’Alès le lendemain et à Saint-Martin-de-Valgalgues le 26, ou face aux lycéens alésiens, Hideto Matsuura a surtout délivré un message de paix et tenté de convaincre ses auditoires de s’engager pour l’interdiction des armes atomiques. Pour cela, il était accompagné d’autres Hibakusha (terme qui désigne les victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki) qui ont reçu le Prix Nobel de la paix l’an dernier.

    « Cette arme ne doit plus être utilisée. Les humains ne peuvent cohabiter avec l’arme nucléaire », a-t-il martelé à plusieurs reprises. « En un instant, des dizaines de milliers de vies ont été emportées. La bombe atomique est une arme terrifiante. Mais la terreur de la bombe ne réside pas que dans sa puissance destructrice. Je tiens à dénoncer la cruauté invisible des radiations. Les personnes qui avaient réussi à s’enfuir ont soudainement eu des taches violacées, de fortes fièvres, elles ont commencé à saigner abondamment des yeux, des gencives, des oreilles et sont mortes les unes après les autres. Parmi les victimes, des milliers n’étaient pas dans la ville. Des militaires ou des civils venus porter secours aux victimes sont morts. Les radiations ont tué 140 000 personnes à Hiroshima et 70 000 à Nagasaki », a-t-il détaillé tout en demandant à ce que la France -toujours dotée de 300 têtes nucléaires- signe le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires. « Je continuerai à me battre contre ces armes jusqu’à ma mort », a-t-il promis.

  • Nîmes : Vincent Bouget en tête des municipales dès le 1er tour

    Nîmes : Vincent Bouget en tête des municipales dès le 1er tour

    « Dans une triangulaire, c’est gagnable pour la gauche à Nîmes. Tout est possible… y compris une victoire du RN. » À l’analyse du sondage de l’institut Quorum pour le Réveil du Midi, Michel Crespy se montre prudent.

    Pour le politologue montpelliérain, dans cette étude réalisée par téléphone du 3 au 19 novembre auprès de 804 Nîmois issus d’un échantillon (méthode des quotas) de 1 180 personnes représentatives de la population de la capitale gardoise, tout suggère que les jeux sont ouverts.

    Pour commencer, les estimations sont très serrées dans chaque configuration. Au 1er tour, la liste d’union de la gauche (hors LFI : 6%) de Vincent Bouget (28%) arriverait légèrement en tête devant le RN (27%). Soutenu par le maire sortant Jean-Paul Fournier, Franck Proust (22%) serait en difficulté dans l’optique où la macroniste Valérie Rouverand (9%) et l’ex-premier adjoint déchu, Julien Plantier (8%), partiraient en ordre dispersé. Si ces deux-là s’unissaient, leur score (22%) leur permettrait de devancer Frank Proust encore plus affaibli (18%) mais pas de talonner Vincent Bouget (30%) qui aurait encore le RN derrière lui (25%). La seule configuration où le communiste n’est pas donné en tête (29%), c’est si F. Proust et J. Plantier finissaient par s’allier dès le 1er tour (31%). Au vu des noms d’oiseaux qui ont fusé ces derniers mois entre les deux hommes de droite, c’est loin d’être fait. Si leurs ego étaient mis de côté, le RN suivrait en 3e position (24%), puis loin derrière V. Rouverand (11%) et les Insoumis François Tardieu et Leïla Taamali (5%).

    Les projections du 2e tour sont tout aussi indécises. Qu’il s’agisse d’une triangulaire ou d’une quadrangulaire*, F. Proust n’est donné vainqueur que d’un cheveu. Il l’emporterait avec 38% contre V. Bouget (36%) et le RN (26%) ou bien avec 30% devant l’union de la gauche (29%), l’extrême droite (25%) et J. Plantier (16%). Compte tenu de la marge d’erreur qui peut varier de 1,7 à 4,2 points, tout reste à faire durant la campagne.

    « Pas de prime au sortant »

    Cette étude peut-elle inciter la droite à s’unir ? « Ça dépend de la psychologie des candidats. Certains sont prêts à aller jusqu’au bout quitte à faire perdre leurs proches », rappelle Michel Crespy. Il pense aussi que les candidats sont peu influencés par un sondage local. « Ils croient connaître le terrain, ils rencontrent des gens dans la rue et leur font confiance ».

    Ce qui est sûr, c’est qu’il n’y aura pas de prime au sortant. « Souvent un maire sortant a pu désigner un dauphin qui a raté la marche. Aux Municipales, on vote d’abord pour une personne, être béni n’a pas beaucoup d’importance », assure M. Crespy.

    Il y a une autre inconnue : qui mènera la liste RN que la rumeur promet à l’ancien maire de Beaucaire, Julien Sanchez. « Je ne pense pas que le nom de la tête de liste change grand-chose pour l’électorat du RN, qui vote avant tout pour Le Pen ».

    Si le paysage politique n’est pas figé et que la campagne débute à peine, cette étude confirme un vrai élan en faveur de la liste Nîmes en commun donnée 10 points au-dessus du score de 2020. « Nous sentons une dynamique qui dépasse le cercle des convaincus. L’union fait du bien et donne confiance », positive V. Bouget.

    * 10% des suffrages exprimés sont nécessaires pour se maintenir au 2e tour, 5% pour fusionner.

  • Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Hydrogène, fret : le port de Sète se modernise

    Sète est une île singulière mais son port (maritime, pêche, plaisance), est loin d’être isolé. 18 ans après en avoir acquis la gestion auprès de l’État, la Région Occitanie poursuit la modernisation et la décarbonation du plus grand port d’Occitanie.

    Depuis l’arrivée de Carole Delga (PS) à la tête de la Région en 2016, pas moins de 600 millions d’euros ont déjà été investis avec les partenaires privés (290 ME). Ils ont déjà permis la réfection des quais (H, Mailhol), la rénovation du môle Masselin, la modernisation de la Criée ou la réhabilitation du canal du Rhône à Sète. Résultat : un trafic doublé (6 millions de tonnes de marchandises), un chiffre d’affaires d’un milliard d’euros et plus de 2 300 emplois au lieu de 1 500 en 2015.

    À en croire la présidente de Région, qui prévoit de réinjecter 150 millions d’euros dans les ports d’ici 2030 et créer 200 emplois directs, ce n’est que le début. Avec la livraison de l’usine de transformation d’hydrogène vert et l’éolien flottant à Port-la-Nouvelle (Aude), le développement du port de Sète-Frontignan forme un binôme qui s’inscrit dans une « stratégie portuaire globale cohérente » qui doit participer à l’objectif que l’Occitanie devienne la première région d’Europe à énergie positive d’ici 2050. « La transition énergétique n’est pas une contrainte mais une opportunité pour inventer le port de demain et réindustrialiser notre pays », abonde Philippe Malagola, président du port.

    Le 25 novembre, la triple inauguration a été célébrée comme un tournant. D’abord Sète s’est dotée d’une drague Hydromer capable de nettoyer les ports et petits bassins de plaisance jusqu’à 36 mètres de profondeur. Construit à Concarneau, le navire de 70 mètres de long peut transporter jusqu’à 1 500 m3 de sédiments. En service depuis un an déjà, la drague a récupéré 440 000 m3. Il s’agit d’une « drague hybride à hydrogène au top des normes environnementales », se félicite le capitaine David Lenoble. Pour amortir son coût essentiellement financé par la Région (26,75 millions d’euros sur 30), la drague sera louée 3 mois de l’année à d’autres ports de la façade méditerranéenne.

    22 500 camions de moins

    Dès l’été 2026, un dispositif hydrogène (produit à Port-la-Nouvelle) sera implémenté à la drague, d’où « une réduction de 25% des émissions de gaz à effets de serre », se réjouit Carole Delga. Un outil complémentaire de l’électrification des quais H, G et du môle Masselin (7 millions d’euros). En attendant d’équiper le quai d’Alger pour raccorder les navires de croisière, ce sont déjà 4 800 tonnes de CO2 évitées chaque année, soit l’équivalent des émissions de 1 800 foyers. « L’électrification des quais sera obligatoire en 2030, on a 5 ans d’avance », insiste Carole Delga.

    Enfin, le port de Sète-Frontignan s’est doté pour 19,4 millions d’euros d’un nouveau terminal ferroviaire. Grâce à la technologie française Modalohr, le chargement horizontal permet de se passer de grues. Autant de gain de temps et de coûts. Gérée par VIIA, l’infrastructure permettra de transporter 22 500 semi-remorques entre Sète et Calais au lieu de 15 000 jusqu’ici (objectif à terme : 40 000/an). Un report modal vers le fret ferroviaire qui, là encore, limitera les camions sur les routes et éliminera 30 000 tonnes de CO2 dans l’atmosphère. Un dispositif innovant qu’est venu saluer le nouveau patron de la SNCF, Jean Castex. L’occasion pour l’ancien Premier ministre de rappeler qu’en 2020, il avait accordé dans son plan de relance « des crédits » sur les mobilités, « en particulier le fret ».

  • Top 14 : le RC Toulon débute son marathon face à Montauban

    Top 14 : le RC Toulon débute son marathon face à Montauban

    Le voyage. Une passion pour certains, un cauchemar trop fréquent pour des Toulonnais certes privés d’une vingtaine de joueurs, mais qui ont complètement coulé en fin de match face au Stade Français, dimanche dernier (51-24), laissant même aux Franciliens le luxe d’aller chercher un bonus qui leur permet de désormais devancer les Varois au classement. Même si Pierre Mignoni voulait voir le positif en soulignant que ses joueurs avaient « tenté des choses », l’opération demeure négative pour un RCT bouté hors du top 2 espéré, et qui sait qu’il devra cravacher pour retrouver sa place dans un Top 14 resserré, plus que jamais disputé à couteaux tirés.

    à froid, l’entraîneur toulonnais livre une autre analyse, reconnaissant une certaine contrariété vis-à-vis de cette erreur de parcours : « On était agacé, pas que moi, les joueurs aussi j’espère. C’est le premier vrai faux pas de la saison, je ne vais pas en reparler. » Le rebond apparaît donc comme nécessaire, pour ne pas laisser place au doute : « Le mot d’ordre de cette semaine était se concentrer sur nous. On s’est donné des objectifs et on repart. On n’est pas devenu nuls comme ça, on n’a pas fait ce qu’il fallait, on le sait. On a une analyse assez objective de notre performance, on sait ce qu’il faut pour ce samedi. » Pour cette mission rachat, le technicien varois pourra compter sur le retour de certains internationaux (Dréan, Serin, Tuicuvu) et de cadres comme Nonu et Priso, ménagés à Paris.

    « Faire en fonction

    des temps de jeu »

    Une quinzaine de joueurs manqueront tout de même à l’appel, parmi lesquels Gros, Brex, White et Garbisi, laissés au repos, et une longue liste de blessés à laquelle se sont ajoutés Ollivon, sorti sur commotion face à l’Australie avec les Bleus, et Gigasvhili, blessé au mollet avec la sélection géorgienne.

    Des aléas malvenus au moment de débuter un bloc de dix semaines, jusqu’au 31 janvier. « On y est habitué chaque année. J’essaie de ne pas mettre tout le monde en vacances au même moment, car ça fait un doublon de plus, et de faire en fonction des temps de jeu. Les internationaux ont besoin de se régénérer. D’autres, comme Gaël (Dréan) et Baptiste (Serin), de jouer, car ils n’ont pas joué depuis La Rochelle. J’essaie de faire au mieux en discutant avec les joueurs, en fonction des besoins de l’équipe aussi », explique Pierre Mignoni.

    D’autant que le RCT a bénéficié d’une semaine de coupure en moins par rapport à ses adversaires : « Je ne cherche pas d’excuse par rapport à Paris. Mais si tu as une semaine de reprise avant, c’est plus confortable, oui. Les joueurs ont bien travaillé, ont fait ce qu’ils ont pu, pour préparer Paris, même si ça ne s’est pas vu, mais aussi Montauban et la Coupe d’Europe », se projette déjà le technicien.

    RCT – Montauban

    11e journée de Top 14

    Samedi 29 novembre, 16h35

    Stade Félix-Mayol, Toulon

    Arbitre : Pierre-Baptiste Nuchy

    RC Toulon : Ametlla, Baubigny, Priso ; Ribbans (c), Javakhia ; Ludlam, Abadie, Mercer ; Serin, Garcia ; Tuicuvu, Sinzelle, Smaïli, Dréan ; Ferté.

    US Montauban : Aouf, Greyling, Pomponio ; Bitz, Ma’afu ; Lezana, Fifita, Wilkins ; Powell, Fortunel ; Vallee, Mathy, Espeut (c), Vici ; Mouchous.

    Repères

    Fainga’anuku en visite au Campus

    Mercredi, l’ancien centre néo-zélandais du RCT (2023-2025), Leicester Fainga’anuku, a profité de la tournée européenne des Blacks pour rendre visite à ses anciens coéquipiers. « Tout le monde était content de le voir. Ça nous touche, ça montre que ses deux années passées ici l’ont marqué. Son enfant y est né, il adore les joueurs. Peut-être qu’il reviendra un jour », glisse Pierre Mignoni.

    Lucchesi de retour face à Bath

    Gianmarco Lucchesi, qui n’a plus joué depuis avril, devrait faire son retour face à Bath, le 14 décembre, pour la 2e journée de Champion’s cup.

  • La Marseillaise hebdo assoit son ancrage en Occitanie

    La Marseillaise hebdo assoit son ancrage en Occitanie

    Sept ans après la création de l’hebdo de La Marseillaise, qui avait succédé au quotidien l’Hérault du jour, c’est une nouvelle page du journal qui s’ouvre en Occitanie. Vendredi soir, au 56, rue de l’Industrie à Montpellier, La Marseillaise a confirmé son assise dans l’Hérault et le Gard en s’installant à sa nouvelle adresse. Lieu de travail, débats et rencontres, cette maison constitue aussi un « pôle médias » avec nos confrères de Divergence et Radio Clapas.

    Devant une centaine de
    fidèles lecteurs, de personnalités du monde syndical et
    associatif, des amis de La Marseillaise et d’élus de Montpellier, du Département et de la Région, la rédactrice en cheffe adjointe, Françoise Verna, a insisté, à trois mois des municipales, sur l’ambition d’être « le journal du débat public au service du droit à l’information plurielle ».

    Face aux « vents mauvais » de l’extrême droite, le directeur éditorial et président, Léo Purguette, a lui réaffirmé les valeurs progressistes de notre titre, né pour contrer l’occupation nazie. « Nous sommes le journal de la paix ». Face à la prédation des forces de l’argent et aux « fake news », il a rappelé son attachement à la « liberté de la presse, à une information vérifiée, de qualité pour éclairer les citoyens ».

    ILS ONT DIT

    Hervé Martin, adjoint au maire de Montpellier

    « La Marseillaise je l’ai connue il y a bien longtemps avec l’Hérault du jour, rue Durand, puis rue de la République. Aujourd’hui, elle s’installe dans ce quartier Restanque en plein renouveau. Ce journal est toujours resté fidèle à la parole de ceux qui sont en lutte.

    Dans les mouvements sociaux, on entend dire “enfin un média qui nous écoute sans nous tordre”. »

    Clara Gimenez, vice-présidente Montpellier Métropole

    « La Marseillaise est un journal précieux dans un contexte guerrier. On a besoin d’un journal qui défende les idées de lutte, de progrès.

    Être fidèle à ses valeurs, ne pas tordre le cou à la réalité, nous aider à défendre l’idée d’une société plus belle, un monde plus juste et pourquoi pas de nouveaux jours heureux. Bonne route et longue vie avec ce nouveau QG ! »

    Christian Bastid, vice-président Département du Gard

    « C’est un journal qui connecte les deux rives du Vidourle et avec qui nous partageons les mêmes valeurs.

    Un hebdo qui dit non à la guerre dévastatrice, oui à la paix. Nous sommes engagés sur des projets de conquête et reconquête pour les habitants et savons qu’on peut compter sur les forces vives de La Marseillaise pour lutter contre les mauvaises idées du RN. »

    Jean Almarcha, conseiller départemental de l’Hérault

    « Le président Mesquida vous avait reçus pour un débat “Protéger la République de proximité”. C’est un grand journal qui a combattu le nazisme, le fascisme et qui continue à s’engager pour la justice sociale, les libertés, la paix. À l’heure de la concentration des médias, la frontière entre l’info et la manipulation est très fine. Ce journal a toujours pris la défense des plus fragiles. »

    Christian Assaf, conseil régional d’Occitanie

    « C’est un moment joyeux et grave dans un moment dangereux. Partout où l’information disparaît, c’est la désinformation qui gagne. Les regroupements de presse aux mains de magnats comme Bolloré sont un danger pour la démocratie locale, notre République et la gauche. La Marseillaise, l’Huma ou Mediapart, qui sont du côté des invisibilisés, nous font honneur. »

  • [Grand entretien] Hugues Aufray : « Mon rôle, c’est celui de fraterniser »

    [Grand entretien] Hugues Aufray : « Mon rôle, c’est celui de fraterniser »

    La Marseillaise : Pourquoi le thème de la fraternité est-il au cœur d’un certain nombre de vos titres depuis 65 ans et le début de votre carrière ?

    Hugues Aufray : Si j’ai chanté ça, c’est que cela a toujours occupé la totalité de mon esprit. Pas en tant que chanteur mais en tant qu’être humain. Lorsque j’étais plus jeune, je voulais faire de la sculpture et je ne me destinais pas du tout à la chanson. Malgré tout, quand j’étais jeune, j’aimais beaucoup chanter à l’église, en chorale car j’ai fait ma scolarité chez les curés, les Dominicains. Nous chantions alors énormément. On avait un professeur de musique qui nous transmettait cela d’une façon incroyable. Il s’appelait Monsieur Bach. C’était un descendant de Jean-Sébastien Bach qui tenait les orgues de l’école de Sorèze [commune du Tarn où il est élevé par sa mère pendant la guerre, jusqu’en 1945, Ndlr].

    L’amour de la musique vous est donc venu en même temps que la religion ?

    H.A. : Chez moi, la musique était liée au christianisme. Moi, je suis chrétien non pratiquant. Je suis agnostique. Je sais que les valeurs fondamentales de l’humanisme, on les retrouve dans le christianisme : la fraternité, la lutte contre le racisme… Après l’aspect négatif de la religion, c’est sa politisation. Ils ont mis de la politique dans les religions, aussi bien dans l’islam que le judaïsme et le christianisme. Mais, à l’origine, si ces religions sont différentes, elles ont quand même le point commun de ne croire qu’en un seul dieu, ce qui ne fait donc pour moi aucune différence entre elles.

    Votre répertoire est aussi marqué par le voyage. D’où provient-il ?

    H.A. : J’ai toujours eu envie de voyager mais je n’en avais pas les moyens quand j’étais jeune. C’était alors la guerre, l’avenir était sombre. Un peu plus tard, j’ai eu le rêve américain en tête. Je lisais des bouquins de Mark Twain et j’étais aussi attiré par leur amour pour la musique.

    Dans les années 1960, vous rencontrez d’ailleurs Bob Dylan et faites partie des premiers Français
    à adapter ses chansons, voire
    l’un des premiers à populariser
    dans l’Hexagone ce type de répertoire anglo-saxon…

    H.A. : À la base, j’ai traduit les chansons de Bob Dylan car je ne comprenais pas ce qu’il disait. Les gens ont souvent perçu cela comme de la facilité mais moi, quand j’étais jeune, je n’avais pas du tout l’intention d’écrire des chansons. Après, pour revenir à mon goût pour l’Amérique, il est aussi né car c’était à l’origine une terre d’immigrés qui y ont emmené avec eux leurs musiques respectives. La musique américaine est née de la plus grande migration de l’humanité : celle qui vient d’Afrique car il y a eu la déportation de tous ces malheureux, noirs, esclaves. Au contact des chrétiens et protestants qui y ont créé des temples, les noirs ont mis tout leur génie pour transformer ces musiques et en faire le blues, le gospel, puis le swing, le jazz… Une histoire d’héritage et de métissage.

    En 1966, à Paris, vous faites partie d’artistes qui chantent lors du premier concert français contre le racisme, devant Martin Luther King…

    H.A. : Oui j’ai chanté Les crayons de couleur [adaptation du titre What color (is a man), Ndlr]. J’ai eu l’occasion de lui parler un peu mais je ne pratiquais pas bien l’anglais. J’étais un enfant de nature dyslexique. J’ai eu beaucoup de difficultés lors de ma scolarité. Je n’ai commencé à lire couramment le français qu’à l’âge de 11 ans. Les premiers livres en anglais que j’ai lus, c’était Mark Twain, Le livre de la jungle de Rudyard Kipling… Lors du concert contre le racisme, les gens ont expliqué à Martin Luther King qui j’étais. J’avais déjà la trentaine. Moi, mon rôle, c’est de fraterniser. Et ce que je crois être juste, je le dis dans mes chansons.

    La fraternité et le voyage irriguent aussi et surtout, votre premier tube « Santiano », sorti en 1961. Une reprise d’un chant de marins irlandais, lui-même repris par la suite par
    les supporters de l’OM au
    stade Vélodrome («
     Hissez haut,
    les drapeaux
     »)…

    H.A. : Enfant, j’avais le rêve d’aller aux États-Unis, où la musique populaire était considérée et merveilleuse. Je m’en suis inspiré sans savoir que j’allais par la suite avoir tout ce succès. Mais, aujourd’hui, quand vous me dîtes qu’ils chantent Santiano pendant les matchs de l’OM, je pense que c’est cela ma réussite. Tout comme quand j’entends plein d’enfants chanter encore Hasta luego, Céline, Stewball et bien d’autres. Ça me touche. L’enfance, c’est quelque chose de capital. Et Santiano, c’est aussi un titre qui est chanté à chaque match par les supporters de l’équipe de rugby de La Rochelle.

  • Des passerelles festives entre les mondes avec Opéra Mundi

    Des passerelles festives entre les mondes avec Opéra Mundi

    Le premier temps fort de l’année, débuté vendredi soir et qui continue samedi, est l’occasion de participer à deux conférences et rencontrer trois grands chercheurs, ainsi que la projection de deux films d’animation sur la question centrale de l’alimentation.

    « Penser l’alimentation aujourd’hui » est l’intitulé du premier temps fort de cette 11e saison. Depuis 2015, l’association Opéra Mundi propose de nombreuses conférences sur un thème central, suivies des « apéros mundi ». « En déconstruisant l’espace, les gens se permettent de s’exprimer plus librement. On remarque que quand ils prennent la parole, ils parlent au nom de tous et non pas pour leur propre individualité », explique Cécile Arnold, cofondatrice de l’association, revenant sur la richesse des temps d’échanges entre le public et les intervenants. Durant ces deux jours, deux conférences et deux projections ont lieu, dont Patate et le jardin potager pour les enfants, en présence de maraîchers locaux. L’événement est d’ores et déjà complet. En février, s’ensuivra le festival Mundi, le cœur de chaque saison. Du 3 au 7 février, une conférence aura lieu chaque jour, avec la présence de chercheurs à portée nationale voire internationale de haut vol.

    Échanges et réciprocité

    Une « conférence, performance surprise », clôturera le festival lors d’une rencontre entre un chef cuisinier et un philosophe qui synthétiseront cette dense semaine, suivie par une « fiesta » pour danser sur un DJ set de Radio grenouille. Au printemps, le programme n’est pas encore dévoilé, mais le cofondateur d’Opéra Mundi, Éric Giraud, souhaite ouvrir de nouvelles perspectives à l’événement et étendre son rayonnement dans le Var. La ville de Toulon « se développe fortement au niveau de la culture » et sera probablement la prochaine destination de l’association explique-t-il, ajoutant son désir de revenir sur ces terres natales.

    L’approche d’Opéra Mundi se fonde sur la réciprocité. « On fait le choix d’inviter des orateurs capables de véhiculer une pensée forte avec des termes simples, sans pour autant vulgariser. » Cette pensée mouvante permet aussi aux experts de se confronter à la société, dans un milieu restreint où les discussions se font habituellement entre pairs. Tout cela permet aux chercheurs comme au public de « revenir à une simplicité dont chacun a besoin » conclut Cécile Arnold, pour encrer concrètement ces discussions dans les pratiques.

    Toutes les conférences et événements sont gratuits sur réservation sauf la fiesta Mundi.

    La Fabulerie, 10 bd Garibaldi, 13001 Marseille.

  • [Rue de la République] Gaby Charroux : « Les services publics sont le cœur du pacte démocratique de notre pays »

    [Rue de la République] Gaby Charroux : « Les services publics sont le cœur du pacte démocratique de notre pays »

    L’entrée en campagne

    Didier Gesualdi : Vous êtes candidat à votre succession, vous avez mis du temps à vous décider. Ne craignez-vous pas le mandat de trop ?

    Vous savez, en 2019, j’avais annoncé que ce mandat pouvait être le dernier. On a décidé collectivement que ce ne serait pas le cas. J’en suis très content, heureux, même si je sais la charge qui pèse sur un maire d’une ville de 50 000 habitants. C’est une charge très lourde qui prend 7 jours sur 7, jour et nuit. Nous l’avons démontré, dans tous les moments y compris les moments de crise, nous sommes au rendez-vous.

    Didier Gesualdi : Certains évoquent votre âge, êtes-vous en forme ? Vous pourrez aller jusqu’au bout de votre mandat ?

    Je crois oui ! La forme est là, l’enthousiasme est là, l’engagement est là, l’humilité aussi et l’envie également ! L’envie de poursuivre une action qui, d’ailleurs, était menée avant moi-même.

    Didier Gesualdi : C’est dur une bataille municipale, vous en avez conscience ?

    Ce qui est le plus dur, ce n’est pas la bataille municipale, c’est la vie du maire s’il veut être à tous moments dans le travail avec et pour les citoyens. Je pense qu’une campagne électorale, c’est un formidable moment démocratique dans le pays. Je souhaite et j’invite chaque citoyen à venir dans la campagne, profiter pour dire ce qu’ils ont sur le cœur, ce dont ils ont envie pour leur ville. Ce n’est pas une contrainte ni une punition, c’est enthousiasmant !

    Léo Purguette : Ce sont aussi des moments durs, ça a commencé avant votre déclaration de candidature. À l’appui de l’affaire de la Semivim, un climat de suspicion s’est installé dans une partie de la ville. Comment allez-vous y répondre ? Le débat démocratique sera-t-il serein ?

    On a besoin d’un débat serein. Ce n’est pas le ton donné par un certain nombre d’opposants au conseil municipal qui ont même été dans un comportement indigne. D’ailleurs cela a fait l’objet de procédure et d’une suite. Les choses sont ainsi. Je ne veux pas parler de ces gens. Mais je vais parler du sujet en revanche. Nous nous appuyons sur des valeurs et des engagements qui ont été les nôtres depuis des années. Sur ce qu’ils essayaient d’instrumentaliser, les choses sont très simples : j’ai toujours dit que je n’avais rien à voir avec cette affaire. Croyez-vous que je serais dans le déshonneur d’aller me présenter à une élection si j’avais eu la moindre culpabilité dans une telle affaire ? C’est aussi simple et clair que cela. Nous sommes sereins avec mes camarades élus de la majorité municipale qui sont des gens formidables qui font un travail extraordinaire pour les habitants, chacun dans sa délégation, et qui continueront à le faire.

    Les adversaires

    Didier Gesualdi : La composition de l’échiquier politique vous a-t-elle incité à vous présenter avec une droite qui ne s’interdit rien et un député RN qui est candidat ?

    Ce que je remarque, c’est le travail que nous avons réalisé et pour qui. Mais aussi le non-travail des opposants qui sont présents. Je le disais, c’est la démocratie qui s’exprime, donc chacun peut aller participer. Chacun prend ses responsabilités. Nous, ce à quoi nous tenons, les citoyens peuvent le constater chaque jour, c’est leur intérêt. Toutes nos décisions sont prises pour leur bien-être, leur épanouissement, leur qualité de vie. Pour les jeunes, la perspective d’avoir un avenir désirable. Oui, on a envie que les jeunes, les familles, les anciens soient protégés. On ne part pas de rien, nous avons tout ce qui a été réalisé, porté par ces valeurs de fraternité, de solidarité et d’égalité. Chaque citoyen de Martigues compte pour moi. J’invite les citoyens qui peuvent avoir l’illusion qu’ailleurs l’herbe pourrait être plus verte dit-on, à s’interroger sur ce qui a été réalisé pour eux, ce qui existe déjà dans cette ville. Nous sommes les garants de la poursuite et du développement de cela.

    Léo Purguette : Quel est l’arc des forces qui vous soutiennent et qui souhaitez-vous rassembler ?

    Tous les citoyens de Martigues sont les bienvenus dans notre grand rassemblement. Nous avons besoin de chacun d’entre eux et nous comptons sur chacun d’entre eux. Nul n’ignore quel est mon engagement, pourquoi j’ai envie de continuer à porter cette lourde responsabilité. Parce qu’avec mes camarades de gauche, progressistes, démocrates, qui sont des républicains acharnés, dans le sens le plus beau et le plus large, nous voulons faire progresser la ville, ne jamais reculer sur les valeurs.

    Le RN

    Didier Gesualdi : Entendez-vous ceux qui disent « tous pourris », « on n’a pas essayé le Rassemblement national » et comment vous y répondez ?

    Oui j’entends ça. Ces propos sont d’une injustice terrible. Je vois beaucoup de maires, notamment des maires de notre sensibilité, la gauche, qui sont dévoués, désintéressés, qui donnent de leur temps, de leur force, de leur santé parfois. Je dis à ces citoyens-là, regardez ce qui a été fait ici. Dans les conseils de quartiers, je prends soin d’expliquer à quoi je passe mon temps. C’est du concret : les trous dans la chaussée, la propreté, la sécurité, l’accès aux droits, à la santé pour tous, l’école de qualité partout tout le temps, la prévention des risques, le développement économique… Pas parce que j’ai envie de faire enrichir de grands industriels mais parce que ce sont des emplois pour notre territoire…

    Léo Purguette : Les citoyens de la circonscription ont « essayé le RN » en élisant un député d’extrême droite. Quel regard portez-vous sur ses premiers mois ?

    D’abord j’analyse la campagne électorale. Elle n’était pas pour un député de la circonscription mais pour envoyer le chef du RN à Matignon en attendant mieux. Donc les candidats locaux étaient des candidats de l’ombre, non-connus, sans aucun programme capable d’être exprimé. On a vu la différence qu’il y a entre les députés qui sont engagés, qui portent les valeurs et qui sont capables d’être présents et actifs à l’Assemblée et puis les autres. J’invite chacun à regarder les votes de ceux-là. On trouve les progressistes d’un côté et les défenseurs du grand capital de l’autre. Ce sont ceux-là aussi, ils l’ont montré par leurs votes.

    La guerre

    Léo Purguette : Qu’avez-vous pensé des propos du chef d’état-major sur la France qui devait consentir au sacrifice de ses enfants en Ukraine ?

    C’est juste terrible. C’est une calamité. Pardon d’évoquer des choses personnelles mais j’ai touché du doigt ce qu’était la guerre avec la disparition de mes deux grands-pères et de mon père. Je sais ce qui manque ensuite dans la vie. Je l’ai subi et je ne le souhaite à personne. Je n’ai pas envie que les enfants de France aillent mourir pour des guerres qui ne sont pas les nôtres. Voilà, tout simplement. Cessons d’agiter les peurs. C’est vrai aussi pour la dette, qu’on arrête avec ça. Martigues donnera entre 7 et 8 millions d’euros pour le budget de l’État mais pour faire quoi ? Sa dette abyssale, jamais il ne la remboursera. Quand on dit qu’il n’y a plus d’argent, je n’y crois pas une seconde. Seulement, il faut avoir la volonté d’aller trouver cet argent où il est. Y a-t-il besoin de revenir sur l’enrichissement des plus riches de ce pays en quelques années ?

    L’attractivité de Martigues

    Didier Gesualdi : Si je vous dis que Martigues a perdu de son lustre, de son rayonnement, vous répondez quoi ?

    Que c’est une manipulation qui appartient à ceux qui la portent.

    Didier Gesualdi : Pourquoi le pensent-ils ?

    Il faut le leur demander. Moi, je pense l’inverse : notre ville n’a jamais été aussi attractive qu’aujourd’hui. Mais ce n’est pas qu’une opinion, il y a des faits. Premièrement, elle a su préserver et même développer les emplois de l’industrie. Il y a en plus des projets de décarbonation, le pôle chimique et pétrochimique de Lavéra. Et je vois avec grand plaisir qu’une grande entreprise de ce site vient d’annoncer un investissement de 250 millions d’euros. C’est énorme, très important pour l’emploi ici. Deuxièmement, Provence Studios, avec une réussite d’une personne formidable : Olivier Marchetti, avec son équipe. Ils ont pu faire rejoindre leur amour du cinéma avec ce qu’est Martigues, une terre de cinéma depuis plus d’un siècle. Troisièmement, les services publics implantés ici, qu’ils soient nationaux ou communaux. C’est une richesse incroyable, un atout pour le territoire. Voilà pourquoi je suis acharné à défendre l’hôpital public, l’école publique, la Poste et aussi les services publics communaux.

    Léo Purguette : N’êtes-vous pas entravé sur les services publics par le débat budgétaire qui est dominé par les partisans de l’austérité ?

    Oui. Absolument. J’entends toujours dans leur bouche qu’il faut diminuer la dépense publique. Mais la dépense publique à diminuer c’est quoi ? L’armée ? La police ? La justice ? L’Éducation nationale ? La santé ? La petite enfance ? L’accès aux sports, à la culture, aux solidarités ? Il n’y a pas un euro de dépense inutile à Martigues. J’ai bien l’intention de continuer dans cette voie et de développer les services publics. Pour nous, c’est le cœur du pacte démocratique de notre pays.

    Didier Gesauldi : Comment voyez-vous Martigues dans les prochaines années ?

    Nous travaillons depuis plusieurs années au Martigues de 2050. On a des opportunités pour le faire par exemple avec le plan d’urbanisme intercommunal qui permet de planifier l’équilibre entre les zones agricoles, les espaces naturels protégés, la construction de logements… Nous exigeons des bailleurs qu’ils rénovent tous les logements sociaux…

    Didier Gesualdi : À l’issue d’une bataille municipale qui promet de faire rage, sera-t-il possible d’être le maire de tous les Martégaux ?

    Je veux être le maire de chacun et chacune. J’appelle à venir dans les ateliers que nous organisons pour construire le projet de mandat. Bien sûr, on a des bases et des pistes, c’est clair. Tout ce qui se fera dans cette ville par l’équipe que je mène, sera dans l’intérêt des Martégales et des Martégaux. Quelqu’un m’a dit récemment, « vous partagez avec moi la défense de l’intérêt général mais vous, vous avez épousé Martigues ». Oui, c’est un joli mot. Quand on est dans un couple, on a envie du meilleur. J’ai envie du meilleur pour la ville de Martigues et pour tous ses habitants, sans distinction. Les maîtres-mots, ce sont : fraternité, solidarité, égalité pour tous les citoyens de Martigues.

    Les collectivités

    Léo Purguette : Quel est votre sentiment sur l’instabilité politique ?

    Les pôles de stabilité, on les trouve dans les communes, les départements, les régions.

    Léo Purguette : Le président du Sénat a plaidé à Aix pour un nouvel acte de décentralisation. Est-ce que ça vous inquiète ?

    Nous, ce dont on a besoin, c’est des moyens de fonctionner. Nous les avions. Ils ont été supprimés par un président de la République -chacun retrouvera ses petits- qui, en 2009, a supprimé la taxe professionnelle qui ne gênait en rien les grandes entreprises mais qui était une source de financements pour les actions municipales et pour les services publics locaux.

    Léo Purguette : L’État joue-t-il son rôle sur le narcotrafic ?

    Le narcotrafic est un problème national et international. Il est présent dans les très grandes villes et leurs quartiers, dans les villes moyennes comme nous et leurs quartiers, dans les campagnes, partout, dans le moindre recoin du territoire national. Il faut une action conjuguée, une volonté politique au niveau de l’État.

    La question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Jean-Michel :

    Bonjour Monsieur le maire, on annonce 10 000 emplois supplémentaires avec les nouvelles usines. Où va-t-on les mettre ?

    Merci Jean-Michel pour cette question. D’abord où vont être installés les emplois et puis ensuite les hommes et les femmes qui vont les occuper. Les emplois iront sur le grand port maritime de Fos, mais peut-être aussi alentour, je pense à la zone de Lavéra aussi. J’ajoute que les emplois sont annoncés avec une ambition d’industrie décarbonée. Pourquoi sommes-nous intéressés par des nouveaux emplois ? D’abord parce que nous en voulons ici, chez nous, en France. Ensuite parce que nous avons besoin à l’Ouest de l’étang de Berre, d’emplois bien rémunérés, défendus par les salariés eux-mêmes et qui feront vivre beaucoup de monde. Aurons-nous 10 000 emplois ? Je n’en sais rien à ce stade. Il y a déjà des premières avancées, des entreprises qui ont annoncé leur implantation. C’est très bien. Où vont habiter les gens qui travailleront dans ces industries ? Une bonne partie viendra sans doute d’autres régions. Il faudra les loger. Ils vont s’installer un peu partout à Fos, à Saint-Martin-de-Crau, à Port-de-Bouc, à Istres, à Port-Saint-Louis et à Martigues aussi. Nous travaillons à créer les conditions d’un accueil. Pour maintenir le nombre de logements pour la population actuelle de Martigues, il faut construire à peu près 150 logements par an. Si on veut anticiper des nouveaux salariés de l’industrie mais aussi des services publics qui devront aller avec, car il y aura plus de classes dans les écoles, plus de besoins au centre hospitalier de Martigues, il faudra environ 100 logements de plus par an, donc au total 250 logements par an à construire, publics et privés. Les emplois les mieux rémunérés sont ceux de l’industrie, on a envie que les ouvriers qualifiés, les ingénieurs, les techniciens vivent à Martigues pour profiter de cette ville bien équipée dans laquelle on vit.

  • Top 14 : un apprentissage difficile pour Montauban

    Top 14 : un apprentissage difficile pour Montauban

    Si le titre de champion de Pro D2 de l’US Montauban en a surpris plus d’un, ses difficultés du début de saison, beaucoup moins. Pire défense du championnat (455 points encaissés, dont un 84-31 face à l’ASM, record du Top 14), l’équipe de l’ancien toulonnais Sébastien Tillous-Borde, qui « a marqué l’histoire du club » et qui sera « accueilli comme il se doit, sauf pendant 80 minutes », dixit Pierre Mignoni, a tout de même su remporter le match couperet face à Perpignan (29-22), et accrocher Montpellier (22-22). Suffisant pour se fixer à une place de barragiste, qui semble être l’objectif maximal, le LOU, 12e, étant déjà à 15 points.

    Un match pour faire le plein de confiance ? « C’est normal que vous pensiez ça, car ils sont en difficulté à l’extérieur. Mais, si tu ne prends pas le match par le bon bout, ça va être compliqué. Ils ne ferment jamais le jeu, ils prennent beaucoup d’essais, mais en marquent aussi beaucoup », décrit l’entraîneur varois, pour qui « ce n’est pas un match piège, mais où on doit montrer notre maturité ».

    Attention, également, à ne pas se comparer aux équipes ayant jusqu’ici largement battu le promu : « C’est l’erreur à ne pas faire. Il faut se regarder nous, faire ce qu’il faut faire, avoir de bons process pour le match. Si tu en as, comme face à La Rochelle, tu seras récompensé. Si tu penses déjà au bonus offensif, tu vas mal commencer le match », prévient le technicien. « Ce n’est pas quelque chose auquel on pense », rassure Jules Coulon. « Il ne faut surtout pas l’aborder comme ça. Il faut faire les choses qu’on a mises en place, et on verra à la fin. »