Author: tecnavia

  • La France insoumise dévoile ses treize priorités pour Aix

    La France insoumise dévoile ses treize priorités pour Aix

    Ils avaient été déasavoués en appel, la justice donnant finalement raison aux militants insoumis qui accusaient la direction du mouvement d’avoir « confisqué » la décision d’investiture. Mais ils avaient confirmé leur volonté de rester et de faire appel de la décision, le mouvement assurant que le choix des têtes de liste n’était pas une décision locale mais celle du comité électoral. De fait, ce sont bien Julie Boronad, et Guillaume Dalla Costa qui ont, vendredi, présenté les grands axes du programme de leur liste insoumise Aix en commun.

    Long de 165 propositions d’après les têtes de liste, le projet se structure autour de quatre engagements : rendre le pouvoir aux habitants, faire face à l’urgence écologique, répondre aux besoins essentiels et assurer l’égalité entre citoyens.

    De ces piliers émergent treize priorités, parmi lesquelles le retour d’une vraie « démocratie locale ». Un objectif que les insoumis proposent d’atteindre grâce à la mise en place d’une « communication transparente » et d’une « garantie d’accès aux documents municipaux ». Mais aussi avec l’instauration du droit de pétition (si elle réunit plus de 5% des habitants, est défendue au conseil municipal) et du référendum d’initiative citoyenne.

    Le logement est également érigé en point clé du programme, avec l’ambition de construire 450 logements par an, dont 40% « très sociaux ». La planification de la « bifurcation écologique » arrive elle aussi en haut des priorités avec l’idée, notamment, de créer une délégation dédiée, de lancer des plans d’éducation populaire à l’écologie ou de déployer « une stratégie ambitieuse » de végétalisation et ventilation naturelle.

    Côté transports, les insoumis proposent de rallonger les horaires et de renforcer les fréquences de passage. Ils projettent aussi d’étendre la gratuité au moins de 26 ans et de mettre en place un programme accéléré de mise aux normes PMR.

  • Marseille se prépare à un double scrutin inédit

    Marseille se prépare à un double scrutin inédit

    À un mois des élections (15 et 22 mars), la Ville de Marseille peaufine l’organisation du double scrutin mairie centrale / mairie de secteur, imposé par la réforme de la loi PLM afin d’élire directement le maire. Ce défi logistique et humain n’est pas une nouveauté puisqu’en 2021, régionales et départementales s’étaient tenues concomitamment. Cette première pour des municipales nécessite toutefois un effort pédagogique.

    « Le but est d’avoir un flux régulé dans l’accès aux bureaux pour que les électeurs ne se sentent pas perdus et de garantir la sérénité du vote », explique Marylène Caire, directrice du pôle élections et état civil de la Ville. Elle présentait jeudi le dispositif dans un bureau de vote factice avec Sophie Roque (PS), adjointe chargée de l’état civil. Première nouveauté, un secrétaire adjoint, sorte d’agent d’accueil, sera présent autour de chaque bureau pour vérifier l’inscription, orienter les électeurs dans une file hors du bureau et rappeler les modalités de vote.

    Enveloppe kraft et bleue

    À l’intérieur, l’électeur suivra « deux parcours dissociés », organisés autour d’isoloirs en marguerite suivant la règle d’un pour 300 inscrits. Le premier sera dédié au vote pour la mairie centrale (111 conseillers municipaux). Il se fera dans une enveloppe couleur kraft de manière classique : prise de bulletin (deux minimums), passage par l’isoloir, vérification d’identité devant l’urne, vote, émargement et tampon sur la carte d’électeur qui « n’est pas obligatoire pour voter », rappelle Marylène Caire.

    Dans la foulée et la même pièce, le second circuit conduira vers l’urne de la mairie de secteur (25 à 53 conseillers d’arrondissements), suivant la même procédure. Seule l’enveloppe (bleue) sera différente, « pour un maximum de clarté », insiste-t-elle évoquant de l’affichage et un balisage empêchant de prendre tous les bulletins en une fois. « Pour cela, il faudrait s’insérer dans un schéma de circulation qui ne sera pas naturel », reprend la directrice, soulignant le rôle du secrétaire adjoint à l’entrée.

    « Ce choix des deux urnes dans une pièce, permet un vote fluide et évite les déperditions. L’électeur engagé dans le vote, le poursuit plus naturellement que s’il doit changer de salle. C’est du confort, on le met dans les meilleures conditions pour qu’il exerce son vote sans être contraint, sans se dire : je ne vais pas voter sur le deuxième scrutin parce que je dois refaire la queue », justifie Sophie Roques.

    Un président par bureau

    Pour y arriver, onze bureaux ont été délocalisés dans de nouvelles écoles, quatre l’ont été pour un accès PMR et quatre autres par manque de place. Un seul bureau aura deux pièces distinctes. Une communication est prévue à destination des 40 000 électeurs concernés. Pour assurer cette mécanique, la municipalité devra aussi mobiliser. 555 000 électeurs sont attendus dans ses 497 bureaux. À la tête de chacun, la Ville a choisi de ne placer qu’un président, en général un des 303 élus de la ville. S’y ajoutent pour chaque urne, deux secrétaires et deux assesseurs minimums, ces derniers étant désignés par les candidats. Charge à la municipalité de combler les manques. Pour cela, elle est prête à mobiliser 3 000 agents dont ces fameux secrétaires adjoints. Depuis décembre, des fonctionnaires de catégorie B et C se forment donc au code électoral et aux spécificités de ce scrutin. L’effort financier est aussi conséquent. Pour un agent, la rémunération est de 450 euros pour un président, 400 pour un secrétaire et 300 pour un secrétaire adjoint. La ville table sur une hausse de 25% du montant (1,8 million habituellement), dont 835 000 euros par tour en ressources humaines.

  • Transportés

    Transportés

    Accès à l’emploi, à la formation, aux loisirs, aux biens de consommation… Qui n’a pas accès aux transports aujourd’hui dans une société où les déplacements sont devenus essentiels est victime d’une véritable ségrégation spatiale qui devient rapidement sociale.

    À l’heure où le temps de la sainte bagnole individuelle semble condamné, la question des transports, question de proximité s’il en est, est partout l’un des enjeux majeurs de la campagne des municipales qui entre dans sa dernière ligne droite. Même si ce sont
    les Métropoles et les intercommunalités,
    voire les Régions et l’État, qui en ont la charge.

    Des usagers
    en demande

    Bénéficier de moyens de transport collectifs proches, rapides, efficaces à des tarifs accessibles, voire gratuits au moment où les heures de pointe sur les réseaux autoroutiers et routiers sont de plus en plus larges est une urgence. Écologique bien sûr, mais aussi sociale quand le temps de transport se rajoute au temps de travail ou d’étude, et économique, aucune activité ne pouvant se développer avec des routes engorgées en permanence.

    L’étude « Les Français et les transports publics » de l’Union des transports publics ferroviaires (UTPF) montre que dans notre région les usagers sont en attente et prêts
    à franchir le pas de la diminution de la part de la voiture individuelle. Reste maintenant aux pouvoirs publics de leur faire des propositions de transports qui répondent réellement à leurs attentes et à leurs besoins. Les candidats aux municipales, qui élus pourront faire pression sur les intercommunalités et Métropoles, sont aussi attendus sur ce dossier essentiel de la vie quotidienne.

  • À Toulon, la gauche veut toujours le tramway

    À Toulon, la gauche veut toujours le tramway

    Financé pour plus de 500 millions d’euros par les entreprises de la Métropole TPM, via une taxe transports, depuis 2002, le projet de tramway dans l’aire toulonnaise est pour le moment enterré. Jugé trop cher et plus d’actualité par la majorité au conseil métropolitain, qui justifie cette position par l’augmentation des coûts entre le projet initial et ce qu’il serait nécessaire d’investir aujourd’hui, il a été remplacé par un bus à haut de niveau de service (BHNS).

    Un projet à 395 millions d’euros, financé pour 40 millions d’euros par l’État, 10 millions par la Région Sud, et donc 345 millions par la Métropole. Soit, au bas mot, plus de 150 millions d’euros de moins que la somme récoltée depuis 2002, dont « il conviendra de savoir comment elle a été utilisée », botte en touche son président Jean-Pierre Giran (LR). La première pierre a été posée le 3 décembre, à Ollioules, pour un tronçon de 7 km (ligne 1a) qui reliera le Technopôle de la Mer à Bir-Hakeim, à Toulon.

    Le tramway 21 fois plus efficient

    Toulon reste donc à ce jour la seule métropole française à ne pas disposer d’un tramway. À gauche, on espère toujours faire changer cela en cas de victoire aux élections : « Le BHNS, c’est mieux que rien, mais c’est faute d’une alternative comme le dit l’enquête publique », explique André de Ubeda (Toulon en commun). « On remettra en question ce choix. Les études sont déjà faites en grande partie, le financement est prêt, l’emprise au sol est moindre. Il n’y aura pas de perte de temps. » Stéphane Sacco (GRS), candidat à La Seyne-sur-Mer, abonde : « Nous sommes pour le tramway et contre le BHNS parce que ce dernier va circuler sur 30% de son tracé noyé dans le flux de circulation », soulignant que le BHNS permet de transporter « seulement » 200 personnes par heure, contre 4 200 pour le tramway, soit 21 fois plus.

  • Dans le Grand Avignon, un mandat en forme de « zéro » ?

    Dans le Grand Avignon, un mandat en forme de « zéro » ?

    Dans le projet de territoire du Grand Avignon adopté en 2021, « un objectif ambitieux est ainsi fixé : changer résolument les usages, en s’appuyant sur un réseau de transports en commun performant », peut-on lire, où « extensions du tramway et des lignes Chron’hop, réaménagement de la gare multimodale d’Avignon centre » sont cités. Si le parvis de la gare centre a bien été livré, pour le reste, « les transports en commun c’est zéro, on a pris du retard, tant qu’il n’y a pas de réseau performant, les gens prendront leurs voitures », déplorait Cécile Helle, maire (PS) d’Avignon en conseil municipal en novembre dernier.

    Il est vrai que la première magistrate n’a, en deux mandats, jamais pu avoir la main sur la collectivité. Compétence phare de l’agglo, avec un budget annexe dédié conséquent (108 millions d’euros), les transports n’ont pas passé la surmultiplié, malgré une grande réunion des élus sur le sujet en février 2024. On peut certes mettre au crédit du mandat la baisse des tarifs, ayant entraîné une fréquentation record (14,2 millions de voyageurs en 2024, soit 3 millions de plus que deux ans plus tôt) du réseau. Un réseau dont la flotte de bus est renouvelée, nécessitant plus de 40 millions d’euros d’investissement sur le mandat. Si le parking relais des Angles peine à sortir de terre, ceux de Saint-Chamand et d’Agroparc ont été livrés, sans oublier l’immense succès des nouveaux vélos électriques en libre-service.

    Mais rien de structurant. Pire, le projet d’extension de tramway vers l’île Piot a été suspendu et aucune décision n’a été prise. Les bureaux d’études eux, se régalent, avec des analyses sans fin vers l’hôpital ou Agroparc, sans qu’aucune délibération n’ait été prise pour esquisser la moindre orientation. Idem, il y a trois ans Cécile Helle plaidait pour développer un téléphérique, dont le résultat d’études arrivera à l’issue du mandat. En parlant d’études, le Grand Avignon est engagé sur le projet du RER métropolitain et pilote une grande étude inédite sur les mobilités, à l’échelle du bassin de vie.

  • L’extension du tramway d’Aubagne à La Bouilladisse voit le bout du tunnel

    L’extension du tramway d’Aubagne à La Bouilladisse voit le bout du tunnel

    C’était autrefois le train des mines, qui amenait les travailleurs de la vallée de l’Huveaune et d’Aubagne à Gardanne… Envisagée dès 2007, la remise en service de l’ancienne voie ferrée de Valdonne a été relancée en 2019, non sans débat. Plutôt qu’un train-tram, capable de rouler sur les rails de la SNCF, la Métropole a fait le choix du tramway, comme celui développé à Aubagne intra-muros. Au-delà des polémiques, des réticences de Gérard Gazay, le maire (LR) d’Aubagne, lors de son premier mandat, qui se « félicite » aujourd’hui de cette réalisation… Les communes qui vont être desservies d’ici la fin de l’année – Roquevaire, Auriol, La Destrousse et La Bouilladisse- vont pousser un gros « ouf » de soulagement. Les axes routiers de la vallée sont saturés avec près de 20 000 véhicules par jour, l’infrastructure d’un coût de 130 millions d’euros et figurant dans le volet transport de Marseille en grand devrait permettre à la fois de désengorger la route et de grandement faciliter l’accès à tous les services publics d’Aubagne et du territoire. Parkings relais et aménagements sont également prévus au fil du tracé et des onze nouvelles stations pour optimiser le Valtra, ce nouveau mode de transport à haute fréquence qui devrait être disponible d’ici la fin de l’année. Reste d’autres enjeux à relever comme son extension vers La Penne-sur-Huveaune. 15 000 voyageurs par jour sont attendus.

  • La mobilité, priorité de nombre d’électeurs

    La mobilité, priorité de nombre d’électeurs

    Des propositions comme un véritable « manifeste ». Se basant sur un baromètre réalisé du 23 au 30 janvier par le CSA sur le thème « Les Français et les transports publics : attentes, usages et priorités municipales », l’Union des transports publics ferroviaires (UTPF) a fait sien un des premiers enseignements : la question reste un sujet important pour les électeurs.

    « On ne va pas commenter ce que font les candidats », prévient d’emblée Florence Sautejeau, déléguée générale de l’UTPF, mais « on a des messages forts à faire passer sur la mobilité ». Au nom des 170 réseaux urbains du territoire mais aussi des opérateurs du ferroviaire, y compris du fret et des gestionnaires d’infrastructures, qu’elle représente, (à noter que la RTM est adhérente), elle entend faire comprendre aux maires le rôle qu’ils ont à jouer dans cette affaire. Si l’autorité organisatrice des transports reste l’intercommunalité ou la Métropole, ces derniers vont y siéger et donc peser sur les décisions, estime-t-elle.

    « Pour que les gens lâchent leur voiture, il n’y a pas d’autre solution qu’une offre importante, de qualité, confortable… », pose-t-elle, rappelant que 15 millions de personnes sont en « précarité de mobilité » dans le pays, 830 000 dans la région Sud. Un chiffre à mettre en regard des 87% de sondés pour qui les transports constituent un sujet important dans le cadre des municipales, 94% en Paca.

    Actionner

    le « levier tarifaire »

    Sur la question du pouvoir d’achat, le tarif est, pour 50% des sondés, adapté. En Paca, 21% d’entre eux estiment néanmoins qu’il est trop élevé. Sur la sécurité, autre sujet de préoccupation, 74% des sondés se sentent sereins dans les transports, Paca atteignant les 86%. Enfin, 62% des sondés en France sont prêts à réduire l’usage de la voiture contre 82% en Paca.

    Autant d’éléments qui ont permis à l’UTPF d’étayer ses huit propositions. D’abord, penser à l’échelle d’un bassin de vie. « Il est important que les élus prennent en compte la réalité des flux », précise Jean-Philippe Peuziat, directeur des affaires publiques de l’UTPF.

    Les opérateurs comptent également sur les édiles pour assurer la sécurité des voyageurs. Et Florence Sautejeau de se féliciter de la loi Tabarot qui permet de la renforcer, avec la possibilité d’équiper les verbalisateurs de caméras piétons. La présidente de la Métropole, Martine Vassal, aujourd’hui candidate de la droite et du centre, s’en était emparée. La RTM, étant pionnière en la matière en testant ces équipements, les a adoptés. Développer les transports publics, c’est aussi répondre à une « transition démographique », avec le « vieillissement de la population », enchaîne Florence Sautejeau. En clair, permettre à papi et mamie de lâcher la voiture sans rester confinés, avec des bus accessibles, des éclairages, des bancs… Parmi les autres propositions : mettre en cohérence développement urbain et transports, permettre aux bus d’augmenter leur vitesse commerciale avec notamment des voies séparées des vélos, penser au ferroviaire pour développer la logistique urbaine.

    Vient le nerf de la guerre : l’argent. Et le moment d’actionner le « levier tarifaire », un des trois piliers du financement des transports avec le versement mobilité des entreprises, « au maximum chez vous », commente la déléguée générale de l’UTPF et les investissements des collectivités locales. Et un constat : alors que la France est le pays d’Europe avec les plus faibles ressources en provenance des usagers, « les gens sont prêts à payer pour avoir de l’offre », assure-t-elle. Quand on lui objecte que la gratuité a pourtant convaincu les Aubagnais depuis bien longtemps, elle répond tarifs « solidaires et sociaux » auxquels l’UTPF est « très attachée » avant de convenir qu’il s’agit d’un vrai choix politique quand « rien n’est gratuit. »

    Mais l’UTPF ne voit pas de problème à réclamer « une sorte de flexibilité » à la commission européenne qui impose aux constructeurs de bus de passer d’ici 2030 à 90 % de leur production en électrique et hydrogène. Plaidant pour le mix énergétique, Florence Sautejeau craint que le coût du nouveau matériel de 280 000 euros à 420 000 l’unité, n’impacte le développement de l’offre…

  • Olivier Faure interloqué par l’exclusion sociale à Toulon

    Olivier Faure interloqué par l’exclusion sociale à Toulon

    « Il y a des situations difficiles dans nombre de communes, mais le cumul, ici, est assez exemplaire. » En visite au à Toulon, samedi, pour soutenir la tête de liste de Toulon en Commun Magali Brunel, le premier secrétaire du PS Olivier Faure en a profité pour rencontrer des acteurs associatifs de la solidarité. Une réunion qui lui a permis de se saisir des réalités sociales d’une ville marquée par « une politique clientéliste, dirigée vers certaines populations, délaissant complètement les autres. On est face à des ghettos sciemment organisés par la municipalité, qui a mis sous le tapis la mixité sociale, le scolaire et le logement. »

    Il a notamment mentionné l’absence de « structure d’accueil pour femmes victimes de violences, qui sont dans des situations très précaires », et s’est étonné de la situation du « quartier de la Beaucaire, composé de 47% de familles monoparentales, où 57 % vivent sous le seuil de pauvreté. Comment lutter contre le narcotrafic quand on laisse à l’abandon des quartiers entiers ? Dans ce contexte, les enfants sont des proies faciles. »

    Une situation qu’Olivier Faure dit plus alarmante qu’ailleurs, « où des choses sont inscrites par les municipalités. Tout ne se fait pas en deux jours, mais là, il n’y a rien qui émerge. » Et cela va, selon lui, dans le sens de « l’extrême droite, qui ne cherche pas à traiter les causes, mais les effets, superficiellement, et entretient ces oppositions pour se maintenir. »

    « L’extrême droite utilise le communautarisme »

    Face à ces situations naît, comme lui a décrit une militante, une difficulté à se sentir français. « L’extrême droite utilise le communautarisme pour exclure certaines populations. Quand on pousse les gens au même endroit et qu’on leur dit qu’ils sont communautaristes, on se fout du monde. Ce mot renvoie la faute sur ceux qui n’ont jamais pu connaître la mixité », accuse le député de Seine-et-Marne. Même raisonnement pour les violences urbaines, qui « ont lieu dans les quartiers où on vit mal, avec le sentiment que l’État ne fait rien. Quand on veut traiter ces questions-là, il faut le faire réellement, pas en bout de chaîne. » Pour apporter des solutions, Magali Brunel promet de « s’attaquer aux causes en profondeur », avec, entre autres, un projet axé sur le logement social, l’éducation, une refonte de la carte scolaire, ou encore le tramway, « en renonçant au fatalisme dans lequel on baigne les Toulonnais. »

  • OM : au tour de Medhi Benatia de jeter l’éponge

    OM : au tour de Medhi Benatia de jeter l’éponge

    Medhi Benatia n’est plus directeur du football de l’OM. Ce dernier a fait part de sa décision, prise au lendemain de la déroute au Parc des Princes face au PSG, mais il ne l’a révélé que dimanche, sur son compte Instagram. « Après une longue réflexion, j’ai pris mes responsabilités et j’ai décidé, le lundi 9 février, de mettre fin à ma collaboration avec l’OM »

    Il estime que, malgré les derniers résultats décevants, élimination de la Ligue des Champions, lourde défaites contre Nantes (0 – 2) et face au PSG (0 – 5) et les contre-performances face au Paris FC (2 – 2) et Strasbourg (2 – 2), «sportivement, le projet avance, mais je ne peux ignorer le climat actuel. Je ressens une insatisfaction croissante, une rupture que je regrette profondément. À Marseille, le résultat est le seul juge de paix … je regrette ne pas avoir réussi à apaiser l’environnement autour du groupe ».

  • [Le coin de la BD] On dirait le sud… lyncheur, raciste et criminel de la Géorgie d’il y a un siècle

    [Le coin de la BD] On dirait le sud… lyncheur, raciste et criminel de la Géorgie d’il y a un siècle

    Avec Au sud, l’agonie, les auteurs livrent un album sans concession sur la misère intellectuelle et sociale des « White trash », blancs du sud aussi pauvres et ignorants que racistes dans un sud profond et moite marqué par la défaite de la guerre de Sécession mais où la ségrégation raciale et le Klu Klux Klan font encore la loi. Une œuvre puissante en forme de polar social et de fresque historique.

    État de Géorgie, années 1920… Alors que les militants du Parti communiste américain tiennent des meetings clandestins pour expliquer que métayers blancs et noirs ont les mêmes intérêts face aux grands propriétaires, un métis et un agent fédéral homosexuel ont maille à partir avec une bande de « white trash » racistes et lyncheurs. Pour ce nouvel hommage au film noir américain avec cette enquête criminelle au cœur de la Bible Belt, Philippe Pelaez et Hugues Labiano frappent fort avec cette histoire sociale, « raciale », politique et policière aux personnages bien trempés dans la moiteur du sud. Face à un pasteur Lee qui dirige la ville de Savannah où malgré la défaite sudiste la ségrégation fait toujours la loi, il faudra beaucoup de sang pour que la justice soit rendue. D’autant qu’un dangereux bagnard, Travis Hart, s’est évadé et se dirige vers la ville pour exécuter une vieille vengeance. Même s’il est le second tome d’une trilogie sur les USA du XXe siècle, cet album entre polar historique et tragédie intime se lit seul et reste un « one-shot puissant qui incarne la mémoire vivante d’un sud meurtri et résonne comme une colère contre l’injustice ».

    Une plongée au cœur d’une Amérique que l’on a longtemps préférée cachée et tue et qui est aujourd’hui l’un des ressorts du trumpisme tant les mêmes démons hantent toujours ces terres un siècle plus tard.