Author: tecnavia

  • Échanges avec l’un des sept élus sourds en France

    Échanges avec l’un des sept élus sourds en France

    « L’accessibilité pour les sourds est très complexe », signe Anthony Berard devant les participants au Café signe de la Maison des jeunes et de la culture (MJC) de Martigues, samedi soir. L’adjoint (LR) de la mairie des 13e et 14e arrondissements de Marseille est venu à la rencontre des Martégaux parler accessibilité en politique.

    « Seuls sept élus municipaux en France sont sourds », avance Anthony Berard, qui s’est « investi à 15 ans » dans plusieurs associations, puis en politique en 2020. Au travers de son association, les Élus sourds, il veut « obtenir un accès à la politique comme les entendants », avec « un budget alloué aux interprètes en langue des signes pour les petites communes comme les grandes villes ».

    « Le premier sourd que je vois en politique »

    L’un des participants, sourd également, fait remarquer que « c’est la première fois que je vois un sourd en politique ». Il demande quel est le rapport entre le militantisme associatif et la politique. Anthony Berard répond que « c’est la première fois qu’on m’invite » à ce type d’échange, affirmant que « la politique doit être pour tout le monde, car nous avons tous cette envie d’être à égalité avec les entendants ».

    Une enseignante demande quel est le parcours scolaire des sourds. « Je suis allé en institut spécialisé sans entendants, puis en lycée professionnel. Maintenant, il est question d’être inclusif, soit c’est oral, soit bilingue langue des signes, soit à l’écrit. C’est un choix qui revient aux familles », détaille Anthony Berard.

    « Nous avons 9 ans de différence avec ma sœur. Elle était avec des entendants à l’école. Elle est plus autonome dans la société dans laquelle on vit », complète-t-il, sur le volet de l’inclusion scolaire. « Mon rêve est le modèle belge, où les enfants font leur choix de scolarité, mais se retrouvent tous à la pause dans le même établissement », conclut l’élu.

  • Le Village d’enfants SOS organise une journée pour recruter des éducateurs

    Le Village d’enfants SOS organise une journée pour recruter des éducateurs

    SOS Villages d’enfants propose des postes d’éducateurs familiaux en CDI et d’aides familiales en CDI et CDD. Cette réunion d’information se déroule à partir de 14h ce mardi, au Parc du Roy d’Espagne, suivie d’entretiens individuels.

    Situé au sud de la ville, près des calanques, ce village ouvert en 1972 est le plus grand du réseau SOS : onze maisons familiales, une maison commune et deux appartements accueillent actuellement 63 enfants dans un cadre « chaleureux et sécurisé ».

    L’accompagnement repose sur une équipe pluridisciplinaire de plus de 30 professionnels avec différents dispositifs (Maison des familles, Espace de transition pour les 14-17 ans, studios pour jeunes majeurs…).

    Inscriptions : mdavid@sosve.org.

    10, allée Yvon-Morandat (8e).

  • Aix-Marseille Université et l’OM lancent une formation

    Aix-Marseille Université et l’OM lancent une formation

    La convention, signée samedi en amont du match OM-Toulouse, se décline autour de trois axes.

    Premier axe de l’accord, l’amélioration de la performance sportive mobilise l’excellence scientifique d’AMU au service des exigences du haut niveau, notamment en matière de sciences du sport, data et analyse de la performance. « Une cellule spécifique va être mise en place avec un partage des compétences de l’université et du club en matière de réathlétisation », détaille Éric Berton, président de l’AMU.

    Devenir scout diplômé

    Deuxième axe de la collaboration, la création d’un diplôme universitaire (DU) en scouting. « L’université est une source de talents et j’étais surpris, à mon arrivée, que l’OM n’ait pas de lien privilégié avec son université. En proposant cette formation, nous allons faire vivre une synergie, comme cela se fait dans d’autres pays », souligne Pablo Longoria.

    Le DU va proposer, sur une formation courte, à sa première promotion de 15 étudiants dont le recrutement est en cours, de se former aux méthodes de repérage des jeunes talents. Elle portera le nom du président de l’OM.

    Enfin, l’accord donnera vie à des projets à impact sociétal, portés avec Treizième Homme, pour encourager l’éducation, la pratique sportive et la cohésion sur le territoire. Ces actions seront conçues avec des acteurs locaux, évaluées avec méthode et pensées pour durer, afin que l’engagement de l’Olympique de Marseille et d’Aix-Marseille Université bénéficie au plus grand nombre.

    « Nos deux institutions étaient faites pour travailler ensemble au rayonnement du territoire et de sa jeunesse », insiste Pablo Longoria.

  • Café, salon et marché pour relancer Shebba

    Café, salon et marché pour relancer Shebba

    Bien installée dans le fauteuil la tête renversée dans le bac à shampoing, Karima, huit fois grand-mère, se « laisse, enfin, chouchouter », entre les mains expertes d’Inès. « Ni le temps, ni l’argent, ça faisait un an que je n’ai pas vu de coiffeur », justifie-t-elle. à la Busserine, Shebba vient d’inaugurer son salon de coiffure solidaire, à destination des femmes aux revenus modestes, à partir de 8 euros la coupe.

    « On l’attendait depuis deux ans. Il y en avait un, il y a 20 ans », expliquent Haguera, Ouarda et Dalila, qui discutent au fond du salon, autour d’un café. Toutes adhérentes de Shebba depuis des années, elles y sont venues « pour des papiers, l’aide aux devoirs ou à l’alphabétisation, l’accès au numérique, un colis de Noël, les repas partagés, les fêtes, les sorties, les voyages, en Espagne, en Italie, une écoute, un conseil, ou simplement pour discuter… Sans ça, on resterait cloîtrées chez nous, avec nos soucis. »

    Ouarda y a même travaillé trois ans, avant de décrocher un emploi de médiatrice en économie d’énergie : « ça m’a aidé, alors aujourd’hui, j’aide à mon tour, en bénévole. »

    Mais l’association, qui œuvre sur tous les fronts, de la santé à l’éducation en passant par la lutte contre les violences, le décrochage scolaire et la prostitution des mineurs, se retrouve aujourd’hui confrontée à de grandes difficultés financières. Son activité est menacée, alors même qu’elle vient d’épurer une ancienne dette. Le poste d’adulte relais est arrivé à terme et Shebba n’a plus que trois salariées pour plus de 450 familles adhérentes, toutes très inquiètes.

    « Les subventions des pouvoirs publics ont diminué de 70 à 80% en dix ans, déplore Danielle Sautet-Vitiello, vice-présidente de Shebba, alors que les besoins augmentent dans nos quartiers, avec plus de primo arrivants, une population qui vieillit et se retrouve isolée, Shebba a toujours su s’adapter pour aider. » Pour Nina Guerrouj, coordinatrice, c’est l’incompréhension : « On est en pied d’immeuble à la Busserine. Quand les femmes rencontrent une difficulté, elles viennent nous parler. Ce n’est pas l’état qui leur vient en aide, c’est nous ! »

    Un Noël solidaire

    Parce qu’il s’y passe « de belles choses », les femmes de Shebba ne baissent pas les bras et diversifient « les actions qui pourraient aider à financer nos activités ». Un café solidaire a ouvert il y a un an, le salon de coiffure a été inauguré le mercredi 26 novembre. Un marché de Noël solidaire et une tombola avec de jolis lots à la clé (un canapé, week-end dans un mas provençal…) est également organisé le 13 décembre, de 10h à 18h, au 50, rue Breteuil (1er). On y trouvera les divines pâtisseries de Jasmine, des séances de sport, de yoga, des massages et de l’artisanat, le tout au bénéfice de l’association.

    Ce marché marque le lancement d’une campagne d’appel aux dons. « Une action grand public, avant de nous lancer dans une démarche auprès de fondations privées », précise Nina Guerrouj. Le désengagement des pouvoirs publics contraint le secteur associatif à repenser son modèle de fonctionnement… avec un air de retour à la charité.

  • Illuminations et festivités lancent Noël en Provence

    Illuminations et festivités lancent Noël en Provence

    Le coup d’envoi des illuminations a été donné dans plusieurs communes des Bouches-du-Rhône, mais aussi du Var ou de Vaucluse, devant un public nombreux. Concerts, feux d’artifice, spectacles et mises en lumière ont émerveillé les spectateurs, qui pourront profiter des festivités durant tout le mois de décembre.

  • Le city-stade Villecroze des Oliviers inauguré dans la joie

    Le city-stade Villecroze des Oliviers inauguré dans la joie

    Des applaudissements nourris, des rires et des cris de joie des jeunes ont accompagné le dévoilement samedi par le maire de Marseille de la cité de la plaque inaugurant la rénovation à neuf du city-stade Villecroze de la rue Néoule (13e), une opération majoritairement financée par la Ville.

    « C’est incroyable. On est allé le voir. Il a accepté. Il l’a fait et aujourd’hui on l’inaugure. Il a fait 600 heureux dans le quartier et même autour. Merci Monsieur le maire ! », se réjouit Ali Makkaoui du collectif Jeunes qui ne tarit pas de remerciements pour Benoît Payan. « C’était comme un terrain vague en goudron », raconte Nassim, la vingtaine, ovationné par ses copains du collectif. « On a cherché un contact, ça a pris du temps et quand enfin on l’a trouvé, c’est allé très vite. On a organisé deux réunions publiques avec la mairie. Là, il est ouvert tous les jours depuis un mois. On est très très heureux. »

    « C’est un stade qui porte des ambitions, des rêves et surtout une volonté de progrès pour notre quartier. Merci Monsieur le maire de l’attention que vous portez à notre quartier », lance au micro Ridjal qui lit le texte qu’il a préparé sur son portable. « Votre présence témoigne du désir de faire de notre ville un endroit où chaque personne se sent considéré, respecté et soutenu. Le sport est une force pour notre quartier ! »

    Une réponse aux attentes des jeunes

    Faute d’équipements adaptés pour pratiquer une activité sportive, les habitants des Oliviers C avaient en effet alerté la Ville sur la nécessité de réhabiliter l’ancien city-stade et le terrain de pétanque, qui étaient devenus inutilisables. Il y a eu plusieurs réunions publiques de concertation entre février et avril 2025 qui ont permis de préciser les besoins du quartier et de définir les orientations utiles aux services opérationnels de la Ville de Marseille. La première réunion, organisée à l’école des Oliviers, a rassemblé près d’une centaine d’habitants, témoignant de l’attente forte autour du projet.

    Un gazon synthétique a été posé ainsi que des éclairages LED. Les terrains de pétanque ont été remis en état et une fontaine d’eau a été installée. Une aire de street-workout (inscrite au budget participatif) pour permettre des exercices de renforcement musculaire fera l’objet d’une livraison ultérieure.

    « C’est le projet imaginé par les habitants du quartier. Ils ont plein d’idées. Il y a plein de choses à faire. Pendant des années, des endroits ont été plus ou moins investis par la mairie, d’autres ont été abandonnés voire très abandonnés. On a une jeunesse où qu’elle se trouve qui a envie de faire bouger les choses. Je suis venu prendre de leur énergie. C’est un projet qui redonne de la vie, qui a du sens pour le quartier », a salué le maire de Marseille qui s’est prêté à quelques passes de ballon sur la pelouse. L’événement était accompagné de nombreuses animations et d’un tournoi de foot.

  • Pierre Guille tourne la page de « La Marseillaise »

    Pierre Guille tourne la page de « La Marseillaise »

    Il aura le cœur lourd mais l’esprit léger, en juillet, lorsque l’imposante porte en fer forgé du parc Borély franchie, il longera les barrières pour disputer la première partie du 65e Mondial La Marseillaise à pétanque. Une première, étonnement. « Je viendrais avec deux amis faire un tour par la buvette, sans pression… Le Mondial, j’y travaille depuis 25 ans, mais je ne l’ai jamais fait parce qu’avant je ne jouais pas aux boules. Maintenant, j’adore ça, même si je suis un très mauvais joueur », sourit Pierre Guille.

    Une place aux rotatives

    Le directeur des événements et des partenariats du journal La Marseillaise, surtout connu pour être le président délégué du Mondial La Marseillaise à pétanque, quitte officiellement ses fonctions ce 1er décembre. Maryan Barthélémy, nouveau directeur des événements du journal, prend sa relève. Lui rejoint le groupe Suez pour y occuper la direction du développement dans le Sud, trente ans et cinq mois après avoir fait ses premiers pas comme manutentionnaire au service expéditions des rotatives du journal, cours d’Estienne-d’Orves.

    Sorti de l’école hôtelière un an plus tôt, Pierre Guille a alors tout juste 17 ans et cherche à gagner un peu d’argent pour reprendre des études de droit. Une amie, Sophie, fille de Marcel Richaud, ancien chef des rotatives, l’introduit. « Il connaissait mes difficultés familiales et m’a dit “si tu veux, on a une place à la roto la nuit”. Je suis donc entré dans cette grande maison le 1er juillet 1995. »

    Pendant quatre ans, sous la houlette de Pascal Gallittu, il enchaîne les CDD. « Ménages, manutention… Je travaillais la nuit, pendant les vacances. Dès qu’il y avait besoin, on m’appelait. » Il jongle avec ses études, mais ne les finira jamais. En 1999, il rejoint l’accueil du journal, sous la houlette de notre regretté ami Gaël Blin, qui lui apprend les rudiments du standard. Il y fera « une rencontre déterminante » : « Tous les matins, week-end compris, passait devant moi un petit monsieur ombrageux. Avec lui, souvent, un défilé de ministres, de chefs d’entreprise, les patrons de Ricard, Carrefour qui montaient dans son bureau… Michel Montana. » En août 2000, l’homme aux bretelles le reçoit dans son fameux bureau avec Fred Luzi, alors directeur commercial, pour un entretien d’embauche.

    « Un truc à l’ancienne, surréaliste, qui s’est terminé avec un verre de Ricard dans la main. Je m’en souviens comme si c’était hier. Il m’a dit : “si t’es pas trop con, que tu m’écoutes et que tu fermes ta gueule, on peut faire quelque chose de toi”. » Pierre signe un CDI d’attaché commercial à la régie publicitaire. « Pendant un an, j’ai fait les petites annonces. Je passais des coups de téléphone toute la journée et je prenais les petites annonces des garagistes : 206, 1.4 litre, HDI… »

    L’été suivant, en 2001, il fait son premier Mondial. « Michel était coquin, il m’a mis aux barrières avec les agents de sécurité. En plein soleil… J’ai fait ça deux ans sous la responsabilité de Dédé Picca puis j’ai passé mon permis. Je suis devenu chauffeur, responsable des chauffeurs, puis secrétaire général. » Dans les pas de Montana, sur le tas, il apprend les rudiments. Au journal, il devient chef de pub, chef des ventes, directeur commercial de 2012 à 2017, puis prend enfin le poste de directeur des événements et des partenariats, à ses yeux surtout « une direction de relations publiques ».

    Passion et valeurs

    « La Marseillaise m’a appris le goût du travail, du vrai travail, l’engagement, à la limite de la rupture parfois, mais avec toujours du plaisir. Puis les relations publiques, le fait de prendre la parole, c’est quelque chose que j’aime », glisse celui qui a grandi dans une modeste famille d’origine arménienne, dans les quartiers Nord de Marseille, à la Viste et la Batarelle. à 10 ans, ses parents s’installent à Aubagne, à la Tourtelle, où sa mère était femme de ménage dans les tours des quartiers populaires de la Tourtelle et du Charrel.

    Le 7 avril 2017, Pierre Guille devient surtout président du Mondial avec la lourde tâche de succéder à Michel Montana. Il le fera avec talent, y apportant sa touche, avec la création du Handi Mondial bien appuyé par l’AJCM, de l’opération des Carreaux du cœur qui a permis de soutenir une trentaine d’associations, l’obtention du plus haut niveau du « label manifestation éco-responsable », pour finir par une édition 2025 ponctuée du record de participation.

    « C’est un parcours assez atypique, il n’y a plus beaucoup de gens qui rentrent dans une entreprise tout en bas et grimpe ainsi », observe Pierre Guille, ses petits yeux bleus rougis par l’émotion. « C’est le signe de quoi ? De la passion, de l’engagement, des valeurs », explique celui qui se définit comme « un militant des causes nobles, justes, fraternelles », et ne cache pas sa fierté « d’avoir porté les valeurs de La Marseillaise pendant 30 ans ».

    Chef d’orchestre

    « Je suis 100% en accord avec ce journal, encore plus depuis que Léo (Purguette) en est le président et directeur éditorial. Je partage ce qui y est écrit tous les jours et je n’ai pas de problème pour défendre son bilan », poursuit celui qui était encore, jeudi, devant cinquante chefs d’entreprise d’un syndicat patronal pour porter la voix de La Marseillaise. Un numéro d’équilibriste dans un journal en perpétuel soutien aux travailleurs en première ligne face aux politiques patronales.

    « Ça tient à deux facteurs. Un, on est reconnu pour une qualité rédactionnelle qui fait référence, y compris chez ceux qui n’ont pas notre sensibilité politique. Deux, nos événements font référence. » Le Mondial bien sûr, mais aussi le GP cycliste La Marseillaise, entré dans le cercle fermé des dix plus grandes courses classiques françaises, La Marseillaise Breaking cup, la Tournée d’été qui cette année a rayonné sur 14 dates dans le département. Et de rappeler au passage que plus de 120 événements ont associé leur image à La Marseillaise en 2025.

    « Sans prétention, prendre la succession de Michel Montana n’était pas facile. Beaucoup de gens auraient parié qu’on se casse la gueule. Je dis on, parce que c’est une équipe, on était tous ensemble. Je pense aussi aux bénévoles, à Maurice, Didier, André… Aujourd’hui, je laisse, on va dire, le fauteuil de chef d’orchestre parce que c’était juste ça, mon job. » à ses successeurs d’écrire une nouvelle partition.

  • Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Sortir la rénovation du dogme des démolitions

    Devant de nombreux étudiants, architectes, enseignants et associatifs, des militants du mouvement HouseEurope! ont présenté, vendredi soir à l’IMVT, le court-métrage The Great Together, du collectif Docar. Le doc explore des exemples de transformation de grands ensembles à Rome, Vienne, Toulouse et Belgrade. HouseEurope! milite pour une architecture écologique, sociale et demande à la Commission européenne de « rendre l’industrie de la construction plus soutenable ». Moins démolir, mais rénover en améliorant l’existant.

    « L’association Un Centre-Ville Pour Tous est partenaire du projet FaireVille et du collectif Stop Démolitions ! Nous travaillons sur le manque de démocratie dans la fabrique de la ville », rappelle Hélène Froment. « Les programmes Anru (Agence nationale pour la rénovation urbaine) à Marseille prévoient près de 5 000 démolitions de logements sociaux, alors que la livraison de logements abordables ne dépasse pas 1 000 logements par an. Concernant le quartier Félix-Pyat, État et Métropole ont acté leur intention de démolir la tour B, sans prévoir aucun financement pour le relogement des 168 familles (80% en logement social et 10% propriétaires occupants). » À cela s’ajoute l’annonce du projet de démolition des deux tours de la copropriété Bel Horizon, « sans perspective de relogement abordable de proximité et sans reconstitution de l’offre locative. Les 450 ménages de ces deux ensembles pourraient être forcés à habiter loin du centre-ville ».

    « Tout ce que j’aime, les bureaux d’études lyonnais le démolissent », ironise l’urbaniste Nicolas Mémain, qui fait le deuil des « petites choses humbles » démolies. Ainsi de la chaudronnerie Arnaud rasée au 8 rue Melchior-Guinot, à Marseille (3e). « Ce bâtiment d’angle faubourien d’après-guerre était d’une beauté très simple. Son caractère, sa singularité, sa personnalité rayonnaient. On aurait pu construire autour, passer en porte-à-faux au-dessus. L’arbitrage financier a fait qu’il a été démoli. »

    Déconcentrer la pauvreté

    En ligne de mire, les bulldozers non négociables de l’Anru. « L’Anru porte le même inconscient collectif que le Second Empire, celui de ne pas revouloir la révolution avec de grandes lignes vides comme des systèmes de visée au canon. L’Anru, c’est le projet haussmannien sécuritaire, avec des sols en béton lavé, des lampadaires les plus chers qui ressemblent à des épées de Dark Vador. C’est une espèce de fiction de police parfaite qui crée des ambiances urbaines minables de traumatisme collectif. »

    « Le modèle ne change pas. Les politiques publiques sont faites pour déconcentrer la pauvreté et stimuler la production de neuf », analyse la chercheuse Lina Raad, qui constate que les 165 000 démolitions de logements sociaux du premier programme de l’Anru n’ont pas toutes été compensées. « On a un déficit net de 25 000 logements sociaux et les logements reconstruits sont plus petits et plus chers. » Une note d’optimisme avec Stéphane Labatut de l’agence 8 et demi, dont les projets démontrent qu’« on peut sauvegarder des résidences avec l’adhésion des habitants ».

  • Toulon est de retour sur le podium du Top 14

    Toulon est de retour sur le podium du Top 14

    Ils n’ont pas eu de pitié face aux promus. Les rugbymen toulonnais se sont imposés avec l’art et la matière contre Montauban (54-28), samedi après-midi au stade Mayol, à l’occasion de la 11e journée de Top 14. Grâce à ce succès, acquis avec l’obtention du bonus offensif, ils sont assurés de retrouver leur place sur le podium du championnat.

    « L’objectif comptable est atteint. Après, il y a des choses qui me dérangent », souligne Pierre Mignoni, le manager du RCT. « Il y a eu des efforts de faits, des choses ont été très intéressantes dans le jeu. Par contre, prendre 28 points ça me dérange même si j’ai trouvé Montauban bien mieux que la semaine dernière chez eux contre Toulouse. Comme je l’ai dit aux joueurs : une grande équipe, ça ne prend pas 28 points comme ça et ça me dérange », lance le technicien varois. Ce dernier estime que ses joueurs se sont trop relâchés lorsqu’ils ont pris quarante points d’avance sur leurs adversaires du soir à la cinquantième minute. Et même si l’entrée en jeu des remplaçants n’a pas été suffisante à son goût, ses protégés repartent quand même avec la septième victoire de la saison.

    « Il faut rester positif car les joueurs ont fait des efforts et nous avons été très peu pénalisés en première mi-temps. Deux fautes seulement. On a eu la main sur le match et il n’y a rien à dire, mais prendre 28 points ça me dérange. On ne peut pas se satisfaire de cela. On ne va pas dire que c’est une catastrophique mais pour être une grande équipe, il faut être discipliné dans son jeu, dans ses fautes et la défense. On a encore du travail et là il faut aller vite car la semaine prochaine, ça va aller très vite », ajoute Mignoni.

    Garcia et Ferté plébiscités

    Une belle opération avant de débuter leur campagne européenne, le 7 décembre (à 18h30) à Édimbourg en Écosse. « Maintenant nous sommes excités à l’idée de jouer la Champions Cup. C’est une compétition que j’adore car il y a du rythme, du jeu, de l’engagement. On va se mesurer face à des équipes européennes et on en a besoin en ce mois de décembre », se frotte les mains le demi d’ouverture Mateo Garcia, fier d’avoir retrouvé le chemin du but à Mayol. « C’est toujours un plaisir de buter, c’est quelque chose qui m’excite et qui me fait entrer dans mon match. Il y a de nombreux joueurs de qualité pour cet exercice. Je continue de m’entraîner toutes les semaines pour répondre présent quand on me sollicite », assure l’ancien pensionnaire de l’Union Bordeaux Bègles.

    Il n’est d’ailleurs pas le seul à avoir tapé dans l’œil du public face à Montauban. Mathis Ferté, qui a débuté le match au poste de 15 pour le terminer à la mêlée, a inscrit un doublé pour le plus grand plaisir de son entraîneur. « J’ai rarement vu un joueur aussi talentueux que Mathis dans sa compréhension du rugby. Tu peux le mettre de partout, même en 10 il sera bon et il ne tremble pas quand tu lui demandes de changer de poste. Il connaît son rôle et il se trompe rarement. Pour moi, il sera en équipe de France dans peu de temps, mais ce n’est que mon avis et ce n’est pas moi qui décide. Il arrive de Pro D2 [Brive] et c’est un gros talent. Il joue partout, il pue le rugby, il a un mental. Et il n’a que 21 ans. C’est quelqu’un qui va encore grandir et gagner en maturité. J’entends que c’est un petit gabarit, mais il se bat sur tous les ballons et il comprend le rugby. Il sait ce qu’il faut faire. C’est mérité qu’il soit mis en avant », insiste Pierre Mignoni, conscient qu’il avait juste besoin d’un petit coup de pouce pour retrouver son meilleur niveau. « Je lui mettais des pièces en début de saison pour lui demander de se réveiller », raconte Mateo Garcia, très content pour lui. « On ne le découvre pas. Ce sont des qualités qu’il montrait déjà les années passées. » Et que l’on attend encore à l’avenir.

  • [Entretien] Raynier Devillier : « La greffe, ce n’est pas un traitement du VIH »

    [Entretien] Raynier Devillier : « La greffe, ce n’est pas un traitement du VIH »

    La Marseillaise : Une patiente a été guérie du VIH à Marseille, la première en France. Pouvez-vous nous en dire plus sur ce cas de rémission du Sida ?

    Raynier Devillier : C’est une patiente qui a été traitée grâce à une greffe de moelle osseuse et, dans les suites, a été guérie de son VIH (virus de l’immunodéficience humaine) par ce traitement. Toutes les greffes qui ont abouti à une guérison du VIH ont été réalisées pour autre chose que le VIH. C’est un message clé pour qu’il n’y ait pas de confusion sur le sujet. Parce que ce qui revient souvent sur la table, c’est « pourquoi ne greffe-t-on pas toutes les personnes vivant avec le VIH ? ». La greffe, ce n’est pas un traitement du VIH, c’est le traitement d’un cancer hématologique avant tout. à Marseille, la patiente a développé une leucémie aiguë. C’est un cancer du sang fatal sans traitement et pour lequel la greffe de moelle osseuse reste un des traitements qui donne le plus de chance de survie, à long terme.

    Comment expliquez-vous qu’elle ait pu guérir du Sida à la suite de cette greffe ?

    R.D. : Pour réaliser une greffe, il faut un donneur que l’on recherche soit dans la famille, soit sur le fichier international des donneurs volontaires de moelle. Nous savions que la patiente était également soignée contre le VIH avec des antiviraux en très bonne réponse. On a donc cherché, sur le fichier international, un donneur qui avait des particularités génétiques spécifiques. Dans la plupart des cas, les personnes ont, sur leurs globules blancs, que l’on appelle les lymphocytes et qui sont la cible du VIH, des récepteurs sur la surface de cette membrane-là. Les récepteurs en question servent au virus pour entrer dans la cellule. Or certaines personnes ont des variants génétiques de ces récepteurs, ce qui fait que certains types de virus du VIH ne vont pas pouvoir entrer dans les cellules. Ce que nous avons fait, c’est choisir un donneur compatible avec la patiente sur le plan du groupe sanguin, qui soit aussi porteur de cette particularité génétique, avec l’objectif que le virus du VIH ne puisse pas rentrer dans les lymphocytes du donneur. On l’a donc traitée et guérie de la leucémie en implantant, dans son corps, le système immunitaire d’un donneur résistant à l’infection par le VIH. C’est pour cela que les cas de guérison du VIH après greffe sont des cas extrêmement rares. On n’en compte pas dix dans le monde.

    Comment se fait-il que les lymphocytes de la patiente, déjà touchés par le virus, n’aient pas eu d’incidence sur la greffe et la guérison ?

    R.D. : Tous les virus du VIH ne sont pas les mêmes et le fait est que ce donneur était résistant au type du virus que portait cette dame, ce qui complique encore les choses. Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la patiente avait déjà une charge virale non détectable grâce au traitement. Dans le cadre du processus de soin pour la greffe, nous avons enlevé l’ensemble des globules blancs de la patiente, donc l’entièreté du réservoir pour le VIH, afin d’implanter le système immunitaire résistant du donneur. Ainsi, le virus il n’a plus pu se multiplier.

    Vous avez donc fait en sorte, dans vos recherches, de trouver une solution simultanée ?

    R.D. : Tout à fait. C’est un point très important d’ailleurs, car il faut bien avoir en tête qu’il y a quelques années, des patients qui avaient une infection par le VIH et qui étaient bien traités ne recevaient pas les traitements optimaux des cancers, ce qui leur amputait des chances. On s’est ensuite rendu compte qu’on arrive à traiter ces cancers hématologiques, au même titre que les personnes séronégatives. Donc la dynamique a changé de ce côté-là. Au sein de l’IPC, nous avions à cœur et avons tout mis en œuvre pour que les patients puissent avoir un traitement optimal de leur cancer. C’est pour cela qu’on s’est donné les moyens de donner à la patiente un avantage par rapport au VIH. C’était ça, notre réflexion initiale, et cela a été rendu possible grâce à une synergie entre les services de l’AP-HM et de l’IPC.