Author: tecnavia

  • À Aix, le front associatif veut peser dans le débat municipal

    À Aix, le front associatif veut peser dans le débat municipal

    Entre les stands du marché aux fleurs et les militants en pleine distribution de tracts politique, une vingtaine d’associations enfilent leurs dossards. La Cimade, le Secours populaire français, ATD Quart-Monde, la Ligue des droits de l’Homme… Elles sont vingt, engagées dans l’humanitaire et la défense des droits humains, à se mobiliser ce samedi pour demander aux candidats d’intégrer des mesures de solidarité à leur programme et les interpeller sur la place accordée à ce sujet dans leur campagne.

    L’action double un courrier déjà envoyé aux cinq candidats en lice pour les municipales des 15 et 22 mars à Aix-en-Provence. « On les invite à nous faire part de la place de la solidarité dans leur programme de façon concrète, sur un certain nombre de questions que l’on envisage de leur poser, par écrit, mais aussi au travers d’un débat qu’on les invite à organiser », précise Guy Laudren, en charge de l’antenne locale de la Cimade. Deux candidats auraient déjà répondu « favorablement » selon les associations : Mounir Ben Ammar (Rev) et Marc Pena (Aix Avenir). L’initiative part d’un constat : « Rapidement, sur des valeurs communes, on a trouvé une quinzaine de revendications partagées, basées sur ce que l’on considère comme insuffisant de la part de la municipalité en place. Que ce soit la question du logement, du travail collaboratif avec les associations, on a de grosses difficultés avec la dématérialisation et la municipalité à un rôle à tenir. Les associations de protection des femmes ont aussi besoin d’être aidées… », énumère Guy Laudren.

    « Beaucoup à faire »

    L’initiative est assez nouvelle pour ces associations mobilisées. « Je n’ai pas le souvenir qu’on se soit organisé comme cela pour les précédentes municipales, mais il se trouve qu’on travaille ensemble et qu’on a eu envie de faire quelque chose en commun », souligne Martine Herbomez pour ATD Quart-Monde. Pour cette militante, la priorité, pour le prochain mandat, est celle du logement : « Sur cette question, on ne fait pas suffisamment à Aix, alors qu’on a probablement les moyens (…) C’est un choix que font les municipalités, qui sont obligées de réaliser 20% de logement social, mais préfèrent, pour beaucoup, payer une amende. » Pour la militante d’ADT Quart Monde, « il y a beaucoup à faire sur la précarité ». Chaque association a sa requête. « Nous avons deux propositions : recréer la Maison des associations, et un rendez-vous annuel pour faire le point sur ces questions – là », propose Dominique Bruandet, pour le Collectif Agir.

    « On existe, on est là, nos besoins sont multiples. Une aide financière et matérielle est nécessaire pour exercer pleinement notre activité », insiste Didier Blachère, pour le Secours Populaire Aixois.

    « Si on considère qu’Aix-en-Provence est une ville riche et qui se gentrifie, la réalité est qu’il y a une grande précarité avec une population étudiante qui souffre », dépeint Chantal Soubias, bénévole dans la même association. À suivre, donc…

  • 57 noms composent la liste citoyenne de l’Aixois Mounir Ben Ammar

    57 noms composent la liste citoyenne de l’Aixois Mounir Ben Ammar

    Un travail de « plusieurs mois » et « mobilisation préexistante » ont permis à la liste Aix Vivante et Citoyenne, soutenue par le mouvement REV d’Aymeric Caron, menée par Mounir Ben Ammar de rassembler 57 noms. « Il n’y a pas de force politique classique dans notre configuration. Nous avons voulu que ce soit la voix des habitants d’Aix qui puisse se traduire par cette liste », rappelle Mounir Ben Amma. 230 mesures, sont portées par la liste. À ses côtés, Françoise Coux, qui figurait sur la liste d’Aix-en-Partage en 2020. « Je pense qu’on est le terrain actif aixois au-delà des partis », explique cette gynécologue retraitée. Une douzaine des colistiers, font partie des militants LFI qui ont attaqué le parti en justice. « La voie citoyenne aurait existé sans l’esclandre, assure Ben Ammar. On est sur le terrain jusqu’au 14 mars. On fera en sorte d’être sur un score à deux chiffres. Sa liste est estimée à 7% des intentions de vote au premier tour dans un sondage de La Provence.

  • Rassemblement pour l’unité de la gauche au second tour à Marseille

    Rassemblement pour l’unité de la gauche au second tour à Marseille

    L’objectif ? Unir toute la gauche et les écologistes pour le second tour des élections municipales à Marseille, le 22 mars. « L’heure est grave, l’extrême droite pourrait avoir la majorité au conseil municipal », alerte Alexandre Jurado, du conseil d’administration de Faisons front commun. « On a tous et toutes besoin de l’union de la gauche et des écologistes », renchérit Kheira Fekih, membre de l’association On le fait pour nous. Bernard Alain, habitant du 1er arrondissement, fustige les propos de Benoît Payan dans nos colonnes, qui estimait que Sébastien Delogu « devait prendre ses responsabilités », « le péril est grand, il faut que la gauche s’unisse ! », juge-t-il.

  • Aix-Marseille université veut inciter les étudiants à aller aux urnes

    Aix-Marseille université veut inciter les étudiants à aller aux urnes

    « La ville de demain ne peut pas être adaptée à la jeunesse si les politiques ne l’écoutent pas ! », lance Eric Berton, président de l’université d’Aix Marseille (AMU). Selon lui, la jeunesse et ses revendications sont oubliées dans la campagne pour les municipales.

    Face à ce constat alarmant, l’Université prend les devants : « Il s’agit d’une de nos missions fondamentales que la jeunesse soit écoutée et qu’elle soit ramenée au vote local », explique-t-il. Pour partager les résultats de l’enquête menée auprès des étudiants et dont les résultats ont été publiés début février, l’université lance une grande campagne d’affichage au style pop depuis le 25 février à proximité de trois campus universitaires marseillais, celui de Saint-Charles, Timone et Luminy. Pour inciter les étudiants à prendre la parole.

    Julie, étudiante en master de gestion des risques environnementaux confirme saluer l’initiative et ajoute : « Les politiques passent à côté de mes sujets ». Originaire de Lyon, elle ne souhaite pas voter aux municipales et affirme que « ce n’est pas ma priorité pour le moment de me renseigner sur les élections d’ici »… Elle favorise plutôt une action associative comme 46% des étudiants de l’université d’après l’enquête du 10 février. Questionnée sur ses priorités et intérêts, celle-ci répond : « Les politiques environnementales régressent, ce n’est plus un sujet politique mais une question de survie », se désole-t-elle.

    Une écoute des politiques pour remobiliser

    Grace, étudiante aixoise, elle non plus ne s’intéresse pas aux élections municipales, elle n’a pas le droit de vote n’étant ni française ni européenne. D’après elle, les étudiants ne sont pas assez écoutés, elle mentionne : « Les APL pour les étudiants étrangers ont aussi été supprimés » dans le budget 2026. Cela confirme son sentiment : « Je pense que les politiques sont éloignés de moi », détaille l’étudiante. Elle explique pourtant qu’elle s’est engagée dans une association qui lutte contre la précarité alimentaire : « La jeunesse a envie de changer les choses », ajoute-t-elle. Et de souligner, volontairement, que même si elle ne vote pas, elle « suit l’actualité, notamment ce qui se passe à Gaza ». En dehors de ça, les élections « ne m’intéressent pas… Sauf les élections étudiantes parce que des gens sont passés dans les amphis… », explique l’étudiante.

    L’université souhaite recréer le lien entre une jeunesse aujourd’hui engagée, voire politisée et les élus. En commençant par « informer les étudiants sur l’importance des élections municipales (…) et formé des citoyens entendus par leurs politiques », explique Eric Berton. Le président de l’université ne cache pas sa déception de ne pas avoir entendu parler de jeunesse lors du débat télévisé du 19 février, entre les candidats à Marseille, alors que l’enquête était publique : « Nous avons créé 50 pages de document, [sur la jeunesse] je n’ai pas le sentiment que les politiques s’en emparent vraiment, il reste sur leur électorat captif (…) les politiques font campagne pour des gens qui votent, la question de la jeunesse n’est jamais abordée », regrette le président de l’université.

    En placardant les revendications de la jeunesse dans l’espace publique, il souhaite que les candidats se positionnent sur les thématiques qui tiennent à cœur à la jeunesse : « Les différentes problématiques des étudiants sont liées à l’écologie, la santé… ». Les étudiants, sont loin de se désintéresser de la politique et semblent bien conscients des enjeux, Aix Marseille Université veut les incités à retourner aux urnes, en toute neutralité, pour avoir « un vote plutôt qu’un tweet ».

  • Le littoral rêvé du Printemps marseillais

    Le littoral rêvé du Printemps marseillais

    « Réconcilier Marseille et le littoral pour le siècle qui vient. » C’est l’objectif affiché de Benoît Payan, maire sortant (DVG) de Marseille et candidat à sa succession pour les élections municipales, avec son « projet littoral ». Projet dévoilé dans les pages de nos confrères de La Provence, ce samedi, puis développé avec moult visuels et images conceptuelles sur les réseaux sociaux dans la foulée.

    Et il faut dire que le Printemps marseillais ne manque pas d’idées pour le prochain mandat avec une déclinaison de plusieurs projets, du Nord au Sud de la ville. « Au Nord, la plage de Corbières sera totalement réaménagée, avec l’agrandissement considérable de la zone baignable et la refonte des accès piétons, ferroviaires et automobiles à la plage », expose l’union de la gauche et des écologistes.

    Sujet épineux sur lequel a travaillé la majorité sortante : celui de la Digue du large, véritable serpent de mer du littoral marseillais, fermée depuis 2001 et ouverte qu’en de rares occasions. « Après discussions avec le Grand Port maritime de Marseille, (GPMM), la Digue du large sera ouverte aux Marseillais. L’accès envisagé pourra se faire par deux points : le pont Pinède, après réaménagement, et via une barge mobile reliant le J4 et la Digue du large, et permettant de laisser passer les bateaux. Au même endroit pourra être installé un espace de natation sécurisé », développe le Printemps marseillais, rappelant que « le port de Marseille est un poumon économique, d’attractivité, de développement et d’emploi de notre ville ». De quoi provoquer une montée au créneau de Romain Simmarano, porte-parole de la liste de Martine Vassal (DVD) aux municipales : « Benoît Payan est obligé de mentir. Non le Port n’a donné aucun accord pour la réouverture de la digue du large. »

    Du verdissement à tout va

    Autre sujet de tension, Benoît Payan promet que la piscine du Mucem, projet abandonné de l’actuelle mandature, « sera faite dans le mandat ». Pour la plage des Catalans, « les travaux entrepris pour mener à bien la réhabilitation et la mise en sécurité de la plage seront achevés ». Le tout, complété « par un plan global de mise en accessibilité et des points de baignade de la Corniche » avec « des accès par escaliers, la création de plateformes et de plongeoirs sécurisés ».

    Concrètement, il envisage trois accès « des Catalans à Malmousque » afin de permettre au plus grand nombre de « profiter de la mer dans les meilleures conditions », et surtout de plonger « en toute sécurité ». Autre axe de développement sur lequel insiste l’édile : le verdissement des espaces longeant la mer. Il plaide pour une « corniche verte », qui « reliera le stade nautique Florence-Arthaud à Montredon ». Laquelle est en lien avec « une grande pinède, au niveau de Borély, avec des arbres et essences méditerranéennes qui constituera un nouveau poumon vert de notre ville, à quelques mètres de l’eau ». Plus globalement, il envisage « trois trames vertes qui partent des collines, depuis les massifs de la Nerthe et l’Étoile et les Aygalades », toujours dans La Provence du 28/02. « Le long du ruisseau des Aygalades et le long de l’Huveaune, nous allons faire pousser de grandes promenades vertes », conclut-il.

  • À Marseille, Biaggi repart à l’assaut du bastion de gauche

    À Marseille, Biaggi repart à l’assaut du bastion de gauche

    Le combat s’annonce comme toujours difficile pour la droite dans le bastion historique de la gauche guériniste, terre d’élection du maire de Marseille, Benoît Payan (DVG) en 2020, et où Manuel Bompard (LFI) s’est imposé deux fois dès le 1er tour des législatives. Cette année, huit listes y sont en lice.

    Solange Biaggi y a pourtant été élue maire en 2014. Un succès qu’elle avait partagé avec Lisette Narducci (DVG). Une « alliance compliquée », se rappelle la pharmacienne dont le cuir lissé par les batailles électorales révèle toute la décontraction à l’approche du scrutin. « J’espère qu’on verra mon bulletin », sourit-elle en évoquant un tirage de liste peu avantageux qui l’a placée en 8e position. Née en 1954 à Marseille, Biaggi entre en politique en 2001, « avec la parité » et poussée par Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier venus chercher quelques voix corses en même temps qu’une grande famille (Biaggi – Altieri) du monde économique local.

    Adjointe au commerce, conseillère départementale et métropolitaine en charge de l’attractivité, elle siège depuis 2020 dans l’opposition municipale et préside le bailleur social Provence Métropole Logement.

    « Même dans l’opposition, j’ai continué à travailler dans la proximité », dit-elle, se revendiquant de la transformation de la Joliette et de la rénovation de la rue de la République. « On a beaucoup fait mais il reste encore énormément à faire sur le 3e, où il y a le plus de précarité et d’insalubrité. »

    « Ce secteur c’est mon ADN »

    La candidate affirme surtout son attachement aux 2-3 qu’elle veut « tirer vers le haut et qui sont l’avenir de Marseille ». Elle évoque Euroméditerranée où elle siège, le Port, la CMA CGM, le centre d’affaires, et rappelle ses racines, sa mère « née rue de la République » et sa famille qui « était dans les bateaux » : « Ce secteur, c’est mon ADN. »

    Pour le mandat à venir, elle parle logements et emploi, cite le parc Bougainville, la future gare St-Charles qui « reliera la Belle de Mai et St-Mauront au centre-ville ». Sur le tram de la Belle de Mai, elle réfute toute opacité mais reconnaît « des blocages » qui ont fait perdre « quatre ans ». Dans une campagne marquée par la course de la droite derrière l’extrême droite, elle s’assume « d’une droite sociale », « pragmatique » et éloignée de « la politique politicienne ». Elle cite son colistier « écologiste », Christophe Madrolle, et les 25 autres membres de sa liste, novices et issus de tous les quartiers. Une manière de préparer la suite ? « Il faut du renouveau mais je porte la continuité de ce qu’on a commencé, je ne veux pas que tout s’arrête. »

  • L’OM renverse Lyon et reprend espoir

    L’OM renverse Lyon et reprend espoir

    Quand l’OM et l’OL se retrouvent sur un terrain, l’ennui est rarement au rendez-vous.

    Ce duel, qui lançait le mois de mars 2026, n’a pas dérogé à la règle. Presque tous les ingrédients étaient réunis pour que le Vélodrome se régale. Des Marseillais en quête de rédemption. Des Lyonnais vexés après avoir perdu leur dernier match. Habib Beye qui étrennait son costume d’entraîneur phocéen à la maison. Un retour de conclave qui devait permettre à ses ouailles de mettre en pratique ce qu’ils avaient préparé à Marbella, tout au long de la semaine.

    À cela, est venu s’ajouter le but casquette en tout début de match. De ceux que l’OM offre généralement à ses adversaires dans le temps additionnel. Et qui viennent torpiller une soirée qui s’annonçait sereine. Cette fois, c’est donc après moins de trois minutes de jeu que les Marseillais se sont tiré une balle dans le pied.

    Cela laissait du temps pour réagir. Face à des Lyonnais qui ne semblaient pas en mesure de faute mieux que laisser venir les Marseillais. Et compter sur la main chaude de Dominik Gref pour garder l’avantage. En première période, le Slovaque gagnait tous ses duels. Aidé dans ses actes par des hésitations dans le dernier geste de la part de Pierre-Emerick Aubameyang ou Mason Greenwood.

    L’OM affichait de bonnes intentions. Mais n’arrivait pas à les concrétiser. Malgré le soutien toujours aussi intense du Vélodrome. Et quelques involontaires coups de pouces lyonnais, dont les Phocéens se montraient incapables de profiter.

    Il manquait un ingrédient pour que la recette réussisse. L’arrivée d’Igor Paixão, après la pause, apportait cette touche. Sur un de ses premiers ballons, le Brésilien arrachait la toile d’araignée de la lucarne gauche de Dominik Greif. Le Vélodrome pouvait souffler.

    L’éclaircie redevenait giboulée. Avec encore une fois une boulette de la défense payée cash, alors que l’on entrait dans le dernier quart d’heure. Le second but lyonnais faisait grincer le Vélodrome. Le coup de tonnerre de Pierre-Emerick Aubameyang ramenait le soleil. Laissant augurer d’une fin de match hitchcockienne.

    Le héros de ce final sera le Gabonais. Après une première période qui ne lui a pas souri, le dernier quart d’heure devait être celui de sa consécration. Il avait déjà renversé le stade en évitant que le doute ne s’ancre dans les têtes après le but de Rémi Himbert. En s’offrant le doublé, à l’amorce du temps additionnel, il déclenchait une intense bronca.

    L’OM était en train d’offrir à Habib Beye sa première victoire. Et apportait sur un plateau une offrande à leurs supporters. À savoir trois points qui permettent d’apaiser les tensions. Et redonnent de l’espoir dans la quête d’une place sur le podium.

    Les Marseillais ont su gagner, en renversant deux fois la situation, avant de prendre le contrôle. Ce qui doit rassurer alors qu’arrive le quart de finale de Coupe de France, mercredi, contre Toulouse.

    OM 3 (0)

    LYON 2 (1)

    24e journée de Ligue 1

    Stade Vélodrome (66 225 spectateurs)

    Arbitre : J. Brisard

    Buts : Paixão ( 53), Aubameyang (81, 90) pour l’OM, Tolisso (3), Himbert (77) pour Lyon.

    Avertissements : Kondogbia (72), Aguerd (84) à l’OM, Mata (30), Morton (45+2) à Lyon.

    OM : Rulli – Weah (Pavard, 85), Balerdi, Aguerd, Emerson – Kondogbia (Abdelli, 85), Höjbjerg (c), Timber (Paixão, 46) – Greenwood (Nnadi, 90+2), Aubameyang, Traoré (Nwaneri, 63).

    Entraîneur : H. Beye

    LYON : Greif – Maitland-Niles, Mata, Niakhaté, Tagliafico (Abner, 87) – Tessmann, Morton, Niartey – Tolisso (c) – Endrick, Yaremchuk (Himbert, 59). Entraîneur : P. Fonseca

    Les Marseillais ont enfin mis de l’intensité

    Intensité. Tel a été le déterminant d’une entame de match sur les chapeaux de roues. Avec deux équipes qui avaient visiblement envie de jouer.

    Il est juste dommageable que ce soit un cadeau de la défense marseillaise qui a permis de déclencher ce maelström. Dans un Vélodrome qui n’avait pas eu le temps de comprendre l’action amenant le but de Corentin Tolisso. Un Vélodrome qui, dans un premier temps, n’en a pas tenu rigueur aux Phocéens.

    Il leur restait suffisamment de temps pour refaire ce handicap. Et doubler les Lyonnais au tableau d’affichage. C’est après le repos, lorsqu’Igor Paixão a fait son entrée, que l’OM a eu plus de solutions. Le Brésilien n’hésitant pas à tenter sa chance de loin. Ce qui payait.

    Revenu à hauteur, l’OM se devait de terminer le travail. Aller au bout de ses bonnes intentions, afin de revenir dans la course au podium. Profiter de Lyonnais pas dans leur meilleur soir pour cela. Dans un final qui en a fait voir de toutes les couleurs aux supporters.

    Alban Juster pour l’intérim

    Pablo Longoria n’est plus président de l’OM. Le club a officialisé la nouvelle, en publiant un communiqué, samedi dans la soirée.

    Son successeur, Alban Juster, va assurer l’intérim « le temps d’engager les démarches nécessaires à la recherche et la désignation d’un nouveau Président du Directoire ».

    Ce dernier exerçait la fonction de directeur général des finances. Il sera assisté d’Alessandro Antonello et Benjamin Arnaud.

  • [Entretien] Bertrand Badie : « L’objectif n’est pas de démocratiser l’Iran mais de détruire un régime »

    [Entretien] Bertrand Badie : « L’objectif n’est pas de démocratiser l’Iran mais de détruire un régime »

    La Marseillaise : La mort de l’ayatollah Khamenei marque un tournant ?

    Bertrand Badie : Cet homme était au pouvoir depuis 1989, il incarnait la ligne dure, conservatrice et ultra-religieuse de la République islamique. Il détenait l’essentiel du pouvoir et le processus décisionnel en matière militaire, diplomatique, d’ordre intérieur. Le président de la République ne pouvait être élu sans son aval. C’est plus une rupture qu’un tournant. Le modèle est incontestablement cassé mais personne ne sait encore de manière sérieuse ce qui va en sortir.

    Ce n’est pas pour autant la fin du régime ?

    B.B. : C’est absolument impossible de dire ça. Si l’homme était la clé de voûte de l’édifice, le régime se caractérise par un socle extrêmement important bâti au fil des décennies, composé des pasdarans, des bassidjis, de la police et de l’armée. Ce nombre très important de personnes dispose de réseaux et se sont appropriés les biens économiques du pays. Un régime ne prend pas fin tant qu’un autre ne vient pas le remplacer et on est très loin de la mise en place d’une alternance.

    Reza Pahlavi incarne-t-il l’opposition ?

    B.B. : Il y a une opération médiatique autour de la personnalité du fils de l’ancien chah renforcée par le fait que nous avons affaire à un régime ultra-autoritaire et répressif qui n’a pas d’opposition organisée. Dès lors, le nom de Reza Pahlavi est le seul qui puisse apparaître spontanément comme contre-marque au régime islamique. Une façon de crier son hostilité au régime, c’est de se référer à la seule force visible ou incarnée qui lui fasse opposition. Le régime Pahlavi était comparable à l’actuel : épaisseur répressive, corruption et personnalisation du pouvoir. Il ne faut pas exagérer l’idée de désertification des oppositions dans la mesure où dans les prisons iraniennes figurent des personnalités non négligeables mais réduites au silence.

    Les « négociations » entre Washington et Téhéran n’étaient qu’un leurre ?

    B.B. : Il apparaît, pour le moment, que ces négociations n’étaient qu’un prétexte permettant de dissimuler ou d’ouvrir un temps de préparation de l’action militaire. On parle beaucoup de « régime change ». Je parlerais de « régime destruction », l’objectif n’est pas de démocratiser l’Iran ou de rendre le pouvoir au peuple mais de détruire un régime et on ne voit pas de plan visant à aller au-delà. En cela, la distinction est forte par rapport à ce qu’était la politique de George W. Bush en Irak en 2003 où il voulait véritablement mettre en place un régime « démocratique » affidé aux États-Unis. Là, on s’arrête à la destruction, derrière laquelle on retrouve non plus la ligne américaine mais israélienne qui est de considérer que la meilleure façon d’assurer sa sécurité et son hégémonie régionale, c’est de détruire toutes les résistances qu’il y a autour. Cela s’est fait à Gaza, en Syrie, en Irak, partiellement au Yémen et c’est en cours en Cisjordanie ainsi qu’au Sud-Liban. Le Moyen-Orient se transforme peu à peu en un champ de ruines qui soulève autant de questions et d’incertitudes qu’il ne répond aux attentes des populations. Si, véritablement, on assiste à un démantèlement de tous les systèmes politiques environnants, on risque à terme d’avoir affaire à une jungle où chaque individu se repliera sur sa petite communauté d’appartenance. Cela créera une situation évoquant davantage la Libye actuelle qu’un système véritablement reconstruit. Trump va faire valoir qu’il a marqué un point en neutralisant celui qu’il appelle « le pire des dictateurs que le monde n’ait jamais connu ». Il va être très vite pris à son propre piège car ses électeurs ne souhaitaient pas de troupes sur le sol et on a appris que trois soldats américains ont été tués.

    Une guerre régionale est en cours ?

    B.B. : C’est difficile de dire autre chose. Il y a des indicateurs qui ne trompent pas : le fait que l’espace aérien de la Turquie jusqu’à la mer d’Oman soit fermé de même que le détroit d’Ormuz comme le canal de Suez. Tout cela ressemble à une zone de guerre avec le risque réel pour les populations couvrant cette superficie du Moyen-Orient d’être exposées à n’importe quel moment à des frappes. On est très clairement dans une logique de guerre.

    Face à cela, que penser des réactions européennes ?

    B.B. : La pauvreté de la réaction européenne, qui encore une fois ne parvient pas à se situer et se faire le défenseur du droit international, dont elle prétend être le dépositaire, aux rares exceptions que constituent la Norvège et l’Espagne. Tout ça exprime une sorte d’embarras qui devient structurel dès que les pays européens ont à se situer par rapport à des conflits internationaux.

  • Les maîtres du chaos

    Les maîtres du chaos

    Les négociations entre les États-Unis et l’Iran se sont arrêtées net samedi matin alors qu’un accord sur le dossier du nucléaire était à portée de main selon le négociateur. Mais ces pourparlers avaient tout du leurre à la lumière des bombardements, préparés de longue date, lancés par le président étasunien Donald Trump et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu sur plusieurs villes de l’ancienne Perse, dont la capitale Téhéran. Cette guerre plonge le Proche-Orient un peu plus dans l’abîme. Le dessein poursuivi par les deux dirigeants est peu lisible. Veulent-ils un changement de régime par la force ? Les exemples des guerres en Irak et en Afghanistan montrent que l’échec est toujours au bout du fusil. En attendant, les peuples de cette région du monde sont à la merci des bombes, missiles et autres armes de destruction.

    Calcul cynique

    Le but de la guerre est sans doute à chercher dans le bras de fer commercial que Trump mène avec la Chine. En instrumentalisant les futurs dirigeants iraniens (fussent-ils issus du régime actuel), les États-Unis de Trump espèrent mettre en difficulté leur véritable adversaire. Un calcul cynique qui ignore plus que jamais le droit international, piétiné. Comment sortir le Proche-Orient de cette spirale infernale, de cette guerre sans fin ? Seul un cadre diplomatique, international, respectueux des droits des peuples peut sortir de l’ornière cette région du monde. Le peuple iranien a droit à la liberté, a droit enfin à la démocratie. Mais ce n’est pas dans la fureur et la mort qu’il pourra l’arracher. Ni avec Trump et Netanyahu.

  • La guerre en Iran fait vaciller le monde

    La guerre en Iran fait vaciller le monde

    Sans être une énorme surprise tant les tensions étaient extrêmes, les bombardements sur l’Iran, lancés samedi matin par Israël et les États-Unis marquent un tournant dans la violence dans cette région du monde. La mort, samedi, du guide suprême iranien, Ali Khamenei, en poste depuis 37 ans, est le symbole le plus spectaculaire de ce tournant.

    Dimanche soir, le président américain Donald Trump a déclaré que 48 dirigeants iraniens avaient été tués et 9 navires iraniens coulés dans l’offensive déclenchée samedi, tout en se disant prêt au dialogue avec Téhéran. « Cela avance rapidement. Personne n’arrive à croire à notre réussite, 48 dirigeants ont été éliminés d’un coup », a dit le président américain, selon une journaliste de Fox News qui lui a parlé au téléphone et qui a retranscrit ses propos sur son compte X. « Je viens juste d’être informé que nous avons détruit et coulé 9 navires iraniens, pour certains relativement grands et importants. Nous traquons le reste », a-t-il écrit par ailleurs sur son réseau Truth Social. « Dans une attaque différente, nous avons en grande partie détruit leur quartier général maritime. » Le président américain, qui supervise les opérations depuis sa résidence de Mar-a-Lago en Floride, n’a pas jusqu’ici commenté la mort de trois militaires américains, premières pertes des États-Unis depuis le déclenchement du conflit. Donald Trump, qui n’est pas apparu en public depuis le début de la guerre, annoncée dans un message vidéo enregistré, a multiplié les conversations téléphoniques avec des journalistes. Des dirigeants iraniens « veulent parler, et j’ai accepté de parler, donc je vais leur parler », a-t-il ainsi dit à un journaliste de The Atlantic. « La plupart de ces gens sont morts. Certains de ceux avec qui nous étions en négociations sont morts », a ajouté le président américain, en jugeant que les dirigeants iraniens « avaient voulu la jouer trop finement ». Dans un entretien avec un journaliste de la chaîne d’informations financières CNBC, il a assuré que l’opération militaire contre l’Iran « progressait très bien » et « plus vite que prévu ».

    Que l’intervention militaire dans les airs des États-Unis et d’Israël sème un peu plus le chaos, importe peu au locataire de la Maison blanche. Dimanche, plusieurs navires ont été touchés dans le détroit d’Ormuz, route maritime stratégique où circule près d’un quart du pétrole mondial. Sans compter les victimes civiles dans une dizaine de pays dont Israël où le centre du pays a été bombardé faisant au moins 9 morts et 45 blessés. Outre les monarchies du Golfe qui ont aussi essuyé des tirs iraniens, de nouvelles explosions ont été entendues dimanche soir à Erbil, capitale de la région autonome du Kurdistan irakien (nord), qui abrite des bases américaines. La France va rehausser sa « posture » de défense au Moyen-Orient pour y protéger ses ressortissants et ses bases et soutenir les pays de la région visés par l’Iran en riposte à l’offensive israélo-américaine, a annoncé dimanche soir Emmanuel Macron. Il faut « adapter la posture à l’évolution des dernières heures que rien ne justifie et que nous ne laisserons pas passer », a-t-il martelé, suggérant une possible augmentation des moyens militaires français déployés dans la région. Tous les pays du Golfe ont été ciblés par des frappes iraniennes, notamment les Émirats arabes unis où un hangar d’une base française a aussi été « touché dans une attaque de drone » sur le port d’Abu Dhabi, sans faire de victime, a rappelé Emmanuel Macron.

    Réactions

    Emmanuel Macron, président de la République française

    « L’escalade en cours est dangereuse pour tous. Elle doit cesser. Le régime iranien doit comprendre qu’il n’a désormais plus d’autre option que d’engager une négociation de bonne foi pour mettre un terme à son programme nucléaire et balistique comme à ses actions de déstabilisation régionale. C’est absolument nécessaire à la sécurité de tous au Moyen-Orient. Le peuple iranien doit aussi pouvoir construire son avenir librement. Les massacres perpétrés par le régime islamique le disqualifient et nécessitent que la parole soit rendue au peuple. Le plus tôt sera le mieux. »

    Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste

    « L’opinion publique internationale est logiquement partagée. D’un côté, la satisfaction de voir le régime des mollahs -qui ne respecte même pas les droits humains les plus élémentaires- vaciller. De l’autre, le rejet d’une intervention israélo-américaine conduite sans mandat clair (pas même celui du Congrès américain), en contravention avec les règles du droit international, au risque d’un embrasement régional. (…) Il est urgent que le processus de transition soit placé sous l’égide des Nations unies afin d’éviter que le chaos ne succède à la tyrannie. »

    Fabien Roussel, Secrétaire national du PCF

    « Soutien total au peuple iranien, en étau entre la dictature des mollahs, les provocations de Netanyahu et la politique guerrière de Trump. Comme le rappellent nos partenaires du Tudeh, l’avenir appartient aux forces démocratiques du pays, pas aux ingérences ni aux tyrannies. »

    Marine Tondelier, Secrétaire nationale des Écologistes

    « J’ai une pensée très émue pour les Iraniennes et les Iraniens qui subissent ce régime sanguinaire depuis 47 ans. Je leur souhaite vraiment de pouvoir s’en libérer. Mais des bombardements n’ont jamais démocratisé un pays. Et j’aurais préféré qu’Ali Khamenei soit jugé, que tué. »

    Jean-Luc Mélenchon, leader de LFI

    « La mort d’Ali Khamenei, bourreau du peuple iranien, ne justifie pas les moyens qui l’ont provoquée. Enlever ou assassiner les dirigeants dont on combat la politique reste la négation de tout droit international. La guerre des États-Unis et d’Israël a lieu sans autre mandat que la volonté suprémaciste de Trump et Netanyahu. Cette guerre ouvre un nouveau cycle de violences et d’escalades régionales et mondiales. C’est une guerre contre le droit international. »

    Bruno Retailleau, président de LR

    « À ce stade, ne nous leurrons pas sur les conséquences d’un recours unilatéral à la force, qui ne peut déboucher que si le peuple iranien parvient à reprendre en main son destin. Fidèle à ses principes, la France doit se tenir aux côtés du peuple iranien, qui subit depuis des décennies les massacres d’un régime criminel discrédité. L’avenir de l’Iran doit s’écrire par les Iraniens eux-mêmes. »

    Dominique de Villepin, ancien Premier ministre français

    « Cette nouvelle guerre déclenchée par Israël et les États-Unis contre l’Iran ne sert ni la paix, ni la démocratie, ni le droit. Elle est conduite en dehors de tout cadre collectif, et elle ouvre une spirale de représailles dont personne ne maîtrise ni l’issue, ni l’ampleur, ni le coût humain. Il y a du cynisme, et même une forme de lâcheté, à jeter, en l’appelant au soulèvement, un peuple sous les mitrailleuses du régime sans lui donner les moyens et les appuis d’y parvenir, comme il y a une irresponsabilité à exposer les pays du Golfe et du Moyen-Orient aux bombes et aux flammes sans pouvoir garantir leur sécurité, ni aujourd’hui ni demain. Je regrette aussi que les négociations n’aient jamais été menées à leur terme. »

    Gabriel Attal, secrétaire général de Renaissance

    « Je constate que l’ONU est devenue un guichet humanitaire et une ONG climatique. Elle ne permet plus de prévenir, d’éviter les conflits ni de les résoudre. Face à cette guerre mondiale par fragments, nous devons imaginer une nouvelle gouvernance, de nouveaux multilatéralismes pour apaiser le monde. »