Author: tecnavia

  • « Les sermons de Marcel Pagnol », évocation des sociétés villageoises

    « Les sermons de Marcel Pagnol », évocation des sociétés villageoises

    C’est un titre surprenant ces sermons. On n’a pas le souvenir de vous avoir vu un jour porter la soutane. Pourquoi cette abondance ? », alpague en 1969, peu après la sortie des Sermons de Marcel Pagnol, un présentateur de l’émission télévisée Panorama, en direction du célèbre écrivain. Qui lui répond : « J’ai tourné plusieurs films qui se déroulent dans des villages. Dans la dramaturgie villageoise, le curé est un personnage très important, tout comme l’instituteur et le maire. Et lorsque l’on veut montrer tout le village réuni, on le trouve à la messe. » Ces Sermons de Marcel Pagnol, réédités fin novembre chez Fayard, sont à l’origine une idée de son ami lui ayant prodigué l’extrême-onction au crépuscule de sa vie, l’abée général des Prémontrés, Norbert Calmels. Parus en 1968, un « sermonnaire » de Pagnol qui pourrait paraître étonnant pour « un fils d’instituteur laïque, du nom de Joseph, bouffeur de curés et hussard noir de la République », mais dont la mère l’a baptisé en secret sur le Vieux-Port, relatait au micro d’Europe 1 le petit-fils de Marcel, Nicolas Pagnol, à la tête de la gestion des droits de l’œuvre de son illustre aïeul depuis 18 ans. Fayard, Europe 1… la galaxie du magnat Bolloré fait main basse sur tout ce qu’elle peut instrumentaliser.

    Le sens caché

    Il faut dire que par son aspect de Janus, l’œuvre de Pagnol, qui fut moitié bigot moitié laïque, ou encore bien complaisant, puis irrité pendant la période de l’Occupation, offre un terrain favorable à de pareilles récupérations. Malgré sa maestria, rien d’étonnant à ce que ne figure par exemple, un sermon du Curé de Cucugnan, adaptation cinématographique de Pagnol de la nouvelle éponyme d’Alphonse Daudet, cet écrivain antidreyfusard nîmois et parmi les mécènes de Drumont et de son pamphlet antisémite La France juive (1886).

    Mais le sermon, souvent empreint d’une drôle d’acuité sur la société, est aussi un biais efficace dans les trames narratives de Pagnol, comme c’est entre autres le cas dans Manon des sources. Comme le rappelait la comédienne Ariane Ascaride, qui a porté quelques-uns de ces sermons sur scène, dans ce film sorti en 1952, « le sermon soutient la dramaturgie du texte. Il permet au curé de dire aux habitants qu’ils n’ont pas une très bonne mentalité, mais aussi de faire un panégyrique de l’endroit où l’on est né ».

    Les Sermons de Marcel Pagnol, Fayard. 24,90 euros

  • [Un brin d’histoire de Noël] La débauche hyperconsumériste

    [Un brin d’histoire de Noël] La débauche hyperconsumériste

    Les achats de Noël sont un point d’acmé de la consommation. Depuis les Trente Glorieuses, la société d’abondance commande de dépenser pour cette fête préférée des Français. La course aux cadeaux mobilise les familles. Dans une société qui n’en fait pas, c’est une saignée budgétaire. Après Halloween et le Black friday, le capitalisme comment de faire encore chauffer la carte bleue pour combler tout le monde et pas seulement les enfants. Derrière la magie et l’enchantement de Noël, c’est une injonction à la dépense, à la surconsommation et au gaspillage aussi. Noël est à ce titre un fait anthropologique total car il s’impose à tous.

    Faire un cadeau est un impératif social profondément inscrit dans la psyché collective pour réaffirmer la mutualité des liens sociaux, le partage, la solidarité la sacralité de la famille, la compassion pour les isolés ! En France, 368 millions de cadeaux sont échangés à Noël donnant la mesure du volume des poubelles du 25 décembre. Ce potlatch général, ou surenchère dans la prodigalité, c’est la « guerre des dons » théorisée en 1923 par l’anthropologue Marcel Mauss. Le don est tout sauf gratuit. Il appelle au contre-don. L’avare craint toujours les cadeaux !

    Pour Pierre Bourdieu, au-delà du plaisir qu’il procure, Noël est un rite d’intégration. En dépensant, le snob affiche aussi son rang social. Cette consommation ostentatoire conduit à un paradoxe économique théorisé par l’économiste Thorstein Veblen (1857-1929) : la demande d’un bien de luxe, de différenciation sociale donc, croît à mesure que son prix augmente. C’est l’effet Veblen : c’est le prix qui génère la demande.

    Pour le philosophe marxiste Michel Clouscard (1928-2009), critique de la société du « capitalisme de la séduction », Noël dresse les enfants à consommer toujours plus, sans se soucier des effets de cette consommation sur l’environnement et sur autrui. Noël répond aux impératifs de la société de l’hyperconsommation. Le sapin de Noël est l’emblème d’une catastrophe écologique : en Europe, 50 millions de sapin finiront broyés.

  • Des illuminations victimes de leur succès à Sanary-sur-Mer

    Des illuminations victimes de leur succès à Sanary-sur-Mer

    Malgré la pluie qui a arrosé le Var ces derniers jours, et qui a notamment contraint la municipalité à annuler plusieurs animations (village gourmand, Père Noël, feu d’artifice…), des dizaines de personnes déambulaient sur le port de Sanary, lundi soir, pour profiter d’un moment féerique offert par les illuminations. Bateaux, arbres, mobilier urbain avaient, comme chaque soir, enfilé leurs habits de lumière, sous l’œil maternel de l’église Saint-Nazaire, elle aussi maculée de brillance.

    Inès est venue de Marseille pour montrer à Léo, son petit ami bisontin, ce spectacle qu’elle revient voir chaque année : « C’est très mignon. Ça change de Marseille, ça permet de voir autre chose », explique-t-elle, en quasi locale de l’étape. Car nombreux sont ceux qui ont fait plusieurs centaines de kilomètres pour voir scintiller le port de Sanary, à l’image de Jean et Jacqueline, venus expressément de l’Essonne sur conseil de leur fils : « On voulait montrer aux enfants car on nous a dit que c’était magnifique. Et effectivement, c’est splendide, féerique. » Peu leur importe le manque d’animations du soir : après avoir, notamment, assisté à la fête des Lumières, à Lyon, ils se plaisent davantage dans ce cadre que dans le brouhaha d’une foule compacte. Hélène et sa fille Lison, originaires de la capitale des Gaules, acquiescent : « On préfère Sanary, c’est très “mimi”, presque champêtre, alors qu’à Lyon, c’est une industrie. Ce n’est pas du tout le même esprit, il y a la mer, c’est bien plus sympa. »

    Leurs voisins stéphanois, Nicolas et Ingrid, venus prendre le pouls du Noël provençal après en avoir tant vu en montagne, sont forcément d’accord : « C’est à la hauteur de nos attentes. Les décorations sont originales dès l’arrivée dans la ville, les bateaux, l’église… C’est sympa, c’est une autre ambiance que ce qu’on a connu. »

    « On a régulé le passage »

    Une réussite que Pascal Gonet, adjoint au Maire en charge des animations, explique par « le cadre. Le port est devenu entièrement piéton, c’est très agréable. C’est une vraie carte postale, ponctuée par les pointus [les voiliers illuminés, Ndlr]. Et on ne fait pas de pub, sinon, on exploserait les compteurs (rires) ». Et les animations telles que « le feu d’artifice, l’arrivée du Père Noël, le village gourmand, les parades, même si on en a un peu moins cette année, favorisent l’attraction ».

    Mais certains relèvent quelques bémols. Florence, confiseuse, déplore « moins d’affluence que les autres années, même s’il y a beaucoup plus de monde le week-end, entre annulations, mauvais temps, questions de sécurité… ». Sylvain, glacier, abonde : « Ils se sont blindés sur la sécurité, car l’an dernier, ils ont considéré qu’il y avait trop de monde. Il y avait plus d’exposants sur le marché de Noël, on a 50% de passage en moins par rapport à 2024. » Pascal Gonet n’acquiesce qu’en partie : « On a légèrement réduit les animations pour réguler le passage, car cela devenait même impossible de se garer. On ne veut pas que la terre entière vienne, mais il n’y a pas de problème de sécurité. Les forces de l’ordre sont mobilisées selon les besoins. La météo a eu des conséquences, mais le premier week-end, il y a eu autant de monde que sur un feu d’artifice. » Et il parie qu’il en sera de même lors des prochains jours, notamment le 30 décembre, pour la parade lumineuse, et le 2 janvier, pour le traditionnel feu d’artifice du nouvel an.

  • Plus d’une tonne de tabac à narguilé saisie par la douane à Marseille

    Plus d’une tonne de tabac à narguilé saisie par la douane à Marseille

    Au total, c’est plus d’une tonne de tabac à narguilé que les douanes ont saisi dans le 16e arrondissement, soit quelque 360 000 euros de marchandises… Une affaire démarrée le 17 décembre indique la direction régionale des douanes de Marseille dans un communiqué lorsque les agents contrôlent le chargement d’un véhicule utilitaire. Ils découvrent 7,5 kg de tabac à narguilé, et plus de 3 800 euros en espèces sur le conducteur. S’en suit une « visite domiciliaire », l’équivalent douanier de la perquisition, avec l’appui d’une équipe maître-chien spécialisée. De quoi dégoter 4 kg supplémentaires de tabac. Mais c’est lors d’une seconde opération menée dans la foulée dans un box de stockage de location que les douaniers décrochent la timbale : plusieurs centaines de kilos, conditionnés dans des cartons de 10 kg. Le « mis en cause » a été placé en garde à vue sous contrôle du parquet de Marseille.

  • Le château du Centre Ressource est désormais acquis

    Le château du Centre Ressource est désormais acquis

    Il aura fallu deux ans de travail avant que l’équipe du Centre Ressource n’ai en main les clefs du Château de la Saurine. L’association, qui accompagne des patients atteints de cancer travaillait à transférer ses activités au cœur de cette bâtisse. C’est chose faite, depuis vendredi dernier, jour où les équipes de l’association ont signé l’acquisition du lieu. « Une étape essentielle dans le développement de notre projet et dans la concrétisation d’un lieu pensé pour accueillir, soutenir et accompagner les personnes concernées par le cancer, ainsi que pour former les soignants, dans une approche globale et humaine de la santé », réagit Stéphane Salord, président du Centre Ressource. Lors de précédentes rencontres, l’association envisageait une installation d’ici l’année 2027. Si la valeur du bien n’est pas communiquée, ce sont un financement bancaire, le soutien d’investisseurs particuliers et une opération de financement participatif qui ont, entre autres, permis l’achat du château.

  • Quatre crèches fermées à Noël suite à une grève des agents

    Quatre crèches fermées à Noël suite à une grève des agents

    Le père Noël devra sans doute garder quelques enfants de la Communauté d’agglomération Ventoux Comtat Venaissin (Cove) ce mercredi 24 décembre. Le syndicat Sud CT 84 a déposé un préavis de grève pour les agents des crèches de la communauté d’agglomération et estime qu’entre trois et cinq établissements devraient être fermés selon les remontées. D’après l’intercommunalité, ce seront finalement quatre établissements qui n’ouvriront pas pour « effectif insuffisant ».

    Un mouvement inédit en raison de ce que le syndicat estime être un « non-sens absolu », à savoir l’ouverture totale des crèches alors que la fréquentation est particulièrement faible en ce réveillon de Noël. Sur 300 enfants inscrits, 74 ont été accueillis le 24 décembre 2024. Et pour l’heure, les inscriptions, qui sont obligatoires pour cette journée, ne laissent pas entrevoir une fréquentation plus forte. « Il y a 25 enfants dans la seule crèche des Petits Berlingots à Carpentras, qui est la plus grande. Dans les autres, il y aura entre trois et sept enfants. L’une d’entre elles n’a même pas reçu une seule inscription. Et on demande aux employés de venir de 7h30 à 17h30. C’est une aberration humaine, financière et écologique », assure Thierry Juny, co-secrétaire de Sud Collectivités Territoriales 84.

    La demande ne date pourtant pas d’hier. Cela fait effectivement plusieurs années que la demande d’un aménagement est faite par les employés. Des négociations en mars « laissaient entrevoir des possibilités », confie Thierry Juny. Mais la goutte de trop qui a poussé à la grève a été, d’après le syndicat, « la porte claquée au nez », avec une réponse négative sans négociation possible. « On avait proposé de faire, par exemple, un roulement avec une moitié d’établissements ouverts. Les élus semblaient être à l’écoute. Mais non. Même là où il n’y a pas d’inscrits, il a été dit d’y aller au moins jusqu’à 10h30 au cas où, et sinon de faire du ménage. C’est une démarche de presser le citron jusqu’au bout. D’où la colère », abonde le responsable syndical. Une dizaine d’agents au ramassage des déchets se sont également mis en grève par solidarité.

    Discussions à venir

    Du côté de l’intercommunalité, on « regrette la situation », confie le directeur général des services, Laurent Marteau, pour qui les « motifs semblent futiles au vu des enjeux ». Tout en concédant que des « choses pourront être discutées » à l’avenir sur la question, le directeur général affirme que l’idée d’une fermeture de certains établissements a été écartée, car il estime qu’« on ne balade pas les enfants comme des boîtes de conserve pour une seule journée ». Contrairement à l’été, où la crèche des Petits Berlingots assure le relais de ses voisines pour un mois entier.

    Il s’attaque également à un autre argument du syndicat, selon lequel la majorité des parents seraient en congé ce 24 décembre. « Ce n’est pas acceptable pour un service public. Les fonctionnaires doivent montrer l’exemple », estime Laurent Marteau, et assure que les agents étaient autorisés à poser des RTT ou des congés pour adapter les effectifs. Ce que Sud CT 84 réfute.

  • Les Diables rouges donnent une leçon de réalisme aux Spartiates

    Les Diables rouges donnent une leçon de réalisme aux Spartiates

    Les Spartiates sont tombés, ce mardi, face à une équipe de Briançon impeccable à la finition. Marseille termine l’année à domicile par une défaite 4-1 en ayant largement dominé les débats. Les locaux ont fait face à un gardien haut-alpin de gala.

    Marseille a effectué une pression maximale sur les Diables Rouges lors de ce premier temps. Une multitude de tirs (18 !) et de grandes occasions de buts tout au long des vingt premières minutes du match. Malheureusement pour les Bleus et Noirs, sans aucune réussite. Toute la patinoire a bien cru à une ouverture du score mais le palet n’a tapé que l’intérieur du poteau. Cette situation a amené à une interruption puisque les fans ont lancé leurs peluches sur la glace, comme prévu au premier but. Mais, encore une fois, ce palet n’était pas rentré dans la cage.

    Briançon a frappé aux moments idoines

    Complètement contre le cours de jeu, Briançon a trouvé la faille à deux reprises alors qu’ils jouaient à un de plus. Deux infériorités numériques sévèrement données par les arbitres et deux buts marqués par les visiteurs. Entre ces réalisations, Elias Ruusu avait permis aux Marseillais de trouver les filets. 4 tirs en une période, pour 2 buts, les Diables Rouges en réussite maximale. Grâce à de nouvelles supériorités numériques, les Haut-Alpins marquent deux autres fois au début du dernier tiers-temps. Au tour de Bisson puis de Cal de battre Libor Kasik. Le score est monté à 4-1, un écart trop conséquent pour espérer une remontée. Marseille s’incline donc pour sa dernière au Pomge, en 2025. Quatrième succès de rang à l’extérieur pour Briançon, qui continue sa remontée au classement de Ligue Magnus.

    Marseille 1 – Briançon 4 pour 27e journée de Ligue Magnus au Palais omnisports

    Buts : Ruusu (35e) pour Marseille ; Abramov (28e, 39e), Bisson (42e), Cal (48e) pour Briançon

    Marseille : Kasik – Pettersson, Lindgren, Bourgeois, Coulaud, Ruusu, Cantagallo, Corvez – Welsh, Bouvet, Nsonsa-Kitala, Wong, Thompson, Lavoie, Tavernier, Stromberg, Lavoie, Dair, Colotti, Joubert Entraîneur : Luc Tardif Jr

    Briançon : Outhouse – Bisson, Pouncy, Faure, Dame-Malka, Bermont-Gonnet, Despatie – Vrielynck, Fine, Barnaby, Bonnardel, Abramov, Persson, Dubois, Cal, Stromberg, Berard

    Entraîneur : Pierre Bergeron

  • Le périmètre du permis de louer élargi aux îlots voisins du centre-ville

    Le périmètre du permis de louer élargi aux îlots voisins du centre-ville

    L’extension du permis de louer aux îlots voisins du centre-ville d’Aubagne vient d’être annoncé par la Métropole. Le dispositif débutera à compter du 1er janvier 2026. Dans un communiqué paru ce lundi 22 décembre, la Métropole Aix-Marseille Provence annonce donc renforcer son dispositif de détection de logements dangereux ou insalubres. La ville d’Aubagne figure parmi les dix communes du territoires à bénéficier de ce dispositif, lancé en 2019 à la suite des tragiques effondrements dans la rue d’Aubagne à Marseille entraînant la mort de huit personnes.

    Ce sont désormais 1 327 logements aubagnais qui sont dans le viseur de l’institution contre initialement 565 logements recensés dans le périmètre du centre ancien au 1er juillet 2023. Les propriétaires bailleurs, ou leurs agences, doivent obligatoirement obtenir une autorisation de mise en location ou de re location « à usage de résidence principale, vides ou meublés. », indique la collectivité dans son communiqué. Une décision en faveur des résidents motivé notamment par l’état préoccupant du bâti du centre ancien. En ce qui concerne la procédure de demande de permis de louer, celle-ci
    « est la même, elle n’est pas plus renforcée », précise la Métropole d’Aix-Marseille.

    Une réunion se tiendra le mercredi 14 janvier à 18h afin de présenter le dispositif à l’ensemble des professionnels concernés à l’Espace des Libertés, salle Simone Veil. « Le dispositif tend à s’élargir sur les communes qui en font la demande », indique la Métropole, pour autant, « aucune extension supplémentaire n’est prévu pour le moment ».

    Une belle perspective

    L’initiative est encourageante selon les retours effectués par la Métropole : 3 756 logements ont eu un « avis favorable » à la location depuis le lancement du dispositif en 2019 et 794 logements sont « devenus décents », suite à la réalisation de travaux contraints par le permis de louer. Le communiqué stipule tout de même que les bailleurs sociaux ainsi que les logements faisant l’objet d’une convention d’« aide personnalisée au logement », avec l’État ne sont pas concernés.

    Information et fiche détaillée de demander à consulter sur le site internet de la ville d’Aubagne.

  • Ligne très haute tension : l’État temporise encore

    Ligne très haute tension : l’État temporise encore

    Temporiser pour mieux franchir l’obstacle. Dans leur rapport publié ce jeudi après trois mois et demi de débats sur la décarbonation et la réindustrialisation du golfe de Fos, les services de l’État actent le report de leur décision sur la réalisation d’une ligne très haute tension pour alimenter en électricité la zone. Exigeant de nouvelles précisions au gestionnaire public du réseau, RTE.

    « Le principal point de divergence, source d’une participation importante du public et d’échanges nombreux, parfois très vifs, est celui de l’alimentation électrique de ce territoire », reconnaît d’emblée le rapport de la préfecture. Même si la nécessité de renforcer le réseau fait globalement consensus : « L’augmentation de la puissance électrique à cette échéance est nécessaire pour tenir l’objectif de décarbonation et de réindustrialisation de la deuxième zone industrielle la plus émettrice de gaz à effets de serre en France », insiste ainsi le document de près de 80 pages. Pour cela, est-il expliqué, l’option d’une ligne aérienne proposée par RTE « est la plus efficace », face au « grand nombre d’inconnues » du projet alternatif porté par le collectif THT 13-30.

    Les opposants pas convaincus

    Mais avant de prendre une décision définitive et de lancer la déclaration d’utilité publique (DUP) qui ouvre la voie aux expropriations, « l’État demande à RTE de poursuivre les travaux nécessaires relatifs au renforcement du réseau électrique, afin de répondre à l’objectif de fournir 4 GW en 2030 aux industriels de la zone de Fos  Étang de Berre », énonce le rapport dans ses engagements pris. Une façon de répondre aux inquiétudes des associations écologistes. « Les enjeux environnementaux seront considérés comme des enjeux de premier ordre dans le cadre de l’instruction des autorisations requises », promettent ainsi les services de l’État. Opportunément, cela permet aussi de passer le cap des municipales à venir.

    Pas de quoi rassurer les opposants. « La solution aérienne imposée par l’État menace directement des espèces parmi les plus rares de notre territoire », dénonce ce mardi le président de la Ligue de protection des oiseaux (LPO), Allain Bougrain Dubourg. D’ores et déjà, il promet : « Nous utiliserons tous les recours possibles pour obtenir la révision du projet et la prise en compte réelle des alternatives compatibles avec la protection de la biodiversité. »

    Dans nos colonnes ce week-end, le préfet de région Jacques Witkowski assurait pourtant que « nous n’avons pas pris le parti d’une forme de projet ». « Le choix porté par l’opérateur un peu à la façon de la barbe du capitaine Haddock “dessus-dessous” doit pouvoir être très justifié afin de savoir pourquoi on écarte et pourquoi on retient », justifiait-il.

    Un plan pour le reste

    Derrière l’arbre de l’énergie, le rapport revient aussi sur la forêt de défis à relever. Qu’il s’agisse des services publics, en particulier sur la modernisation de l’hôpital de Martigues, de l’alimentation en eau industrielle, du logement, de la formation, des transports. Des enjeux cette fois énumérés dans le plan partenarial d’aménagement que les collectivités ont approuvé au fil du mois de décembre, avec 680 millions d’euros d’investissements programmés d’ici 2030 (notre édition du 11/12). « Il reste de l’ordre de 107 millions d’euros à financer en plus sur les cinq prochaines années », reconnaît cependant l’État. Qui promet de poursuivre la concertation, face à « une forte attente du public envers les collectivités locales et l’État, dans la mise en œuvre d’un certain nombre de projets annoncés de longue date ».

    « L’État demande à RTE de poursuivre
    les travaux nécessaires. »