Author: tecnavia

  • À Avignon, la colère face au mutisme

    À Avignon, la colère face au mutisme

    C’est en fin de journée que le préfet du Vaucluse a pris plusieurs arrêtés dont un interdisant les rassemblements aux abords du lycée Philippe de Girard à Avignon où des affrontements ont eu lieu entre jeunes et forces de l’ordre. Dans une vidéo, largement partagée, du vidéaste indépendant Adrien Arbl, on aperçoit des policiers charger violemment un jeune et lui asséner un coup de pied au visage alors qu’il est au sol avant de le laisser repartir.

    Un collectif de personnels de l’établissement a tenu à s’exprimer après les événements matinaux. Ils regrettent des « messages et actes de violences » qui « nuisent profondément à la cause du mouvement, que nous soutenons ». En dénonçant également « tout débordement et violence à l’encontre des lycéens ». Ils rappellent qu’eux aussi ont alerté sur « les conditions délétères dans lesquelles nous devons faire travailler et progresser les élèves ».

    La mobilisation avait démarré devant lycée Théodore-Aubanel où les choses ont commencé à dégénérer après un feu et une explosion à quelques mètres du portail. Des face-à-face qui ont continué dans les rues adjacentes, où insultes et tirs de mortiers ont fusé en direction des forces de l’ordre, qui ont chargé les jeunes à diverses reprises. « Ils devraient nous protéger et nous laisser nous exprimer car c’est vraiment de mauvaises conditions pour travailler », regrette Clélia*, élève de première. Dans la journée, les rues situées autour de l’établissement, dans le centre-ville d’Avignon, étaient plongées dans un nuage de fumée. Face à quelques dizaines de jeunes, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs charges. 49 personnes ont été interpellées en Vaucluse, selon la préfecture. Qui ajoute que trois policiers et un gendarme ont été blessés et annonce 2 160 manifestants en Vaucluse.

    Ce mouvement lycéen est également soutenu par les syndicats FO et CGT. En Vaucluse, des lycées à Orange, Carpentras, L’Isle-sur-la-Sorgue ou Bollène ont aussi été bloqués.

    RÉACTIONS

    Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon

    « Manifester est un droit. Casser n’en est pas un. Car ces dégradations ont un coût pour la collectivité : plus de 9 000 euros à l’heure actuelle et dans l’attente du bilan définitif… Nous ne laisserons rien passer et nous avons déposé plainte. »

    Raphaël Arnault, député (LFI) du Vaucluse

    « Et dans le même temps [le Premier ministre] annonce qu’ils vont faire payer aux étudiants leur inscription en BTS et en classe prépa, geler les APL, geler la prime d’activité… La crise c’est eux ! ».

  • [Entretien] Marie-Noëlle Reboulet : « Nous sommes des techniciens de l’énergie avec des solutions sociales »

    [Entretien] Marie-Noëlle Reboulet : « Nous sommes des techniciens de l’énergie avec des solutions sociales »

    La Marseillaise : De l’association créée par un architecte, un professeur, un géographe à l’assistance technique portée aux ministères, c’est tout un chemin parcouru. Quel regard portez-vous sur cette évolution ?

    Marie-Noëlle Reboulet : Je vous dirais que ça n’a pas tellement changé. Ces scientifiques marseillais des années 70 venaient des travaux sur le solaire, sur le bioclimatisme et voulaient mettre leur savoir, que ce soit dans l’architecture ou l’utilisation pour la chaleur, l’électricité, au service des gens. Et c’est toujours le cas aujourd’hui. Après on a fait, ces dernières années, de l’assistance technique notamment sur la cuisson au Niger. L’énergie, c’est un levier pour améliorer les conditions de vie et de travail des gens, que ce soit à Marseille, face à la précarité énergétique, en région avec les agriculteurs et jusqu’en Mongolie ou au Niger.

    Vous travaillez donc au local et à l’international ?

    M.-N.R. : Nous avons une équipe Méditerranée qui s’occupe à la fois de ce qu’on fait en Paca et au Maroc, une sur l’Afrique de l’Ouest et une sur l’Asie. Nous sommes environ 120. Des techniciens de l’énergie avec des solutions techniques, mais aussi d’ingénierie sociale, d’organisation de formation et financière pour accompagner. Parmi nos projets, on a l’installation de serres passives bioclimatiques en Asie centrale que l’on a appliquée ici avec des agriculteurs bio intéressés pour leurs plants. Ou encore un programme avec des propriétaires occupants très modestes à Marseille pour améliorer le confort d’été.

    Votre action s’inscrit dans un contexte de changement climatique aux conséquences importantes…

    M.-N.R. : Les gens qui ont créé le Geres il y a 50 ans le savaient déjà et disaient que les émissions de carbone par les énergies fossiles provoquaient un effet de serre qui allait augmenter la température. Je ne me réjouis pas particulièrement du fait qu’on avait raison. C’est terrible. Mais c’est avec le retour des gens qu’on a envie de continuer. L’autre jour, un de nos chargés de mission qui travaille sur la précarité à Marseille m’a rapporté qu’une dame estimait qu’on lui avait sauvé la vie avec nos ventilateurs…

    Comment voyez-vous l’avenir ?

    M.-N.R. : Nous devons composer avec des budgets réduits, il faut encore plus se battre pour des financements privés. Des changements s’imposent compte tenu de cette évolution financière et institutionnelle. On est en train de renforcer la valorisation de notre expertise technique, mais avec plus de partenariats et coopérations. On veut aussi mettre l’accent sur l’accompagnement entrepreneurial et financier. Et aussi renforcer nos relations avec les pouvoirs publics locaux pour intégrer nos projets dans les politiques nationales.

    Un anniversaire fêté à la Friche de la Belle-de-Mai

    C’est entouré de ses partenaires et de ses proches que le Geres a célébré son cinquantenaire, ce jeudi 1er octobre, aux Grandes tables. L’occasion de revenir sur son histoire et de poser les bases de futurs projets à l’international.

  • À Martigues, les élèves veulent l’égalité des chances

    À Martigues, les élèves veulent l’égalité des chances

    Deux salles, deux ambiances aux lycées Paul-Langevin et Jean-Lurçat. Dans le secteur de l’hôpital, les élèves ont animé un blocus dans le calme en condamnant le portail de l’établissement à l’aide de grillages et de pancartes revendicatives. Dans le quartier Tourret-de-Vallier, la situation était un peu plus tendue.

    Des élèves ont mis le feu à des poubelles à proximité de l’enceinte de leur lycée. Les forces de l’ordre, qui encadraient l’action des sapeurs-pompiers venus éteindre le sinistre, ont usé de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants après avoir reçu des tirs de mortiers. Une élève a été blessée pendant les heurts. La veille, deux jeunes ont été placés en garde à vue en marge du blocus, ce qui a mis le feu aux poudres auprès de leurs camarades. L’UL CGT dénonce une « pratique de terrorisation » malgré des « mouvements pacifistes » et appelle à se mobiliser aux côtés d’une jeunesse qui n’est « pas dissociable du monde du travail ». « Notre solidarité doit être complète et notre réponse collective. »

    Thomas, 18 ans, témoigne : « Il y a de la violence de notre côté parce qu’on ne se fait pas entendre et qu’on ne se fait pas respecter. Les forces de l’ordre répondent de manière disproportionnée. » Son amie Océane ajoute : « On fait du 8h-18h, parfois avec des trous de 4h. Il y en a qui habitent loin, ils se lèvent à 6h et rentrent à 19h, sans compter les devoirs… On n’a plus de temps pour nous. Ça fait des années qu’on essaye d’alerter l’Éducation nationale. On nous écoute pas, on nous dit qu’on n’a qu’à écouter et aller en cours, donc oui, on en a marre. »

    Le groupe de lycéens veut pouvoir retourner en cours dans de bonnes conditions, ce qui n’est pas le cas actuellement, entre les « classes surchargées », le manque « d’accompagnement pour les élèves en situation de handicap » ou la mauvaise isolation thermique des bâtiments. « En STMG, on était 35 l’an dernier alors que c’est censé être des classes à effectif réduit pour permettre à des élèves en difficultés scolaires de mieux apprendre », dénonce Thomas. À côté de lui, Mathis s’agace des inégalités qui persistent alors que l’école « devrait tous nous remettre au même niveau ».

    Organiser la mobilisation

    Parcoursup leur apparaît également comme une injustice. « C’est un algorithme qui va décider de notre avenir, souffle Mathis. Ça met en concurrence des élèves de tout le pays, qui n’ont pas du tout les mêmes conditions sociales. Les élèves de Paris ou de lycées privés ont de bien meilleures chances que nous, qui sommes dans un lycée où il fait 40 degrés en été. »

    L’Union locale CGT et la section PCF étaient présentes devant les deux lycées martégaux. Laetitia Sabatier, secrétaire communiste, affirme : « Les lycéens subissent la casse des services publics par effet ricochet. Ils sont en colère et veulent revendiquer, ce qui est légitime. On soutient cette mobilisation, mais pas la forme. On a décidé d’accompagner les jeunes pour leur expliquer comment se faire entendre hors de toute violence. »

    Parti à la rencontre de la jeunesse dans la matinée pour lui dire son soutien, Gaby Charroux précise toutefois : « Des revendications légitimes doivent pouvoir s’exprimer dans le calme et ne sauraient justifier (…) les dégradations ou la mise en danger de quiconque. » À Jean-Lurçat, ce discours a trouvé écho. Aïda, Esther, Léa et Mathéo veulent « essayer de monter un comité et d’organiser une réunion avec les professeurs pour faire remonter ce qui ne va pas au proviseur puis au rectorat et avoir un bon cadre lors de nos manifestations ». « On a des appuis sérieux, entre les enseignants et la mairie, ça fait plaisir de voir qu’on est entendus. »

    RÉACTIONS

    Pierre Dharréville, adjoint (PCF) au maire de Martigues

    « Les débordements ne servent pas la cause des lycéennes et des lycéens. Et ce mouvement sera gagnant s’il continue de rassembler largement et incarne la responsabilité, celle-là même que le pouvoir exécutif n’assume pas. Mais plutôt que de chercher à détourner le débat, à réprimer et à criminaliser le mouvement, le gouvernement a le devoir d’écouter. »

  • Le mammobile sur les routes de la région jusqu’à janvier 2027

    Le mammobile sur les routes de la région jusqu’à janvier 2027

    La Région profite de l’ouverture ce jeudi d’Octobre Rose, le mois de sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein, pour inaugurer un nouveau dispositif. En effet, le mammobile, un camion pourvu des équipements médicaux nécessaires pour réaliser des examens de dépistage, va sillonner le territoire ces prochaines semaines. Il est déjà entré en fonction dans les Bouches-du-Rhône au début du mois de septembre et poursuivra son action dans la région jusqu’au 1er janvier 2027.

    « Dépistez-vous, un geste qui peut vous sauver la vie », le slogan de la campagne d’Octobre Rose est assez clair sur l’importance du dépistage. Mais le mammobile aura aussi une mission de prévention. « Ce n’est pas seulement un camion dans lequel on installe un mammographe. Il est primordial d’être aussi porteur d’un message de sensibilisation par rapport au dépistage, il y a une différence décisive entre un diagnostic précoce et un diagnostic tardif », précise Emmanuel Barranger, directeur du centre de lutte contre le cancer Antoine Lacassagne de Nice, l’un des établissements de santé qui porte le projet.

    Promouvoir l’égalité

    dans l’accès à la santé

    Le mammobile concrétise une volonté de la Région d’accentuer son soutien à la lutte contre le cancer et de démocratiser l’accès au dépistage organisé. « Une réponse concrète à une réalité injuste. Aucune femme ne devrait renoncer à un dépistage à cause de son code postal, c’est la promesse que nous faisons avec ce mammobile. C’est une exigence de santé mais aussi d’égalité », explique François de Canson, vice-président (DVD) de la Région.

    Toutes les informations sur l’opération sont à retrouver ici.

  • La gauche reste mobilisée pour la Poste à la Rouvière

    La gauche reste mobilisée pour la Poste à la Rouvière

    Deux jours après la forte mobilisation des usagers du bureau de la Rouvière (notre édition du 28/09), les responsables de la Poste ont été reçus, ce lundi, en maire de secteur. De quoi permettre à la maire RN des 9-10, Éléonore Bez, de crier victoire à travers un communiqué : « La Poste m’assure vouloir garder une présence à la Rouvière. » Mais elle confirme qu’il y a bien un projet de « transformation » et indique qu’elle organisera une réunion de concertation avec « l’ensemble des acteurs concernés », « afin de trouver une solution satisfaisante pour les habitants », avec des modalités discutées avec le syndic.

    Si le conseiller départemental (DVD) Sylvain di Giovanni crie lui aussi victoire, le syndicat Sud PTT alerte sur un « double discours inquiétant » et une transformation en point relais de ce bureau, avec la disparition des activités bancaires, de conseil et de certaines opérations postales : « La mairie connaissait pertinemment le projet funeste de la Poste et au terme d’une parfaite inertie, prise dans ses contradictions, voilà qu’elle tente de redorer son blason. »

    « La réponse ne peut pas être de remplacer progressivement un service complet par une offre minimale », dénonce la conseillère municipale (DVG) déléguée à l’accès aux services publics, Katia Yakoubi, qui cible un « communiqué de presse mensonger » d’Eléonore Bez. En demandant qu’habitants, représentants syndicaux, associations soient pleinement associés aux discussions.

    La section PCF du 9e pointe de son côté une « trahison » de la maire RN de secteur, qui « ne nous surprend pas », et promet de rester mobilisée pour que le bureau ne se transforme pas en simple point relais. « Ce n’est que pure spéculation », se contente de répondre l’intéressée. La Poste, sollicitée, n’a pas donné suite.

  • [Entretien] Chloé Barbey, MJCF : « Nous sommes à bout et essayons de faire passer un message fort »

    [Entretien] Chloé Barbey, MJCF : « Nous sommes à bout et essayons de faire passer un message fort »

    La Marseillaise : D’où vient le mouvement des lycéens et quelles revendications portez-vous ?

    Chloé Barbey : Dès l’été, avec l’annonce de la grève de la fonction publique et la mobilisation des fonctionnaires, qui a eu lieu mardi, nous avions décidé de suivre ce mouvement au MJCF. Dès la rentrée, nous tractions et appelions à bloquer les lycées pour cette mobilisation du 29 septembre. Aujourd’hui, la colère s’exprime suite à toutes les réformes macronistes et face à l’état de l’Éducation nationale. Être 35 par classe dans toutes les classes, ce n’est pas possible ! La recommandation, c’est autour de 25 élèves. Il y a le problème des professeurs non remplacés, tout comme celui des assistants d’éducation (AED) et des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH). Il y a aussi la question de l’état des bâtiments des établissements. Au lycée Fourcade à Gardanne, par exemple, notre cantine est beaucoup trop petite. On se retrouve à avoir une heure pour manger, mais nous n’avons pas le temps : entre la queue et le temps que les gens sortent et rentrent… Ce jeudi matin, on bloquait le lycée Valabre, toujours à Gardanne. Et les lycéens parlaient de leur internat, qui est tellement insalubre qu’ils n’en pouvaient plus.

    Ces conditions d’apprentissage pèsent-elles dans la vie quotidienne ?

    C.B. : Imaginez un cours de deux heures de philosophie, de 16h à 18h, quand on est 35 ou 40 dans la classe… C’est dur ! Quand un prof n’est pas remplacé, que ça dure des semaines ou des mois, comment on fait pour le bac ? En réalité, on se rend compte que tout est donné aux établissements privés, les subventions notamment. Tous nos ministres viennent du privé. Parcoursup privilégie le privé. Et le privé, quand on n’a pas les moyens, on n’y va pas. Moi, le privé ne m’intéresse pas, je crois en l’éducation publique.

    In fine, ce sont les mesures austéritaires qui ont touché l’Éducation nationale que
    vous dénoncez
     ?

    C.B. : Oui. Par exemple, il y a cette réforme du bac où l’on doit choisir des spécialisations très tôt. Et quand on n’a pas certaines spécialisations, comme les maths, beaucoup de filières deviennent inaccessibles. Et c’est compliqué de se dire qu’en 1re, il faut savoir exactement ce que l’on veut faire et qu’on ne pourra pas changer d’avis. Petits, nous avons vu les Gilets jaunes puis les mobilisations pour la retraite. Déjà au collège, ça m’inquiétait. On voit que ça ne va pas mieux. Notre mouvement découle un peu de tout ça. Aujourd’hui, les lycées ne fonctionnent plus.

    Il y a eu des débordements autour des blocus ce jeudi, notamment
    à Marseille. Quel est votre regard sur ces évènements
     ?

    C.B. : Le mouvement partait d’un bon fond. Dans beaucoup d’endroits, les lycées ont été bloqués « comme il faut » et sans problème. Je pense qu’il y a une part de médiatisation : rapidement, beaucoup de médias ont voulu orienter les débats sur les violences plutôt que sur nos revendications. Et dès le début, le gouvernement a expliqué qu’il ne laisserait rien passer. Ça a attisé la colère. Il ne faut pas tomber dans le piège de ne plus parler des revendications. Il faut aussi parler de la répression, des violences policières contre les lycéens. Utiliser des armes contre des mineurs… Il ne faut pas abuser. Dans beaucoup d’endroits, les blocages sont pacifiques et ça n’a pas empêché des violences de la part des forces de l’ordre. Ce n’est pas un hasard s’il y a une démonstration de force du pouvoir et une diabolisation de la jeunesse le jour où le gouvernement présente son budget. Oui, il y a eu des débordements et des choses qui auraient dû être évités. Mais nous ne sommes pas juste des lycéens qui ont la flemme d’aller en cours. Nous sommes à bout, nous essayons de faire passer un message fort.

  • À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    À Manosque, les lycéens demandent des moyens et regrettent les violences

    « Financez l’école, pas l’armée », « on voit + nos profs que nos parents », « désolé du dérangement, on essaye de sauver notre avenir », « un lycée en ruine et des profs sous payés, mais pour eux le problème c’est le voile »… Plus de 400 lycéens se sont rassemblés devant les lycées de Manosque, munis de pancartes, jeudi matin.

    « Nos emplois du temps sont trop chargés, il n’y a pas de clim dans les classes, il fait trop chaud, on ne peut pas travailler », déplore Eden, en classe de seconde au lycée Esclangon. « Les classes sont en ruines, les profs sont sous-payés. Déjà, en troisième, il y avait un manque de moyens dans notre établissement au collège de Forcalquier. Dès qu’il pleuvait, un escalier entier était condamné », ajoute Lucie, sa camarade.

    « On est trop nombreux par classe, on a très froid l’hiver et très chaud l’été », regrette Zoé, 17 ans, élève au lycée Esclangon. Si plusieurs lycéens faisaient brûler des poubelles, des meubles, des sommiers et lançaient des projectiles, des bouteilles en verre et des explosifs en direction des policiers et de leurs camarades, la plupart d’entre eux condamnaient ces actes et regrettaient l’image que cela donne de leur mobilisation. « On va pas nous prendre au sérieux si on fait tout brûler et exploser des choses, c’est énervant ! », lance Laura, 17 ans, lycéenne à Esclangon. « C’est violent, ça décrédibilise la cause, c’est dommage », abonde Meryl, elle aussi élève de 17 ans à Esclangon. Un manifestant a été blessé à l’œil par le tesson d’une bouteille de gaz lancée dans un feu et a été évacué par les pompiers. Une journaliste de BFM DICI a été prise à partie, menacée, agressée et exfiltrée par les forces de l’ordre. Un artifice lancé dans la mairie a cassé une vitre et enflammé la moquette.

    « Un mouvement qui fait suite à l’austérité »

    « Comme nous, les enseignants, ils souffrent du manque de moyens chronique. On comprend ce mouvement qui fait suite à des années de politique d’austérité dans l’éducation », regrette éric Gauthier du Snes FSU, présent en début de matinée pour assurer la sécurité des lycéens.

    D’autres lycéens des Iscles, comme Assia, dénonçaient « la pression de Parcoursup ». « Il y a beaucoup de suppressions de postes, c’est ingérable pour les profs. Ceux qui arrivent en retard n’ont même pas de table ou de chaise où s’asseoir. On doit faire cours dans le couloir tellement il fait chaud », a déploré Léon, 15 ans, lycéen à Esclangon.

    Sept lycéens ont été placés en garde à vue et trois ont été interpellés et seront convoqués ultérieurement.

    Jeudi soir, la préfète, Isabelle Tomatis, a dénoncé « des exactions » et une « radicalisation du mouvement ». Elle a regretté « le mouvement d’aller vers les forces de l’ordre, qui étaient en retrait, pour jeter des mortiers, des aérosols dans les flammes pour provoquer des explosions et des boules de feu ».

    Au total, 950 lycéens étaient mobilisés sur le département jeudi : 800 à Manosque et Digne, et 150 à Barcelonnette.

    Lisa Défossez

    Des blocus annoncés à Gap

    Aucun lycée de Gap n’était bloqué ce jeudi, mais des appels au blocus sont relayés sur les réseaux sociaux.

    Un blocus au lycée professionnel Sévigné est annoncé ce vendredi 2 octobre. Un autre est prévu le jeudi 8 octobre au lycée Dominique-Villars. Un appel à étendre la mobilisation aux autres établissements a été lancé, même s’il est peu relayé : « Parcoursup, le 8h-18h, notre santé mentale ou une volonté de rébellion : rejoignez-nous. »

    Agathe Di Lenardo

    400 lycéens mobilisés à Digne

    400 lycéens des établissements Beau de Rochas et Alexandra David-Néel se sont mobilisés à Digne, jeudi. Un incendie a été allumé entre les deux lycées et des tirs de projectiles ont visé des policiers. Quatre interpellations ont eu lieu dans la ville préfecture.

    L.D.

    RÉACTIONS

    Fédération PCF des Hautes-Alpes

    « Face à cette mobilisation, le gouvernement choisit une nouvelle fois la répression plutôt que de répondre aux revendications. La jeunesse doit être entendue, pas réprimée. »

    Bertrand Perrin, secrétaire départemental du PCF 04

    « Ce mouvement appartient aux lycéens. Il ne doit devenir ni le marchepied d’une récupération au service d’un agenda politique, ni l’épouvantail agité par d’autres pour instrumentaliser les peurs et transformer quelques incidents en procès de toute une génération. »

    Camille Galtier, maire (DVD) de Manosque

    « Bloquer les lycées, dégrader le mobilier urbain, enflammer les espaces publics : c’est de la bêtise, voire de l’inconscience. Des interpellations ont eu lieu et les identifications sont en cours : ces actes ne resteront pas impunis. »

  • IA et cancérologie : un mariage au cœur du débat

    IA et cancérologie : un mariage au cœur du débat

    « On ne peut pas avancer sur des sujets aussi complexes d’innovation sans mutualiser » défendait le professeur Norbert Vey, directeur général de l’Institut Paoli-Calmettes (IPC), en ouverture de la matinée de débat autour de l’intelligence artificielle (IA) dans la prise en charge des cancers. Ce nouveau rendez-vous, issu de la série de débats publics engagée depuis des années à l’IPC a rassemblé chercheurs, patients, professionnels de santé et curieux dans la salle de conférences de l’institut médical.

    L’objectif de cette matinée n’était pas d’être « pour ou contre » l’IA, dont l’ère a déjà débuté, mais d’en explorer collectivement les bénéfices, les risques et les perspectives d’amélioration. « On vise une prise de conscience sur des sujets qui collent à la réalité, qui puisse porter au-delà du cercle des professionnels » expose Elizabeth Belarbi, chargée des relations presse de l’institut.

    Un gain de temps et

    de performance encadré

    L’IA prend déjà place en cancérologie pour épauler les soignants. « C’est notre copilote » s’amuse Nicolo Mezzina, gastro-entérologue à l’IPC. Au quotidien, l’IA l’aide lors de dépistages du cancer du côlon, en identifiant les zones qui présentent des excroissances et des lésions de quelques millimètres seulement. « C’est une deuxième paire d’yeux pour ne rien louper mais le mot final nous revient », assure-t-il.

    De même du côté de l’imagerie médicale, où les scanners thoraciques s’affichent désormais en couleur grâce à l’intervention de l’IA qui détecte et colorise les nodules à vérifier. « C’est un vrai gain de temps » constate Gilles Piana, responsable de l’Unité de radiologie Interventionnelle. Mais de préciser : « l’utilisation d’IA seule induit une validation de tous les faux positifs : aux mains de radiologues peu expérimentés, elle ne les rend pas meilleurs ».

    La nécessité de garder

    un contact humain

    Un gain de temps vital salué unanimement par les soignants, mais que les patients espèrent dédié à l’amélioration de leur prise en charge. « Est-ce que le temps libéré par l’IA ne va pas pousser à plus de consultations ? », interroge Jacques, membre du comité des patients et des aidants de l’IPC. Il est rejoint par Sofia, inquiète à propos de la perte d’humanisation qu’elle trouve si importante dans son propre parcours de soins. Elle aime parler d’IH pour « intelligence humaine » et s’attache à dire que « l’excellence du soin se caractérise par l’accompagnement, le contact, et rien ne pourra le remplacer ».

    Chez les professionnels de santé, les avis divergent à propos des bénéfices de l’utilisation de l’IA générative par les patients. Infirmière de pratique avancée, Séverine Boulant observe de l’anxiété chez les patients qui consultent Chat GPT pour tenter de comprendre leur diagnostic et « se heurtent à une masse d’information et très peu de réponses à leurs questions ». Alexandre de Nonneville, oncologue, trouve au contraire l’accès à l’IA en amont d’une consultation bénéfique pour un patient : « ses questions sont plus concrètes », observe-t-il.

    Coûts réels et éthiques

    Sandrine De Montgolfier, professeure en éthique de soin et santé publique à la chaire de recherche de l’Institut National du Cancer, ébauche une solution : « il serait intéressant que l’IA soit une passerelle pour mieux communiquer entre patients et soignants, via une traduction plus explicite des données ». En clôturant cette matinée de débat à l’IPC, elle attire l’attention sur le coût réel de l’IA dans le domaine médical, pas encore bien évalué d’après elle. « Maintenance, systèmes de sécurisation des données, dépenses d’énergie, recrutement d’experts… Qui va endosser ce coût à l’échelle de notre système de santé ? Et contre quelle autre action de santé ? » La question reste en suspens.

    DANS LA RÉGION

    Dans les Bouches-du-Rhône, dépistage et sensibilisation

    Le département des Bouches-du-Rhône déploie plusieurs actions de sensibilisation et de dépistage des cancers féminins. Le Gynécobus, un dispositif itinérant offrant des consultations gynécologiques gratuites, fera escale à Arles le 14 octobre sur la place de la République. Tandis que les Centres de planification et d’éducation familiale (CPEF) de chaque ville du département organisent régulièrement des ateliers de sensibilisation jusqu’au 31 octobre.

    Dans le Vaucluse, un documentaire sur le périple à vélo de femmes malades

    Le film documentaire Résilientes, racontant l’épopée à vélo de l’association les Roses du Sud, sera projeté à Cavaillon, Sauveterre, Apt, L’Isle-sur-la-Sorgue, Cucuron et Saint-Rémy-de-Provence pendant le mois d’octobre. Réalisé par Olivier Meissel, il revient sur le dépassement de soi des 19 femmes touchées par le cancer du sein qui ont parcouru 260 km à vélo entre Cavaillon et Sète.

    Dans le Var, activités sportives et stands de sensibilisation

    À Toulon, des stands d’information seront installés les 7, 13 et 15 octobre pour proposer des dépistages gratuits, sensibiliser avec des casques de réalité virtuelle et apprendre les zones à surveiller régulièrement grâce à des bustes d’autopalpation. Du 2 au 14 octobre, plusieurs activités d’aquagym, de music-entretien, d’aqua-zen et de circuit training seront organisées dans des gymnases et piscines de la ville.

    Dans les Alpes-de-Haute-Provence, parcours de marche et bien-être

    Ce samedi 3 octobre, la mairie d’Oraison annonce un programme chargé : parcours de marche de 8 et 11 km, divers ateliers de bien-être, repas dansant, concert… Les bénéfices seront remis à la recherche contre le cancer du sein.

  • L’Italie en cheffe de file des pavillons de la Foire de Marseille

    L’Italie en cheffe de file des pavillons de la Foire de Marseille

    De nombreux élus et représentants d’institutions ont participé, ce jeudi matin au parc Chanot, à l’inauguration de la Journée officielle de l’Italie à la Foire. Valentina Muiesan, consule générale d’Italie, Ilaria Bozzo, conseillère métropolitaine représentant la Ville et la Métropole de Gênes, Martine Vassal, présidente (DVD) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, ou encore Maxime Tommasini, président de la chambre italienne de commerce pour la France à Marseille, ont fait le déplacement pour l’occasion.

    Ce dernier a tenu à remercier l’organisation de la Foire de Marseille pour ce partenariat avec l’Italie, lors de la conférence de presse organisée au Palais des Arts. Il a poursuivi en souhaitant la « bienvenue à tous les amoureux de l’Italie, autant qu’à ceux qui veulent découvrir la richesse de l’artisanat et de la gastronomie italienne ».

    Les représentants ont ensuite entamé une visite du Pavillon italien, situé dans le hall 3. Accompagnés de Pierre Arvis, directeur de Marseille Events, ils ont pu déguster de nombreuses spécialités italiennes, de la Sicile à la Lombardie, en passant par les Pouilles, au gré de leurs rencontres avec les commerçants. Une quarantaine d’exposants, venus de toute l’Italie, sont présents. Spécialités gastronomiques régionales, créateurs de mode, artisans et même une exposition audiovisuelle occupent cet espace.

    Spécialités des quatre coins du monde

    Mais au-delà des stands italiens, de nombreux exposants proposent également des spécialités venues du monde entier. Cette dimension internationale, emblématique de la Foire, est une nouvelle fois mise à l’honneur. Entre le hall 6 et le parvis du hall 8 du parc Chanot, plus d’une quarantaine de pays sont représentés. Six pavillons sont présents, avec le Maroc, le Canada, le Vietnam, l’Inde, la Tunisie et l’Arménie, mais de nombreux autres stands mettent en avant la culture d’autres pays comme le Japon, l’Éthiopie, le Mexique, la Roumanie ou encore le Népal.

    « Cet endroit est superbe, je ne pensais pas qu’il y aurait autant de pays représentés. Ça m’a permis de découvrir beaucoup de spécialités que je ne connaissais pas. On peut vraiment faire le tour du monde en dix minutes », raconte Hervé, venu pour la première fois à la Foire ce jeudi. Léa et Agathe partagent également le même avis : « Même si nous sommes déjà venues, c’est toujours sympa de redécouvrir des cultures dont on a moins l’habitude. Même si l’on ne vient pas forcément pour acheter quelque chose, il y a toujours de quoi passer un bon moment ici. »

    Toutes sortes de produits sont proposés : de la vanille de Madagascar aux spécialités asiatiques, en passant par les couscous orientaux, les tapis et les objets de décoration venus des quatre coins du monde.

    Ouverture de 9h à 23h. Informations et programme
    sur foiredemarseille.com

    AU PROGRAMME CE VENDREDI

    Nocturne

    Les artistes Amel Bent, Upsilone ou encore Teddy Bear seront présents pour animer la soirée sur la grande scène à partir de 20h. Un feu d’artifice illuminera le ciel marseillais pour clôturer la soirée.

    Fabrication de pesto maison

    De 11h à 11h30, un atelier immersif est proposé au stand 3G22 autour du pesto, suivi d’une dégustation de produits italiens.

    Fête foraine

    Sur l’esplanade 5 et le parvis du hall 6, de nombreuses attractions sont présentes pour toute la famille, que ce soit des manèges vertigineux ou des carrousels.

  • Sans surprise, le budget, s’il passe, sera austéritaire

    Sans surprise, le budget, s’il passe, sera austéritaire

    « Pyromane », c’est ainsi que le gouvernement est qualifié par la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet et le sénateur communiste Ian Brossat. Et pour cause : le projet de budget présenté ce jeudi en Conseil des ministres puis à la presse, prévoit un « effort » affiché de 54 milliards d’euros pour ramener le déficit public de 5,4% à 5% du PIB. Dans le détail c’est « 43 milliards d’euros de mesures de redressement » des finances publiques auxquelles s’ajoutent « la montée en charge de mesures de redressement prises en 2026 » et « antérieurement », amenant l’ensemble à « 54 milliards d’euros » l’an prochain.

    « C’est un effort important », concède le ministre de l’Économie Roland Lescure. « Il n’y a pas, dans ce budget, de hausse générale d’impôts », promet pour sa part le ministre des Comptes publics David Amiel. Puis, avant d’assurer que « nous avons l’une des Sécurités sociales les plus généreuses du monde, et c’est normal », il annonce deux milliards d’euros d’économie. Les retraités feront partie des plus impactés car l’exécutif propose que les pensions supérieures à 1 260 euros ne soient plus indexées intégralement sur l’inflation. Mais aussi de ramener à 3 000 euros le plafond de l’abattement fiscal de 10% sur l’impôt sur le revenu dont bénéficient nos aînés (contre 4 439 euros actuellement).

    Le baiser de la mort

    Alors que la fonction publique a manifesté ce mardi contre le gel du point d’indice, le gouvernement confirme la mesure. La revalorisation des APL est également gelée. L’aide publique au développement (APD) se voit entaillée de 1,85 milliard d’euros. L’écologie et l’agriculture ont, à ce stade, été épargnées par les coupes. Les crédits alloués à la sécurité augmentent de 600 millions d’euros pour atteindre 25,4 milliards d’euros.

    Le PCF compare le chef de gouvernement au président d’extrême droite argentin Javier Milei, actuellement en France : « 54 milliards d’euros de casse sociale : voilà le budget à la tronçonneuse annoncé par Sébastien Lecornu pour 2027. (…) Il faudrait payer toujours plus pour vivre toujours moins bien. Pendant ce temps, les grandes entreprises bénéficient de 2,5 milliards d’euros de contribution en moins. Les niches fiscales sont protégées et les actionnaires se gavent. Refusons ce massacre social. »

    A contrario, l’extrême droite elle, se félicite du plan dévoilé : « Deux nouvelles victoires ! Depuis que j’ai lancé ces combats contre les gabegies de France Travail et de l’aide publique au développement à vos côtés, nous avons contraint le gouvernement à baisser ces dépenses », glousse l’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo. Le baiser de la mort pour la macronie.

    « Ce budget est une provocation, rien ne tend la main aux socialistes alors que le gouvernement et le Premier ministre nous a envoyé une lettre il y a peu de temps nous appelant à un compromis », fait valoir Estelle Mercier, députée PS cheffe de file sur le budget de l’État pour son groupe. Reste à savoir qui de l’opposition acceptera de s’allier à l’exécutif pour faire passer ce budget aux mesures inflammables à seulement quelques mois de l’élection présidentielle. Ou si le gouvernement activera le sempiternel article 49.3.

    Nicolas Isnard monte au créneau

    « L’addition est trop lourde » : le constat unanime des élus rassemblés au Congrès de France Urbaine, l’association regroupant les Métropoles et grandes Villes de France, qui s’est tenu jeudi à Paris en même temps que la présentation du projet de budget par le gouvernement. Parmi eux, Nicolas Isnard, président de la Métropole Aix-Marseille Provence, a clamé : « L’heure est grave pour les Métropoles de France. Nous sommes plusieurs institutions à avoir été placées financièrement dans le rouge par un État ruiné qui redistribue un argent dont il ne dispose pas ! » Et de demander « que les territoires industriels comme le nôtre soient mieux protégés. Participer à l’effort national me paraît normal mais à condition que l’on nous donne les moyens de nous réformer en profondeur ».