Author: tecnavia

  • Avignon : un site web pour panthéoniser Camille Claudel

    Avignon : un site web pour panthéoniser Camille Claudel

    Le combat d’André Castelli pour la panthéonisation de la sculptrice Camille Claudel continue. Une nouvelle étape est franchie avec la création d’un site internet et d’une pétition en ligne pour porter le sujet au plus grand nombre.

    « L’objectif est de montrer l’intérêt populaire et de donner de la reconnaissance pour l’éternité », confie ainsi l’ancien élu communiste, qui a écrit un livre sur les années d’enfermement de l’artiste dans un asile à Avignon.

    Pour rappel, seul le président de la République peut prendre cette décision par décret. Celui-ci avait répondu en septembre dernier à un courrier adressé par André Castelli et un comité d’élus et de sénateurs. « Soyez assuré de toute l’attention qu’il a portée à vos attentes en faveur de l’entrée au Panthéon de Camille Claudel », pouvait-on y lire. Et cette création de site web est également une question de procédure, car elle « passe forcément par une pétition » qui « doit sortir du seul territoire vauclusien et être reprise au niveau de la région et de l’ensemble du pays », confie l’ex-élu municipal et départemental (PCF). Pour l’heure, la pétition en ligne, lancée avec l’éditrice de son ouvrage il y a quatre semaines, compte 125 signataires.

    Reprise de contact

    Le souhait est donc de rapidement reprendre contact avec le corps décisionnaire. « Cela permettrait également d’augmenter le nombre de femmes au Panthéon, car celui-ci est extrêmement faible », appuie André Castelli, qui souhaite « que la nation reconnaisse que ça a été une grande femme ».

  • [Sondage La Marseillaise] Qui ferait un bon maire ? Benoît Payan en tête

    [Sondage La Marseillaise] Qui ferait un bon maire ? Benoît Payan en tête

    La deuxième partie de l’enquête exclusive La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA est riche en enseignements. Elle démontre notamment que les intentions de vote diffèrent de la perception de tel ou tel candidat susceptible d’être aux yeux des Marseillaises et des Marseillais « un bon maire ».

    En effet, Benoît Payan, le candidat du Printemps marseillais, donné au coude à coude avec le RN plie le match lorsqu’il s’agit d’incarner de savoir s’il ferait un bon maire pour Marseille. Il enregistre 47% de oui et il est le seul candidat à pouvoir se prévaloir d’une proportion de oui supérieur à celle de non. Il se paye le luxe d’être perçu comme un futur « bon maire » par 73% de l’électorat insoumis, devant le candidat LFI, Sébastien Delogu à 70% parmi ses sympathisants.

    Martine Vassal (DVD), profitant sans doute de sa stature de présidente du Département et de la Métropole arrive deuxième à 44%, devançant Franck Allisio du RN alors que celui-ci la précède en matière d’intentions de vote. Logiquement, elle plaît à son camp et un tiers de l’électorat de gauche lui concède qu’elle ferait « une bonne maire ».

    Franck Allisio, député de la circonscription de Marignane-Vitrolles, pâtit de son manque de notoriété avec 17% qui ne le connaissent pas et 21% qui ne sont pas en mesure de se présenter. Il ferait un bon maire pour 29% des Marseillais, 18 points derrière le sortant.

    Sébastien Delogu suscite le plus net rejet avec 56% de non. Quant à Erwan Davoux, que l’on imaginait en concurrence avec Martine Vassal, fait son meilleur score chez les sympathisants insoumis. 14% d’entre eux le voient comme un « bon maire » potentiel.

    Fiche technique

    Institut

    Ipsos / BVA

    Échantillon

    801 habitants de Marseille, constituant un échantillon représentatif de la population marseillaise âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales à Marseille.

    Date de l’enquête

    Du 2 au 8 janvier 2026

    Méthodologie

    Échantillon interrogé par téléphone sur système CATI (Computer assisted téléphone interviews). Représentativité assurée par la méthode des quotas selon le sexe, l’âge, la profession, l’arrondissement de résidence.

    La notice de cette enquête est consultable sur le site de la Commission des sondages.

  • [Entretien] Simon Babre : « Faire de la prévention des risques une force naturelle »

    [Entretien] Simon Babre : « Faire de la prévention des risques une force naturelle »

    La Marseillaise : Le fil rouge de vos vœux pour 2026, c’est la prévention…

    Simon Babre : Alors, ça peut comme ça sembler un peu bizarre, mais je mesure, depuis que j’ai pris mon poste il y a sept mois, l’extrême acuité des risques naturels. On a fait le décompte, l’année dernière en 2025 : le Var a été décrété par Météo France 100 fois en vigilance jaune et 9 fois en vigilance orange, ce qui représente un tiers de l’année. Donc, nous avons passé collectivement un tiers de l’année en vigilance décrétée par Météo France. Nous avons eu les crues du 20 mai 2025, qui sont les plus graves que nous avons eues l’an dernier, avec trois morts au Lavandou, où il est tombé 255 mm en 3 heures. Vu la hauteur des flots à Cavalière et la force des courants, aucun ouvrage de prévention du type de ceux qu’on fait dans les programmes d’action de prévention des inondations ne serait pertinent. Et la seule solution, sous réserve de confirmation d’une étude qui est en œuvre, ce sera de déplacer les maisons.

    Pourtant, la rivière est longue de 1 800 mètres seulement. Donc, pour moi, c’est un peu le paroxysme de la crise climatique et de ce à quoi il va falloir qu’on travaille, même si on a déjà fait plein de choses. L’objectif est de faire de la prévention des risques une force naturelle, comme devaient l’annoncer nos cartes de vœux.

    Vous dites que l’on est en train de changer d’échelle…

    S. B. : L’année 2025 confirme l’idée qui n’est pas nouvelle, mais qui s’installe petit à petit dans les esprits, en tout cas dans l’esprit des décideurs publics, qu’on change de monde, qu’on change de dimension en matière de dérèglement climatique. J’ajoute à ça l’érosion côtière, le fait que le Var est le département le plus concerné de France, en tout cas de l’Hexagone, par l’érosion côtière. Mais également les 180 départs de feu qu’on a eu cet été dans le Var, qui fort heureusement ont été très vite jugulés. Cela conduit à considérer que nous avons des risques maximums et que le dérèglement climatique les accentue. Qu’on est aux avant-postes en France hexagonale sur l’impact et les conséquences de ces risques et qu’il nous faut absolument jouer collectif et faire toujours plus en matière de prévention.

    Concernant les départs d’incendie, comment lutter efficacement ?

    S. B. : Plus que jamais, la priorité doit être donnée aux obligations légales de débroussaillement (OLD). Mais nous ne sommes qu’à 30% de mise en œuvre des OLD en moyenne, chaque année, dans le département. J’aimerais qu’en 2026, on réfléchisse, avec tous les acteurs du département, à réconcilier mise en œuvre de ces OLD, dans un des départements les plus boisés de France, et la valorisation de la ressource bois. D’autant qu’on a des usines de production d’électricité qui utilisent la biomasse et qui ont en ce moment des difficultés à trouver de la ressource bois. Le prix de la ressource bois augmente, alors même que le prélèvement reste plus ou moins stable. Cela pourrait même permettre d’intéresser les propriétaires financièrement à réaliser leurs obligations de débroussaillement.

    Je suis également un fervent partisan des coupures agricoles, c’est-à-dire remettre des cultures dans ce que l’on a cartographié comme des couloirs de feu. Créer ces coupures agricoles avec des espèces cultivées plus résistantes à l’incendie que notre forêt méditerranéenne classique, c’est une voie d’avenir. On a trois ou quatre demandes d’autorisation à l’instruction aujourd’hui dans le Var.

    En matière de transports, comment se dessine l’avenir du Var ?

    S. B. : Dans les grands projets qui me semblent très porteurs pour le département, je citerai la LNPCA [Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur, Ndlr], avec tous les investissements qui vont s’amplifier et la promesse qui sera bientôt concrétisée d’un train par quart d’heure entre Saint-Cyr et Carnoules, et qui va faire de la voie ferrée la colonne vertébrale des transports publics dans le département. Avec, ensuite, tous les projets d’intermodalité qui vont s’organiser autour. Là un BHNS (Bus à haut niveau de service), je rappelle que l’État a versé 40 millions d’euros pour le BHNS de la Métropole de Toulon, ailleurs des voies de covoiturage. Ici, des bus, ailleurs des pistes cyclables. Et tout ça va prendre place dans une stratégie qui sera labellisée, qu’on appelle le Serm, le Service Express Régional Métropolitain. Et ce sont plus de 600 millions d’euros qui sont prévus dès lors que nous aurons la labellisation pour révolutionner la mobilité dans le département.

    Concernant la pénurie de logements sociaux, 2026 marquera l’année du bilan triennal. Allez-vous, comme votre prédécesseur, adopter une politique de fermeté ?

    S. B. : En la matière, l’année 2025 est plutôt très bonne, puisqu’on a labellisé, du côté des services de l’État, 2 212 logements sociaux, ce qui est un record depuis 8 ans. Ça a toujours été une politique constante de l’État et du représentant de l’État dans le département. Et je ne varie pas par rapport à mon prédécesseur, ni par rapport à ceux qui l’ont précédé. Produire du logement social reste une des priorités essentielles qui devraient être celles des pouvoirs publics, quels qu’ils soient, sur tout le département. Ce qui a changé la donne, c’est qu’en 2025, on a décidé de réconcilier cette injonction de production de logements avec d’autres enjeux, de sobriété foncière notamment et d’usage du foncier qui soit adapté à ce qu’est le Var. Et c’est le préfet de région qui a pris cette décision. Il a dit : en fait, les aides à la pierre, qui sont l’outil d’action de l’État pour favoriser la création de logements sociaux, directement versées aux bailleurs sociaux, au lieu d’être calculées forfaitairement par type de logement, vont être majorées lorsque l’on est face à des opérations de réhabilitation, restructuration, destruction, reconstruction. Et on est passé d’une aide qui était à 8 000 euros à une aide qui est à 35 000 euros pour un T2, dès lors que le T2 prend place dans un ensemble réhabilité, donc sans consommation ni d’espaces naturels, ni d’espaces agricoles. Donc, on a des friches urbaines, on a des friches commerciales, on a des maisons de village qui sont abandonnées, on a des taux de vacances dans chacun des villages du Var entre 5 et 7%. Et donc il y a moyen d’intéresser les acteurs du logement à faire de l’acquisition réhabilitation, plutôt que de continuer comme avant, c’est-à-dire d’entropiser des surfaces vierges.

    Cela va-t-il suffire ?

    S. B : Alors il faudrait qu’on ait pendant 5 ans ce rythme qui se maintienne pour qu’on arrive à diminuer les files d’attente et à faire que les plus nécessiteux de nos concitoyens puissent trouver plus rapidement des logements sociaux.

    Dans cette année d’élections municipales, après les différentes plaintes mettant en avant des fraudes supposées à Toulon dans le quartier de la Beaucaire en 2021, comment garantir cette fois l’entière honnêteté du scrutin ?

    S. B : C’est la responsabilité des services de la préfecture d’être un des acteurs majeurs de la sincérité du scrutin. Par les règles qui sont rappelées aux organisateurs du scrutin municipal que sont les mairies. Par les commissions de recours qui sont aussi organisées par la préfecture avec la présence de magistrats. La fraude est intolérable en la matière car c’est notre constitution démocratique en elle-même qui est remise en cause. Je suis très déterminé à ce que l’équité dans le scrutin puisse être absolument respectée. Depuis que je suis arrivé, on a instauré une lettre numérique qui, tous les quinze jours, est adressée aux maires. C’est pour nous un des outils majeurs de diffusion des règles à tous les maires qui vont organiser l’élection. J’ai l’occasion d’en rencontrer de différentes sensibilités qui viennent me faire part de leurs craintes. L’occasion de leur rappeler, par exemple, que la présence de scrutateurs dans les bureaux de vote est absolument essentielle. Et qu’il y a des règles de base de fonctionnement d’un bureau qui doivent être répétées à ceux qui président, à ceux qui scrutent, à ceux qui sont observateurs dans les bureaux de vote, et dont la discipline est la garantie fondamentale de la sincérité du scrutin.

  • La Penne-sur-Huveaune : le PCF appelle à tourner la page Nicolas Bazzucchi

    La Penne-sur-Huveaune : le PCF appelle à tourner la page Nicolas Bazzucchi

    « Depuis plus d’un an, notre commune connaît une rupture démocratique sans précédent. La démission massive de 12 élus du conseil municipal aurait dû conduire le maire Nicolas Bazzucchi à la démission. L’absence d’opposition empêche un contrôle efficace des affaires municipales », constate le PCF.

    Il enchaîne : « Notre ville est devenue tristement célèbre. Elle est désormais associée à notre maire mis en examen » pour viol et violences conjugales. « Nous avons eu un maire empêché du fait de son placement en détention provisoire puis son interdiction de séjour sur la commune. En refusant de se mettre en retrait, il a compromis la politique municipale. (…) Le préfet a dû prendre la décision d’augmenter drastiquement la taxe foncière de près de 30% », dénonce le PCF.

    «Nous ne pouvons cautionner une telle violence fiscale, qui prend à la gorge des centaines d’habitants de La Penne, d’autant que Nicolas Bazzucchi n’assume aucunes responsabilités. Au contraire, il accuse les majorités municipales, quitte à se défausser sur elles, alors qu’il s’agit de ses propres errements. Par ailleurs, des pans entiers de la politique locale ne sont plus assurés faute de personnel. Conscient de ce bilan désastreux, le maire aurait dû démissionner, et il devrait aussi renoncer à se présenter aux prochaines élections municipales. »

    Le communiqué conclut : « Il nous faut construire une alternative pour notre commune. Travaillons ensemble à l’émergence d’une reprise en main citoyenne, débarrassée des affaires, des négligences, et au service de l’intérêt général. »

  • Gardanne pleure Jeannot Menfi, l’ouvrier devenu adjoint au maire

    Gardanne pleure Jeannot Menfi, l’ouvrier devenu adjoint au maire

    Son nom est souvent revenu dans nos colonnes : Jeannot Menfi, ancien mineur, militant communiste et cégétiste, élu aux côtés du maire communiste Roger Meï, comme conseiller municipal en 1983, puis adjoint au maire jusqu’en 2020 notamment en charge, selon les mandats, de l’urbanisme, les travaux, le logement, le patrimoine, le cimetière et les anciens combattants.

    « Jeannot » comme tout le monde l’appelait, s’est éteint dimanche. Et nombreux sont ceux à le pleurer. La section de Gardanne du Parti communiste français tout d’abord, qui salue la mémoire d’un militant qui « avait un profond attachement à sa ville et à son histoire », qui au cours de ses mandats, « a toujours fait preuve d’une profonde humanité et d’un souci constant de l’intérêt des habitants de Gardanne et de Biver ». « Il nous laisse le souvenir d’un homme humble qui a contribué à faire notre ville la ville solidaire et active qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être », conclut le communiqué.

    La municipalité également lui a rendu hommage, saluant une « figure emblématique de la ville », un « homme humble et reconnu pour son engagement constant et son sens du travail au service de la commune ».

    La Marseillaise adresse ses plus sincères condoléances à la famille et aux proches.

  • Cinq nouveaux bus pour renforcer la ligne Aixpress

    Cinq nouveaux bus pour renforcer la ligne Aixpress

    Afin de poursuivre la dynamique engagée par la ligne de bus Aixpress, la Métropole Aix-Marseille met à disposition cinq nouveaux bus articulés de 18 mètres de long, soit six mètres de plus que les treize bus actuellement en service. Cette acquisition devrait permettre de désengorger l’axe routier principal de la ville, reliant l’arrêt Saint-Mitre et le parking relais Krypton plus au Sud.

    Une trentaine d’agents métropolitains étaient conviés pour le premier trajet de ce bus XXL. Catherine Pila, présidente de la Régie des transports métropolitains (RTM), a pris la parole pour se féliciter de cette nouvelle mise en service : « C’est une nouveauté, une innovation. » Cette inauguration s’est déroulée en présence de Martine Vassal, présidente (DVD) de la Métropole Aix-Marseille-Provence et de Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence.

    Faciliter les déplacements des habitants

    Les bus existants seront progressivement remplacés au profit de ces très grands bus (TGB), équipés d’une climatisation adéquate, d’un éclairage 100% LED ainsi que de deux caméras de vidéosurveillance. Un des cinq nouveaux bus est en phase d’homologation, le quintette devrait être déployé dans les prochaines semaines.

    Avec une capacité de 135 places contre 85 pour les bus actuellement en service, ces nouveaux véhicules « permettront de mieux absorber la fréquentation et d’offrir ainsi plus de confort aux voyageurs », explique la Métropole dans un communiqué. La ligne A est quotidiennement empruntée par les étudiants de la faculté d’Aix. Pour Angelina, étudiante en licence cinéma à la faculté : « Le bus étant régulièrement plein, il m’est arrivé de renoncer à le prendre. Si la capacité des bus augmente, cela améliorera mon quotidien », espère-t-elle.

    Inauguré en 2019, l’Aixpress est une ligne de BHNS (Bus à haut niveau de service) 100% électrique qui s’étend sur 7,2 km et qui dessert 19 stations, dont le secteur universitaire, en passant par le centre-ville, avec une fréquence de passage de 7 minutes. La ligne connaît un succès notable, avec plus de 20 000 passagers quotidiens, et revêt aujourd’hui un rôle central dans les déplacements des habitants.

    « L’acquisition des bus de 18 mètres a été financée par la Métropole à hauteur de 4 millions d’euros. Les travaux d’aménagements nécessaires à leur circulation ont bénéficié du soutien financier de l’État grâce à la dotation de soutien à l’investissement global pour un montant de 412 000 euros », détaille la Métropole.

  • Châteauneuf-les-Martigues : Total produira son hydrogène sur place pour décarboner la bioraffinerie

    Châteauneuf-les-Martigues : Total produira son hydrogène sur place pour décarboner la bioraffinerie

    La plateforme industrielle de La Mède va encore évoluer. Mercredi dernier, Air liquide et TotalEnergies ont présenté leurs projets SMR et HVO Gas plant dans le cadre d’une réunion publique à la salle Blasco de La Mède.

    L’idée pour ces deux acteurs est de créer une nouvelle installation de production de 70 tonnes d’hydrogène par jour pour alimenter la bioraffinerie en marche depuis 2019. « On génère du biodiesel et du biokérozène [450 000 tonnes/an, Ndlr] à partir d’huile de cuisson usagée et de graisse animale », explique Guillaume Eveno, directeur du site Total, « ce qui change c’est l’hydrogène », nécessaire à la fabrication, qui serait produit sur place dès 2028.

    Le directeur détaille : « Notre projet avec Air Liquide est d’utiliser les hydrocarbures générés durant le processus de création du biocarburant pour en tirer de l’hydrogène au travers de l’unité SMR d’Air Liquide ». Jean-Noël Houtmann, représentant d’Air Liquide, précise qu’il s’agit d’une « démarche circulaire et d’une technologie mature dont on opère 50 unités dans le monde ».

    Une première étape

    Ces nouvelles installations soulèvent des questions dans l’assistance. Déjà, sur les nuisances sonores. « Il n’y en aura pas en plus », promet Guillaume Eveno, et « la tendance sera à la baisse ». Idem quant aux émissions de CO². « On annonce une réduction d’au moins 130 000 tonnes en 2028 », avance François Wioland, responsable de projet chez Total. D’autres interrogations ont porté sur la présence de monoxyde de carbone (CO) dans les fumées. Jean‑Noël Houtmann précise qu’il n’y a « pas de combustion, le CO est présent lors du procédé pour augmenter la production d’hydrogène. Il peut y avoir des traces en sorties qui se comptent en millionièmes ». « Nous ne rejetons que de l’eau et du CO² », complète-t-il.

    Sur le sujet sensible des rejets, nous avons demandé quelle surveillance serait mise en place pour les agents cancérigènes, mutagènes et reprotoxiques (CMR). « C’est au cœur de l’étude sanitaire » répond François Wioland, « la présence de tous les éléments CMR, comme le benzène, a été modélisée et le pire scénario révèle un impact en particule par million ».

    Ce projet est une première étape avant d’envisager l’installation de deux électrolyseurs à hydrogène de 20 et 50 mégawatts après 2030 sur la plateforme.

  • Le trafic des pesticides interdits face à la justice à Marseille

    Le trafic des pesticides interdits face à la justice à Marseille

    Saisi par le procureur de la République, le tribunal de Marseille a ouvert, ce lundi, l’examen d’un dossier complexe sur un trafic de produits phytopharmaceutiques interdits, importés d’Espagne, et utilisés dans les Bouches-du-Rhône ainsi que dans la Drôme (lire notre édition du 12/01). Sept prévenus et six sociétés sont poursuivis dans ce dossier pour « détention et utilisation de pesticides interdits, non-élimination de produits interdits, distribution, vente et importation de produits phytopharmaceutiques falsifiés, faux et usage de faux en écriture ». Ils sont présumés innocents.

    Dès l’ouverture des débats, la défense a engagé une offensive sur la régularité des perquisitions menées lors de l’enquête. Maître Roubaud, avocat de Didier C., un des agriculteurs soupçonnés, dénonce une perquisition entachée de nullité en raison d’horaires illégaux et d’une contradiction entre l’ordonnance du juge des libertés (JLD) et les saisies effectuées. Il martèle que « les choses n’ont pas été faites à la hauteur des textes et de leur esprit ».

    Le procureur de la République, ayant répondu point par point, affirme que « rien ne permet de remettre en cause les procès-verbaux ni les perquisitions ». Après un premier retrait de la cour pour délibérer sur ces potentiels « vices de procédure », elle déclare que « selon l’article 459 du Code de procédure pénale, les nullités et le fond de l’affaire seront tranchés dans un même jugement ». La cour se prononcera donc sur ces éventuelles irrégularités à la fin du procès.

    « Montée en épingle »

    Maître Babouin est l’un des avocats de Didier C., cet agriculteur chez qui 1 174 litres de produits phytopharmaceutiques interdits ont été retrouvés, dans les Bouches-du-Rhône. Il affirme que son client « conteste fermement l’accusation de l’utilisation de tout produit interdit sur l’exploitation ». Selon lui, l’absence de prélèvements sur les sols et sur les récoltes confirme « l’innocence de son client ». L’avocat dénonce une « montée en épingle » d’un dossier « sans colonne vertébrale » et instrumentalisé « comme règlement de compte par un certain nombre d’associations qui sont parties civiles ».

    Par ailleurs, cette première journée d’audience s’est attelée à l’audition de Alain H., désigné par Judith Sebert, juriste et représentante de France Nature Environnement Paca, comme le « chef d’orchestre » de cette affaire. Onze faits lui sont reprochés, notamment ceux d’avoir importé d’Espagne des produits falsifiés interdits en France ou d’avoir distribué des produits neurotoxiques et dangereux pour la santé humaine et les organismes aquatiques alors qu’ils étaient interdits dans l’Union européenne (UE). Cet homme, déjà condamné pour l’affaire similaire des « carottes de Coutances » (*), reconnaît devant la presse « avoir mis des clients français en relation avec des fournisseurs espagnols », tels que Agronaqui, pour qu’ils puissent acheter des produits quatre fois moins cher qu’en France. Dans un contexte de remise en question du traité UE-Mercosur et de mobilisation nationale des agriculteurs, Alain H. soulève un problème de législation dans l’UE entre les pays. Plus encore, il dénonce ce procès comme « du grand n’importe quoi » puisque « les carottes espagnoles que vous bouffez et qui sont vendues au centre Leclerc sont traitées avec ces mêmes produits. Mais les paysans français n’y ont pas le droit. Où est la logique ? ».

    Il dénonce une concurrence déloyale : « Les produits qui sont à 18 euros là-bas [en Espagne Ndlr], sont à 50 euros ici. En plus, le Smic espagnol est à 825 euros alors que le français est à 1 450 euros. Les pauvres paysans français sont pénalisés sur la main-d’œuvre en plus des produits. »

    Le procès se poursuit jusqu’à mercredi.

    La cour d’appel de Caen (Calvados) a condamné, en 2021, douze agriculteurs à la suite de traitement de parcelles par des pesticides non autorisés

  • Le barreau de Marseille fustige sur les réseaux la lenteur judiciaire

    Le barreau de Marseille fustige sur les réseaux la lenteur judiciaire

    En 2025, 5 300 dossiers relevant du juge aux affaires familiales ont été enregistrés à Marseille, dont 80% conflictuels. « Les délais de procédure de divorce, par exemple, sont de 11 à 12 mois pour une première audience, et peuvent atteindre 18 mois avant une décision de justice », alerte Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau. Des délais dont « les premières victimes sont les justiciables et les enfants, ajoute-t-elle. À partir de cette première rencontre avec le juge, d’autres peuvent avoir lieu, avec la possibilité d’entendre les enfants, de mettre en place des médiations familiales… »

    Message « coup de poing »

    Cette vidéo publicitaire met en scène une famille qui joue à un faux jeu de société avec des cartes aux intitulés peu attrayants : « audience reportée », « insomnie », « disputes ». Un « message coup de poing », lancé sur les réseaux ce mardi, destiné à alerter d’un côté les pouvoirs publics, qui ont la main sur les budgets alloués à la justice, et de l’autre le grand public, des conséquences de cette lenteur judiciaire, notamment sur les enfants. En effet, « 51% des Français n’ont pas confiance en la justice à cause de délais excessifs », déplore la bâtonnière.

    Après des alertes restées sans réponse auprès de Gérald Darmanin, garde des Sceaux, le barreau dénonce un engorgement : « On parle peu de la justice civile et beaucoup de la justice pénale, surtout à Marseille », regrette Marie-Dominique Poinso-Pourtal. Cet engorgement de la justice civile « peut avoir des conséquences directes sur la justice pénale puisque ces délais vont entraîner des violences intrafamiliales qui vont entraîner toujours plus de violences ». Pour les justiciables, « l’absence de cadre légal », qui s’étale sur plusieurs mois, peut en effet voir naître des « crispations ».

    « Au sein des couples, tant qu’il n’y a pas de décision de justice, c’est l’anarchie, chacun fait ce qu’il veut, étant donné qu’il n’y a pas de cadre légal, notamment pour la garde des enfants », se désespère-t-elle.

  • [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite s’inscrit dans un match à deux

    [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite s’inscrit dans un match à deux

    Le vent est porteur. Et ce n’est pas le soutien de Marine Le Pen, attendue vendredi en meeting à Marseille, en plein procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, pour laquelle elle a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux fermes, et cinq ans d’inéligibilité en première instance, qui devrait le contrarier.

    « Franck Allisio est le seul rempart face à la gauche et l’extrême gauche à Marseille » martelait, ce lundi, l’extrême droite dans un communiqué, saluant les 30% d’intention de vote accordée à leur candidat dans le sondage La Marseillaise / Experts et territoires / Ipsos-BVA. « Tout cela est conforme à ce que nous vivons sur le terrain. En mars prochain, les Marseillais auront le choix entre un candidat qui souhaite remettre Marseille en ordre et un qui souhaite accélérer son déclin », fanfaronne la liste « Marseille en ordre avec Franck Allisio », affichant une réelle satisfaction à l’idée de distancer Martine Vassal, la candidate de la droite républicaine, et de s’inscrire dans un match à deux avec le maire (DVG) sortant de Marseille, Benoît Payan.

    À la manœuvre, Olivier Rioult, ancien membre du cabinet de Martine Vassal au Département et collaborateur des groupes majoritaires de droite au Département et à la Métropole, aujourd’hui directeur de campagne et porte-parole d’une candidature d’extrême droite qui n’hésite plus à marcher sur les pas très libéraux de son ancienne famille, défendant un « projet pro-business, pro-entreprise, pro-travail donc pro-pouvoir d’achat pour les Marseillais ! ». La Macronie n’aurait pas dit mieux. Mais la crédibilité à ses limites.

    Le soutien de l’ancien patron de l’extrême droite dans le département, ex-lepéniste et zemmouriste, Stéphane Ravier, déjà condamné pour prise illégale d’intérêts (six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité) et injure publique, interroge sur la capacité de Franck Allisio à rassembler « une majorité de Marseillais afin de remettre Marseille en ordre et de rebâtir une cité phocéenne propre et heureuse ».

    Et que penser de ses soutiens plaidant sur les réseaux sociaux le « chaos » en cas d’élection de Benoît Payan et promettant abusivement un Sébastien Delogu (LFI) en 1er adjoint « en charge de l’insertion des dealers ». Sans trop de surprise, la campagne municipale de l’extrême droite nous replonge rapidement le nez dans le caniveau.

    Erwan Davoux : « Vassal finira au même niveau que Delogu »

    S’il regrette d’avoir été sondé (2%) comme liste DVD et considère mener avec Nora Preziosi une liste citoyenne défendant « la dignité humaine et l’égalité entre tous les Marseillais », Erwan Davoux espère encore voir la dynamique s’enclencher suite à l’inauguration, samedi, de son local de campagne. « Globalement, on voit bien toutefois que cela va se jouer entre le RN et Benoît Payan. Martine Vassal est durablement décrochée, elle finira au même niveau que Sébastien Delogu, si ce n’est derrière », estime l’ancien agent du Département à l’origine de l’enquête pour détournement de fonds publics ouverte contre sa présidente, Martine Vassal.