Author: tecnavia

  • Le Brésil se qualifie au forceps face au Japon

    Le Brésil se qualifie au forceps face au Japon

    Ils aiment se faire peur ces Brésiliens. Malgré une nette domination, les pensionnaires de la Seleçao ont dû s’employer jusqu’au bout d’un interminable temps additionnel pour repartir victorieux de leur 16e de finale face au Japon (2-1). Les Japonais, capables de surprendre à n’importe quel moment, ont trouvé le chemin des filets en premier durant cette rencontre. Le milieu de terrain Kaishu Sano a ouvert le score à la demi-heure de jeu et a permis aux siens de prendre les devants en rentrant aux vestiaires (0-1, 29’). Toujours aussi entreprenants, avec une multitude d’occasions non concluantes, les protégés de Carlo Ancelotti ont fini par voir leurs efforts être récompensés grâce à une égalisation signée Casemiro (1-1, 56’). Alors que le Brésil continuait de pousser pour prendre l’avantage au tableau d’affichage, le scénario du match semblait se diriger vers les prolongations. Mais Gabriel Martinelli, idéalement positionné dans la surface de réparation, est venu mettre un terme aux espoirs des Japonais, encore en échec dans un match à élimination directe (2-1, 90+5’).

    Sur le chemin des Éléphants ou des Vikings ?

    Qualifiés pour les 8es de finale, les Brésiliens retrouveront le vainqueur du duel entre la Côte d’Ivoire et la Norvège, ce mardi (19h). Leur quête d’un sixième sacre inédit se poursuit, mais face à des tels potentiels adversaires, la moindre faute coûtera cher.

  • Quand les boulistes misent désormais sur leur physique

    Quand les boulistes misent désormais sur leur physique

    S’il n’a jamais été nécessaire d’avoir un physique d’athlète pour exceller à la pétanque, l’adage « un esprit sain dans un corps sain » prend aujourd’hui tout son sens. Alors que la préparation mentale s’est imposée comme un pilier de la performance, notamment au plus haut niveau, où les joueurs doivent apprendre à maîtriser les moments de forte pression, la condition physique est devenue un levier tout aussi déterminant. Endurance, stabilité, récupération ou encore prévention des blessures : autant de paramètres qui contribuent désormais à faire la différence sur les terrains.

    Cette évolution est particulièrement visible chez les membres du Collectif France, soumis à des exigences de plus en plus élevées. Pour conserver leur place parmi l’élite, certains ont profondément revu leur hygiène de vie. « J’ai dû perdre du poids. Je fais attention à mon alimentation, je fais plus de sport aussi, notamment du gainage pour être plus endurant, surtout quand on arrive dans les dernières parties d’une compétition, où on s’est rendu compte qu’on était moins performant », confiait Mickaël Bonetto à la Fédération française de pétanque et de jeu provençal (FFPJP), l’an dernier.

    Une transformation qui a porté ses fruits. Sacré au Mondial La Marseillaise en 2023, l’Istréen a récemment conquis le titre de champion d’Europe en tête-à-tête. En parallèle de sa préparation sportive, au cours de laquelle il s’entraîne deux à trois fois par semaine, il a arrêté de fumer, renforcé son travail musculaire et adopté une alimentation plus rigoureuse. « Je pense que c’est une bonne chose pour la pétanque. Ça montre que l’on est un vrai sport comme les autres », estimait-il, convaincu que ces changements lui permettent d’être plus performant et plus régulier tout au long des compétitions. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que les écoles de pétanque sensibilisent de plus en plus les apprentis boulistes à l’importance de l’hygiène de vie et de la préparation physique dans une logique de performance globale.

    Une endurance

    à toute épreuve

    Parmi les précurseurs, Dylan Rocher suit depuis plusieurs années un programme d’entraînement bien établi. « Mon hygiène de vie, déjà, c’est zéro alcool. De temps en temps, j’aime bien, avec les copains, boire un verre de vin ou un truc comme ça, mais jamais en compétition. Je fais gaffe à ce que je mange et je me pèse tous les lundis. J’ai aussi une salle de sport à la maison, avec un vélo elliptique et un rameur. J’essaie d’en faire deux fois par semaine », expliquait le quadruple vainqueur de La Marseillaise dans un entretien accordé à L’Équipe.

    Affûté, le joueur du Fréjus International Pétanque n’hésite pas non plus à taper régulièrement dans le ballon rond au sein d’un club drômois. « Je m’impose cette condition physique, ce cardio, parce qu’il me fait du bien physiquement et me permet de penser à autre chose que la pétanque, de m’évader. […] Si tu n’es pas bien, que tu as mal aux jambes, tu perds en précision, c’est clair et net. Mais la chance qu’on a dans ce sport, c’est qu’on peut rester au haut niveau pendant trente ou quarante ans », ajoutait le canonnier varois aux treize titres de champion du monde.

    Pour durer au plus haut niveau, il est donc difficile de faire l’impasse sur l’entretien physique. L’exemple le plus marquant reste celui de Christian Fazzino. Élu joueur du siècle par la Fédération internationale en 2000, le Bourbonnais continue d’écumer les terrains à 69 ans, avec une régularité toujours impressionnante. « Quand on est jeune, on a plus ou moins une bonne condition physique, mais quand on dépasse un certain âge, il faut s’entretenir », rappelle celui qui détient le record de participations aux championnats de France (94, ex æquo avec Michel Loy). Un conseil de vieux sage à prendre au pied de la lettre.

    Le bras de Baudino ne répond plus

    La dernière étape des Masters de pétanque a mis en lumière un phénomène rare au plus haut niveau : Mayron Baudino a récemment développé un tic gestuel qui l’a même empêché de jouer sa boule. En multipliant les mouvements de bras avant de lâcher sa boule – une habitude inexistante auparavant – le Martégal semble confronté à un véritable blocage mental. Certains joueurs parviennent à le transformer en atout, à l’image de Marc Cognard, dit « Fafou ». Mais dans tous les cas, ce type de mécanisme ne peut être apprivoisé qu’au prix d’un travail psychologique de fond.

  • Les Bleus passent aux choses sérieuses face à la Suède

    Les Bleus passent aux choses sérieuses face à la Suède

    Contrairement à plusieurs prétendants au titre mondial, comme l’Angleterre, le Portugal, l’Espagne ou encore l’Allemagne, les Bleus ont survolé leur phase de poules sans véritablement être inquiétés. Mais désormais, tout repart à zéro : la moindre contre-performance peut mettre fin à l’aventure des qualifiés. Pour une sélection qui vise une place en finale le 19 juillet au MetLife Stadium, où elle pourrait notamment croiser les Scandinaves, un tel scénario tiendrait du fiasco, au regard des attentes suscitées par ses premières sorties et de la puissance offensive affichée par les hommes de Didier Deschamps.

    Face à la Suède, adversaire largement à sa portée, l’équipe de France aborde son huitième de finale avec une solide dose de certitudes. « Vous avez la confiance, vous avez été capables de faire de très bonnes choses. Il faut se nourrir de cette confiance sans en avoir à l’excès parce que, plus on avance, plus on monte la montagne, et en face on aura de plus en plus de répondant. Pensons déjà aux Suédois, ça vient vite. Mais on a encore beaucoup de choses à aller chercher », a rappelé Didier Deschamps à ses joueurs samedi, dans une vidéo diffusée par la Fédération française de football. Avec quatre buts chacun, le capitaine Kylian Mbappé et Ousmane Dembélé ont lancé leur tournoi tambour battant.

    Rééquilibrer le onze

    Le premier, fidèle à son terrain de jeu favori, tentera de maintenir le rythme infernal de Lionel Messi, déjà auteur de six réalisations et qui le devance de trois unités au classement des meilleurs buteurs en phase finale (19). Mais la star française a aussi montré une autre facette de son registre, plus tournée vers le collectif, avec deux passes décisives contre la Norvège, balayée 4-1 vendredi. Les Suédois, troisièmes du groupe F après un parcours en montagnes russes (large victoire 5-1 contre la Tunisie, lourde défaite 5-1 face aux Pays-Bas, nul 1-1 contre le Japon), mesurent l’ampleur du défi. « Nous avons beau être outsiders, nous croyons en nous. Il faudra être à notre meilleur niveau, avec une organisation défensive quasi parfaite, et savoir convertir les occasions que nous aurons », a estimé l’attaquant vedette suédois Viktor Gyökeres, référence offensive de sa sélection.

    Avec le schéma en 4-2-3-1 introduit en mars 2025 dans le sillage de l’émergence de Michael Olise, la défense française apparaît plus exposée et la question de l’équilibre collectif reste en suspens. Didier Deschamps ne semble toutefois pas prêt à renoncer à cette philosophie plus offensive, conscient de disposer d’un potentiel offensif hors-norme. Même si Dayot Upamecano s’est montré fébrile face à la Norvège, le retour de William Saliba permet au sélectionneur de reconstituer une charnière centrale parmi les plus solides du monde. Les latéraux, en revanche, inspirent encore davantage de prudence, notamment dans leur capacité à gérer les espaces dans leur dos en transition.

    Sur le papier, toutefois, l’ensemble demeure largement supérieur à celui des Suédois. Encore faut-il le confirmer sur le terrain, dans un format où les certitudes accumulées en phase de groupes ne pèsent plus bien lourd face à l’exigence du très haut niveau.

    ET AUSSI

    Un mort dans une fanzone en Californie

    Une fusillade survenue samedi soir à San Jose, en Californie, a fait un mort et un blessé grave dans un secteur utilisé ces derniers jours comme une fan zone pour les supporters de la Coupe du Monde 2026. L’attaque s’est produite sur San Pedro Square, un quartier animé de la baie de San Francisco regroupant bars et restaurants et servant ponctuellement de fan zone durant le tournoi. La police de San Jose a précisé qu’aucun match n’était en cours au moment des faits.

    Une victime a été déclarée morte sur place tandis qu’une seconde a été transportée à l’hôpital dans un état critique.

    Les autorités ont immédiatement ouvert une enquête pour homicide.

    Démission du président Saoudien

    La seule équipe à avoir battu l’Argentine au Qatar est cette fois passée au travers de la Coupe du monde 2026, et Yasser al-Misehal a décidé d’en assumer les conséquences en démissionnant de son poste de président de la fédération saoudienne de football. « L’échec de l’équipe nationale à se qualifier pour le prochain tour de la Coupe du monde est un résultat en deçà de toutes nos ambitions, et j’en assume l’entière responsabilité. Je présente mes excuses à tous ceux qui espéraient voir notre équipe dans une meilleure position », a écrit M. Misehal sur X.

    France-Argentine en finale ?

    À l’issue de la phase de groupes de la Coupe du monde, les dynamiques de certaines nations ont changé en vue de la victoire finale. Selon les prédictions d’Opta, la France est désormais favorite pour remporter le trophée avec en adversaire principal l’Argentine.

  • Un énième projet de loi qui porte atteinte à un appareil judiciaire grippé

    Un énième projet de loi qui porte atteinte à un appareil judiciaire grippé

    Alors que le débat se poursuit à l’Assemblée nationale, dès ce mardi, sur le projet de loi sur la justice criminelle, l’ensemble des barreaux de France, rejoint par les syndicats de magistrats, ont appelé à une nouvelle journée « justice morte », ce lundi 29 juin.

    La mobilisation a déjà permis « de conduire au retrait de la “CRPC criminelle”, sa mesure phare », pose en préambule Marie-Dominique Poinso-Pourtal, bâtonnière du barreau phocéen, face à une bonne cinquantaine de robes noires rassemblées sur les marches du Palais Monthyon. Mais pas question de se « satisfaire » de la disparition du plaider-coupable, estime-t-elle, pointant le délai de recours aux nullités de procédure réduit de 6 à 3 mois et un texte qui « permet de régulariser des détentions pourtant irrégulières ». Comme le projet de loi Ripost, « le texte vise à entraver le contrôle du juge », poursuit le vice-bâtonnier Jean-Michel Ollier, pointant un « changement de paradigme » qui « fragilise gravement une protection essentielle dans un État de droit ».

    Surtout, cette mobilisation intervient dans un contexte « assez chargé du point de vue judiciaire », rappelle Laurence Blisson, déléguée du Syndicat de la magistrature à Marseille.

    Une procédure pénale « faite d’équilibres »

    Au-delà d’une loi Sure (Sanction utile, rapide et effective) qui oublie « le fait que la procédure pénale est faite d’équilibres » et facilite « le recours aux cours criminelles départementales contre lesquelles on s’est élevé dès le départ en disant que juger les crimes, ça nécessite du temps, la présence des citoyens », estime-t-elle, au-delà d’un projet de loi Ripost qui pénalise « toute une série d’actes d’une gravité tout à fait dérisoire par rapport aux questions de protection de l’enfance qui sont aujourd’hui au cœur des débats », la juge aux affaires familiales inscrit aussi ce rassemblement dans « les suites de l’affaire Lyhanna ».

    Pour la responsable syndicale, « au plus haut niveau de l’État, Gérald Darmanin, comme le président de la République, ne peuvent ignorer l’état dans lequel se trouvent les services de police judiciaire et ne peuvent pas dire qu’ils ont fait de la protection de l’enfance une priorité. C’est factuellement faux ». Elle cite le communiqué de l’Association nationale de police judiciaire, selon laquelle il manque 12 000 officiers de police judiciaire pour réellement prioriser les faits criminels touchant à la protection de l’enfance.

    « La vraie question, aujourd’hui, est de parler des problèmes de moyens », martèle le délégué syndical de l’Union syndicale des magistrats à Marseille, pour qui « on doit aux justiciables une justice de qualité, qui permette aux gens d’avoir des réponses rapidement ». Avec quatre fois moins de procureurs que dans le reste de l’Europe, et deux fois moins de juges du siège, le chemin risque d’être encore long…

  • Aux États-Unis aussi, la passion pétanque existe

    Aux États-Unis aussi, la passion pétanque existe

    Ils viennent d’Atlanta, New York, Los Angeles et seront les représentants américains lors du 65e Mondial La Marseillaise. Au total, quatre triplettes traverseront l’Atlantique pour vivre pleinement l’événement au parc Borély. Immense pays de sport, les États-Unis développent également la pétanque depuis maintenant plusieurs années. La FPUSA, Federation of Petanque USA, est affiliée à la Fédération internationale et compte 56 clubs, d’après des chiffres datant de 2022. 2 100 membres sont répartis à travers les quelque 9 millions de km² du territoire américain. Le nombre de personnes pratiquant la pétanque est estimé à 30 000.

    Cette année, au Mondial, Damien Hureau fera notamment équipe avec un joueur américain, Mark Greenberg. Le Français, qui a plusieurs fois voyagé chez l’Oncle Sam, détaille le profil type du bouliste made in USA. « Tout comme Mark, ce sont vraiment des acharnés. Ce sont des gens qui s’entraînent toutes les semaines, qui font un maximum de compétitions malgré la grandeur du pays. C’est un sport de gens qui ont un petit peu de moyens, mais qui, par contre, sont acharnés de ce sport. Je ne vais pas dire qu’ils s’entraînent plus que nous, mais pas loin. »

    « Captivés et studieux »

    Côté tricolore, l’emblématique Dylan Rocher reste un habitué des États-Unis. Le multiple champion du monde participe souvent à l’US Open, à New York, avec pas moins de 7 victoires à son compteur. Une autre personnalité bien connue du jeu de boules se la joue formateur aux USA : Marco Foyot. Le sextuple gagnant de La Marseillaise explique : « Ils sont captivés et studieux. Ils n’ont pas forcément l’adresse innée des familles du Sud mais ils ont une rigueur incroyable. Je leur fais faire des ateliers de tir. » De quoi voir des Américains rivaliser avec les stars de la discipline ? Cela reste à confirmer.

  • Des carreaux dans le métro avec les champions Bonetto

    Des carreaux dans le métro avec les champions Bonetto

    Une partie de pétanque en plein cœur d’une station de métro. L’idée peut surprendre, mais c’est bien le défi relevé, lundi, par la Régie des transports métropolitains (RTM), qui a transformé le hall de la station Joliette en boulodrome éphémère le temps d’une animation placée sous le signe de la convivialité. Pour l’occasion, Mickaël Bonetto, récent champion d’Europe en tête-à-tête, et son épouse Marine Bonetto, double championne de France en doublette mixte à ses côtés, ont échangé quelques carreaux sous le regard des voyageurs.

    Intrigués, de nombreux usagers se sont arrêtés autour du tapis rouge installé pour l’événement afin d’admirer les deux champions à l’œuvre. « C’est très impressionnant de les voir d’aussi près », sourit Laetitia, passionnée de pétanque, venue avec ses trois enfants. Tous licenciés au club des Amis de Saint-Julien, les jeunes boulistes n’ont pas laissé passer l’occasion de défier le couple star lors d’une partie de pétanque indoor, une variante disputée avec des boules souples en plastique.

    Jeunes invités de marque

    Une parenthèse conviviale, certes, mais où l’esprit de compétition n’a jamais vraiment disparu. « Je vais faire un carreau », annonce Mickaël Bonetto avant de joindre le geste à la parole. Le champion istréen a prouvé que son adresse ne dépendait pas du métal de ses boules, se montrant tout aussi précis avec les sphères en plastique utilisées pour cette version indoor. Si les plus jeunes avaient des étoiles plein les yeux, plusieurs adolescents se sont également prêtés au jeu. Parmi eux, Farid et Ryan ont particulièrement tapé dans l’œil de Maryan Barthélémy, directeur des événements du groupe La Marseillaise. Séduit par leur enthousiasme et leur aisance, le nouveau patron du Mondial leur a offert une inscription pour participer au prestigieux tournoi, dimanche matin, au parc Borély. Une récompense inespérée pour les deux néophytes, qui ont peut-être vécu, dans les couloirs du métro marseillais, le début d’une belle aventure. « Je n’arrive pas à réaliser que je vais participer au plus grand concours de pétanque au monde », s’enthousiasme Farid, convaincu, avec son acolyte, d’avoir les moyens de franchir le premier tour.

    Fascinées par la précision de Marine Bonetto à l’appoint, deux jeunes filles se sont, elles aussi, illustrées sur le tapis rouge. « Je n’avais jamais joué à la pétanque », confie Myriam, pourtant étonnamment à l’aise dans ses premières tentatives. Au point de donner du fil à retordre à Mickaël Bonetto, véritable métronome au tir. Comme Farid et Ryan, les deux adolescentes ont été récompensées de leurs performances par une invitation à participer, vendredi matin, au Grand Prix féminin Paprec.

  • [Entretien] Gilbert Garrel : « On démasque l’extrême droite par l’histoire »

    [Entretien] Gilbert Garrel : « On démasque l’extrême droite par l’histoire »

    L’ancien cheminot était l’invité, jeudi, de l’assemblée générale de l’IHS CGT de Vaucluse, à Entraigues (lire ci-contre). Dans un département où le RN est bien implanté, il a animé un débat sur les combats de la CGT contre l’extrême droite.

    La Marseillaise : La CGT a toujours été hostile à l’extrême droite. Pourquoi et comment lutter contre sa progression dans le monde du travail ?

    Gilbert Garrel : L’institut est là pour démasquer l’extrême droite par l’histoire. Depuis toujours, ce que porte l’extrême droite est contraire à ce que défend la CGT : un syndicat internationaliste, pour des valeurs de solidarité, contre toutes les formes de nationalisme de l’extrême droite. On organise ce genre de débat et, surtout, sa diffusion pour démontrer la supercherie de l’extrême droite qui essaie aujourd’hui d’avoir un discours ouvriériste, social. Sur le côté plus présent, il faut mettre en évidence les votes du RN qui s’opposent au progrès social comme sur l’opposition à la revalorisation du Smic ou des retraites indexées sur l’inflation, à la création du Smic européen, à la nationalisation d’ArcelorMittal ou encore le RN qui a laissé passer la loi sur le travail le 1er-Mai.

    Cette dichotomie est-elle encore plus prégnante en regardant l’histoire ?

    G.G. : Historiquement, il y a eu des connivences entre le patronat et l’extrême droite. Dès le début du syndicalisme, le patronat crée les syndicats jaunes, les briseurs de grève. Dans l’entre-deux-guerres, il crée la Confédération française du travail, des nervis de l’extrême droite qui traquaient les syndicalistes, qui obligeaient par la force les travailleurs immigrés à briser les grèves. Dans cette continuité, sous Pétain, il y a l’interdiction des confédérations et du droit de grève. Pendant la guerre d’Algérie, l’OAS a été une force contre la CGT, avec notamment une attaque contre l’UD CGT à Pau. La naissance de Le Pen et du Front national sont promues avec le poujadisme, c’est-à-dire des forces d’extrême droite alliées au patronat. Chaque fois que le patronat se rend compte que la droite classique risque de perdre, que la gauche peut passer, il se tourne vers l’extrême droite pour garantir ses intérêts. La peur du rouge, c’est historique. On retrouve ça aujourd’hui avec le Medef qui reçoit Jordan Bardella. Historiquement aussi, il y a une connivence patronat/extrême droite sur le nationalisme : au lieu de chercher l’ennemi du côté du capital, on va le chercher du côté des travailleurs immigrés pour détourner le regard des ouvriers. L’extrême droite, dans son histoire, a toujours su se métamorphoser et adapter son discours pour gagner les classes populaires. Syndicalement, nous avons un rôle pour éclairer et montrer à miroir comment l’histoire peut se reproduire.

    Vous alertez aussi sur le fait que l’extrême droite se diffuse par plusieurs canaux médiatiques.

    G.G. : Oui, elle a cette capacité à revisiter l’histoire à sa manière. L’extrême droite s’accapare des réseaux, des médias pour permettre une large diffusion de son discours. Par exemple, si on prend la Cité de l’histoire sous l’arche de la Défense à Paris, c’est Amaclio productions qui la gère et la détient, dirigée par l’extrême droite [François Nicolas]. Et si vous allez dans ce musée, qu’est-ce que vous retrouvez ? Hitler a sauvé l’Allemagne du risque du communisme, Pétain a sauvé les juifs français… Tout cela avec le soutien de la Région Île-de-France où on envoie des lycéens. On aussi Pierre-Édouard Stérin, derrière son label des plus belles fêtes de France. Sous l’aspect traditionaliste, on dit qu’il y a les Français de souche, les bons Français, et puis il y a l’ennemi, l’étranger. Alors que l’histoire de France s’est construite dans le multiculturalisme.

    André Castelli reconduit président

    S’il fut le fondateur de l’Institut d’histoire sociale CGT de Vaucluse il y a 40 ans, André Castelli a laissé la présidence pendant ses années d’élu PCF avant d’en reprendre la tête il y a trois ans. Il a été reconduit président, jeudi, à l’issue de l’assemblée générale. « On compte près de 100 adhérents, c’est l’un des plus importants de la confédération », souligne-t-il. Parmi les rendez-vous de l’année, la préparation des 90 ans du club des cheminots de Vaucluse. « On envisage aussi de nouer un partenariat avec le secteur universitaire pour que les étudiants se nourrissent de l’histoire du travail et des travailleurs du département », projette André Castelli.

  • Viols et prostitution d’enfants : le coup de gueule de maître Amas

    Viols et prostitution d’enfants : le coup de gueule de maître Amas

    De bon matin, devant le palais de justice de Marseille, ce lundi 29 juin, Michel Amas est en croisade, comme il le reconnaît volontiers. Face à ce qu’il considère comme l’inaction du gouvernement, l’avocat au barreau de Marseille s’appuie sur son expérience de terrain pour sensibiliser à « l’absence de politique, en France, de lutte coordonnée contre les pédophiles ».

    Bien avant l’affaire de la petite Lyhanna, il a alerté sur la prostitution des mineures, particulièrement dans les foyers de l’Aide sociale à l’enfance (ASE). Au nom de familles, il avait déjà assigné, en avril 2025, la présidente du Département des Bouches-du-Rhône, Martine Vassal (DVD), en charge de l’ASE, pour faute lourde. Des foyers « ouverts » déplore-t-il, permettant aux enfants placées de sortir et de tomber sous la coupe de proxénètes.

    Selon lui, c’est tout un système à revoir quand 40% des agressions sexuelles sont le fait aussi d’« un mineur sur un mineur ». « Au foyer, on ne prend pas en charge l’agresseur, on le déplace. Pas plus que la victime, qui n’est pas traitée sur son traumatisme », s’indigne-t-il. Résultat, « on a des gamins qui se constituent sur une adolescence entière de viols, d’agressions sexuelles », pousse-t-il.

    Autre cheval de bataille, un « site internet repéré depuis juin », l’année dernière, sur lequel des « enfants sont commercialisés », selon lui. Il indique que le ministère de l’Intérieur et de la Justice lui avait promis de le fermer. Il revient sur son quotidien, « des enfants de 11 ans, 12 ans, 13 ans, 14 ans, 15 ans, prostituées, vendues jour et nuit sur ce site ». Des gamines qui pourraient « faire jusqu’à 12 passes par jour » à raison de 1 000 à 1 500 euros, balance l’avocat.

    « J’accuse »

    Il affirme : « Bruno Retailleau était tout feu tout flamme, mais il est parti un mois après que nous ayons eu le rendez-vous. Depuis, ils ont fait une plateforme interministérielle Justice, Enfance, Intérieur et Santé et puis plus de son, plus d’image. »

    À la façon d’un Émile Zola, maître Amas s’enflamme : « Moi, j’accuse le ministre de la Justice d’inaction. Je l’accuse de ne pas avoir fermé le site sur lequel des enfants sont vendues. Je l’accuse de ne pas avoir mis en place immédiatement un suivi médical de ces enfants, une procédure pour suivre leur addictologie. » Pour lui, le ministre de la Justice ne réagit que « par rapport aux faits divers ». Le seul acte posé, retient-il, « ça a été de faire une liste noire des agresseurs sexuels et de mettre les enfants chez les grands-parents. Mais ça existe déjà ».

    L’avocat explique avoir travaillé, avec plusieurs magistrats de Vienne, Marseille et Avignon, à une proposition de directive qui aurait pu être mise en œuvre rapidement. Elle visait notamment, selon lui, à mettre fin au principe des foyers ouverts.

    L’avocat revient aussi sur l’impunité de ceux qui ont recours à ces services abjects. « En France, ça coûte moins cher d’avoir une relation sexuelle tarifée avec un enfant – la plupart des gens qui [les] violent prennent 500 euros – plutôt que d’avoir une relation sexuelle avec une chèvre », compare-t-il, rappelant qu’un violeur de caprin a été condamné, la semaine dernière à Marseille, à 30 mois de prison.

    Contacté par nos soins, le ministère de la Justice n’a pu réagir.

    À noter que, dans sa lettre en date du 10 avril 2026 sur le système prostitutionnel en France, l’Observatoire national des violences faites aux femmes recense 704 victimes, dont 94% sont des filles. Se basant sur les chiffres du service national d’accueil téléphonique de l’enfance en danger, le 119, le rapport indique que « la majorité des victimes dont l’âge était connu avait entre 15 et 17 ans (70%). Une sur cinq avait entre 12 et 14 ans (20%) ».

  • Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    Les feux de forêt, principal péril estival dans le Var

    C’est une rengaine dont on se passerait volontiers. Chaque été, le Var figure parmi les territoires français les plus exposés au risque d’incendie. Entre les fortes chaleurs, une population estivale multipliée par deux, le vent et ses 388 000 hectares de forêts, le département présente tous les ingrédients propices aux départs de feu. Avec 67 % de sa superficie boisée, il est d’ailleurs le troisième département le plus forestier de France en proportion.

    Un cocktail encore plus explosif cet été que les autres, avec un mercure qui a atteint des niveaux jamais enregistrés dans le pays, entraînant « trois semaines d’avance en termes de sécheresse », alerte Eric Grohin, directeur du Sdis du Var. « Des conditions de feu » rendues d’autant plus préoccupantes par « le vent important » attendu dans les prochains jours, et « une saison qui rappelle beaucoup l’année 2003 », s’inquiète-t-il.

    C’est dans ce contexte que la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a rendu visite au 7e Régiment d’instruction et d’intervention de la Sécurité civile (Riisc) de Brignoles, qui appuie les services de sécurité civile dans la lutte contre les catastrophes naturelles, jeudi dernier. Et annoncé le déclenchement avancé de l’opération Héphaïstos, mission estivale de vigilance contre les incendies.

    « Le meilleur feu, celui

    qui ne se déclenche pas »

    Alors que l’on déplore déjà cinq fois plus de départs de feu et de surfaces parcourues qu’à la même période l’an dernier, même si les incendies sont restés de taille modeste, la prévention demeure le premier levier d’action. Car « le meilleur feu est celui qui ne se déclenche pas », martèle le préfet du Var, Simon Babre.

    Outre le rappel des obligations légales de débroussaillement, des campagnes de sensibilisation contre les jets de mégots et les feux de camp ont été déployées. À cela s’ajoutent 44 patrouilles de surveillance et d’intervention présentes dans les massifs forestiers. La carte d’accès aux massifs est actualisée quotidiennement pour informer les usagers des restrictions. Si la prévention ne suffit pas, les contrevenants s’exposent à des amendes pouvant atteindre 1 000 euros pour un mégot jeté en forêt, voire à des peines de prison en cas d’incendie.

    Sur le terrain, jusqu’à 1 150 pompiers pourront être mobilisés chaque jour, renforcés, si besoin, par des moyens militaires. Côté matériel, le Sdis s’appuye sur quatre hélicoptères bombardiers d’eau, 100 camions-citernes feux de forêt moyens, 37 fourgons pompe-tonne de 3 000 litres de capacité, de véhicules tout-terrain et drones. « Chez nous, la réponse, c’est les grandes capacités d’eau et la capacité à l’acheminer dans les zones reculées », soutient le préfet. Des moyens actés par quatre conventions signées entre Département et État, « avec une aide au Sdis passant de 51 à 63 millions », souligne Jean-Louis Masson, président du Département.

  • Une « réforme de façade » sur le sport professionnel

    Une « réforme de façade » sur le sport professionnel

    Présentée comme une refonte destinée à moderniser la gouvernance du sport professionnel français, cette réforme, adoptée au Sénat il y a un an, divise entre promesses de compétitivité accrue et critiques d’un modèle jugé à bout de souffle.

    Cette proposition de loi, portée par les sénateurs Laurent Lafon (Union centriste) et Michel Savin (LR), a été adoptée en première lecture lundi à l’Assemblée nationale avec 75 votes pour et 2 votes contre.

    Elle vise notamment à adapter l’organisation du sport professionnel en lui donnant les outils nécessaires pour gagner en compétitivité dans un environnement de plus en plus concurrentiel.

    Cette réforme entend également renforcer le rôle du ministère des Sports dans ses relations avec les Fédérations et les Ligues, et s’articule autour de quatre grands axes présentés, lundi matin, par la ministre Marina Ferrari : la lutte contre le piratage, la réaffirmation de l’architecture du modèle sportif français, le soutien au développement du sport professionnel féminin, ainsi que la réforme de la gouvernance du football professionnel.

    Sur le papier, le programme apparaît structuré et comporte plusieurs pistes jugées sérieuses à explorer. Mais pour Soumya Bourouaha, députée communiste de la 4e circonscription de Seine-Saint-Denis et membre du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, le constat est bien plus réaliste. « Ce texte ne réforme rien de fondamental. Il y avait pourtant à faire, tant le modèle du sport professionnel est un échec », a-t-elle réagi.

    Chute de 80% en six ans

    Elle dénonce notamment une stratégie qu’elle qualifie de « locomotive », consistant, au sujet du football, à concentrer toujours davantage de ressources sur un seul club, le PSG. « Elle est inefficiente. Nous avons tout sacrifié : la solidarité entre les clubs, les liens entre le football professionnel et amateur, le sport féminin, les intérêts des supporters, au nom d’une prétendue compétitivité économique », ajoute Soumya Bourouaha.

    Pour quel résultat ? « Les inégalités ont explosé, l’aléa sportif a quasiment disparu, une partie des clubs professionnels est au bord de la faillite et les droits télévisuels sont revenus à leur niveau d’il y a trente ans. La théorie du ruissellement n’existe pas, le tout business n’a construit aucun business », affirme-t-elle. Des villes comme Auxerre, Sochaux ou Guingamp n’existent souvent plus qu’au rythme des fermetures d’usines ou des exploits de leurs clubs. L’élue francilienne revient également sur la crise profonde que traverse le football professionnel, malgré « l’apport d’oxygène » amené par le fonds CVC, en 2022. Selon elle, la baisse des droits télévisés et les conflits entre diffuseurs ont mis en lumière les limites du modèle économique actuel et les difficultés structurelles de gouvernance.

    Les droits audiovisuels, qui s’élevaient à 1,153 milliard d’euros en 2021, pourraient chuter à environ 205 millions d’euros en 2026, soit une baisse estimée de plus de 80% en six ans. Un effondrement qui, selon elle, illustre les fragilités d’un système arrivé à bout de souffle.

    Mais que contient réellement cette proposition de loi ? Un renforcement du contrôle exercé par les Fédérations sur les Ligues ? « Une mesure bienvenue, mais d’une portée limitée tant les Fédérations restent soumises aux mêmes logiques de marché », estime-t-elle. Un encadrement des droits télévisuels ? « Minimaliste et largement vidé de sa substance par de nombreuses exceptions. » Un renforcement des pouvoirs de la DNCG, le gendarme du football français ? « Souhaitable, mais fragilisé par le manque d’indépendance de cette instance. » Des engagements en faveur de la visibilité des compétitions sportives féminines ? « Nécessaires, mais insuffisants pour consolider durablement leur modèle économique », poursuit la députée communiste, en indiquant que ce texte « fait le choix de la répression ».