Author: tecnavia

  • Des échanges pour faciliter l’intégrité des élus locaux

    Des échanges pour faciliter l’intégrité des élus locaux

    Jean Maïa, président de la HATVP, était présent, ce mercredi matin au conseil régional, pour échanger avec les responsables publics de la région. La HATVP, qui est l’institution qui contrôle les déclarations d’intérêts et de patrimoine des élus, surveille également les influences étrangères, ainsi que les activités de lobbying en France.

    « Il s’agit de répondre à l’obligation de transparence démocratique. Le contrôle qui est exercé sur les élus permet de lutter contre l’idée du “tous pourris”. Il nous permet de dire que la quasi-totalité des responsables publics répondent aux exigences de probité. C’était fondamental pour moi qu’on puisse avoir ce dialogue avec les acteurs du territoire aujourd’hui et faire un point ensemble sur les perspectives dans ce domaine », affirme Jean Maïa.

    Les élus de la Région reconnaissent l’importance du travail de la Haute Autorité, dont la compétence s’exerce sur 18 000 responsables publics, dont 1 500 en Paca. « Je crois que le contrôle a toujours du bon quand il est fait à bon escient. Dans cette institution, il y a la volonté d’être irréprochable. Nous nous devons d’être exemplaires, une institution se doit de s’appliquer à soi-même ses propres règles. Nos administrés attendent de la rigueur de notre part et que l’exercice de nos fonctions soit vérifié et contrôlé. On l’accepte », partage François de Canson, vice-président de la Région. Il se réjouit d’avoir l’opportunité d’échanger avec Jean Maïa : « Je crois que ce temps d’échanges avec la personne qui dirige la Haute autorité est absolument indispensable pour que nous puissions nous comprendre. Les liens entre celui qui contrôle et le contrôlé doivent permettre d’établir cette relation de confiance. »

    Prévenir plutôt

    que sanctionner

    Le but de cette visite est aussi d’assurer aux élus la disponibilité de la HATVP. Jean Maïa souligne en effet la nécessité de dialoguer avec les élus locaux afin de prévenir l’enrichissement illicite et le risque de conflit d’intérêts.

    « Nous sommes une autorité de contrôle, mais pas seulement. Nous sommes également dans une optique de conseil et d’accompagnement des responsables et des collectivités publiques dans leurs démarches déclaratives. Il ne s’agit pas seulement d’un contrôle unilatéral, on a aussi énormément d’échanges avec les déclarants », précise le président de la Haute Autorité.

  • Le maire de Manosque veut interdire les aides pour les casseurs

    Le maire de Manosque veut interdire les aides pour les casseurs

    Après avoir annulé la soirée rap du festival gratuit Musiks à Manosque pour punir les lycéens suite aux dégradations de jeudi, le maire Camille Galtier a annoncé, mercredi, vouloir interdire les aides de la commune et de la communauté d’agglomération pour les jeunes qui seront condamnés pour dégradations, dans le cadre de la mobilisation lycéenne, et pour leurs parents.

    « Ça m’apparaît compliqué de récompenser ou d’aider des parents quand on n’est pas capable de garder ses gosses à la maison », a-t-il lancé lors d’une conférence de presse. « Ceux qui ont manqué à leurs devoirs n’ont pas le droit à avoir des droits supplémentaires. »

    Les aides concernées sont l’aide à l’acquisition d’un vélo, les 5 000 euros donnés aux moins de 40 ans pour acheter un logement, les bons essence, électricité, les bourses sportives pour les enfants, les aides aux entreprises, aux commerçants et aux agriculteurs. « Je proposerai au conseil communautaire et au conseil municipal qu’en fonction de la gravité de la sanction qui aura été donnée aux jeunes condamnés, on fera un panel d’interdictions de ces aides et on verra la durée. C’est les conseils communautaires et municipaux qui décideront la graduation », a précisé Camille Galtier. Concrètement, l’édile souhaite ajouter au règlement et aux critères de ces aides que « telle personne dont l’enfant a été condamné ne puisse pas bénéficier de cette aide pendant telle durée ».

    Le procureur de Digne-les-Bains, Antoine Pesme, a affirmé à La Marseillaise qu’il ne « transmettra pas de liste de condamnés mineurs ». Aucune poursuite pour dégradation n’est engagée, a-t-il précisé, mais seulement pour des faits de violence.

    « Il veut renforcer les difficultés des familles qui sont déjà en grande difficulté. Si sa réponse est celle-là, c’est lamentable », a réagi Patrick Rousset, conseiller municipal d’opposition (PCF) du Regain Manosquin, liste d’union de la gauche. Il demande « une réponse concrète aux problématiques » plutôt que des sanctions, et accuse le maire d’être « toujours dans la provocation, sans contact avec les lycéens ».

    « Punition par procuration »

    Le secrétaire départemental du PCF, Bertrand Perrin, s’est lui aussi dit « opposé à la punition par procuration visant les fratries qui ne sont pas responsables ». Cet « effet d’annonce » est « la marque d’un maire en difficulté après une séquence des sénatoriales catastrophique pour sa candidate, qui cherche à redorer son blason en confondant autoritarisme et responsabilité », a-t-il estimé, doutant de la légalité de la mesure. Le Conseil d’État avait retoqué en 2022 une décision municipale similaire privant les délinquants d’aides versées par la commune de Caudry (Nord).

    « Si j’étais lui, j’essaierais d’apaiser les choses, l’inverse de ce qu’il fait. Il ajoute du mépris et de la répression à la colère des lycéens », déplore de son côté Jean-Claude Cauvin, de la section de Manosque du PCF, tout en condamnant les dégradations.

    « Le maire de Manosque sombre dans l’extrême-droitisation. Coupé de la jeunesse dont il ne comprend pas les motivations, il foule aux pieds l’État de droit en se livrant à une nouvelle opération de communication concernant des mesures dont il sait parfaitement qu’il ne pourra pas les appliquer, ce qui lui permettra de se victimiser », a réagi la FSU.

    « C’est une nouvelle erreur politique prise dans la précipitation. Les actes délictueux doivent être traités dans le cadre de l’état de droit, par la justice et les magistrats, a avancé Claire Henriroux, élue écologiste du Regain Manosquin. Une collectivité ne peut pas sanctionner des familles. Elle n’a pas vocation à infliger une double peine. M. le maire n’est pas un juge et la mairie n’est pas un tribunal. »

    23 gardes à vue ont eu lieu, la semaine dernière, dans le cadre de la mobilisation lycéenne dans le département, avec « un certain nombre de classements sans suite, deux majeurs déferrés et jugés dans le cadre du plaider coupable et cinq mineurs présentés à un juge des enfants qui seront jugés ultérieurement », a indiqué mercredi à La Marseillaise le procureur. Aucune garde à vue n’a eu lieu cette semaine.

    Le groupe RN-UDR-I à la Région Sud avait déjà annoncé, mardi, déposer une motion visant à priver les lycéens sanctionnés en conseil de discipline « de toutes les aides de la Région ».

  • La CGT réalerte sur des failles dans la protection de l’enfance en Vaucluse

    La CGT réalerte sur des failles dans la protection de l’enfance en Vaucluse

    La protection de l’enfance est une compétence majeure du Département. « Une question prégnante à laquelle je suis attachée », assurait il y a un an la présidente Dominique Santoni (LR), qui annonçait récupérer elle-même cette délégation. Mais, selon la CGT, la situation reste ultra-problématique. Il y a un peu plus d’un mois, le syndicat des personnels du Département a adressé une lettre ouverte à la présidente et au préfet pour dénoncer l’état des lieux général au sein de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

    « Nous ne voulons pas attendre un accident, une violence ou un drame pour entendre, demain, que chacun connaissait les difficultés, mais que personne n’avait mesuré leur gravité », écrit Amandine Laugier, secrétaire générale de la CGT du CD84, qui demande « un état des lieux réel des moyens humains consacrés à la protection de l’enfance » et « pas uniquement des organigrammes ou des effectifs théoriques ». La CGT ne pointe pas une défaillance ponctuelle, mais bien un problème plus structurel. « C’est la capacité même du dispositif à garantir pleinement et en permanence la protection des enfants confiés qui doit aujourd’hui être interrogée, nous considérons que certaines situations signalées sont susceptibles d’exposer les enfants comme les professionnels à des risques graves qui ne peuvent être banalisés », estime le syndicat.

    Depuis, le courrier est resté lettre morte. Mobilisée auprès des lycéens et étudiants, la CGT ne prévoit exceptionnellement pas de rassemblement, ce vendredi, en marge de la séance plénière. Contacté, le Département assure qu’une réponse sera apportée lors de la séance. Il est prévu à l’ordre du jour la contractualisation avec l’État sur la protection de l’enfance. De 4,9 millions d’euros en 2025, le partenariat passe à 5,3 millions en 2026 avec une forte progression de la part du Département quand celle de l’État reste stable.

  • [Entretien] Stéphane Pichon : « Oui à une halte soins, mais à l’hôpital »

    [Entretien] Stéphane Pichon : « Oui à une halte soins, mais à l’hôpital »

    La Marseillaise : Face aux conséquences sociales et sanitaires de la consommation de crack à Marseille, le maire Benoît Payan (DVG) réclame au gouvernement l’installation d’une halte soins addiction. Un projet en son temps décrié par la droite. Quelle est votre position ?

    Stéphane Pichon : On avait une proposition, pendant les élections municipales, qui me semblait être le bon sens pour satisfaire tout le monde : que les HSA se fassent, mais en milieu hospitalier, pour différentes raisons. Et j’ai vu que le directeur de l’AP-HM était favorable à l’accueil de ces structures au sein des hôpitaux marseillais [ce dernier préconisant également en premier lieu l’installation d’un équipement de proximité, Ndlr.]. C’est quelque chose qui me satisfait, parce que je suis élu, mais, avant tout, je suis pharmacien de profession, et j’ai longtemps œuvré pour la prévention et la réduction des risques. J’ai été un des fondateurs de Croix-Verte et Ruban Rouge, avec la distribution des Stéribox et du préservatif à 1 franc, à l’époque. L’idée n’est pas de laisser tomber les gens, mais de les prendre en charge.

    Pensez-vous que les consommateurs vont faire le chemin jusqu’à l’hôpital ?

    S.P. : Oui, si les associations font leur travail et leur expliquent. Il y a une expérience de HSA qui a été faite à Paris, dans le 10e arrondissement, où il y a quand même des heurts avec la population, quoi que l’on en dise, et la même expérience faite à Strasbourg, qui apporte, elle, toute satisfaction. Aujourd’hui, Marseille reste une ville avec des quartiers relativement pauvres. Est-ce qu’on doit rajouter à la misère du conflit ? Est-ce que vous pensez qu’on doit cumuler les problèmes ? Dans un quartier où il y a du trafic, une population déjà qui a du mal à s’en sortir, doit-on rajouter des files d’attente de personnes qui attendent pour s’injecter [des produits] ? À Paris, vous avez des files d’attente importantes, avec 80% des gens qui attendent dehors.

    Comment allez-vous porter politiquement cette idée ?

    S.P. : En m’exprimant dans les médias, et si le maire me donne la parole, je l’évoquerai en conseil municipal. Il y a urgence et on ne peut pas être targué de laisser les gens à l’abandon. Alors, même s’il y a une contrainte pour ces personnes, qui est de se déplacer dans un lieu de soins… Pour moi, professionnel de santé, ce soin, c’est un soin global et pas une salle de shoot. N’oublions pas que ces gens ne sont pas des cas, mais des humains. Évidemment, cela dépasse aussi le domaine de la santé et touche à la justice, la lutte contre délinquance. Mais il me semble que mettre en place ce genre de structure, c’est quand même ce qu’il y a de plus facile.

  • Aleida Guevara fait de la solidarité son étendard pour Cuba et son peuple

    Aleida Guevara fait de la solidarité son étendard pour Cuba et son peuple

    La solidarité était le maître mot d’Aleida Guevara, fille du « Che », ce mercredi soir, lors d’une conférence-débat consacrée à Cuba dans la salle Camille-Claudel du centre hospitalier de Montfavet. Que ce soit pour le peuple cubain ou le reste de la population mondiale.

    Comme la médecin pédiatre le rappelle, l’intensité du blocus mis en place par les États-Unis depuis plus de 65 ans est, depuis le mois de janvier, « à son pire niveau depuis 1991 et la chute du bloc soviétique ». Avec pour conséquence peu de vivres qui passent, mais surtout très peu de pétrole et de médicaments. « Un seul bateau pétrolier est arrivé cette année et il vient de Russie », regrette la Cubaine au micro.

    Elle évoque également les difficultés d’approvisionnement en lait en poudre, qui était commandé par les autorités en Nouvelle-Zélande, ou encore les stratagèmes nécessaires pour recourir à des navires américains, car ceux des autres pays sont généralement empêchés de retourner chez eux. « On respecte le fait qu’on ne veuille pas commercialiser avec nous, on ne peut évidemment pas les forcer. Mais empêcher les autres pays, c’est injuste ! Initialement, on était d’accord pour que l’on ne touche pas aux médicaments. Mais c’est la première chose qui a été faite », regrette-t-elle. « On a essayé d’envoyer des vivres ; mais le container est bloqué depuis avril. Il faut mettre la pression », ajoute Nadia Mateu, présidente de France Cuba Hérault.

    Un manque qu’Aleida Guevara constate quotidiennement dans son travail. D’une part par les coupures répétées qui affectent les frigos pour conserver les aliments ou pour le fonctionnement des hôpitaux, évoquant même des « opérations sous la lumière des téléphones » : « Le plus dur, c’est de savoir qu’il faut des médicaments qu’il est impossible d’avoir. Avec tous les intermédiaires, les prix s’envolent, ce qui empêche l’achat en masse. Donc beaucoup d’enfants décèdent à cause du manque. »

    « Crise des valeurs »

    Elle prône l’aide entre les peuples : « On a été solidaires avec beaucoup de peuples. J’ai été médecin en Angola et ça a fait de moi un meilleur être humain. Le plus important est de respecter un peuple qui veut être souverain. »

    Celle qui sera présente ces jeudi 8 et vendredi 9 octobre aux Rotatives de La Marseillaise (voir encadré) pour de nouvelles conférences a ensuite répondu à une pluie de questions. Interrogée sur la situation en France, elle assure ne pas avoir de certitudes, tout en évoquant les difficultés du moment sur le plan politique. « Quand il y a une crise économique, il y a une crise de valeurs », lâche-t-elle. Avant d’appeler « à tenir bon », car « sinon, on finit comme Haïti ou Porto Rico et on risque d’être une étoile de plus sur le drapeau américain ».

    Les prochaines conférences

    Aleida Guevara sera présente ces 8 et 9 octobre à 18h30 aux Rotatives de La Marseillaise, cours Honoré d’Estienne d’Orves à Marseille, pour deux autres conférences. Toujours dans le cadre du projet « Semillas de solidaridad », ces deux rencontres seront centrées sur la situation médicale en cours à Cuba et sur l’impact du blocus américain. La fille du Che rencontrera aussi différents représentants syndicaux et élus au cours de sa visite dans les Bouches-du-Rhône.

    S.V.

    Les deux rendez-vous affichent complet.

  • Deux jours de débats dédiés aux enjeux stratégiques de la Méditerranée à Toulon

    Deux jours de débats dédiés aux enjeux stratégiques de la Méditerranée à Toulon

    Depuis cinq ans, la Fondation pour la maîtrise des enjeux stratégiques (FMES), « think thank » créé à Toulon en 1990, organise les Rencontres stratégiques de la Méditerranée. Ce rendez-vous annuel s’adresse autant aux spécialistes qu’au grand public, pour débattre des enjeux de cet espace d’interconnexion partagé par 23 pays issus de trois continents.

    Il a été introduit par François de Canson, vice-président d’une Région Sud qui se trouve, de fait, au centre de la réflexion française en la matière. « Toulon est le premier port militaire d’Europe », a-t-il rappelé. à ce titre, « la Région, via son opération d’intérêt régionale (OIR) Défense et Sécurité [plan d’investissement de 500 millions d’euros lancé en décembre 2025 pour soutenir l’industrie de défense, Ndlr.] est là pour permettre aux entreprises de s’installer plus facilement dans notre territoire. »

    Dans cette optique, ces rencontres permettent « d’échanger entre acteurs pour avoir une vision commune qui permette de défendre le pays », appuie François de Canson.

    Jean-Marc Jancovici

    en « grand témoin »

    Et pas seulement sur le plan militaire, car ces rencontres, qui se déroulent autour de tables rondes, couvrent des thématiques diverses : « Le principe, c’est de mettre autour de la table des gens d’expériences et de cultures différentes, militaires, politiques, spécialistes des relations internationales, de la technologie, de l’économie, ou de l’environnement », explique Pascal Ausseur, directeur de la FMES.

    Ce dernier aspect revêt un intérêt particulier, puisque le « Grand témoin » choisi pour cette édition est Jean-Marc Jancovici, spécialiste des questions d’énergie et de climat, intervenu mercredi après-midi. « Tous les enjeux se tiennent, donc l’écologie n’est pas un problème à part et on n’en réglera aucun sans régler les autres », justifie Pascal Ausseur.

  • À Marseille, les jeunes prêts pour l’acte IV

    À Marseille, les jeunes prêts pour l’acte IV

    La contestation lycéenne maintient la pression. Le dénommé « acte IV » de la mobilisation se tiendra ce jeudi à Marseille comme dans toutes les villes de la région. À l’appel de plusieurs syndicats étudiants, dont le collectif en lutte de l’AMU et l’union étudiante, une manifestation partira de la place des Réformés à 10h30.

    Parmi les participants figureront notamment les enseignants et élèves du lycée Marie Curie. Ce mercredi matin, une partie des enseignants de l’établissement s’est jointe à la mobilisation de leurs élèves qui bloquaient le lycée. Malgré le caractère « totalement pacifique de l’action », insiste Samuel Tracol, professeur d’histoire du lycée, une cinquantaine de CRS sont intervenus et ont sommé les manifestants de quitter les lieux, avant de les charger. « On s’est fait marcher dessus alors qu’on faisait un sit-in non violent et ils nous ont insultés », raconte Émy, une élève de terminale. Dans la charge, un jeune de 17 ans a été blessé à la tête et a été transféré à l’hôpital de la Timone par les pompiers. De son côté, la préfecture de police affirme que les CRS sont intervenus pour « libérer la voie publique ».

    Le maire de secteur, Didier Jau (EELV) qui s’est rendu sur place a dit sa « pleine solidarité » avec les jeunes et a proposé qu’une délégation du lycée Marie-Curie puisse être reçue en mairie de secteur et intervenir au prochain conseil d’arrondissement, soulignant l’importance « de proposer le cadre républicain pour porter leurs revendications légitimes ».

    Mais, dès ce jeudi, les enseignants et lycéens entendent clamer leurs revendications. « 23 000 euros ont été investis pour installer des caméras de surveillance dans le lycée alors qu’il y a des plaques de la toiture qui tombent et qu’on manque de tout », s’énerve ainsi Émy.

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille

    10h30, manifestation au départ des Réformés.

    Martigues

    Blocage des lycées Langevin et Lurçat.

    Miramas

    Blocage du lycée Cocteau.

    Aix-en-Provence

    11h, manifestation au départ de la Rotonde.

    Toulon

    9h, rassemblement devant le lycée Bonaparte.

    Carpentras

    Blocage du lycée Fabre.

    Avignon

    7h30 manifestation à partir du lycée Mistral pour se rendre au lycée Aubanel.

    Manosque

    8h, appel à une manifestation devant le lycée Esclangon.

    Gap

    8h, appel au rassemblement devant le lycée Dominique-Villard.

  • La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    La Ville de Marseille reste ferme sur les meublés touristiques

    Découpage de boîtes à clés, dixième ! Armés d’une disqueuse et d’une pince, les agents municipaux ont fait, ce mercredi 7 octobre, une tournée dans les quartiers du Panier et de la Joliette (2e) pour retirer de l’espace public les boîtes à clés installées par des propriétaires de meublés de tourisme, en conséquence hors-la-loi. L’occasion pour Audrey Garino, adjointe PCF au logement, et Anthony Krehmeier (PS), maire des 2e et 3e arrondissements, de faire le bilan des actions menées par la Ville sur la question.

    « On a choisi ce quartier parce qu’il était particulièrement touché, comme ailleurs dans le centre-ville, par le phénomène », explique l’élue, ajoutant que 250 cadenas ont été enlevés depuis le 1er janvier 2025. La démarche, « symbolique », se veut le reflet d’une politique municipale volontariste dans un contexte de crise du logement forte à Marseille. « Et on a des résultats », assène Audrey Garino. Après une « explosion » des logements de type Airbnb entre 2020 et 2023, avec « une augmentation de 73% des offres, on constate une baisse de 16% sur l’année 2025 », se félicite-t-elle.

    Un plan ultra-restrictif

    Le plan d’action de la Ville se veut, avec celui de Paris, « le plus restrictif en France », assure Audrey Garino. Le nombre de nuitées sur la résidence principale a été réduit à 90 jours par an, une compensation pour les résidences secondaires imposée. Où en échange d’un meublé de tourisme, le propriétaire doit proposer un local équivalent sur le marché locatif classique.

    Les amendes, jusqu’à 440 000 euros récemment pour un mutltipropriétaire, sont aussi dissuasives. Sans « impact sur le tourisme, puisque cet été, les réservations et nuitées hôtelières ont progressé de 5% », précise l’élue. En dix ans, on a dérivé « dans une économie capitaliste pure », constate Anthony Krehmeier, regrettant que le Panier devienne « Disneyland-sur-Mer », un quartier « qui se perd, sans boucherie ou boulangerie ».

    L’élu revient sur « la gentrification qui fait monter les loyers ». Ici, « 12% du parc locatif a disparu au profit de ces meublés, enchaîne Audrey Garino, avec des loyers qui ont augmenté de 6% ». Et de rappeler que la Ville est candidate à leur encadrement, sans feu vert de l’État pour l’instant.

  • À Aix, les étudiants toujours en renfort des élèves

    À Aix, les étudiants toujours en renfort des élèves

    La contestation ne faiblit pas et s’élargit. Une nouvelle mobilisation a été annoncée sur les réseaux sociaux, au départ de la Rotonde, ce jeudi à 11h. Dans le cortège, les organisations de jeunesse et les syndicats étudiants seront aux côtés des lycéens et poursuivront leur soutien à leurs revendications.

    Cette solidarité s’est déjà manifestée mardi à travers différentes actions sur les campus. Sur le parvis de Sciences Po Aix, d’abord, dont l’entrée a été bloquée avant 7h. Selon les étudiants, environ 150 personnes ont participé à cette mobilisation, chantant des slogans et portant leurs revendications, malgré les trombes d’eau et l’orage. « Cette mobilisation, c’est d’abord celle des lycéens que l’on continue de soutenir », rappelait Zélie, étudiante. Quelques heures après, la direction annonçait passer ses cours en distanciel. Les étudiants de l’IEP portent aussi leurs revendications propres, notamment une prise de position nationale vis-à-vis des « répressions policières » survenues ces derniers jours et demandent à ce que les cours ne soient « pas obligatoires en distanciel, pour que les gens puissent se mobiliser auprès des lycéens et étudiants ». Contactée, la direction de Sciences Po nous confirme avoir rencontré les étudiants et avoir poursuivi « le dialogue engagé depuis le début de la semaine ». Elle indique également avoir réuni « l’ensemble des enseignants-chercheurs afin de partager les demandes exprimées et d’échanger sur la situation ». Décision a été prise de « maintenir la fermeture de Sciences Po Aix jusqu’à la fin de la semaine ».

    En parallèle, alors que le campus Schuman (Université Aix-Marseille) rouvrait juste ses portes, les étudiants en lettres et en droit se sont mobilisés en occupant un amphithéâtre. Ils ont ensuite été « plus de 500 » à se réunir en assemblée générale, rejoint par leurs enseignants et plusieurs lycéens. « Les étudiants essaient de s’organiser pour qu’un maximum de personnes puissent se mobiliser », rapporte, à l’issue de l’assemblée, Younès Dufresne, pour l’Union étudiante. Avant de préciser : « La suite du mouvement est de continuer à se mobiliser partout. » Et d’assurer que les étudiants, comme les lycéens « restent déterminés. On a jamais eu autant de monde en assemblée générale ».

  • Le PCF mobilisé sur les stations Total pour partager ses propositions

    Le PCF mobilisé sur les stations Total pour partager ses propositions

    Malgré la pluie battante, un groupe de militants du Parti communiste français de Gap s’est mobilisé sur les deux stations Total de la ville, ce mercredi. « Carburant : stop au racket », peut-on lire sur les tracts distribués aux conducteurs.

    L’opération s’inscrit dans une action nationale lancée par le PCF, qui se déroule du 5 au 11 octobre, dans le but de faire connaître les propositions du parti concernant les carburants : blocage du prix à 1,60 euro le litre, baisse des taxes prélevées par l’État sur les carburants, et surtout nationalisation de l’entreprise Total pour « faire primer l’intérêt général sur la rapacité des actionnaires » et préserver la maîtrise nationale sur cette énergie nécessaire à la population.

    « Il faut arrêter cette escalade capitaliste de distribution des dividendes », alerte Catherine Dufour, secrétaire de section à Gap, alors que les actionnaires du géant pétrolier ont engrangé plus de 10 milliards d’euros de bénéfices au premier semestre 2026. « Certes, ce n’est pas simple, cela coûterait cher et ça nécessiterait un emprunt, explique la militante. Mais on aurait des retombées immédiates qui bénéficieront non pas aux actionnaires, mais au pays ! » Elle dénonce une « prise d’otage », alors que la population fait la queue dans les stations Total, qui affiche contrairement à ses concurrents un prix de 1,99 euro le litre : « Mais cette baisse des prix ne coûte absolument rien à Total. Pour la population qui a déjà un budget serré, ça n’est pas assez ! » D’autant plus que la majorité des personnes reste encore très dépendante de la voiture et donc du carburant, particulièrement dans les Hautes-Alpes, où « les transports publics ne sont pas à la hauteur ».

    La plupart des automobilistes prennent le tract et certains disent soutenir l’idée d’une nationalisation. Plus tôt, un jeune homme a montré son opposition, estimant qu’il fallait moins défendre le carburant que développer les mobilités douces. « Mais on ne dissocie pas la volonté de nationaliser Total de la lutte contre le changement climatique, explique Catherine Dufour. On a conscience que le fait que la population soit obligée de circuler en voiture est un problème. »

    Pour les militants, cette action n’a pas qu’une visée électoraliste : « C’est aussi pour aller à la rencontre des gens ! »

    Agathe Di Lenardo