Author: tecnavia

  • « Ne laissons pas l’extrême droite décider de l’avenir de nos territoires ! »

    « Ne laissons pas l’extrême droite décider de l’avenir de nos territoires ! »

    Dans notre département comme dans tout le pays,

    Le monde du travail doit rester uni, organisé, et mobilisé.

    Pour combattre l’extrême droite et ses idées,

    Pour combattre les politiques municipales anti-sociales,

    Le taux d’abstention lors du 1er tour des élections municipales atteint un niveau important dans le pays, également dans notre département. Ce sont des milliers de salariés·es, de retraité·es, de privé·es d’emplois, de précaires qui n’ont pas exprimé leurs exigences de progrès social.

    Au vu des résultats du premier tour des élections municipales, l’Union Départementale CGT des Bouches du Rhône constate l’avancée des idées réactionnaires, avec la progression du vote pour les listes d’extrême droite dans le pays et dans le département.

    L’Union Départementale tient à rappeler que l’extrême droite et son projet violent, raciste, antisémite, sexiste et LGBT-phobe représente un danger pour notre démocratie et notre République.

    L’extrême droite est le pire ennemi du monde du travail comme le montrent les votes de leurs représentants à l’Assemblée Nationale et au Parlement Européen (SMIC, retraite, loi Zucman, etc….).

    L’UD CGT 13 affirme que le meilleur moyen d’empêcher l’extrême droite de gagner, c’est de se rassembler pour porter l’exigence du progrès social.

    Malgré tout, bien que divisé, le camp progressiste a bien résisté, et nous pouvons nous féliciter des victoires au 1er tour des listes progressistes à Port-de-Bouc, au Rove ou à Septèmes-les-Vallons notamment.

    Avant la date du scrutin, l’Union départementale CGT des Bouches du Rhône a diffusé un communiqué à l’attention des candidats, hors rassemblement national, pour leur exposer les revendications du monde du travail, qui d’après nous, permettraient de vivre, travailler et vieillir dignement dans notre département.

    Pour rappel, nous revendiquons des politiques municipales qui s’articulent autour du logement, de l’école, de la culture, des services publics territoriaux, de la mobilité.

    Nous rappelons que le résultat du scrutin municipal, au sein des communes qui constituent la Métropole, déterminera la 1ère responsabilité de cette EPCI.

    Au vu de ses attributions, un conseil métropolitain d’extrême droite serait une catastrophe pour les politiques économiques du département, au regard des enjeux industriels et énergétiques bucco-rhodaniens.

    Enfin, nous rappelons que la défense des libertés syndicales est l’un des moteurs de notre démocratie, d’où l’importance des Bourses du Travail et de leur sanctuarisation, outils indispensables pour la défense des salariés.

    Pour toutes ces raisons, à Arles, Aubagne, Fos sur Mer, Gardanne, Marseille, Martigues et dans toutes les communes où cela est possible, l’UD CGT 13 appelle les travailleuses et les travailleurs à voter pour les listes de gauche au 2nd tour et faire barrage à l’extrême droite.

    Sans que ce soit un blanc-seing, seules les listes progressistes pourront lutter efficacement contre les politiques d’exclusions et antisociales prônées par le rassemblement national qui veut entre-autres supprimer 15.000 emplois à Marseille, en transformant le Port de la cité Phocéenne en Marina…

    Parce que nous sommes attaché·es à une politique municipale dans l’intérêt de toutes et tous, parce que la CGT est indépendante mais pas neutre,

    Nous appelons :

    Les salarié·es, les retraité·es, les privé·es d’emploi et les précaires, à partir de leurs revendications et de leurs attentes, porteurs des valeurs de justice, de respect, de solidarité, de tolérance et de fraternité,

    – À se mobiliser massivement lors du 2nd tour des élections municipales du 22 mars,

    – Et à voter pour les listes de gauche dans toutes les communes du département

  • Petit chelem en vue dans les secteurs pour le Printemps marseillais

    Petit chelem en vue dans les secteurs pour le Printemps marseillais

    Interrogé au moment de sa candidature sur les secteurs que visait le Printemps marseillais, le maire (DVG) sortant Benoît Payan assurait : « Tous. » Mais l’effondrement de la droite et la percée du RN rebattent les cartes. « Dans les 9-10 et les 11-12, le RN est en capacité d’emporter quatre arrondissements », reconnaît-il désormais, en soulignant aussi l’enjeu « fort » des 13e et 14e. De quoi confirmer ce qu’annonçait à l’automne dernier le candidat de l’extrême droite Franck Allisio, déclarant que sa priorité était « les Marseillais du 9e au 13e arrondissement».

    1er secteur

    1er et 7e arrondissements

    Avec le maintien de Sébastien Barles pour le second tour, les équilibres politiques issus des urnes au soir du dimanche 15 mars ont de bonne chance d’être maintenus. Dans cette quadrangulaire, la maire sortante Sophie Camard (GRS) possède une très large avance avec 43,2% des voix, le double de Clémence Parodi candidate pour le RN (21,6%) qui la suit. Derrière, l’écologiste dissident Sébastien Barles sous les couleurs de LFI (18,6%) et le porte-parole (Ren.) de Martine Vassal, Romain Simmaran (13,9%) complètent l’affiche.

    2e secteur

    2e et 3e arrondissements

    Après avoir emporté ce secteur en 2014 en s’alliant à Lisette Narducci, la candidate de la droite Solange Biaggi (LR) n’a pas réussi à passer la barre des 10% pour se maintenir. C’est donc une triangulaire qui oppose le maire sortant Anthony Krehmeier (39,5%) au candidat LFI Alladine Abdallah Salim (27,6%) et à la responsable du RNJ Marie Bermejo (18,38%). Sans grosses réserves de voix, seul un changement dans la participation (59,8% d’abstention au premier tour) pourrait bousculer l’ordre d’arrivée.

    3e secteur

    4e et 5e arrondissements

    Après avoir arraché le secteur à la droite en 2020, le Printemps marseillais confirme son implantation dans le secteur : avec 38,9% des voix, le maire sortant Didier Jau (EELV) obtient presque deux fois de plus de suffrages que l’ancien responsable Reconquête dans la Drôme, Thomas Battesti (20,2%) pour cette quadrangulaire. L’ancien maire Bruno Gilles (Hor.) n’arrive que 3e (16,9%), à moins de 100 voix devant la candidate LFI Léa Bijaoui (16,6%) qui peut espérer le report des voix de Révolution permanente (7,3%). La scission du NPA, qui dit comprendre ceux qui feront le choix d’un vote RN, a apporté un soutien « critique et sans illusion » aux insoumis.

    4e secteur

    6e et 8e arrondissements

    Dans ce secteur où la participation est la plus élevée de toute la ville la maire sortante (MadMars) Olivia Fortin confirme son ancrage avec 36,6% des suffrages, faisant même progresser l’ensemble des voix de gauche. Elle peut compter sur les reports de voix de LFI qui reste juste en dessous la barre des 10%, de quoi lui offrir un boulevard de cette triangulaire qui l’oppose au co-responsable de l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan (32,2%), parmi les premiers ralliés au RN, et à la présidente LR du groupe d’opposition Catherine Pila qui résiste mais reste derrière avec 17,6% des voix.

    5e secteur

    9e et 10e arrondissements

    La droite vacille sérieusement dans son secteur d’élection, déjà passé à l’extrême droite lors des dernières législatives. La présidente de LR 13 Laure-Agnès Caradec n’y obtient que 16,5% des voix, mais se maintient. Si Eléonore Bez est loin en tête (44,9%), le candidat du Printemps marseillais Pierre Huguet (28,77%) peut compter sur un report des voix de LFI (8,1%) et surtout sur le soutien de l’ancien maire (Ren.) Lionel Royer-Perreaut, bien implanté sur le secteur, pour jouer la surprise.

    6e secteur

    11e et 12e arrondissements

    Dans son fief, le maire sortant (LR) Sylvain Souvestre réalise le meilleur score de la droite (23,47%), insuffisant cependant pour devancer le candidat Yannick Ohanessian (PS) (26,67%), encore moins pour menacer le délégué du RN pour Marseille Olivier Rioult loin devant (43,81%). À gauche, les 6% de LFI n’apportent que peu de réserves de voix.

    7e secteur

    13e et 14e arrondissements

    C’est dans ce secteur que se joue la plus grande bataille. D’abord par le symbole : il est le seul à avoir été dirigé par le FN, et la gauche s’était désistée en 2020 pour permettre à la droite de battre l’extrême droite. Ensuite par les enjeux : le plus grand secteur de la ville par la population illustre aussi les difficultés de Marseille en matière de logements et de transports. L’ex-maire FN Sandrine d’Angio est loin devant (39,8%) mais la candidate du Printemps marseillais Tina Biard-Sansonetti (26,4%) peut compter sur les reports de voix de l’insoumis Mohammed Bensaada (13,1%) qui s’est retiré, ainsi que de Nora Preziosi (5,6%). La maire sortante (DVD) Marion Bareille (12,1%) s’est maintenue. Reste l’inconnue de la participation.

    8e secteur

    15e et 16e arrondissements

    Dans le secteur où le candidat LFI Sébastien Delogu avait été élu dès le premier tour aux législatives grâce à l’union de la gauche, sa candidate Rabyata Boinaheri n’arrive qu’en 3e position avec 23,8% des voix. Dans son fief, Samia Ghali est bien en tête (37%), suivie par le RN (29,2%), quand la droite fait son plus bas score (5,2%). Reste à savoir comment pèsera la participation, la plus faible au premier tour de la toute la ville (38,6%).

  • L’OM doit tracer son chemin

    L’OM doit tracer son chemin

    Au moment d’aborder la réception de Lille, dimanche, Pierre-Emile Höjbjerg résume les enjeux du duel à venir : « Nous sommes revenus sur le bon chemin. Le moment est venu de garder cette sérénité… Faire en sorte que dimanche, cela tourne en notre faveur. » Celui qui a été promu capitaine par Habib Beye souligne l’apport de l’ancien défenseur sur le collectif olympien : « Il a pris les choses en main. Il a apporté sa vision du jeu et nous montre le chemin à suivre ! »

    L’OM, grâce à trois succès consécutifs (Lyon, Toulouse, Auxerre), chemine donc avec une certaine confiance. Après avoir montré sa capacité à renverser une situation qui semblait compromise. « Il y a trois semaines, à quinze minutes de la fin du match contre Lyon, nous étions à 8 points du podium. Aujourd’hui, nous y sommes, avec 2 points d’avance », relève le Danois.

    Cette inversion des courbes, les Marseillais ont su la provoquer. Malgré une désillusion en Coupe de France. Et la fronde des supporters qui leur a fait prendre conscience qu’une remise en question était vitale. Les Olympiens ont fait en sorte de reprendre le contrôle de leur destin sportif en Ligue 1. Il leur reste à présent à prolonger la dynamique.

    Pour y parvenir, Habib Beye a eu du temps. « J’ai eu dix jours pour préparer Lille », une aubaine pour lui. Et recevoir les Dogues, juste avant la trêve internationale, est vu comme une opportunité de passer deux semaines avec une avance encore plus confortable sur leurs poursuivants.

    L’ancien défenseur a mis à profit ce laps de temps inédit « pour établir un socle de travail athlétique et bien aborder le match de Lille qui doit servir d’élan pour la suite de la saison ». Il a rythmé ses séances en montant le régime au fur et à mesure qu’approche l’échéance lilloise. Avec un constat. « L’équipe renvoie une énergie positive, aidée par les résultats. »

    Quant au duel contre les Nordistes, il est qualifié de « primordial » par Pierre-Emile Höjbjerg. « Après notre série de trois victoires, il ressemble à un tournant, sans être pour autant décisif », admet Habib Beye.

    L’entraîneur reconnaît que « le match contre Lyon nous a permis de nous accrocher au bon wagon. Celui de Lille peut nous offrir l’occasion de créer une distance supplémentaire par rapport à nous poursuivants. Ainsi qu’entretenir notre confiance. » Pour l’entraîneur phocéen, ce qui va se passer dimanche, en fin d’après-midi au Vélodrome, « peut changer beaucoup de choses ».

    « Ce match ressemble à un tournant, sans être pour autant décisif »

  • La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    La Bourse du Travail, haut lieu de lutte et de paix

    Nous ne laisserons jamais déposséder l’UL CGT d’Arles de la Bourse du travail qu’elle occupe depuis 126 ans », assène Nathalie Bazire, secrétaire confédérale de la CGT lors de la conférence de presse, vendredi midi, à la Bourse du travail d’Arles. Les six unions départementales de la région, le comité régional et plusieurs syndicats CGT en lien avec le sujet de la défense ont participé à une journée d’étude sur la paix et le désarmement à la Bourse.

    Un lieu hautement symbolique. « Il faut bien comprendre la détermination de l’ensemble de la CGT à défendre cet outil de lutte qu’on occupe depuis 126 ans », explique Nicolas Bourcy, secrétaire de l’Union locale CGT d’Arles, au regard des menaces répétées du maire Patrick de Carolis (Horizons) d’expulser le syndicat pour y implanter de l’Office de tourisme.

    En réponse, la CGT a adressé début février un courrier au préfet de région, Jacques Witowski, pour y dénoncer « la volonté de Patrick de Carolis de réduire notre activité syndicale et d’invisibiliser la CGT » lorsqu’il propose « deux bureaux de 11m² chacun » en remplacement de la Bourse du travail. « Nous envoyons un message à Patrick de Carolis : il prendrait une lourde responsabilité à s’en prendre à l’une des dernières organisations en capacité de réunir autant de monde pour préserver la paix et la démocratie », complète Nathalie Bazire, « ce serait un signe énorme politiquement à l’encontre de l’organisation qui a la paix entre les peuples pour étendard ».

    Meeting régional

    pour la paix

    C’est en ce sens qu’à l’avant-veille du second tour des élections municipales, Nicolas Bourcy indique que « l’union locale CGT d’Arles, en toute indépendance politique mais non neutre, appelle à voter pour l’Union pour Arles, seule liste à défendre l’UL CGT dans son programme » pour conserver cet outil.

    Un outil qui a permis l’échange. Patrice Kantarjian, secrétaire régional de la CGT Paca, parle d’une « cinquantaine de conflits dans le monde », citant le ministre allemand appelant sa population à se préparer à la guerre, Emmanuel Macron « disant que les dividendes de la paix, c’était terminé » en 2025, ou le général Mandon pour qui la France devait « accepter de perdre ses enfants ».

    « La guerre est une perspective sérieuse, une opportunité économique pour le grand capital, dans une crise qu’il a du mal à dépasser autrement que par la guerre et le fascisme », analyse le syndicaliste, dans une « Région qui se positionne clairement pour ». Surtout au regard de Toulon défense event le 23 avril. « C’est la première fois qu’un général est recruté par France Travail pour aller chercher des jeunes pour les industries de l’armement et l’armée », remarque Nathalie Bazire, annonçant « une initiative régionale, sans doute sous la forme d’un meeting, pour que la voix des travailleurs s’exprime face à l’idéologie dominante de la guerre « inévitable et bénéfique» » qui se tiendrait à Toulon, le 23 avril.

    Dans les Bouches-du-Rhône, un premier rendez-vous pour la paix a lieu le 28 mars à 10h sous l’ombrière du Vieux-Port à Marseille à l’initiative de l’UD CGT 13 répondant à un appel confédéral.

  • « L’extrême droite n’a rien à voir avec le judaïsme »

    « L’extrême droite n’a rien à voir avec le judaïsme »

    Marseille n’est pas une ville comme une autre », c’est ainsi que Nicolas Vidal-Naquet débute son texte intitulé « Un juif avec Benoît Payan », et publié à quelques jours du second tour des municipales. 105e sur la liste de Benoît Payan, Nicolas Vidal-Naquet rappelle que l’histoire de Marseille est basée sur l’immigration.

    « Outre toutes les « communautés » issues du monde entier, il y a la deuxième “communauté” Juive de France », poursuit-il.

    Petit-fils de Margot et Lucien Vidal-Naquet déportés et assassinés à Auschwitz-Birkenau, il est l’auteur du roman Un secret d’Auschwitz publié en juin 2025 aux éditions Z4éditions. Il y raconte son histoire familiale marquée par la déportation de ses grands-parents paternels depuis Marseille par les nazis.

    Origines du RN

    Dans son texte, il rappelle les origines du parti d’extrême droite, le Rassemblement national : « Aujourd’hui, sur la liste du candidat d’extrême droite, se trouve un avocat qui se revendique comme juif. De nombreux juifs font campagne en sous-main ou ouvertement pour cette liste, notamment soi-disant car seul, en France, le parti d’extrême droite RN aurait soutenu l’État d’Israël après le 7 octobre. Cependant, ils ont probablement oublié, au mieux, que le RN est le successeur légal, juridique et en pensée du FN qui fut fondé avec Le Pen père par les Waffen-SS Léon Gaultier et Pierre Bousquet membres de la division Charlemagne de la Waffen-SS ainsi que par François Brigneau (de son vrai nom Emmanuel Allot) membre de la Milice française et Roland Gaucher vichyssois et militant d’extrême droite. »

    Nicolas Vidal-Naquet affirme que le « RN porte ce fardeau d’avoir été soutenu et d’être encore soutenu par des personnes aux idées similaires et il en reste le porte-drapeau. Ce n’est pas parce que son président, avec la petite fille de Le Pen, est allé à Yad Vashem qu’il se serait repenti comme le laissent entendre de nombreux juifs à Marseille ».

    Et de conclure : « En tant que Juif, membre de la liste de Benoît Payan, je ne peux imaginer que la mémoire de la Shoah ait été mise au rebut et remplacée par les horreurs des massacres du 7/10 par ceux des Juifs qui ont et vont voter pour l’extrême droite. L’extrême droite qui exclut, qui divise, qui attise la haine entre les personnes, n’a rien à voir avec le judaïsme. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » est-il écrit dans la Torah. Seule aujourd’hui la liste de Benoît Payan peut permettre d’apaiser la plus belle ville de France. »

    « Le RN est
    le successeur légal du front national »

  • À Cogolin, l’extrême droite toujours debout malgré la fin de l’ère Lansade

    À Cogolin, l’extrême droite toujours debout malgré la fin de l’ère Lansade

    Aux mains de Marc-Etienne Lansade entre 2014 et 2025, jusqu’à sa condamnation à 5 ans inéligibilité en juillet, Cogolin bascule. Au premier tour, trois des quatre listes d’extrême droite – record en France -, menées par des (ex) proches de l’ancien maire, dont celle de sa successeuse Christiane Lardat n’ont pas franchi les 10%. La quatrième, menée par le RN Philippe Vallet, 3e du scrutin (18,76%), se retire et fusionne partiellement (trois candidats) avec celle de Pierre-Yves Tierce (Union des droites), qu’il justifie par ce qu’il considère comme un « flou entretenu entre la droite et la gauche » par la liste d’Isabelle Farnet-Risso (DVD), en tête au premier tour (33,88%, contre 29,2 pour Tierce).

    De quoi mettre à mal les déclarations de Pierre-Yves Tierce, prétendant n’avoir « aucun logo de parti ». Michael Rigaud, colistier d’Isabelle Farnet-Risso, affirme également que ce dernier, avec qui il avait échangé en décembre, avait demandé l’investiture du RN, accusant par ailleurs « Messieurs Tierce et Vallet d’avoir dilué les voix avec un accord de retrait au deuxième tour en cas de triangulaire pour avoir une chance de battre Isabelle Farnet-Risso. »

    Cette dernière, conseillère municipale d’opposition particulièrement active depuis 2020 face au clan Lansade, revendique « une liste apolitique, composée de personnes de toute tendance et opinion, unis par une conviction simple : “servir et ne pas se servir.” ».

  • Les lycéens sont aux manettes dans la lutte

    Les lycéens sont aux manettes dans la lutte

    Depuis maintenant deux semaines, des lycées du département sont en lutte contre la baisse des moyens annoncée par le rectorat. Alors qu’une journée de grève a réuni les personnels éducatifs et les élèves, mardi 17 mars à Marseille, des lycées étaient de nouveau bloqués, ce jeudi 19 mars. Les lycéens de Saint-Charles (1er), Victor-Hugo (3e), Montgrand (6e), Périer (8e), Rempart (7e), Nelson-Mandela (12e), mais aussi de Mendès-France à Vitrolles, ont tenu des blocus dès le matin. La preuve selon Adèle, du Mouvement national lycéen (MNL) et élève de première, que « les lycéens aussi savent s’organiser pour défendre leurs droits ».

    S’organiser pour mieux lutter

    Le MNL est un syndicat lycéen « écologiste, féministe, antifasciste, anticapitaliste et révolutionnaire », qui vise à « organiser la réflexion, l’information et l’action dans les établissements scolaires », explique Adèle. À Marseille, il regroupe une cinquantaine d’adhérents. Mobilisé depuis le début du mouvement le 5 mars, le MNL « organise ou soutient les blocus lycéens, sensibilise les élèves aux revendications, maintient le lien entre les lycéens et les professeurs en lutte », continue l’élève.

    Interrogée sur les méthodes d’action du syndicat, Adèle justifie : « Le blocus est le principal moyen pour nous de se faire entendre. » Elle reconnaît cependant « des divergences entre les élèves » sur la poursuite de cette stratégie, qui « impacte les conditions d’étude ».

    « On va rien lâcher »

    Le MNL se dit « content de la mobilisation qui se met en place, et optimiste quant à la suite », bien que de la « frustration » soit ressentie « face au manque de réponses obtenues de la part du rectorat et à la répression qui s’intensifie contre les élèves ». À ce jour, six lycéens mineurs ont été interpellés en marge des blocus et placés en garde à vue. Trois d’entre eux, présents sur le blocage du lycée Victor-Hugo lundi 16 mars, ont effectué 48h de garde à vue avant d’être déférés devant le juge des enfants qui leur a enjoint des mesures éducatives judiciaires provisoires. Ils étaient mis en cause pour « violences en réunion sans incapacité » et « dissimulation volontaire de visage en manifestation sur la voie publique », indique le parquet de Marseille. Le rectorat ne souhaite pas commenter du fait de « la période de réserve » des élections municipales.

    L’annonce de la réduction des dotations horaires globales (DHG) dans de nombreux lycées de l’académie a déclenché le mouvement de protestation début mars. Ces enveloppes budgétaires sont déterminantes par exemple pour le maintien des options, des spécialités, ou le dédoublement des classes. Dans un communiqué, les personnels des établissements mobilisés, réunis en AG le 10 mars, indiquent que la baisse des moyens va provoquer la perte de « 40 postes dans le secondaire et 36 dans le premier degré », dans l’académie. Une nouvelle journée de grève a été annoncée par les syndicats le 26 mars, à l’échelle nationale cette fois-ci. « D’ici là, on va rien lâcher », avertit Adèle.

  • Baumettes : un surveillant faisait passer des sacs

    Baumettes : un surveillant faisait passer des sacs

    Un surveillant pénitentiaire a été condamné vendredi à Marseille pour corruption passive et violation du secret professionnel à trois ans de prison dont deux avec sursis. Il effectuera la partie ferme sous bracelet électronique. Il est interdit définitivement d’exercer toute fonction publique et il est privé durant cinq ans de ces droits civils et civiques.

    Romuald, 30 ans, affecté aux Baumettes en 2017 à sa sortie de l’École nationale de l’administration pénitentiaire, avait été pris en flagrant délit en août 2022 introduisant un sac d’objets et de denrées pour des détenus. L’information judiciaire a établi qu’il touchait 150 euros par sac et qu’il a également monnayé la fiche pénale de deux membres du narcobanditisme pour 200 euros chacune. Après 4 mois de détention provisoire, il a été libéré sous caution en décembre dernier.

    « Frérot, c’est bon »

    Des soupçons se portaient depuis quelque temps sur lui. Il avait fait l’objet de deux signalements de sa hiérarchie. Il ne mettait jamais de procédures disciplinaires et était souvent en retard à sa prise de poste, une tactique pour accélérer le contrôle d’entrée. Ce 2 août 2025, le surveillant entrait avec un sac contenant des lotions capillaires, des paquets de bonbons Haribo, du charbon à chicha, de la vodka, sept brosses à dents, du déodorant, sac qu’il abandonnait dans une poubelle du rez-de-chaussée du quartier pour hommes. Il a reconnu le faire à raison de « deux à trois fois par semaine » pour 150 euros par passage. Il dit n’avoir pas rentré de téléphones portables. « J’ai refusé car ça sonne au portique » ni de stupéfiants. Un ancien détenu entendu au cours de l’instruction l’accable au contraire disant qu’il était « plus connu qu’une pute du Jarret. Il faisait rentrer du shit à gogo. »

    De ses commanditaires, le prévenu n’a rien dit. « Je ne souhaite identifier personne par peur de représailles », a-t-il déclaré au juge d’instruction, expliquant que des individus se seraient présentés devant la crèche et l’école de la Cayolle de ses trois enfants, menaçant de s’en prendre à sa famille. « Je n’avais pas le choix. Ça a été l’erreur de ma vie de ne pas parler par peur des représailles », a-t-il dit. « C’est paradoxal car vous savez dire non pour les téléphones. Pourquoi n’avoir pas demandé à être extrait des Baumettes alors ? Ce n’est pas plutôt vos problèmes financiers ? », a insisté la présidente Joncoux qui ajoutait : « Ça parait antinomique d’avoir été payé sous la menace » et c’est guère compatible avec la familiarité d’une conversation sur WhatsApp avec un commanditaire : « Frérot, c’est bon, j’ai un petit contretemps. »

    La transmission de fiches pénales est l’aspect le plus dérangeant et sensible du dossier. Dans l’enquête sur un règlement de comptes commis le 22 août 2021 à la cité de la Marine Bleue (14e) qui a fait deux morts, les enquêteurs ont retrouvé dans la boîte à gants du véhicule d’un suspect deux fiches pénales, la photo d’un narcotrafiquant qui d’ailleurs vivait en concubinage avec une surveillante de Tarascon, mais aussi le planning de travail de l’agent corrompu.

    Ce dernier avait accès au fichier Génésis pour constituer le dossier des détenus arrivants. « J’ai juste transmis par peur. C’était pour 200 euros. Je n’ai pas réfléchi aux enjeux liés à ces fiches », a-t-il dit. « Mais enfin des fiches pénales ! Les conséquences peuvent être funestes. Vous ne vous rendez pas compte de la gravité de les transmettre à ces gens-là dans le contexte marseillais de guerre entre clans ?! Le premier intérêt d’une fiche pénale, c’est la date de libération », lui a lancé le procureur qui exclut la thèse de la menace et qui rappelle qu’une fois connue d’un rival, la date de sortie d’un détenu laisse le temps au clan adverse de préparer un règlement de comptes.

    David Coquille

    « Des fiches pénales ! Les conséquences peuvent être funestes. »

  • À Cavaillon, le RN tape à la porte face à la droite sortante et la gauche maintenue

    À Cavaillon, le RN tape à la porte face à la droite sortante et la gauche maintenue

    Une triangulaire où le maire sortant, Gérard Daudet (DVD, 38,16%) devra rattraper cinq points sur la députée RN, Bénédicte Auzanot en tête (43,91%). Loin derrière, Patrick Blanès (PS) pour l’union de la gauche s’est maintenu (17,93%). Et ce malgré les différents appels et pressions à se retirer de la part même du PS, Génération.s et LFI qui enjoignent jusqu’à voter Gérard Daudet. Le sénateur PS Lucien Stanzione (lire page 17) demande, lui, de ne pas présenter de bulletins.

    La liste de gauche baptisée L’Elan citoyen a pourtant décidé à l’unanimité des colistiers, dont le PCF, de se maintenir. « Parce que notre liste est la seule liste de gauche face à deux listes de droite portant des programmes similaires, réagissent les colistiers. Ce maintien est incontournable pour reconstruire une gauche invisible à Cavaillon depuis 25 ans. Il est aussi primordial de faire preuve de courage et refuser l’injonction qui nous a été faite de nous retirer et de laisser la place. » Difficile de mesurer dans ce contexte l’issue du scrutin, entre sursaut citoyen ou pas et cas de conscience à gauche : voter pour ses idées ou contre un parti honni.

  • À Avignon, rassemblée, la gauche peut espérer

    À Avignon, rassemblée, la gauche peut espérer

    La semaine dernière, nous notions que David Fournier devra déjouer les statistiques. Car au cours des quatre dernières décennies, chaque maire nouvellement élu à Avignon était issu d’un bord politique différent du sortant. Ce dimanche, l’actuel adjoint de la maire Cécile Helle (PS) – qui ne se représente pas après deux mandats -, a un fort espoir de faire mentir l’histoire politique. Arrivé 3e au premier tour (19,89%), il a devancé de seulement 234 voix, l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) avec qui il a fusionné sa liste à l’issue d’une nuit blanche d’échanges, lundi matin. Devant, Olivier Galzi (DVD) a fait la course en tête (27,04%), suivi par le RN d’Anne-Sophie Rigault (25,52%). Plus loin derrière, pas en position de se maintenir, Stéphan Fiori (DVD, 7,39%) et Stéphane Geslin (Parti des travailleurs, 1,14%) ont fermé la marche.

    Mais le vrai vainqueur de ce 1er tour reste l’abstention, largement majoritaire (52,34%). Avec de fortes disparités. En centre-ville, là où Olivier Galzi a souvent fait le plein, on atteint par exemple 64% de participation avec 40% des suffrages pour le candidat de droite à l’école Bouquerie. À l’inverse, dans les quartiers populaires, les urnes ont été boudées avec certains bureaux à plus de 70% d’abstention. Comme aux Olivades, où le cumul gauche arrive à 60%. Le regain citoyen attendu sera une des clés d’un scrutin qui s’annonce malgré tout indécis. Dès dimanche, chaque candidat annonçait partir à la quête aux abstentionnistes, réservoir de voix bien plus important que les 7% d’électeurs de Stéphan Fiori et les 310 voix de Stéphane Geslin.

    Alliance « de la honte » vs « justice sociale »

    « Aux urnes citoyens », tel est également le message d’Olivier Galzi qui a paraphrasé et chanté, jeudi soir devant l’Hôtel de ville, l’hymne national. L’ex-journaliste TV a, dans cet entre-deux tours, misé sur un rejet de l’alliance « de la honte » PS-LFI qu’il n’a eu de cesse de dénoncer avec force, caricature et parfois « propos diffamatoires » selon David Fournier et Mathilde Louvain. Côté RN, Anne-Sophie Rigault est restée dans son couloir, renvoyant la gauche et Olivier Galzi, « un Macron local », dos-à-dos.

    À gauche, l’union est apparue comme une évidence tant par l’étiage similaire du 1er tour que par les personnalités non clivantes des deux têtes de listes. « On a fait ce que nous devions faire en tant que leaders responsables, c’est-à-dire l’union des gauches », assume David Fournier qui a reçu l’aval national du PS bien que ce dernier récusait tout accord PS-LFI à l’échelle du pays. Notons déjà qu’en cas de victoire, les 9 élus possibles issus des insoumis ont annoncé vouloir faire un pas de côté en créant un groupe autonome, sans revendiquer de délégations, mais promettant « loyauté » tant que le cap du programme est maintenu. Un projet de « justice sociale » martelé encore toute la semaine.

    Reste à voir comment cette addition se traduira dans les urnes. Bien souvent, arithmétique ne rime pas totalement avec politique. Surtout, comme l’espère Olivier Galzi, si des électeurs du RN préfèrent finalement tabler sur un vote utile à droite en choisissant le candidat le mieux placé pour l’emporter au détriment de leur favorite initiale. Une chose est sûre, « ce dimanche, Avignon sera scruté », conclut Olivier Galzi.