Author: tecnavia

  • Le Festival de Quatuors à cordes fête ses 50 ans

    Le Festival de Quatuors à cordes fête ses 50 ans

    Au total, 13 concerts, 46 interprètes et 10 prestigieux quatuors venus d’Italie, de France et d’Autriche, se succèdent en Vaucluse pour marquer cet anniversaire. Avec la thématique « Remonter le temps de 50 ans en 50 ans », les spectateurs voyagent de 2025 jusqu’aux origines du quatuor à cordes, né en 1775, en passant par Mozart, Beethoven, Brahms, Ravel et bien d’autres.

    Pour ouvrir ce deuxième et dernier week-end, le Quatuor Van Kuijk, déjà salué sur les plus grandes scènes internationales, interprétera Mozart et Mendelsshohn ce samedi 23 au soir, à l’abbaye Silvacane de la Roque d’Anthéron.

    Dimanche, l’église Saint-Sébastien de Goult accueille le Quatuor Métamorphoses, avec l’intensité spirituelle des Sept dernières paroles du Christ en croix de Haydn. Le Festival s’achèvera le 31 août à Cabrières d’Avignon où le Quatuor Diotima proposera un programme audacieux, allant de la compositrice contemporaine Misato Mochizuki à Ravel. Entre ces dates, les formations Modigliani et Hernani viendront, elles aussi, rappeler la richesse de la musique de chambre, un genre qui n’a cessé de se réinventer au fil des siècles. La première semaine de concerts a été un succès, selon, Isabelle Roz, chargée de la communication du festival. « Cela s’est très bien passé. On a eu de beaux concerts. Pour cette deuxième semaine, on a encore des lieux et des quatuors à découvrir. » confie-t-elle.

    Création contemporaine

    Depuis 10 ans, le Festival reste fidèle à sa mission de création contemporaine. Cette année, c’est au tour de Corentin Apparailly d’être mis en lumière avec une création pour piano et cordes, rendant hommage aux musiciens du Titanic et à leur ultime morceau joué dans la nuit du naufrage : « Nearer, My God, to Thee ».

    Le 29 août, à l’église Saint-Vincent de Cabrières d’Avignon, le Festival saluera la mémoire du compositeur Bruno Ducol, disparu en janvier 2024 avec un quatuor vocal composé de Laura Holm, Jonas Vitaud, Matthieu Marie et Arnaud Lassus. Ils interpréteront les créations de Bruno Ducol aux côtés de Debussy, Schubert ou encore Liszt.

  • Incendie dans l’Aude : le défi de la reconstruction

    Incendie dans l’Aude : le défi de la reconstruction

    Il va probablement falloir attendre plusieurs semaines avant que le feu ne soit définitivement considéré comme éteint », affirmait au matin du 18 août la secrétaire générale de la préfecture de l’Aude, Lucie Roesch. Selon elle, plus de 300 pompiers étaient toujours présents à La Ribaute en ce début de semaine pour intervenir sur des réactivations du feu « presque quotidiennes ».

    Pour rappel, un immense incendie s’est déclaré le 5 août aux alentours de 16h15, entre les communes de Lagrasse et de la Ribaute, au cœur du massif des Corbières. Les flammes ont ravagé quelque 17 000 hectares de territoire entre le 5 et le 9 août, dont environ 4 100 hectares de garrigue, 2 200 hectares de cultures et au moins 36 habitations. Le bilan humain du drame est tout aussi important : une personne est décédée dans l’incendie de sa maison et une autre est toujours en urgence absolue, tandis que l’on déplore aussi de nombreux blessés légers, dont une vingtaine de pompiers. Un pompier qui avait initialement été déclaré en urgence absolue serait cependant tiré d’affaire, selon la préfecture de l’Aude.

    « Du côté des services de l’État, nous continuons dans un premier temps d’accompagner les collectivités pour le rétablissement des réseaux d’électricité et de communication, explique Lucie Rosech. Mais pour l’instant, nous sommes toujours dans la gestion directe de l’événement  : le 17 août encore, il y a eu une reprise importante à Jonquières.  » La fonctionnaire précise que les estimations des dégâts matériels sur le terrain ne peuvent donc pas encore être exhaustives et qu’il faut aider les sinistrés en priorité.

    « Il y a, bien sûr, une nécessité de recenser tous les dégâts, poursuit-elle. Ce travail est entamé dans un premier temps par les sapeurs-pompiers. Mais derrière, il y aura un recensement plus exhaustif par les communes de l’endommagement des voiries, des espaces forestiers, etc. Différents dispositifs vont alors pouvoir s’enclencher. De façon immédiate par exemple : l’État va actionner un outil de prise en charge des frais que les communes avancent pour le relogement des personnes qui ont perdu leur maison. » Restera ensuite à entamer le chantier titanesque de la reconstruction du territoire. Selon la secrétaire générale de la préfecture, 90% des dégâts sont de nature forestière : « Il faut alors répondre à de nombreuses questions : Qu’est-ce qu’on reconstruit ? Qu’est-ce qu’on replante ? Qui finance ? »

    Un plan national pour l’Occitanie ?

    De son côté, la présidente (PS) du conseil régional d’Occitanie, Carole Delga, s’est rendue une première fois sur le terrain le 14 août, à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, où elle a participé à une réunion avec la ministre de l’Agriculture Annie Genevard, des élus locaux et des vignerons. À cette occasion, la socialiste a lancé un appel au président de la République pour amorcer « un grand plan national d’investissements Occitanie Résiliente », qui reconnaîtrait la spécificité du territoire régional face aux effets du changement climatique. Face à la ministre de l’Agriculture, Carole Delga a également plaidé pour que l’État simplifie la construction de retenues collinaires : « Notre région doit faire l’objet d’un traitement exceptionnel du fait de sa situation exceptionnelle, car nous sommes la région la plus exposée aux risques climatiques. » Jeudi 21 août, l’élue s’est de nouveau rendue sur la commune de Coustouge, aux côtés d’Hélène Sandragné, présidente du Département et de Sébastien Pla, sénateur, afin d’animer, entre autres, une réunion de travail avec les maires des communes sinistrées par les incendies.

    Une solidarité immédiate

    « Dès les premières heures, nous avons constaté un grand élan de solidarité sur le territoire, se remémore Lucie Roesch. Je pilotais la cellule de crise et sur tout le territoire, des personnes se sont mobilisées pour ravitailler les pompiers et aider les naufragées sur les routes. Depuis, cet élan ne s’est plus arrêté. »

    La solidarité sur le territoire a aussi pris la forme d’initiatives institutionnelles. Éric Ménassi, maire PS de la commune de Trèbes et président de l’Association des maires de l’Aude (AMA), explique : « Il y a trois canaux différents de solidarité. Le premier est destiné aux pompiers et il est mis en place par l’Union départementale des pompiers de l’Aude. Le second est destiné à aider les sinistrés : il est porté par l’association Aude Solidarité. Enfin, avec l’Association des maires de l’Aude et avec le soutien de l’Association des maires de France (AMF), nous avons mis en place un fonds de solidarité dédié aux communes sinistrées. » Grâce à ce fonds, l’AMA espère apporter un soutien financier aux communes concernant les frais qui sortent des cas prévus par le droit commun, tels que les dépenses de nourriture pour les pompiers ou les dépenses logistiques. « Aujourd’hui, on dépasse les 26 000 euros de dons de particuliers et on estime à environ 100 000 euros les promesses de dons des différentes collectivités », ajoute Éric Ménassi.

    Comme beaucoup d’élus locaux, le maire de Trèbes se souvient des inondations qui avaient ravagé le département de l’Aude en 2018. « Dans ces moments graves, nous devons d’abord passer par une phase de constat, qui est celle que nous traversons maintenant. Le territoire est quasiment défiguré. Mais demain, notre rôle d’élu sera de s’organiser pour rendre le territoire plus résilient face aux conséquences du changement climatique. »

    Une enquête ouverte

    Pour ce qui concerne la détermination des causes de l’incendie dévastateur, une enquête a été ouverte dès le 6 août. Selon un communiqué du procureur de la République, l’ampleur de l’événement a conduit à ce que le parquet de Carcassonne, initialement compétent, se dessaisisse de l’affaire dès le 9 août au profit du pôle régional de l’environnement du parquet de Montpellier. Le ministère public indique également qu’au fur et à mesure des investigations des gendarmes et des services spécialisés, « il est apparu que cet incendie avait une cause anthropique, toute cause naturelle étant exclue ». Un collège de deux juges d’instruction a été saisi. Et si des investigations complémentaires sont évidemment nécessaires, les experts estiment déjà que l’incendie « pourrait avoir une cause criminelle résultant d’un acte volontaire ».

  • Un avenir incertain pour les vignerons

    Un avenir incertain pour les vignerons

    Ces vignes ont été plantées par mon père et mon grand-père. Tout est parti en fumée », déplore Baptiste Cabal, viticulteur du Cellier des demoiselles à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse. Son domaine a été l’un des plus touchés par le drame, avec 300 hectares de vignes brûlés et 90% de la propriété détruite. Au total, 1 100 hectares de vignes ont été dévastés par les incendies d’après le Syndicat des vignerons de l’Aude. « On se demande réellement si on va vendanger et utiliser les récoltes », indique Franck Saillan, son secrétaire général. « Avec les restes de fumée et de produit retardant, le vin risque d’être invendable ».

    Un coupe-feu végétal qui coûte cher

    Pendant la catastrophe, les vignes ont servi de pare-feu naturel, ralentissant les flammes pour protéger les habitations. Pourtant, les campagnes d’arrachage subventionnées par l’État ces dernières années pour éviter la surproduction due à la baisse de consommation de vin, produisent l’effet inverse. « Les dégâts humains et matériels sont essentiellement dus à la perte de surface viticole. On arrache du naturel pour laisser un bidon d’essence », estime Franck Saillan.

    Pour compenser les pertes économiques, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a annoncé, jeudi 14 août lors de sa visite dans l’Aude, le déblocage d’un fonds d’urgence de huit millions d’euros pour les agriculteurs sinistrés, complété d’une exonération fiscale et d’une avance jusqu’à 10 000 euros par producteur. Une solution qui, d’après Franck Saillan, ne sera suffisante qu’à court terme. « Il y a longtemps qu’on tire la sonnette d’alarme. L’incendie n’a surpris personne. Toutes ces vignes arrachées sont la conséquence d’une économie qui ne suit pas. Il faut se servir de ce drame pour prendre le problème à bras-le-corps ».

    Accès à l’eau, diversification de la production et compensation financière face aux handicaps naturels, les viticulteurs de l’Aude attendent un plan d’action sur le long terme. « Le département est habitué aux catastrophes comme celles-ci. Je pense notamment aux inondations de 2018, qui avaient débouché sur la mise en place d’alertes  », se souvient Franck Saillan. « J’ai espoir qu’on trouve des solutions pour maintenir les paysages comme on les connaît aujourd’hui ». « Il faut un projet fort », reprend Baptiste Cabal. « Le feu a coûté entre 80 et 100 millions d’euros à l’État. Si on nous en donnait une partie, on pourrait initier des changements pour l’avenir ».

    « Un laboratoire du réchauffement climatique »

    Lors de sa visite, la ministre de l’Agriculture a dit vouloir faire du département un « laboratoire du réchauffement climatique ». Présente également, la présidente de la Région Occitanie Carole Delga a appelé Emmanuel Macron à lancer un « un plan Marshall d’envergure ». « Nous sommes la région la plus exposée aux risques climatiques. L’État doit reconnaître sa spécificité à travers une adaptation réglementaire ».

    Pour l’heure, l’Association audoise des agriculteurs sinistrés appelle aux dons sur helloasso.com.

  • Il restaure et recrée des véhicules d’avant-guerre

    Il restaure et recrée des véhicules d’avant-guerre

    Comme tout garagiste en service, Nicolas Bourianne vous accueille en serrant le poignet, histoire d’éviter de noircir les mains de cambouis. Mais son atelier, « Revival Engineering », à la sortie nord de Malaucène, est plutôt discret. Ici, on n’amène pas sa voiture, pour une révision classique, que l’on récupère quelques heures plus tard. D’ailleurs, Nicolas Bourianne préfère le terme d’atelier de restauration. « Garagiste, je l’associe aux voitures modernes, ici on ne fait que des modèles d’avant guerre », expose le patron, ingénieur mécanicien.

    Un secteur de niche, réservé à des passionnés – très – fortunés, qui traduit cependant un savoir-faire local. Si en Vaucluse, deux autres ateliers sont aussi dans les modèles anciens, Nicolas Bourianne est le seul à proposer l’entretien mais aussi et surtout la restauration et reconstruction de véhicules de prestige. « On fait de l’avant-guerre car ce sont les autos qui nous plaisent. Les voitures plus modernes, les youngtimer [précollection], tout le monde le fait », fait valoir ce passionné de 43 ans, dont le fils de 14 ans commence déjà à bricoler des motos. Un début d’atavisme familial alors que Nicolas Bourianne n’a jamais baigné dans le milieu : « J’ai eu la chance de découvrir ma passion, personne dans ma famille n’a de voitures de collections ».

    Une Delage championne du monde 1927 sur l’établi

    Originaire de Séguret, il a d’abord eu son atelier à Sarrians avant de déménager, il y a 3 ans, à Malaucène. Difficile de déambuler dans son atelier sans risquer de croiser François, allongé sous une Bugatti en cours de restauration, de manquer de se taper le pied sur une imposante roue ou de passer à côté d’un moteur recrée installé sur une bande de démarrage. « La Buggati bleue de 1928, là? C’est de la restauration, il y avait le châssis, l’essieu, le pont, la boîte, le moteur », illustre Nicolas Bourianne. Parfois, il faut partir d’une feuille blanche pour une construction, avec le bureau d’études au sein de l’atelier. « On dessine et reconstruit les pièces, on possède un département moteur, chaudronnerie… tout ce qu’il faut pour être au maximum autonome », résume l’ingénieur mécanicien.

    Sa clientèle est très large et internationale. États-Unis, Nouvelle-Zélande et même la présidence du Portugal. « On a restauré une Panhard et Levassor. L’an dernier pour les 100 ans de l’automobile club du Portugal, j’ai été le chauffeur du président dans les rues de Lisbonne », confie Nicolas Bourianne. Mais le projet phare, qui l’occupe depuis plusieurs années, c’est une Delage 15 S8 de Grand Prix, dont il est impératif d’avoir achevé la reconstruction en 2027, afin de marquer le centenaire de la victoire de cette voiture au championnat du monde des manufacturiers, compétition prémices de la F1. « C’est un projet complètement démentiel parce que la voiture a été détruite, des collectionneurs ont récupéré quelques morceaux. On a eu la chance de s’appuyer sur une base photos de la Delage numéro 1 pour recréer de toutes pièces la Delage de 1927 », s’enthousiasme l’ingénieur.

    « On se demande à l’époque comment ils arrivaient à fabriquer certaines pièces sans la technologie d’aujourd’hui, qu’on a du mal à refaire », constate-t-il. Manière d’aborder le savoir faire mécanique particulier, aucun diplôme n’existant en la matière. «Ce n’est pas parce qu’on a été mécanicien de course au Mans qu’on s’y connaît : il faut un bagage théorique important, avoir vu des lignes de fabrication, connaître l’usinage, la thermodynamique, la mécanique des fluides…», expose l’ingénieur « Mais le critère le plus important, c’est la passion. Tous les matins, j’ai l’impression d’être en congés », conclut-il.

    « Le critère le plus important, c’est la passion »

  • « Le seul tribute Queen où il y a autant de voix »

    « Le seul tribute Queen où il y a autant de voix »

    La bande, qui s’est construite il y a près de dix ans et composée de six membres : Nico chanteur lead, Fred claviériste, Ollie, chanteuse, Gilles guitariste, Serge, bassiste et Jems, batteur, reprend, lors de spectacles très rock les morceaux cultes du groupe de Freddie Mercury.

    La Marseillaise : Quel show allez-vous nous présenter ce soir ?

    Tribute Queen : C’est un show de deux heures basé sur des lives. Le principe n’est pas de ressembler à Queen dans l’attitude, mais en revanche, on s’est énormément appuyés sur le travail instrumental. On est tous chanteurs et on a basé et on a chacun travaillé nos instruments en fonction de la structure des lives qu’on a écouté. Il y a un travail énorme de Fred qui a travaillé tous les sons de fonds. On est le seul tribute Queen où il y a autant de voix. Il y a des morceaux que l’on fait sur scène que d’autres ne font pas.

    Pourquoi un hommage à Queen ?

    T.Q : Au départ on s’appelait Happy Hand parce qu’on était cinq. De là, on a intégré des morceaux de Queen à notre répertoire et un jour on nous a dit de tenter un Tribute, c’est ce qu’on a fait et ça a de suite marché. On se connaît depuis plus de dix ans pour certains.

    Le journal défend une vision populaire, engagée de la culture. Est-ce une vision que vous défendez dans votre musique ?

    T.Q : La musique doit rester populaire, doit être une valeur d’échange. Le but, c’est donner tout simplement. Notre vision est apolitique, populaire, et basée sur le partage. On fait de la musique pour les gens. On est orientés partage ! On est là pour que les gens vivent avec nous le Tribute.

    Est-ce que Queen, groupe formé en 70, a toujours autant de succès de nos jours ?

    T.Q : Oui ! Surtout depuis la sortie du film. Les jeunes dans la foule continuent de connaître les paroles par cœur. Ils connaissent. On peut expliquer ça par sa virtuosité, qui traverse le temps, qui a réussi à mêler les styles, les gens. L’univers de Queen est tellement vaste. Il y a des slows, du rock, des musiques plus dansantes, personne ne peut prétendre ne pas aimer Queen si elle n’a pas tout écouté. C’est ça, qui rassemble. Et puis les parents sont fans, transmettent Queen à leurs enfants. Leur musique a aussi touché pas mal de secteurs. Leur musique « Another One Bites the Dust » est une musique qui passait beaucoup à l’époque en boîte, ou « We are the Champions » qui a été vachement diffusée en Ligue des Champions, qui a touché le foot et actuellement « Don’t Stop Me Now » qui est incluse dans un spot publicitaire. C’est une musique très vaste et donc, fédératrice. Aujourd’hui, on segmente les musiques dans des communautés, mais celle-ci est le contraire.

  • La Poudrerie : de friche industrielle à joyau écologique

    La Poudrerie : de friche industrielle à joyau écologique

    Les aiguilles de l’horloge qui surplombe le portail d’entrée du Parc de la Poudrerie sont arrêtées sur 16h50. « Ça correspond à l’heure de l’explosion qui a ôté la vie à 53 personnes en 1936 », explique Fabien Serinian, responsable du lieu. Le site de 136 hectares à cheval sur les communes de Miramas et Saint-Chamas renferme les vestiges d’un passé historique foisonnant.

    C’est en 1680 que les premiers bâtiments de la fabrique de poudre d’explosifs royale sont édifiés. « Les intendants de Louis XIV ont trouvé que l’endroit était adapté, en raison de sa proximité avec l’étang de Berre, de sa géographie encaissée sous les falaises, des nombreuses sources d’eau qui le traversent et de sa végétation qui permettait d’éviter l’espionnage industriel et de limiter le choc des éventuelles déflagrations », poursuit l’agent municipal. Une ressource indispensable pour nettoyer les infrastructures et faire tourner les 24 moulins à roues à augets servant à broyer le charbon, le salpêtre et le souffre.

    Au départ, la manufacture n’occupe que 2,5ha pour atteindre, à la veille de la seconde guerre mondiale, plus de 1305 hectares. On y dénombre alors 250 bâtiments. Environ 4 000 personnes y travaillent, dont un millier d’Indochinois enrôlé de force.

    En 1974, après 300 ans d’existence, le plus ancien pôle industriel de l’étang de Berre ferme définitivement ses portes. Aujourd’hui demeure la tour de garde creusée dans la colline de safre qui surplombe la zone de fabrication où trois moulins à poudre noire ont été restaurés, un séchoir et les étangs du directeur remis en eau en 2024. « Vingt ans après sa fermeture, la friche industrielle a été vendue par l’armée au Conservatoire du littoral », raconte Fabien Serinian. Décontaminé, démantelé puis inoccupé pendant près de 30 ans, le site s’est mué en parc naturel protégé dans lequel se sont installées 130 espèces d’oiseaux et plus de 600 plantes.
    « Cette année, on a eu la naissance de deux cigogneaux », confie le responsable en passant devant le nid.

    Du côté de l’entrée de Saint-Chamas, une flore typique des zones humides côtoie une cinquantaine d’essences exotiques ramenées des colonies au milieu du XIXe siècle par les directeurs successifs de la Poudrerie. « Vous allez voir, après quelques minutes de marches on arrive en Louisiane », prévient l’agent municipal. Chose promise, chose due : quelques centaines de mètres plus loin, l’ensoleillement et l’humidité due au réseau de canaux ont favorisé la formation d’une forêt hygrophile unique en Provence composée de cyprès chauves, arbres emblématiques de l’État américain. En remontant du côté de Miramas le Vieux, le milieu s’ouvre. Thym, romarins et oliviers se partagent la colline exposée au vent, typique de la région méditerranéenne. Au Parc de la Poudrerie, cinq kilomètres sont l’équivalent d’un voyage.

  • Pierre Brandon, l’esprit de Résistance

    Pierre Brandon, l’esprit de Résistance

    Pierre Brandon, né à Tunis en juin 1915, avocat, résistant communiste, responsable du Front national de lutte pour la Libération de la France a eu mille vies.

    Certains l’ont rencontré avec ses camarades des brigades internationales de la guerre d’Espagne photographiant pour un journal des visages douloureux du camp de concentration d’Argelès, d’autres l’ont connu chef cuisinier d’un grand restaurant, coiffé d’une toque blanche, d’autres encore sont venus déposer des armes ou retirer des tracts et des armes à son épicerie, curieusement située en face du Palais de Justice de Toulouse et qui n’était qu’un important relais patriotique ; quelques-uns ont travaillé avec lui, lorsqu’il était docker à Bordeaux, ou comptable aux abattoirs ; il a manié la truelle sur des chantiers du bâtiment de Haute-Garonne et la mitrailleuse du résistant dans le Sud de la France. Nommé « Balzac » dans la clandestinité, responsable du Front national de lutte pour la Libération de la France, Pierre Brandon en est le représentant au Comité interdépartemental institué par le Gouvernement provisoire à la Libération. Redevenu avocat après la guerre, il est resté fidèle à ses convictions jusqu’à la fin de sa vie, en 2003.

    C’est à lui que l’on doit la création de La Marseillaise mais aussi le journal de la Résistance de Martigues, Le Patriote Martiguais, une publication disparue après la guerre mais aussi du Patriote Niçois, devenu depuis sa création l’hebdomadaire des Alpes-Maritimes, Le Patriote Côte d’Azur.

    À la recherche d’un moyen d’impression en 1943, c’est lui qui parvient à convaincre un imprimeur aixois, Eugène Tournel par l’entremise du Dr Paul Paret, médecin communiste qui avait fourni un faux certificat pour que le fils Tournel échappe au STO.

    Fin 1943, le premier numéro clandestin de La Marseillaise sort dans la nuit brune de l’occupation nazie, rue Bédarrides à Aix-en-Provence.

    Pierre Brandon rapporte dans ses mémoires la sensation qu’il a ressenti en tant cette toute première Marseillaise entre ses mains : « La voilà, je m’arrête de penser, de respirer, d’écrire. Je ne suis que joie, joie, joie ! Je la tiens avec amour, gratitude et fierté. C’est ma Marseillaise ! J’imagine un agent de la Gestapo à Marseille. Crevant de rage et de trouble à l’idée de ce que ses chefs vont lui dire. Et la gueule du préfet de Pétain ? Il me semble que désormais j’aurais moins peur de mourir entre leurs mains. Je me dirai : les salauds, je leur ai foutu La Marseillaise dans la gueule ».

    « Les salauds,
    je leur ai foutu La Marseillaise dans
    la gueule »

  • Les panneaux solaires du dépôt de la Rose alimenteront le métro

    Les panneaux solaires du dépôt de la Rose alimenteront le métro

    Directement du producteur au consommateur. Au premier semestre 2026, la RTM doit lancer le chantier pour la couverture de son nouveau dépôt de bus à la Rose, dans le 13e arrondissement de Marseille, par des panneaux photovoltaïques. Le chantier, qui doit s’achever avant la fin de l’année prochaine, permettra d’alimenter directement en électricité le métro marseillais.

    De 2015 à 2020, la régie des transports avait déjà créé le nouveau bâtiment d’exploitation, d’une capacité de 225 places, avant de réhabiliter jusqu’en 2021 l’atelier de maintenance. Alors que la flotte de bus doit progressivement basculer vers l’électrique, des travaux d’adaptation ont également été réalisés. Non sans heurts. Fin avril, la préfecture enjoignait la RTM de renforcer la sécurité incendie du site.

    Désormais, la régie arrive à la dernière étape de cet immense chantier qui était budgété pour 15 millions d’euros. Ce jeudi, elle a ainsi déposé une demande d’autorisation pour couvrir le toit d’ombrières photovoltaïques, placées entre 7 et 11 mètres de hauteur. Au total, 7 546 panneaux solaires doivent être installés, sur une superficie de 18 000 mètres carrés pour une puissance de 3,7 millions de watts crête. Un chantier en huit phases, pour maintenir l’activité du dépôt pendant les travaux. « L’énergie produite sera réinjectée sur l’alimentation nécessaire au fonctionnement du réseau, permettant ainsi de réaliser l’autoconsommation d’une production estimée à 5,3 MWh/an », explique la RTM. Soit 7% de la consommation électrique actuelle du métro.

  • Retrouver le chemin du progrès

    Retrouver le chemin du progrès

    La rentrée sociale et politique s’annonce explosive alors que François Bayrou et les composantes du « socle commun », minoritaire à l’Assemblée nationale, cherchent à faire passer un budget prévoyant près de 44 milliards d’euros de coupes.

    Quelle est leur feuille de route ? Infliger recul social sur recul social, serrer la vis des dépenses publiques pour toujours mieux préserver la poignée de possédants qui s’est enrichie à une vitesse exponentielle depuis la première élection d’Emmanuel Macron.

    Budget inacceptable

    Inacceptable pour la majorité des Français. C’est dans ce contexte que s’organise confusément la riposte. L’intersyndicale se retrouve le 1er septembre pour examiner la situation. L’appel informel à « tout bloquer » le 10 septembre est désormais soutenu par toutes les composantes de
    la gauche politique.
    La perspective
    d’une censure du gouvernement se rapproche…

    En tout état de cause, il faudra un rapport de force construit dans la durée pour imposer de nouveaux choix au sommet de l’État. Et pour mettre l’extrême droite face à son imposture : elle qui prétend défendre les intérêts populaires n’a toujours pas annoncé qu’elle censurerait le budget Bayrou.

    Elle constitue une impasse pour toutes celles et ceux qui cherchent un nouveau chemin de progrès.

    L’histoire de notre pays, qu’une stèle de la honte tente de falsifier à Saint-Raphaël, nous enseigne que ce sont dans les pires situations que les plus grandes avancées peuvent être arrachées.
    À condition de courage et d’opiniâtreté.

  • L’arc progressiste fait front contre l’imposture historique

    L’arc progressiste fait front contre l’imposture historique

    Face au coup politique du maire LR de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier, l’indignation dépasse largement la seule sphère communiste. Dans le camp progressiste la condamnation comme on l’a vu tout au long de la semaine est unanime. Personne n’est dupe des réelles motivations de l’édile très droitier qui a parrainé Marine Le Pen en février 2022 à l’élection présidentielle. « Sans la soutenir », se défendait-il aussitôt.

    « Nous ne pouvons pas accepter la réécriture de l’histoire et le parallèle fait par cette municipalité », souligne sans détour Michel Albenga, pour la fédération varoise du Parti socialiste. Pour le responsable politique, il est « impossible d’oublier tous ceux qui partageant cet idéal, qui se voulait universel et libérateur, ont payé de leur vie le combat contre le nazisme ». Et de poursuivre : « Nous ne pouvons oublier que le Parti communiste français et ses militantes et militants ont participé activement à la résistance intérieure pendant la Seconde Guerre mondiale. » Des propos sans équivoque suivi d’un appel à la mobilisation pour rappeler aussi à tous ceux qui cultivent l’amnésie collective « l’apport du PCF après la Libération ; notamment dans le cadre du Conseil national de la Résistance, et les progrès sociaux qui s’en sont suivis pour les citoyennes et citoyens de notre pays ». Tout est dit. Et pas par des communistes, cette fois.

    Le président de la Ligue des droits de l’homme de la section de Toulon-La Seyne, Roland Biache, met tout aussi clairement les points sur les « i ». Et précise : « Autant une journée contre les totalitarismes, tous confondus, ne pose pas de problème majeur, autant aborder la question du communisme ici, en occultant complètement la dimension de la résistance communiste, est une insulte à l’Histoire, une façon de la réécrire qui est scandaleuse. ». Et ce d’autant plus, insiste-t-il, que « cela rajoute un facteur de division dans notre société déjà un peu fracturée, alors qu’il faut refaire du lien. » Pour le militant associatif, « il y a suffisamment de dangers ! »

    Et de poursuivre : « Il oublie la collaboration des bons français avec les nazis, ça n’a pas de sens sur le plan historique, je le répète. Et c’est même une malhonnêteté intellectuelle, une falsification de l’histoire. » Il ne s’agit pas pour autant, pour la LDH, d’oublier ce qui s’est passé au Goulag. « Mais faire l’amalgame avec ce qui se passe en France et viser les communistes français, c’est aller au-devant du Rassemblement national et des idées d’extrême droite », prévient-il.

    Même son de cloche avec Daniel Saadoun (Les Écologistes) pour qui « tout cela est complètement aberrant, surtout à Saint-Raphaël ». « Ça dénote une méconnaissance totale de la situation locale puisqu’ici nombre de rues portent le nom de résistants communistes qui se sont battus pour la libération de la ville », s’insurge-t-il.

    Sur la forme, pour Emmanuelle Cocusse (Les Écologistes) élue d’opposition à Saint-Raphaël, c’est aussi grave. Avec « un manque total de respect de l’institution, c’est-à-dire du conseil municipal » : « Il va nous demander de voter à 11h30 la délibération portant sur la stèle qui sera déposée à 18h ; les journalistes et polémistes de CNews, qu’il présente comme des historiens, seront déjà en route » ; s’indigne-t-elle.

    Stéphane Sacco, le coordinateur régional de gauche républicaine et socialiste, résume : « Encore une fois la droite montre sa capacité à faire de l’œil à l’électorat du RN. Le maire de Saint-Raphaël bafoue les valeurs républicaines élémentaires et le respect des opinions politiques de chacun. Cela nous laisse présager du niveau des campagnes pour les municipales 2026. » En effet.