Author: tecnavia

  • L’État reprend le contrôle de l’usine Fibre Excellence de Tarascon

    L’État reprend le contrôle de l’usine Fibre Excellence de Tarascon

    Exit les liquidateurs. L’Ademe, Agence publique de la transition écologique, prend le contrôle. « La situation n’a que trop duré, a estimé Mathieu Lefèvre, ministre délégué en charge de la Transition écologique. Depuis des semaines, l’incurie des liquidateurs fait obstacle à la mise en œuvre des arrêtés de mesures d’urgence puis de mise en demeure et de réquisition. »

    Le ministère a annoncé, vendredi 18 septembre, reprendre en main la mise en sécurité de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence Provence, en cessation d’activité, pour pallier « l’incurie et les mises en danger réitérées de l’environnement » du liquidateur judiciaire. Le ministre délégué a donné, jeudi 17 septembre au soir, son accord au préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, pour que l’Ademe « conduise la réalisation des opérations de mise en sécurité du site afin de protéger les populations et l’environnement ».

    Deux arrêtés qui valent leur pesant d’or

    Mieux, avec cette « urgence impérieuse » confiée à l’Ademe, « le montant de la facture sera adressé aux liquidateurs », a précisé Mathieu Lefèvre. Dans la foulée, le préfet a en effet pris, ce vendredi, deux arrêtés à l’encontre de la SELARL BDR & associés. Le premier est un arrêté « de consignation de 3 500 000 euros relatif à la remise en place de la capacité de traitement des effluents aqueux et de la défense incendie ». Le second porte sur la « consignation de 4 888 100 euros relative à l’évacuation des produits dangereux présents sur le site ».

    En déplacement à Velaux, ce vendredi, le ministre délégué a déclaré : « On fait face à un repreneur qui ne respecte pas une obligation, qui est dans une situation de délinquance environnementale malgré les mises en demeure et les injonctions du préfet, qui a d’ailleurs gagné devant le tribunal administratif de Marseille. Le rôle de l’état face à une crise majeure, est évidemment de pouvoir intervenir. » Il a précisé également le mode opérationnel retenu pour le pilotage de la mise en sécurité du site par l’établissement public : « Des opérations de gardiennage et de surveillance du site, des opérations de mise en sécurité s’agissant de la prévention incendie et de mise en sécurité s’agissant du stockage de l’eau en redémarrant pour éviter une éventuelle pollution du Rhône. »

    Décidément inébranlables dans leur volonté de « dépecer l’outil industriel », comme l’avait dénoncé la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, lors de sa visite sur le site jeudi 17 septembre, les liquidateurs ont annoncé « prendre acte » de la décision du ministre dans un long communiqué. Tout en « refusant d’endosser les contradictions de l’état ». Touchés une nouvelle fois au portefeuille, ils ont assuré sans ciller « poursuivre pour leur part la mission qui leur avait été confiée par le tribunal de commerce de Toulouse ». Le gouvernement saura apprécier.

  • Dans le Gard, Charles Ménard (LFI) est décédé

    Dans le Gard, Charles Ménard (LFI) est décédé

    C’est une figure de la gauche gardoise et opposant historique aux idées d’extrême droite qui s’est éteint vendredi 18 septembre. Coiffé de son habituel chapeau, Charles Ménard était l’une des figures les plus connues de la France insoumise (LFI) dans le département.

    Ce proche de Jean-Luc Mélenchon s’était en effet présenté aux élections municipales de 2020 comme tête de liste face au Rassemblement National à Beaucaire. En 2022, il était également candidat aux élections législatives sur la première circonscription du Gard. Une candidature qu’il avait à nouveau portée en 2024 sous les couleurs du Nouveau Front populaire, battu au second tour par le député sortant Yoann Gillet (RN, 45,78 % des voix). Pendant plusieurs mois, une rumeur sur une candidature à Nîmes pour les élections municipales de 2026 courait mais il avait finalement renoncé.

    « Infatigable militant des causes justes, tu manqueras à l’intérêt général », a sobrement réagi Nicolas Pellegrini, militant LFI dans le Gard. « Charles était, depuis plusieurs décennies, un militant de gauche sincère et dévoué qui a joué un rôle important dans le département », lui a de son côté rendu hommage Jacques Chabalier, secrétaire de la section PCF à Nîmes.

  • À Tarascon, l’Etat reprend la main sur Fibre Excellence face à « l’incurie » du liquidateur

    À Tarascon, l’Etat reprend la main sur Fibre Excellence face à « l’incurie » du liquidateur

    « La situation n’a que trop duré. Depuis des semaines, l’incurie des liquidateurs fait obstacle à la mise en œuvre des arrêtés de mesures d’urgence puis de mise en demeure et de réquisition.» a estimé Mathieu Lefèvre, le ministre de la transition énergétique. « Devant l’incurie et les mises en danger réitérées de l’environnement du fait du liquidateur, l’Etat se substitue, de manière exceptionnelle et déterminée », annonce ce vendredi 18 août le ministre délégué chargé de la transition écologique. Une intervention qui arrive au lendemain de la reprise en main de l’outil industriel par les anciens salariés pour remettre en état de fonctionnement les pompes et la station dépuration afin d’assurer la mise en sécurité de l’usine. Il a donné vendredi soir son accord au préfet des Bouches-du-Rhône pour que l’Ademe conduise, en vertu d’une situation d’urgence impérieuse, la réalisation d’opérations de mise en sécurité, afin de protéger les populations, et l’environnement. « Le préfet des Bouches-du-Rhône prendra ainsi dans la foulée un arrêté préfectoral de travaux d’office confiant à l’Ademe ces opérations et sollicitant une intervention au plus vite ».

    Une visite conjointe de l’inspection des installations classées et de l’Ademe a été réalisée le 15 septembre. À cette occasion, « il a été constaté la présence de bois, de produits dangereux et de déchets répartis sur l’ensemble du site, dont des déchets dangereux liquides, majoritairement composés de liqueurs. Cette situation appelle, en particulier, la remise en service rapide du réseau de lutte contre les incendies.» a précisé le ministère.

  • Sénatoriales : un soutien volatile divise la droite vauclusienne

    Sénatoriales : un soutien volatile divise la droite vauclusienne

    Si on est loin d’un bouillant contexte des municipales d’il y a six mois, la campagne des sénatoriales apporte tout de même son lot de crispations. À droite surtout, où les deux principaux camps espèrent rallier à leur cause a minima 300 des 1 300 grands électeurs pour glaner un des trois sièges du palais du Luxembourg.

    D’un côté, la liste de Jean-Baptiste Blanc (LR) secondé par Dominique Santoni, présidente LR du Département. De l’autre, celle d’Anaïs Hausmann, nouvelle venue sur le terrain politique dans le sillage du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD). Cette dernière se prévaut du soutien d’Hervé Marseille. Dans une vidéo, aux côtés de l’adjointe et compagne du maire, le sénateur UDI et président du groupe union centriste salue « une candidate indépendante aux valeurs qui me sont chères ». Le sénateur reprend le credo d’Olivier Galzi, qui a lancé il y a une semaine son mouvement, Le bon sens des territoires, et plaide pour « plus de compétences pour les territoires ».

    Un soutien en forme de « grosse surprise », apprécie-t-on dans l’entourage d’Anaïs Hausmann. Car Hervé Marseille avait cosigné, en août, une lettre de soutien à Jean-Baptiste Blanc au nom de la majorité sénatoriale. Raillée en Vaucluse pour son manque d’implantation, Anaïs Hausmann montre là sa ressource nationale. « Ça bouge pas une voix », cingle-t-on dans la majorité départementale. Quant à Jean-Baptiste Blanc, las, il constate « une incohérence des propos dans le discours du Bon sens des territoires, qui ne veut pas des partis mais, à Paris, se précipite derrière ».

  • Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    « Nous pensons que c’est important de peser sur la rentrée », explique Nathalie Argenson. Alors que se profile la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), cette représentante de la CGT du CHU de Nîmes dénonce les économies annoncées (l’Assurance maladie propose de réaliser 3,9 milliards d’économies pour l’année 2027) sur « un budget qui a déjà été contraint les précédentes années. (…) Alors que nos hôpitaux, nos Ehpad, le secteur du handicap, le social et le médico-social sont déjà à bout, on nous demande encore de faire des économies », dénonce-t-elle.

    « Le gouvernement veut faire payer davantage les patients, augmenter les franchises médicales et les participations forfaitaires, remettre en cause les droits liés aux affections de longue durée, limiter les arrêts maladie, réduire les droits des personnes en situation de handicap et supprimer des postes dans la fonction publique. Toujours la même logique : faire payer ceux qui ont le moins et demander toujours plus d’efforts aux salariés et aux patients », s’indigne la cégétiste sous les applaudissements. « Nous refusons cette logique et nous refusons l’idée selon laquelle il n’y aurait pas d’argent. L’année dernière, quand Madame Vautrin a changé de ministère, bizarrement elle a trouvé 7 milliards pour aller faire la guerre », ironise-t-elle.

    Au CHU de Montpellier, Philippe Engelmann, infirmier aux urgences psychiatriques et militant CGT, témoigne d’un « été caniculaire et catastrophique, avec des conditions de travail affreuses pour les collègues et des conditions de prise en charge terribles pour les patients. On a mis des couvertures de survie dans certaines chambres pour essayer de gratter un ou deux degrés », rapporte-t-il. L’installation électrique ne permettant pas d’utiliser suffisamment de climatiseurs mobiles, « pour un service de 20 lits, on devait choisir les 8 chambres où on pouvait en installer, donc trier les patients ». Comme Nathalie Argenson, il dénonce l’obsession du gouvernement de faire toujours plus d’économies sur la santé, « alors que le travail nous casse de plus en plus : syndromes du canal carpien, hernies discales, cervicalgies, burnouts : on en entend tous les jours. Et que fait le gouvernement ? Il plafonne les arrêts maladie à un mois, il dérembourse certains médicaments, il diminue le taux de remboursement des transports sanitaires… »

    Antoine Feletti, de SUD Santé sociaux, évoque, lui, « 15% de baisse de budget annoncée pour 2026 » dans le secteur social, à Montpellier. Avec des conséquences qui se font déjà sentir : fermeture du service de Gammes destiné aux moins de 25 ans à la rue, fermeture, au 30 septembre, du centre d’hébergement d’urgence à la nuitée de Coallia, menace sur le Planning familial de l’Hérault…

    Pour les syndicats, ce rassemblement constituait une étape avant la mobilisation du 29 septembre dans la fonction publique. « La question est la suivante : quelles sont nos priorités ? Nous faisons le choix de la santé, de la solidarité et des services publics », résume Nathalie Argenson.

  • [Entretien] Carole Delga : « Il faut une nouvelle politique de “l’attention” »

    [Entretien] Carole Delga : « Il faut une nouvelle politique de “l’attention” »

    Bram accueille samedi 19 septembre, la 6e édition des Rencontres de la gauche initiées par Carole Delga. L’élue socialiste, présidente de la Région Occitanie, y convie militants de tous horizons, personnalités de toutes disciplines, élus locaux, nationaux et européens. Une édition particulière comme elle l’explique à La Marseillaise dans cet entretien exclusif.

    La Marseillaise : Avant les rencontres de Bram, vous avez dit : «À 200 jours du premier tour de l’élection présidentielle, notre responsabilité collective est immense. » Au regard du nombre des candidatures à gauche, comment proposer un grand projet progressiste qui permette à la gauche de l’emporter ?

    Carole Delga : La France est un peuple politique, mais sur le terrain les Français n’ont franchement pas encore la tête à la présidentielle, préoccupés par la rentrée, le prix de l’essence et les difficultés à la fin du mois. Donc il est toujours temps de débattre à gauche et dans l’immédiat pour ma famille politique, ses militants, ses sympathisants de désigner notre candidat. J’appelle d’ailleurs tous les citoyens intéressés, particulièrement celles et ceux qui ont pu s’éloigner de la politique ces dernières années, à s’inscrire sur la plateforme Choisir 2027 avant le 5 octobre. D’autres partis ne prennent pas cette peine, sans aucun processus démocratique. Nous, même si j’ai conscience que rien n’est parfait, nous débattons. Et nous choisirons dans 20 jours celui ou celle qui, au lendemain de la primaire, devra rassembler le plus largement possible.

    Après bientôt 10 ans de présidence Macron qui ont tant abîmé notre société, je suis convaincue que les Français n’ont jamais eu autant besoin de la gauche. Et pour moi, celui qui a le projet le plus crédible, à la fois pour redresser la France, pour porter sa voix à l’international et battre le RN, c’est Raphaël Glucksmann.

    Bram est à la fois un moment convivial et de débats. Est-ce que justement ce n’est pas ce qui fait défaut à la gauche, ces temps de débats sur le fond ?

    C.D. : Dans l’histoire de la gauche, il y a toujours eu des débats engagés, parfois vifs, et tant mieux. Hélas, ces dernières années, le débat d’idées a trop souvent laissé sa place à la politique du spectacle, aux petites phrases médiocres, parfois aux invectives, à des mises en scène désastreuses sur les réseaux sociaux. C’est la triste représentation de responsables politiques qui ne parlent plus qu’à eux-mêmes. C’est cruel, mais c’est ce que j’entends tous les jours sur le terrain. C’est aussi pour cela que j’ai voulu lancer les Rencontres de la gauche, à Bram. Parce que nous avons besoin de parler à tous les Français. Je suis fière d’amener ces débats de fond dans un petit village, loin de Paris, et de permettre aux gens d’ici de débattre de l’avenir de la France avec des personnalités reconnues au niveau national.

    À Bram, on ne donne pas de grandes leçons. On construit ensemble. C’est comme ça qu’avec ma majorité à la Région, socialistes, communistes, radicaux, écologistes, place publique, citoyens, on propose depuis 10 ans, avec travail et humilité, des solutions pour les Occitans et les Catalans.

    La Nupes puis le NFP ont permis de susciter l’espoir à gauche et d’obtenir un nombre conséquent de députés. Le refus de tout accord électoral de Raphaël Glucksmann -que vous soutenez- avec Jean-Luc Mélenchon et LFI n’hypothèque-t-il pas les chances de la gauche aux législatives qui suivront la présidentielle ?

    C.D. : Ma conviction, c’est que ce type d’accord, en vérité plus technique que politique, ne fonctionne pas bien longtemps. Certes, cela permet à certains de sauver quelques circonscriptions. Mais à terme, on ne construit pas son parcours politique avec des alliances contre nature. Nous l’avons vu dans de nombreuses villes, lors des élections municipales. Pour ma part, je n’ai jamais transigé et je ne transigerai jamais. Il faut une rupture claire avec la direction de LFI, sans quoi nous perdons notre raison d’être. Le populisme, c’est non. Le communautarisme, c’est non. Les dérives antisémites, jamais de la vie. Sans clarté, comment voulez-vous que les gens nous fassent confiance ? La moindre des choses, quand on s’engage en politique et qu’on sollicite la confiance de nos compatriotes, c’est d’être sincère et cohérent.

    Nous célébrons les 90 ans du Front populaire. À l’époque, les gauches avaient d’énormes différents, des conceptions très clivantes. Mais face à la montée du fascisme, ces formations ont su s’unir. Ne peut on pas en tirer des leçons pour aujourd’hui quand les extrêmes droites menacent ?

    C.D. : L’an prochain, ce n’est pas une élection présidentielle comme les autres. Nous sommes à un moment de bascule pour la France et l’Europe. Dans ce monde dangereux, avec les bouleversements internationaux et la multiplication des conflits, l’urgence climatique qui nous prend à la gorge et le déclassement qui mine notre pays, les Français sont inquiets et parfois découragés. Les populistes, et en particulier l’extrême droite, sont les champions pour profiter de ces peurs et de ces colères. Et je le dis à tous ceux qui seraient tentés : le projet du RN est mortifère. Un programme de haine contre l’étranger, contre l’immigré, contre la femme voilée. Un programme qui s’assied sur la Justice et l’État de droit. Un programme qui nous mettrait au ban de l’Europe. Cela ajouterait du chaos au chaos. Mais je garde une conviction profonde, de mon expérience des dernières campagnes que j’ai gagnées largement contre le RN : on ne combat pas Marine Le Pen avec des tambouilles électorales. On la combat avec une candidature crédible, un récit positif et des solutions apportées aux Français.

    Vous avez consacré un ouvrage à Léon Blum intitulé « Quand Vichy jugeait le Front populaire ». C’est un des visages, si ce n’est l’incarnation du Front populaire. C’est un parcours qui vous inspire humainement et donc politiquement ?

    C.D. : Humainement et politiquement, ça a été toujours pour moi un repère, un exemple. Léon Blum, c’est la droiture d’un véritable homme d’État, pétri de courage, d’humilité, de sincérité et de volonté. Il était à la fois intellectuel et proche du peuple, aussi à l’aise dans les cercles littéraires parisiens que dans les vignes de sa circonscription à Narbonne.

    Blum est resté debout alors qu’il était une cible : tant pour sa politique de justice sociale qui a transformé le pays que parce qu’il était juif. J’ai voulu raconter le procès de Riom. Un procès fait non seulement à un homme, mais au Front populaire et surtout à la République que le régime de Vichy et les nazis voulaient abattre. En somme, un procès contre la démocratie et la souveraineté du peuple. C’est un moment décisif de notre histoire que doivent connaître les nouvelles générations.

    À travers le procès de Riom, j’ai voulu raconter la victoire de la conviction, de la force des faits face à l’injustice. C’est un formidable message d’espoir, la vérité peut triompher.

    Vous vous êtes engagée, avec votre majorité du conseil régional d’Occitanie, pour l’industrie et notamment pour que l’usine Fibre Excellence continue son activité en portant un projet de reprise. En quoi ce combat est essentiel ?

    C.D. : Fibre Excellence, c’est le dernier fabricant de pâte à papier en France. Concrètement, il produit de l’emballage papier – une alternative incontournable à l’emballage plastique – et aussi du matériel sanitaire – nous avons vu pendant le Covid combien il était primordial d’avoir une production française . C’est un combat à la fois économique, social et écologique, pour ne pas dépendre à 100 % des importations nord-américaines, chinoises ou brésiliennes.

    C’est aussi un combat politique que je mène face à ceux qui, parfois obnubilés par la start-up nation, délaissent la France des usines, des ouvriers, des territoires. Fibre Excellence, ce sont des salariés avec un savoir-faire unique. J’ai défendu jusqu’au bout auprès du tribunal la solution des deux sites. Aujourd’hui je pense aux salariés de Tarascon qui ont perdu leur emploi. On ne les laissera pas tomber : pour garantir la sécurité du site, pour empêcher son démantèlement et proposer un nouveau projet avec la Région Sud.

    À Saint-Gaudens, 270 salariés attendent toujours d’être fixés sur leur sort depuis plusieurs mois. Avec mes équipes, nous travaillons d’arrache-pied pour trouver des industriels en capacité de bâtir un modèle économique robuste. Les deux investisseurs intéressés doivent maintenant finaliser leur projet de reprise. Nous avons jusqu’au mois de décembre pour convaincre le tribunal de commerce.

    Les actions du conseil régional que vous présidez sont importantes pour la vie quotidienne des habitants. Les Régions ne devraient-elles pas avoir encore plus de leviers budgétaires ? Une fiscalité « de combat » ? Faut-il une nouvelle étape dans la décentralisation ?

    C.D. : Je suis convaincue qu’il faut renforcer les pouvoirs locaux et laisser l’État se concentrer sur le régalien. Les Français aussi, puisqu’ils sont 75% à demander plus de prérogatives pour les Régions. Ils sont même 2 sur 3 à être favorables au fédéralisme. Pourtant, Emmanuel Macron a clairement mené, avec mépris, une politique de recentralisation ces dix dernières années. Il a sciemment asséché les budgets des collectivités, et en particulier des Régions. En 2026, l’État les a ponctionnées d’un milliard d’euros. Je refuse la logique qui affaiblit les échelons de proximité, alors même qu’ils portent majoritairement l’investissement public et des politiques utiles au quotidien : école, transports, santé, etc.

    Demain, si on veut retisser du lien social et territorial, il faudra engager un nouvel acte de décentralisation, fondé sur une répartition claire des compétences, la confiance et l’efficacité de l’action publique. C’est une réponse nécessaire au sentiment d’abandon que ressent une partie de la population qui doit s’accompagner par une nouvelle politique de l’attention que je présenterai, dans le cadre des Rencontres de la Gauche, demain à Bram.

    Les Rencontres de la gauche 2026 : information et inscription sur caroledelga.fr

  • La Fête de l’Humanité : luttes, joie et débats pour le Syndicat des avocats de France (SAF)

    La Fête de l’Humanité : luttes, joie et débats pour le Syndicat des avocats de France (SAF)

    Par le SAF Marseille

    Chaque semaine, retrouvez « Robes noires », une chronique dédiée au monde de la justice, proposée par des avocats du SAF, issus des barreaux d’Aix-en-Provence, de Marseille et de Montpellier.

    Ce week-end se tenait en région parisienne l’historique rassemblement du Parti communiste français : la Fête de l’Humanité, ou « Fête de l’Huma » pour les intimes. Ces 91 dernières années, ce rassemblement s’est élargi aux associations, syndicats et autres partis politiques de gauche. Le Syndicat des avocats de France (SAF) est un habitué de la « Fête de l’Huma », où il tient régulièrement un stand depuis plusieurs années. En 2023, le Syndicat de la magistrature (SM) a lui aussi fait son entrée, marquant sa toute première participation à la grande messe de la gauche. Les deux syndicats ont depuis scellé leur alliance en partageant un stand commun, transformant leur QG en lieu de débats sur de nombreux sujets touchant à la justice, l’accès au droit, ou encore la répression judiciaire des militants. Sur les trois jours de cette fête, les bénévoles du stand commun du SAF / SM ont organisé plusieurs tables rondes et moments festifs pour les militant.es et curieux.ses s’intéressant à ces sujets.

    Un prisme international

    Un prisme international a été choisi en évoquant d’abord les évolutions des droits des personnes étrangères en 2027, ainsi qu’une table ronde sur la justice internationale sous pression politique, questionnant l’avenir du droit international notamment face à des États faisant fi des normes internationales.

    La politique pénale nationale n’a pas été laissée de côté, des experts ont exposé l’impact de la récemment créée amende forfaitaire délictuelle, dont l’application par la police municipale « surpénalise » la jeunesse racisée. Des chercheurs et avocats ont pu partager leurs constats face à une jeunesse endettée pour des infractions mineures, et les modalités de lutte face à ce phénomène inquiétant.

    Les questions de justice climatique ont également été centrales et notamment la question de la criminalisation de la défense de l’environnement. Cette table ronde a permis de revenir sur certains procès récents de militants écologistes dans le cadre d’actions de lutte menées pour la défense de l’environnement.

    Les violences sexistes et sexuelles, sujet brûlant et remis à la Une depuis l’affaire Lyhanna, ont également été évoquées avec des professionnels et professionnelles du secteur afin d’identifier comment améliorer la réponse pénale face à ce phénomène de société massif, tout en partageant un prisme anti-carcéral à la lumière d’une surpopulation croissante dans nos prisons. Le stand SAF / SM a également su partager de la joie et des rires en invitant une fanfare pour enjoindre les militants à danser en fin de journée, ainsi qu’un humoriste de stand-up et plusieurs DJs pour clôturer ces denses journées d’échanges. La lutte, oui, mais avec de la joie toujours !

    Une question ? Besoin d’un conseil ? Contactez nos chroniqueurs par mail avocats@lamarseillaise.fr

  • Des pistes en Occitanie face à la crise du climat

    Des pistes en Occitanie face à la crise du climat

    Le changement climatique pourrait amputer le produit intérieur brut (PIB) de 3,6% en 2050 en cas d’inaction climatique, selon une note du ministère français de l’Économie présentée vendredi 11 septembre par le ministre Roland Lescure.

    « En l’absence de mesures supplémentaires d’adaptation au dérèglement climatique et de mesures de réduction des rejets de gaz à effet de serre, le changement climatique pourrait aussi par conséquent dégrader le déficit public, de 1,8 point de PIB en 2050 », précise ce document de la Direction générale du Trésor, présenté par le ministre lors d’un séminaire consacré à ce sujet. L’impact financier commence à faire réagir l’exécutif, sur le papier. L’aveu fait dans ce rapport est frappant : « La littérature académique suggère que les solutions d’adaptation mises en œuvre jusqu’à présent auraient permis d’éviter jusqu’à la moitié des coûts liés aux dommages climatiques sur l’activité. » Mais les pistes esquissées par cette note du Trésor sont quasi inexistantes, hormis des exemples d’investissements privés. Un peu court pour élaborer une stratégie.

    Dans les communes, notamment du Gard et de l’Hérault, les mesures sont prises en particulier pour prévenir et se prémunir des phénomènes méditerranéens, ces pluies diluviennes qui pourraient déferler cet automne. À Montpellier, les jours d’inondations ou d’incendies, tous les acteurs sont réunis en cellule de crise qui sera centralisée dans le futur hôtel des sécurités. Il ouvrira dans le quartier Celleneuve début 2029.

    Mais gérer l’urgence ne suffira pas. À Nîmes, la nouvelle majorité de gauche conduite par le maire Vincent Bouget, veut désormais agir sur la ville elle-même : parcours fraîcheur entre fontaines et points d’eau, voiles d’ombrage, permis de végétaliser renforcé, cours d’école désimperméabilisées et végétalisées. À noter que 1,78 million d’euros ont déjà été engagés cette année pour le confort thermique des écoles (lire page 7). Dans le Gard Cévenol, les plus anciens se souviennent notamment des inondations de 1958.

    L’importance des barrages

    À l’époque le Gardon, le Vidourle et la Cèze, en crue, provoquèrent d’importants dégâts sur 45 communes, tuant plus de 30 personnes. Pour les trois barrages situés sur le Vidourle, c’est aussi 600 000 euros d’entretien chaque année à débourser. Ces barrages, dont deux sont écrêteurs de crue, permettent chacun de retenir 10 millions de mètres cubes d’eau. Pourtant, leur impact est limité. « Si l’orage est un kilomètre après le barrage, ça ne sert à rien », prévient Jacques Dautheville, maire de Conqueyrac et ancien vice-président de l’Établissement public territorial de bassin (EPTB) du Vidourle. L’élu a surtout constaté qu’en 2002, les deux barrages situés sur sa commune n’avaient pas empêché l’importante crue de toucher sa mairie, qui s’était retrouvée sous 1,5 mètre d’eau. (lire page 7).

    La prévention des pluies et des inondations fait l’objet d’une campagne nationale qui concerne 15 départements du pourtour méditerranéen, dont le Gard et l’Hérault. Au total, les inondations menacent 9 millions d’habitants sur le pourtour méditerranéen, en particulier en automne. Après les canicules hors normes de l’été, les épisodes orageux de grande ampleur sont attendus. Appelés phénomènes cévenols, ces intempéries sont désormais qualifiées de phénomènes méditerranéens car il concerne les régions Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur et Corse.

    Or, le coût des inondations est considérable et pourrait augmenter à l’avenir, d’où l’importance d’anticiper au maximum les éventuels facteurs de risque. Sur le pourtour méditerranéen, entre 1995 et 2022, 75 % des communes ont connu des sinistres indemnisés par les assureurs au titre du régime des catastrophes naturelles pour l’inondation ; 5 communes du département des Alpes-Maritimes ont été reconnues plus de 30 fois entre 1982 et 2025 ; 12 communes du pourtour méditerranéen ont un coût cumulé des sinistres causés par des inondations supérieur à 100 millions d’euros entre 1995 et 2022.

    Les collectivités dans le Gard et dans l’Hérault se mobilisent également via des politiques telles que le développement des transports en commun. C’est le cas à l’échelle de la Région Occitanie qui mise sur le déploiement du service public ferroviaire et d’une tarification incitative. À Montpellier la gratuité des transports sur l’ensemble des communes de la métropole a fait décoller la fréquentation des tramways et des bus. Autant d’actions de fond pour faire baisser les émissions. de gaz à effet de serre.

    Paradoxalement, le cycle de l’eau est devenu « plus irrégulier et imprévisible », avertit l’ONU, soulignant que « les cours d’eau du monde entier avaient connu en 2025 l’une des années les plus sèches depuis plus de trois décennies ».

    L’année 2025 compte désormais également parmi les plus sèches de ces 35 dernières années en matière de débit fluvial, selon un nouveau rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) sur l’état des ressources en eau dans le monde.

  • Le Département des Bouches-du-Rhône inaugure deux équipements

    Le Département des Bouches-du-Rhône inaugure deux équipements

    L’établissement a notamment été agrandi, sa performance énergétique améliorée et des îlots de fraîcheur aménagés. Le Département a consacré 59 500 euros à cette réhabilitation, soit « 70% du montant total ». Martine Vassal s’est ensuite rendue dans le village de Maussane-les-Alpilles pour inaugurer le parc Benjamin-Priaulet, où des chemins et des équipements de loisirs ont été créés et renouvelés. Le Département a financé cet aménagement à hauteur de 150 000 euros, soit la moitié du coût des travaux.

  • Les cheminots font vivre la fraternité au Village de la paix de Toulon

    Les cheminots font vivre la fraternité au Village de la paix de Toulon

    Un stand, une soirée culturelle avec concert et une expertise unique sur la culture de paix… Voilà ce que propose le Casi (Comité des activités sociales interentreprises) des Cheminots de la région Paca, à l’occasion de l’organisation de ce Village de la paix à Toulon. « On a répondu naturellement à la sollicitation des organisations progressistes pour ce Village de la paix, cela fait 40 ans qu’on fait vivre la culture de paix », explique Michel Mafioly, président de la commission des activités sociales et culturelles du Casi. Présent avec un stand, c’est toute « une équipe de bénévoles » qui se déploie sur l’événement, afin de « développer et expliquer l’implication et la démarche du Casi pour la paix ».

    Au programme : l’organisation d’une soirée festive et culturelle avec un concert de rap français, mais aussi « des ateliers graphiques » autour de la paix et l’animation de débats. De quoi rappeler le travail de l’organisation pour promouvoir l’amitié entre les peuples plutôt que l’armement à tout va.

    « Nous avons organisé des séjours mémoriels au Japon, à Hiroshima et Nagasaki. Nous sommes également allés à l’ONU, à New York, pour porter la voix du désarmement », se remémore Michel Mafioly.