Author: tecnavia

  • Des jeunes sous main de justice sur scène comme au Festival

    Des jeunes sous main de justice sur scène comme au Festival

    Une standing ovation de quelques minutes et des sourires jusqu’aux oreilles ont conclu la superbe performance théâtrale de onze jeunes sous main de justice, jeudi 23 octobre, à la FabricA d’Avignon. Et ce, devant un public choisi de plus de 200 personnes, avec Avant que la sueur ne sèche, une œuvre traitant de l’esclavage et de son évolution à l’époque actuelle.

    Pendant plus d’une heure, les onze adolescents, accompagnés par la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ) Alpes-Vaucluse, Alpes-Maritimes, mais aussi – pour la première fois – de la Guyane, étaient sur scène avec sept éducateurs et une psychologue. Se sont enchaînés des monologues poignants autour de la condition humaine pendant la traite esclavagiste, des dialogues émouvants sur le sort d’ouvriers au Qatar ou dans les usines de la fast-fashion, et des morceaux rappés sur les « petites mains » des trafics de drogue, soumises à leurs supérieurs.

    C’est la cinquième fois que la PJJ et le Festival d’Avignon collaborent sur ce projet, autour de grandes questions de société, comme la peine de mort.

    « La patate ! »

    Un rendu quasi professionnel mis en scène par Julie Minck, Virgil Simon et Antoine Wellens, de la compagnie Primesautier Théâtre, qui a été créé en seulement cinq jours. Et avec le concours du Festival d’Avignon, qui a laissé à disposition la FabricA du dimanche soir jusqu’au vendredi 24 octobre pour permettre au groupe de répéter dans des conditions dignes des plus grandes compagnies. Cinq jours de répétitions intensives donc, avec parfois jusqu’à huit heures par jour sur les planches. Mais aussi des ateliers autour de l’esclavage, animés par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, ou encore de la linogravure avec le plasticien Martin Marques Dos Santos. Et surtout, une vie en commun pendant presque une semaine.

    « C’est un autre rapport éducatif, car on était d’égal à égal sur scène. On voit une autre facette des jeunes et comment ils appréhendent la société, comment ils interagissent avec les autres et surtout avec des inconnus », précise Adam Costerg Dia, référente laïcité-citoyenneté à la direction territoriale PJJ Alpes-Vaucluse, et qui a elle-même participé à la pièce. « Et c’était la patate ! », s’exclame, en ensemble de survêtement noir et baskets aux pieds, Sammy*, Marseillais de 16 ans, qui confie qu’il n’avait « pas envie au début », mais qu’il s’est finalement senti à l’aise tout au long de la semaine.

    * Le prénom a été modifié

  • Les candidatures sont ouvertes pour le Prix de l’innovation et de la recherche

    Les candidatures sont ouvertes pour le Prix de l’innovation et de la recherche

    Fort du succès de sa première édition, le Prix de l’innovation et de la recherche du Var revient pour une deuxième édition, en 2026. Son objectif : mettre en avant l’innovation au cœur du territoire et au plus près des habitants, en promouvant ses talents et de nouveaux modèles de développement territorial. Cette action s’inscrit dans la vision plus large du label « Var, terre d’innovation », qui vise à tisser des liens entre politiques publiques, recherche, formation, intelligence artificielle et activités économiques, au service du territoire.

    La campagne de candidature a été lancée le 15 octobre et s’étend jusqu’au 15 janvier. La compétition est ouverte aux étudiants, associations, enseignants-chercheurs, doctorants, vacataires et autres membres du corps scientifique, aux acteurs de l’économie sociale et solidaire et aux collectivités locales. L’idée est ainsi de présenter des projets destinés à « innover pour mieux vivre, produire et comprendre le monde, en améliorant les conditions de vie locales et en accompagnant la construction du Var de demain », décrit le Département, avec une « place prépondérante accordée à l’implication citoyenne ».

    Dotation

    Six prix seront remis, pour une dotation totale de 50 000 euros : les grands prix de l’innovation environnementale, technologique, sociale, le prix thématique « valoriser notre territoire », le prix des collectivités varoises et le coup de cœur du jury. Ce dernier sera composé de six élus départementaux (dont le président), deux représentants universitaires, deux membres de l’administration départementale et trois personnalités qualifiées dans les domaines cités précédemment.

    Les lauréats bénéficieront aussi d’un suivi et d’une exposition propices pour la durabilité de leurs projets et la création de synergies avec d’autres acteurs, à l’image de ceux de l’année dernière. Le prix technologique avait été remporté par « Blue Vital », un patch connecté intelligent développé pour lutter contre la déshydratation des personnes fragiles. Le prix environnemental par la « Super Serre », une serre agricole autonome grâce au stockage d’eau de pluie et à la production d’électricité photovoltaïque, et le prix social par « Thiercelieux », un tiers-lieu social et citoyen au sein de la Communauté de Communes Lacs et Gorges du Verdon, gratuit et ouvert à tous.

  • Neuf maires demandent un couvre-feu pour l’aéroport

    Neuf maires demandent un couvre-feu pour l’aéroport

    « Vous n’ignorez pas que les nuisances sonores générées par le trafic aérien nocturne constituent, aujourd’hui, un problème majeur de santé publique. En tant que maires des communes riveraines, nous sommes garants des mesures prises
    –
     et à prendre – pour les limiter, voire les éliminer. » Tels sont les termes de la lettre commune de neuf maires des Bouches-du-Rhône et proches de l’aéroport de Marseille-Provence à Marignane, à l’adresse du préfet de Région, Georges-François Leclerc. Envoyé lundi 27 octobre, le courrier pose une revendication des élus : « L’instauration d’un couvre-feu total entre 23 heures et 6 heures du matin. »

    Une proposition qu’ils jugent comme « seule garantie d’une véritable protection des populations riveraines contre des atteintes à la santé désormais inacceptables ». « Nous demandons qu’une réforme courageuse soit engagée sans délai, visant à instaurer un couvre-feu nocturne effectif et contrôlé, assorti de sanctions exemplaires en cas d’infraction », développent-ils, rappelant que la problématique concerne plus de 100 000 habitants.

    Un « impératif de santé publique »

    Notons que le courrier est unitaire, quelles que soient les étiquettes politiques. Il est signé tant par Benoît Payan, maire de Marseille, qu’André Molino, maire de Septèmes, Paul Sabatino, maire du Rove, Mario Martinet, maire de Berre-l’Étang, Claude Piccirillo, maire de Saint-Victoret, Loïc Gachon, maire de Vitrolles, Éric Le Dissès, maire de Marignane, ou encore Amapola Ventron, maire de Cabriès.

    Ils dénoncent « le sommeil interrompu, les troubles physiologiques et psychologiques liés au bruit, ainsi que la dégradation durable de la qualité de vie ». Avant d’expliquer : « Il ne s’agit pas seulement d’une question de confort, mais bien d’un impératif de santé publique, de justice sociale et environnementale. Les habitants des zones survolées ne peuvent plus être les victimes silencieuses d’une activité économique qui, pour préserver sa rentabilité, n’hésite pas à étendre toujours davantage ses créneaux horaires au détriment de la santé. » Les élus appuient leur demande sur les analyses de l’Autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires (Acnusa), qui « a rappelé à plusieurs reprises la nécessité de réguler strictement les vols de nuit ».

  • Le projet de réaménagement de l’anse Tabarly se dévoile

    Le projet de réaménagement de l’anse Tabarly se dévoile

    C’est le projet porté par le groupement Rougerie Tangram – actuellement en charge de la requalification du cours Sextius à Aix-en-Provence – qui a remporté le marché de 9 millions d’euros concernant le réaménagement de l’anse Tabarly. Cet espace du littoral bordant un plan d’eau est spécialement dédié aux sports nautiques et plus précisément à leurs apprentissages, dans le Port du Levant. Il vient d’être été complètement repensé afin de le rendre plus opérationnel et intégrer, dans sa nouvelle version, une éco-base de la mer.

    Cette sélection a été motivé, entre autres, par son « caractère architectural affirmé, équilibré entre originalité et insertion sur le site, et une estimation financière proche de l’enveloppe financière prévisionnelle ». Comme il a été précisé lors du conseil municipale, vendredi dernier.

    La délibération rappelant que « l’opération porte sur une réflexion globale concernant le futur établissement de la base nautique et les espaces publics attenants au bâtiment ». C’est-à-dire les parcours piétons, les aménagements paysagers, le stationnement et la plage.

    La future construction va venir remplacer les préfabriqués en place et proposera des locaux qui seront mis à disposition des associations, avec vestiaires et salles de formation. Mais, aussi, des hangars de stockage et réparation des bateaux.

    Développement

    des activités nautiques

    à l’extrémité de ses 2 000m2 prendra place l’éco-base de la mer. Un lieu d’accueil et d’expositions pédagogiques sur ce riche patrimoine naturel sensible que représente la grande bleue, pour sensibiliser à sa préservation.

    Toujours dans cet esprit de développement durable, il est à noter que l’opération vise la certification Bâtiments durables méditerranéens (BDM) niveau argent, avec entre autres des toits équipée de panneaux photovoltaïques.

    Un projet en lien avec le cœur de la ville, sur un site à fort potentiel. La Ville de Toulon, qui a pour ambition de développer l’activité nautique dans la plus belle rade d’Europe, s’en donne ici les moyens. Ce qui n’aurait pas été possible dans le cadre des installations actuelles, devenues vétustes et inadaptées à un accueil et une pratique de qualité.

    Sans compter que la vulnérabilité de certains bâtiments, en raison de leur proximité avec une zone fortement exposée aux largades, a déjà engendré d’importants dégâts. D’où la nécessité pour la Ville de revoir dans sa totalité la base nautique, incluant la suppression de l’ensemble des équipements qui ne permettent plus l’exercice d’une pratique de qualité de ces activités nautiques.

    Les lieux ont été étudiés, dans leur nouvelle version, pour permettre au contraire leur essor, avec par exemple une capacité de rangement des embarcations sur la plage augmentée de 25%.

    De quoi continuer à chérir longtemps, dans le Port du Levant, la mer et ses bienfaits, qu’on soit devant, dedans ou, pour les plus dégourdis, au-dessus. Comme les minots qui viennent apprendre à s’y mouvoir avec aisance dans l’anse Tabarly.

  • Le Club de la Presse du Var alerte contre les atteintes à la liberté d’informer

    Le Club de la Presse du Var alerte contre les atteintes à la liberté d’informer

    Face aux atteintes à la liberté de la presse, qui se sont accentuées localement ces dernières semaines via les plaintes de la députée RN Laure Lavalette envers un confrère de Var Matin, et du député UDR du Gard Alexandre Allegret-Pilot contre Léo Purguette et Tristan Arnaud, président et journaliste de La Marseillaise, le Club de la Presse du Var monte au créneau.

    Ce dernier pointe « les “procédures bâillon” contre les journalistes qui appliquent l’éthique et la déontologie », et qui « ont déjà coûté la vie à notre regretté confrère “Le Ravi“ » ; les « invectives et menaces à l’intention de publications et de journalistes », « l’usurpation de l’identité de médias afin de discréditer ceux qui défendent l’honnêteté de l’information », et les « campagnes massives de désinformation, visant souvent les problèmes environnementaux et l’identité des personnes ».

    Dans le viseur, également, « les rachats de presse et d’édition par de nouveaux propriétaires connus pour leur distance aux règles républicaines (…) et des Droits de l’Homme ». Une situation alarmante qui a fait chuter la France « de la 21e à la 25e place dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontières », alerte le Club de la Presse, qui met enfin « en garde contre les dérives qui parfois se produisent sous prétexte de défendre la liberté d’expression : ce n’est pas la liberté d’insulter, menacer, mentir, faire taire, diviser la société et générer des violences ».

  • Un Cezanne trop polluant pour les Pennes-Mirabeau

    Un Cezanne trop polluant pour les Pennes-Mirabeau

    Pour cette fois, Cezanne fait mauvaise impression. Depuis le 22 septembre et l’ouverture de l’enquête publique sur ce projet de centre de données porté par le groupe japonais Telehouse aux Pennes-Mirabeau, les avis négatifs des habitants se multiplient sur le registre dématérialisé disponible en ligne. Après avoir vu les data centers essaimer dans l’enceinte des bassins Est du grand port maritime de Marseille – le dernier porté par Digital Realty doit être livré fin 2026 à la place de l’ancien silo à sucre – les pouvoirs publics ont en effet décider de repousser les futurs projets en périphérie de la cité phocéenne.

    Ainsi c’est sur une parcelle de 6 hectares implantée en bordure de l’A7, à proximité de la zone de l’Anjoly, que Telehouse veut construire ces huit bâtiments, de deux étages chacun, avec à chaque fois deux salles de serveurs informatiques accompagnés leurs locaux techniques et de batteries, pour une puissance de 6 mégawatt par bâtiment. À cela il faut encore ajouter des bureaux, les groupes électrogènes, des cuves enterrées, les parkings avec leurs ombrières photovoltaïques… Soit au total, quelque 22 000m² aux trois quarts dédiés aux salles de serveurs. Un chantier qui doit démarrer au deuxième trimestre 2026, pour s’achever à l’horizon 2030 avec la création d’une sous-station électrique par le gestionnaire public du réseau RTE.

    Réseau de chaleur prévu

    Pour économiser l’énergie, le projet promet que les six groupes froids installés en toiture de chaque data center utiliseront directement l’air extérieur quand les températures seront inférieures à 12°C afin de refroidir les circuits d’eau. La chaleur fatale des serveurs informatiques devrait quant à elle être mise à profit : « La commune est totalement favorable à ce que ce projet intègre la réalisation d’un réseau de chaleur », confirmait ainsi le maire (DVG) Michel Amiel dans un courrier daté du 27 janvier dernier, indiquant que la Métropole était prête à apporter un appui en ingénierie. « La commune des Pennes-Mirabeau sera particulièrement attentive à ce que ce projet d’envergure s’inscrive dans une approche aussi vertueuse que possible sur le plan environnemental », insistait-il alors. Une promesse formulée dès le printemps 2024 par le porteur de projet qui au moment du sommet Choose France promettait de construire des data-center « écoresponsables » (notre édition du 14/05/2024), et qui s’engage aujourd’hui à n’utiliser que de l’électricité verte, et du biocarburant pour les générateurs de secours.

    Pas de quoi convaincre l’Agence régionale de santé. Dans son avis rendu le 10 juin dernier, celle-ci s’alarme : « Les concentrations mesurées en PM10 [particules fines, Ndlr.] et N02 [dioxyde d’azote] dans l’air dans la zone d’influence de la future activité sont supérieures aux valeurs limites réglementaires en certains points. » Cela alors même qu’une école est située à 170 mètres. Et de demander de « revoir le projet ». « Le point d’échantillonnage n’est pas situé à proximité de cibles potentielles », répond le porter de projet, indiquant que cette pollution est liée aux groupes électrogènes de secours qui ne seront utilisés que moins de 500 heures par an. Une prochaine réunion publique se tiendra le 10 décembre, avant la clôture de l’enquête le 22 décembre.

  • Un forum pour encourager une insertion par l’entrepreneuriat

    Un forum pour encourager une insertion par l’entrepreneuriat

    C’est au centre socioculturel du Château de l’Horloge, au cœur du quartier du Jas de Bouffan, que s’est installé le forum « Entreprendre », après une première édition en 2013, avec le soutien de la municipalité dans le cadre de sa politique de la Ville.

    Un rendez-vous à destination des habitants des quartiers prioritaires, co-organisé par La Ruche Sud Paca et Initiative Pays d’Aix. Le premier est un réseau d’incubateurs « notamment pour les publics les moins représentés » et porte le Carrefour de l’entrepreneuriat Pays d’Aix (soutenu par la banque publique d’investissement ou BPI, dans le cadre d’Entrepreneuriat Quartiers 2030). Le second est un réseau associatif de financement et d’accompagnement pour développeurs d’entreprises et porte le CitésLab (financé par la BPI) qui vise à « détecter et préparer » les entrepreneurs des quartiers prioritaires des villes.

    Ce mardi, les représentants de l’entrepreneuriat ont donc installé stands, kakémonos et espaces d’accompagnement avec des professionnels pour un public parfois éloigné des acteurs de la création d’entreprise.

    Humaniser un écosystème

    « L’entrepreneuriat est un vecteur d’insertion professionnelle. On ne parle pas forcément d’entrepreneuriat dans le sens de start-up, on va plutôt accompagner des micro entrepreneurs, des économies traditionnelles. Le premier objectif reste de créer son propre emploi », note Benjamin Coffin, responsable du partenariat pour l’entrepreneuriat inclusif à La Ruche Sud Paca.

    « L’idée est de montrer que n’importe qui peut créer son entreprise et donc son emploi », rappelle Laurent Couvret, directeur d’Initiatives Pays d’Aix. Selon lui, l’entrepreneuriat, notamment en termes de reprises d’entreprises, est toujours d’actualité. Il ajoute que le public intéressé serait composé de 30% de moins de 30 ans, « trois fois plus qu’il y a trente ans. C’est un écosystème avec énormément d’acteurs et partenaires. L’événement permet d’apporter de la visibilité sur qui fait quoi. Chaque partenaire, ici, a pour rôle de clarifier le parcours, l’écosystème, expliquer que, quelle que soit la porte d’entrée, une solution est possible, avec un accompagnement. Personne ne doit rester en marge ».

    « Sur le sujet du financement, on constate que le rapport à l’argent est tout de même différent, explique Cathy Héniart, cheffe de projet CitésLab. Dans les quartiers, on peut avoir du mal à faire une demande de financement : le prêt est associé à une dette plutôt qu’un investissement. Il y a en fait toute une culture sur l’approche entrepreneuriale à faire. »

  • Une partie civile au procès de la rue d’Aubagne reconduite en Tunisie

    Une partie civile au procès de la rue d’Aubagne reconduite en Tunisie

    Ridha Manei (orthographe retenu par le greffe du procès de la rue d’Aubagne) a fini par être reconduit en Tunisie, il y a quelques jours, selon une information du site Marsactu, alors même que ce sans domicile fixe dépourvu de titre de séjour a été reconnue partie civile aux procès des effondrements du 5 novembre 2018, qui doit être rejugé en appel. Un statut qui ne l’a pas protégé.

    Il y a trois semaines, le 2 octobre, le site Blast révélait que Ridha Manei, 52 ans, était retenu depuis le 5 septembre déjà, au centre de rétention administrative (CRA) du Canet, dans l’attente d’un laisser passer des autorités consulaires, en vue de sa reconduite en Tunisie. Il était sous le coup d’une interdiction du territoire après une condamnation en 2023 pour vol. La Marseillaise avait vainement tenté de le joindre au CRA.

    Au procès des effondrements où il était venu témoigner, Ridha Manei avait raconté qu’il logeait, depuis fin 2017, dans l’appartement de Rachid Rahmouni au 65, rue d’Aubagne, que louait l’avocat Xavier Cachard, vice-président de la Région Paca. Ridha avait eu la vie sauve en se levant tôt pour aller travailler comme maçon sur un chantier.

    La loi du 12 février 2024 est censée protéger les personnes sans papiers victimes de conditions d’hébergements indignes, en leur attribuant une carte de séjour pour toute la durée de la procédure pénale. Mais M. Manei ne cochait pas les cases, car le jugement ne le reconnaît pas victime de l’habitat indigne de Xavier Cachard, puisque le bailleur ignorait qu’il l’hébergeait. Le jugement ne le reconnaît que victime de la mise en danger commise par Xavier Cachard et sa SCI Soyorem.

  • À Marseille, la vente d’un taudis confisqué au « Campus 1 » interroge

    À Marseille, la vente d’un taudis confisqué au « Campus 1 » interroge

    L’Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) met aux enchères en ligne, à partir du 16 décembre, un studio occupé et son box au sein de la résidence « Le Campus 1 », au 5 avenue du Merlan (14e), à Marseille. Cette copropriété dégradée de 276 lots d’habitation était à l’origine, en 1997, une résidence pour étudiants qui l’ont progressivement désertée comme pour Le Gyptis, rue Cristofol (3e). Les désordres, la paupérisation, l’insécurité, les mutations entre marchands de sommeil et autres investisseurs « CAFistes » ont alimenté la spirale de sa chute. Le squat massif de studios a ensuite plongé les comptes de la copropriété.

    Un administrateur judiciaire a fini par être nommé en juillet 2023, dans un contexte sécuritaire lourd. Caméras de surveillance et accès sécurisé par badge ont été installés en août 2024, avec un maître chien. Trois mois plus tard, le 14 novembre, la préfecture prêtait le concours de la force publique pour déloger des squatteurs retranchés dans 14 appartements. En juin dernier, un incendie a ravagé plusieurs appartements, entraînant l’évacuation d’une trentaine d’occupants.

    369 ventes en 5 ans

    Pour ne rien arranger, la copropriété est, depuis août, sous le coup d’un arrêté de mise en sécurité des équipements communs. Les propriétaires ne peuvent plus percevoir de loyer, réduisant à peau de chagrin des capacités déjà réduite de financement de travaux. C’est dans ce contexte périlleux que l’AGRASC met à prix, pour 8 864 euros, un studio de 18m2 avec son box. Si l’établissement public prend soin de rappeler que la perception de loyer (450 euros par mois) est interdite tant que la mainlevée du péril n’est pas intervenue, cette enchère interroge.

    Qui a les moyens d’acquérir dans une copropriété dégradée, au prix d’une voiture d’occasion, un logement qui, loin de générer du profit, va produire du déficit ? Le risque de captation par un marchand de sommeil à l’affût ou une société qui serait son faux-nez n’est pas négligeable. En bradant un taudis, le ministère de la Justice ne s’expose-t-il pas à nourrir le cycle de l’habitat indigne que sa décision de confiscation était censée fustiger ? Comment l’état peut se prêter à être le relais entre le portefeuille d’un délinquant et celui d’un autre prédateur de l’immobilier dégradé ? Car, pour l’heure, aucune collectivité ou acteur institutionnel n’est positionné pour préempter au Campus et lancer une maîtrise foncière publique qui semble pourtant nécessaire pour sortir l’ensemble immobilier du naufrage. Le turnover des ventes y est considérable. En 5 ans, Le Campus a fait l’objet de 369 mutations. Une adjudication a même atteint en janvier 2024 le prix dérisoire de 4 000 euros.

  • « Faire équipe avec la nature pour dessiner le futur »

    « Faire équipe avec la nature pour dessiner le futur »

    Initié par Alain Renaudin, fondateur de Biomim’expo, « l’appel du Pharo » a été dévoilé sous la forme d’une tribune collective intitulée « Faire équipe avec la nature pour dessiner le futur ».

    « Hubert Reeves nous alertait déjà en nous disant que nous menions une guerre contre la nature, et que si nous la gagnions, nous étions foutus ! Oui ! Nous n’avons aucune victoire à espérer à détruire le vivant, mais beaucoup à gagner à l’écouter et à le reconstruire, pour notre propre santé et futur d’humanité », débute le texte, qui considère que « demain a déjà démarré, nos écosystèmes regorgent de solutions, de connaissances scientifiques, d’innovations, d’expérimentations qui font leurs preuves sur le terrain et révèlent que d’autres champs du possible existent. Notre enjeu n’est pas toujours de faire du neuf, c’est aussi de faire grandir ce qui est déjà là ».

    Biodiversité et climat

    « La vie est géniale et puissante. Avec ses 3,8 milliards d’années d’expérience et d’évolution, elle est économe en énergie, en ressources, elle travaille en circuits courts, elle ne standardise pas pour être toujours la mieux adaptée localement, elle ne produit pas de déchets et de pollutions, elle privilégie la coopération et les bénéfices symbiotiques. La vie est le cahier des charges et le mode d’emploi de notre futur », s’enthousiasme l’appel du Pharo en avançant l’idée d’une « grande coalition entre biodiversité et climat ».

    Le texte appelle ainsi regarder la biodiversité comme « une solution » au problème du changement climatique car c’est la vie qui stocke du carbone. Il propose en ce sens d’aligner « les budgets biodiversité à hauteur des budgets carbone ».