Author: tecnavia

  • Hérault : vive opposition au projet de McDo à Laroque

    Hérault : vive opposition au projet de McDo à Laroque

    L’annonce a fait l’effet d’une bombe dans la petite bourgade de 1 700 âmes. En effet, lors d’un événement organisé par la mairie dans le cadre d’octobre rose, Aisha Ghanty, une habitante de Laroque, a eu vent d’un projet de McDonald’s sur la commune, confirmé par la suite par le maire.

    « Dès que je suis rentrée chez moi, j’ai lancé la pétition pour informer la population. Très vite, beaucoup de personnes m’ont contactée. Nous avons alors organisé des réunions publiques pour informer la population. Nous avons aussi fait des tracts pour alerter et la population nous a encouragés à continuer parce qu’elle est opposée à ce projet », explique Aisha Ghanty. Début novembre, la pétition en ligne* dépassait en effet les 2 400 signatures. « Nous avons aussi fait signer des pétitions papier. Nous n’avons pas fait le compte mais nous avons au moins 300 signatures », ajoute Aisha Ghanty qui a ensuite créé une association** pour organiser la riposte et pousser pour l’abandon du projet.

    Si une contre-pétition s’est également ouverte en ligne pour vanter « une commodité bienvenue » qui attirerait « visiteurs » et « où nos jeunes peuvent se retrouver après l’école », elle n’a réuni que 250 signatures. De son côté, le maire (SE) Pierrick Ciribino joue l’ambiguïté en répétant à plusieurs reprises qu’il se positionnerait lorsqu’il aura plus d’éléments.

    McDo vise la ruralité

    Un discours qui révulse Aisha Ghanty. Si la Laroquoise avance de nombreux arguments pour s’opposer à l’implantation du fast food (nuisances sonores, odeurs, circulation difficile dans ce petit village, augmentation des déchets, malbouffe, menace sur la santé publique ou encore concurrence déloyale pour les autres restaurants aux alentours), c’est bien l’esprit du projet jugé « contraire à celui du village » que l’habitante dénonce. « Les Laroquois ont tous un bout de terrain où ils ont des poules, des œufs, font quelques légumes. Pour eux, McDonald’s c’est la référence de la malbouffe et de l’Américain qui débarque dans les Cévennes avec une position dominante », s’agace-t-elle.

    En réalité, la situation à Laroque n’est pas rare. McDonald’s a en effet lancé une nouvelle stratégie d’expansion en visant principalement la ruralité. L’objectif est annoncé : McDo veut avoir un restaurant à moins de 20 minutes de chaque Français. De nombreux villages s’opposent donc à cette extension ces derniers mois. À Laroque, les opposants au projet ont désormais prévu d’adresser une lettre à la population.

    * Non à l’implantation d’un fast food à Laroque sur Change.org

    ** Mieux vivre à Laroque (6 Lotissement les Soleiades)

  • Pas de Rep + pour le collège La Dullague à Béziers

    Pas de Rep + pour le collège La Dullague à Béziers

    « La Réussite de nos Élèves est Prioritaire. » Ce slogan, inscrit sur une banderole accrochée devant les grilles du collège La Dullague, à Béziers, reflète l’état d’esprit des parents, enseignants, personnels et élèves de cet établissement scolaire. Un sentiment de ras-le-bol général. Depuis 2019, ceux-ci militent pour que le collège soit classé en REP+. « Cela nous permettrait d’obtenir plus de moyens humains et financiers. Les élèves pourraient être moins par classe, les équipes auraient plus de temps. Ce qui leur permettrait d’effectuer plus de sorties, comme aller au musée par exemple », souligne Karen Anicet, représentante de parent d’élève Apeco.

    L’obtention de ce précieux Graal est un parcours semé d’embûches. « La carte REP+ a été mise en place en 2014 et devait être revue tous les cinq ans. Mais en 2019, rien n’a bougé. La réponse est la même chaque année, la rectrice nous soutient mais tant que la carte n’aura pas été revue, rien n’avancera », soupire Florian Georges, professeur d’histoire-géographie. Pourtant la situation se dégrade d’année en année. « Notre IPS (Indice de position sociale, Ndlr) est de 75, le plus bas, alors qu’en moyenne en France, l’IPS est de 106. La moitié de nos élèves provient du quartier Iranget-Grangette, un quartier prioritaire de la ville où le taux de pauvreté dépasse les 70 % », note une professeure qui a préféré rester anonyme.

    Le ministère ne bouge pas

    Preuve en est, « en 2020, le quartier faisait partie du top 20 des plus pauvres de France, aujourd’hui, nous sommes dans le top 5 », complète Karen Anicet. Le taux de boursiers a également explosé ces dernières années. « Nous en comptions 70 % en 2024, nous sommes passés à 84 % cette année, et encore, 58 dossiers sont toujours en attente », poursuit Florian Georges. Conséquences ? Un taux de réussite au brevet très bas et des élèves en difficulté pour la poursuite de leurs études. « L’éducation prioritaire a été conçue pour l’égalité des chances et lisser les inégalités. Mais on n’a pas ça ici, c’est du déterminisme social. Que vont devenir nos élèves ? On n’arrive pas à les orienter, ils sont sans solution », fait valoir une professeure. En cinq ans, ce ne sont pas moins de 2000 élèves qui auraient pu bénéficier de moyens plus importants et donc plus de chances pour la suite.

    Pourtant, l’établissement coche toutes les cases pour le fameux label : IPS bas, taux de boursiers élevé, part importante d’élèves venant de quartiers populaires. Chez le personnel, c’est l’incompréhension. « Certains collèges ont obtenu le classement et ne sont plus dans les critères aujourd’hui. Mais ils continuent à être en REP+ », s’indigne Karen Anicet. Alors, pour tenter de bouger les lignes, une délégation – ainsi que 4 autres collèges dans la même situation dont Lucie-Aubrac à Béziers – voulait se rendre à Paris afin de rencontrer le ministère, ce 5 novembre. « Le ministre nous a finalement contactés pour nous proposer une visio à la place de l’audience », reprend un enseignant.

    Mais rien n’a bougé. À l’issue de la visio, seule piste évoquée : la révision éventuelle de la carte en 2027… « On est abandonnés par le ministère, nous sommes les oubliés de l’éducation prioritaire », soupire Karen Anicet. Le personnel et parents d’élèves ne s’avouent pas vaincus. « On réfléchit pour monter réellement à Paris cette fois-ci ».

  • Hérault : une réunion publique pour lutter contre la mort au travail

    Hérault : une réunion publique pour lutter contre la mort au travail

    Mardi 28 octobre à Lunas. Alors que quelques ouvriers s’affairent sur un chantier, un pylône électrique cède. Bilan : un mort et deux blessés graves. Deux semaines plus tôt, c’est le corps sans vie d’un bûcheron qui a été retrouvé à La Salvetat-sur-Agout alors qu’il officiait sur un chantier d’une forêt privée. Fléau invisible, la mort au travail est pourtant un enjeu de sécurité majeur dans le monde du travail. Chaque année, on estime en France que deux personnes en en moyenne en sont victimes chaque jour. Pourtant, la problématique semble peu intéresser la sphère politique et médiatique.

    Pour mettre en lumière ces drames invisibles, le député LFI Sylvain Carrière organise une réunion publique à Grabels* en présence de l’eurodéputé insoumis Anthony Smith. Ancien inspecteur du travail, ce dernier a fait de la mort au travail le fer de lance de ses combats au Parlement européen. En ce sens, le député avait organisé avec sa collègue Marina Mesure deux journées d’échange en novembre 2024 avec différents acteurs pour trouver des solutions. 14 recommandations en sont ressorties, afin de tendre vers l’objectif de zéro mort au travail.

    3 200 décès dans l’UE

    Car le constat est accablant. Si on dénombre 3 286 personnes décédées au travail en 2022 dans l’UE – sur 3 millions d’accidents – le chiffre semble sous-estimé. « Il y a une difficulté de la comptabilité des morts en Europe parce que les États ne comptent pas forcément de la même façon. Donc il n’y a pas d’homogénéité et il y a plein de configurations possibles : comptabilise-t-on les suicides ? Les décès survenant 24h après l’accident au travail ? », interroge Anthony Smith. Sans compter les autoentrepreneurs, les salariés ubérisés qui ne sont pas comptabilisés. En cause notamment le faible nombre d’inspecteurs du travail – 1 800 pour 20 millions de salariés -, qui impacte le nombre de contrôles et donc la prévention des risques. Surtout que la situation s’aggrave. « Depuis 2010, le nombre d’accidents au travail ne baisse plus en France. On a construit une législation qui détruit les droits sociaux. Les ordonnances Macron de 2017 ont par exemple supprimé les CHSCT [Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail], et on se retrouve aujourd’hui dans les entreprises de 50 à 300 salariés sans aucune instance dédiée à la santé, à la sécurité au travail », soupire Anthony Smith.

    Si toutes les catégories socioprofessionnelles sont concernées, les jeunes et les travailleurs précaires sont les plus touchés. « Les jeunes ont 2,5 fois plus d’accidents graves et mortels que la population générale. Or on doit prendre deux fois plus de temps pour former les jeunes  », reprend l’eurodéputé. Mais force est de constater que l’économie prime sur la sécurité. « C’est insupportable que le coût d’une vie humaine soit moins important que celui de la réalisation d’un chantier », s’indigne Anthony Smith, dénonçant l’aveuglement des États à ce sujet. « Il existe des moyens mais c’est un problème de volonté politique. Les morts au travail ne sont pas une somme de faits divers mais un fait social ». Parmi ces leviers qui pourraient être actionnés, le renforcement de la formation des employeurs et des employés ou encore la mise en place d’une « présomption de la responsabilité de l’employeur  » et d’un « crime d’employicide ». « L’homicide au travail n’est pas reconnu. Or, un employeur responsable d’un accident mortel devrait être jugé comme un criminel. Mais le code du travail prévoit au maximum 10 000 euros d’amende, il faut donc des dispositions plus répressives. »

    *Le 7 novembre à 19h, à la salle Richard-Campos de Grabels.

  • [Théâtre] Pierre Richard se joue des clichés à Aix et Arles

    [Théâtre] Pierre Richard se joue des clichés à Aix et Arles

    Comme le rappelle Pierre Richard, la question à laquelle il a dû le plus souvent faire face dans la vie, hormis « Bonjour, ça va ? », est la suivante : « Êtes-vous aussi distrait dans la vie que dans vos films ? ». Mais voilà que dans Je suis là mais je ne suis pas là, seul en scène qui se joue du 6 au 8 novembre sur la scène aixoise du Jeu de Paume, puis le jeudi 13 novembre au Théâtre d’Arles, le Grand blond avec une chaussure noire s’amuse à tordre les clichés qui lui collent à la peau en dépit d’une carrière longue de 60 ans.

    « Souvenirs d’un distrait »

    Son spectacle puise dans son ouvrage Souvenirs d’un distrait. Pierre Richard se confie au public, se remémorant entre autres les rencontres qui ont forgé son art comme sa personne. Notamment certains chanteurs comme Claude Nougaro, « dont j’ai été le voisin » ou Bruce Springsteen que « j’ai longtemps fréquenté », expliquait-il à La Marseillaise l’an passé. « Peut-être que j’aurais aimé être chanteur, même si je n’en aurais pas eu le talent », souligne Pierre Richard. Ses premières parties de Brassens au Théâtre Bobino, son amitié avec Louis, puis Matthieu Chedid, ses partitions de pipeau avec Moustaki… Avec son drôle et tendre Je suis là mais je suis pas là, Pierre Richard se raconte finalement à travers le regard de ses célèbres contemporains, illustrant des facettes à laquelle on a bien voulu le cantonner, sûrement pas fausses, mais dont il s’est joué avec malice.

  • Les Atypiques : du théâtre là où on ne l’attend pas

    Les Atypiques : du théâtre là où on ne l’attend pas

    Fondé par les Amis du Théâtre Populaire d’Alès, en quelques années, le festival les Atypiques est passé maître dans l’art de dénicher les jeunes talents.

    « Nous programmons des compagnies qui ne pourraient pas être programmées par une scène nationale. Notre ambition a toujours été de nous démarquer du théâtre institutionnel pour montrer aux Alésiens et aux gens de la région quelque chose d’un peu différent, tant sur la forme que sur le fond », explique Michel Boissier, président des ATP, qui a souvent eu le nez creux. « Au fil des ans, on a eu les premières mises en scène de jeunes artistes prometteurs, comme Olivier Py, Jérôme Deschamps (les Deschiens), Sylvain Maurice, ou encore Jacques Osinski », ajoute le passionné.

    Avec huit de ses camarades, l’homme arpente les théâtres tout au long de l’année pour sélectionner, sur près de 120 représentations, les spectacles les plus adaptés à la ligne des ATP. Un travail pas si simple vu la conjoncture… « Les metteurs en scène hésitent à aller vers des productions irrévérencieuses ou en dehors des clous, parce qu’ils veulent être sûrs de pouvoir les jouer », confie Michel Boissier.

    En plus de ce flair remarquable, l’association s’est aussi donné pour mission de faire du théâtre hors les murs et de briser la distance entre le public et la scène. « Nous jouons dans les arrière-salles de café, à l’amphithéâtre de l’école d‘infirmière, dans le hall de la gare et les salles municipales… Tous les lieux où vont les gens qui ne vont pas au théâtre ! », détaille-t-il. Et à chaque fois, l’équipe fait en sorte de rester sous la barre des 130 places pour être certaine de conserver cette proximité entre les comédiens et leur public.

    Au programme

    Aidée par les moyens techniques de la scène nationale du Cratère, la 27e édition des Atypiques proposera donc sept spectacles du 7 novembre au 5 décembre.

    Les festivités démarreront avec « Les Cathares, un destin inachevé », par Olivier Robert (à l’espace Pelico, à Anduze). Le 12 novembre, l’auditorium de Rousson accueillera « Le retour aux souches », d’après Marc Favreau dit Sol. À Cendras, le 14 novembre, la salle Biosphera présentera « Rossignol à la langue pourrie », de Jehan Rictus. Suivront ensuite « On n’a pas pris le temps de se dire au revoir », de Rachid Bouali (le 19 novembre, à l’Espace La Fare Alais à Saint-Martin de Valgalgues), « Classement sans suite », de Luca Franceschi (Le 21 novembre à la Maison de l’eau, d’Allègre-les-Fumades), « Le repas des gens », de François Cervantes (les 27 et 28 novembre, deux dates exceptionnellement co-accueillies par le Cratère d’Alès), et « La dette », de Franck Chevallay (le 5 décembre au bar le Prolé).

    * Les spectacles ont lieu à 20h30. Billetterie disponible sur le site des ATP d’Alès. 6 à 10 euros.

  • Gard : le Modef refuse l’arrachage et réclame des prix garantis

    Gard : le Modef refuse l’arrachage et réclame des prix garantis

    Le constat est sans appel. Ce vendredi 17 octobre, à la Chambre d’agriculture du Gard, les responsables du Mouvement de défense des exploitants familiaux (Modef) du Gard, de l’Hérault et du Vaucluse ont tiré la sonnette d’alarme. Le millésime 2025 restera dans les mémoires comme l’un des plus
    catastrophiques pour la viticulture languedocienne. Sécheresse, maladies, effondrement des cours et incertitudes sur l’avenir : la filière viticole vacille. « Nous sommes à un tournant », a lancé Xavier Fabre, président du Modef Gard. Pour le syndicat, les réponses gouvernementales et les solutions portées par une partie de la profession, notamment les plans d’arrachage, relèvent de la fuite en avant. « Proposer l’arrachage aujourd’hui, c’est tuer la viticulture », martèle le viticulteur de Domazan.

    Dans un contexte où les rendements s’effondrent, parfois jusqu’à – 40% dans certaines caves coopératives, les vignerons dénoncent un engrenage économique et écologique mortifère. « Quand on arrache un hectare aujourd’hui, on ne sauve pas les dix autour, demain on arrachera celui d’à côté », insiste Xavier Fabre, rappelant que les vignes jouent aussi un rôle de coupe-feu dans les zones méditerranéennes. L’incendie meurtrier de l’Aude cet été reste dans toutes les têtes : « Là où les feux ont démarré, c’était dans des friches, des vignes arrachées ou abandonnées », souligne-t-il.

    Le Modef dénonce également le manque de vision politique sur l’avenir du vignoble. Selon Didier Gadéa, président du Modef Hérault et responsable de la commission nationale viticole, « les plans d’arrachage n’ont jamais résolu les crises ». La preuve : en vingt ans, le vignoble languedocien est passé de 240 000 à 180 000 hectares, sans que la situation économique ne s’améliore. « Ça prouve par A + B que ça ne fonctionne pas », tranche-t-il. À la sécheresse et aux feux s’ajoute la question cruciale des prix. Nicolas Olive, président du Modef Vaucluse, évoque une filière étranglée par la pression des négociants : « Ils nous mettent les prix d’achat à ras des pâquerettes, mais le vin dans le commerce n’a pas baissé. » Pour le syndicat, la survie des exploitations passe par l’instauration de prix planchers garantis par l’État, afin d’assurer un revenu minimum aux producteurs. « Tant que ça ne sera pas réglé, on aura des friches et des vignerons qui se pendent à la grange », avertit Didier Gadéa. Le Modef souhaite également un encadrement strict des marges, y compris dans la restauration, et une révision du cadre de la loi Egalim, jugée « trop incitative ». Le syndicat plaide pour une intervention directe de l’État afin d’empêcher tout achat en dessous du coût de production.

    Redonner du sens

    à la viticulture

    Au-delà des chiffres et des colères, les représentants du Modef appellent à une refondation du modèle viticole : miser sur les cépages résistants, soutenir davantage le bio, et réhabiliter le travail de la terre plutôt que l’arrachage. « Quand on va chez le médecin, il nous soigne ? Il ne nous euthanasie pas ! Pour les vignes, c’est la même chose », illustre Xavier Fabre, dans une métaphore applaudie par la salle. Pour le syndicat, la viticulture ne se résume pas à une question de production. C’est aussi une question de vie rurale, d’économie locale et de paysage. « Sans vignerons, il n’y aura plus d’œnotourisme, plus de paysages, plus de vie dans nos villages », rappelle Didier Gadéa.

    Alors que les chiffres de récolte s’annoncent historiquement bas et que les trésoreries sont exsangues, les viticulteurs du Modef ne cachent pas leur inquiétude. Faute de réponses concrètes, la mobilisation pourrait reprendre : « Si rien n’est fait, on reprendra la route des pavés et des actions », prévient Xavier Fabre. Le ton est donné. Le Gard viticole ne veut pas mourir en silence.

  • Cévennes : Saint-Jean-du-Gard sans randonneurs ?

    Cévennes : Saint-Jean-du-Gard sans randonneurs ?

    Grâce à son voyage en Cévennes avec son âne, dont il fera un célèbre livre en 1879, Robert Louis Stevenson a donné à Saint-Jean-du-Gard une renommée continentale. Chaque année des milliers (au moins 15 000) de randonneurs se pressent sur le
    « chemin de Stevenson », qui relie le Puy-en-Velay à Alès avec, comme avant-dernière étape, Saint-Étienne-Vallée-Française – Saint-Jean-du-Gard. Le pas des Huguenots (qui court jusqu’en Allemagne), célèbre parcours qui retrace l’exil des protestants, passe également par Saint-Jean-du-Gard.

    Dans ce village cévenol qui a aussi été touché par la désindustrialisation, l’essor économique passe donc désormais par le tourisme. Dès 1992, un festival de randonnée (le Fira se déroule chaque année début juin) a vu le jour. Mais le nouveau maire, Pierre Aiguillon, élu en 2023 après la démission de Michel Ruas, a l’intention d’aller encore plus loin. Ainsi, en 2026, ouvrira en face de la mairie un café rando qui devrait être accompagné, quelques mois plus tard, par une Maison de la randonnée, accolée au café. L’idée est de regrouper dans un même lieu l’office du tourisme, les associations de randonnée et des expositions.

    Le tracé de Stevenson bientôt dévié ?

    « La partie café sera de 108 m² plus une terrasse. Le lieu sera dédié à la restauration type café de pays avec des produits locaux, et tous les produits dérivés du chemin de Stevenson. Il y aura aussi la mise en avant de randonnées sur les thématiques locales, historiques, culturelles et tout ce qui est découvert du parc national des Cévennes… Nous avons aussi prévu un point accueil vélo pour les mobilités douces », détaille Nicolas Friedli, le porteur de projet.

    Financeurs d’une partie du projet, les élus régionaux Jean-Luc Gibelin (PCF), Aurélie Genolher (DVG) et Régis Bayle (PS) étaient à Saint-Jean-du-Gard pour suivre l’avancée du café, visiter les futurs locaux et échanger avec les porteurs du projet. Ils ont surtout été alertés par le maire et les associations d’un problème qui pourrait s’avérer fatal pour l’avenir de la randonnée dans ce village de plus de 2 500 âmes.

    « Il y a eu des inondations sur le parcours du GR en 2020. Nous avons trouvé un tracé de remplacement provisoire, jusqu’en 2027, qui passe chez un particulier. Il faudrait donc des travaux pour sécuriser 2,5 km à l’entrée du village, entre la route et la rivière. Cela coûterait 850 000 euros et le Département n’est pas prêt à investir cette somme. La solution avancée, c’est de prendre un autre chemin, qui ne demande aucuns travaux, mais qui rajoute 8 à 10 km de trajet et un énorme dénivelé. Nous craignons soit que les randonneurs prennent l’ancien tracé, qui ne sera pas sécurisé, soit qu’ils ne viennent plus jusqu’à Saint-Jean-du-Gard puisque cette dernière étape sera très longue », a prévenu Pierre Aiguillon qui ajoute : « C’est complètement paradoxal que le tracé ne passe plus par la commune au moment où un café rando et une maison de la randonnée vont ouvrir. »

    Les trois élus régionaux se sont engagés à porter cette question auprès du Département du Gard. Mais au vu des difficultés financières de la collectivité, il sera très difficile d’arracher le financement du projet. Sauf que pour Saint-Jean-du-Gard, cet investissement est jugé « vital ».

    « Les marcheurs ne viendront plus jusqu’à la commune »

  • DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    DNC : les syndicats réclament des vaccins en Occitanie

    L’annonce a fait l’effet d’un choc chez les éleveurs héraultais et surtout gardois. Pour lutter contre la DNC (qui a entraîné l’abattage de plusieurs troupeaux en Savoie), le ministère de l’Agriculture a en effet décidé, le 17 octobre, l’interdiction de toute sortie bovine (marché, salon, fête) dans trois régions dont l’Occitanie et l’interdiction d’exporter, « pour éviter la diffusion du virus hors de France ». Tous les taureaux de Camargue sont aussi confinés au moins jusqu’au 1er décembre avec interdiction pour les éleveurs de les sortir des manades.

    L’inquiétude a donc gagné les éleveurs qui doivent envoyer à l’abattoir la totalité de leur troupeau si un cas est déclaré. Un principe qui révulse tant le Modef que la Conf. « Ce virus qui arrive en France à cause du dérèglement climatique est connu. Des recherches ont été effectuées et on sait que l’abattage de tout le troupeau ne sert à rien. Il faut un abattage ciblé et une vaccination systématique. La preuve, ils ont fait ça en Savoie et on retrouve maintenant le virus dans d’autres régions. En plus, en faisant ça, on supprime la génétique, parfois il y a 20 ou 30 ans de sélection », explique Didier Marion, porte-parole de la Conf paysanne du Gard.

    La ministre répond

    au Modef

    Face à l’inquiétude, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard (LR) a organisé une réunion avec le Modef mercredi 29 octobre, à laquelle a participé le Gardois Frédéric Mazer, co-président national du syndicat. « Elle nous a dit qu’elle était en pleine négociation avec l’Espagne et l’Italie pour réautoriser la vente des broutards vers ces pays et que ça pourrait se faire prochainement. Concernant la vaccination, elle a dit qu’elle avait suffisamment de doses pour les zones réglementées mais elle n’en a pas assez pour une couverture totale du territoire parce qu’il faudrait 15 millions de doses et elle n’en a que quelques centaines de milliers d’avance », explique Frédéric Mazer.

    L’éleveur a également réaffirmé son hostilité à l’abattage total des troupeaux : « La ministre pense que cette stratégie est gagnante car le virus a été éradiqué en Savoie mais il y a le problème de perte génétique et le traumatisme psychologique pour les éleveurs. Au Modef, nous proposons de vacciner tous les cheptels souches, c’est-à-dire les vaches allaitantes, les vaches laitières et les génisses de renouvellement et de ne pas vacciner les bêtes destinées à l’abattage puisque le virus n’est pas transmissible à l’être humain. C’est une proposition que la ministre n’a pas écartée. Elle a aussi dit qu’elle allait consulter la profession pour la vaccination de tout le territoire. »

  • Pétanque féminine : Sauzer, Arnaud et Cros prêtes à remettre le couvert

    Pétanque féminine : Sauzer, Arnaud et Cros prêtes à remettre le couvert

    Trois cents joueuses sont attendues à partir de demain dans le boulodrome Espace José-Escanez. Force est de constater, qu’il y a bien longtemps que le seuil de participation, limité à 100 équipes, a été atteint.

    C’est en effet, à partir de 17h30 que les joueuses pourront retirer leur carton, accueillies par une nouvelle équipe dirigeante, élue le 14 décembre dernier avec à sa
    tête le président Patrick Charreteur. Le boss est épaulé par Isabelle Collomb au secrétariat et Mario Di Vona à la trésorerie. Derrière ce trio, une belle quinzaine de bénévoles assurent la pérennité de l’Uscasa.

    Il va y avoir du sport !

    Une équipe qui va être sur le pont tout ce week-end, avec le déroulement de ce National Féminin. Le 26e du genre et pour lequel ils entendent apporter le meilleur accueil à ces boulistes qui viennent à Château-Arnoux pour pratiquement clôturer leur saison.

    Au programme : début du national par poules samedi à 9h.

    Pour les recalées du premier jour, ces joueuses pourront se requinquer avec le Grand Prix des Lauzieres doté de 800 euros.

    Parmi les participantes, les lauréates de la précédente édition Sauzer, Arnaud et Cros avec pour les deux dernières au moins un fleuron de plus à leur palmarès. Elles sont championnes de France des métiers de La Défense. Il y a aussi le trio qui leur avait tenu tête jusqu’au bout, à savoir Sandrine Ginier-Maurel, qui vient d’échouer au port à Saint-Tropez, Agnes Viens et Océane Bell Lloch.

    Christine Courtiol est aussi souvent arrivée au sommet. Sa dernière ascension victorieuse, c’était il y a deux ans avec Séverine Roche. Elles y reviennent en ordre dispersé, la première avec Cécile Masse-Roustand et Agnès Lesaine, la seconde avec Mégane Cacciatore et Dolores Vercellotti.

    Récentes finalistes à Saint-Tropez, Élisabeth Ruiz sera dans les rangs avec Véro Randrianarizafy et Sophie Roubaud.

    La présence des triplettes Ludivine Raynaud, Marina Rubio et Jessica Durand, ou encore Cathy Brondino, Virginie Onorus et Raymonde Dran, mais aussi de Claire Gaudilliere, Sabine Fara et Stéphanie Fournier voire de la jeune Madeïs Gleyze en compagnie de Sophie Garcia et Anaïs Barghamian sans oublier Lydie Lavaly et Lysiane Bernard avec la « future étoile » Manon Mahé une triplette qui a été intronisée au pays de Roy René, il y a peu.

    Pour conclure, cette liste est loin d’être exhaustive. Toutefois elle permet de se faire une idée de la tâche qui attend ces joueuses qui vont aller au sommet… Et d’écrire qu’il va y avoir du sport !

  • Jeu provençal : dernières salves pour l’armistice

    Jeu provençal : dernières salves pour l’armistice

    Soixante triplettes ont pris le départ de ce championnat sous la direction de Yasmine Manessour et les arbitrages de Michel Allari et Christophe Guyot.

    Les tenants à savoir Céline Zaragoza, Eric Savini et Rémi Arnaudo qui évoluaient sous les couleurs de la B. Dorée portent désormais les armoiries de la B. Commerciale de Saint-Martin-de-Crau. S’ils réussissent à sortir de leur poule, ils seront battus en huitièmes de finale. Dès lors, la course au titre reste bien ouverte et les quatre dernières formations se retrouveront ce mardi où l’on commémore l’armistice pour tirer leurs dernières salves. Natalie Simitsidis va en découdre face à Patricia Bollens alors que Sandra Roche va rencontrer Sylvie Carries.

    Résultats des quarts de finale

    1) Natalie Simitsidis (B. Dorée) bat Catherine – Luc et Mathys Calderon (B.Gazeuse) 13 à 5

    2) Patricia Bollens (C. St Michel P de C) Bat Marie José Parodi – Paul Bertrand -Robin Martinez (B.Commerciale) 13 à 0

    3) Sandra Roche (Boule Ste-Rosalie) bat Patricia Servino – Mohamed Bouchichi – Patrick Porcu (B. Dorée) 13 à 3

    4) Sylvie Carries (B. Amicale Velaux) bat Nadia Mourdault – Jason et Daniel Borg (Boule Gazeuse Istres Rassuen) 13 à 5