Author: tecnavia

  • À l’Estaque, murs effondrés, torrents de boues et bois calcinés

    À l’Estaque, murs effondrés, torrents de boues et bois calcinés

    « Cette fois c’est vraiment un carnage ! » L’énorme incendie du 8 juillet avait épargné une partie du Pôle Nord, structure culturelle du 16e arrondissement. « Le local où on avait remisé tout le matériel s’est rempli de boues. C’est arrivé extrêmement vite, ça coulait de partout », explique Toon, en plein écopage.

    Le torrent a traversé la route. Le mur qui jouxte les voies ferrées de la gare a « littéralement explosé sous la pression, vers 19h » témoigne également Thomas. « Le niveau est monté à 1,20m. Les trains sont restés bloqués par les pierres et la boue que la force de la vague a traînées sur les rails », complète un expert en ouvrage de SNCF réseau venu évaluer les dégâts. Montée Bovis, les habitants déblaient la chaussée d’une masse de terre, de bois brûlé et de briques alors que des agents de la Seramm remplacent une plaque de bouche d’égouts embarquée par le flux. « C’est le mur une dizaine de mètres plus haut qui a cédé. Un véritable tsunami est entré dans ma maison », détaille Salah. En désignant l’avaloir bouché, devant les vestiges brûlés d’une autre villa, il s’interroge : « On est tous responsables, collectivement, propriétaires et collectivités. Est-ce qu’on a fait les entretiens nécessaires ? Et avec l’incendie qui a ravagé la végétation, il n’y a plus rien qui retient, tout a dévalé des collines. »

    Revoir les équipements

    Chemin du Marinier, autre zone particulièrement sinistrée par l’incendie, les ruissellements ont charrié d’énormes morceaux de bitume jusque sous le tunnel. Les voitures contournent prudemment la chaussée éclatée d’où surgit la fonte des canalisations. Des tronçons de bois ont été dégagés sur les côtés. Dominique s’est équipée pour filer la main à un couple de retraités dont la cour et la maison sont pleines de boues. Elle maintient difficilement sa colère : « On avait alerté sur les risques avec les pluies dès le lendemain des feux. Mais voilà, on va encore se débrouiller avec nos assurances. » En bas du vallon, des odeurs de suies et d’humidité émanent d’une épaisse mare noire qui couvre le chemin de la Nerthe. Au numéro neuf, un tas de terre a été déblayé de la maison à l’intérieur de laquelle Lamia et Joseph s’épuisent à écoper 60 cm de boue depuis 3 heures du matin. « Tout est foutu », désespère le retraité. Au rond-point de Saumaty, un bout de colline s’est effondré a laissé béante une canalisation en béton. Habitante du quartier et élue municipale, Lydia Frentzel estime « l’urbanisation accélérée sans que les réseaux d’eaux et routiers soient adaptés. Il faut arrêter de construire et prévoir un plan d’action pour les écoulements ».

  • À Cassis, le village a été nettoyé en une nuit

    À Cassis, le village a été nettoyé en une nuit

    Il est environ 15h, lundi, et le gérant du bar La Fontaine sert ses clients en terrasse. Rien à voir avec la veille. « L’épisode pluvieux a été très fort et soudain. Le débit était impressionnant… », livre Léo Maillefaud. Son établissement se situe « au confluent » de deux rues pentues, juste avant la grand rue. Là où, vers 19h30 dimanche, une vague torrentielle de 1 mètre de hauteur a déferlé pendant plusieurs heures… Selon le Service d’incendie et de secours des Bouches-du-Rhône, il est tombé 86 millimètres de pluie sur Cassis dimanche, soit 86 litres par mètre carré en quelques heures… Or en ce début d’après-midi, hormis quelques cailloux çà et là, il semble ne s’être rien passé. « Les services de la Métropole ont nettoyé toute la nuit. À 7 heures du matin, tout était propre », confirme la maire (LR) de Cassis, Danielle Milon. Selon elle, les réseaux d’évacuation d’eau ont bien fonctionné. « Depuis que j’ai été élue, en 2008, chaque fois qu’on touche à la voirie, on reprend le réseau pluvial et on augmente le diamètre des canalisations. Presque tout a été refait, sauf vers le port. Nous avons aussi réalisé plusieurs bassins de rétention. » Elle enchaîne : « Je n’ai jamais connu un épisode aussi violent. Entre 19h30 et 22h30, Cassis était sous un rideau de pluie dense. On ne voyait pas à deux mètres… »

    Avenue du Pr René Leriche, lundi, des habitants chaussés de bottes s’accordent une pause. Ils sont en train de nettoyer leurs garages. Situés en souterrain à la copropriété Cézanne, ceux-ci ont été inondés dimanche. « Heureusement, mes enfants ont sorti leur voiture à temps », commente Catherine, propriétaire de 2 garages. En contrebas, des gens, équipés de balais, poussent la boue. L’eau a atteint 1,80 mètre, faisant flotter les voitures. « Elles sont foutues », tranche Catherine. La maire a demandé le classement de la commune en catastrophe naturelle.

  • La nébuleuse « Nour d’Égypte » décryptée en correctionnelle

    La nébuleuse « Nour d’Égypte » décryptée en correctionnelle

    Procès lundi à Marseille d’un système patronal d’exploitation de la main-d’œuvre étrangère sans papier, accompagnée de fraudes sociales et fiscales, d’abus de biens sociaux et de blanchiment. Le dirigeant du groupe « Nour d’Égypte », Tamer Shabana, 48 ans, et son beau-père, Jean Claude Amar, 89 ans, ont comparu toute la journée de lundi et jusqu’en soirée devant la 6e chambre correctionnelle pour un florilège d’infractions qu’ils nient dans la gestion de sociétés et établissements culinaires marseillais entre 2016 et le 17 mai 2022, date des interpellations.

    Il est reproché à ce ressortissant égyptien arrivé en France en 2009 et naturalisé français depuis, et à son beau-père d’avoir exploité, sans les déclarer ni parfois même les payer complètement, de nombreux travailleurs étrangers en situation irrégulière dont ils assuraient parfois l’hébergement, aidé en cela par un conseiller bancaire. L’ordonnance de renvoi dénombre 21 personnes non déclarées dans les 4 établissements. 12 se sont constitués partie civile. Aucun d’eux n’était présent à l’audience.

    Les avocats de la défense ont plaidé des nullités de procédure, dénonçant « la surdité totale des juges d’instruction ». « Les droits de la défense ont été piétinés », a déclaré Me Laurent Bartoloméi, avocat de Tamer Shabana, et qui n’a pas mâché ses mots sur l’absence de travail du dernier juge d’instruction à la section financière, Fabrice Karcenty, un magistrat condamné en juin dernier pour des faits d’escroquerie.

    Sitôt la présentation des faits par le président Fauchier-Delavigne, Tamer Shabana a protesté : « Ce n’est pas un résumé qui montre la vérité. Je conteste 99,9% des poursuites. Mon beau-père n’était pas gérant mais secrétaire. Il n’y a aucune mauvaise foi, ni mauvaise intention de ma part. J’ai toujours fait les choses dans les règles », assure-t-il.

    Opération Pharaons

    Au départ fin 2020, le dépôt de plainte d’un employé agressé qui décrivait les recrutements de sans papiers, les hérésies comptables, les recettes en espèces servant à dégager du black pour payer des salaires. Une enquête préliminaire était ouverte dans ce dossier baptisé « opération Pharaons » à la section d’investigation de la Police de l’air et des frontières (PAF) assisté du Groupe interministériel de recherches de Marseille (GIR). Elle creusait les flux financiers entre les entités contrôlées par Shabana : la SCI Tamer et Agnès, « La cantine de Nour d’Égypte » créée en 2013 au 10 rue Bernex dans le 1er, siège initial d’un centre culturel égyptien qu’il avait fondé, le snack « Le Petit Nour d’Égypte » créé en 2018 au 44, La Canebière, la boulangerie Balady créée en 2019 à l’angle des rues Bernex et Consolat puis « Le Souk de Nour d’Égypte » ouvert au 2 rue de Rome dans l’ancien magasin Tati et enfin une société de travaux « L’art de la rénovation ».

    Le 19 janvier 2022, un contrôle de l’Urssaf trouvait 11 personnes en action de travail au « Souk de Nour » dont 4 en situation irrégulière : un Sierraléonais, un Palestinien demandeur d’asile, un Algérien et un Égyptien. Le soir même, Shabana sur écoute donnait instruction de « dégager rapidement toutes les personnes qui n’ont pas de contrat ». En tout, sur les 4 établissements concernés sur la période des poursuites, ce sont 21 personnes selon l’Urssaf qui n’ont pas été déclarées, représentant un préjudice de 145 765 euros. Le motif de l’aide humanitaire ou de la solidarité familiale est exclu.

    La perquisition au domicile, avenue du Prado (8e), de Jean-Claude Amar, le beau-père et grand argentier, permettait la saisie de 227 520 euros en espèces et 4 lingots d’or dans des coffres en banques. « Qu’est ce qui permet à la Justice de me considérer comme gérant de fait ?! », a dénoncé l’octogénaire, un ancien dentiste qui nie être « le grand patron ». « Cet argent vient de mes 44 ans de travail. Rien ne vient des restaurants », lance-t-il contredisant ses déclarations en garde à vue. « Je faisais la comptabilité et faisais les paies car personne d’autre ne le faisait. » Le réquisitoire et les plaidoiries étaient attendus dans la soirée. La décision devait être mise en délibéré.

  • La 6e édition du festival Allez Savoir dédiée à l’information

    La 6e édition du festival Allez Savoir dédiée à l’information

    À l’heure de l’ultra-connexion et de l’information à foison, difficile de savoir démêler le vrai du faux. ça tombe bien, la 6e édition du festival
    « Allez savoir » qui débute jeudi se fait fort de mettre le thème en débat.

    « La multiplication des informations, qui était censée permettre notre émancipation collective, tend à muer en un moyen de nous asservir » considèrent Cécile Van den Avenue et Cyril Lemieux, sociologues à l’EHESS et co-présidents du comité éditorial de la sixième édition du festival. À ce constat répond une intention, celle de remettre l’information à plat et au service des citoyens.

    Savoir, pour préserver la démocratie

    Pour Romain Huret, Président de l’EHESS et principal organisateur du festival, il y va de l’avenir de la démocratie. « En choisissant l’information comme thématique, j’avais en tête moins la réussite du modèle passé que la crise actuelle dans la fabrication de l’information », explique-t-il.Par ailleurs, le choix de rendre l’événement accessible à tous les publics, en incluant notamment des activités dédiées aux scolaires, s’inscrit dans une démarche de démocratisation du savoir et d’engagement de tous les citoyens dans le débat public et l’actualité.

    Car, comme le rappelle le Maire de Marseille (DVG) Benoît Payan, « dans ce contexte [de désinformation], la responsabilité du lecteur grandit » et le savoir « devient un acte de vigilance et une exigence de méthode ».

    L’espace de quatre jours, tables rondes, projections-débats, expositions et ateliers inviteront ainsi le public à mettre à l’épreuve leur esprit critique dans divers lieux emblématiques de Marseille.

  • L’extrême droite s’efforce de faire sauter les digues

    L’extrême droite s’efforce de faire sauter les digues

    Un ralliement au RN, un de plus. Ce lundi matin, l’équipe de campagne du candidat d’extrême droite à la Mairie de Marseille, le député Franck Allisio, avait convié la presse – mais pas La Marseillaise – pour annoncer un nouveau débauchage, celui du chef d’entreprise Mickaël Salfati. « Il va apporter son énergie et son expérience au service d’un projet ambitieux pour la ville », vante l’équipe de campagne du député du Marignane. Ce qui est certain, c’est que le quadragénaire, déjà, lui a ouvert des portes.

    Selon nos informations, c’est en effet sous le couvert de sa société La Maison Mickaël que Franck Allisio a pu obtenir une entrée au dîner du Crif Marseille – Provence ce mardi 12 septembre, accompagné de son directeur de campagne Olivier Rioult et son allié de l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan. Une première, pour un parlementaire d’extrême droite. Sollicitée sur ces faits, son équipe de campagne n’a pas donné suite, tandis que la société de Mickaël Salfati indique qu’il ne sera pas disponible avant jeudi.

    « Le ménage n’a pas été fait »

    Candidat d’un parti cofondé par d’anciens collaborationnistes et Waffen-SS, Franck Allisio s’est largement gargarisé de cet événement, dont il célèbre la « portée politique majeure ». « Après Jordan Bardella invité en Israël, Serge et Beate Klarsfeld faits citoyens d’honneur de Perpignan par Louis Aliot, je suis touché et fier d’avoir été le premier parlementaire du Rassemblement national invité à un dîner du Crif », se vantait-il ainsi dimanche dans un courriel adressé aux adhérents. Quitte à s’arranger avec la réalité, n’ayant reçu aucune invitation officielle du Crif. Mais cela ne l’empêche pas de célébrer « un coup d’arrêt à la dictature de la pensée unique », en dénonçant « le procès injuste en antisémitisme qui a été intenté au RN par quelques bobos parisiens ». « Nous sommes le rempart face à l’antisémitisme », assure le parlementaire lepéniste, qui siège pourtant dans le même groupe que le Varois Frédéric Boccaletti, vendeur de livres négationnistes à Toulon dans sa jeunesse, ainsi que de la Nordiste Caroline Parmentier, qui évoquait le « lobby juif » dans les pages de Présent et célébrait Pétain sur Facebook jusqu’en 2018.

    « Franck Allisio a assisté au dîner sans être invité par l’institution, qui reste fidèle à sa ligne, insiste pour sa part la présidente du Crif 13, Fabienne Bendayan. Les députés de LFI et du RN ne sont pas invités. » Il ne figure ainsi par sur la photo officielle, n’a pas été cité au même titre que les autres parlementaires présents. « La communauté juive, pour beaucoup, est séduite par les discours philosémites et en faveur de l’État d’Israël », observe l’avocate. Mais elle avertit : « Au-delà des discours, il faut raison garder. Il faut constater que la métamorphose du RN vis-à-vis de la communauté juive manque de preuves, le ménage n’a pas encore été totalement fait dans les rangs du RN. » Les candidats antisémites des dernières législatives l’ont amplement prouvé.

  • L’art en selle : deux œuvres de Moralès en route pour Portbou

    L’art en selle : deux œuvres de Moralès en route pour Portbou

    Le fond du camping municipal Bottaï s’agite dès 8h. Café à la main, un petit groupe remballe les duvets, plie les tentes et fourre des sacs d’affaires dans un mini-van gris. Les yeux collent encore, mais les mines sont enthousiastes. Autant s’habituer à cette routine qui rythmera les prochaines matinées. Jeudi 18 septembre, c’est le grand départ pour dix jeunes issus de diverses nationalités, âgés de 18 à 26 ans. Encadrés par le Point accueil jeunes (PAJ) de la Ville de Port-de-Bouc et l’association Concordia, ils enfourchent chacun leur vélo pour rejoindre Portbou, en Espagne, le 29 septembre. « Au total, on va faire 360km, détaille Nassim Braza, directeur du PAJ. Aujourd’hui, on va jusqu’à Mas Thibert. La plus grosse journée est celle qui nous permettra d’atteindre Agde : on parcourra 80km. » Mais l’exploit sportif n’est pas la fin de cette aventure initiatique. « On va promouvoir l’œuvre de Raymond Moralès en transportant deux de ses statues qu’on présentera au public », poursuit l’animateur. Les deux pièces seront remises à la commune d’arrivée.

    L’art du vivre-ensemble

    Décédé en 2004, le Port-de-Boucain, ouvrier au sein du chantier naval, avait dédié tout son temps libre à son art. Aujourd’hui, la Ville est propriétaire de quelque 200 de ses œuvres en fer, souvent immenses, toujours originales, bizarres ou fascinantes.

    Devant la statue dressée sur le cours Landrivon, Kévin, venu du Mans (Sarthe) pour participer au périple, a longuement imaginé la signification des mains et des singes figés autour d’une boîte. José, un Colombien résidant en Italie pour ses études, a quant à lui été « très perturbé » par la sculpture, « presque anxieux ».

    « J’aime plutôt la peinture ou la photo, confie Kévin. Ce périple me permet de m’ouvrir à une nouvelle forme d’art. » Mais ce sont surtout les rencontres qui animent le jeune homme, comme pour George. Ce Sud-Soudanais, arrivé à Martigues il y a un an et demi, veut profiter de ces dix jours pour « nouer des liens et travailler le français ». Nassim Braza résume : « Ils vont apprendre la vie en communauté, partager leurs traditions. Il y a le côté sportif, écologique, mais aussi artistique du voyage… C’est vraiment un projet complet qui va les faire grandir ! »

  • Un été calme au niveau des infractions et des sauvetages

    Un été calme au niveau des infractions et des sauvetages

    Alors que l’ambiance générale est à la rentrée, la cellule de veille estivale signe ce lundi 22 septembre sa dernière réunion. L’occasion pour ce dispositif partenarial créé en 2004 de dresser le bilan de la saison qui s’achève, d’un point de vue de la tranquillité et de la salubrité publiques et des actions de prévention sur les aspects techniques et environnementaux.

    Côté sécurité, plus d’une centaine d’infractions ont été relevées par la police nationale sur les plages ainsi qu’une cinquantaine en mer, principalement concernant le matériel de sécurité. Les vols de bateaux ont été moins fréquents que l’an passé, bien que la police municipale ait interpellé cinq personnes en début d’été.

    La saison a été un peu plus animée pour les pompiers. « Cette année, trois gros incendies ont été à déplorer : un sur le quartier de Réveilla, un autre majeur qui a démarré sur le quartier de Saint-Lazare avec une reprise sur le quartier de Saint-Julien », rappelle l’élu de quartier Jean-Marc Villanueva. Le commandant Alexis Mollier note : « Au mois de juin on a eu un bond de 30% d’activité par rapport à la même période de 2024. » Au niveau local, 27 départs de feu ont été recensés, représentant 230ha brûlés « principalement liés au feu du 17 juillet qui concernait plus de 200 hectares ».

    Côté assistance aux personnes, Christophe Sola, pompier chargé de la surveillance de la baignade, souligne une baisse des chiffres : « Nos 18 sauveteurs ont soigné 575 victimes, on a eu quatre débuts de noyade, 12 évacuations. Ce qui est certain, c’est qu’on a eu 2 noyades le 27 juin. Ce jour-là il n’y avait pas de surveillant de baignade et une personne est décédée. À savoir qu’en 2018 on surveillait 94 jours contre 80 aujourd’hui. Est-ce que la baisse des chiffres vient de là ? Je ne sais pas. Je ne sais pas non plus si c’est logique vu les périodes caniculaires qui vont être de plus en plus fréquentes. » Pour l’an prochain, la Ville réfléchit à une extension de la surveillance des plages.

    La collecte des déchets pointée

    Manon Mamano, du service Allô Martigues dédié aux remontées des habitants relatives aux dysfonctionnements sur le domaine public, affirme : « Les signalements qu’on a eus le plus concernaient les algues sur la plage de Ferrières et les problèmes de collectes de déchets -qui nous ont été rapportés de manière très récurrente, quasi journalière. »

    Sur ce point, le représentant de la Métropole Thomas Fiant précise : « Comme tous les ans, on a ajouté une tournée supplémentaire qu’on a cette fois mise en œuvre un mois plus tôt, début juin. » Un effort jugé insuffisant par les services municipaux. Odile Teyssier Vaisse, adjointe de quartier (Carro, Laurons, Saint-Julien), assène : « On a l’impression que les tournées n’étaient pas finies. Cette année on a fait deux pas en arrière. La Ville a compilé tous les agacements des habitants qu’elle a reçus et on est dépourvus, sans solution et agacés par un service qui n’est pas satisfaisant. »

  • La CGT célèbre les 129 ans de la Bourse du travail et plus d’un siècle de luttes

    La CGT célèbre les 129 ans de la Bourse du travail et plus d’un siècle de luttes

    L’union locale CGT d’Aix-en-Provence s’apprête à célébrer un double anniversaire. Vendredi 26 septembre en salle Voltaire (proche de la place des Cardeurs) dès 17h, elle fêtera à la fois les 130 ans de la création de la Confédération générale du travail (CGT) et les 129 ans de la Bourse du travail d’Aix. Pour l’occasion, une soirée est organisée salle Voltaire, rue des Muletiers, avec en point d’orgue une conférence-débat animée par Stéphane Sirot, historien reconnu du syndicalisme et des mouvements sociaux. La rencontre sera suivie d’un moment fraternel à la Bourse du travail. Au-delà de l’aspect commémoratif, la CGT entend ancrer cet anniversaire dans l’actualité sociale. « Cette date coïncide avec un mouvement en construction face aux mesures budgétaires gouvernementales particulièrement brutales pour les travailleurs, tout en épargnant les ultra-riches et le patronat des grandes entreprises », souligne l’union locale. Depuis sa création, la Bourse du travail a servi de lieu de rencontre, d’organisation et de mobilisation pour des générations de salariés. Elle reste aujourd’hui un symbole de continuité et d’ancrage local pour l’union locale CGT. « En célébrant ces deux anniversaires, nous voulons montrer que notre histoire est vivante et qu’elle continue à s’écrire », insiste la CGT. Les « partis progressistes », indique François Canu, secrétaire de l’UL CGT Aix, seront également présents, ainsi que Marc Pena, député PS de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône. La mairie devrait elle aussi recevoir une invitation, selon la CGT.

  • FO Justice alerte sur le manque de moyens en milieu ouvert

    FO Justice alerte sur le manque de moyens en milieu ouvert

    Depuis « plusieurs mois, les équipes du SPIP 13 travaillent dans des conditions de plus en plus dégradées, faute de moyens humains, matériels et de soutien hiérarchique », résume dans ses premières lignes le courrier rédigé par le syndicat FO-Justice. Sous forme de lettre ouverte, rédigée ce vendredi 19 septembre, le syndicat interpelle le directeur pénitentiaire d’insertion et de probation (DFSPIP) des Bouches-du-Rhône. « Le contexte est particulier, on manque énormément de personnel. Depuis deux ans, sur Aix-en-Provence, le milieu ouvert suit à peu près 300 personnes sous bracelet électronique pour seulement quatre surveillants pénitentiaires affectés au SPIP, au lieu de six. Or il faudrait un surveillant pour cinquante détenus. On est à environ 120 personnes par conseiller d’insertion et de probation (CPI) », contextualise Frédéric Belhabib, surveillant pénitentiaire et représentant départemental pour FO – Service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) indiquant qu’en France. L’arrivée récente de CPI n’ont pas permis de soulager la charge de travail. Une carence qui « compromet gravement la capacité du SPIP à gérer efficacement les mesures de placement sous surveillance électronique, déjà en forte augmentation. Il est illusoire de prétendre trouver des solutions par le biais de groupes de travail sans disposer au préalable des moyens humains et matériels nécessaires », indique le courrier de FO Justice. Sont aussi pointés un manque de « plusieurs adjoints administratifs (AA), tant sur le centre de détention (CD) de Salon-de-Provence que sur le milieu ouvert d’Aix-en-Provence, où un poste supplémentaire d’AA s’avère indispensable pour garantir la continuité du service (…). À cela s’ajoute un déficit de Directeurs pénitentiaires d’insertion et de probation (DPIP) », indique FO-Justice.

    Matériel dégradé

    La détérioration du matériel en milieu ouvert est lui aussi, largement pointé du doigt. Véhicules « hors d’âge », « locaux infestés de nuisibles » dont frelons, punaises de lits et cafards selon les syndicats. Sur site, les ascenseurs sont également en panne depuis plusieurs semaines dans les locaux situés avenue du Club hippique. Le syndicat, après constat, revendique entre autres un « renfort immédiat en personnel », « des conditions de travail et d’accueil dignes d’un service public avec un engagement réel à défendre les personnels auprès de la hiérarchie interrégionale », « l’intervention urgente auprès du bailleur pour éradiquer durablement les nuisibles dans les locaux ». Sollicité, le SPIP des Bouches-du-Rhône n’a pas pu répondre à nos sollicitations.

  • Léon Landini, le dernier FTP-MOI est mort à 99 ans

    Léon Landini, le dernier FTP-MOI est mort à 99 ans

    C’était le dernier des Francs-tireurs et partisans de la main-d’œuvre immigrée (FTP-MOI) : Léon Landini est décédé dimanche, jour international de la paix, à 99 ans.

    Il y a un peu plus d’un an, il était au Panthéon pour accompagner son camarade Missak.

    Fils d’immigrés italiens qui avaient fui le fascisme en 1921, Léon est né en 1926 au Muy près de Saint-Raphaël. Il adhère au PCF à 16 ans. Le 12 octobre 1942, il participe au sabotage de la voie ferrée qui relie Saint-Raphaël à Cannes, provoquant le déraillement d’un train de marchandises allemand. Au sein de son groupe FTP-MOI, il prend part également au sabotage d’une mine de bauxite à Brignoles le 26 février 1943, puis à l’attaque d’un baraquement de l’armée italienne à Fréjus-Plage le 4 mars de la même année. Après le dépôt infructueux d’une bombe à l’Hôtel Bellevue de Saint-Raphaël, il est envoyé dans la Creuse pour y rejoindre le maquis FTP.

    Son action dans la résistance se poursuit jusqu’à Lyon où, de mai à juillet 1944, il participe à des attaques contre des soldats allemands, à des destructions de véhicules militaires, des déraillements, ainsi qu’à la mise hors service d’usines travaillant pour l’occupant. Arrêté le 25 juillet 1944, il est torturé par les miliciens français sous l’autorité de la Gestapo lyonnaise au sein de la prison Montluc : boîte crânienne enfoncée, vertèbres cervicales abîmées, testicules écrasés. Le 24 août 1944, à la suite de l’insurrection de Villeurbanne, déclenchée notamment par le Bataillon Carmagnole-Liberté ils se libèrent obligeant les gardiens allemands à déguerpir.

    Selon son témoignage après la Libération, il traîna d’hôpitaux en hôpitaux jusqu’en février 1946, date à laquelle, il fut réformé, démobilisé et renvoyé dans ses foyers. Léon Landini est grand mutilé de guerre à 100%. Cependant, il fut délégué de la Creuse au congrès des JC en 1945.

    Il revint à Saint-Raphaël et devint exploitant forestier avant de s’installer à Paris en 1963 et de travailler dans la restauration collective. Domicilié à Bagneux, il a été élevé au grade de chevalier (1992) puis officier (1998) de la Légion d’honneur et préside depuis 1967, l’Amicale FTP-MOI des bataillons Carmagnole-Liberté. Longtemps engagé au PCF, il fut ensuite président du PRCF.

    Signe de l’importance de son engagement, la ministre démissionnaire chargée de la Mémoire et des Anciens combattants s’est jointe aux nombreux hommages : « Résistant des FTP-MOI, Léon Landini nous a quittés. Engagé dans la résistance contre les nazis dès ses 16 ans, il a été arrêté, torturé et a survécu. Après la guerre, il a été un passeur de mémoire notamment au sein de l’Amicale des anciens FTP-MOI de Carmagnole-Liberté, qu’il présidait. Ses précieux témoignages nous rappellent le prix de la Liberté et la nécessité de la défendre. J’adresse mes sincères condoléances à sa famille et à ses proches. »

    Le décès de Léon Landini, internationaliste convaincu, a fait réagir également l’ambassadeur de Cuba en France, qui a rappelé qu’en tant qu’« exemple de résistance et de courage, le gouvernement cubain lui avait décerné la médaille de l’amitié ».

    Dans notre région, où il a marqué de son empreinte la Résistance notamment à Saint-Raphaël, la fédération PCF du Var et la section Var Est se sont inclinées devant sa mémoire.

    « Officier de la Légion d’honneur, médaillé de la Résistance, grand mutilé de guerre… Léon Landini fait partie de ces militants qui n’ont jamais plié qui ont combattu toute leur vie pour libérer la France du nazisme, pour l’idéal communiste, pour une société bâtie sur l’émancipation des hommes et des femmes », salue le communiqué des communistes varois. Et de souligner que rappeler ses actions exemplaires est indispensable, « au moment où des esprits révisionnistes malsains tentent de faire disparaître la mémoire de ces grands résistants y compris en enlevant la plaque commémorative où figurent les noms de Roger et Léon Landini sur le front de mer à Saint-Raphaël ».

    La Marseillaise s’associe aux hommages rendus et adresse ses condoléances à tous ses proches.

    Fabien Roussel

    Secrétaire national du PCF

    Léon Landini, dernier des FTP-MOI vient de nous quitter. Nous nous étions retrouvés au Pantheon, autour de Manouchian. Ensemble, ils symbolisaient la résistance communiste et l’internationalisme.

    Assan Lakehoul

    Secrétaire général du Mouvement des Jeunes communistes

    Léon Landini, résistant communiste FTP-MOI, est mort. La France perd un combattant de la liberté, à l’heure où ils sont à nouveau tellement nécessaires. L’histoire se répète. Notre génération saura aussi unir dans la lutte drapeaux rouge et tricolore.

    PRCF

    Camarade Léon Landini, tu restes à jamais un exemple et un honneur pour nous tous ! Léon Landini à jamais : l’avenir appartient aux révolutionnaires, aux résistants, à ceux qui reconstruisent le parti communiste, combattent le fascisme et la guerre pour la liberté des peuples, les droits des travailleurs.

    Ian Brossat

    Porte-parole national du PCF
    et sénateur

    Résistant, engagé au sein des FTP-MOI dès l’âge de 16 ans, communiste jusqu’à son dernier souffle, il fut une grande et belle figure de la classe ouvrière. Hommage à lui et à tous ses camarades de combat.

    Marie-Hélène Amiable,

    Maire PCF de Bagneux

    C’est avec une grande émotion que j’ai appris le décès de Léon Landini, à presque 100 ans. Avec lui disparaît l’un des plus illustres Balnéolais, l’un des derniers représentants des FTP-MOI, ces résistants communistes et étrangers au courage inouï qui ont combattu l’occupant nazi.

    Jean-Luc Mélenchon

    Fondateur de la France insoumise

    Léon Landini est décédé. Une douleur pour tous ceux qui le connaissaient. Un ami, un modèle est parti. On va suivre l’exemple. Et ne jamais oublier la leçon : quelles que soient les circonstances, toujours savoir que la seule bataille perdue d’avance est celle qu’on ne mène pas.

    François Ruffin

    Député Debout !

    Lui et ses camarades ont tenu bon dans les pires moments de notre histoire. À notre tour de ne pas baisser les bras.

    Gilles Perret

    Réalisateur

    J’apprends avec tristesse le décès du copain, résistant FTP-MOI, Léon Landini qui dans mon film Les Jours Heureux symbolisait la lutte armée qui permit au programme du CNR d’être signé puis largement adopté à la Libération. Un militant qu’on croyait immortel ! Salut Léon !