Author: tecnavia

  • Refus de carence des salariés du Groupe SOS

    Refus de carence des salariés du Groupe SOS

    Ils étaient plus d’une vingtaine sur la cinquantaine de salariés du Groupe SOS affectés sur le centre d’hébergement d’urgence de la Minoterie dans le 15e et autant sur celui de Fontainieu dans le 14e, ainsi que sur le CHRS Chez Simone dans le 3e à exprimer leur colère et leurs inquiétudes. Une action soutenue par la CGT, dans le cadre d’un mouvement national. En débrayage depuis 11h avec ses collègues, accompagnant éducatif depuis dix ans au sein du Groupe SOS, Rudolph Buhlert déplore : « Nous avons fait une pétition qui a recueilli plus d’un millier de signatures, nous avons alerté via le CSE, mais la direction n’a rien voulu savoir. » Les salariés dénoncent une note reçue fin septembre, « où le groupe décide de mettre fin à l’accord qu’on avait, de ne pas subir de carence en cas d’arrêt maladie ».

    Restriction matérielle

    Pour le délégué syndical CGT, « cette dérive risque de nous mettre en situation de travailler même malade au risque de contaminer les collègues et les publics hébergés, dont la santé est souvent très fragile ». Une réunion devait se tenir au siège pour tenter de revenir sur cette mesure. Mais les salariés pointent également « des difficultés financières du Groupe, qui, malgré sa taille, subit les restrictions budgétaires de l’État et a déployé un plan de retour à l’équilibre ».

    Devant le grand bâtiment de la Minoterie d’une capacité de 200 places, ils font état d’une détérioration des conditions de travail et d’accueil : « Les morceaux de pains sont comptés, un par personne le matin avec un café, les couvertures et les draps commencent à manquer, dans la réserve le stock d’équipement s’amenuise, on tire sur le chauffage ou la clim… » De quoi s’inquiéter de l’avenir des structures gérées par le Groupe SOS. « Nous avons deux postes d’aide soignantes qui ont été gelés », regrette encore un salarié.

  • Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Orange décide de fermer Saint-Mauront quinze jours

    Nouvel incident, ce jeudi 27 novembre, sur le site d’Orange à Saint-Mauront (3e). Pour le troisième jour consécutif, les salariés ont été appelés à se confiner suite à des affrontements au niveau de la station de métro National toute proche. Certains évoquant même des tirs. Mardi, la direction de l’entreprise de télécommunications leur avait demandé de ne pas quitter le site durant une demi-heure, le temps que la bagarre, visiblement à coups de club de golf, se calme. Ces « événements répétés » et la « montée des tensions dans le quartier », l’ont finalement conduit à fermer le site, dès ce vendredi, « pour une durée temporaire jusqu’à mi-décembre, le temps d’un retour à une situation apaisée ».

    « Les salariés auront la possibilité de se rendre sur d’autres sites ou d’utiliser le télétravail », précise-t-elle, assurant que leur « sécurité et bien être » restaient sa « priorité ». Concrètement, pour récupérer matériel ou véhicule, dans le cadre d’un « plan de continuité de l’activité » déjà mis en place durant l’épidémie de Covid, il leur faudra prendre rendez-vous.

    Dès mardi, la CGT Télécoms 13 avait déposé un droit d’alerte pour « danger grave et imminent », indique le syndicat dans un communiqué. Déplorant « l’absence de politique publique et les baisses constantes des budgets de la fonction publique », qui conduisent « à ce genre de décisions prises dans l’urgence », avec des salariés mis « devant le fait accompli », il rappelle que les habitants sont les premiers concernés « par les enjeux de sécurité publique ».

    Des risques connus

    Et de dénoncer l’attitude d’une direction qui n’a eu que « le souci économique », en fermant il y a deux ans des dizaines de sites sur Marseille et sa périphérie pour réaliser son projet à Saint-Mauront.

    « Les risques sont connus de longue date par l’employeur et par les pouvoirs publics. C’est d’ailleurs pour cela que la CGT revendique les bonifications pour l’ensemble des personnels travaillant en Quartiers Prioritaires de la Ville », précise la CGT au passage. Elle estime que « la seule fermeture du site sans plan clair ne constitue pas une réponse à la hauteur » et exige des mesures durables avec notamment « le renforcement de moyens humains et matériels », une « coordination avec les services de l’État pour sécuriser le périmètre autour du site ». Pour la CGT, hors de question d’abandonner un lieu qui « doit vivre ».

    La CFE-CGC a aussi déposé un droit d’alerte, indique Laurent, son représentant local, et a fait remonter l’affaire au niveau national. Dans un communiqué, Sébastien Crozier, président du syndicat chez Orange, évoque des personnels « terrorisés », et des « réponses de la DRH (…) laconiques ». Le syndicat « a sollicité un rendez-vous au ministre de l’Intérieur pour (…) protéger les personnels et ce site de télécommunication critique pour la ville de Marseille », poursuit-il, appelant « la puissance publique » à « rétablir l’ordre républicain ».

  • Gaby Charroux (PCF) candidat pour un nouveau mandat à Martigues

    Gaby Charroux (PCF) candidat pour un nouveau mandat à Martigues

    « Ce soir, c’est la présentation de candidature. Ce n’est ni le bilan, ni le projet, ni la liste. On tient notre calendrier », a expliqué Gaby Charroux, entouré de nombreux soutiens, devant près de 200 personnes.

    Avant d’ajouter : « Ma candidature aux municipales 2026 s’appuie sur une méthode et un collectif en place, pour une part renouvelée. (…) Notre ambition est toujours la même : faire de Martigues une ville qui protège ses concitoyens (…). On a une forte envie et une forte énergie. »

    Cette déclaration de candidature fait suite à sa désignation comme chef de file du PCF, à Martigues, par la direction nationale du Parti, en juillet dernier.

    Dès ce vendredi 28 novembre, une lettre du candidat à l’attention des Martégaux sera distribuée par les militants communistes et leurs partenaires.

  • 13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    13 Habitat de marbre même devant un arrêté d’insalubrité

    Assiata avait enfin obtenu en octobre 2022 un logement social pour découvrir qu’il est rongé par l’humidité et les moisissures. 13 Habitat, dont la gouvernance a vacillé cette année, est visé par 4 arrêtés préfectoraux d’insalubrité depuis le début de l’année : deux à Marseille dans la cité Louis-Loucheur de 1932 où vit cette mère, un à Rognac et un à Salon-de-Provence, ce qui renseigne sur la dégradation du patrimoine du premier bailleur social des Bouches-du-Rhône.

    Le maire de Marseille, Benoît Payan, s’en est ouvert par courrier au président du conseil d’administration de l’office public en relayant les alertes d’habitants des résidences des Aygalades, Val Plan, la Marie et la Verdière. Jean-Marc Perrin lui a répondu que c’était une « polémique stérile » tout en appelant à « coopérer ». Six mois après l’arrêté préfectoral d’insalubrité du 5 juin 2025, le bailleur public n’a toujours pas traité le logement ni même reloger Assiata Abdou et son fils. L’arrêté soulignait déjà « l’absence de réponse » de 13 Habitat à son courrier lançant la procédure contradictoire, ce qui en dit long sur l’inertie de l’office public qui engage désormais sa responsabilité pénale pour sa carence persistante.

    « Il faut avoir le courage

    de dénoncer »

    « L’arrêté n’a rien changé. Je n’ai eu aucune proposition de relogement. L’été, l’odeur insupportable réveille la nuit et l’hiver avec l’air qui passe par les fenêtres j’ai peur pour ma santé. Je fais de l’asthme, j’ai fait une rechute en juillet d’inflammation pulmonaire » raconte Assiata, 58 ans, accompagnante d‘élève en situation de handicap. « Depuis 3 ans qu’on vit ça, ils promettent des travaux mais sont champions pour envoyer un plombier ou le gardien reprendre des photos. Ils savent aussi déstabiliser les locataires en affirmant qu’on n’a pas répondu aux appels téléphoniques des entreprises. » Son fils de 21 ans est inquiet de voir la santé de sa mère se détériorer. « On est obligés de stocker nos vêtements dans des caisses hermétiques pour ne pas qu’ils pourrissent », dit-il.

    « Avant, moi aussi comme mon fils, j’avais honte d’habiter là où on vit, mais il faut avoir le courage de le dénoncer. Cela aidera les autres mamans seules à témoigner. » Comble de cet enfer, les désordres d’évacuation du logement impactent sa voisine du dessous. Assiata se retrouve assignée avec 13 Habitat devant le pôle judiciaire.

    En avril dernier, 13 Habitat a reconnu avoir « pu constater différents désordres et désagréments que vous subissez et qui impactent votre cadre de vie » et a promis des travaux. L’office concluait : « Soyez assurée que [13 Habitat] veillera tout particulièrement au suivi des travaux demandés afin que vous puissiez retrouver le cadre de vie que vous êtes en droit d’attendre. »

    « La situation de Mme A. vivant dans un logement déclaré insalubre à Louis-Loucheur, doit être améliorée de toute urgence. 13 Habitat assume sa part de responsabilité dans le retard pris, et présente ses excuses à la locataire », écrit le bailleur social dans le communiqué qu’il nous adressé ce jeudi 27 novembre et qui reconnaît qu’à ce jour, « seule la pose de réglettes d’aération sur menuiseries a été effectuée par l’entreprise prestataire. Les autres interventions n’ont pas pu être réalisées, en l’absence de rendez-vous fixés entre les prestataires et la locataire ».

    Le logement, occupé par Assiata et son fils, est couvert de moisissures. Il est frappé d’un arrêté préfectoral d’insalubrité depuis le 5 juin 2025, qui oblige désormais le bailleur à des travaux et à un relogement dans les trois mois. 13 Habitat indique avoir « décidé » d’interventions à faire. « 13 Habitat vient de demander à nouveau, à ses prestataires, d’intervenir dans les plus brefs délais, et sera particulièrement attentif à la qualité des travaux réalisés. »

    L’office demande à sa locataire de se rendre disponible afin de faciliter la bonne réalisation de ces interventions. Pour rappel, cette mère isolée qui travaille a déjà dû prendre des congés pour se rendre disponible et jusqu’alors pour rien, se mettant en difficultés financièrement. 13 Habitat dit « étudier la possibilité d’un relogement temporaire ou pérenne. L’objectif est bien de mettre un terme au plus vite à cet état d’insalubrité ». À suivre donc.

    Interrogé, 13 Habitat
    nous indique préparer
    un communiqué jeudi.

  • Deux cents cheminots attendus en gare d’Alès pour défendre la ligne

    Deux cents cheminots attendus en gare d’Alès pour défendre la ligne

    La défense du rail s’arrête en gare d’Alès vendredi 28 novembre. Comme elle l’a déjà effectué dans plusieurs villes de la région, la CGT cheminots organise un village avec une dizaine de stands consacrés aux associations d’usagers pour échanger sur l’avenir du rail de 10 à 15h. « Il y aura des associations d’usagers du Gard, de l’Hérault, de l’Aude et des Pyrénées-Orientales avec deux cents cheminots rassemblés sur la défense du service public et sur la réouverture des lignes. Le but, c’est aussi d’occuper le terrain et de présenter chaque association et son travail », détaille Éric Bringuier, le nouveau secrétaire général de la CGT des cheminots de Montpellier.

    Avec cette rencontre, la CGT veut favoriser le dialogue entre les cheminots et les associations d’usagers pour qu’elles présentent leur travail et réfléchissent à des moyens d’action communs. « Cet événement revendicatif s’inscrit dans une démarche nationale de la fédération CGT des cheminots pour développer le service public ferroviaire et notamment le maintien des lignes de desserte fine du territoire comme celle d’Alès-Bessèges, la ligne des Cévennes, ou la Rive droite du Rhône », confirme Olivier Mauras, de la CGT d’Alès.

    La CGT veut en profiter pour rappeler un certain nombre de points comme le retour à « une entreprise unique et intégrée » ou le fait de repasser la gestion des lignes régionales à l’État et non à la Région comme c’est le cas aujourd’hui. « Même si nous avons une Région pro ferroviaire avec un vice-président Jean-Luc Gibelin (PCF) qui est pro ferroviaire, nous sommes opposés que ce soit les Régions qui prennent en charge les lignes parce que selon les Régions, il y aura une disparité de l’offre ferroviaire. Ça veut dire qu’on n’assure pas des services publics sur l’ensemble du territoire », explique Éric Bringuier.

    Après cette phase de rencontre devant les gares où un repas convivial est aussi prévu le midi, la CGT souhaite passer à une nouvelle phase à la rentrée 2026 en étant notamment reçue par le préfet de région pour lui faire part de ses revendications. « La deuxième étape se fera par site au premier semestre 2026 pour peser sur les réouvertures de ligne et démontrer leur utilité. Nous avons fait des études sur les lignes avec une analyse du nombre de voyageurs qui pourraient les emprunter, le nombre de voitures que l’on pourrait remplacer et même les coûts induits. Le but c’est d’inciter l’État à s’investir », poursuit le syndicaliste.

    Soutenir la réouverture de la ligne Alès-Bessèges

    Ce rassemblement aura aussi pour but de rappeler la nécessité de la réouverture de la ligne Alès-Bessèges retardée et désormais prévue en deux phases avec le lancement d’Alès-Saint-Ambroix à la fin 2028 puis la poursuite jusqu’à Bessèges fin 2030. « Nous voulons expliquer aux usagers où en est la réouverture de cette ligne et les alerter sur la situation. En 2018, il y avait déjà des contraintes environnementales mais depuis, tous les ans, il sort de nouvelles contraintes. Maintenant, il y a des problèmes avec les passages à niveau. Dès qu’on règle un problème, il y en a un nouveau qui apparaît », s’agace Thierry Ferré, responsable du collectif de défense de la ligne Alès-Bessèges qui a organisé plusieurs tractages fin novembre sur les marchés de Bessèges, Molières et Saint-Ambroix ainsi que dans les villages le long de la ligne des Cévennes (Villefort, Génolhac, la Grand-Combe et Chamborigaud). Le but là aussi était d’informer la population sur le retard pris sur la réouverture de cette ligne qui s’appuie pourtant sur le même tracé qu’avant 2012.

    « La ligne Alès-Bessèges est très attendue. Il y a beaucoup de potentialités avec cette ligne », confirme Éric Bringuier. En effet, entre les possibilités autour de la filière bois qui se développe à Bessèges et la desserte des lycées alésiens, cette ligne où sept allers-retours sont prévus par jour, pourrait désenclaver des zones particulièrement touchées par la désindustrialisation. « Il y a un potentiel énorme sur la vallée de la Cèze. Il y a une forte demande parce que c’est une des vallées les plus pauvres du Gard avec beaucoup de retraités et de personnes en difficulté. En plus, il y a la halte d’Alès, du lycée Jean-Baptiste-Dumas, qui permet d’amener les élèves. Cela permettrait ensuite de déployer les bus autrement. Si l’on prend un bus scolaire qui dessert par exemple Saint-Ambroix au lycée d’Alès, on pourrait enlever ce bus pour le mettre de Saint-Ambroix à Saint-Jean de Maruejols et faire du rabattement sur la gare de Saint-Ambroix. Ça permettrait de multiplier les rotations avec la même enveloppe budgétaire », ajoute Thierry Ferré.

    Le militant du rail veut en effet peser sur l’État pour que celui-ci accélère sur les études environnementales. Le collectif de défense de la ligne Alès-Bessèges a de son côté prévu d’être à l’initiative d’une action en avril 2026.

  • Séché Assainissement 34 : la grève a payé

    Séché Assainissement 34 : la grève a payé

    Depuis le rachat de l’entreprise par Séché Environnement en 2022, les salariés ont vu leurs revenus et leurs conditions de travail décliner. « On n’avait jamais fait grève jusqu’ici, mais nos rétributions ont été considérablement dégradées », confirme Patrice Mandelli, délégué CGT. « Nous avons des heures de travail en moins, des primes avaient été retirées… La direction s’était justifiée par une perte d’activité, mais en juin dernier, les trois actionnaires du groupe – le père et ses deux fils – se sont partagés 9 millions d’euros. Nous, on ne veut pas de surplus ; on veut seulement récupérer ce qui a été supprimé ».

    Après une semaine de grève et un dialogue parfois difficile, la mobilisation et la médiation de l’inspection du travail ont fini par payer le mardi 25 novembre dernier. « On a eu gain de cause sur une partie de nos revendications. Nous avons par exemple obtenu le passage de la convention 3D (désinfection, désinsectisation, dératisation) à la convention Assainissement, qui est notre activité principale, et puis la mise en place d’une prime d’intéressement. Nous avons aussi obtenu quelques arrangements, comme le jour de repos qui avait été perdu pour les astreintes et les déplacements », détaille le syndicaliste.

    Pas d’augmentation pour le moment

    La direction a également consenti à payer aux salariés la moitié des jours de grèves, mais pour l’heure, elle n’a pas cédé d’un iota sur l’une des revendications les plus importantes : l’augmentation des salaires ! En effet, depuis 2022, les salariés ont perdu 30 minutes de temps de travail par jour, soit une dizaine d’heures par mois. « Cela représente entre 120 et 150 euros sur la fiche de paie », explique Patrice Mandelli. A ce sujet, la direction renvoie les salariés vers les prochaines négociations annuelles dédiées aux augmentations, qui devraient démarrer en février prochain. « Si on a repris, c’est qu’on a trouvé un terrain d’entente. Pour le reste, nous verrons au prochain combat », poursuit Patrice Mandelli, qui salue une belle mobilisation. Selon lui, près de 95% des 40 salariés étaient bel et bien en grève entre le 18 et le 25 novembre, puisque seuls les personnels administratifs étaient restés à leur poste.

    Cotée au Cac 40 depuis 1997, le groupe Séché Environnement regroupe une cinquantaine d’entreprises en France et 120 à l’international, dont neuf agences dédiées à l’assainissement. Au total, elle dénombre aussi plus de 7300 collaborateurs. Au 31 décembre 2024, le groupe a affiché un chiffre d’affaires contributif de 1 110,4 millions d’euros. Un résultat en progression de + 9,6 % par rapport à 2023…

  • Alès d’antan à redécouvrir en cartes postales

    Alès d’antan à redécouvrir en cartes postales

    Les éditions Hervé Chopin poursuivent avec Alès leur collection « Images d’Antan » lancée en 2004. Depuis 20 ans, cette collection compile les cartes postales d’une période s’étalant de 1880 au début de la Première Guerre mondiale. Pour la capitale des Cévennes, c’est Valérie Alamo, native du Gard mais plus habituée à écrire des biographies de chanteurs, qui s’est occupée des textes accompagnant les cartes postales fournies par les Archives municipales.

    « J’ai découvert un nouvel Alès »

    « J’ai fait beaucoup de découvertes en faisant mes recherches, comme le fait que Vauban n’avait jamais mis les pieds au fort Vauban ou l’ancienne gare démolie qui était sublime. Il y avait aussi un marché sous des arcades que beaucoup d’anciens n’ont pas connu. J’ai découvert un nouvel Alès. Avec ces cartes postales, on voit que même si presque tout a changé, puisque même le crassier n’existait pas encore, on comprend beaucoup de l’histoire actuelle de certains quartiers », explique l’autrice. À travers les 96 pages du livre, Valérie Alamo retrace l’histoire d’une cité industrielle – marquée par les mineurs, les blanchisseuses – mais aussi agricole, puisque les champs venaient à l’époque jusqu’aux portes de la ville.

    Pour découvrir l’ouvrage et échanger avec son autrice, un lancement est prévu en public le samedi 29 novembre à la médiathèque Alphonse Daudet (14h).

  • Lunel Collectif et des citoyens contre la déviation de la RN 113

    Lunel Collectif et des citoyens contre la déviation de la RN 113

    « Personne n’est au courant ! » Et pourtant, à quatre mois des élections municipales, le serpent de mer du Lunellois est bel et bien de retour. Vieux de près de 40 ans, il s’agit du projet de déviation de la route nationale 113. Traversant Lunel-Viel et le centre-ville de Lunel, la RN 113 est depuis toujours pointée du doigt pour générer embouteillages, nuisances sonores et insécurité en ville. « Entre les camions, les trottinettes et les trottoirs en mauvais état, les piétons ne se sentent pas en sécurité », témoigne Fatima Khouya, membre de Lunel collectif.

    D’où la volonté des maires aux manettes de déplacer le tracé de cet axe fréquenté au sud de Lunel-Viel et de Lunel. Après des années de silence radio, la préfecture de l’Hérault a relancé le 27 octobre une enquête parcellaire qui vient de se clôturer le 13 novembre. Une fois que le commissaire enquêteur aura rendu son rapport, le préfet pourrait ainsi réactiver le dossier dont certains citoyens ne veulent pour rien au monde.

    Au bord du canal de Lunel bordé de champs, Lise Florès imagine une future route, son pont et ses remblais : « 40 hectares de terres agricoles seraient ici détruites. Or, la loi sur la souveraineté alimentaire de 2025 commande aux maires de développer l’alimentation de proximité », insiste l’écologiste membre de Lunel collectif sur le point de monter une liste aux municipales. À ses côtés, Gilbert Gomez, viticulteur qui craint de perdre des terres, acquiesce. « Je m’étais déjà fait exproprier à l’époque à cause de la station d’épuration qui a pollué tous mes puits. Mon mas a perdu toute valeur. Ils veulent encore me prendre 21 ares, c’est hors de question. »

    Solutions alternatives

    Il n’est pas le seul menacé d’expropriation. Du côté de la RD24 où doit pousser le giratoire ouest, l’un des sept ouvrages d’art que nécessite la dernière version du projet, Laurent Firmin fait grise mine. « Le tracé mange la moitié de ma maison », déplore le gérant d’une société de nettoyage. « Mon entreprise est bien placée, j’ai ma clientèle et ma mère à côté, je n’ai aucun intérêt à partir. »

    Membres de Lunel collectif, d’autres ne sont pas concernés directement mais disent leur attachement au cadre de vie paisible, à la nature. Avec la proximité de la zone de captage des Horts, ils pensent qu’une imperméabilisation supplémentaire des sols serait néfaste. Un argument de plus que recense la pétition déjà signée par 250 personnes.

    Sans nier l’encombrement de la RN 113 – encore qu’ils auraient aimé qu’une étude* récente éclaire le débat public – les opposants sont convaincus qu’une déviation au sud ne réglerait rien. « Il existe un risque d’aspiration des véhicules depuis l’A9 et les camions continueront de venir livrer les magasins en ville », résume Lise Florès. Il existerait d’autres solutions, fait valoir un résident. « Pourquoi ne pas réaménager la route le long du canal de BRL au nord ? J’ai essayé, j’ai traversé Lunel en 6 minutes. » Pour la citoyenne Isabelle Camrous, le plus urgent est de « sécuriser les abords » des cinq écoles qui jouxtent la RN 113. « On pourrait étendre la piétonnisation ou aménager les horaires de passage des camions de livraison. »

    Selon l’écologiste Raphaël Valette, le dossier de la 113 est plus profond. Il révèle l’enclavement de Lunel si l’on excepte la ligne ferroviaire. « Pour aller à Marsillargues, vous avez un bus le matin et un le soir, c’est une galère pour faire ses courses sans voiture. » Rabia Harras, de Lunel collectif, abonde. « Il faut développer les transports en commun. Sinon, quel avenir pour nos enfants ? »

    Enfin, les opposants font valoir un argument financier. Si le Département de l’Hérault, aux finances exsangues, semble ne plus vouloir participer, le projet reste inscrit au contrat de plan État/Région donc soutenu par la présidente de Région, Carole Delga (PS). Problème : le coût du projet de 6,2 km de long (jusqu’à Marsillargues) qui était déjà estimé à 50 millions d’euros il y a dix ans, a probablement explosé. Une chose est sûre : à Lunel, la RN 113 sera l’un des enjeux des municipales.

    * 2 400 véhicules par jour dont 5% de camions selon une étude ancienne.

  • [Entretien] Stéphane Droupy : l’éjaculation précoce, « une vraie souffrance personnelle »

    [Entretien] Stéphane Droupy : l’éjaculation précoce, « une vraie souffrance personnelle »

    Alors qu’un homme sur cinq est concerné, l’éjaculation précoce reste un sujet largement tabou et sous-diagnostiqué. Le CHU de Nîmes recherche des participants pour tester, dans le cadre l’essai clinique multicentrique coordonné par le Pr Droupy, une nouvelle molécule qui semble mieux tolérée que les traitements actuels.

    La Marseillaise : On le sait peu car le sujet reste tabou, mais l’éjaculation précoce est relativement répandue ?

    Stéphane Droupy : C’est un des troubles sexuels les plus fréquents. Les évaluations qui ont été faites régulièrement et dans différents pays trouvent toujours à peu près 20% d’hommes, soit un sur cinq, qui expérimentent ce problème au cours de leur vie. Mais c’est vraiment gênant chez ceux qui ont ce problème-là de façon permanente. Environ 5% des hommes auraient ce qu’on appelle une éjaculation prématurée primaire, c’est-à-dire que toute leur vie ils ont toujours éjaculé dans la minute avant ou suivant la pénétration.

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui cause ce trouble ?

    S.D. : On ne sait pas vraiment. Il y a des pistes sur une espèce d’hypersensibilité de certains récepteurs, qui seraient déterminés génétiquement. Il y a un certain nombre de maladies où un même produit, la dopamine en l’occurrence, va être plus ou moins efficace sur le récepteur. Ça peut être déterminé de façon constitutionnelle. Certaines personnes pourraient être très sensibles à la dopamine sur ces récepteurs-là et donc déclencher ce réflexe plus rapidement que les autres. C’est une première hypothèse. Il y a également des hypothèses plus psychologiques sur l’apprentissage de la sexualité, l’hyperexcitabilité, mais on n’a pas de vraie certitude.

    La Marseillaise : Ce trouble génère un mal-être, une perte de confiance ?

    S.D. : C’est très difficile d’avoir une vie sexuelle satisfaisante quand on a une absence de contrôle sur l’éjaculation et qu’en plus on éjacule très vite. Ça crée une vraie souffrance personnelle, des difficultés relationnelles car c’est difficile de se mettre en couple. Quoique les gens y arrivent la plupart du temps.

    Il y a toujours cette idée que ça arrive aux jeunes et qu’en vieillissant ça disparaît. C’est complètement faux, notamment s’agissant des personnes qui souffrent d’éjaculation prématurée primaire. On sait que ça ne va pas se modifier au cours de la vie. Très souvent, on voit les gens qui n’osent pas consulter pour ce problème parce que c’est assez stigmatisant, qui se disent ça va passer et qui ne viennent nous voir que quand leur couple va mal. Ça génère beaucoup de détresse. D’autant que c’est un symptôme qui a tendance à être considéré comme un signe d’égoïsme, alors que ce n’est pas du tout ça.

    Il y a une vraie difficulté de communication autour de l’éjaculation précoce, très différente de la dysfonction érectile dont les hommes, avec l’âge, vont parler plus facilement. En plus, les gens ne savent pas trop qui aller voir. Ils n’osent pas aller voir un sexologue, ils n’en parlent pas à leur médecin et surtout ils ne connaissent pas du tout les modalités de prise en charge, qui existent.

    La Marseillaise : Quelles sont-elles ?

    S.D. : Les recommandations aujourd’hui c’est de combiner une prise en charge psycho-sexologique, pour travailler sur le réapprentissage d’une sexualité par des thérapies cognitivo-comportementales, avec l’utilisation de médicaments qui vont permettre de ralentir le délai pour éjaculer. Notamment chez les gens qui ont ce problème de façon permanente. Actuellement, un seul médicament a obtenu une autorisation de mise sur le marché pour être utilisé dans cette indication. Il s’agit d’un dérivé d’antidépresseur avec quelques effets secondaires, qui n’est pas remboursé et qui pose le problème d’une utilisation à la demande, c’est-à-dire qu’il faut le prendre deux-trois heures avant le rapport sexuel, ce qui n’est pas toujours très pratique.

    La Marseillaise : Quid du nouveau médicament sur lequel vous travaillez ?

    S.D. : C’est une molécule qui a été mise au point par un laboratoire français. Elle agit sur un récepteur à la dopamine dont on sait qu’il a un rôle dans la rapidité de l’éjaculation. Cette molécule a été testée dans d’autres indications : un certain nombre de maladies peuvent faire agir ce type de voies nerveuses, notamment le syndrome des jambes sans repos. On sait donc déjà que ce médicament est bien supporté chez l’homme. L’idée est donc de le tester pour voir si l’on pourrait avoir une efficacité en ralentissant le réflexe éjaculatoire chez des hommes qui porteraient ce symptôme.

    La Marseillaise : D’un point de vue pratique, comment va se dérouler cette étude ?

    S.D. : C’est une étude de phase 2, c’est-à-dire qu’on va essayer de faire une preuve de concept, à une dose dont on sait qu’elle n’est pas toxique chez l’homme. On va tester contre placebo : les gens vont être tirés au sort pour avoir soit la molécule, soit le placebo. Eux et nous ne saurons pas si c’est du vrai médicament ou du placebo, et ils seront évalués comme ça sur 3 mois. On a prévu d’inclure 60 patients dans cette première évaluation. Des hommes entre 18 et 50 ans souffrant d’éjaculation précoce depuis toujours.

  • [Entretien] Enola Kraemer : « La précarité étudiante croît de jour en jour, la situation devient alarmante »

    [Entretien] Enola Kraemer : « La précarité étudiante croît de jour en jour, la situation devient alarmante »

    Majoritaire dans l’académie avec 4 élus étudiants sur 7 et un vice-président étudiant au Crous, le Scum, né en 2014, entend « poursuivre et engager plus en avant le travail qu’il fait depuis plusieurs années au service des étudiantes et étudiants de l’université Paul-Valéry ».

    La Marseillaise : Comment le Scum lutte-t-il contre la précarité étudiante, l’un de ses principaux chevaux de bataille ?

    Enola Kraemer : La précarité étudiante croît de jour en jour, la situation devient alarmante. Le Scum la combat grâce à différentes actions de solidarité, au premier rang desquelles les distributions alimentaires. Durant l’année universitaire 2024-2025, nous avons distribué plus de 15 000 colis alimentaires, avec au moins 300 étudiants présents à chaque distribution. Le 7 novembre, ils étaient même 380 à faire la queue pendant deux heures… On a également ouvert, fin septembre, une épicerie gratuite au centre universitaire Du Guesclin, antenne de l’université Paul-Valéry à Béziers. Des produits alimentaires y sont proposés en libre service et sans conditions. On se bat aussi contre la précarité menstruelle en organisant de façon ponctuelle des distributions de protections périodiques bio et lavables, car on sait que ça représente chaque mois une part non négligeable du budget des personnes menstruées.

    La Marseillaise : Quid des frais d’inscription ?

    E.K. : Ils ont augmenté de 4,71% en licence et 4,53% en master depuis 2023. Comme les années précédentes, nous aidons les non-boursiers à constituer des dossiers de demandes de remboursement de frais d’inscription auprès de la commission d’exonération.

    La Marseillaise : La crise du logement accentue également les difficultés financières des étudiants…

    E.K. : La question du logement est un de nos gros sujets de rentrée. Chaque année, entre 100 et 200 étudiants viennent nous trouver car ils sont dans l’incapacité de se loger. Les logements Crous, dont nous dénonçons l’augmentation des loyers, ne peuvent accueillir que 10% des étudiants montpelliérains. Quant au parc privé, les loyers sont inaccessibles, au point que ce poste représente environ 70% du budget étudiant. Il y a un besoin urgent de construire massivement des logements étudiants publics à des prix abordables.

    La Marseillaise : Le Scum est également à l’origine de la mise en place, depuis septembre, d’un congé menstruel à l’université Paul Valéry ?

    E.K. : C’est une grosse avancée, car les règles douloureuses peuvent entraîner des absences considérées comme “non-justifiées” pouvant avoir des conséquences sur le cursus universitaires des personnes concernées. Ce congé menstruel consiste en une autorisation d’absence valable pour les cours et les examens, plafonnée à 10 jours par an à raison d’un à deux jours par mois pour toutes les personnes menstruées. Sans justificatif médical.

    La Marseillaise : Le Scum se mobilise également chaque année, à la rentrée, aux côtés des « sans fac »

    E.K. : C’est une de nos campagnes principales. Chaque année des étudiants se retrouvent sans licence ou sans master alors qu’ils ont eu leur Bac ou validé leur licence. Ce principe de sélection est une violation du droit à la poursuite d’études. Nous nous mobilisons donc à chaque rentrée pour que ces
    « sans fac » puissent s’inscrire dans la filière de leur choix. Sur une soixantaine d’étudiants dans cette situation cette année, on a réussi à en faire inscrire à peu près la moitié, grâce à des recours gracieux ou en allant voir les enseignants à la tête des masters. Mais on s’est heurté à une plus grosse répression de la part des universités.

    La Marseillaise : Outre la poursuite de ces combats, le Scum porte-t-il de nouveaux projets ?

    E.K. : On souhaiterait mettre en place des distributeurs de produits d’hygiène (brosse à dents, gel douche, shampooing…), comme ça a été le cas par exemple à l’université de Toulouse. Quelque chose de très concret là aussi pour lutter contre le précarité étudiante. On aimerait également mettre en place une véritable épicerie gratuite sur le campus (actuellement elle fonctionne sur critères sociaux), obtenir la mise en ligne de l’intégralité des supports de cours et faire en sorte que l’IVG médicamenteuse soit possible au sein des services de médecine préventive sur les campus.