Author: tecnavia

  • Ces fumées polluantes qui touchent la région Sud Paca

    Ces fumées polluantes qui touchent la région Sud Paca

    « Bien que les concentrations polluantes dans l’air aient diminué ce lundi 27 juillet, cette situation devrait perdurer jusqu’à mercredi, où une modification de l’orientation des vents et une reprise de la canicule sont annoncées ». Dans un communiqué, l’association de surveillance de qualité de l’air dans la région, AtmoSud, alerte sur l’impact des fumées de l’incendie de Gironde dans notre atmosphère, car si les effets « ne devraient plus être directs, la présence de polluants “dilués” devrait persister », prévient-elle.

    Alors que dans le Sud Ouest, 2,5 millions de masques FFP2 vont être distribués et que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) recommande de se mettre à l’abri, AtmoSud fait le point sur ce que nous respirons depuis le 19 juillet, date à laquelle les feux varois se sont déclenchés, sans oublier les feux des Hautes-Alpes, entre Freissinières et L’Argentière-la-Bessée, où les flammes restent activent dans la montagne (lire en page 5).

    AtmoSud a mesuré les impacts locaux de ces incendies via des capteurs éloignés de ces zones. Le 25 juillet à Manosque, des pointes horaires jusqu’à 109 microgrammes par mètre cube de particules fines PM10 (air dégradé), et 94% de particules « black carbon » (carbone suie) – liées à la combustion du bois – ont été relevées. Les champs de vent ayant rabattu les panaches du Var sur la vallée de la Durance. Sur Briançon, le 22 juillet, les microcapteurs ont également mesuré d’importantes pointes de particules PM10 (plus de 200 microgrammes par m3).

    Les feux de forêt sans précédent qui ravagent la Gironde depuis le 22 juillet s’ajoutent au facteur de dégradation de la qualité de l’air. Après une première incursion le 24 juillet, l’entrée sur le territoire de ce panache de fumée, annoncée par la plateforme nationale Prev’Air, a été confirmée dimanche en fin d’après-midi par les stations de mesure AtmoSud. Des niveaux élevés de particules fines (PM10) ont été relevés sur la trajectoire du panache.

    Des remontées

    venues d’Espagne

    Des remontées issues des incendies en Espagne ont également concerné les Alpes-Maritimes. AtmoPaca concluant que « la région Sud est actuellement le réceptacle de polluants atmosphériques qui proviennent de feux de forêts plus ou moins lointains – illustrant que ces polluants de l’air circulent sur plusieurs centaines, voir des milliers de kilomètres », appelant à la « plus grande vigilance » qui reste « de mise ».

    Au-delà de la population, il y a aussi le cas des premiers concernés, les pompiers. « L’appareil respiratoire isolant (ARI) reste le seul équipement protégeant contre l’intégralité des polluants gazeux », explique la CFDT des Sdis, mais « avec ses 14 à 16 kg, il est impraticable sur plusieurs heures en milieu naturel : il reste au camion. Les masques de fuite et demi-masques de cabine ne servent qu’au repli. La cagoule devient donc, par défaut, l’unique barrière ». Une cagoule qui a subi des modifications, mais qui ont un coût : 70 euros en moyenne contre 20 euros, ne permettant pas à tous les Sdis de s’équiper. Et là encore, plus chaudes et plus lourdes à porter, elles seraient moins respirables.

  • La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La gauche arlésienne mobilisée pour l’avenir de Fibre Excellence

    La décision du tribunal de commerce de Toulouse, attendue ce mercredi quant à l’avenir de Fibre Excellence, laisse place aux prises de position de la classe politique locale. Les réactions se sont multipliées depuis l’annonce, lundi à la mi-journée, du sursis de 48 heures accordé par le tribunal pour le site de Saint-Gaudens (Haute-Garonne), en raison de l’émergence d’un potentiel repreneur. Quant à l’usine de pâte à papier de Tarascon, le tribunal a requis la liquidation judiciaire.

    « Une catastrophe sociale pour le territoire »

    Les élus de l’Union pour Arles, au conseil municipal et communautaire Arles-Crau-Camargue-Montagnette (ACCM), dont Tarascon fait partie, ont rapidement réagi en parlant d’une « catastrophe sociale et industrielle pour notre territoire ». « L’État ne peut pas se contenter d’accompagner les conséquences. Il doit agir pour prévenir les fermetures, soutenir les projets industriels crédibles et protéger les filières stratégiques », considère le groupe d’opposition. Ce dernier affirme « rester pleinement mobilisé aux côtés des salariés et de leurs syndicats pour défendre chaque emploi et préserver une activité industrielle sur ce site ».

    Le maire d’Arles et président de l’Agglomération, Patrick de Carolis (Horizons), parle également d’une « perspective d’une gravité exceptionnelle » quand « un site industriel majeur, des centaines d’emplois directs et indirects et une part essentielle de l’avenir économique de Tarascon et du territoire arlésien » pourraient disparaître.

    Le vice-président du Département des Bouches-du-Rhône et ancien maire (DVD) de Tarascon, Lucien Limousin, s’est quant à lui tourné vers la préfecture de région. Dans un message adressé au préfet, l’élu rappelle qu’au-delà des 270 emplois directs concernés, la fermeture représenterait une « perte pour l’intercommunalité d’une recette annuelle de près de 800 000 euros et, selon le directeur de l’usine, de 100 millions d’euros pour les finances publiques ». D’autre part, l’ancien édile pointe le fait que « l’usine consomme plus d’un million de tonnes de bois par an provenant essentiellement de la forêt française » et s’interroge sur le devenir de cette ressource à l’heure où les grands incendies se multiplient.

    De son côté, la section du PCF de Beaucaire, sur l’autre rive du Rhône, dénonce « l’hypocrisie d’un gouvernement qui prône la réindustrialisation du pays, alors qu’il mène une politique opposée à cet objectif ». Elle estime que « le démantèlement de l’usine, la dépollution et l’indemnisation des salariés auront un coût supérieur à celui du sauvetage de ce fleuron de notre indépendance économique ». Au niveau national, le PCF appelle à « une prise de participation publique du site de Tarascon pouvant aller jusqu’à la maîtrise, afin de préserver les emplois, les compétences et les machines et construire une solution industrielle. Il faut sécuriser durablement l’avenir de la filière, notamment par un prix de l’énergie compatible » avec son activité, une décision qui relève de l’État.

    Le RN chasse la CGT et FO de la maison des syndicats

    S’il est possible de trouver des mots de soutien dans son communiqué à l’égard des salariés, le maire (RN) de Tarascon, Alexandre Ducouret, a parallèlement décidé de chasser les syndicats CGT et FO de la maison des syndicats qu’ils occupent depuis 2014. Selon La Provence du 23 juillet, une procédure a été engagée par l’élu d’extrême droite afin de récupérer ce bâtiment. Selon le maire, il s’agit d’une décision budgétaire, visant à « récupérer les bâtiments donnés gratuitement à la CGT », qui « fait de la politique », explique-t-il à La Provence. Peut être n’a-t-il pas apprécié le cordon sanitaire dressé autour de lui lors de la conférence de presse tenue par les salariés, le 18 juin, à laquelle il avait tenté de s’inviter.

    Mais « défendre les emplois, c’est aussi défendre ceux qui les défendent », tance l’opposant arlésien Nicolas Koukas. « Les syndicats sont indispensables, ils sont en première ligne pour défendre l’avenir de Fibre Excellence et des emplois », estime l’élu d’opposition, considérant « préoccupantes » les situations de la Bourse du travail d’Arles et de la maison des syndicats de Tarascon, où les syndicats sont mobilisés pour conserver leurs locaux. « La cohérence, c’est défendre les travailleurs et les outils qui leur permettent de se mobiliser », conclut-il.

  • La France brûle, les moyens manquent

    La France brûle, les moyens manquent

    Posté devant les flammes de l’incendie hors-norme de Gironde, qui a brûlé 50 000 hectares et coûté la vie à deux pompiers depuis le 22 juillet, un sapeur témoigne sur France 3 Aquitaine : « On essaie de dormir 3 ou 4 heures par nuit, mais les organismes commencent à être touchés. Pour moi, comme pour les collègues, ça commence à tirer ». Le même jour sur franceinfo, un autre s’indigne : « Non, on n’est pas assez nombreux. Mais on fait comme on peut, parce que c’est la guerre. »

    Pourtant, les cris d’alerte ne datent pas d’hier. En 2021 déjà, dans le cadre d’un conflit social porté par les sapeurs-pompiers pour obtenir une meilleure rémunération, la CGT des Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis) pointait la perte de 1 000 camions dédiés à la lutte contre les incendies entre 2000 et 2020. « Le problème en France c’est que, schématiquement, nous n’avançons que lorsqu’on affronte une catastrophe. Un an plus tard, après les mégafeux de 2022 [60 000 hectares de forêt ont brûlé cette année-là dans le pays, ndlr], le Président a fait de grandes annonces et a promis de 1 080 nouveaux véhicules », note Sébastien Delavoux, sapeur-pompier et représentant syndical de la CGT Sdis. Des annonces positives, mais tardives et insuffisantes selon le syndicaliste : « D’abord parce qu’il faut attendre 2027 et 2028 pour que tout soit livré, ensuite parce que cette nouvelle flotte ne comblera pas le vide, car elle remplacera une partie des engins aujourd’hui devenus trop vétustes ».

    Penser une réponse durable

    Les déficits d’effectifs humains ont eux aussi été signalés par la CGT Sdis, dans un communiqué d’octobre 2025. Le document indique, notamment, que le nombre d’hommes de rang volontaires, regroupant les grades de sapeur et de caporal, est passé de 161 230 en 2002 à 123 453 en 2023. Une évolution préoccupante alors même que le risque incendie s’est étendu dans l’espace comme dans le temps depuis les années 2000, sous l’effet du changement climatique, selon le ministère de la Transition écologique. « Il faut interroger la centralité des pompiers volontaires et embaucher davantage de professionnels qui puissent garantir une disponibilité sur tout le territoire », souligne Sébastien Delavoux.

    Mais ces perspectives d’embauche restent limitées par les moyens des Départements, en charge d’une large partie du financement des Sdis. De quoi pousser l’association des Départements de France à réclamer, lundi, dans un communiqué, « l’ouverture immédiate d’une réforme du financement des Sdis, assortie de ressources nouvelles, pérennes et à la hauteur des risques auxquels notre pays est désormais confronté ».

    Au-delà des manques de moyens constatés directement chez les pompiers, Sébastien Delavoux dénonce des coupes budgétaires chez d’autres acteurs de la prévention : « Le nombre d’agents de l’Office national des forêts (ONF) est passé de 12 500 à 8 000 en vingt ans. Évidemment que ça dégrade l’entretien de la forêt. Leur travail ne se voit pas, mais est essentiel ».

    Dans un communiqué, mardi, la CGT nationale, qui souhaite « rendre obligatoire et automatique la libération effective des pompiers volontaires par leurs employeurs pendant les interventions », plaide elle aussi pour « renforcer les effectifs de pompiers professionnels et les moyens matériels ». Le syndicat réclame par ailleurs la sortie d’une logique de gestion de crise et l’engagement de véritables politiques de prévention, d’adaptation et de renforcement des moyens publics face à une crise climatique devenue durable.

    D’après les projections de Météo France, au sujet des feux de forêts, le nombre de jours à risque élevé devrait être multiplié par deux d’ici 2050, du fait du réchauffement climatique.

  • Austérité incendiaire

    Austérité incendiaire

    « Préoccupant, grave même », « limite notre liberté d’action et nous place en situation de vulnérabilité » : ces propos du Premier ministre Sébastien Lecornu datent du 22 juillet, date du départ du gigafeu de Gironde. Ils ne parlent pas des incendies, mais du déficit et tentent de justifier les tours de vis budgétaires.

    Sur pression de l’Union européenne et au nom d’un respect d’une règle édictée par des libéraux, les dépenses publiques doivent toujours être revues à la baisse. Pourtant, ce que nous démontrent ces incendies, ce qui est « préoccupant, grave même », qui « limite notre liberté d’action et nous place en situation de vulnérabilité », c’est bien le sort réservé aux investissements dans les services publics. Que si les inconséquences humaines provoquent des incendies, l’austérité budgétaire empêche de les combattre correctement, à l’heure où le changement climatique transforme les brasiers en ogres destructeurs.

    Dans le rouge

    Manque de moyens et de personnels pour la Sécurité civile, coupe claire chez les agents de l’Office national des forêts… ont toujours des explications comptables.

    Ces superstitions libérales nous ont mis dans le rouge dans bien des domaines. On l’a vu en 2020 avec la santé et une épidémie de Covid qui n’a été surmontée que grâce à la mobilisation incroyable des soignants. Cette fois-ci, c’est le dévouement des pompiers au bord de l’épuisement qui force le respect. Respect qu’on ne peut éprouver envers des dirigeants qui préfèrent le dogme budgétaire à la sécurité des personnes. Mais, contrairement au Covid, il faudra s’en souvenir une fois ces incendies surmontés.

  • Les salariés de Fibre excellence interpellent l’État

    Les salariés de Fibre excellence interpellent l’État

    Pour les salariés de l’usine Fibre Excellence de Tarascon, ce lundi marque une entrée en résistance. Le tribunal de commerce de Toulouse a requis, lundi matin, la liquidation judiciaire de l’usine de pâte à papier occupée (lire ci-contre), depuis jeudi. Près de 270 emplois directs et plus d’une centaine d’intérimaires et de sous-traitants sont directement concernés par cette liquidation. Pour l’ensemble de la filière bois-papier, l’activité représente entre 8 000 et 10 000 emplois induits, du bûcheronnage au bobinage.

    Autant d’enjeux que les salariés du site de Tarascon sont allés porter à la sous-préfecture d’Arles, lundi matin, alors même que le sort de leur usine se décidait à 300 km de là. Après moins d’une heure de rendez-vous, c’est le point mort. « Nous n’avons pas eu de réponse. L’État attend une décision du tribunal, mais comme vous le savez, le tribunal attend une décision de l’État », ironise Florian Berthon, délégué FO de l’usine. L’accueil lui-même est dénoncé par René Sale, de l’Union départementale FO. « Ni la sous-préfète, ni sa secrétaire n’étaient là. Quand il y a le feu à Tarascon, on peut déplacer son agenda », tance-t-il à l’égard des représentants de l’État, auxquels il demande de « nationaliser de manière provisoire » Fibre Excellence, comme « issue immédiate à ce scandale d’État ».

    Jonathan Bastid, du syndicat Filpac-CGT de Tarascon, est revenu sur la possibilité de « prendre un arrêté pour rehausser le prix du mégawattheure d’électricité » produit par l’usine pour ses propres besoins et dont elle réinjecte l’excédent dans le réseau. Une mesure « comme pour la centrale de Gardanne » complète-t-il. « Si c’était fait, cela permettrait à notre usine de repartir. Il suffit de ça ! », martèle le syndicaliste. « Plus de 300 personnes vont se retrouver au Pôle emploi d’Arles sinon. Il faut que l’État prenne ses responsabilités. On était une entreprise indispensable pour sauver la France durant le Covid, mais aujourd’hui, on est abandonnés. »

    Sauver l’usine

    pour sauver des vies

    Sauver Fibre Excellence, c’est littéralement sauver des vies, à écouter les salariés rassemblés. « Des vies se sont construites autour de l’usine, quand on croise nos collègues, on a toujours un petit mot. Moi, j’ai mon surnom. On est des collègues, des amis », illustre Thierry Boldrinei, opérateur sur le parc à bois. « Mon père travaillait dans cette usine. Pour d’autres, c’est même la 4e génération qui y travaille. On connaît tous quelqu’un qui a connu nos pères et nos grands-pères », poursuit-il, les yeux humides.

    Une culture ouvrière marquée par l’attachement à l’outil de travail. « On est habitués à notre usine et à nos salaires, on a galéré pour y rentrer », rappelle Khaled El Hajjouji, « 25 ans de boîte » et opérateur process sur la ligne de fibres. « Des usines qui payent comme ça, il n’y en a plus dans le coin », considère-t-il. Son illustration du drame social qui pèse sur les salariés est singulière : « Quand j’emmène mon fils de 3 ans à la crèche, je suis obligé de passer à côté de l’usine. À chaque fois, il me dit : “ça fume !”. Mais depuis six mois, il me demande pourquoi ça ne fume plus ». Pire, « mes autres enfants me demandent si on va vendre la maison, peuchère. Je leur dis qu’on va redémarrer, je reste fort ».

    « Dès qu’on a su qu’on était en redressement, c’était l’angoisse. On avait toujours des solutions, mais là, c’est le coup de semonce », renchérit son collègue, Thierry Boldrinei. « On est que des salariés. Mais si on part en liquidation, on bloquera tout. On embarquera pas nos outils de production comme ça ! », assure Khaled El Hajjouji.

    L’impact d’une liquidation sur la filière et le territoire peut se mesurer à ce qui a déjà pu être observé par le passé. « C’est mon 2e licenciement en deux ans, après Smurfit Kappa au Pontet », peste Hubert Costa, manifestement en colère. L’ancien salarié de l’entreprise spécialisée dans l’emballage en carton et papier, aujourd’hui affecté au mélange de la pâte à papier, ne s’imagine pas « repartir à zéro avec trois enfants », après « des années d’intérim pour un CDI qui dure deux ans chez Smurfit, et deux ans à Fibre Excellence pour obtenir un nouveau CDI que j’ai signé qu’en janvier ». Une « double peine » qui se profile pour le travailleur. « Le chômage et plus de mutuelle. Comment je vais faire pour mes enfants si je perds l’emploi et le droit à la santé ? », s’inquiète-t-il.

    Cette colère promet d’être le moteur de la lutte sociale à venir. « Pour l’instant, les choses se sont passées calmement », observait René Sale (FO) à la sortie du rendez-vous en sous-préfecture. « Mais la violence de la décision politique du gouvernement de ne pas sauver la filière et les emplois met en danger les populations de Tarascon, Beaucaire et Arles », considère-t-il. La Filpac-CGT du site inscrit son occupation « dans la durée » depuis la « mise en sécurité » des installations, jeudi dernier.

  • Des cours gratuits pour que les petits Marseillais apprennent à nager en mer

    Des cours gratuits pour que les petits Marseillais apprennent à nager en mer

    À Marseille, un enfant sur trois ne sait pas nager. Pour y remédier et faire face aux nombreuses noyades de l’été, la Ville de Marseille a mis en place le dispositif « J’apprends à nager » en partenariat avec la Fédération française de natation (FFN) pour former les enfants dès leur plus jeune âge. Les apprentis nageurs s’engagent à venir participer à un cours d’une heure par jour avec un moniteur pendant une semaine. Ils apprendront à nager en mer et à la fin des sept jours, ils seront autonomes et se verront délivrer un diplôme de natation. À Marseille, 12 cours sont dispensés par jour : six ont lieu à la plage du Prophète, et six autres à la plage de la Pointe Rouge.

    « Avant le dispositif, il y avait 10 000 enfants qui apprenaient à nager par an, aujourd’hui, c’est plus de 30 000 », savoure Éric Méry, adjoint aux sports de Benoît Payan. « Dans les quartiers populaires principalement, on sait que le manque d’équipements ou de moyens peut être un frein à l’apprentissage, c’est pourquoi on essaie de faire en sorte qu’ils sachent tous nager avant de rentrer au collège », analyse-t-il avant d’ajouter : « Et apprendre la natation en mer est d’autant plus formateur que les enfants apprennent à s’adapter aux éléments naturels. Dans une piscine, on est rassuré par le bord, ici le bord c’est la plage. Or, 90% des noyades ont lieu en milieu naturel. »

    En ce vendredi de juillet au matin, c’est au tour des enfants du centre social Agora de la Busserine, de faire leurs premières brasses. Arrivés dès 8h30 dans l’eau, les huit jeunes participants apprennent en s’amusant. Ils s’éclaboussent, font l’étoile de mer, jouent avec les frites et font des jeux avec le moniteur. « Allez on fait le petit train à fond ! » « et 3,2,1… Planche ! » Dans le petit carré délimité par les lignes flottantes, tous sont ravis d’être là. À 9h30, lorsque les enfants sortent de l’eau et qu’on leur demande s’ils ont aimé, la réponse est unanime. « C’était trop trop bien ! », s’exclame Alya, 7 ans. Boubakar, 8 ans partage son avis : « J’ai hâte de revenir demain ! »

    Pour compléter l’apprentissage en mer, des piscines mobiles éphémères sont mises en place dans les quartiers les moins bien équipés. Elles permettent aux riverains de pouvoir prendre des cours de natation ou d’aquagym par exemple, sans avoir besoin d’aller jusqu’à la plage du Prophète ou à la Pointe Rouge. Des cours d’aisance aquatique sont aussi proposés aux enfants de 4 à 8 ans afin de les familiariser au milieu. Face au succès, la Ville prévoit de renouveler l’opération chaque été.

  • Sylvie Vinceneux : « La collecte du PCF aidera les sinistrés »

    Sylvie Vinceneux : « La collecte du PCF aidera les sinistrés »

    La Marseillaise : Comment est organisée cette collecte ?

    Sylvie Vinceneux : La fédération départementale du Parti Communiste Français du Var est le collecteur. Le but de la collecte, c’est d’aider les sinistrés. On prend uniquement des chèques pour faciliter la traçabilité. Chaque section locale sera chargée de les récupérer et l’ordre est à mettre au nom de la fédération du Var du Secours populaire. À la fin de chaque semaine, on enverra les chèques à l’ONG.

    Pourquoi avoir choisi une collecte d’argent plutôt de recueillir des dons en nature ?

    S.V. : Le Secours populaire nous a indiqué que le problème des dons en nature, c’est la logistique. Il faut retrier les dons, pour vérifier que rien ne soit périmé. Avec l’urgence de la situation, cela leur donne une charge de travail supplémentaire, ce qui n’est pas le cas quand ce sont des dons monétaires.

    Pourquoi avoir choisi le Secours populaire ?

    S. V. : Dans le Var, l’association est bien structurée, elle est connectée à l’ensemble du territoire, ce qui lui permet de répondre au mieux aux besoins des Varois.

    À quoi cet argent va-t-il servir ?

    S. V. : L’argent permettra de répondre aux besoins des sinistrés. Il faut penser à leurs besoins immédiats et futurs. Les assureurs mettent du temps à rembourser et ce n’est pas toujours à la hauteur des besoins des particuliers. Quand une personne a une voiture depuis 15 ans et qu’elle a été brûlée, l’assurance ne remboursera pas suffisamment pour l’achat d’une nouvelle voiture. Le Secours populaire pourra utiliser cette collecte pour répondre aux besoins des particuliers dans ces situations.

  • La nouvelle aventure istréenne de Matthieu Ong, légende d’Aix

    La nouvelle aventure istréenne de Matthieu Ong, légende d’Aix

    Une page se tourne. Formé au Pauc et professionnel depuis 2013, Matthieu Ong, 34 ans, a signé pour deux ans à Istres (ProLigue). Le club aixois ne souhaitant « pas prolonger » l’aventure, selon l’ancien capitaine, Istres s’est positionné « assez tôt » sur le joueur. « J’ai discuté avec le président et l’entraîneur. Ce qu’ils m’ont proposé me convenait parfaitement », raconte l’ailier gauche de formation, séduit par le recrutement et le projet de jeu du club. D’autres propositions lui ont été faites, mais « pas au point d’avoir un contrat sur la table ».

    Cette signature marque un « retour aux sources » pour Matthieu Ong, passé au pôle espoirs d’Istres : « Je connais un peu l’environnement. Mon lycée était juste en face de la salle où on s’entraîne. » Chez les Taureaux, il retrouvera Léo Martinez, son coéquipier au pôle espoirs, et Louis Despreaux, avec qui il a évolué deux saisons au Pauc, qu’il « connaît très bien ».

    « Aix, c’est ma maison »

    Arrivé à Aix-en-Provence en petite section de maternelle avec sa famille, le natif de Clichy a passé toute son enfance dans les Bouches-du-Rhône. « J’avais à cœur de rester dans ma région. J’y suis très attaché, confie-t-il. Je suis aussi attaché à ma mer. Ma deuxième passion, c’est l’apnée et la chasse sous-marine. C’est une activité que je peux aussi faire en étant à Istres. C’est quelque chose d’essentiel pour mon équilibre. Ça me permet de couper dans des semaines qui sont parfois un peu compliquées. » Ses parents et sa sœur, volleyeuse internationale, habitent toujours la région. « Toute ma famille est proche de moi, ça joue aussi. Ma vie est dans les Bouches-du-Rhône », exprime celui qui est papa d’une petite fille de deux ans.

    Pur produit aixois, avec un détour au centre de formation du HBC Nantes de 2010 à 2012, Matthieu Ong a joué 25 saisons au Pauc. « Aix, c’est ma maison. J’y ai passé des moments extraordinaires. Aujourd’hui, j’ai tourné la page. Aix est derrière moi et j’en garde que de bons souvenirs. » Comme cette première victoire d’Aix à Montpellier. « C’était quelque chose, se souvient-il. Ce n’était pas arrivé depuis un moment et très peu d’équipes y parviennent. C’est un point d’orgue dans une carrière. » Sans oublier son premier match de Coupe d’Europe. « En commençant ma carrière, je n’aurais jamais imaginé que je jouerai la Coupe d’Europe. Pouvoir la jouer quatre saisons avec Aix, c’était très sympa. »

    Le fils de l’ancien handballeur et agent, Bhakti Ong, ne cache pas sa déception face à l’arrêt de son aventure aixoise cette année : « J’aurais bien fini ma carrière à Aix, mais ce ne sont pas des choses qu’on décide et qu’on contrôle. » À Istres, Matthieu Ong découvrira la deuxième division. L’objectif du club étant de remonter en première division. « Je suis très content d’aller à Istres. C’est un challenge sympa de jouer la montée. Ce que j’attends, c’est que tout le monde donne le meilleur de soi-même. J’ai hâte de montrer ce que je sais faire à mon nouveau club, j’ai envie de les aider le mieux possible. »

  • L’heure est à la reprise pour les Provençaux

    L’heure est à la reprise pour les Provençaux

    Deux salles, deux ambiances. Le Pays d’Aix (Pauc) et Istres ont repris cette semaine le chemin de l’entraînement pour préparer leurs saisons respectives. Sous la houlette de son nouvel entraîneur, Eduard Fernandez Roura – déjà adjoint de Jérôme Fernandez lors de la saison 2019-2020 –, le Pauc a vécu une intersaison assez calme. Seuls l’arrière droit norvégien Magnus Sondena et l’ailier gauche serbe Vanja Ilic ont signé au club. Avant le retour de la compétition en Starligue, les Aixois participeront à l’Internationaler Heide Cup 2026, en Allemagne (du 7 au 9 août), avant de recevoir Saint-Raphaël Var Handball en match amical. Ils mettront ensuite le cap sur l’Espagne pour disputer le Trofeo Ciudad de Santander 2026, puis affronteront le club japonais de Toyoda Gosei en lever de rideau du Trophée des champions. Le Pauc se déplacera enfin à Pau Billère pour le 1er tour de la Coupe de France.

    Chassé-croisé de Taureaux

    À l’inverse, l’été a été plus mouvementé du côté d’Istres. Relégué en Proligue, le club a déjà opéré plusieurs changements dans son effectif et son staff. Le gardien Romain Mathias a rejoint Sélestat, le défenseur Aurélien Padolus s’est engagé avec le SL Benfica et l’adjoint Thomas Cauwenberghs a également quitté les Taureaux. Ces départs ont été compensés par plusieurs arrivées notables, à commencer par celle des Aixois Matthieu Ong (voir ci-dessus), Louis Despreaux et Adrian Casqueiro, de l’arrière gauche espagnol Pau Oliveras, formé au FC Barcelone, et du gardien Arnaud Tabarand, de retour sous les couleurs istréennes. Responsable du centre de formation, Lucas Auguste a quant à lui été promu entraîneur adjoint de Bastien Cismondo.

  • « Zizou », de la Castellane au banc de l’équipe de France

    « Zizou », de la Castellane au banc de l’équipe de France

    Attendu comme le successeur naturel de Didier Deschamps depuis plusieurs années, Zinédine Zidane va enfin réaliser le vœu d’une grande partie du peuple tricolore en prenant les commandes de l’équipe de France. Le président de la FFF, Philippe Diallo, présentera le nouveau sélectionneur de l’Équipe de France, ce mardi, lors d’une conférence de presse.

    Il n’est plus nécessaire de présenter « Zizou ». Né en 1972 dans le quartier de La Castellane, à Marseille, le technicien hors pair a d’abord fait ses armes à l’AS Cannes, où son talent précoce n’a pas tardé à éclore. Révélé au plus haut niveau sous les couleurs des Girondins de Bordeaux, il s’est ensuite imposé comme une référence mondiale à la Juventus Turin, avant d’entrer définitivement dans la légende au Real Madrid, au sein de la mythique génération des Galactiques.

    Considéré comme l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football, le Ballon d’Or 1998 a marqué son époque par son élégance balle au pied, sa vision du jeu et son palmarès exceptionnel. Avec les Bleus, son aventure ne sera toutefois pas un long fleuve tranquille. À 22 ans, après un parcours mitigé avec les Espoirs, Zidane honore sa première sélection avec l’équipe de France en 1994 face à la République tchèque sous les ordres d’Aimé Jacquet. Le sélectionneur l’accompagnera jusqu’au titre suprême lors de la Coupe du monde 1998, remportée au Stade de France grâce, notamment, à son inoubliable doublé de la tête inscrit en finale face au Brésil. Deux ans plus tard, le Marseillais ajoute un titre de champion d’Europe à son immense palmarès avant de prendre sa retraite internationale à l’été 2004. Mais l’histoire entre Zidane et les Bleus n’était pas terminée.

    Rappelé en 2005 pour sortir une sélection française en perdition des qualifications pour la Coupe du monde 2006, « Zizou » offre au peuple français une dernière danse inoubliable. Étincelant tout au long du tournoi, notamment lors du quart de finale face à la Seleçao, il se rapproche d’un second sacre mondial. Le 9 juillet 2006, à Berlin, Zinédine Zidane écrit sans doute la page la plus romanesque de sa carrière. Une panenka audacieuse face à Gianluigi Buffon fait d’abord de lui un héros avant qu’un geste de sang-froid perdu ne le fasse basculer dans une autre dimension de sa légende. Son coup de tête sur Marco Materazzi lui vaut une expulsion à quelques minutes de la séance des tirs au but et précipite la défaite des Bleus face à l’Italie. Une fin de carrière paradoxale, mêlant génie et tragédie, restée gravée dans la mémoire collective des Français. Car malgré cette ultime image, Zidane demeure plus que jamais un héros national.

    Reconversion dorée

    Avec une telle intelligence du jeu et une vision hors-norme du football, le maestro ne pouvait que tenter une reconversion sur le banc. Si le passage de joueur à entraîneur s’avère souvent délicat – une immense carrière ne constituant jamais une garantie de réussite – celle de Zinédine Zidane se transforme vite en une véritable épopée. Après deux saisons passées à la tête de la Castilla, l’équipe réserve du Real Madrid, il est propulsé en janvier 2016 aux commandes de l’équipe première. En 263 rencontres toutes compétitions confondues, Zidane affiche un bilan exceptionnel de 172 victoires, soit près de 65% de succès. Un règne marqué par deux titres de champion d’Espagne, deux Supercoupes d’Espagne, deux Coupes du monde des clubs et surtout trois Ligues des champions consécutives. Avec un tel CV, « Zizou » est le candidat idéal pour diriger une équipe de France à l’avenir si prometteur.