Tag: Volotea

  • La croissance de l’aéroport de Montpellier ne fait pas l’unanimité

    La croissance de l’aéroport de Montpellier ne fait pas l’unanimité

    Ils ne se font aucune illusion. En rédigeant leur courrier à l’attention du directoire de l’aéroport de Montpellier et de ses partenaires (préfecture, collectivités), pour leur demander de renoncer à l’arrivée de Volotea en octobre, le collectif Atterrissons d’urgence n’espère pas les faire changer d’avis sur leur projet d’expansion.

    « C’est stratégique, on essaye d’en parler pour faire bouger l’opinion publique », résume Marie-Noël de Visscher, porte-parole d’Atterrissons d’urgence. Ce collectif n’en est pas à son coup d’essai. En avril, une plainte avait été déposée pour publicité mensongère relative aux trajets Montpellier-Paris. « On ne peut pas continuer à faire comme si de rien n’était. Il y a une indécente responsabilité à pousser les gens à prendre de plus en plus l’avion », moyen de transport le plus polluant.

    Dans son rapport annuel, le Haut Conseil pour le climat (HCC) publie une nouvelle recommandation qui vise l’expansion aéroportuaire. Le HCC demande que soit adopté « un moratoire sur l’augmentation des capacités des aéroports français afin de maîtriser la hausse du trafic aérien ».

    Efforts ou greenwashing ?

    Après Transavia en 2020, une base arrière de Volotea va s’installer à Montpellier à l’automne. Au-delà des destinations supplémentaires, « un avion basé à Montpellier, c’est un avion qui part plus tôt et qui rentre plus tard », prévient la militante écologiste qui assure que des riverains se plaignent déjà.

    De son côté, l’aéroport ne cache pas qu’il vise à terme les 3 millions de passagers annuels (1,8 million aujourd’hui) pour offrir à la 7e ville de France une infrastructure adaptée. Le président du directoire, Emmanuel Brehmer, fait régulièrement savoir qu’il cherche à réduire les impacts sur l’environnement. C’est la raison d’investissements pour l’installation de panneaux photovoltaïques sur les toits ou l’électrification des opérations au sol qui permettent d’économiser 1 000 tonnes de CO2 par an.

    Des opérations qui s’apparentent à du greenwashing selon le collectif. « C’est mieux que rien mais vu qu’à côté vous augmentez le nombre de vols, c’est comme si vous rouliez toute l’année en SUV en vous félicitant d’éclairer votre garage en LED », illustre la porte-parole du collectif. À l’avenir, le secteur mise sur l’avion vert. « C’est presque une chimère, l’avion électrique ne pourra concerner que de petits avions », regrette Marie-Noël de Visscher. Pour elle, la seule solution est de réduire le trafic. « C’est la seule industrie au monde qui s’exonère de ses obligations pour le climat ». Et enfin taxer le kérosène sur les vols internationaux au-delà de 10%. « L’avion n’a pas à être aussi peu cher ».

  • Le kérosène s’envole et l’aérien bat de l’aile

    Le kérosène s’envole et l’aérien bat de l’aile

    Il y aura-t-il des avions à un prix abordable pour les vacances d’été ? Ou même des avions tout court ? La question aurait pu paraître saugrenue il y a quelques semaines, mais elle devient très sérieuse pour beaucoup de futurs vacanciers au regard du blocage du détroit d’Ormuz et du conflit irano-américain.

    Car le kérosène qui sert de carburant aux avions voit son prix atteindre des sommets, comme le diesel à la pompe à essence. Une montée qui a de quoi inquiéter les acteurs du secteur aérien. « L’envolée du cours du pétrole fait qu’on a plus que doublé le prix du kérosène. Pour faire un Marseille-Athènes, sur une heure de vol, le coût du carburant, c’est 20% du coût total. Si c’est du long courrier, ça représente 35%. Imaginez maintenant que ça double : le 20% devient 40% et le 35% passe à plus de 50%… », campe Jean-François Dominiak, président du syndicat des compagnies aériennes autonomes (SCARA). Cette organisation professionnelle, qui regroupe la moitié des compagnies aériennes françaises, dont Air Corsica, tire la sonnette d’alarme sur la viabilité économique : « Le détroit d’Ormuz représente entre 40 et 50% de la production mondiale de kérosène. Et, au mieux, les bonnes compagnies dégagent entre 5 et 10% de résultat. En ajoutant 20% de coût, on gomme ce résultat. Non seulement il n’y a plus de marge, mais en plus, il y a une perte. »

    L’envolée de ces prix a déjà des conséquences concrètes avec des annulations en cascade et une répercussion sur les billets des passagers. C’est la filiale néerlandaise d’Air France-KLM qui a lancé l’une des premières charges, dès le 16 avril, avec une réduction de « 80 vols aller-retour » depuis l’aéroport d’Amsterdam, l’une de ses plateformes phares. Autre filiale du groupe, mais même raisonnement avec la compagnie low-cost Transavia qui, fin avril, annonce l’annulation d’environ 400 vols, « moins de 2% du programme ». La liste des entreprises qui annulent des vols s’allongent avec le temps : 20 000 pour Lufthansa d’ici octobre, 6% de liaisons en moins pour Air Transat, 10% de baisse pour Ryanair. Cerise sur le gâteau, la compagnie espagnole Volotea, en plus de réduire ses vols, réclame à ses passagers « un supplément (…) si les prix du carburant dépassent le niveau de référence ». Notons aussi que Transavia a augmenté le prix des billets de l’ordre de « 10 euros en moyenne par aller-retour », tandis qu’Air France a relevé ses prix de 70 euros sur les liaisons transatlantiques… Reste que, sur le terrain, ces annonces ne provoquent pas de séisme puisque l’aéroport Marseille-Provence constate un « trafic stable » et juge ces annulations « à la marge » (lire entretien ci-contre).

    « Il faut que l’État nous aide »

    S’engage alors un bras de fer entre les entreprises du secteur, les gouvernements européens et les associations de consommateurs. « Des compagnies ont de gros problèmes de trésorerie, certaines volent à perte. Il faut que l’État nous aide », plaide Jean-François Dominiak. Le SCARA réclame notamment un effort particulier pour les dessertes ultramarines, corses et celles relevant de délégation de service public (DSP), chères à de nombreux Provençaux. En réponse, le gouvernement dit préparer des mesures et réfléchit à « des reports de charge », mais rien d’acté pour l’heure.

    Et, au final, ce sont les passagers qui maronnent légitimement. « La volatilité du prix du carburant est un risque économique que les compagnies aériennes ne doivent pas faire peser sur les passagers », juge Imane El Bouanani, responsable juridique France de Flightright, plateforme de défense des droits des passagers aériens. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a tenté d’éteindre les inquiétudes des acteurs aéroportuaires, ce mercredi 6 mai, à la suite d’une réunion avec les compagnies aériennes, en assurant n’avoir « aucune crainte » de pénurie entre mai et juin et « sans doute peu » pour l’après. Son homologue aux Transports, Philippe Tabarot, minimise la problématique : « Les cas d’annulation sont pour l’instant assez exceptionnels. »

    Vers des destinations

    plus proches ?

    De quoi rassurer les acteurs de l’aérien ? « Le gouvernement nous dit qu’il y a des stocks pour 2 mois et demi. Ça nous amène jusqu’en août, mais que se passe-t-il après ? Personne n’est capable de le dire », commente Jean-François Dominiak, qui participait à ladite réunion ministérielle. Il anticipe une autre problématique de fond : « Est ce que beaucoup de passagers voudront toujours prendre le risque d’aller passer des vacances lointaines dans ces conditions ? Est-ce que les gens ne préféreront pas aller faire du camping à côté de Marseille ? Juste après l’épidémie de Covid-19, les gens sont restés dans un périmètre proche. Pendant la crise de 2008, les gens ont pris des vacances, mais d’abord en France… »

    Illustration de ce report vers des destinations plus proches : la compagnie Volotea a lancé, le 7 mai, une nouvelle ligne au départ de Marseille vers Limoges. Rien d’anodin puisqu’elle propose « deux vols par semaine, les jeudis et dimanches » et entend augmenter la cadence pour la haute saison, jusqu’à « quatre fréquences hebdomadaires en août les lundis, mercredis, vendredis et dimanches ». Dans la même lignée, la compagnie TwinJet proposera une ligne « éphémère », du 22 juillet au 12 août, à destination d’Olbia en Sardaigne. Reste donc à voir si les passagers changent de braquet pour ces vacances.

  • Volotea ambitionne de prendre le leadership à Montpellier

    Volotea ambitionne de prendre le leadership à Montpellier

    En 2026, l’aéroport de la 7e ville de France va-t-il enfin prendre son envol ? En basant un avion en 2020, Transavia devait déjà faire entrer Montpellier dans la cour des grands. Mais la pandémie de Covid avait ralenti ses projets.

    Six ans plus tard, l’aéroport de Montpellier franchit un nouveau pas qui doit lui permettre d’atteindre les 3 millions de passagers, qu’il vise à terme contre 1,9 million actuellement. Mercredi 14 janvier, Volotea a officialisé sa volonté de faire de la capitale héraultaise sa 11e base en France. « Depuis 2012, nous avions 8 enfants (Ajaccio, Brest, Caen, Lille, Nantes, Rennes, Strasbourg et Minorque). Il était temps de se marier ! », se félicite Emmanuel Brehmer, président du directoire de l’aéroport Montpellier Méditerranée. « Il s’agit d’un mariage à l’ancienne sans divorce, ironise Carlos Muñoz. On va continuer à développer ce partenariat très longtemps », assure le fondateur et PDG de Volotea.

    La compagnie low cost ibérique va commencer par « faire dormir » un Airbus A320 (180 sièges) à Montpellier en attendant le second d’ici 2 ou 3 ans. « Cela signifie de la ponctualité puisque l’avion est sur place et aussi que nos collaborateurs connaîtront bien les clients car ils habiteront ici et feront vivre ce territoire », insiste Gilles Gosselin. Des recrutements vont être lancés afin de pourvoir les 30 emplois de pilotes, hôtesses de l’air et stewards créés à Montpellier.

    900 000 passagers visés d’ici 2030 au plus tard

    Dès novembre, Volotea proposera 4 nouvelles destinations : Bordeaux, Madrid, Tenerife Sud et Lanzarote. A la différence de son concurrent déjà installé, Volotea préfère développer les liaisons des villes telles que Montpellier. « 65% des Européens vivent dans des villes petites ou moyennes pas assez desservies », explique Carlos Muñez. Le PDG fait valoir un taux de réalisation des vols irréprochable (99,4%) et un indice de satisfaction en hausse (+24%) pour la compagnie à bas coûts. « Ça ne veut pas dire qu’on sert du caviar et qu’on propose des douches comme Émirates, mais 9 clients sur 10 nous recommandent ».

    Dans le courant de l’année, de nouvelles destinations vers l’Europe, le Maghreb ou les pays nordiques devraient être dévoilées à des « prix abordables » malgré l’impact de la taxe de solidarité (6,3 euros par billet). Certaines seront permanentes, d’autres saisonnières. « On s’adaptera à la demande et au succès des routes », promet Gilles Gosselin. Le directeur de la « première compagnie domestique en France » ne cache pas son ambition dans une Occitanie où Volotea est déjà implantée à Toulouse, Rodez, Lourdes/Tarbes. « On veut être la compagnie majeure de référence de l’aéroport de Montpellier ». En 2026, 400 000 sièges (+9%) sont espérés ici et 900 000 annuels sont visés d’ici 2 à 4 ans. Depuis 2012, Volotea a déjà transporté 2,8 millions de passagers depuis Montpellier.