Tag: voilier

  • Nicole était sur une flottille pour Gaza : elle témoigne

    Nicole était sur une flottille pour Gaza : elle témoigne

    « Je me suis engagée sur la Flottille pour Gaza parce que c’est une noble cause, une action humanitaire non-violente, destinée à briser le blocus sur Gaza. Je suis révoltée, en particulier par le soi-disant cessez-le-feu à Gaza. Les Palestiniens sont tués, affamés, assoiffés, privés de tout par le colonialisme. Non seulement le peuple est détruit, mais aussi son pays, sa culture. »

    Nicole, infirmière montpelliéraine, a été contactée par Médecins du monde pour participer à la Global Sumud Flotilla (le mot « sumud » en arabe signifie « résistance », « ténacité », « persévérance » ou « fermeté » face à l’adversité). Après deux entretiens avec des responsables, sa candidature a été acceptée et Nicole est partie le 7 avril à Barcelone où elle a reçu une formation de 5 jours, tant sur l’histoire de la Palestine que sur les règles maritimes et les objectifs des Flottilles. Le 12, elle a été affectée au voilier Nablus, dont le capitaine était français et l’équipage luxembourgeois, français, anglais et turc.

    Avec 47 autres embarcations, son bateau a participé à une parade dans le port de Barcelone, sous les applaudissements et les chants de milliers de personnes solidaires. L’accueil des populations a été aussi magnifique en Sicile, puis en Grèce.

    Brutalité cruelle

    En pleine nuit du 29 au 30 avril, l’armée israélienne a attaqué violemment la Flottille, dans les eaux internationales, et arrêté 22 voiliers, dont ceux des deux responsables : Thiago Avila, militant brésilien pour le climat et les droits humains et Saif Abu Keshe, militant espagnol. Cette attaque a été si brutale et barbare que les militants ont été violentés y compris des violences sexuelles. 30 personnes ont été hospitalisées, « plus déterminées que jamais face à la barbarie de l’armée israélienne, nous avons continué vers Gaza. Nous avons mouillé en Crète et reçu là aussi un accueil chaleureux et généreux, puis en Turquie où 25 bateaux supplémentaires ont rejoint la Flottille. À aucun moment, il n’ait été envisagé d’entrer dans les eaux territoriales israéliennes, et c’est dans les eaux internationales encore que nous avons été assaillis le 18 mai au matin. Un après l’autre, les voiliers ont été attaqués, les équipages brutalement arrêtés et conduits dans des bateaux-prisons. »

    Nicole poursuit son récit. « Nous avons dû quitter nos vêtements chauds et nous avons été propulsés sur le pont mouillé vers 4 conteneurs. Nous sommes restés un jour et une nuit dans cet endroit lugubre et glacé, sans banc ni matelas. De temps en temps, les soldats nous lançaient, de 5 mètres de haut, des packs d’eau qui risquaient de nous assommer ou d’éclater sur le sol et du pain. Nous étions à la fois très mal et très solidaires, chaque nouveau prisonnier était ovationné par les autres. Certains avaient été frappés sur les bateaux et nous les réconfortions. Nous nous sommes épaulés, en particulier entre femmes ! Il faut dire que les femmes qui portaient un voile ont dû le retirer. Les soldats frappaient, agressaient, violentaient et nous tiraient des coups de fusil avec des balles de plomb quand on chantait. Quand l’armée israélienne a réussi à arrêter les équipages et larguer en mer les voiliers avec les vivres et les médicaments transportés, nous avons été, toujours avec une brutalité cruelle, amenés à terre, bras et jambes liés très serrés, et maintenus à genoux durant des heures. Nous avons été insultés et j’ai vécu la visite minable du ministre Ben Gvir, j’ai subi 4 interrogatoires. Puis on nous a mis des vraies menottes et des chaînes aux pieds et entassé dans un fourgon avec des cellules de 6 ou 10 prisonniers, et le chauffage à fond. Nous sommes arrivés à la prison de Ketziot, dans le désert du Néguev. Pieds liés, ils nous ont expulsés du fourgon et fait courir avec les chaînes. Quand je suis tombée, ils m’ont relevée en me tirant les cheveux. Il y avait les cris, les hurlements de chiens. Nous avons été jetés dans des cellules sans matelas, sans nos affaires qui ont été volées. Toutes les heures, nous étions réveillés pour des exercices comme marcher à quatre pattes à travers les sous-sols de la prison. Nous devions toujours avoir la tête baissée. Nous tenions le coup, malgré le sadisme des militaires israéliens en pensant à ce que vivent les prisonniers palestiniens et la population gazaouie. Je dois dire que les militants ont été victimes d’une véritable discrimination au faciès. Un médecin universitaire français, noir, a été tellement frappé au visage qu’il était méconnaissable, les militants turcs très nombreux, les Marocains, Algériens et Tunisiens ont été particulièrement maltraités. »

    Nicole garde en mémoire une « expérience très forte ». « Nous ne sommes pas des héros, mais des personnes humaines, solidaires et révoltées par le sort des Palestiniens. Nous gardons au cœur les gestes de solidarité collectifs et individuels qui ont émaillé notre parcours, puis notre retour à Istanbul, puis Paris et pour moi Montpellier où des amis, et même des voisins que je ne connaissais pas m’ont témoigné leur solidarité ».

    Témoignage retranscrit par Claire Britten

  • Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Fabrice Amadeo a amarré son laboratoire au Vieux-Port

    Le navigateur revient cette semaine de Lorient et a amarré depuis vendredi et jusqu’à lundi, son monocoque sur le quai d’honneur, à Marseille. Son dernier périple dépasse le simple exploit sportif. Près des côtes espagnoles et en Méditerranée, Fabrice Amadeo a testé un « capteur d’ADN environnemental », pour cartographier l’ensemble des espèces présentes, des virus aux baleines.

    En 2019, celui-ci a fondé, avec l’entreprise marseillaise Onet, son projet Ocean Calling, pour transformer son voilier en un laboratoire flottant. Température, salinité, taux de CO2, microplastiques, biodiversité marine : toutes ces données sont captées puis transmises à des instituts de recherche partenaires pour mieux comprendre l’état des écosystèmes marins. Le tout à bord d’un bateau fonctionnant uniquement à l’énergie renouvelable, sans une goutte de carburant fossile. Le skipper prévoit de déployer à plus grande échelle lors du Vendée Globe 2028. En attendant, il prépare la Route du Rhum, dont le départ est prévu en novembre prochain depuis Saint-Malo. Ancien journaliste et ancien rédacteur en chef adjoint et cofondateur du Figaro Nautisme, Fabrice Amadeo a depuis enchaîné les courses comme le Vendée Globe, en 2017 et en 2025.

  • Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    Une décision de justice cruciale pour la posidonie

    France nature environnement (FNE), partie civile dans l’affaire, s’était félicité de la décision du tribunal maritime de Marseille, le 22 novembre 2024 qui avait créé une jurisprudence, reconnaissant le préjudice écologique porté aux herbiers de posidonie causé par les ancrages illégaux. Deux capitaines de yachts, hongrois et turc, le Take Off et My Falcon, avaient mouillé dans des zones interdites par arrêtés du préfet maritime de la Méditerranée et avaient été condamnés à verser respectivement 86 537 euros et 22 423 euros.

    « Une dizaine d’affaires de ce type ont été audiencées » en première instance devant ce même tribunal mais cinq capitaines ont fait appel explique Judith Sébert, juriste à FNE. Deux premières affaires arrivent ce mardi 26 mai en cour d’appel d’Aix-en-Provence. L’une concerne le capitaine du Belongers, un grand yacht d’environ 50 mètres qui avait écopé de 15 000 euros d’amende à Villefranche-sur-Mer pour avoir fait fi de la réglementation. L’autre, le capitaine du Saharet of Tyre, un voilier de 33 mètres, qui s’est fait prendre dans une zone interdite au nord de l’île de Porquerolles mais aussi près de la Corse, a été condamné en septembre 2025 à régler une amende de 100 000 euros.

    Un calcul pour évaluer

    le coût de la destruction

    « Tout va être redébattu avec le concours de biologistes ou de l’Office français de la biodiversité », précise Judith Sébert, car FNE ne compte pas lâcher l’affaire. « C’est une jurisprudence vraiment ambitieuse, impulsée par notre association », insiste la jeune femme.

    FNE présentera de nouveau son calcul pour étayer sa démonstration avec l’évaluation du coût écologique de la destruction. « Un calcul fondé sur les valeurs écosystémiques de la posidonie » qui apporte beaucoup à l’humain, rappelle la juriste. Cette plante à fleurs « endémique de la Méditerranée qui peuple les petits fonds côtiers, produit énormément de services » poursuit-elle. La posidonie constitue à la fois une zone d’habitat pour tous les invertébrés, tous les poissons des côtes, puits de carbone et assure aussi une production d’oxygène. « C’est vraiment [un garant de] la bonne santé de notre mer Méditerranée », martèle Judith Sébert.

    Concrètement, après une synthèse de nombreuses recherches scientifiques sur le sujet, FNE en arrive à 86 676 euros par hectare. Sachant qu’il faut, selon l’association, 25 ans minimum pour qu’un herbier se régénère tel qu’il était avant l’impact, que le tribunal maritime a lui retenu 13 ans, considérant qu’à partir de la première année la repousse est déjà effective, « on multiplie, donc, 86 676 euros par 13, par la surface abrasée par le mouillage », conclut Judith Sébert.

    S’il reste possible de renaturer l’espace détruit, « la transplantation de boutures de ces herbiers [doit être effectuée] par des personnes expertes » détaille FNE, car la manœuvre reste « très technique. » Raison de plus pour éviter de les anéantir au départ…

  • Sète met les voiles pendant une semaine

    Sète met les voiles pendant une semaine

    Vibrer au gré des marées et déambuler dans les allées garnies de trésors et spécialités de la mer : Escale à Sète est de retour ! Cette année encore, le festival met à l’honneur le patrimoine maritime français, européen et même mondial. Têtes d’affiche de cette édition 2026, le Belem, navire mythique de la flotte française, le Vera Cruz, caravelle portugaise et l’Étoile, figure de la marine française, sont exposés dans le port.

    Un retour des vieux gréements dans le centre de Sète qui ravit visiteurs et curieux venus nombreux ce 31 mars dès 8 heures pour assister à la parade sur le port. « C’est toujours quelque chose de voir ces bateaux voguer et être exposés dans le port de Sète », confie Gérard, 57 ans, comptable. Un avis partagé par Preeti, 39 ans, cadre administratif : « Je suis toujours aux anges quand je vois ces vieux navires. »

    L’Inde mis à l’honneur

    Autre star de cet Escale à Sète 2026, le Sudarshini, navire de la marine marchande indienne, est arrimé au port. Un invité peu commun et peu connu en France, qui intrigue et fait le bonheur de l’équipage. Ravikanth Nandoori, 40 ans, capitaine du Sudarshini, témoigne : « Pour nous c’est un événement un petit peu particulier parce que cela nous permet de montrer aussi la culture de la marine indienne. On est très contents de pouvoir participer à ce festival, on a fait presque 2 mois de voyage pour venir ici avec notre voilier, donc on compte bien profiter un maximum de la vue et de l’ambiance. » En attendant, Escale à Sète n’a pas fini d’émerveiller les curieux. La manifestation se prolonge jusqu’au lundi 6 avril, où elle se clora avec la parade finale et le départ des navires.

  • Un voilier pour protéger le patrimoine culturel des Flottilles

    Un voilier pour protéger le patrimoine culturel des Flottilles

    L’écume forme de petits moutons blancs sur un étang de Berre agité. Ce jeudi, les bourrasques sont tellement violentes qu’Émilien Urbach préfère ne pas prendre la mer. « Ce serait inconscient », glisse-t-il. La météo lui accorde quelques jours supplémentaires pour travailler sur son voilier de 1977, l’Hétérotope. Arrivé le 23 mars au port Maritima de Martigues, le skipper doit finaliser des réparations avant de rejoindre l’Estaque puis de prendre le large avec la Global Sumud Flotilla le 4 avril avec une centaine d’autres embarcations.

    « Pour naviguer avec eux, il y a un tas de normes de préparation des bateaux, notamment en termes d’autonomie électrique, et vu qu’il faut qu’on installe des caméras, qui sont notre seule protection pendant la délégation, il y a plein de petits aménagements à faire, détaille-t-il. Plus des révisions avant de parcourir les 2 000 miles qui nous séparent de Gaza. »

    D’autant que l’Hétérotope aura le retour à faire immédiatement. « Notre but est de ne pas nous faire attraper, de récupérer les productions des autres bateaux avant d’atteindre la ligne rouge », explicite Émilien Urbach. Le voilier a en fait la vocation d’être un centre culturel flottant, et pour ça, « on va distribuer un sachet de conservation avec des blocs-notes et des appareils photo jetables à chaque équipage ».

    De la création d’œuvres pendant la navigation

    Cette idée a germé à la suite de la précédente Flottille, qui a eu lieu en automne 2025. Émilien Urbach y avait participé en tant que journaliste pour L’Humanité. Il explique : « Quand on s’est fait intercepter, il a fallu balancer tous nos carnets de notes, il y a des camarades qui ont avalé leur carte SD pour garder les images. Donc on s’est dit : la mémoire est très fragile, il faut travailler là-dessus. » Une fois de retour à terre, des artistes se pencheront sur la matière issue des sachets de conservation « pour lui donner un écho et créer un patrimoine culturel du mouvement ».

    Des artistes, à l’instar du dessinateur Edmond Baudoin ou du photographe Saif Fradj, embarqueront à bord de la Flottille « pour créer des œuvres autour de ce qui se passe pendant la navigation mais aussi autour d’un dialogue avec des artistes palestiniens », poursuit Émilien Urbach.

    La mission de l’Hétérotope au sein de la Global Sumud Flotilla s’inscrit dans la droite ligne de son histoire récente. Le voilier a été acquis par la compagnie de théâtre C’est la goutte d’eau, fondée par le journaliste (par ailleurs metteur en scène et auteur) et sa compagne, pour sensibiliser le public aux enjeux migratoires en présentant un spectacle imaginé à bord de l’Aquarius, le bateau de sauvetage de SOS Méditerranée lors d’une tournée tout autour de la Méditerranée en 2018-2019. Sept ans plus tard, le bateau-théâtre se transforme en centre culturel embarqué.

  • Un festival pour prôner la paix au Mucem

    Un festival pour prôner la paix au Mucem

    En réponse à un appel du pape François lancé lors du discours de clôture des rencontres méditerranéennes de 2023, à Marseille, le Bel Espoir Med25 est parti en mars pour un voyage de huit mois en Méditerranée. Un voilier de 29 mètres sur lequel 200 jeunes, issus des cinq rives de la mer du milieu, ont successivement embarqué pour recevoir une formation au dialogue à la paix. Après une trentaine d’escales, l’odyssée se termine ce samedi à Marseille, avec le festival Med 25. Un rendez-vous organisé toute la journée au Mucem (2e) par les associations Mar Yam, Bel Espoir -AJD, qui met en œuvre les « intuitions du père jésuite Michel Jaouen », et le diocèse de Marseille.

    En parallèle de la parade de 25 voiliers mise en place entre 9h30 et 12h pour accueillir le Bel Espoir, qui accostera dans l’anse du Pharo, le programme sera chargé entre les murs du musée de la Méditerranée. De 10h30 à 12h, quatre invités échangeront avec les jeunes du Bel Espoir autour de l’art, du dialogue et de la relation. Parmi eux : Julien Loizeau, membre fondateur du Collège de Méditerranée, historien et chercheur à l’Institut de recherches et d’études sur les mondes arabes et musulmans (Iremam, Aix-en-Provence) et Yaël Gronner, docteure en sociologie de l’EHESS et cofondatrice du collectif Tisseuses de Paix, qui regroupe des femmes juives, chrétiennes et musulmanes en France pour parler et tisser des liens au-delà des divisions. Deux autres créneaux de dialogues seront organisés dans l’auditorium, de 15h à 16h30, sur les thèmes de l’éducation, l’intégration et l’environnement et, de 17h30 à 19h, autour de la construction de la paix, avec des personnalités conviées pour chacune des thématiques.

    Ateliers participatifs

    Trois salves de quatre ateliers seront également organisées. De 10h45 à 12h d’abord avec des réflexions sur l’identité méditerranéenne animés par Alexandre Pastor, fondateur de Melting Pot, association marseillaise dédiée à l’engagement citoyen des jeunes ; un atelier d’expression artistique sur le thème des migrations dirigé par un réfugié politique kurde ; un atelier de sensibilisation aux questions liées aux migrations avec la Cimade, association de défense des réfugiés et migrants et enfin jeu de carte spirituel, en lien avec les écrits bibliques.

    Quatre ateliers suivront, au Forum, entre 15h15 et 16h30 : Écritures méditerranéennes au pluriel, Dialoguer utilement et sereinement sur Israël Palestine et autres sujets difficiles, Apprendre à tisser la paix et enfin Coexister : déconstruire les préjugés.

    Entre 17h45 et 19h, les participants pourront choisir entre un atelier de « calligraphie partagée » autour du mot « paix », un moment de sensibilisation à l’éducation des jeunes migrants avec l’association Réseau d’éducation sans frontières (RESF), une présentation à quatre voix (prêtre, imam, rabbin et pasteur ) des rôles et défis des religions face à la violence et à la division ou encore un quiz sur la place des femmes dans les processus de paix.

    Enfin, entre 13h30 et 14h30, Sos Méditerranée, association citoyenne européenne de sauvetage en mer, engagée pour venir en aide aux personnes en détresse qui tentent la traversée de la Méditerranée, présentera ses missions et proposera une réflexion sur la question du vivre ensemble.

    En reliant Naples à Marseille, le Bel Espoir clôtura la 8e et dernière étape de son voyage en Méditerranée. Chaque session a permis à 25 nouveaux jeunes, issus de cultures, nationalités et religions différentes, de recevoir une formation au dialogue à la paix.

    Entrée gratuite sur inscription sur https://med25belespoir.org.

  • Une Armada de la paix pour boucler l’odyssée du Bel espoir

    Une Armada de la paix pour boucler l’odyssée du Bel espoir

    « L’aventure s’enracine dans la vocation de Marseille, ville méditerranéenne où la diversité culturelle et sociale forme une unité », explique Alexis Leproux, vicaire épiscopal en charge des relations méditerranéennes. C’est lui qui a fait émerger ce projet fou : embarquer des jeunes de nationalités, religions et cultures différentes sur un navire-école pour partir à l’abordage des ports du pourtour méditerranéen. L’association diocésaine de Marseille a trouvé de précieux complices dans les associations Mar Yam et Bel-Espoir-AJD.

    Adoubée par le cardinal Jean-Marc Aveline suite à la visite du Pape François à Marseille, en septembre 2023, cette odyssée pour la paix a levé l’ancre le 1er mars 2025 de Barcelone. Huit équipages de 25 matelots âgés de 18 à 30 ans, de toutes nationalités, cultures et religions, ont pris la barre pour sillonner la Méditerranée, reliant ses cinq rives et faisant escale dans une trentaine de ports. À chaque étape, ils ont partagé avec des acteurs locaux des initiatives en faveur de la paix. Un voyage placé sous le signe de l’ouverture et du partage.

    Toutes voiles dehors

    « L’idée est de permettre à des jeunes de vivre une expérience unique de rencontres et de navigation sur de beaux voiliers, pas des navires de guerre, en particulier dans des pays où il est difficile de circuler », précise Alexis Leproux. Pour ce final dans la rade marseillaise, le diocèse a souhaité un accueil « en mer ouvert à tous, festif et populaire ».

    Une vingtaine de voiliers de tradition viendront à la rencontre du fameux trois-mâts. Une mission dans les cordes de l’association Svan, créée en 2023, qui « ambitionne d’utiliser le yachting comme passerelle sociale. C’est un loisir magnifique qui mobilise des compétences techniques et comportementales, mais cher », explique Nathalie Demaret. La chorégraphie des vieux gréements partira de la Pointe Rouge à 10h, longera la corniche Kennedy, les Catalans et le Pharo « pour que le spectacle soit visible par tous depuis la rive », indique Guillaume Wattinne. À 12h30 le Bel espoir devrait rejoindre le J4, « si le temps le permet. En cas contraire, il accostera au quai de la Fraternité ».

    L’arrivée du navire marquera l’ouverture du festival de la paix Med 25, le 25 octobre. Après les prises de parole officielles, une scène ouverte accueillera témoignages, flashmob, pièce de théâtre, danses traditionnelles méditerranéennes et diverses animations. La clôture reviendra au cardinal Jean-Marc Aveline, qui célébrera une messe à la Major, dimanche à 10h30.

  • Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Sur la traversée Atlantique, on envisage d’utiliser uniquement la voile. Les moteurs de propulsion nous servent seulement à sortir du port et à y rentrer. » Entre deux coups de talkie-walkie avec son équipage, Mathieu Poulain, commandant du Neoliner Origin, ne cache pas sa satisfaction de naviguer avec le « premier cargo roulier de grande capacité à propulsion principale vélique du monde ».

    Entendez par là le premier navire de commerce à voile, de dimension industrielle. Et quelles voiles ! 3 000 m² de voilure total, en panneau de carbone avec un intérieur en fibre de verre, sur deux mats en carbone « Made in France » de plus de 70 m de haut et « autoporteurs »…

    Quand le Neoliner Origin déploie sa voilure en accordéon dans le port de Marseille, elle cache le soleil pour les dockers depuis les quais. « C’est carrément différent. Quand on est à la voile, au niveau des vibrations et du bruit, je n’ai jamais connu un navire aussi confortable depuis ma cabine. C’est dingue », poursuit le capitaine Mathieu Poulain. En escale à Marseille avant de prendre le large vers Nantes, son port d’attache, la CMA CGM et Neoline présentaient cette « innovation » qui pourrait bien être la première pierre d’un nouveau genre de fret maritime.

    « Décarboner à 80 % »

    « Il a une capacité de 1 200 mètres linéaires, c’est l’équivalent de 350 à 400 voitures, il peut aussi transporter des conteneurs, pour une capacité de 265 EVP [équivalents vingt pieds, Ndlr] », explique Jean Zanutti, président de Neoline, compagnie dont la CMA CGM est au capital. « C’est le premier navire dont le moyen de propulsion principal est la voile, contrairement à d’autres navires qui ont des aides à la propulsion, mais ce ne sont que des aides. Là, on va décarboner le transport jusqu’à 80 % », abonde Xavier Leclercq, vice-président du groupe CMA CGM, en charge des constructions neuves. Et le Neoliner Origin ne souffre pas de la comparaison avec ses homologues consommateurs de carburant. « En moyenne, ça va prendre à peine deux jours de plus pour une traversée Atlantique », précise Xavier Leclercq. « On est capable d’être alignés en termes de prix sur ce trajet grâce à l’économie de fioul, même si l’amortissement est plus cher », ajoute Jean Zanutti. Si toutes les routes maritimes ne conviennent pas forcément au navire, reste qu’il est « une solution remarquable » pour la décarbonation du fret maritime. « C’est un voilier, mais c’est d’abord un cargo, un navire de commerce qui embarque de la marchandise par roulage. Mais, lorsqu’on est en mer, on hisse les voiles et on est propulsé uniquement par le vent », confirme le commandant, Mathieu Poulain.

    Une innovation à plus de 60 millions d’euros avec beaucoup d’avantages et quelques inconvénients. « C’est un peu particulier à piloter, on est assisté par pas mal d’ordinateurs et d’automatisation. On est limité par la puissance et la force du vent. Sinon, ça reste relativement facile à manœuvrer grâce notamment aux balestrons [support sur lequel est fixé le mât Ndlr] qui tournent à 360 degrés », développe le capitaine. Avec l’espoir d’insuffler un vent nouveau pour le transport de marchandises sur les mers. « J’espère et je rêve que ça puisse être le futur de la navigation », conclut Mathieu Poulain.

    « Lorsqu’on hisse les voiles, on est propulsé uniquement avec le vent »

  • Des flottilles humanitaires partent pour Gaza

    Des flottilles humanitaires partent pour Gaza

    Les initiatives ne sont pas les mêmes mais toutes convergent vers le même objectif : rallier le territoire palestinien de Gaza avec de l’aide humanitaire et briser le blocus israélien.

    Ce week-end, plusieurs dizaines de navires ont pris la direction de la Palestine. D’une part avec la flottille « Global Sumud Flotilla », en partance notamment de Barcelone et d’autres ports méditerranéens comme Toulon. Une manifestation avait d’ailleurs lieu, samedi, pour le départ du navire toulonnais qui doit rejoindre ses homologues, en présence de nombreux militants FI et Manuel Bompard, député FI de la 4e circonscription des Bouches-du-Rhône. « Ce qui fait bouger les lignes, c’est la mobilisation populaire. Il ne suffira pas de la reconnaissance de l’État de Palestine », explique-t-il. Une autre flotte de navires avec « Thousand Madleens to Gaza », trouvait écho à Marseille avec la participation d’un voilier. Là encore, des centaines de personnes étaient présentes pour le départ, dimanche. « Cette mobilisation répond à une urgence : amener de l’aide humanitaire à l’heure où tout est détruit à Gaza », développe Adrien, de « Thousand Madleens to Gaza ». Le voilier marseillais doit rejoindre d’autres navires avant de prendre la direction de la Palestine à la mi-septembre.