Les bâtiments qui vont tomber vont permettre de redéfinir deux îlots d’habitation à gauche et à droite de la route qui va relier les deux côtés de la mer », explique Séverine Mignot, architecte de Port-de-Bouc, au pied des immeubles des Aigues Douces. Vendredi matin, les membres de l’association Architecture et maîtres d’ouvrage (AMO) ont été invités à un tour d’horizon du renouvellement urbain de la ville.
C’est entre terre et mer, à l’image de Port-de-Bouc, que les enjeux des années à venir se concentrent. De l’ancienne halle aux poissons devenue Maison des projets au bord de mer de la presqu’île, le parcours révèle plusieurs exemples. Devant la barre et la tour de la Lèque, la cheffe de projet, Fabienne Sanchez, indique qu’« ici, une fois la barre démolie et la tour rénovée, la Métropole refera les espaces publics en concertation avec les habitants », comme aux Aigues Douces. Séverine Mignot développe : « L’enjeu est de faire continuer le centre-ville jusqu’à la jetée » du Port. La démolition interviendrait début janvier, selon l’architecte, avant une dépollution à un million d’euros, financée par l’Agence nationale de renouvellement urbain, et promotion immobilière.
Plus loin, place Lazzarino, Fabienne Sanchez parle de « désimperméabilisation » et de « doubler la plantation d’arbres » en plus de sécuriser la place face aux véhicules.
« Créer des routes permet de redéfinir une ville »
Idem aux Aigues Douces, où tout le quartier est voué à changer, comme il n’a cessé d’évoluer depuis sa construction : « L’État avait proposé huit tours pour protéger la ville du Mistral. Puis l’architecte Fuksas a arasé les tours et fait les trouées pour laisser passer le vent » dans les années 1990, détaille Séverine Mignot, « la création des parkings et des routes ont permis de redéfinir une ville » dans le quartier. Y compris pour les vélos. La nouvelle piste cyclable de la côte est expérimentale car « faite de matériaux réutilisés et de béton poreux », comme l’explique Fabienne Sanchez.
« Toutes nos réflexions partent avec l’humain au centre », affirme l’adjoint aux finances Akrem M’Hamdi (PCF), face aux architectes, lors d’un échange pré-visite. À la veille d’enfin voir se réaliser le contournement autoroutier de Port-de-Bouc, l’adjoint évoque de « vraies opportunités à saisir » dans la requalification de la future ex-RN168, qu’il va falloir « réimaginer ». Son collègue délégué à l’urbanisme, Houssine Rehabi, complète : « Le PLUi en discussion depuis 2025 prévoit la création de 1 200 logements minimum à Port-de-Bouc. Nous aurons la possibilité de transformer la RN168 en boulevard urbain et de créer du logement autour, tout comme à la place du collège Éluard, qui va déménager au nord de la ville. »
Après la visite, le vice-président d’AMO Gilles Féraud fait part d’un « grand intérêt », « les élus et leurs techniciens sont en train de contrôler un effort de reconstruction en travaillant l’art de vivre et la mixité sociale dans une très belle synergie », observe-t-il. « Port-de-Bouc a toutes les possibilités d’être une ville durable et nous, acteurs privés, devrons concentrer nos savoir-faire pour nous insérer dans cette idéologie urbaine généreuse », conclut-il. L’urbanisme de demain se pense donc aujourd’hui.