« Alors que le célèbre festival* de photojournalisme de Perpignan ouvre une grande fenêtre sur le monde pour présenter en images, comme chaque année l’actualité des 12 derniers mois, son fondateur Jean-François Leroy, est décédé ce 31 août à Paris à 69 ans des suites d’un cancer. Une édition endeuillée, donc, qu’il a toutefois « participé à préparer de A à Z », assure la directrice générale de Visa pour l’image, Delphine Lelu. « C’est l’âme de ce festival, il l’a porté à bout de bras depuis la première édition, en 1989. Il nous laisse un grand héritage. Il a toujours voulu que Perpignan soit un phare pour les photojournalistes, on va faire en sorte que le festival continue de briller», a-t-elle ajouté.
Une manifestation qui, près de 40 ans après sa création (en 1989) et en plein essor de l’Intelligence artificielle (IA), avec les conséquences qu’on sait sur la fiabilité de l’information, connaît de plus en plus de succès. « On a des taux de fréquentation qui augmentent, avec un public qui évolue, notamment de jeunes photographes qui démarrent », se félicite Delphine Lelu. L’an dernier, les expositions ont ainsi rassemblé plus de 220 000 visiteurs, parmi lesquels 22 000 scolaires. « On reçoit également entre 1 200 et 1 500 professionnels d’une cinquantaine de pays durant la première semaine », souligne la directrice adjointe. À l’heure de la multiplication des images générées ou manipulées via l’IA -2026 s’est ouverte sur une fausse photographie du président vénézuélien Nicolás Maduro, menotté et encadré par des militaires américains- Visa pour l’image est la garantie de pouvoir profiter d’une information vérifiée.
25 expositions gratuites, six soirées de projection et de nombreuses rencontres sont proposées à l’occasion de cette 38e édition, qui s’ouvre le 29 août. « Nous présentons à la fois le travail de jeunes photographes, qui sont les talents de demain, des photographes confirmés que le public connaît déjà un peu et de grands photographes bien ancrés dont on essaie de faire redécouvrir le travail. »
Parmi eux, cette année, une rétrospective est consacrée au célèbre photographe et cinéaste Raymond Depardon, à travers « une sélection inédite autour de l’actualité nationale et internationale qu’il a couverte. Il s’agit d’images différentes de ce que le public a l’habitude de voir de Raymond Depardon ». Le festival proposera également une exposition sur l’Inde signée Paolo Roversi, dans un registre différent de celui dans lequel on le connaît habituellement cette légende italienne de la photo de mode. 2026 sera aussi l’occasion d’une rétrospective dédiée à Étienne Montès, qui a couvert, de 1973 à 1987, l’actualité en France, en Espagne, en Afrique, en Amérique centrale et du Sud avant de reprendre l’exploitation des vignes familiales dans le Roussillon. Son travail n’avait jamais été exposé depuis. « Cela va permettre à la nouvelle génération de découvrir ce grand photographe », espère Delphine Lelu.
Comme chaque année, Visa pour l’Image fera la part belle aux photoreportages documentant les conflits internationaux : l’Iran, le Liban, Israël, la Syrie, le Soudan, l’Ukraine ou encore la Palestine, avec le travail de Khames Alrefi, lauréat 2026 du Visa d’or humanitaire du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), sur les civils victimes de la guerre dans la bande de Gaza.
Parmi les nombreux autres sujets, le public pourra découvrir une exposition de Gerd Ludwig sur « Tchernobyl 40 ans plus tard », un travail de Jérémy Lempin sur l’illettrisme en France, un reportage peu commun de Jérôme Gence sur les mariages virtuels au Japon, qui raconte l’histoire de femmes et d’hommes choisissant d’épouser des personnages de fiction issus de mangas ou de jeux vidéo, le reportage poignant d’Elise Blanchard en Afghanistan sur « les fillettes vendues pour survivre aux sécheresses » ou encore, pour la première fois à Visa, une belle rétrospective des photos prises en Antarctique, aux Philippines et en Corse par le biologiste marin et photographe originaire de Montpellier : Laurent Ballesta. La liste n’est bien sûr pas exhaustive, loin s’en faut. Le mieux est de prendre son Visa et de composer son propre voyage…
*Le fondateur du festival «Visa pour l’image » est décédé ce 31 août durant l’édition 2026 qui vient de démarrer.
![[Festival Visa pour l’image] À Perpignan, « Visa » prend le pouls du monde en images](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/08/1633cb57b63cbe7920fbec72cdcea161.jpg)
