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  • Graffiti, DJ et breakdance pour les minots de la Gavotte-Peyret

    Graffiti, DJ et breakdance pour les minots de la Gavotte-Peyret

    Les premiers pas sur le lino, posé en plein cœur de la résidence de la Gavotte-Peyret à Septèmes-les-Vallons, sont un peu timides. Installé ce vendredi après-midi, l’objectif est de faire découvrir aux enfants mais aussi aux plus grands, la culture hip-hop. Au programme : initiations gratuites aux tags, au mixage et à la breakdance.

    Et pour chauffer tous les habitants, c’est Mofak, breaker, compositeur et directeur artistique de la Breaking Cup, qui est au micro. L’artiste participe à l’événement depuis 3 ans. Pour cet enfant de Marseille « c’est important de transmettre ce que l’on nous a appris. Ça fait partie des valeurs de ce milieu ». Alors, il n’hésite pas à motiver les plus timides à venir apprendre les bases de la danse avec Lina Félicité, danseuse de l’association Ac2n.

    Mais au début, le lino impressionne un peu, laissant la piste à la danseuse qui en profite pour faire une petite démonstration. C’est vers les bombes de peinture que les minots se précipitent d’abord. Organisés par le graffeur Ozas, les petits apprennent « les bases : comment utiliser la bombe, à quelle distance et avec quelle pression », explique le taggeur. Ce qu’ils testent en remplissant les lettres du nom de leur quartier, dessinées par Ozas. Une petite victoire pour Aziza, qui avec deux amies observe toute cette effervescence. « Je suis contente, mon petit-fils est là-bas, alors que normalement, il n’y a que le foot qui compte. »

    Passées les premières réticences, des petits groupes de curieux s’aventurent sur la scène centrale. Si les premiers gestes sont hésitants, les conseils de Lina semblent porter leurs fruits : Iden et ses amis s’essaient même à quelques figures. Des tentatives encouragées par Mofak au micro : « je vois que ça break un max ».

    Samia et Jasmine ont elles aussi, osé s’aventurer sur le lino. Après avoir appris quelques mouvements, elles se lancent dans une battle. Si Jasmine fait déjà de la danse, en étant pom-pom girl, c’est une première pour Samia : « j’ai trop aimé quand on a appris certains mouvements. Après la figure c’était un peu difficile », ajoute-t-elle.

    Une histoire

    de transmission

    Un savoir-faire que Lina Félicité est heureuse de transmettre. Si elle n’a fait que deux ans de cours de breaking, elle a déjà bien assimilé ses valeurs. « Je trouve ça cool de faire en sorte que les enfants s’intéressent à cet univers. Moi c’est à l’école primaire que je l’ai découvert, et j’ai tout de suite adoré », se rappelle-t-elle.

    Derrière DJ D.D, il y a foule aussi, curieux de voir comment l’artiste fait ses transitions et le fameux scratching [toucher les vinyles pour faire un effet éraflé et rythmé]. Parmi les bambins qui s’essayent aux platines, il y a le petit-fils de Shérazade, celle-ci félicite ce genre d’initiative : « c’est vraiment super ce genre d’événement, ça permet aux petits de découvrir plein d’activités et ça nous fait sortir », sourit-elle.

  • « Marseille & friends » : galette hip-hop à l’ancienne dans les bacs

    « Marseille & friends » : galette hip-hop à l’ancienne dans les bacs

    À Marseille, les bonnes idées naissent souvent autour d’une bonne « pizze ». Il y a un an « presque jour pour jour », c’est autour d’une ronde à la marseillaise que le beatmaker Excès Zbraa lance à Olivier Gilles, taulier de Galette Records, disquaire implanté dans le quartier du Cours Julien : « ça te brancherait pas de faire un maxi qui s’appellerait Galette and friends, dans lequel on réunirait les rappeurs qu’on connaît ? », se remémore le dernier cité, avant d’embrayer : « Je lui ai répondu oui sur le principe. Mais ça s’appellerait plus Mars & friends car Galette, ça fait trop égocentrique », rappelle avec humour celui qui se retrouve alors propulsé directeur artistique d’un projet prenant rapidement le tour d’un vrai album. En ligne sur les plateformes de streaming, mais aussi et surtout en vente dans son échoppe de la rue des trois frères Barthélémy depuis vendredi 14 novembre.

    Le résultat ? 10 titres qui fleurent bon le hip-hop à l’ancienne, comme on les aime. « Ce que les gens écoutent actuellement, c’est du pop rap, pas du vrai hip-hop », constate Olivier Gilles, du haut de son œil d’expert mais aussi d’après le retour de ses clients. « De plus en plus de gens veulent un retour au hip-hop qu’on a connu dans L’école du micro d’argent [l’opus mythique du groupe IAM, sorti en 1997, Ndlr], à ce qu’on appelle le boom bap ».

    Internationale marseillaise

    « On a demandé à 38 artistes de donner leur vision de Marseille depuis chez eux », situe-t-il à propos de Marseille & friends. De Gino 1313, qui a « grandi entre le Panier et l’Opéra, et traîné jusqu’à l’heure où les requins côtoient les rats » à Nejma Nefertiti, tout droit venue de Brooklynn, qui clame qu’« elle adore New York, mais que Marseille est dans ses rêves », un panel réjouissant qui fait renouer les auditeurs avec les bons vieux rythmes à quatre temps ainsi que les samples chiadés. Que dire encore du Mc américain installé à Marseille, Napoleon Da Legend, qui répand son flow sur Marseille la nuit, ou encore du rappeur Inoki, « l’équivalent d’Akhenaton en Italie », dixit Olivier Gilles, qui triture avec jubilation La langue du rap aux côtés du Mc du Panier, Costello… Le tout, sur des instrus signées par le jazzeux Fred Spider, le plus funky des Marseillais, Mofak, et même Imhotep d’IAM.

    N’en jetez plus, Marseille & friends sonne comme une madeleine de Proust de l’âge d’or d’un hip-hop hélas englouti par une industrie qui l’a dénaturé aux oreilles du grand et jeune public. Mention spéciale pour Ronin de Mars, son tour à tour héroïque et lyrique, ponctué d’un couplet de Faf Larage, déplorant avec verve : « Quand l’amitié devient un mirage cruel, que les promesses sont bafouées et les sourires balafrés, quand la bienveillance de ceux qu’on a aimés s’effrite sous la semelle, la douleur nous plante sa dague affutée et le mode sombre dans le soupçon et l’anxiété ». Autant de titres estimables qui appellent une « release party, en préparation », et même une suite « à laquelle on est déjà en train de réfléchir », confie avec fierté Olivier Gilles. « Il est même possible qu’on y trouve Shurik’n », fait-il déjà languir.

    Vinyle disponible chez tous les bons disquaires, surtout chez Galette Records, et sur www.galette-records.com